Bonjour ! Joyeuses fêtes à tous, j'espère que vous avez passés de beaux moments ! Voici le chapitre 14, un peu plus sombre, un peu plus sanglant, mais j'espère qu'il va vous plaire ! Cela faisait un moment que j'avais écrit la plupart des scènes, j'avais hâte d'y arriver (comment ça j'aime faire souffrir "mes" personnages ? Je ne vois pas de quoi vous parlez).
Merci encore pour vos reviews à ceux qui en laissent, notamment Ange-Magnolia (tu es une perle !). Merci aussi à Love-Fictions-20 à qui je n'ai pas pu répondre, je suis ravie que ma fanfiction te plaise !
Vraiment désolée si des fautes se sont glissées dans le récit, je ferai une relecture complète prochainement pour corriger.
Sur ce, bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Katara visite l'endroit où sa grand-mère a été rendue à l'océan, et ne sait toujours pas si ses sentiments déboucheront sur quelque chose de durable, beaucoup de difficultés s'opposant à sa relation avec Zuko. Ce dernier discute avec le chef Hakoda, le Roi Kuei, Aang et Toph d'une part des disparitions inquiétantes au Royaume de la Terre et des mystérieux assaillants de Zuko et d'autre part de l'avenir des anciennes colonies de la Nation du feu, mais tous décident d'attendre la délégation du Pôle Nord pour aller plus loin dans le détail. Mais une attaque de grande ampleur se produit, menant à de nombreux morts et blessés, ainsi que sept femmes disparues. Katara et Suki en font partie.
*Chapitre 14 - Captive*
Katara se réveillait péniblement, ses yeux peinant à s'ouvrir. Elle sentait qu'elle se trouvait sur une surface dure et froide. De la pierre. Ses yeux bleus s'ouvrirent sur un flot à la fois noir et lumineux qui peinait à prendre une forme cohérente pour son esprit. Essayant de se redresser, elle gémit de douleur. Son corps était complètement ankylosé et elle peinait à bouger ses membres. Tournant la tête, elle comprit, voyant finalement des barreaux se dessiner devant elle, qu'elle était en cellule. Depuis combien de temps était-elle ici ? Elle ne se souvenait de rien, mais avait la sensation que cela faisait déjà plusieurs jours. Des bribes de souvenirs lui revenaient mais rien d'assez concluant pour que cela fasse sens.
« Katara ? », appela une voix féminine. Katara tourna la tête pour voir qui lui parlait, et vit Suki.
Cette dernière avait les cheveux défaits, et portait toujours son armure de guerrière Kyoshi. Son visage, vierge de tout maquillage, ne portait pas de trace de coups, ce qui rassura Katara. Elle voulut lui répondre et constata avec soulagement qu'elle n'était plus bâillonnée. Néanmoins, de lourdes chaînes enserraient ses fins poignets. Il n'y avait rien dans sa cellule, excepté un trou dans le sol pour qu'elle puisse se soulager. C'était austère, mais rien de pire que ce qu'elle avait pu vivre au cours de ses voyages en pleine forêt. Ce qui était radicalement différent, c'était l'odeur moribonde flottait dans l'air, lui donnant la nausée.
« Su... Suki ? », fit-elle maladroitement en se traînant vers l'endroit où se trouvait Suki. Son corps était si lourd, il était comme un pilier impossible à déplacer et ses muscles protestaient à chacun de ses mouvements. Que lui était-il arrivé ?
« Tu vas bien ? », lui demanda-t-elle. Elle était soulagée d'entendre Katara. Cela faisait des heures qu'elle était réveillée, peut-être même plus d'une journée, elle n'en avait aucune idée.
N'ayant guère grand chose à faire, à part manger, dormir et se soulager, elle en avait néanmoins profité pour observer les autres prisonniers, qui en fait étaient toutes des femmes. Il devait y avoir une dizaine de cages alignées, séparées chacune par deux mètres de distance. Suki avait remarqué que seule elle ainsi qu'une femme de la Nation du feu étaient éveillées. Suki reconnut son origine très aisément, des cheveux si noirs sur une peau si pâle, c'était typique de la Nation du feu. Celle-ci se trouvait à l'autre bout, et ne pouvant décemment hurler pour lui parler, le silence était demeuré intact. Suki trouvait cela étrange, Zuko n'ayant jamais mentionné de disparitions suspectes. Elle avait alors supposé que la jeune femme devait être sans famille. Elle avait noté également que parmi les femmes présentes et inconscientes, la plupart portaient du bleu. Peut-être venaient-elles aussi du Pôle Sud ? Peut-être que Katara les connaissait ?
« Je... Je peux à peine bouger, j'ai mal partout », avoua péniblement Katara. Plus son esprit endormi retrouvait un semblant d'énergie, plus la terreur l'envahissait. Elle chercha un soupçon d'eau, mais il n'y en avait aucun. Son chi était comme endormi.
Elle entendit un profond soupir. « Ils t'ont bloqué ton chi pour t'empêcher d'exercer ta maîtrise je pense. Par Kyoshi... Ils connaissent cette technique alors ? Et contrairement à ce que pensait Zuko, elle est visiblement au point. Comment est-ce possible qu'ils aient raté sur Zu... La dernière fois ? », demanda Suki qui se rappelait de Zuko disant que son assaillant avait d'abord tenté de lui bloquer le chi, sans succès, avant de recourir à ses éclairs. Elle tâcha aussi de ne pas mentionner son nom, leurs geôliers n'étant certainement pas très loin.
Katara commença à se rappeler. Elle se souvenait avoir eu le chi bloqué, ce qui l'avait empêchée de se battre. Ils l'avaient ensuite bâillonnée et enlevée. Ils n'avaient pas mis longtemps à perfectionner leur technique. Et Katara soupçonnait que ce n'était pas anodin que cette organisation, quelle qu'elle soit, n'ait pas cherché à récupérer le soldat qui avait tenté de bloquer le chi de Zuko. Il avait raté son coup comme un débutant après tout, même s'il avait bien failli le tuer avec ses éclairs. Et elle comprit qu'elle ne devrait pas mentionner Zuko si elles devaient discuter. Les gardes semblaient garder la pièce depuis l'extérieur, mais on n'était jamais trop prudents. Elle se demanda où était la stratégie d'ailleurs. Mettre ensemble des prisonniers, ce n'était pas vraiment l'idée du siècle. Mais elle sentait que ce ne devait pas être laissé au hasard.
