Bonjour à tous ! Vraiment navrée de ce retard mais les examens ainsi qu'un certain nombre de problèmes personnels m'ont quelque peu éloignée de la fanfic, mais je la continue toujours, rassurez-vous :) Je risque cependant de prendre plus de temps pour poster un chapitre, j'espère que vous comprendrez.

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, il comprend une scène difficile qui est signalée au cas où vous voudriez la passer. Il est un peu plus court que les autres mais j'espère que ça n'entamera pas trop votre enthousiasme !

N'oubliez pas de laisser une review à la fin, ça fait toujours plaisir !

Veuillez m'excuser pour les éventuelles fautes s'étant glissées dans le récit.


Résumé du chapitre précédent : Katara fait face à de nouvelles tortures, et notamment l'usage de l'hypnose pour la forcer à parler, technique favorite du Dai Li en son temps. Zuko de son côté, face à sa perte de maîtrise et aux difficultés de sa soeur décide sur les bons conseils d'Aang de retourner voir les guerriers du Soleil afin de rétablir l'équilibre dans leurs maîtrises respectives. Ne pouvant rien faire de plus pour aider Katara, il accepta. Arrivés sur place, tout trois font la connaissance d'un nouveau dragon qui semble très intéressé par Zuko...

*Chapitre 16 - Dignité*

Aang et Kiyi firent volteface et tombèrent nez à nez avec le chef des Guerriers du Soleil, suivi des siens. Ils étaient tous vêtus de rouge, et tous portaient les marques rouges symbolisant le feu sur leur visage. Zuko finit par se détourner du dragon pour les saluer par le signe habituel de la Nation du feu : une main au-dessus de l'autre, celle du dessous serrée ne laissant apparaître que le pouce posé contre la main supérieure. Kiyi en fit de même, avec Aang. Elle se sentait comme une intruse qui ne devrait pas être ici. Néanmoins les guerriers les saluèrent. Le dragon qui était toujours posé derrière eux émit un grognement en guise de salutations officielles.

« Puis-je connaître la raison de votre retour Avatar ? », demanda le chef des Guerriers avec autorité.

Aang se racla la gorge. « Je suis revenu ici pour mon ami Zuko, et sa soeur Kiyi. De graves événements ont troublé leur maîtrise, nous avons pensé après maints essais infructueux pour les aider qu'il était temps de retrouver le droit chemin vers la maîtrise positive du feu »

Le chef des Guerriers sembla étudier la demande de l'Avatar. Puis il s'approcha de Kiyi, l'air menaçant. Aang se souvenait qu'il avait arboré le même air lorsqu'il leur avait exposé les conditions selon lesquelles ils pourraient apprendre la maîtrise originelle du feu. Zuko s'en souvenait également et s'il n'avait pas protesté ou fui sur l'instant, il se souvint ne pas en avoir mené large intérieurement. C'était un rite de passage que Kiyi devait passer à son tour. Elle avait toujours espéré le passer.

« Si tu souhaites connaître la maîtrise originelle du feu, tu dois passer sous l'oeil de Ran et Shaw. Ils décideront si tu es digne de recevoir leurs enseignements. Et c'est à cette condition que nous accepterons de vous aider », expliqua durement le chef.

Kiyi ne cligna pas des yeux une seule fois. Ce n'était pas un test de maîtrise, mais un test de bravoure. Et la bravoure, c'était de famille. « Je suis prête »

Zuko esquissa un léger sourire mais fut perturbé par une voix qui se mit à lui parler dans sa tête. « Si elle se montre digne, alors je t'aiderai », entendit-il. Cela le fit frissonner et il se retourna à nouveau vers le dragon. L'idée de la télépathie le mettait affreusement mal à l'aise. Il avait l'impression que ce dragon lisait ses pensées.

« Allons-y, nous n'avons pas de temps à perdre en paroles inutiles », décida le chef des guerriers, coupant ainsi court.

Kiyi sentit tout à coup la pression monter. Déjà ? Elle se mordilla la lèvre inférieure sous l'effet de la tension qui s'installait doucement. Elle ne flancherait pas. Zuko la sentit inquiète, mais ne s'en formalisa pas. Il avait cru mourir de peur en voyant les deux grands dragons sortir de leur antre pour voler tout autour d'eux. Ils se dirigèrent vers l'endroit où se trouvait le premier feu donné aux hommes par les dragons. La flamme éternelle brillait de mille feux sous leurs yeux. Zuko et Aang restèrent néanmoins à l'écart tandis que le chef faisait avancer Kiyi vers le brasier. Ce dernier brillait d'une flamme aveuglante et dominait la jeune fille de toute sa puissance. Mais elle n'en fut pas le moins du monde impressionnée, ce qui surprit Zuko.

« Si tu comptes rendre visite aux maîtres, tu dois leur apporter une flamme du Feu éternel. Ce feu est le tout premier qui ait existé, ce sont les dragons qui l'ont offert à nos ancêtres. Et nous l'avons entretenu pendant plusieurs milliers d'années », fit le chef des guerriers du soleil avant de s'avancer vers le brasier. « Tu vas apporter une flamme aux maîtres pour leur montrer ton engagement dans l'art sacré de la maîtrise du feu »

Kiyi hocha la tête et prit délicatement la flamme que lui offrait le chef des Guerriers du soleil. Elle eut un sourire lorsqu'elle prit le contrôle de la flamme. C'était comme un battement de cœur. Cette petite flamme irradiait son être d'une chaleur très agréable. Le chef lui expliqua où elle devait se rendre. C'était à plusieurs kilomètres de là. Et bien entendu elle serait seule pour affronter cette épreuve. Aussi partit-elle d'un pas léger mais déterminé vers le sommet où se trouvaient les grands maîtres. Zuko l'observa partir et s'il s'inquiétait un peu, il savait qu'elle y arriverait.

« Quant à vous, Seigneur du feu, je crois savoir que vous avez déjà rencontré Druk », fit le chef en s'adressant directement à Zuko.

