Bonjour tout le monde ! Navrée pour ce retard mais les impératifs universitaires me retiennent cruellement à ma fanfiction ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, le dénouement de cette partie de l'histoire arrive bientôt ! Merci à nouveau pour toutes les reviews, je suis vraiment désolée pour celles auxquelles je n'ai pas répondues, j'espère ne pas vous décevoir et promis, je répondrais à celles sur ce chapitre, qui est un peu plus court que d'habitude pour ne pas trop vous faire attendre.
Sur ce, je vous laisse à votre lecture !
Veuillez excuser les éventuelles fautes d'orthographe qui se sont glissées dans le récit.
Résumé du chapitre précédent : Kiyi passe les épreuves des dragons avec succès, et en conséquence, Druk accepte d'aider Zuko avec sa maîtrise. Suki après un passage à tabac saisit sa chance et réussit à s'échapper avec la guérisseuse Inaka, laissant Katara derrière elle après avoir essayé de la délivrer en vain. Reconnaissant le Marais brumeux tandis qu'elle continue sa route avec Inaka pour espérer rejoindre Sokka et contacter Aang, elle cherche un moyen de retourner sur l'île Kyoshi non loin de là. Katara essaie à son tour de s'enfuir, mais échoue finalement après avoir tué un des gardes et subit un viol en guise de punition.
*Chapitre 17 - Contrôle*
Katara se réveillait péniblement et sentait déjà son corps protester à chaque mouvement qu'elle produisait. Roulant sur le dos, où ses brûlures étaient encore vives à force d'avoir été malmenées sur le sol en pierre, Katara essaya de reprendre ses esprits. Elle était vêtue d'un autre kimono, bleu également, et d'un pantalon. Mais il était presque trop large pour elle, ce qui confirma que ce n'était pas le sien. Elle ne reverrait probablement jamais le sien. Elle sentit aussi l'absence de bandages aussi bien sur sa poitrine que sur son bassin. Son esprit ne voulait pas songer à ce qui s'était produit la veille, même si toutes les contusions qu'elle voyait et sentait partout sur son corps lui hurlaient au visage les événements cauchemardesques qu'elle aurait voulu oublier.
Était-ce seulement la veille ? Elle n'avait plus aucune notion du temps. Il lui semblait s'être évanouie longtemps. Elle aurait pu avoir dormi une semaine qu'elle serait incapable d'en juger. Et si elle avait œuvré durant ces semaines à ne plus sentir le manque de Zuko, son esprit était à présent occupé à éradiquer des souvenirs bien plus graves que ceux d'une simple sensation. Et le manque se fit plus violent et plus insidieux. Le lavage de cerveau avait son lot d'effets surprenants et cruels, parmi lesquels le fait de concentrer son flot d'idées sur Zuko.
Mais loin de songer aux attouchements qu'elle avait subi, et même si l'idée de le tuer demeurait dans un coin de sa tête, elle l'imaginait encore caresser ses cheveux, puis sa joue, puis ses mains. Elle voyait encore ses prunelles aussi douces que la lueur du soleil couchant. C'était une sensation agréable. Mais elle ravivait la douleur qui la brûlait en son ventre. Un coup de poing aurait eu le même effet, à ceci près qu'il était plus facile d'ignorer la douleur physique après coup. Elle se surprit à voir encore des larmes venir à ses yeux, pensant qu'elle n'en avait plus à offrir.
Zuko. Elle se demandait quels miracles il pouvait bien être en train de déployer pour la retrouver. Il devait avoir perdu le sommeil et avoir les traits tirés. Elle l'avait vu si souvent fatigué, éreinté par les efforts que faisait son corps pour le guérir, qu'elle pouvait parfaitement le visualiser. Ses cheveux en bataille, trop longs pour être portés détachés en dehors de l'intimité, lui manquaient. Ils étaient si soyeux sous ses doigts, elle pouvait encore s'en souvenir. Mais que faisait-il ? Cela faisait bientôt trois semaines. L'endroit était si vaste, comment pouvait-il le manquer ? Où était-il ? La cherchait-il vraiment ? Une part d'elle-même songeait qu'il avait abandonné, qu'il la pensait morte. Et ses ravisseurs faisaient tout pour exploiter cette petite part de désespoir qui lentement s'insinuait en elle.