« Je ne sais pas... », fit Katara qui cherchait désespérément à rouler sur son dos. Le sol lui faisait un mal de chien à la poitrine. Son manteau et ses bottes lui avaient été retirés, ne laissant que son kimono bleu et sa tenue blanche dessous.
Katara grommela et pesta contre son incapacité à se mouvoir normalement. Le chi était vraiment le vecteur de tous les mouvements volontaires du corps humain, elle s'en rendait compte à présent. C'était comme si une fièvre s'était emparée de son corps et avait rendu flasque tous ses muscles. Elle tenta de se lever et de marcher mais tomba à genoux après à peine deux pas.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne me souviens de rien... ? », demanda Suki. Cette dernière venait de comprendre qu'elle avait perdu ses souvenirs.
Katara écarquilla les yeux. Et Zuko ? Que lui était-il arrivé ? Avait-elle réussi à le protéger ? « Tu as reçu un choc à la tête, Kiyi et Siku ont tenté de te ramener mais visiblement, ça n'a pas du tout bien tourné... »
« Comment ça ? », demanda Suki, qui veillait néanmoins à chuchoter.
Une porte sembla se déverrouiller, aussi cessèrent-elles de parler. C'était la porte du couloir qui longeait leurs cellules, qui ressemblaient en fait davantage à des cages. Il y en avait plusieurs alignées, avec au moins deux bon mètres d'écart. Katara observa que ses vêtements étaient pour la plupart déchirés et largement troués par endroits. Elle porta la main à son cou, où son collier manquait. Où était son collier ? Fronçant les sourcils, comme pour aider son esprit à se souvenir, elle se rappela. Elle l'avait donné à Zuko après l'avoir immobilisé pour le protéger. Ses souvenirs commençaient à lui revenir.
« Toi, vient avec nous », entendit-elle. Elle s'approcha des barreaux de sa cellule, pour essayer de voir se qui se tramait mais ses chaînes la retinrent en arrière. Suki en fit de même et reconnut la femme de la Nation du feu. Les gardes avaient ouvert sa porte, et la jeune femme semblait chercher à les éviter à tout prix, secouant bruyamment ses chaînes.
« Non, pitié ! Laissez-moi ! Je ne sais rien du tout ! », criait-elle. Des bruits de lutte se firent entendre. Ils parvinrent à la sortir, la maintenant solidement par les bras tandis qu'elle continuait de supplier et de crier pour qu'on l'aide. Katara tenta vainement de briser les barreaux de sa cellule du bout du pied, sachant pertinemment que cela était vain et inutile. Suki lui jeta un regard.
« Non Katara », souffla-t-elle pour l'empêcher de commettre un impair qui serait de toute façon vain.
Suki avait raison, mieux valait ne pas trop attirer l'attention tout de suite. Même si elle savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils s'intéressent à elle, étant donné ses relations notoires avec l'Avatar et le Seigneur du feu. Elle recula et vit passer les intrus, avec la jeune femme. Sa peau très pâle rappela cruellement à Katara celle de Zuko. Elle comprit comme Suki qu'elle venait de la Nation du feu et restait perplexe. Zuko n'avait jamais mentionné de disparitions. Cette dernière ne cessait de se débattre et de hurler qu'elle ne savait rien. Katara comprit alors que Suki et elle étaient ici pour qu'on leur soutire des informations. Et ce, de gré ou de force. Katara recula vers le fond de sa cellule, effrayée par ce que cela signifiait. La torture.
« Tu crois qu'ils savent qui nous sommes ? », demanda Suki à voix si basse que Katara dut lui faire répéter.
Katara mit quelques secondes à répondre. Elle déglutit « Ils savent pour moi, et tu portes toujours ton armure, mais peut-être que cela leur a échappé », répondit-elle sombrement. Elle aimerait que cela leur ait échappé.
Suki était atterrée. Ils savaient qui était Katara, et ça c'était très mauvais signe. Après tout, elle était de ceux qui avaient défait le Seigneur du feu Ozai et la plus grande guérisseuse du monde. Avec Aang, elle avait pu aller à la rencontre de nombre de personnes qui désormais connaissaient son nom et son visage. Et pour couronner le tout, elle était la fille du chef de la tribu de l'eau du Pôle Sud. Difficile avec un tel palmarès de la rater, d'autant plus que d'après les recherches d'Iroh et d'Aang, ils étaient susceptibles d'exploiter toutes les formes de maîtrises supérieures. Y compris celle du sang.
« J'ai peur Suki », murmura Katara d'une voix tremblotante. Elle se recroquevilla sur elle-même.
Peur, voilà un faible mot. Elle savait que toutes les informations qu'elle pouvait détenir intéressait ses ravisseurs. Et ils seraient certainement prêts à tout pour la faire parler. Mais elle ne parlerait pas. Jamais. Plutôt souffrir et mourir. Du moins, c'était ce qu'elle se répétait pour se donner du courage. En matière de souffrances physiques, elle en connaissait un rayon pour en avoir soigné un très grand nombre. Mais n'avait jamais vécu de pareilles choses elle-même.
Suki soupira. Elle aussi était terrifiée. Des prisons, elle en avait connu, mais elle n'avait jamais été torturée, pas même lorsqu'elle a été arrêtée par la Nation du feu.
« Moi aussi », répondit la guerrière d'une voix plus affirmée néanmoins. Elles se turent alors.
Plus tard dans la journée, les gardes revinrent, ramenant la jeune femme qu'ils avaient emmenée plus tôt pour l'interroger. Elle était inconsciente de ce que les deux amies pouvaient en voir. Katara frissonna, redoutant que ce ne soit son tour. Ils pouvaient l'interroger sur beaucoup de sujets. Zuko, Aang, son père, Sokka, les guerrières Kyoshi, la maîtrise du sang. Elle imaginait les pires scénarios en matière de torture, se demandant ce qu'ils pouvaient bien avoir en stock pour elle.
