Bonsoir ! Nouveau chapitre, et oui tout arrive, j'ai été relativement efficace pour une fois ! En réalité, ça faisait un moment que j'avais écrit la trame de ce chapitre... Mais je ne vais pas en dire beaucoup plus à ce sujet, je vous laisse à votre lecture qui promet des émotions fortes !

Il se peut que quelques fautes se soient glissées dans le récit, veuillez m'en excuser :)

Je remercie encore ceux qui laissent des reviews à chaque chapitre, vous êtes des perles ! Et pour Ange-Magnolia, je te promets qu'Iroh revient bientôt ;)

Bonne lecture !


Résumé du chapitre précédent : Nouvelle nuit d'amour pour Zuko et Katara. Ce dernier ainsi que sa soeur supportent assez mal le soleil haut dans le ciel à chaque heure de la journée, ce qui les épuise. Aang arrive à la fin de la journée, avec le Roi de la Terre Kuei ainsi que Toph. Zuko apprend ainsi que l'organisation à laquelle ils s'attaquent aurait des espions partout et œuvrerait en plein jour, rendant difficile à reconnaître la traîtrise. Kiyi de son côté s'essaie à la pratique des chaussures de glace tandis que Toph cherche à tirer les vers du nez de Katara quant à sa relation avec Zuko. Cette dernière prend congé, désirant rendre visite à feu sa grand-mère.

*Chapitre 13 - Séparation dans le sang*

« Je sais, j'arrive tard », dit doucement Katara, qui vérifia à nouveau qu'elle était seule. Des larmes lui vinrent, mais elle les ravala. Elle n'était pas venue pour pleurer, et sa grand-mère ne le voudrait pas. « Tu me manques tellement. J'aimerais tellement que tu sois encore là, j'ai tant de questions auxquelles tu aurais peut-être pu apporter une réponse ».

Katara songeait principalement à ses doutes quant à sa relation avec Zuko. Elle n'avait plus de doutes sur ses sentiments, mais savait que ça ne suffirait pas pour bâtir une relation solide. Son cœur n'avait pas choisi ni le plus commun ni le plus facile des hommes. Elle avait l'habitude de ce qui sortait du commun, elle avait après tout fréquenté de très près l'Avatar. Mais ce dernier n'avait pas la passion ni le passé compliqué que Zuko partageait avec la Nation qu'il gouvernait à présent. Aang avait perdu ses amis et sa famille à cause de la Nation du feu, mais il avait eu une enfance heureuse avec les moines et n'avait souffert d'aucun abus de la part de ceux qu'il considérait comme sa famille. Zuko portait sur son visage la marque de la cruauté de son père. Et sa soeur Azula, prodige qui avait hérité de ce dernier, l'avait toujours rabaissé.

Katara était inquiète de savoir ce que sa Nation penserait de tout ce qu'ils vivaient à l'aune de leurs sentiments. Sa peau foncée trahissait ses origines, elle avait toujours été surprise que personne n'insiste quant à ce trait physique lorsqu'ils étaient sous couverture avec Toph, Sokka et Aang. Elle avait toutefois remarqué les regards désapprobateurs des citoyens de la Nation du feu.

« Je ne sais pas quoi faire. Et je suppose que tu désapprouverais. Mais j'aime Zuko », fit Katara à voix basse. Elle s'assit en tailleur devant les cairns. « Mais je ne pense pas que nous puissions être ensemble »

Ces mots qu'elle venait de prononcer à voix haute étreignirent son coeur d'une douleur familière. Familière car semblable à celle qu'elle avait lorsqu'elle avait quitté Aang. Elle l'avait quitté parce qu'il n'était pas plus fait pour elle qu'elle ne l'était pour lui. Elle faisait face au même dilemme avec Zuko, à la nuance près qu'elle l'aimait plus profondément qu'elle n'avait voulu le croire. Son coeur se gonflait d'affection lorsqu'elle pensait à lui, et ces derniers temps, il était toujours dans ses pensées.

« J'aimerais avoir ton courage de défier les conventions préétablies, tu sais, comme tu l'as fait lorsque tu es venue au Pôle Sud », continua Katara avec une voix plus posée.

Sa grand-mère avait longtemps refusé son mariage arrangé avec Pakku et avait fui au Pôle Sud pour l'éviter, brisant toutes les conventions qu'imposaient le Pôle Nord, où les mariages arrangés étaient monnaie courante. Katara se demandait si Zuko oserait faire fi lui aussi des traditions de la Nation du feu pour pouvoir rester à ses côtés. En réalité, elle n'en doutait que très peu, Zuko ne choisissait jamais la facilité. Mais pourrait-elle assumer son rôle avec lui ? Elle ne connaissait que peu de choses à la politique, elle le mettrait dans l'embarras.

Elle lâcha un énième soupir de frustration et s'avança vers la falaise. Elle resta un moment à observer l'océan qui s'étendait à perte de vue au-delà de la pierre sculptée. C'était l'un des endroits qu'elle préférait pour réfléchir et imaginer ses futurs voyages. Ces derniers mois, elle avait énormément parcouru le royaume de la Terre, s'arrêtant de temps à autre sur l'île Kyoshi pour voir son frère. Partir seule à l'aventure lui avait fait le plus grand bien. A présent, partir ne faisait plus partie de ses envies. La seule envie qui la gouvernait, c'était celle qui la poussait dans les bras de Zuko. Il créait petit à petit un grand vide à chaque fois qu'ils se séparaient. Le manque se faisait sentir de façon plus pressante qu'auparavant.

Elle finit par se lever. « Je suivrai mon coeur, comme tu me l'as toujours appris, Grangran. Il connaît le chemin », conclut Katara, résolue à se battre pour ce qu'elle voulait.

Le soleil était descendu plutôt bas dans le ciel, mais il n'irait pas plus loin. Sa lumière éclairait tel un soleil couchant éternel la glace d'une lueur orangée. Katara sourit en songeant aux yeux de Zuko, qui avaient cette même lueur. Elle avait découvert le plaisir de se plonger dans ses yeux, ce qu'elle avait longtemps évité par mépris. Un petit rire lui échappa en songeant sur la manière dont leur relation avait commencé. Le pire pouvait présager le meilleur.

De retour au village, elle croisa Suki, qui avait l'air contrariée, Hua lui lançant de minuscules boules de neige. « Hé Suki ! Tu vas bien ? »

« Leur réunion dure depuis des heures... », marmonna Suki en désignant d'un geste de la tête le bâtiment de la mairie. Hua demanda les bras de sa mère, et Katara sentant Suki fatiguée, prit la relève. Hua n'en était pas mécontente. « Où sont Toph et Kiyi ? »

« Pour ce qui est de Toph, je crois que Sokka l'a suppliée d'intervenir avec le roi Kuei. Il semble que ce dernier ne sache pas grand chose de ses industries même après six ans. Kiyi est retournée au bâtiment que vous occupez avec Zuko. Ty Lee est avec elle », déclara Suki avec un sérieux qui ne faisait que dissimuler sa contrariété.