Ce dernier écarquilla les yeux. « Druk ? »

Aang intervint. « Ce doit être le nom du dragon que nous avons vu. Mais... Je pensais que Ran et Shaw étaient les derniers »

« Ils étaient bel et bien les derniers, mais l'équilibre commençant à revenir dans notre monde grâce à vos actions », commença-t-il en s'adressant à la fois à Zuko et Aang. « Ils ont donné naissance à un nouveau dragon, que nous avons nommé Druk »

Zuko se souvint de vieux cours d'histoire. Druk signifiait dragon de foudre dans l'ancienne langue. Ce nom représentait la richesse et la maîtrise des éclairs. Zuko sourit à ce choix de nom tandis qu'il observait Druk voler au-dessus de la région. Il était vraiment petit si on le comparait aux grands dragons Ran et Shaw, mais il semblait très fier. Ses ailes rouges battaient le vent, et son corps fendait l'air. Zuko en fut fasciné. « Druk... »

« Il semble éprouver un grand intérêt pour vous Seigneur du feu. Peut-être pourra-t-il vous aider », conclut le chef des Guerriers du soleil qui commençait à se diriger vers le sommet où Kiyi se rendait.

Zuko jeta un regard étonné à Aang, qui n'en fut pas si surpris. Il était certes l'Avatar, mais Zuko portait le poids du monde sur ses épaules, et ce parce qu'il tentait de restaurer l'héritage de la Nation du feu telle qu'elle fut avant d'être dévorée par la guerre. Il peinait à ce titre à restaurer la maîtrise originelle au sein de sa Nation, celle-ci ayant été pervertie pendant longtemps par la rage et la haine. Iroh et lui-même avaient décidé de former les maîtres enseignant la maîtrise à la maîtrise originelle, mais c'était un travail très lourd qui demandait énormément de temps. Un temps que Zuko n'avait pas. Et cela, il ne le supportait que médiocrement. Il avait beau savoir qu'il avait fait beaucoup pour sa Nation, ça n'était jamais assez. Tout comme ses efforts pour retrouver Katara lui semblaient insuffisants.

« Tu es inquiet ? », demanda Aang qui sentait que Zuko était crispé, plus que d'habitude.

Ce dernier fut surpris par sa question. « Comment ça ? »

« Ta soeur », précisa aussitôt Aang.

Zuko soupira. Il craignait de devoir encore expliquer pour la énième fois que savoir Katara loin de lui en train de souffrir seul Agni savait où était ce qui l'inquiétait constamment, et était ravi de ne pas avoir à le faire encore. « Non, elle est digne. Bien plus que moi »

Aang soupira à son tour, exaspéré par l'éternel manque d'optimisme de son ami. Mais ça ne changerait pas, et au vu de la situation, c'était même pire qu'avant. Ils restèrent un moment au milieu des ruines tandis que les guerriers prenaient un raccourci pour parvenir au sommet avant Kiyi, qui serait de toute façon plus lente pour préserver sa flamme. Zuko l'observait s'éloigner d'un pas décidé. Elle avait un peu la démarche de sa grande soeur à cet instant. Ses mouvements respiraient la détermination. Il songea qu'elle voulait se prouver quelque chose. Et il savait qu'elle y arriverait.


Suki vit Katara revenir de sa dernière séance de torture, et fut horrifiée par ce qu'elle vit. Son amie était à nouveau inconsciente et le haut de son kimono - qui n'était en réalité pas le sien - était brûlé à plusieurs endroits. Le pire fut qu'elle reconnut très nettement la forme d'un Z. Comme Zuko. Elle se retint de les insulter copieusement, sachant pertinemment que ça ne ferait qu'aggraver les choses. Et elle écouta leurs commentaires qui lui donna presque des hauts-le-coeur.

« Quel dommage que le patron ne veuille pas l'abîmer davantage, elle est si jolie », commenta l'un d'eux avec frustration tandis qu'il s'attelait à lui bloquer le chi. Suki le reconnut. C'était le même qui venait à chaque fois depuis deux semaines. Il devait être l'un des rares à maîtriser cette technique.

« Ne t'en fait pas, si elle ne lui donne pas ce qu'il veut, tu auras ton tour », lui répondit l'autre avec un petit rire. Il toucha délicatement le visage de Katara, émacié par tant de souffrance. Sa main pâle contrastait nettement avec la peau brune de celle-ci. « Une beauté parfaite »

Suki eut l'impression qu'il parlait d'un plat de résistance, et non d'une femme. Le premier reprit la parole. « J'espère qu'elle sera un peu plus coriace que cette femme de la Nation du feu. Elle n'a même pas tenu une semaine »

La guerrière Kyoshi porta une main à sa bouche, choquée par ces déclarations. Cela faisait deux semaines qu'ils avaient emmené la femme de la Nation du feu. Maintenant elle savait pourquoi elle n'était jamais revenue. Et Suki n'avait pas envie de rester pour savoir de quoi elle était morte. Elles devaient trouver un moyen de s'échapper. Mais l'un des gardes avança une main vers Katara. Une main qui se dirigeait vers sa poitrine.

« Ne la touchez pas ! », laissa-t-elle échapper avec colère. Ils venaient déjà de la torturer, il était hors de question que cela continue. Mais elle réalisa son erreur lorsque les deux hommes se tournèrent vers elle.

L'un d'eux sortit de la cage de Katara et se planta devant celle de Suki. « Elle est jalouse on dirait »

Il ouvrit la porte et Suki se figea sur place. Extérieurement, elle n'affichait aucune peur. Son visage était dur comme le roc. Mais intérieurement, elle tremblait comme une feuille. Mais elle ne regrettait pas son geste. C'était pour Katara. Et elle paierait le prix nécessaire s'il le fallait.

« Le patron a dit qu'on ne devait pas t'amocher, mais on peut peut-être faire une exception rien que pour toi », fit-il d'un ton menaçant. Suki serra les poings. Elle ne se rendrait pas sans combattre. Jamais.