Mais il n'en fut rien, ils ne prirent personne d'autre dans leur bloc de cellules. Toutefois, les hurlements ne se taisaient pas. Il n'y avait pas qu'elles ici. Tout devait être fait pour que les prisonniers puissent savoir que d'atroces souffrances les attendaient. Elle ferma les yeux, essayant de bloquer l'afflux de pensées effrayantes qui menaçait de la submerger. Une seule pensée demeura. Zuko.
Ils vinrent la chercher et après moult efforts pour la coincer, ils parvinrent à l'amener dans une autre pièce. Katara essaya de visualiser l'endroit où elle se trouvait. Tout était fait de pierre et de métal. Un élément interpela cependant Katara, c'était le symbole que les gardes semblaient porter. Une fleur rouge très étrange, stylisée. Katara n'avait jamais vu ce symbole auparavant. Les assaillants ne le portaient pas lors de l'attaque à la Nation du feu. Mais cela confirma une chose : c'était bel et bien une organisation particulière.
Les gardes l'enchaînèrent les bras étirés vers le haut. Elle constata avec surprise que ses pieds nus ne furent pas entravés. Cela dit, ce n'était pas comme si elle pouvait s'en servir outre mesure pour se défendre indéfiniment. Mais elle trouvait cela étonnant.
« Katara, de la tribu de l'eau du Pôle Sud. Maître de l'eau émérite, grande guérisseuse et adepte de la maîtrise du sang. Plutôt impressionnant pour ton âge, je l'avoue », déclara son bourreau. Ce dernier venait très certainement du Royaume de la Terre. Il ressemblait à Toph en version masculine et semblait sincèrement admiratif de son 'palmarès'. « Et à ce qu'on dit, tu étais jusqu'à il y a peu, la compagne de l'Avatar »
Katara ne répondit pas, ses yeux suivant les mouvements de son bourreau. Il y avait derrière lui toute une panoplie d'instruments qui semblaient lui être destinés. Des fouets essentiellement, de ce qu'elle pouvait en voir. 'Quel manque d'originalité', songea-t-elle. Mais en son for intérieur, elle préférait ne pas se demander ce qu'il pouvait avoir de plus original pour elle en réserve. Son bourreau se plaça derrière elle, susurrant par-dessus son épaule.
« Tu dois savoir énormément de choses sur les grands de ce monde, ma jolie. Et ce sont là des informations que je veux", dit-il avec détermination.
Katara tira sur ses chaînes. « Je ne vous dirai rien du tout », souffla-t-elle tandis qu'elle constatait que ses efforts pour briser ses chaînes étaient parfaitement inutiles.
« Oh ! Je m'attendais à cette difficulté, c'est pourquoi j'ai choisi quelques instruments pour te convaincre », ricana-t-il en s'avançant à nouveau vers la table où étaient posés ces fameux instruments. Katara soupira. 'Accroche-toi ma fille', se disait-elle.
Il dégaina un long fouet, classique. Katara n'en fut pas le moins impressionnée du monde, même si elle se doutait que ce n'était là qu'un échauffement. Le garde passa derrière elle à nouveau et elle sentit ses mains déchirer ce qu'il restait de sa tenue et de ses bandages de manière à avoir un accès direct à son dos. Des doigts râpeux parcourent la courbe de sa colonne, la faisant se débattre. Elle ne voulait pas qu'il la touche. Sa respiration s'accéléra tout à coup, mais elle se jura de ne pas faiblir. Elle sentit que ses bras étaient étirés en hauteur, les chaînes ayant été tendues davantage par son bourreau. Elle était presque sur la pointe des pieds. La peur s'empara tout à coup d'elle et elle essaya de faire plier les chaînes de ses poignets, en vain. Elle était comme une marionnette de chiffon pendue à ses fils.
« Commençons, veux-tu ? Parle-moi de l'Avatar », fit-il doucement. « Sais-tu quels sont ses projets pour ce ridicule mouvement de restauration de l'harmonie ? »
Katara écarquilla les yeux. Le fait que son bourreau soit au courant pour ce mouvement, certes connu pour la Nation du feu et le Royaume de la Terre montrait que cette organisation était bien fourrée partout. « Je ne vous dirai rien du tout, ni sur lui ni sur quoi que ce soit d'autre ! »
Alors les coups commencèrent à pleuvoir. Katara ne cria pas aux premiers coups, tâchant de serrer les dents pour ne pas montrer qu'elle souffrait. C'était brûlant, comme un feu que l'on allumait subitement sur son dos. Elle ne sentit même pas le sang couler sur sa peau, la brûlure étant la seule sensation qui parvenait jusqu'à elle. Au bout du cinquième coup, elle ne put se retenir et hurla. Des larmes commençaient à ruisseler sur ses joues sous le coup de la douleur. Mais elle tenait bon. Il s'arrêta au quinzième coup.
« Tu es sûre que tu ne veux pas me parler de l'Avatar ? Peut-être pourrais-tu me parler de son grand ami le Seigneur du feu alors ? J'ai entendu dire que vous étiez bons amis », ricana son bourreau qui essuyait le sang sur son fouet. Voyant son propre sang goutter à terre, Katara se rendit compte d'à quel point son dos la brûlait. Des larmes brouillèrent sa vision.
Katara frissonna. Jamais elle ne trahirait Aang, et encore moins Zuko. Jamais. Pourtant elle en avait des informations, sur comment fonctionnait sa garde, sur les contrats qu'il projetait de conclure avec les industriels, sur l'île de Braise où se trouvait l'un des endroits privilégiés par sa famille, sur sa mère, sur sa petite soeur Kiyi, sur Iroh. Et elle connaissait toutes les faiblesses d'Aang et de Zuko. Ils l'ignoraient encore, mais ils étaient en train d'en exploiter une. Elle imaginait Zuko en proie au désespoir, se disant que tout était de sa faute, comme à son habitude. Si elle avait voulu les trahir, elle aurait pu les piéger aisément avec toutes ces connaissances. Des connaissances qu'elle garderait jusque dans sa tombe s'il le fallait.
« Je vois que tu sais des choses. Si tu parles, tout ceci s'arrêtera », lui dit-il.