Après un temps infini à détailler dans son esprit la silhouette de celui qu'elle aimait, elle se décida à tenter de se redresser. Et même avec toutes les précautions du monde, elle ne cessa de grimacer. Ses muscles étaient endoloris et elle pouvait sentir une bosse à l'arrière de son crâne. Passant une main dessus, elle se mordit les lèvres pour ne pas gémir. La douleur qu'elle éprouvait à cause du blocage de chi était sans commune mesure à celle qui se diffusait dans tout son corps. Elle s'étonna qu'on ne soit pas venu la guérir. Et mentalement, elle était sur le point de s'effondrer. Elle aurait voulu hurler, mais n'y arrivait pas. Chaque fois qu'elle s'éveillait, elle se demandait si elle pouvait encore se souvenir de la voix de Zuko, de Kiyi, de Sokka, d'Aang. Elle redoutait le moment où ces souvenirs commenceraient à s'effacer.
Par habitude, elle vérifia si les racines étaient toujours là. Et ce fut comme un électrochoc. Elles n'étaient plus là. Et Katara ne les avait pas prises la veille. Scrutant la pièce de ses yeux bleus écarquillés, les battements de son coeur tambourinant sèchement contre sa poitrine, elle essaya de se remémorer de ce qui s'était passé. C'est alors qu'elle les vit, piétinées à même le sol à quelques mètres de sa cage. Elle les avait attrapées avant de s'enfuir et elles étaient restées là-bas, hors de sa portée. Un frisson d'effroi s'empara de Katara. Et si elle était enceinte ? Enceinte de ce monstre ? Peinant à respirer convenablement, elle s'accroupit contre les barreaux, refusant de croire que le pire pourrait s'être produit. Passant ses mains sur son ventre maigre, elle se sentit tout à coup nauséeuse. Ses jambes tremblèrent et elle tomba finalement sur ses genoux, abasourdie par cette idée.
Elle serait bientôt fixée, ses menstruations ne devant plus tarder à présent. Elle imaginait déjà le carnage que ce serait face à tant d'insalubrité. Et si elle était enceinte, tout serait terminé pour ses espoirs de bonheur. Pas de Zuko dans sa vie, une place marginale au sein de la tribu qui verrait son enfant comme un paria, et un enfant ressemblant à celui qui l'avait violée. Avec ces maudits yeux noirs. Pourrait-elle chérir un tel enfant ? Ne lui ferait-elle pas payer son ascendance ? Machinalement, elle songea qu'elle ne pourrait jamais faire subir pareille chose à un enfant. Mais au fond d'elle, tout était bien plus compliqué. Des larmes lui vinrent aux yeux, et elle fut surprise d'en avoir encore à verser. Mais elle les chassa, il ne fallait pas céder au désespoir. Elle avait encore bien des combats à mener. Poussant un long soupir, elle rampa jusqu'au verre d'eau et à la bouillie qui l'attendaient sagement à l'entrée de sa cage. Puis elle tourna légèrement le visage vers la cage de Suki.
« Suki ? Tu es là ? », appela-t-elle sans tout à fait regarder dans sa direction. Sa voix était cassée par les larmes qu'elle réfrénait.
Elle entendit du mouvement et fut aussitôt rassurée. Au moins Suki était toujours vivante et près d'elle. Lui auraient-ils donc menti la veille ? Ou bien...
« Euh... Je ne suis pas Suki, moi c'est Achala », lui répondit une voix timide.