« Encore ? Tu ne les as pas assez cognées pour aujourd'hui ? », soupira l'autre qui sortait à son tour de la cage de Katara, la verrouillant soigneusement derrière lui.

Suki fut rassurée. Il ne s'agissait pas de viol, du moins ça n'en avait pas l'air. Mais elle allait devoir encaisser un certain nombre de coups. Heureusement, de par son entraînement, elle était habituée. Si ce n'était que ça, elle pourrait le supporter.

« T'en fait pas, on a une guérisseuse pour ça t'as pas oublié ? », fit-il en s'approchant encore plus de Suki. Il avait un pas lent, tel un prédateur face à une proie sans défense et sans possibilité de fuite.

L'autre le prévint. « Elle n'a pas pu réanimer notre amie de la Nation du feu, donc fait gaffe »

Suki vit le premier coup venir et le para avec ses chaînes, ce qui déchaîna la fureur du soldat qui utilisa sa maîtrise de la terre pour l'immobiliser sur le sol. Elle ne pouvait plus se défendre. Et les coups commencèrent à pleuvoir, sur son visage et son ventre. L'adrénaline lui permit de ne pas sentir pleinement la puissance des impacts, mais elle entendit des craquements sinistres. Il allait si vite entre ses coups qu'elle avait à peine le temps de reprendre son souffle. Après un temps infini, il s'arrêta. Suki fut surprise de voir qu'elle pouvait encore bouger. Mais ce n'était pas sans douleur. Quelques-unes de ses côtes étaient probablement fêlées, ou pire, cassées.

Elle attendit qu'ils partent pour essayer de réveiller Katara. Mais cela lui prit un temps fou car elle sentait comme un marteau taper à l'intérieur de son crâne. Bouger légèrement la tête relevait de l'exploit. Des points noirs dansaient devant ses yeux et elle pouvait à peine ouvrir son oeil gauche. Passant sa main sur son visage, elle récolta une longue traînée de sang. Le reste de son corps ne souffrait d'aucune plaie, mais elle savait qu'à l'intérieur, il y avait eu beaucoup de casse. Mais rien d'irréparable et c'était toujours moins pénible que se faire noyer à son humble avis. Elle finit par trouver la force de parler.

« Katara ? », appela Suki. Parler lui faisait atrocement mal au niveau du thorax. Elle renouvela son appel cinq fois avant d'obtenir un mouvement de la part de la jeune femme.

Cette dernière grommela et bougea péniblement son bras gauche. Elle gémit à son mouvement, cette petite torsion du bras ayant eu tôt fait de réveiller la brûlure qui lui dévorait la peau de son dos. Suki la vit se redresser péniblement, chaque geste semblant lui causer une extrême douleur. Son visage était pâle, même avec sa peau brune. Elle ne semblait pas dans son assiette du tout. A tel point qu'elle se rallongea dans une position peu confortable, vaincue.

« Est-ce que ça va ? », demanda précautionneusement Suki. Elle savait pertinemment qu'elle n'allait pas bien, mais c'était la manière la plus confortable pour elles deux de parler de ce qui s'était produit.

« Je dois... parler de Zuko... de l'Avatar... Et... Je dois le tuer... », commença-t-elle d'une voix éteinte. Suki ne comprit pas ce que cela signifiait. Katara finit par se prendre la tête entre ses mains. « Oh ma tête ! Suki, est-ce que je deviens folle ? »

Suki fut surprise de cette question. Elle s'attendait à ce que Katara se plaigne de son dos, mais au lieu de cela, c'était de sa tête qu'elle se plaignait. Elle sentait qu'ils avaient dû faire autre chose que la brûler. Mais elle ne savait pas quoi répondre. Katara poursuivit son monologue.

« Ils ont essayé de me... laver le cerveau avec leur infâme machine du Dai Li », fit-elle avec véhémence. Mais Katara avait au moins la satisfaction de savoir qu'ils avaient échoué. Cette fois-ci en tout cas. Car elle savait pertinemment que ce ne serait pas la dernière fois. Ils avaient même commencé à changer de méthode, pour la persuader de tuer Zuko. Et elle ne craignait que cette idée aie raison d'elle. Car si elle savait que s'empêcher de parler serait simple, contrer ses sentiments allait s'avérer bien plus délicats.

« Le Dai Li ? Ils sont eux aussi impliqués ? C'est pas vrai... », soupira Suki. Un nouveau problème s'ajoutait à leur liste déjà amplement longue.

Katara soupira à son tour, lâchant sa tête. Sa voix était plus nette et claire. « Je ne sais pas, on dirait qu'ils ont appris toutes les techniques possibles. C'était peut-être de ça dont parlait Iroh. Leur fameuse cellule d'apprentissage des maîtrises. Enfin, ils n'auront pas celle du sang toujours »

Suki eut un hoquet de stupeur qui lui arracha un gémissement. Ses côtes lui faisaient tellement mal. « Ils veulent l'apprendre elle aussi ? Oh bon sang, s'ils l'apprennent, on est tous foutus »

Katara esquissa un léger sourire. Elle croirait entendre son frère Sokka avec sa véhémence et sa familiarité habituelle. Il lui manquait terriblement lui aussi et espérait qu'il ne lui était rien arrivé durant l'attaque. Son cœur se serra mais elle tâcha de repousser ces pensées pour ne pas sombrer dans les larmes encore une fois.

« C'est pourquoi je vais tout faire pour que cela n'arrive pas », fit Katara avec un ton plein de détermination. Elle finit par se redresser un peu et remarqua l'état alarmant de Suki. Son visage était bleui et elle se tenait les côtes. La honte lui brûla les joues. Comment avait-elle pu ne pas le remarquer ? « Oh par Tui, ils t'ont frappé ? Ah si j'avais ma maîtrise... »

Elle commençait à se détacher doucement de sa philosophie de non-violence. Et elle songeait beaucoup à Hama, qui lui avait appris cette infâme maîtrise. Plus le temps passait, plus la douleur était vive, et plus Katara comprenait ce qui avait poussé celle-ci à développer une maîtrise aussi effrayante. Des années enfermées dans une affreuse prison. Cela faisait plus de deux semaines et Katara commençait déjà à avoir de telles pensées.