Elle attendait le moment où il lui dirait ça. Où il lui ferait son chantage. « Oui, vous allez me tuer si je parle », rétorqua-t-elle. Sa voix était tremblotante. Nouveau coup de fouet qui la fit hurler à nouveau. Elle ne pensait pas qu'un fouet pouvait être aussi douloureux. Et pourtant, elle sentait que ce n'était pas le pire qu'elle pouvait recevoir.
« Oh ce serait un tel gâchis », lui dit-il. « Nous ne te ferons pas de mal si tu nous dis ce que l'on veut savoir »
« Votre parole ne vaut rien ! », vociféra-t-elle, récoltant une gifle pour son insolence. Katara voulut néanmoins tenter une autre approche. Elle avait besoin de comprendre ce qu'ils voulaient. Pourquoi souhaitaient-ils à nouveau refaire la guerre ? Cent années n'avaient pas suffi ? « Pourquoi vous faites ça ?! »
Il abattit un grand coup dans son dos, touchant un point très douloureux sur sa colonne vertébrale. Elle hurla en conséquence, ses membres tétanisés sous l'impact. Ses pieds avaient glissés, son poids soutenu par les chaînes qui enserraient ses poignets. Elle sentit une main lui attraper violemment les cheveux et la tirer en arrière. Un gémissement sortit de sa gorge. Son dos lui faisait tellement mal à présent.
« C'est moi qui pose les questions ici », lui dit-il d'un ton cruel, passant sa main sur la gorge de Katara. Cette dernière commençait à comprendre le pétrin dans lequel elle se trouvait à présent, et redoutait la prochaine étape.
Elle tâchait de retenir ses pleurs de douleur en prenant de courtes inspirations, en vain, ce qui fit rire son bourreau. « Tu trouves ça douloureux ? Tu n'as encore rien vu ma douce. Je suis loin d'en avoir fini avec toi »
Et il reprit sa longue tirade de coups, qui sembla durer une éternité pour Katara. A chaque coup, son souffle était coupé et sa vision se troublait. Elle sentait la peau se détacher sous les coups, et se demandait brièvement comment elle en était arrivée là. C'était pour lui. C'était pour Zuko. Et elle le protégerait encore, et encore. Ses jambes ne tenaient plus, et elle se laissa suspendre par les poignets. Il cessa d'agiter son fouet et vint observer l'état de sa prisonnière vu de face. Elle était au bord de l'inconscience.
« Tu es sûre que tu n'as rien à me dire ? Même rien qu'une toute petite bribe d'information ? Je t'offrirai des vêtements et des soins pour ton dos si tu me dis ne serait-ce qu'une chose sur l'Avatar », dit-il d'une voix presque douce. Katara ne répondit rien et secoua légèrement la tête en signe de dénégation. Il lui asséna un violent coup de poing en plein visage, et tout devint noir.
Le réveil fut d'une extrême pénibilité pour la maîtresse de l'eau. Elle l'ignorait, mais elle avait reçu pas moins de quarante coups. Son dos la tirait de toutes parts, la faisant geindre de douleur à chaque mouvement. Touchant ce dernier timidement du bout des doigts sous sa tunique transpercée de part en part, elle sentit du tissu. Ils avaient songé à lui faire des bandages, signe qu'ils n'étaient pas prêts à la perdre. Et que ça allait continuer longtemps. Très longtemps. Et la faim commençait déjà à la tenailler. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était ici et pas une seule trace de nourriture en vue. Elle constata également que la cellule de Suki était vide. 'Par Tui qu'est-ce qu'ils sont en train de lui faire', songea Katara qui en eut mal au coeur à l'idée de savoir son amie entre les mains de cet affreux type.
Ils finirent par la ramener. Il sembla à Katara que cela faisait des heures qu'elle attendait et de ce qu'elle pouvait apercevoir par le minuscule trou qui les séparait, Suki était inconsciente et avait visiblement les mêmes bandages qu'elle. Elle remarqua aussi que l'un des gardes semblait prendre son temps avec elle. Horrifiée, Katara détourna les yeux. Il ne pouvait pas avoir l'intention de... Mais il ne fit que la toucher, au niveau de la poitrine surtout. Katara songea à sa propre poitrine, qu'elle toucha machinalement comme pour la protéger. Avaient-ils abusé d'elle dans son inconscience ? Elle préférait ne pas y songer. Les gardes laissèrent Suki et passèrent devant sa cellule, l'air hilare. Katara se promit de ne pas retomber inconsciente la prochaine fois, qui savait ce qu'ils pourraient lui faire ?
Elle tenta de se rassurer. Zuko était vivant, ils ne l'avaient pas eu, et il les sortirait de là avec Aang et Sokka. Elle songea à son frère, qui devait déjà échafauder mille plans pour les sortir de là. Il fallait qu'elles tiennent assez longtemps. Et ce qui s'était produit n'était qu'un avant-goût, Katara le savait. Elle tenta de réfléchir sur le but de cette organisation, répertoriant leurs faits. Ils avaient tenté d'assassiner Zuko, et enlevé des dizaines de personnes à travers le monde. Quel pouvait être le lien entre les deux ? Et pourquoi voulaient-ils mettre fin au mouvement de l'harmonie ? Iroh avait évoqué des trafics qui brassaient énormément d'argent et avaient été réduits à peau de chagrin suite à la fin de la guerre de Cent ans et à la collaboration entre les nations. Katara n'arrivait pas à faire le lien. Pourquoi enlever des femmes, et uniquement des femmes ? Ça n'avait pas de sens.
Elle entendit des sons étranges alors que Suki régurgitait à plusieurs reprises, semblant haleter pour trouver de l'air. Katara se demandait ce qu'ils avaient bien pu lui faire. D'après les sons qu'elle faisait... On aurait dit qu'elle avait été noyée. Katara connaissait bien ce son. C'était un accident fréquent au Pôle Sud.
« Suki ? Est-ce que ça va ? », demanda Katara qui chercha désespérément son amie à travers le mince trou au sol qu'il y avait dans le mur qui les séparait.
Suki toussa à plusieurs reprises et avala goulûment - et à contrecoeur - le verre d'eau qui avait été laissé dans sa cellule pour faire passer ce goût horrible de bile. Katara se sentit saliver. De l'eau. Elle avait tellement soif.