Katara manqua d'en faire tomber son verre d'eau et se tourna vers la voix qui avait parlé. Une jeune femme à la peau pâle et aux cheveux bruns était assise en tailleur, vêtue de vert. Elle provenait sans doute du Royaume de la Terre. Là où devrait être Suki. Elle se mit à haleter. Les mots de Shen, le bloqueur de chi qu'elle avait enfermé la veille, lui revinrent en mémoire.
« Tu ferais bien de parler maintenant si tu veux que ton amie s'en sorte »
Elle s'appuya péniblement sur les barreaux de sa cage. Suki. Ils l'avaient eue ? Ils l'avaient tué ? Elle déglutit péniblement, tâchant de ravaler les larmes qui coulaient déjà sur ses joues. Les pensées d'Hua et de son frère vinrent ajouter à sa culpabilité. Suki morte, ça n'avait plus de sens. Katara se dit que tout était de sa faute. Elle aurait dû parler ! Elle aurait dû leur dire quelque chose !
« Non... Non... Non... C'est impossible ! », répétait-elle en serrant les barreaux avec toute la force qui lui restait. Ses jointures blanches et saillantes s'accrochaient aux barreaux avec force. L'air peinait à parvenir jusqu'à ses poumons, elle tâcha de respirer plus précautionneusement, espérant éviter la crise de panique qui la guettait.
« Eh, tout va bien ? », demanda Achala, visiblement très inquiète. « Qui est Suki ? »
Katara ouvrit la bouche mais ses mots se confondirent avec ses sanglots. Elle se couvrit le visage pour essayer d'essuyer ses larmes, mais tout se confondait sur son visage. Le sang séché de ses pommettes, la sueur, les larmes qui ruisselaient par ses yeux et son nez. Recroquevillée à même le sol, elle pleura des heures durant. Elle ne se calma que lorsqu'elle entendit les pas des gardes dans le couloir. Saisissant un rabat de son kimono bleu, elle s'essuya le visage et arbora une expression parfaitement neutre. Seuls ses yeux rouges la trahissaient.
Shen était là, probablement revenu pour lui bloquer le chi. Elle était parée à toute éventualité, mais elle savait qu'ils ne lui laisseraient aucune occasion aussi infime soit-elle de leur livrer bataille à nouveau. Il était accompagné de celui qu'elle surnommait mentalement l'agent du Dai Li. Celui qui avait exercé son hypnose sur elle des heures durant jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse. Elle sut alors qu'aucun mal ne lui serait épargné.
Les laissant la prendre par les bras pour la faire sortir, elle remarqua à nouveau ce symbole. Une fleur rouge, qui lui rappelait quelque chose sans pour autant qu'elle ne se rappelle quoi. Tourmentée de toutes part, elle n'avait guère pris le temps d'y songer. La seule pensée cohérente qu'elle parvenait à former à ce sujet était que cette fleur ressemblait au lotus blanc, comme l'Ordre du Lotus Blanc dirigé par Iroh. Excepté que ce dernier était rouge. Avait-elle déjà entendu parler d'un quelconque Ordre du Lotus rouge ?
Ils la conduisirent sans émettre le moindre commentaire jusqu'à sa pièce de torture, ainsi qu'elle se la représentait mentalement. Et elle reconnut cet infâme cercle à hypnose. Son mental au plus bas, elle sut que la partie serait loin d'être aussi évidente que la dernière fois. Katara fut attachée au mur par des mains en pierre. Une autour de son menton, deux pour ses mains. Celles-ci écrasèrent les quelques contusions demeurées sur son visage, ce qui la fit grimacer. La salle était dans la pénombre, avec une simple lampe à huile en son centre. Sa flamme semblait la fixer d'un regard désapprobateur. Katara se demandait ce qui l'attendait aujourd'hui. Allaient-ils vouloir la faire parler à nouveau ? Ou bien tenteraient-ils de la convaincre définitivement de tuer Zuko ?