Et elle devait admettre que si sa maîtrise était de retour, elle aurait bien du mal à se gêner pour en profiter. Lorsqu'elle voyait son verre d'eau, elle se mettait à imaginer mille et une façons de la transformer pour attaquer ses bourreaux et partir. Une fine aiguille de glace acérée aurait été suffisante pour les attaquer au niveau des yeux ou de la gorge. Le corps humain est un circuit fermé, une fois percé, tout ce qu'il contient se vide et le corps meurt. C'étaient là des idées qu'elle trouvait de plus en plus fascinantes et qui faisaient grandir en elle un furieux sentiment de frustration. Sa maîtrise ne pouvait pas l'aider, et elle était trop frêle à présent pour lutter contre eux. Elle avait beaucoup maigri, étant nourrie à la bouchée de pain. Tous les jours après son réveil, elle examinait ses côtes, se demandant si elles saillaient.

Elle enleva le haut de son kimono déchiré et se contorsionna pour essayer de constater les dégâts causés par les brûlures. Elle ne parvenait pas à la visualiser entièrement, mais son imagination fit parfaitement le reste du travail. Un Z. L'idée la fit frissonner d'effroi. Et subitement, ce fut comme si quelque chose se déclenchait dans son esprit. Comme si l'hypnose qu'ils lui avaient fait subir pendant des heures venait de prendre effet. Elle se rappelait de tout à présent. Ils avaient réussi à la réveiller, et avaient continué leur torture pendant des heures en répétant inlassablement une nouvelle phrase, qui sembla avoir plus d'effets.

« Tu dois tuer Zuko. Tout est de sa faute. Si tu souffres, c'est par sa faute. »

Des points noirs se mirent à danser devant ses yeux et son mal de crâne s'intensifia. Zuko. Zuko. Zuko. Tuer. Tuer. Tuer. C'était de sa faute. Tout était de sa faute. Ces mots allaient et venaient dans son esprit et lui jouaient des tours, elle en était persuadée. Mais sa confiance en elle faiblit au fur et à mesure que ces horribles idées se mélangeaient avec les siennes. Bientôt, elle ne parviendrait plus à distinguer la réalité de leurs mensonges. Il fallait qu'elle les en empêche aussi longtemps que possible.

« Zuko... », murmura-t-elle.

Ce nom qui signifiait tant pour elle prenait à présent une tournure horrifiante. Ils lui avaient tellement seriné ce nom qu'elle ne voulait plus y penser. Et pourtant c'était son seul réconfort dans cet enfer. Ses yeux. Ses bras. Sa peau. Ses lèvres. Mais elle devait le tuer. Non ! Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle l'aimait plus que tout et jamais elle ne lui ferait de tort. Mais elle devait le faire. C'était de sa faute. Non, c'était de la sienne. Elle ne savait plus, et ses pensées se mélangeaient avec la subtile torture opérée par l'hypnose.

« Oh... Mais qu'est-ce qui m'arrive ! », se plaignit-elle en attrapant sa tête avec ses mains, alourdies par les chaînes d'acier qui les retenaient.

Toutes ces idées contradictoires lui donnèrent le tournis. Ses bras tombèrent mollement le long de ses flancs, et son corps se mit à trembler. Elle tituba et s'accrocha à la grille de sa cage. Suki vit avec horreur Katara vaciller et tomber au sol, évanouie. Sa tête heurta le sol.

« Katara ! », lança Suki. « Réveille-toi ! ».

Mais Katara ne l'entendait plus.


Kiyi portait fièrement sa flamme et avançait à pas précautionneux vers le sommet de la montagne. Druk le dragon passa au-dessus d'elle et en deux battements d'ailes, il était déjà presque arrivé. Elle songea que ce devait être fantastique de voyager à dos de dragon comme le faisaient certains maîtres du feu. Les histoires de dragons étaient ses préférées et de loin, et elle allait bientôt pouvoir le montrer. Son frère et son oncle n'avaient aucune idée de ce qu'elle avait préparé et un sourire de satisfaction apparut. Ils verraient enfin de quoi elle était capable. La marche fut longue et pénible, le soleil ne faiblissait pas et même s'il la rendait plus forte, elle devait régulièrement tenir sa flamme à une main pour s'essuyer le front. Puis vint l'escalade du pic rocheux.

Elle prit mille précautions pour ne pas laisser sa flamme s'éteindre. Mais en réalité, celle-ci brûlait si ardemment qu'elle ne craignait d'en perdre le contrôle. Sa main d'appui s'égratignait sur la roche et elle pouvait sentir l'inquiétude monter en elle tel un fleuve débordant. Ses mains tremblaient légèrement, et sa mâchoire était crispée.

« Je vais y arriver », psalmodiait-elle à voix haute pour se donner du courage.

Elle grimpa pierre après pierre, talus après talus. Le soleil commençait à décliner dans le ciel, elle devait se dépêcher. Dans la précipitation, elle trébucha et s'écroula de tout son long sur un rocher, sa flamme manquant de s'éteindre. Son dos protesta lorsqu'elle se releva mais elle devait continuer. Elle ne devait pas laisser cette chute la ralentir.

Après un temps infini, elle parvint enfin aux pieds des marches qui scelleraient bientôt son destin. Le feu ou la mort. Elle remarqua à peine que son frère était à côté d'elle, et n'entendit pas un seul mot de ce qu'il lui dit. Les maîtres du feu s'écartèrent des marches et la laissèrent monter, seule. Ses pas étaient plus lourds à chacune des marches et suivaient le rythme des tambours qui avaient entamé leur rythmique. Jetant un regard unique en arrière, elle constata que tous attendaient les dragons avec leurs cercles de feu lorsqu'ils ne frappaient pas aux tambours. Zuko et Aang les avaient imités en ce sens, invités à le faire par le chef lui-même.