« Attend, Toph est avec Aang, Sokka et Zuko ?! Oh par Tui... », s'exaspéra Katara.

Suki comprit immédiatement ce qui la tracassait. « Elle finira par le savoir, et eux aussi. Mais pourquoi ça te pose autant de problèmes ? Nous sommes tes amis non ? »

« Sokka n'est pas mon ami, c'est mon frère, et Aang mon ancien petit-ami ! Je ne veux pas qu'ils se mêlent de quoi que ce soit », rétorqua Katara avec véhémence. Suki ne le prit pas mal, sachant pertinemment que c'était la situation que Katara trouvait impossible, ce n'était pas elle qui était visée personnellement.

« Mais tu oublies que d'un autre côté ce sont les amis de Zuko », fit doucement Suki.

Katara secoua la tête, définitivement exaspérée. Elle allait avoir son frère et l'Avatar sur le dos à présent. D'autant qu'Aang adorait dispenser ses maximes de sagesse. Et même si elle savait qu'il n'avait aucune mauvaise intention, Katara en avait souffert. Toujours à lui dire la morale, toujours à lui parler de devoir. Comme s'il pouvait lui apprendre à elle le sens du pouvoir.

Katara leva les yeux au ciel. « Tant pis, advienne que pourra »

« Aller Hua, on rentre. Ton père ne devrait plus tarder. Veux-tu m'accompagner Katara ? », demanda Suki.

Katara hésita mais finit par accepter. Discuter lui faisait le plus grand bien.


Zuko quant à lui était plutôt ravi de cette réunion au bout du compte. Ils avaient non seulement pu parler des avancées économiques du Sud mais aussi des subventions octroyées par les différentes Nations visant à sa reconstruction. Le roi Kuei avait quelque peu rattrapé son retard en la matière, mais demeurait totalement profane quant à l'industrie de son royaume à proprement parler. Il avait demandé à Toph de les rejoindre, cette dernière faisant collaborer ses élèves toujours plus nombreux en maîtrise du métal avec les ingénieurs du royaume de la Terre, et depuis peu, également ceux de la Nation du feu qui pratiquaient depuis bien longtemps cette maîtrise de façon manuelle et bien moins aisée.

Ils parlèrent également de la menace qui pesaient sur eux. Des disparitions avaient également eu lieu au Royaume de la Terre, mais personne n'avait réalisé le lien possible entre ces disparitions et l'organisation qui semblait vouloir mettre à mal Zuko et de façon générale le Mouvement de Restauration de l'Harmonie. Toph trouva scandaleux que le Roi n'ait rien dit à ce sujet et déplorait l'absence de police efficace sur le territoire. Zuko proposa de déployer les quelques effectifs postés pour la transformation des anciennes colonies communes au Royaume de la Terre et à la Nation du feu pour qu'ils enquêtent à ce sujet, mais Aang s'y opposa. Les citoyens au dehors des colonies n'accepteraient pas d'être surveillés par des soldats de la Nation du feu, même pour les aider. Toph rappela à quel point ils étaient un peuple fier.

Ils devaient par ailleurs décider de ce qui allait advenir de ces anciennes colonies, qui avaient désormais un statut tout à fait spécifique. Zuko souhaitait qu'il existe un endroit pour tous les citoyens sans distinction de nations qui le souhaiteraient. Ce serait selon lui une preuve qu'une réelle harmonie était possible. Toph constata à cette occasion que Zuko semblait tout à coup très impliqué dans ce mouvement de rassemblement. Elle soupçonna que quelque chose - ou quelqu'un - en soit la raison. Et elle ne croyait pas si bien dire. Zuko songeait en son for intérieur que cela permettrait peut-être de mieux faire accepter ses projets avec Katara.

Aang était très emballé par l'idée, Kuei également - il fallait dire qu'il était toujours enthousiaste, même dans les moments inappropriés. Ils décidèrent toutefois de remettre ce sujet à plus tard, car bâtir une nouvelle cité dans cette période de chaos et d'incertitude demeurait une mauvaise idée. Et Aang en profita pour insister à nouveau sur l'importance de la coopération entre les différentes nations, c'était cette coopération qui permettrait de mener à bien les projets que tous avaient pour ce monde.

« Il se fait tard mes amis, j'attends le représentant du Pôle Nord ce soir. Nous reprendrons cette discussion tous ensemble demain si vous le voulez bien. Sokka, je dois te voir pour les plans que tu m'as déposé ce matin », fit Hakoda en désignant son fils. Ce dernier arbora un sourire fier, ravi de pouvoir présenter ses créations à son père. « Doit-on vous escorter ? »

La question était légitime compte tenu de la présence des gardes du roi Kuei et de celle de Zuko, suppléée par les guerrières Kyoshi. Zuko refusa, il connaissait le chemin. Kuei fut raccompagné, il avait une tendance folle à se perdre dans son propre palais, mieux valait ne pas tenter le diable ici au Pôle Sud.

Longeant l'artère centrale, Zuko sentit son ventre gargouiller. En réalité, c'était le seul repère viable dont il bénéficiait pour déterminer l'heure qu'il était. Le soleil était bas dans le ciel, mais il allait le rester de longues heures, ce n'était pas un bon indicateur. Il avait hâte de retrouver Katara. Son idée de République des Nations Unies faisait son chemin, et ce serait pour le mieux.

Mais un vacarme épouvantable se fit entendre. Le sol pierreux couvert de glace trembla sous les pieds de Zuko. Que se passait-il ? Nouveau bruit sourd, qui le fit glisser et trébucher. Cela ressemblait à des explosions. Il se mit à courir en direction de son bâtiment, qui n'était qu'à deux pas de l'endroit où il se trouvait. Il marqua un temps d'arrêt, sous le choc. Tout était en flammes. Zuko tenta de dissiper les flammes mais son épaule le rappela à l'ordre. Sa maîtrise était complètement inefficace.

« Kiyi ! Katara ! », hurla-t-il face aux flammes.

Il ne fut distrait que par la présence d'intrus vêtus de noir. Les mêmes qui avaient tenté de l'assassiner. Voulant utiliser sa maîtrise pour les mettre hors d'état de nuire, la douleur fut si intense qu'il ne put sortir la moindre flamme. Un déchirement atroce se fit sentir au niveau de son épaule, le faisant grimacer de douleur. Il tenta de se rassurer à propos de Kiyi. Ty Lee avait dû les sortir de là en deux temps trois mouvements. Et Katara disposait de sa pleine maîtrise, et ce n'était pas comme si le Pôle Sud manquait d'eau. Ses gardes postés autour du bâtiment avaient été balayés par le feu.