« Ils ont essayé de me noyer ! Ce maître de l'eau... », s'écria-t-elle. Elle semblait pleurer.
« Non... », souffla Katara, qui porta une main à sa bouche. Elle n'en revenait pas qu'un maître de l'eau soit capable de faire une chose pareille. De la torture aquatique sur des personnes sans défense. Que s'était-il passé au Pôle Nord pour qu'autant de maîtres les aient trahis ?
Un garde passa devant sa grille. « C'est l'heure de manger, la gueuse ! »
Katara réprima un roulement d'yeux, n'ayant pas envie de s'affamer davantage. Cela ne servirait à rien. Le garde était plutôt jeune, et semblait suivre aveuglément les ordres. Il avait la peau claire, mais elle ne put pas voir ses yeux. Il déposa un bol rempli d'une étrange mixture ainsi qu'un verre d'eau. C'était sans goût, mais consistant. Et Katara avait connu bien pire alors elle mangea sans rechigner. Elle but aussi son eau, non sans avoir essayé de la maîtriser, sans succès. Il lui fallait prendre des forces pour engranger le plus d'informations possibles pour s'échapper. Puis elle s'affala sous le poids de son propre corps sur le ventre, épargnant à son dos plus de souffrances.
Après une journée à parlementer avec les autres dirigeants, Zuko avait pris la décision de repartir pour la Capitale avec sa soeur. Aang avait décidé de partir avec lui pour le protéger et l'aider dans ses recherches, Katara n'étant à présent plus en mesure de le faire. Siku fit également le voyage avec lui et sa soeur pour s'occuper de son épaule, qui était à cet instant le cadet de ses soucis. Zuko comptait néanmoins sur elles pour distraire Kiyi. Il ne voulait pas que sa soeur ne l'embête ou ne s'inquiète davantage sous aucun prétexte. Sa mère n'avait posé aucune question, et il s'était enfermé dans ses quartiers pendant deux jours entiers.
C'était le quatrième jour sans Katara qui commençait. Commençant à lire les derniers rapports pour essayer de se concentrer sur les informations dont il aurait besoin pour sauver Katara ainsi que Suki, il finit par les envoyer tous valser par-dessus son bureau et se mit à faire les cent pas. Ses pieds piétinaient presque rageusement chaque papier qui se trouvait désormais sur sa route.
Il était dans une colère noire - contre lui-même essentiellement. Si seulement il avait pu rediriger ce satané éclair ! Il aurait été capable de se défendre, et Katara n'aurait pas été enlevée. Il n'aurait même pas eu besoin d'aller au Pôle Sud ! Une affreuse douleur au ventre et à la poitrine s'était emparée de lui. Ses genoux finirent par toucher terre, et il poussa un hurlement de rage qui aurait fait trembler le plus stoïque des guerriers. Des flammes sortaient littéralement de sa bouche, et allaient incendier les quelques mannequins de métal qui se trouvaient là. Heureusement, c'était un métal spécifique destiné à ne pas fondre. Il hurla jusqu'à ne plus en avoir la force, puis des larmes se mirent à ruisseler de son oeil droit. Il pouvait goûter le sel de ses propres larmes sur ses lèvres. Ses mains attrapèrent sa tête, comme si un esprit s'était emparé de lui.
Pourquoi avait-elle fait une chose pareille ? Pourquoi l'avait-elle quitté ? Il le savait au fond de lui. C'était pour le protéger. Mais il n'acceptait pas ce qui était arrivé. Il aurait dû mettre plus de force pour se libérer de sa glace, la convaincre de rester avec lui. Les souvenirs des nuits passées à ses côtés l'assaillaient de toutes parts. Et chaque souvenir qu'il parvenait à mettre de côté en appelait un autre. C'était sans fin. Où étaient ses mains qui contrastaient tant avec sa peau ? Où étaient ses cheveux qui venaient le taquiner la nuit ? Où étaient ses lèvres qui avaient enchanté son coeur par de simples mais néanmoins puissants mots ?
Il resta prostré contre le sol durant de longues heures. Jamais il n'avait craqué ainsi auparavant. Alors c'était ça perdre quelqu'un ? Il secoua la tête. Il ne l'avait pas perdue, c'était bien pire que cela. Elle était très certainement en proie aux pires tourments à ce moment précis et il ne pouvait rien faire ! Les heures passèrent et seul son oncle pu le sortir de son état de fureur et de désespoir. Il s'était autoflagellé mentalement pendant des heures. Il se haïssait.
« Zuko... », fit doucement son oncle. Ce dernier était agenouillé à ses côtés, derrière lui.
Zuko ne se retourna pas, il n'en avait pas la volonté. « Je... Je l'ai perdue... »
Même s'il n'avait jamais rien dit à ce sujet à Iroh, ce dernier était loin d'être dupe. Il avait su au moment où Zuko avait rouvert les yeux sur les Katara suite à son attaque que ces deux-là seraient liés par un lien bien plus fort que l'amitié. Et voir son neveu aussi désespéré lui faisait terriblement mal au coeur. Il faisait peine à voir. Ses cheveux étaient défaits, il s'était recroquevillé en position fœtale et serrait du bout des doigts le collier que Katara lui avait laissé. Cela rappela à Iroh le jour où son propre fils était décédé. Il posa une main sur l'épaule de son neveu.
« Elle est forte Zuko, je sais qu'elle t'attend. Avec l'Avatar, vous les ferez tomber », lui dit Iroh. Il était persuadé que Katara était encore en vie, et qu'elle endurerait ce qu'il y avait à endurer. Elle n'abandonnerait jamais.
« Elle est peut-être déjà morte à l'heure qu'il est ! », s'écria Zuko qui se remit à pleurer, son dos se soulevant à chaque sanglot. Iroh ne l'avait jamais vu ainsi. Il l'avait déjà vu en colère, mais jamais dans la détresse, du moins pas de cette façon.
« Je suis sûr que tu te trompes Zuko. Ils savent qui ils ont entre les mains, ils ne la tueront pas avant d'avoir tiré quelque chose d'elle. Et la connaissant, ça n'arrivera pas », lui assura Iroh.