Reportant son regard vers le sommet des marches, elle poursuivit son ascension. Elle parvint bientôt au sommet armée de sa minuscule flamme. Rares étaient les fois où elle s'était sentie si anxieuse, comme si elle venait de réaliser ce qui était en train de se produire. Les tambours qui raisonnaient dans la montagne n'étaient rien face à son coeur qui tambourinait dans sa poitrine. Puis les dragons sortirent de leur taverne, ce qui la fit sursauter. Ils étaient magnifiques, leurs écailles scintillaient dans la lueur orangée du ciel.

Zuko, qui s'était incliné avec les guerriers face à l'arrivée des maîtres dragons, ne put s'empêcher de jeter un regard vers sa soeur. Celle-ci semblait pétrifiée, mais elle parut se ressaisir puisqu'elle se mit à bouger. Et pas n'importe comment. Zuko en oublia de rester incliné et contempla le spectacle magnifique offert par sa soeur. Les dragons virevoltaient autour d'elle en compagnie d'un autre dragon, bien plus petit. Un dragon de feu, forgé par le chi de Kiyi qui dansait avec eux. Elle avait exactement repris les pas de la danse du dragon en y ajoutant sa propre maîtrise. Son dragon était magnifique, finement travaillé. Elle devait y avoir passé des semaines, sinon des mois. Il en fut très ému et s'inclina de nouveau pour dissimuler son émotion. Cela ne faisait aucun doute. Elle était digne.

Cela ne tarda pas à se vérifier puisque les dragons se posèrent durement contre la roche, faisant trembler la montagne, et crachèrent leur feu en une tornade colorée autour de Kiyi. Aang souriait de son côté, incliné respectueusement lui aussi. Il n'avait rien vu mais avait remarqué l'expression de Zuko lorsque ce dernier avait levé la tête puis l'avait baissée de nouveau. Kiyi comprenait enfin et toutes ses peurs semblèrent s'envoler comme des pétales de cerisier dans le vent. Lorsque les flammes disparurent, les dragons retournèrent dans leur caverne et un crissement aigu se fit entendre au loin dans le ciel. Druk.

Kiyi n'en revenait pas, et manqua de tomber à la renverse. Ses prunelles marron se portèrent sur ses doigts. Ainsi elle pouvait dompter une telle puissance. Elle descendit les marches avec légèreté, ses craintes envolées. Elle était digne des dragons. Mince, elle avait même vu de véritables dragons danser avec elle dans le ciel. Ils étaient immenses, elle pouvait encore sentir l'air qu'ils brassaient de leurs puissantes ailes. Peinant à dissimuler son sourire en voyant celui de Zuko, elle descendit les marches une à une jusqu'en bas. Elle s'inclina respectueusement face au chef des guerriers du Soleil qui lui faisait face. La fierté se voyait sur son visage, autant que sa détermination.

« Ils t'ont jugée digne. A présent, il te revient à toi aussi le fardeau de ce secret », lui dit-il solennellement.

« Et je le porterai avec fierté », répondit-elle simplement.

Zuko finit par la serrer dans ses bras. Leur étreinte dura quelques instants, puis ils s'écartèrent et se firent face, les prunelles de l'une plongées dans celles de son frère. Puis le visage de ce dernier se fendit d'un sourire et il hocha doucement la tête.

« Je savais que tu serais digne. Je n'en ai jamais douté », lui dit-il. Il peinait à dissimuler son émotion.

Et Aang lui-même souriait face à cette scène fraternelle qui différait en tout points des scènes que Zuko avait pu partager avec Azula. Il les avait vu se battre tellement de fois qu'il en avait presque oublié leur lien de parenté. Alors qu'il était évident avec Kiyi. Il adorait sa soeur autant qu'elle adorait son frère. Ce dernier rayonnait littéralement et son chi semblait en harmonie avec lui-même. C'était un pas de plus vers Katara. Sa douleur à la poitrine s'éveilla vivement et son sourire disparut à nouveau. Il ne fut remplacé que par une expression de surprise lorsqu'il entendit à nouveau l'étrange voix de Druk lui parler.

« Je peux t'aider à présent »


Katara se sentit secouée comme un prunier et ouvrit brusquement les yeux. C'était le dénommé Shen. 'Pas encore', songea Katara avec effroi. Son dos lui faisait atrocement mal à présent qu'elle n'était plus anesthésiée par son sommeil. Allait-il mettre sa menace à exécution et la défigurer ? Il l'attrapa par les cheveux pour la forcer à se lever, ce qui la fit gémir. Il la plaqua contre la grille qui donnait sur la cage de Suki. Elle était vide. Ainsi que toutes les autres. Qu'étaient-ils en train de leur faire ?

« Alors, toujours d'humeur aussi peu bavarde, ma belle ? Tu ferai bien de parler maintenant si tu veux que ton amie s'en sorte », lui susurra-t-il dans l'oreille.

Elle sentit une de ses mains passer sur sa cuisse puis sur son dos. Il tâcha de bien repasser sur les croûtes de ses brûlures. Elle hurla cette fois-ci et chercha à se débattre mais il s'était appuyé contre elle pour l'empêcher de bouger. Les barreaux de la cage semblaient s'imprimer sur sa peau. Elle se demanda s'il allait alors la violer et songea qu'elle n'avait pas pris ses racines. Ses yeux se portèrent avec panique vers l'endroit où elles étaient cachées. Sa respiration s'accéléra brutalement et son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine.

Elle tourna la tête subrepticement vers l'entrée de sa cage. Celle-ci était ouverte. Mais elle ne pourrait pas partir avec ces infernales chaînes au poignet. Où pouvaient être les clés ? Il la força à se retourner et son visage se trouva abominablement près du sien. Elle essaya de se reculer autant que possible, espérant que les barreaux cèdent pour la laisser passer. Il attrapa son menton entre ses mains, tachant de la forcer à le regarder dans les yeux. Tâchant de lui échapper, elle eut une idée.