Une voix se mit à parler. Elle était sinistre. « Tu dois tuer Zuko »
Katara sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ce serait donc la deuxième possibilité. Sa respiration s'accéléra tandis qu'elle guettait sa punition. Toutes les pensées qu'elle avait tenté de cataloguer comme fausses resurgirent à nouveau pour lui imposer l'ordre qui lui était donné. Tuer Zuko. Le flot de pensée fut si violent que Katara sentit comme un marteau frapper ses tempes. Des semaines qu'elle l'attendait, il n'était jamais venu. L'avait-il vraiment abandonnée ? Katara tenta de résister à cette part égoïste d'elle-même qui en voulait à Zuko. Mais plus l'hypnose avait court, plus elle se sentait lâcher prise. Cela devait être au moins la cinquantième fois qu'il psalmodiait cette même phrase. Elle tenta de résister à voix haute cette fois.
« Arrêtez, je- je ne le ferai pas ! », s'écria-t-elle. Elle ne parvenait pas à détacher ses yeux de la lampe qui tournait. S'ils savaient qu'elle ne leur avouerait jamais quoi que ce soit, ils savaient que son amour pour Zuko pouvait être changé en haine, et que la forcer à agir serait bien plus aisé. Ils ne devaient pas y arriver.
« Tu dois le tuer », continuait la voix, qui se faisait de plus en plus insistante.
Katara fronça les sourcils et tenta de fermer les yeux, mais ils l'en empêchèrent, la frappant aux membres lorsqu'elle fermait les yeux trop longtemps. Elle avait si mal que chaque coup la faisait au moins gémir, sinon hurler. Se débattre était tout aussi vain. Elle ne pouvait pas les laisser faire. Mais elle sentait qu'ils continueraient jusqu'à ce que son esprit flanche, et cela ne devrait pas prendre trop longtemps.
« Non... Non ! », sanglotait-elle, priant pour que cela cesse. Mais cela ne s'arrêtait pas.
Durant son temps en cellule, elle avait eu beaucoup de temps pour développer son égoïsme et son désespoir. Même si une grande partie d'elle pensait toujours que Zuko viendrait, l'autre, qui était en train de prendre la tête, était persuadée qu'il avait abandonné ou qu'il ne cherchait pas avec la ferveur qu'elle pensait. Ils se servaient de ses sentiments d'amour pour les muer en haine. Et ça commençait à marcher après seulement deux séances. Pleinement consciente, elle se serait insultée d'être aussi faible.
« Tu dois tuer Zuko. Dis-le ! »
Cette phrase sonnait comme une litanie dans sa tête et elle pouvait sentir les mots lui brûler la langue, comme un liquide qu'elle devait recracher. Elle était épuisée. Ils s'étaient assurés de briser ne serait-ce qu'un peu sa volonté avant de recourir à cette idée. Katara mourrait d'envie de dire qu'elle allait le tuer, mais parvint à se retenir. Ce n'était pas elle qui voulait ça. Ce ne serait jamais elle. Mais cela lui demandait énormément de force, une force qu'ils lui avaient volée. Aussi finit-elle, après des heures passées devant cette lampe infernale, à céder.
« Je... Je dois… tu- tuer Zuko », prononça-t-elle d'une voix faible, dépourvue de conviction.
« Oui, tu dois le tuer », répondit la voix.
« Je dois le tuer », répéta-t-elle.
Il lui fit répéter de nombreuses fois, pour s'assurer que ce n'était pas une ruse. Katara n'aurait pas pu ruser, mentir était loin d'être son talent le plus naturel. Et après des semaines passés en leur 'compagnie' ils le savaient. En revanche, ses aptitudes au combat rivalisaient aisément avec celles de Zuko. C'était là-dessus qu'ils comptaient. Katara sentit son corps être détaché.