Zuko finit par se retourner vers son oncle, auquel il jeta un regard presque implorant. « Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? »
« Tu en douterais ? », lui demanda Iroh en l'aidant à se redresser.
Zuko baissa les yeux. « Non... », répondit-il honteusement. Il ne doutait pas une seconde de sa loyauté. Mais lui comme elle ignoraient les sévices que cette organisation pouvait avoir en réserve pour elle. Il se réfugia tel un enfant dans les bras de son oncle. « Pourquoi elle, mon oncle ? »
« Elle a voulu te protéger. Protéger ta personne et tout ce que tu représentes pour ce monde. Et elle t'a confié ce collier pour une raison Zuko », fit Iroh en pointant le collier qu'il serrait dans sa main blafarde.
Zuko observa le collier un instant dans le creux de sa main. Ce n'était pas un cadeau d'adieu. Elle comptait sur lui pour le lui rapporter, et la délivrer où qu'elle se trouve. C'était la confiance qu'elle avait en lui qu'elle lui avait confiée. Il fronça les sourcils, une expression déterminée sur son visage.
« Je te sortirai de là, Katara », promit-il à voix haute. Il essuya son visage d'un revers de la manche.
« Nous la sortirons de là », fit une voix derrière eux. Zuko et Iroh tournèrent la tête. « Excusez mon intrusion... »
« Aang », fit Zuko en se relevant. Il savait qu'il devait offrir un bien triste spectacle à son ami.
Ce dernier s'avança vers lui et le serra dans ses bras. « On la sauvera Zuko »
Zuko fut surpris par ses propos. Comme s'il savait tout de ce qui se passait entre lui et Katara. Complètement déboussolé, il jeta un regard inquisiteur à Aang. Ce dernier pointa le collier de Katara dans sa main.
« Il y a peu de personnes à qui Katara confierait son collier. Je n'en ai jamais fait parti », lui avoua Aang. Zuko fut d'abord surpris puis désolé de l'apprendre. Mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Aang l'en empêcha. « Ne dit rien, je ne pouvais pas espérer mieux pour elle »
Zuko parut soulagé. Soulagé qu'Aang ne le prenne pas si mal comme Katara avait pu le croire. Mais en même temps, il ne le croyait pas « Mieux ? Rien ne pouvait être pire, tout est de ma faute. Si j'avais pu rediriger ce foutu éclair, on n'en serait pas là », dit-il sombrement.
« Oh Zuko, s'il te plait. Le simple fait que nous... que nous ayons été... qu'elle ait été ma petite-amie suffisait à la mettre en danger. On ne va pas remonter au jour où elle m'a sorti avec Sokka de mon iceberg quand même, si ? », fit Aang avec un léger sarcasme.
En effet, suivant le raisonnement de Zuko, le simple fait que Katara l'ait rencontré lui avait suffit à la mener aujourd'hui à cette situation de détresse. 'Stupide, en effet. Ou peut-être pas tant que ça', songea Zuko. Ce dernier noua le collier de Katara autour de son poignet. Aang tâcha de se reprendre et de recadrer la conversation. Zuko le trouvait tout à coup affreusement sérieux. Il semblait loin le temps où l'Avatar s'amusait sur son scooter des airs.
« Réfléchissons. Il y a des traîtres à la Nation du feu, c'est évident. Nous devons les trouver et trouver ceux à qui ils transmettent ce qu'ils apprennent », dit-il en scrutant les morceaux de papier qui jonchaient le sol. « Je crois que nous avons du travail »
« Je vais m'en occuper. Mon oncle, je suggère que vous prépariez quelques parties de Pai Sho pour l'Avatar », fit Zuko qui commençait à ramasser ses papiers.
L'un d'eux attira son regard. C'était une négociation particulière qu'avait entrepris Zuko avec certains investisseurs de sa Nation. L'objet de cette négociation était un réseau de transport sur rails. Et jusqu'à présent, ça n'avait abouti qu'à des impasses, l'entrepreneur principal, Bo Huong n'étant pas des plus coopératifs. Zuko le soupçonnait d'avoir d'autres buts que ce simple accord, et ce depuis des mois à présent. Mais il n'avait jamais vraiment pensé à le lier à ces affaires.
« Et je veux que celui-ci soit le premier sur la liste de nos adversaires », fit-il en tendant le papier à son oncle qui hocha la tête en lisant le nom.
L'après-midi suivante, Zuko s'était prostré sur son trône, qui était des plus imposants. Son oncle avait réussi à organiser une entrevue avec ce Bo Huong. Il avait à cet effet revêtu sa tenue officielle, et n'avait plus son bras bandé contre son torse. Il avait souhaité se présenter comme étant en parfaite santé. Siku le lui avait fortement déconseillé avec son épaule, mais personne n'expliquait quoi que ce soit à un Seigneur du feu en colère. Son oncle l'avait supplié de le laisser recevoir Bo Huong mais Zuko n'avait rien voulu entendre. Iroh pouvait être présent, mais il serait le principal interlocuteur.
« Seigneur du feu, je vous remercie humblement de m'avoir accordé cette audience », susurra Bo Huong tandis qu'il posait les genoux à terre pour saluer Zuko.
Zuko se leva. Son visage était fermé. Et son tic de mâchoire était présent. Iroh se demandait ce qui allait se passer, son neveu étant des plus imprévisibles lorsqu'il était en colère. « Levez-vous », fit ce dernier.
Il se leva. « Avez-vous pu étudier ma nouvelle proposition, noble Seigneur ? »
Zuko se rappelait à présent. De l'agacement poignant que lui inspirait cet entrepreneur et ses ronds de jambe. C'était une des choses que Zuko avait détesté lorsqu'il avait pris le trône. Toutes ces hypocrisies pour lui plaire et espérer accéder aux postes les plus hauts placés. Mais il soupira intérieurement. C'était d'elle dont il s'agissait alors il devait s'appliquer.
« Je l'ai effectivement étudiée, et je pense que nous pouvons trouver un terrain d'entente. Je consens à vous délivrer les informations nécessaires à la réalisation de réseau, mais seulement si vous acceptez la tutelle de mes hommes. Notre peuple n'a pas à être troublé outre mesure, mes hommes seront là pour s'en assurer, sommes-nous d'accord ? », demanda Zuko. C'était en fait une question rhétorique.