Usant de ses chaînes, elle en plaça une à un endroit stratégique, derrière les jambes du maître du feu. Puis elle lui donna un coup de tête qui le fit tituber en arrière sous l'effet de la surprise. Tirant brusquement sur ses chaînes, celles-ci se tendirent et il ne put éviter la chute. Se prenant les pieds dans ses chaînes, il s'écroula de tout son long dans la cellule. Un cliquetis se fit entendre lorsqu'il heurta le sol, et alors elle vit le trousseau de clés sur sa ceinture.

Sans perdre une minute, elle se jeta sur lui pour l'assommer avec les poignets métalliques qui retenaient ses poignets. Pour faire bonne mesure, elle passa la chaîne autour de son cou et serra autant que possible pour l'empêcher de faire le moindre bruit. Il finit par ne plus bouger. Elle attrapa les clés et les essaya une à une jusqu'à trouver celle qui ouvrirait ses chaînes. Enfin libre, elle subtilisa le fouet de Shen et elle sortit de sa cage. Son chi se débloquait petit à petit, en réalité elle supposait que c'était Shen qui devait lui bloquer à nouveau aujourd'hui. Mais elle ne pouvait pas s'en servir, il n'était pas assez puissant.

Sachant pertinemment le couloir gardé, elle réfléchit. Un fouet ne serait sans doute pas suffisant. Elle revint alors sur ses pas et tâcha de décrocher la chaîne du sol à l'aide des clés. Profitant de cet instant, elle reprit les racines qu'elle avait enterrées sous une des dalles de sa cellule. Elle n'oublia pas de verrouiller sa cage sur Shen. Puis elle tambourina à la porte pour que les deux gardes entrent afin de vérifier ce qui se passait, ce qu'ils firent. Alors elle bondit sur le premier qu'elle frappa avec la chaîne puis enroula celle-ci autour du cou du second qu'elle serra d'un coup sec. Un craquement sinistre se produisit et il retomba, inerte. Le premier, remis du choc, se jeta sur elle et la plaqua contre le sol.

« Stupide salope ! Je vais te faire regretter tes actes ! », gronda-t-il en la frappant à plusieurs reprises au visage. Elle sentit sa peau s'écorcher sous les phalanges qui heurtaient durement ses joues. Elle eut des douleurs dans le cou, celui-ci se tournant sous la force des impacts.

****ATTENTION : SCÈNE DE VIOL, SAUTEZ PLUS LOIN POUR LA PASSER****

Il l'écrasait de tout son poids, l'empêchant de bouger. Il subtilisa la chaîne qu'elle tenait péniblement entre ses doigts et l'apposa sur son cou pour l'empêcher de crier. Katara se sentit étouffée, et ouvrit la bouche pour inspirer une grande bouffée d'air, mais la chaîne l'en empêcha. Ses bras cherchèrent à s'extirper de sa poignet mais c'était sans espoir. Ses jambes étaient écrasées et elle ne pouvait plus les replier pour espérer renverser la situation. Et le pire était à venir.

Il attrapa violemment ses cheveux et frappa sa tête contre le sol à deux reprises. Le choc fut si rude qu'elle n'opposa plus aucune résistance. Elle était toujours consciente mais ses membres refusaient de bouger. A demi-assommée, elle ne réalisait qu'à peine la présence de mains étrangères sur sa poitrine. Et en dépit de ses efforts pour essayer de l'en empêcher, aucun mouvement ne se produisit. Elle était comme inerte mais pouvait le voir très clairement prendre son pied. Il déchira d'un coup sec sa tunique puis ses bandages qui lui encerclaient toujours les jambes. Ils étaient dans un état déplorable, depuis deux semaines qu'elle n'avait pas pu en changer.

« Tu sens tellement mauvais que j'aurais presque envie de t'épargner... Presque », fit-il avec un sourire qui fit frissonner Katara. Elle se souviendrait longtemps de ce sourire et de ces yeux noirs remplis de folie.

Elle le sentit écarter brutalement ses cuisses et sous le choc du coup violent porté à sa tête, elle ne parvint pas à se mouvoir pour empêcher ce qui allait irrémédiablement arriver à présent. Des larmes s'écoulaient sur ses joues, et allaient se perdre dans ses cheveux. Elle avait tellement mal. Sa tête tournait et elle désespérait de ne pouvoir se défendre. Elle le sentit baisser son pantalon et commença à protester faiblement.

« Arrêtez... Non... Laissez-moi... », soufflait-elle vainement. Il l'attrapa alors à la gorge et serra si fort qu'il la fit rapidement suffoquer.

Incapable à présent de former le moindre mot, elle ne put que geindre et pleurer ce qui fit rire son bourreau. Ce dernier se lécha les doigts et vint titiller sa féminité, pour la lubrifier un peu sans doute. Elle sentit ensuite quelque chose de différent contre l'entrée de son vagin. Elle savait bien ce que c'était. Puis, sans aucune autre forme de procès, il la pénétra. La douleur fut fulgurante, ses muscles se crispèrent violemment.

Puis il commença à faire des va-et-vient brutaux qui la firent se crisper et grimacer de douleur. Son dos raclait contre la dalle de pierre suivant son rythme. Si elle s'était habituée au feu qui irradiait son dos, le feu qui lui enflammait son intimité lui était insoutenable. Et celui qui ravageait son esprit tandis que sa dignité lui était à nouveau arrachée était indescriptible. Elle tenta de le repousser, en vain. Vacillant entre la conscience et l'inconscience, elle ne put donner toute la mesure à la douleur qu'elle éprouvait. Elle l'entendait gémir de plaisir tandis qu'il s'affairait.