« Vous devriez vous réfugier à la mairie, Seigneur du... », commença l'une des guerrières. Celle-ci s'arrêta net, et s'écroula victime d'une flèche dans la nuque. Zuko s'écarta aussitôt et les autres guerrières en firent de même pour éviter d'autres projectiles potentiels. Sa garde fut elle aussi victime de ces flèches. En quelques minutes, ils avaient réussi à éliminer quatre soldats aguerris de la Nation du feu et une guerrière Kyoshi.

« Par ici, essayons d'aider les civils à évacuer. Nous devons retrouver Katara et Kiyi », décida Zuko. La guerrière Kyoshi hocha la tête, et ils partirent ensemble dans la direction opposée, esquivant les flèches qui sifflaient dans les airs.

Mais il n'eut pas grand chose à faire, Hakoda avait prévu cette éventualité. Sa tribu ayant déjà été presque décimée une fois, il avait prévu des défenses et des moyens d'évacuation efficaces. Il avait bâti un véritable bunker, notamment grâce à l'aide de Toph, pour que la totalité de la population puisse s'y réfugier. Toph l'avait fait en métal selon les plans de Sokka, qui savait pertinemment que même si d'autres maîtres du métal existaient, ils n'auraient jamais le degré de technique pour percer à la fois la défense et l'enceinte du bunker. Une nouvelle explosion incendia d'autres bâtiments. Zuko ainsi que la guerrière Kyoshi qui l'accompagnait furent projetés contre les bâtiments d'en face. La fumée devenait si épaisse qu'il était impossible de bien voir.

Ne retrouvant pas la guerrière Kyoshi, Zuko chercha immédiatement à se dissimuler. Son arcade sourcilière droite saignait et sa tenue était déchirée par endroits sous le coup de l'impact mais globalement, il pouvait bouger. Néanmoins, avant de bouger, il se figea et mit tous ses efforts dans son sens de l'observation. 'Observe avant d'agir', disait son maître épéiste Piandao. Toph lui avait déjà dit cela à propos de sa maîtrise, et cela l'avait bien servi contre Azula.

Il finit par comprendre le mode opératoire de leurs ennemis. Ils étaient cinq par groupe, avec au moins deux maîtrises différentes et semblaient connaître avec une précision déroutante la cité. Zuko songea qu'il devait y avoir un traître ou un espion dissimulé au sein des habitants. Il se promit de demander à Hakoda de faire un appel. Au vu des corps qui jonchaient les rues, cela serait obligatoire pour recenser les morts. Il était néanmoins ébahi. Cinq flèches avaient suffi à éliminer en un tir sa garde et une guerrière Kyoshi. Ils ne débutaient pas dans le métier visiblement. Zuko, tandis qu'il se mordait les joues pour ne pas gémir sous le coup de sa douleur à l'épaule, se demandait quelles autres surprises leur réservaient les assaillants.


Katara et Suki bavardaient tranquillement, Hua s'était endormie dans les bras de sa mère. Sokka n'était toujours pas revenu, et Katara décida de tenir compagnie à Suki jusqu'à ce qu'il revienne. Cette dernière affutait distraitement son éventail de combat, son attention concentrée sur ce que disait son amie.

« Tu crois que je devrais lui dire ? A Sokka ? », demanda Katara.

« Je pense que tu devrais. Bon il va t'en vouloir pendant une semaine, mais il comprendra. Tu aurais pu choisir un bien plus mauvais compagnon », sourit Suki. « Et ce serait une occasion rêvée de prouver à tout le monde, même à ces infâmes criminels, que les nations n'ont pas à être séparées. Sokka et moi on en est déjà une preuve, mais Zuko et toi, ce serait beaucoup plus fort »

Katara sourit légèrement. « Tu as raison, je vais tout lui dire, et puis... Qu'est-ce que c'était ? »

Le sol avait tremblé sous leurs pieds. Un bruit épouvantable se fit entendre, ce qui réveilla Hua, qui se mit à pleurer. Suki la prit aussitôt dans ses bras. La porte s'ouvrit en grand, Katara bougea les mains pour faire venir de l'eau à elle. Elle avait un très mauvais pressentiment. Mais c'était son frère.

« Qu'est-ce qui se passe ? », demanda Suki, très inquiète.

« Nous sommes attaqués, nous devons évacuer et nous mettre à l'abri. Nos soldats sont en train de défendre les principales artères mais ça ne tiendra pas longtemps, il faut aller au bunker », fit Sokka d'une voix essoufflée. « Donne-moi la petite »

Suki lui tendit Hua qui pleurait doucement. Sokka lui souffla des paroles rassurantes. Katara quant à elle songeait à Zuko. Elle ne l'avait pas revu depuis le début de l'après-midi. Où était-il ? Katara espérait le retrouver au plus vite, sans sa maîtrise, il ne tiendrait pas longtemps. D'autant que les assaillants semblaient nombreux s'il fallait aller au bunker, Katara le savait.

« Où est Zuko ? », demanda-t-elle en attrapant Sokka par les épaules.

« Je ne sais pas, il est rentré à son bâtiment je crois », fit-il d'une voix hésitante. Il n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait se trouver Zuko.

« Je dois aller le chercher », souffla-t-elle.

« Et moi retrouver mes soeurs, nous pouvons vous faire gagner du temps ! », décida Suki qui attrapa son armure, qu'elle mit en deux temps trois mouvements. Le résultat était étrange sans son habituel maquillage. Son éventail affuté, elle se prépara à sortir.

« Vous êtes sûres ? S'il vous arrivait quelque chose... », fit Sokka, tiraillé entre son envie de mettre sa fille et son peuple à l'abri et celle de protéger sa femme et sa soeur.

Suki l'attira vers elle pour l'embrasser. « Tout ira bien mon coeur »

Elle embrassa aussi sa fille, qui ne comprenait pas ce qui se passait. Peu convaincu, Sokka partit en direction du bunker avec Hua dans ses bras. Katara et Suki se dirigèrent vers le bâtiment où devait se trouver Zuko. Une boule de feu passa au-dessus de Katara, qui ne l'esquiva que grâce à Suki. Utilisant la neige qui recouvrait toute la cité, Katara mit hors d'état de nuire son assaillant. La lune avait beau ne pas être dans le ciel, l'eau était là partout autour d'elle. Elle arrivèrent rapidement au bon endroit, et ce qu'elles virent leur glaça le sang.