« Tu sais ce que tu dois faire maintenant ? », demanda la voix, dont elle ne distinguait toujours pas le corps.
« Je dois tuer Zuko », répéta Katara avec conviction.
Un sourire satisfait apparut sur le visage de celui qui l'hypnotisait. « Elle est prête »
Il s'appliqua à lui faire oublier le viol de la veille, ce qui fonctionna à merveilles à présent que sa personnalité était totalement endormie. Il aurait pu lui faire croire n'importe quoi, mais il n'était pas fou. Il savait que plus il en demandait à son esprit, plus celui-ci était à même d'être brisé définitivement. Il ne fallait pas franchir la ligne rouge. Aussi décida-t-il de la laisser en paix. Elle fut changée de place. On l'amena dans une chambre sobre et froide, avec un lit cette fois et quatre murs. Elle n'opposa aucune résistance. Le garde lui dit de dormir, et c'est ce qu'elle fit mécaniquement, comme si son âme avait momentanément quitté son corps. La véritable Katara s'était endormie pour un bien long sommeil.
Suki et Inaka continuaient leur chemin non sans peine. Les soldats de l'organisation qui les avait enlevées continuaient de les suivre. Mais petit à petit, elles parvinrent à les semer. Elles marchaient à présent de manière plus sereine, restant sur leurs gardes. Elle avaient maculé entièrement leur peau et leur tenue de terre pour passer inaperçu. Inaka avait soigné ses blessures aux côtes, qui s'étaient avérées plus légères que ce que Suki pensait. L'homme qui l'avait passée à tabac n'y avait pourtant pas été de main morte. Suki apprit que cela faisait plusieurs années qu'Inaka se trouvait là-bas.
« Tu n'as pas idée de ce qui se passait là-bas... », lui dit Inaka. Suki avait remarqué qu'elle affichait toujours une expression grave. Elle ignorait que celle-ci se sentait terriblement coupable de ne pas avoir réussi à sauver la jeune femme de la Nation du feu qui se trouvait dans une des cellules de leur couloir. Suki avait oublié que le garde avait mentionné cela avant de la frapper. Mais ce qu'elle apprit lui donna littéralement envie de vomir.
« Ils veulent des enfants, des enfants maîtrisant les éléments. Des dizaines sont déjà nés. Ils ont essayé avec moi, mais je n'ai jamais pu avoir d'enfants, alors ils m'ont reléguée au rang de guérisseuse... », expliqua sombrement Inaka.
Suki déglutit et fut si choquée qu'elle en manqua de trébucher sur les racines qui traversaient leur route. Jamais elle n'aurait imaginé une chose pareille. Inaka venait simplement de lui avouer qu'ils l'avaient violée à plusieurs reprises dans l'espoir d'obtenir un enfant d'elle. Comment était-ce possible ? Comment tant de cruauté était possible ? Et pourtant, tout se tenait. Pourquoi enlever des femmes si ce n'était pour utiliser la seule chose qui les différenciait fondamentalement des hommes ? Suki écarquilla les yeux. Katara. Les racines. Et si elle ne pouvait pas s'en servir ? Et s'ils lui faisaient subir le même sort ? Sa respiration s'accéléra tout à coup. Dans quoi avait-elle laissé son amie ? Inaka la prit doucement par les épaules.
« Hé ça va ? », demanda-t-elle naïvement.
Suki sentit des larmes affluer et ne put les retenir bien longtemps. Voilà plusieurs semaines qu'elle se retenait de pleurer, s'accrochant à l'idée de revoir Sokka et sa fille. Sa chair qu'elle aimait tant. Penser à eux lui transperça un peu plus le coeur. Et l'idée d'avoir vécu aussi près d'un tel réseau d'esclavage la rendait malade. « Je... Je... Je suis désolée... Il faut qu'on fasse quelque chose ! On ne peut pas laisser ces femmes et ces enfants là-bas, depuis quand est-ce qu'ils font ça ? Nous avons dû rater quelque chose avec Aang, ça n'aurait jamais dû se produire et... »
« Attend... Aang, comme l'Avatar ? L'Avatar Aang ? », la coupa Inaka.