Bo Huong sembla hésiter. La présence des hommes du Seigneur du feu ne lui plaisait guère. C'était précisément là-dessus que Zuko voulait jouer. Si Bo Huong avait quelque chose à cacher, il le saurait incessamment sous peu. Iroh restait neutre de son côté, préférant ne pas tirer de conclusions hâtives. Il attendait de voir quelles informations le réseau du Lotus blanc pourrait récolter suite à sa requête.
Il finit par céder, mais avec une certaine réserve. « Je suis d'accord. Mais en dehors des opérations se trouvant à proximité des villages, vos hommes n'ont pas à interférer. Cela vous semble-t-il juste mon Seigneur ? »
Zuko interrogea du regard Iroh. Ce dernier lui jeta un regard entendu. Cet accord serait mieux que rien, et il pourrait garder un oeil de près comme de loin sur ce contrat qui représentait énormément d'argent pour la couronne. Zuko se fendit d'un léger sourire. Il tenait une première piste qui le conduirait peut-être vers Katara. Ils finalisèrent l'accord dans le bureau officiel du Seigneur du feu, Zuko contrôlant chaque clause d'un oeil sévère afin de vérifier qu'il n'y ait aucun piège pouvant contrecarrer ses plans. Il n'y en avait pas, et mieux encore, il parvint à insérer une clause pouvant justifier une rupture du contrat en cas d'entrave opposée à ses hommes pour un cas non-justifié. L'accord fut par conséquent finalisé. Les travaux commenceraient à l'instant même où Zuko nommerait les hommes qui feront partie de cette tutelle spécifique.
« Tu as bien agi, mon neveu. Laisse-moi prendre la relève, je te sens irrité », lui dit doucement Iroh en posant une main sur son épaule, bien plus haute que lui.
Zuko grommela. Evidemment qu'il était irrité ! La femme qu'il aimait était seul Agni savait où et subissait seul Agni savait quoi. « Vous croyez ?! »
Et il tourna les talons, quittant son bureau. Il se sentait coupable pour son comportement, mais sa culpabilité était largement surpassée par sa tristesse et sa colère. Iroh soupira. Il ne savait guère comment améliorer l'humeur de son neveu, qui était toutefois plus stable que ce qu'il n'aurait cru. Zuko préférait se murer dans le silence, plutôt que de lancer des paroles qu'il pourrait regretter par la suite. Six ans plus tôt, Zuko aurait incendié chaque mur et chaque tissu parsemant son Palais jusqu'à ce que tout ne soit que cendres. Jusqu'ici, seule la salle où il s'entraînait lorsqu'il n'allait pas dehors avait été réduite à néant, et encore, seulement de l'intérieur.
Zuko alla trouver Siku, qu'il tannait pour reprendre son entraînement. Mais celle-ci était loin d'être aussi efficace que Katara, cela risquait de prendre beaucoup de temps. Sura prenait parfois la relève, mais ce n'était clairement pas son domaine de prédilection. C'était agaçant, mais il tâchait de ne pas le montrer. Les pauvres sœurs n'y étaient pour rien, et elles faisaient leur maximum pour le soigner. Kiyi évitait de l'approcher, elle savait pertinemment que dans cet état, il n'y avait pas grand chose à faire à part attendre que la tempête passe. Seule sa mère tentait encore de lui parler pour le rassurer.
« Il faudra encore quelques jours pour que vous puissiez muscler votre épaule, Seigneur Zuko », balbutia Siku, qui était toujours embarrassée lorsqu'elle devait dire à Zuko d'être patient. Ce dernier l'impressionnait, avec sa cicatrice et ses humeurs aussi tumultueuses que les flammes attisées par le vent.
« Je t'ai déjà dit que tu pouvais m'appeler Zuko, Siku. Et je vous suis reconnaissant, à toi et ta soeur pour vos efforts. J'aurais aimé être d'une meilleure compagnie », dit-il en essayant de ne pas s'énerver davantage. Il devait se rendre à l'évidence, il était encore loin de pouvoir sauver Katara. Cela ne faisait que deux jours, et ça le rendait déjà fou.
« Je comprends, ne vous en faites pas. Si vous avez encore mal, je referai une session ce soir », lui dit Siku avec un léger sourire tandis qu'elle réajustait son bandage.
Zuko la laissa prendre congé et décida de retourner à son bureau. Il ne pouvait pas perdre de temps, il devait traquer chaque piste pouvant le mener à Katara. Iroh fut exaspéré de le voir revenir si vite, mais il savait que lorsque son neveu avait décidé quelque chose, rien ne pouvait le détourner de sa route. Zuko éplucha le reste des documents empilés sur son bureau. Cela lui prit plusieurs heures, et il nota chaque élément suspicieux sur une feuille à part. Il demanda à ce que chaque personne ayant mis le pied au palais ces derniers mois soit interrogée.
Aang avait demandé à se rendre au temple des sages de la Nation du feu pour méditer afin de parler avec ses vies antérieures et peut-être communiquer avec les esprits qui sauraient peut-être se qui se trame. Mais il était revenu bredouille, avec certes quelques conseils de ses prédécesseurs mais rien n'aidant concrètement à retrouver Katara. Ils étaient dans une impasse.
Toutefois, Hakoda avait réussi à déterminer d'où venait le poison utilisé par les assaillants pour ne pas avoir à divulguer une quelconque information à leurs ennemis, et ces derniers étaient en cours d'identification. Toutefois, les nations n'ayant pas exactement été tout à fait rigoureuses quant à l'identification des citoyens, les temps de chaos les en ayant empêchés, beaucoup n'avaient jamais été répertoriés nulle part. Quant au poison, il s'agissait d'une baie caractéristique du sud-ouest du royaume de la Terre, non loin du Pôle Sud. Toph avait promis d'investiguer elle-même les lieux avec des soldats choisis par Kuei et un membre du Lotus Blanc. Toutes les forces ont été mobilisées à présent qu'une deuxième attaque s'était produite, et cette fois en présence des représentants des différentes nations. Ce n'était plus seulement de Zuko dont il s'agissait.