Le bâtiment qu'occupaient Kiyi et Zuko était en flammes et partiellement détruit, et un cadavre de guerrière Kyoshi, parmi d'autres, jonchait le sol. Suki s'approcha avec appréhension pour constater la mort de son amie. Katara fit de même avec la garde de Zuko.

« Tu ne crois pas que Zuko est... », commença Suki sur un ton sinistre. Elle n'eut pas le courage de terminer sa phrase.

Katara secoua la tête. « Ils voulaient le tuer, s'ils avaient réussi, Zuko serait là »

« Ils ont pu changer d'avis... », fit Suki qui espérait sincèrement se tromper.

Katara sentit un frisson d'effroi parcourir son échine. Non, Zuko ne pouvait pas être mort, il ne pouvait pas avoir été pris. Elle se releva. « Non, c'est impossible... »

Katara s'approcha du bâtiment, espérant qu'ils ne soient pas piégés à l'intérieur. Elle en doutait - Kiyi et Ty Lee étant parfaitement capables de les sortir de là - mais voulait quand même vérifier. Dehors, la panique régnait, tout le monde courait dans tous les sens pour tenter d'arriver au bunker en esquivant les ennemis qui grouillaient, si bien que Katara dut oeuvrer pour esquiver la foule et arriver devant le bâtiment.

« Zuko ! », lança-t-elle d'une voix forte. Pas de réponse. L'inquiétude commença à s'emparer d'elle.

« Katara ! », lui répondit soudain une voix qui semblait provenir de l'autre côté du bâtiment. Kiyi. Katara se précipita vers elle, Suki à sa suite. Kiyi semblait aller bien mais était visiblement désorientée par ce qui se passait.

« Kiyi, ça va ? Tu n'es pas blessée ? », demanda Katara qui la prit par les épaules, la regardant dans les yeux.

Kiyi hocha vivement la tête. Elle était étonnamment calme. « Oui, ça va, je n'ai rien mais je ne trouve pas Zuzu ni Ty Lee... »

« Je vais m'en occuper, Zuko ne doit pas être loin », dit Katara, qui savait pertinemment que Zuko allait revenir pour sa soeur. Elle chercha du regard un bâtiment connu, lorsqu'elle vit Siku passer devant elle. « Siku ! »

Cette dernière eut un sursaut, parée à se défendre, mais courut vers Katara lorsqu'elle la reconnut. « Katara, tu vas bien ? », demanda-t-elle.

« Oui, ne t'en fait pas. Sura est en sécurité ? », demanda Katara. Siku hocha la tête. « Elle était avec Maître Pakku »

Katara en fut soulagée. « Bien, peux-tu prendre Kiyi avec toi ? Mets-la en sécurité, je pars chercher son frère »

Siku attrapa Kiyi par la main et elles se mirent à courir vers la cachette où se trouvait déjà Sura, qui l'attendait avant de rejoindre le bunker. Katara soupira. Au moins Kiyi serait sauve. Mais où diable était Zuko ?

« Je vais essayer de retrouver Ty Lee et Shina. Elles sont peut-être avec Zuko, mais je... », fit Suki avant d'être projetée violemment contre un bâtiment par de l'eau.

« Suki ! », s'écria Katara, impuissante.

Elle se tourna vers la source qui l'avait frappée. Un maître de l'eau. Se préparant à le frapper à son tour, un éclair le foudroya en pleine poitrine. Kiyi. Katara était impressionnée qu'elle parvienne à créer des éclairs dans une situation aussi catastrophique. Zuko serait fier. Kiyi s'approcha de Suki, qui semblait seulement assommée.

« Essayez de la conduire au bunker, je vais trouver Zuko », leur dit Katara. Rester seule était une mauvaise idée mais elle savait qu'à elles deux, elles parviendraient à s'en sortir. Le quartier n'avait pas de secrets pour Siku. Et mettre la princesse de la Nation du feu en sûreté faisait partie des priorités absolues.

Le calme sembla revenir, mais les assaillants vêtus de noir continuaient à grouiller autour des bâtiments, qu'ils incendiaient ou faisaient s'écrouler allègrement. Et Zuko ne réapparaissait pas. Katara commençait à se dire que peut-être qu'il était au bunker en sécurité. Elle fit le tour du bâtiment incendié plusieurs fois, mais il n'était pas là. Où pouvait-il être ? Katara songea qu'il pouvait être avec Sokka, mais en doutait sérieusement.

Elle passa au bloc suivant, rasant les murs et évitant de se faire repérer. Il y avait des ennemis partout à présent. Alors qu'elle passait devant un renfoncement de mur, passant juste derrière un groupe d'ennemis qui lui tournait le dos, une main se plaqua sur sa bouche tandis qu'une autre la tirait en arrière. Katara voulut protester et se débattre, mais elle reconnut une odeur d'ambre familière.

« C'est moi », murmura une voix derrière elle. Zuko. Katara fut immédiatement soulagée. Il n'était ni mort, ni captif.

Katara écarta sa main et se tourna vers lui. Il avait les cheveux défaits, et sa tenue était trempée de neige, signe qu'il avait dû s'accroupir dedans pour ne pas se faire voir. Du sang coulait autour de son oeil droit, mais il avait l'air globalement indemne. Quelle frayeur elle avait eue ! Elle le serra brièvement contre elle.

« Où étais-tu bon sang ? Je m'inquiétais pour toi ! », s'écria-t-elle entre ses bras, chuchotant néanmoins pour ne pas se faire entendre.

« Je sais, je sais, excuse-moi. Kiyi va bien ? », demanda Zuko, visiblement inquiet.

Katara hocha la tête. « Oui, elle est avec Siku et ne t'en fait pas, elle sait parfaitement se défendre. Oh j'ai cru mourir de peur en voyant ton bâtiment incendié »

Zuko lui caressa doucement les cheveux. « Je vais bien, tu vois »

Il n'en dit pas plus. Lui aussi avait eu très peur en trouvant son bâtiment enflammé sans âme qui vive autour. Katara remarqua que son visage était crispé et baissa les yeux sur son bras gauche, que Zuko tenait contre lui. « Ton épaule... »

Des voix s'élevèrent soudain derrière eux, et ils se pétrifièrent sur place, essayant d'entendre ce qui se disait. De ce que Katara avait pu relever avant que Zuko ne la surprenne, c'était qu'ils étaient au moins cinq avec deux ou trois maîtrises différentes, et une bloqueuse de chi. S'ils étaient découverts, avec la maîtrise de Zuko hors service, ils perdraient sans doute le combat. Il n'y avait de plus pas de lune pour aider Katara. Ils passèrent, leurs ennemis ne semblant pas les remarquer mais durent entrer précipitamment dans une maison adjacente pour ne pas se faire repérer. La maison semblait vide. Ils verrouillèrent la porte, et scrutèrent les fenêtres, passant à ras pour ne pas se faire voir. Heureusement, les volets étaient encore baissés. Le groupe d'ennemis passa devant la maison sans s'arrêter, et Zuko et Katara poussèrent un soupir de soulagement.