« Tellement étroite... », l'entendait-elle murmurer tandis qu'il poursuivait. Il accéléra bientôt la cadence et Katara trouva en elle la force de crier plus fort pour exprimer sa souffrance. Il ralentit et elle crut que c'était enfin terminé. Mais il plaça au contraire une main sur ses lèvres pour la faire taire. Elles sentaient la cendre. « Chut ma jolie, les objets ça ne parle pas »

Il l'étouffait presque tant sa main était grande. Elle prit soin de respirer précautionneusement par le nez tandis qu'il reprit à une vitesse plus élevée, s'enfonçant toujours plus profondément. Ses cris étaient étouffés par la main de son ravisseur, il n'avait pas à s'inquiéter d'être dérangé. Ses bras cherchèrent à s'accrocher aux dalles de pierre, incapables de s'élever pour le repousser.

Son corps se réchauffa et des larmes jaillirent à nouveau. Même son corps la trahissait, sans doute pour rendre ce terrible moment moins pénible. Il finit par jouir, elle pouvait le dire au long râle qu'il poussa, s'immobilisant brusquement en elle. Alors il ôta sa main de sa bouche et la chaîne lâche qui reposait sur son cou violacé. Puis il se retira ce qui la fit gémir. Son entrejambe était en feu et ses jambes tremblaient furieusement. Katara pleurait à chaudes larmes, espérant que ce n'était là qu'un cauchemar. Comme elle aurait préféré.

****FIN DE LA SCÈNE****

« Bordel, qu'est-ce que t'as foutu ?! », s'exclama une voix masculine que Katara ne reconnut pas. Toujours assommée, elle n'eut pas la force de se cacher d'eux. Allait-il la violer lui aussi ? S'armant avec le peu de dignité qui lui restait, elle s'empêcha de pleurer à nouveau et arbora un visage indifférent, vide d'émotions.

Son violeur se releva et lui répondit. « Elle essayait de s'enfuir. Elle a tué Tien et faut voir si ce Shen n'est pas trop amoché. Je lui ai donné une leçon voilà tout. Elle est bonne en plus, si jamais... »

Le dénommé Tien avait en effet la nuque brisée. « Putain, c'est elle qui a fait ça ? », questionna le second.

« Ouais, elle nous a pas ratée cette salope. Faudrait envoyer un médecin pour Shen, elle l'a enfermé dans sa cellule », expliqua-t-il.

Le second alla aussitôt voir si Shen était toujours en vie. Manifestement, c'était le cas. Il envoya le premier chercher un médecin puis reporta son attention sur Katara, qui avait l'air hagard. Ses yeux étaient perdus et contemplaient le plafond gris. Elle ne jeta pas un regard au deuxième garde, qui ne lui voulait certainement que du mal lui aussi. L'une de ses mains vint caresser son visage ensanglanté.

« T'en fait pas ma belle, on a les moyens de te faire oublier ça », dit-il doucement.

Katara ne parut pas se rendre compte de ce que cela signifiait. Son visage était désormais vide de toute émotion. Le médecin revint avec des vêtements que le deuxième garde lui passa pour la couvrir un peu. Ses chaînes détachées, elle n'était néanmoins plus en mesure de se débattre. Puis il la traîna à nouveau dans sa cellule, la faisant gémir à chaque pavé qui éraflait sa peau, où elle s'endormit, vaincue par la douleur.


Suki courait, aussi vite que ses jambes meurtries pouvaient la porter. Elle avait saisi une occasion en or lorsqu'ils étaient venus la chercher pour soigner ses blessures. La maîtresse de l'eau prisonnière guérit ses côtes cassées en un tour de poignet. Les gardes qui l'accompagnaient alors n'avaient pas été très regardant, et pensaient qu'une femme sans maîtrise ne pouvait pas les menacer. Quelle erreur !

Profitant de leur conversation, alors qu'ils parlaient de sa beauté et de leur désir de l'examiner de plus près, elle bondit sur le premier. Elle réussit à leur subtiliser une arme dont elle se servit pour trancher la gorge du premier d'un seul trait. La maîtresse de l'eau réagit à son tour et envoya des pics de glace dans les yeux du second qu'il se mit à hurler, son cri étant coupé par la lame de Suki.

Usant de leur trousseau pour enlever ses chaînes et celles de la jeune femme, elle avait voulu libérer Katara.

« Nous devons partir ! Ils vont arriver ! Je n'ai pas assez d'eau pour leur faire face », chuchota avec affolement la maîtresse de l'eau.

Suki inséra la première clé dans le verrou de la cage de Katara. « C'est mon amie ! Je dois la sauver ! Katara, réveille-toi je t'en supplie ! »

Mais aucune clé n'avait pu ouvrir sa cage, et Katara était alors toujours inconsciente. Alors qu'elles entendirent du bruit dans le couloir, Suki prit la terrible décision de s'enfuir avec la maîtresse de l'eau. C'était la seule façon de sauver Katara ainsi que les autres prisonniers de cet enfer. Des larmes ruisselèrent le long de ses joues, mais elle les essuya d'un revers. Katara n'aurait pas voulu qu'elle reste coincée ici. Deux gardes arrivèrent à la porte. Suki se dissimula sur le côté de la cage de Katara avec sa nouvelle alliée. Puis, alors qu'ils entraient dans la cage de Suki, cette dernière la referma sur eux et les deux jeunes femmes sortirent en trombe des cellules. Elles traversèrent les galeries, et refusèrent de s'arrêter à chaque nouveau cri qui s'élevait dans l'enceinte. Des gouttes de sang parsemaient le sol, reconnaissables à la couleur rougeâtre qu'elles donnaient à la terre.