Ce dernier peinait à se concentrer sur autre chose que Katara, et sa respiration pourtant nécessaire à la maîtrise du feu en prenait un coup. Il perdait pied à chaque fois qu'il méditait à présent. Tout le contrôle qu'il avait réussi à apporter à sa maîtrise après leur visite à lui et Aang aux Guerriers du Soleil s'effritait d'heure en heure. Et cela le frustrait au plus au point. Même sa maîtrise se mettait en travers de sa route pour sauver Katara. Il avait hâte que son épaule soit enfin remise.
Puis soudainement, en songeant à son épaule blessée, une pièce du puzzle sembla s'emboîter dans son esprit. Le fait que Katara et Aang soient arrivés le soir de l'attaque, pile quand il le fallait, lui tritura l'esprit. Il se rappelait à présent. C'était son oncle qui avait suggéré de les inviter un moment à la Nation du feu, pour renouer les liens distendus entre eux. Zuko comprit que son oncle se doutait déjà de quelque chose à ce moment-là. Il s'arrêta dans sa lecture.
« Mon oncle, j'ai une question à vous poser », fit Zuko d'un ton très sérieux.
Iroh leva le nez du rapport qu'il épluchait. Un ramassis de papier ennuyeux sur les nominations des hauts fonctionnaires de la Nation du feu. « Qu'y a-t-il ? Tu as trouvé quelque chose ? »
« Vous saviez qu'il y aurait une attaque ici. Vous le saviez. Mais comment l'avez-vous su ? Et pourquoi ne pas me l'avoir dit ?! », fit Zuko qui commençait déjà à élever la voix.
Iroh soupira. Ce n'était qu'une question de temps avant que Zuko ne pose cette question. « Des rumeurs à mon salon de thé pour l'essentiel, à propos de la Nouvelle Ozai qui s'était trouvée des alliés. Et le fait que tu m'aies rappelé à la Capitale pour un temps pour t'aider avec les nouveaux contrats et la réorganisation de l'armée après le départ des troupes des colonies, j'ai pensé que si ce que j'avais entendu était faux, cela aurait été un poids de plus sur tes épaules. Je pensais te protéger »
Zuko pinça les lèvres. Même son oncle le pensait trop faible pour gérer la pression. Il y avait eu des déboires lors du retrait des troupes de la Nation du feu, certains méfaits de soldats devant être punis. Et Iroh, qui s'était établi au Royaume de la Terre, s'était proposé de l'aider à réorganiser ses troupes suite au limogeage de certains soldats et à négocier avec le Royaume de la Terre à ses côtés pour que tout se déroule dans le calme. Après les rumeurs qu'il avait entendues, il avait pensé que ce serait l'occasion de protéger son neveu et de l'aider un peu dans les tâches les plus fastidieuses. Zuko avait toujours refusé son aide auparavant, et le seul fait qu'il ait accepté pour cette fois avait prouvé à Iroh que son neveu était à bout. Et il était si jeune, à peine vingt-deux ans, l'un des plus jeunes Seigneurs du feu ayant jamais été.
« Je vois », marmonna Zuko. Il comprenait la démarche, mais demeurait frustré, essentiellement contre lui-même. Même s'il avait su qu'une attaque se produirait, jamais il n'aurait imaginé devoir encaisser des éclairs. Seule sa famille les maîtrisait en ce temps là, et tous étaient soit de son côté - comme son oncle - soit en prison. Et les cellules d'Azula et d'Ozai étaient constamment vérifiées et surveillées. « De toute façon, ça n'aurait rien changé. J'ai été stupide de croire que seule notre famille pouvait maîtriser les éclairs. Tout est de ma faute »
Iroh se leva et s'approcha de son neveu. Il posa un bras sur son épaule. « Et j'ai été stupide de te laisser seul alors que je savais ce qui risquait de se produire. Je suis aussi fautif que toi », dit-il le coeur lourd. Zuko réalisa que son oncle s'en voulait terriblement. « Si je t'avais perdu, je ne me le serai jamais pardonné Zuko. Tu es comme mon propre fils »
Zuko en fut ému. Il le savait au fond de lui, et Iroh était le père qu'il n'avait jamais eu. Et il l'avait pourtant blessé tant de fois. Il essayait à présent de rattraper toutes ses erreurs. Mais cela le forçait à compter toutes ses erreurs, et il s'auto-flagellait continuellement pour ses méfaits.
« Je sais mon oncle. J'ai honte de ce que je vous ai fait il y a déjà six ans. C'est pour ça que je n'ai jamais voulu de votre aide, je vous devais bien trop... Je pensais me débrouiller seul et vous laisser profiter de Ba Sing Se et de vos amis du Pai Sho. Et voilà le résultat », dit-il avec une voix tremblante. Il essayait de se contenir. Il n'avait pas le droit de pleurer pour ses erreurs quand la personne qu'il aimait était en train de souffrir.
« Zuko... Tu as fais tant de bien à ton pays, tu as mis fin à la guerre et depuis lors tu n'as jamais cessé d'aider à rebâtir ce monde que notre famille et nos ancêtres ont détruit. Regarde ce que tu as accompli », lui dit Iroh avec fierté. Ce que Zuko avait réalisé pendant ces quelques années avait dépassé ses espérances. « Et quant à Katara, je te le répète mon neveu. Nous la retrouverons. Et nous la retrouverons vivante, j'en suis convaincu. Elle est forte, plus que tu ne le penses. Elle est d'ailleurs à ce titre tout à fait digne de toi Zuko. Tu ne pouvais pas choisir meilleure alliée »
Zuko sourit à cette idée. Son oncle le rendait plus optimiste que jamais. Il devait la retrouver, et il allait le faire. Pour lui dire encore qu'il l'aimait, pour lui dire qu'il la voulait à ses côtés et qu'il ferait n'importe quoi pour la rendre heureuse. Il mériterait son amour, quoi qu'il lui en coûte.
Et voilà, c'est tout pour ce chapitre ! Peu d'action, je sais, mais c'est normal ;) Je ne sais pas si je peux espérer qu'il vous ait plu (mes pauvres amoureux en détresse), mais j'espère vous revoir au prochain chapitre ! N'oubliez pas de me laisser une review, positive ou négative, ça m'aide et me motive énormément donc n'hésitez pas !