« Il faut qu'on rejoigne le bunker », fit Katara qui réfléchissait à un plan pour y parvenir.

« Le... bunker ? J'ignorais que vous en aviez un », dit Zuko, surpris.

« Nous en avons un, Kiyi doit y être à présent. Mais comment allons-nous faire... », se demanda Katara qui réfléchissait à voix haute.

« Attendons-nous des renforts ? », questionna Zuko.

Katara répondit d'un ton calme et concentré. « Normalement une délégation du Pôle Nord devrait arriver, et puisque la quasi-totalité de notre population est en sécurité, je pense qu'Aang va intervenir avec nos hommes »

« Et Sokka ? Et Suki ? Et Toph ? », demanda-t-il successivement.

« Sokka et Toph défendent le bunker, Suki a été assommée je l'ai envoyée avec Kiyi et Siku pour se mettre à l'abri. D'ailleurs, tu serais fier de ta soeur, elle nous a sauvé la mise dehors », fit doucement Katara avec un léger sourire, qui disparut en entendant des voix qui s'élevaient au dehors. « Viens, descendons au sous-sol »

Elle souleva une trappe dissimulée dans le sol. Zuko n'aurait jamais pu la trouver sans aide. 'Ingénieux' pensa-t-il. Ils descendirent, prenant garde à ne pas faire trop de bruit. Puis Zuko referma la trappe, en profitant pour examiner l'étrange mécanisme permettant de l'ouvrir. Katara comprit qu'ils étaient en train de fouiller les maisons, et se mit à réfléchir. La priorité était de protéger Zuko, mais ça n'était pas aussi évident que cela pour lui. Katara savait qu'il s'opposerait à ce qu'elle fasse diversion, mais c'était la seule possibilité qui s'offrait à eux. Elle se tourna vers lui, hésitant à lui faire part de son plan.

« Je connais ce regard Katara, et c'est non », fit Zuko d'un ton plus autoritaire qu'il ne l'aurait voulu.

« Alors on fait quoi ? Tu as mieux à proposer peut-être Seigneur du feu ? », lui rétorqua Katara. C'était la seule solution, et il le savait parfaitement. Et plus il perdait du temps à refuser d'accepter ce fait, plus les chances qu'il avait de s'en sortir s'amenuisaient.

« Ne m'appelle pas comme ça ! », râla Zuko, qui baissa sa voix aussitôt. « C'est hors de question que je te laisse les affronter, tu as vu de quoi ils sont capables et... tu es une femme, tu as entendu ce qu'a dit ton père et ce qu'a dit mon oncle à ce sujet, je ne peux pas les laisser t'emmener »

« Ils te tueront ou pire encore s'ils te mettent la main dessus. Et que fera ta Nation si tu disparais ? Tu sais aussi bien que moi que nous n'avons pas le choix », lui dit Katara d'une voix brisée. « Je ferai ce que j'ai à faire Zuko »

Zuko s'avança vers elle. Il savait pertinemment qu'elle avait raison, mais l'idée de la livrer à un tel enfer lui était insupportable. Il n'avait pas remarqué que les mains de Katara s'étaient mises à bouger. « Ah oui, et que comptes-tu f... Ah ! »

Katara avait déployé ses bras vers lui, et il fut glacé jusqu'à la nuque. Il ne pouvait plus bouger. Zuko jeta un regard interloqué à Katara. Il tenta d'utiliser son chi, mais ce dernier était si affaibli et la douleur était si intense que cela allait prendre beaucoup de temps avant qu'il ne sorte de là. Katara le savait.

« Qu'est-ce que tu fais ?! », lança-t-il avec une voix profondément agacée.

« Je te sauve la vie », murmura-t-elle. Elle détacha son collier, qu'elle posa au sol. « Tu me le rendras »

Zuko parut sonné, il ne comprenait pas ce qui se passait. « Quoi ? »

« Peu importe ce qui va se passer, je t'aime Zuko », dit-elle, d'une voix sereine. Zuko ne put sortir le moindre son, il était comme paralysé. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il sentait la glace anesthésier sa douleur au niveau du bras, mais était toujours incapable d'user de son chi. Pourquoi Katara lui donnait-elle son collier ? Pourquoi... sonnait-elle comme si elle lui disait adieu ?

Ce n'est que lorsqu'elle se dirigea vers la trappe qui les avait conduits ici que Zuko comprit. « Non ! Katara ! N'y va pas ! Je t'en prie ! Arrête ! »

Elle ne se retourna pas, ouvrit la trappe et la referma derrière elle, coupant court aux supplications de Zuko. D'un revers de la main, elle essuya les quelques larmes qui ruisselaient sur ses joues. Les intrus n'étaient pas loin, ils devaient être rendus à la maison d'à côté, c'était l'occasion ou jamais. S'armant de courage et de détermination, elle sortit de la maison et envoya une vague sur l'endroit où se tenaient ses ennemis pour les renverser et s'enfuir plus facilement, surfant sur sa vague. Avec un peu de chance, elle pourrait s'en sortir. Mais la chance n'était décidément pas de son côté.

Une boule de feu passa à côté de son visage. Katara roula sur le côté et sa vague s'écroula en même temps qu'elle. Recouvrant son corps d'eau, elle projeta des cristaux à l'encontre de ses adversaires. L'un d'eux fut touché au visage et jura. Mais l'étau se resserra pour Katara, qui était entourée de deux groupes d'ennemis. Elle tenta de passer au travers en surfant, mais un maître de l'eau glaça sa vague, ce qui la fit tomber lourdement dans la neige. Mais elle esquissa un sourire, ils étaient assez loin de l'endroit où se trouvait Zuko. Néanmoins, elle n'allait pas abandonner. Si elle pouvait s'en sortir, l'ennemi aurait perdu cette bataille.

« Un maître de l'eau au Pôle Sud... », fit l'un d'eux sous son masque noir.

Son voisin lui donna un coup de coude. « Tu ne la reconnais pas ? C'est Katara sombre idiot ! », fit-il en renvoyant des boules de feu que Katara esquiva d'un bond. Mais se faisant, elle atterrit sur une plaque de glace préparée par le maître de l'eau qui lui faisait face, et elle lutta pour rester debout. Se protégeant des fouets enflammés du premier, elle parvint à se dissimuler derrière une maison. Mais celle-ci prit feu tout à coup, obligeant Katara à se révéler à nouveau. Mais ses ennemis n'étaient plus là.