Errant dans les couloirs, usant de ses techniques de guerrière Kyoshi et de la maîtrise de l'eau de sa nouvelle alliée, elle parvint à les amener jusqu'à la surface. C'était le soir, il n'y avait quasiment personne excepté les gardes faisant leur ronde. Elle longea les murs, tâchant de ne respirer que très peu, de peur qu'ils ne l'entendent. Sa nouvelle alliée en fit tout autant. La nuit était fraîche mais elle avait pu récupérer un peu de tissu sur les gardes qu'elles avaient vaincus. Après un temps infini à esquiver la lueur de leurs torches enflammées, elle parvint jusqu'à la forêt. C'était une forêt extrêmement dense et elle peina à se frayer un chemin. Les lames qu'elle avait récupérées s'avérèrent bien utiles. Et c'est à ce moment précis qu'elle entendit des voix s'élever.

« Trouvez-moi ces prisonnières ! Je vais leur apprendre à s'enfuir ! », entendit-elle vociférer au loin.

« Vite ! Ils vont nous trouver », chuchota la maîtresse de l'eau avant d'utiliser une des lames subtilisées aux soldats pour couper les branches et créer un passage.

Ils allaient chercher à les retrouver, à présent qu'ils s'étaient aperçus de sa disparition. Elles n'avaient aucune idée de l'endroit où elles se trouvaient, ni où elles allaient, mais elles y couraient à toute vitesse, sautant par-dessus les troncs et esquivant les branches qui parsemaient sa route. Leurs pieds se blessaient sur les racines et les branchages qui parsemaient le sol mais elles n'en avaient cure. Elles se sentaient pour un court instant surhumaine.

L'adrénaline finit par redescendre et la fatigue s'installa. Continuant à marcher d'un pas rapide, elle finit par prendre la décision de se cacher dans les arbres touffus de la forêt. C'était risqué, mais elle ne pouvait pas continuer ainsi. Ils auraient tôt fait de la rattraper. Alors elles choisirent un arbre qui leur paraissait très haut, pour pouvoir observer l'environnement où elles se trouvaient.

Suki soupira. En dépit de tous ses efforts, aucun souvenir de son transport jusqu'à cette horrible prison ne lui était revenu. Escalader cet arbre prit du temps, elle avait mal partout suite à son passage à tabac. Si l'adrénaline lui avait permis d'arriver jusqu'ici, son pouvoir miraculeux s'arrêtait ici. Et si la maîtresse de l'eau avait guéri la plupart de ses blessures, cela n'avait rien changé à sa fatigue qui se fit plus intense.

« Comment tu t'appelles ? », finit par demander Suki à voix basse.

La maîtresse de l'eau se tourna vers Suki. « Inaka »

« Depuis combien de temps tu... », commença Suki avant de s'interrompre lorsqu'elle entendit une voix masculine s'élever dans les bois.

« Tu les vois ? », demanda une voix qui les affola toutes deux.

Ils étaient tout près ! Les yeux écarquillés, elles se penchèrent avec lenteur au-dessus de la branche pour scruter ce qui se tramait en contrebas. Les feuilles cachaient quelque peu la flamme des torches qui les recherchaient, mais elles pouvaient distinguer clairement les deux silhouettes observant la cime des arbres pour les trouver.

Quelqu'un répondit. « Je pourrais brûler toute la forêt mais ça révèlerait notre position. De toute façon elles ne tiendront pas longtemps »

Suki tiqua. Elles ne tiendraient pas longtemps ? Ils étaient encore plus stupides qu'elle ne le pensait. Et elles allaient le leur prouver. Tandis qu'ils continuaient à la chercher et qu'elle surveillait leurs mouvements, Suki réfléchit. Il leur faudrait trouver de l'eau et de la nourriture. La forêt ressemblait à une jungle luxuriante. Elles se trouvaient bien dans le royaume de la Terre mais elle ignorait où exactement. Elle n'avait jamais vraiment vu ce type de forêt en particulier. Peut-être qu'Inaka connaissait bien que Suki en doutait. Si elle venait du Pôle Nord, elle n'avait probablement sans doute jamais voyagé.

Toutefois, en poursuivant leur route, elles devraient finir par trouver un village. A partir de là, Suki devrait soit rejoindre Ba Sing Se, soit retourner à son île, soit rejoindre l'ancienne colonie de Yu Dao, là où elle pourrait envoyer un oiseau messager à Zuko ou Sokka.

Épuisée, elle monta un peu plus haut encore pour décrocher deux lianes afin qu'elles puissent s'attacher à l'arbre pour éviter une chute mortelle. C'était une chance qu'elles ne souffrent pas du vertige. Mais dans sa hâte, une branche fragile se décrocha et chuta au pied de l'arbre. Suki se figea instantanément. Inaka en fit de même et se dissimula de l'autre côté de l'arbre. Avaient-elles été repérées ?

« J'ai entendu du bruit, par là ! », cria une voix.

Suki, paniquée, jeta des yeux affolés autour d'elle puis se colla un peu plus au tronc lorsqu'elle entendit une flèche siffler non loin d'elle. Ils étaient armés. Non pas que cela ne la surprenne, mais elle s'attendait davantage à faire face à la maîtrise des éléments. Finalement, l'une des flèches se planta dans l'arbre et fit s'envoler plusieurs oiseaux. Suki les reconnut. C'étaient des poulets souris. Sokka l'avait mentionné lorsqu'il lui avait fait la liste des plats qu'il préférait. Il en avait mangé dans le Marais Brumeux et disait que cela lui rappelait beaucoup le goût des poulets de banquise.

L'ennui était que la jungle n'avait rien d'un marécage, si l'on exceptait la végétation luxuriante et l'humidité qui la faisait suer. Elle se demanda s'il n'avait pas pu s'étendre. Car s'il s'agissait bien du Marais Brumeux, cela signifiait qu'elle se trouvait au sud du Royaume de la Terre, et donc tout près de son île. Agitant ses couteaux avec satisfaction, elle sourit. Elle aurait bientôt les moyens de sauver Katara.


C'est tout pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu même s'il était un peu plus court que les autres, ne vous en faites pas nous allons bientôt sortir de la galère ! Merci aux fidèles qui continuent à me lire, j'espère vous retrouver au prochain chapitre. N'oubliez pas de laisser une review surtout, et prenez soin de vous !