Elle reforma sa vague pour surfer à nouveau, toujours plus loin de Zuko. Mais elle fut intercepté par le maître de l'eau qui l'attrapa sur sa vague pour la projeter plus loin. Sa tête cogna contre un mur et elle s'effondra dans la neige. Une nausée s'empara d'elle, des points noirs dansaient devant ses yeux. Et avant qu'elle n'ait pu opposer la moindre défense, elle sentit quelqu'un lui donner des coups très appuyés et violents sur certaines parties très précises de son corps. Elle se sentit si mal qu'elle n'eut pas la force de se relever. Et lorsqu'elle comprit ce qui venait de se passer, il était trop tard. Son chi était bloqué. Elle sentit du tissu dans sa bouche et tenta vainement de se débattre. Ils l'avaient fait taire. Elle fut soulevée de terre.

« Qu'est-ce que c'est que ça ?! », demanda une voix masculine.

« Des renforts du Pôle Nord », répondit un autre.

« Vite, on doit partir ! », fit l'un d'eux.

Katara se sentit emportée, probablement par le maître de l'eau qui maîtrisait ses vagues. Cela dura un moment, mais personne ne les arrêta. Katara se demandait où était Aang. Sa présence aurait changé les choses. Mais leurs assaillants avaient piégé Aang, qui était retenu par les meilleurs d'entre eux. Ce dernier tâchait habilement de les mettre hors d'état de nuire sans les tuer. Mais il dut passer en état d'Avatar pour parvenir à ses fins.

Et le sifflement qu'il entendit par la suite, sonnant le repli des ennemis, ne put rappeler ceux qui s'étaient opposés à lui. Aang ne comprit pas immédiatement pourquoi ils se repliaient. Mais lorsqu'il vit des flots d'eau envahir les rues en direction de leurs adversaires, il comprit. La délégation du Pôle Nord venait d'arriver. A ses côtés, le chef Hakoda ordonna qu'on fasse prisonniers ceux qui avaient été vaincus. Ty Lee, qui était également présente, leur bloqua le chi chacun leur tour.

« Ty Lee ? Où sont les autres ? », demanda Aang qui réajustait sa toge de moine.

« J'ai perdu Kiyi de vue tout à l'heure. Quant aux autres, je ne sais pas où ils sont... », fit-elle avec une mine triste qui tranchait avec son humeur habituellement joviale.

« Aang ! », lança une voix derrière eux. Sokka, qui sortait tout juste du bunker. « Le roi Kuei et Kiyi sont à l'abri, mais je ne trouve ni Zuko, ni Suki, ni ma soeur »

Aang fut tout à coup inquiet. Il avait un mauvais pressentiment, et à raison. « On va fouiller toutes les maisons, il faut qu'on fasse l'appel pour compter les morts », décida-t-il d'une voix sombre. Le chef Hakoda acquiesça et ils divisèrent le terrain en plusieurs zones pour fouiller efficacement.


Zuko avait presque fait fondre la totalité de la glace qui le retenait prisonnier au niveau du torse et des jambes. Il geignait et tentait d'activer son chi autant que possible. Son esprit était ailleurs. Katara n'était pas revenue. Et ça ne pouvait signifier qu'une seule chose. Des larmes de rage coulèrent sur ses joues tandis qu'il forçait sur son seul bras valide pour sortir de là. Il avait du mal à penser clairement.

« Par Agni ! Ah ! », jura-t-il avant de s'extirper finalement de son bloc de glace. Sa voix était rauque, il avait hurlé à Katara de revenir, de ne pas partir. Mais elle était partie.

Il tomba rudement au sol en un bruit sourd. Poussant un énième grognement de douleur, il roula sur le dos. Son épaule le brûlait atrocement. Et plus que ça, c'était son cœur qui lui serrait douloureusement la poitrine. Katara. Il n'avait que son visage en tête. Sa main se ferma sur son collier, qu'il observa. Ce collier, il le connaissait presque par cœur. Il l'avait gardé attaché à son poignet pendant si longtemps autrefois, avant qu'elle ne le récupère. La voix de Katara résonna dans sa tête.

« Tu me le rendras »

Le temps des mots doux et de la douceur était terminé. Il attacha le collier à son poignet et se fit le serment de lui rendre et de la sauver, où qu'elle se trouve. Il tâcha de se redresser. Ses vêtements étaient trempés et lui rendaient pas la tâche facile. Se tenant aux murs pour ne pas tomber, il atteignit la trappe. Son visage était anéanti. Il déverrouilla la trappe et prit une inspiration pour remonter. Y parvenant après de longues minutes d'effort, il lâcha un hurlement rageur. Se relevant, il ne pouvait retenir son chagrin. Katara avait été emmenée. Elle serait revenue pour lui si tel n'était pas le cas.

« Zuko ?! », appela une voix au dehors de la maison. Ce dernier tâcha d'essuyer ses larmes avec sa manche trempée avant d'ouvrir la porte.

Aang était là, accompagné par quelques hommes d'Hakoda. Ce dernier, voyant le visage meurtri et en proie au chagrin de son ami, comprit que quelque chose de grave s'était produit. Il se demanda ce que Zuko faisait dans cette maison. Et surtout, où était Katara ? Elle ne pouvait pas être...

« Ils l'ont emmenée... Aang... », balbutia Zuko d'une voix tremblante.

Aang ne comprit pas ce qu'il disait. « Qui a été emmené ? Que s'est-il passé ? Bon sang, ton épaule... Tu dois être soigné Zuko »

« Mais tu ne comprends pas qu'ils l'ont emmenée ?! Ils ont emmené Katara, Aang ! », explosa Zuko qui frappa de son bras valide le mur de la maison. La douleur sur ses phalanges était sans commune mesure avec celle qui le rongeait de l'intérieur. « Elle m'a enfermé ici, pour me sauver ! Et je n'ai rien pu faire ! »

Aang commençait à comprendre. Il s'en doutait déjà en voyant les vêtements trempés de Zuko, mais à présent il en avait le cœur net. « On ne sait pas encore si elle a vraiment disparue, elle est peut-être blessée. Viens, ça ne sert à rien de rester là », dit Aang en le poussant à venir avec lui.

Zuko n'y croyait pas. Elle serait revenue si elle s'en était sortie. Mais il suivit Aang, l'état de son épaule était critique, même si la glace de Katara avait anesthésié le tout pendant une longue durée. Katara. Où était-elle ? Qu'allaient-ils faire d'elle ? Zuko ne parvenait pas à penser à autre chose. Aang l'accompagna jusqu'à Siku dans l'infirmerie de la tribu, à deux pas de la mairie. Celle-ci était en train de terminer de soigner la jambe de Kiyi, qui avait reçu des cristaux de glace. Cette dernière une fois guérie se leva, et clopina pour enlacer Zuko aussi fort qu'elle le pouvait.

« Oh Zuzu, j'ai eu peur pour toi ! », dit-elle d'une voix tremblante. Elle était si soulagée de le revoir. Mais elle remarqua aussitôt les larmes sur ses joues et son air défait.

Zuko redoutait qu'elle ne pose la question. A raison. « Où est Katara ? », demanda-t-elle en cherchant des yeux la maître de l'eau.

« Je ne sais pas Kiyi », souffla Zuko qui tentait de conserver une voix stable et d'apparence sereine. Il ne voulait pas effrayer sa soeur.

« Hum... Je peux peut-être vous aider Seigneur ? », fit Siku derrière eux qui fixait l'épaule ensanglantée de Zuko.

Ce dernier n'hésita pas longtemps, il avait tellement mal. Siku l'invita à venir s'asseoir à l'endroit qu'occupait sa soeur quelques minutes auparavant. L'infirmerie était bondée, la plupart des blessés y étaient rassemblés. La pauvre Kaya, médecin en chef de la tribu, était débordée. Maître Pakku et Sura s'occupaient déjà de soigner les blessés les plus graves. De nombreux membres de la tribu indemnes s'étaient proposés de l'assister, notamment pour aller chercher l'eau et les bandages nécessaires. Certains s'occupaient de réchauffer les blessés devant être partiellement dénudés pour leur guérison. Siku referma la blessure à l'arcade que Zuko avait, puis défit le kimono trempé de ce dernier. Elle constata que son épaule avait pris une couleur assez laide à voir, mais rien d'irrécupérable.

« Ça risque d'être douloureux », prévint-elle. Zuko hocha la tête, il avait l'habitude. Il dut se mordre les joues pour ne pas craquer à nouveau. C'était Katara qui devrait être là avec lui. Siku commença. Il sentit à peine la douleur.

« Ça devrait suffire, je vais bander votre bras en écharpe pour éviter que votre épaule ne bouge de trop. Kiyi, peux-tu aller chercher l'une des tenues bleues là-bas ? Votre kimono est trempé Seigneur Zuko », expliqua Siku. Zuko hocha la tête machinalement.

Kiyi l'aida à revêtir la tenue bleue qu'elle avait trouvée. Elle était un peu trop grande pour lui, mais cela suffirait pour le moment. Voyant que Zuko ne semblait pas très enclin à discuter, elle décida d'aider autant que possible les blessés. Son chi réchauffa efficacement la plupart de ceux qui étaient gelés. Elle distribua des vêtements secs à ceux qui en avaient besoin. Zuko sourit légèrement. Leur mère serait fière.

Mais il n'arrivait pas à se défaire de Katara, il jouait et rejouait dans sa tête ses dernières paroles, serrant son collier entre ses doigts. Il décida de sortir dehors, il avait besoin de savoir. Sokka revenait de sa ronde justement et semblait atterré par ce que lui disait Aang. Il tomba à genoux dans la neige, serrant son boomerang contre lui.

Zuko arriva et Aang se tourna vers lui, l'air grave. « Suki et Katara ont été enlevées, avec sept autres femmes du village »

Cette révélation fit l'effet d'un coup de poing dans le ventre pour Zuko. « Suki aussi ? », fit-il d'une voix brisée.

« Elle était partie te chercher, avec Katara ! J'aurais dû les en empêcher ! », s'écria Sokka sur un ton rageur à l'adresse de Zuko.

Il ne lui en voulait pas vraiment mais avait besoin d'extérioriser sa douleur. En quelques heures, il avait perdu sa femme et sa soeur. Se détournant de Zuko, il laissa son chagrin sortir. C'était bien un homme de la Tribu de l'eau. L'élément du changement, des émotions.

« Je suis désolé, Sokka... », murmura Zuko. Il ne savait pas quoi dire. Qu'est-ce qui était acceptable ?

Une petite voix s'éleva derrière eux. « C'est de ma faute »

Tous levèrent les yeux. Kiyi. Celle-ci avait un air coupable. Zuko ne comprenait pas. « J'ai paniqué... Suki était blessée... Et Katara m'a dit de ramener Suki au bunker, mais Siku et moi on a été attaquées... Et... »

Zuko s'agenouilla à sa hauteur, et la prit dans ses bras avant qu'elle ne continue. Cette dernière s'efforçait de ne pas pleurer, mais elle ne pouvait retenir ses larmes.

« Ce n'est pas de ta faute, Kiyi », lui chuchota Zuko. « Tu as fait tout ce que tu as pu, je le sais »

Sokka calma sa peine en voyant Kiyi affligée. Il ne pouvait pas lui en vouloir, elle était si jeune. Suki avait au moins rempli sa mission. Zuko et Kiyi étaient là et bien vivants. Et Hua était en sécurité avec les femmes de la Tribu. Sokka se ressaisit et alla aider son père à recenser les blessés et disparus au fur et à mesure que les hommes et les femmes menant les recherches revenaient à l'infirmerie. Aang accueillit la délégation du Pôle Nord qui visiblement ne s'attendait pas à un tel combat. Il leur expliqua ce qui s'était passé et aussitôt, les guérisseurs présents parmi la délégation s'attelèrent aux soins des blessés. Zuko tint un long moment Kiyi dans ses bras. Cette dernière pleurait doucement contre lui. Comme il aurait aimé la consoler davantage.

C'est à ce moment que ses conseillers, demeurés à bord du dirigeable, arrivèrent accompagnés par Toph. Celle-ci était en effet allée inspecter les transports aériens et maritimes, qui fort heureusement n'avaient pas été touchés. Zuko lui laissa le soin de s'occuper de Kiyi et discuta avec ses hommes. L'un d'eux avait eu la bonne idée d'amener un oiseau de feu. Zuko écrivit un message destiné à son oncle et le fit envoyer immédiatement. Il avait néanmoins pris le soin de le coder un minimum pour éviter que si le message tombait entre de mauvaises mains, il serait parfaitement impossible à lire pour quelqu'un ne connaissant pas les centaines de sortes de thé qui existaient dans le monde. Il hésitait à repartir immédiatement, souhaitant mettre sa soeur à l'abri. Mais il n'était pas venu pour rien, et ne fuirait pas ses responsabilités. Ses conseillers approuvèrent. D'autres hommes de la Nation du feu avaient péri, il était hors de question que cela ne recommence.

« Seigneur Zuko ? », appela une voix derrière eux. Le chef Hakoda. « Nous avons fait l'appel... Le bilan est assez lourd. Je crois qu'il serait sage que nous ayons une réunion de crise. La délégation du Pôle Nord vient d'arriver. Vos conseillers sont la bienvenue ».

« J'approuve, chef Hakoda », fit Zuko qui tentait de garder la tête froide. Il se glissa dans son rôle de Seigneur du feu, essayant de mettre de côté son cœur brisé. Pour le moment, il devait être fort. Laissant Toph avec Kiyi, il se dirigea avec Hakoda vers la mairie, où Aang se trouvait déjà avec le Roi Kuei et la délégation du Pôle Nord.


« Nous avons sept femmes disparues à déplorer... », commença Hakoda, qui cita la liste des personnes qui manquaient à l'appel. Il lutta à l'énonciation du prénom de sa belle-fille mais surtout de sa fille. Zuko serra les poings, tâchant de ne pas laisser s'échapper des larmes de ses yeux. « Ainsi que trente-cinq morts, sans compter la centaine de blessés », énonça Hakoda d'un air grave et meurtri. « C'est la plus tragique des attaques depuis la guerre de Cent ans »

Zuko se sentait très mal. Cela lui rappelait toutes les souffrances que sa tribu avait endurées à cause de sa Nation, et le fait qu'il n'avait pas su protéger ni Katara, ni Suki empiraient le tableau. Serrant des dents pour ne rien laisser paraître, il laissa Hakoda finir.

« Nous avons lancé des éclaireurs à leur poursuite, mais leurs engins étaient bien trop rapides pour nous. La dame Toph a pu néanmoins les identifier. Il s'agissait de sous-marins menés par des maîtres de l'eau. Nous n'avons pas pu capturer un seul de leurs individus, ceux qui ont pu être mis hors d'état de nuire ont tous pu avaler du poison pour ne pas divulguer la moindre information. Nos herboristes tentent déjà de déterminer le poison dont il s'agissait pour en connaître l'origine », expliqua Hakoda.

Le représentant de la délégation du Pôle Nord intervint. « Ils semblent changer de procédé à chaque nouvelle attaque. Pour notre part, les disparitions se sont déroulées de nuit dans la plus grande discrétion. Cinq femmes ont été enlevées il y a un mois de cela, nous n'avons pas encore pu retrouver leur trace. Nous avons vécu reclus pendant si longtemps qu'infiltrer les sphères politiques reste difficile »

Zuko toussota pour se redonner contenance et se mit à parler. « Mon oncle a pu le faire, mais pour le moment les recherches sont minces. Nous avons un prisonnier mais il ne sait rien, cette organisation sait parfaitement distiller les informations et surtout dissimuler celles d'une importance capitale pour ceux qui pourraient être pris. Mais nous avançons, nous avons renoué avec certains cercles qui sauront nous mener là où ce réseau opère. Il est très actif dans les trafics en tout genre. Mes hommes sont actuellement en train d'éplucher de vieux registres que d'autres tenaient sous les ordres de mon père, j'ignore si cela sera utile, mais mieux vaut chercher partout ».

« Que peuvent-ils bien chercher ? », demanda le Roi Kuei d'un ton presque naïf. Mais un silence lui répondit, démontrant à quel point la question était loin d'être idiote.

Ce fut Aang qui s'essaya le premier à un semblant de réponse. « De ce que j'ai pu apprendre, il s'agissait essentiellement de nourrir les trafics de femmes, qui rapportent gros, mais aussi d'avoir des moyens de pression à dégainer si l'on se mêle un peu trop de leurs affaires. Mais je n'ai pas pu trouver encore la racine de cette organisation, seulement des rumeurs au Royaume de la Terre »

Hakoda réagit à son tour, essayant de faire abstraction de la notion de 'trafics de femmes'. L'idée de savoir sa fille embarquée dans ce genre d'abomination le rendait malade. « Reprenons depuis le début. Ils ont enlevé des dizaines de femmes au Pôle Nord et au Royaume de la Terre. Ils ont ensuite tenté d'assassiner le Seigneur du feu Zuko, avant de venir ici nous attaquer. Je ne suis pas certain qu'il ne s'agisse que de vulgaires manières de nourrir leurs trafics. Tout cela cache quelque chose de beaucoup plus gros »

Sokka s'exclama vivement, se dressant sur son siège. « C'est évident, ils veulent désorganiser les Nations et renverser ceux qui dirigent ce monde. La criminalité au Royaume de la Terre lorsqu'il était sous l'égide de la Nation du Feu était fait notoire. Nous avons vu toutes sortes d'abominations durant nos voyages, n'est-ce pas Aang ? »

Ce dernier hocha la tête. Même s'il s'agissait la plupart du temps de méfaits commis par la Nation du feu, ça n'avait pas toujours été le cas. Des personnes ordinaires étaient parfaitement capable de reproduire les mêmes choses. « C'est vrai. Mais depuis les nouveaux accords de protection passés entre les deux peuples, la criminalité qui s'exerçait de façon notoire a dû recourir à d'autres procédés pour maquiller ses activités. Et l'absence d'une véritable police pour un territoire aussi vaste a rendu la chose facile. Ils ont perfectionné largement leurs techniques, si bien que je n'ai pour le moment pas pu en tracer un seul ».

Le Roi Kuei s'offusqua quelque peu mais force était de reconnaître qu'Aang, comme Toph qui défendait le même point de vue, n'avait pas tort. Pendant longtemps, le royaume de la Terre n'avait eu à gérer qu'un nombre infime de villes, les autres appartenant à la Nation du feu. Et de fait, si l'armée du Royaume de la Terre était suffisante pour défendre indéfiniment une ville de la taille de Ba Sing Se, elle n'avait pas les moyens de couvrir le vaste territoire du Royaume de la Terre. Ils restèrent ainsi de longues heures à échafauder de nouvelles stratégies, aboutissant à de maigres solutions qui devraient faire l'affaire pour le moment. Néanmoins, tous conclurent qu'il était vital d'échanger les informations même les plus secrètes à ce sujet pour que tous puissent s'unir et défaire ce nouvel ennemi.


Ce sera tout ! Ne me tuez pas s'il vous plait ! Quand j'avais dit que je n'avais pas fini de les torturer mes deux petits amoureux, je n'avais pas menti ! J'espère néanmoins que vous reviendrez pour la suite pour savoir ce qui va se passer pour nos deux amies, et pour les tourments que cela promet à Zuko (j'aime le tourmenter, ce n'est pas de ma faute...).

N'oubliez pas de laisser une review, c'est toujours très appréciable ! J'aime bien aussi connaître vos hypothèses quant à la suite, ça peut donner des idées ;) Merci encore à ceux qui le font à chaque chapitre, vous êtes géniaux !