Suki reprit vaguement ses esprits et renifla bruyamment, toujours abasourdie par ce qu'elle venait d'apprendre. « Oui, comme l'Avatar Aang... C'est mon ami »
« Mais c'est inespéré ! Il faut qu'on le retrouve. C'est le seul à pouvoir les arrêter », dit Inaka d'un ton résolu. L'espoir semblait tout à coup redonner des couleurs à son visage émacié. Suki s'était déjà demandé quel âge pouvait bien avoir Inaka. Elle paraissait bien plus âgée qu'elle.
« J'ignore où il peut être, mais je sais d'où je pourrais le contacter. On n'est pas si loin de mon île », lui dit Suki. Elle avait jusque là caché cette information à Inaka au cas où elles seraient capturées à nouveau. Mais à présent que leurs ennemis étaient loin derrière, elle pouvait lui dire.
Inaka observa autour d'elle. La végétation luxuriante cachait le soleil, il faisait si sombre, comme si un nuage d'orage perpétuel les poursuivaient. « Comment le sais-tu ? »
Suki sourit. « Je connais ce marécage, il est au Sud du Royaume du la Terre, et l'île Kyoshi est au Sud-Ouest. Il faut qu'on trouve le rivage, et on n'aura plus qu'à le suivre »
Elle regretta intérieurement que Toph ne soit pas ici. Aang avait dit que le sens sismique développé grâce à la maîtrise de la Terre permettait de voir partout dans le monde grâce à ces racines. Mais sans maîtrise de la Terre, c'était impossible. Aussi continuèrent-elles leur route, changeant régulièrement de destination et essayant de temps à autres de grimper jusqu'à la cime des arbres pour observer leur position. Mais l'horizon était difficile à discerner tant il y avait de brume.
« Tu viens de l'île Kyoshi ? Je n'y suis jamais allée. À dire vrai, je n'ai jamais quitté le pôle Nord jusqu'à... enfin... Tu vois ce que je veux dire », souffla Inaka doucement, passant nerveusement sa main dans ses cheveux. Suki avait rarement vu de si longs cheveux. Ils étaient néanmoins très abîmés et ternes.
Quelques heures passèrent. Suki se rongeait les sangs de savoir Katara entre les mains de ces monstres, et Kyoshi seule savait combien de femmes et d'enfants. Inaka sentait son inquiétude et ne savait guère comment la rassurer. Elle-même s'inquiétait du sort des femmes blessées demeurées là-bas. Bien sûr, ce n'était pas la seule guérisseuse. Mais elle se sentait responsable de les avoir laissées.
« En fait... Je suis une guerrière Kyoshi », lui dit Suki, espérant alléger un peu l'atmosphère. Ressasser les tragiques événements qui se déroulaient à l'instant même où elles discutaient n'était pas productif.
Inaka parut impressionnée. « J'en ai entendu parler, c'est un hommage à l'Avatar Kyoshi je crois non ? Je comprends mieux tes capacités de combat à présent »
Elles s'arrêtèrent pour chasser, mais grâce à la maîtrise de l'eau d'Inaka, attraper du poisson dans la rivière s'avéra être un jeu d'enfant. Faire du feu fut un peu moins aisé, Suki ne sachant allumer un feu uniquement avec de la ficelle et un bout de bois. Mais elles n'avaient pas de ficelle sous la main alors Inaka tâcha d'aiguiser avec de l'eau des pierres selon des mouvements rapides et minutieux. Mais ce ne fut pas assez et elles durent renoncer à cuire le poisson. Suki détestait manger du poisson cru, mais elle s'y força. Il fallait qu'elles reprennent des forces. Inaka avait quant à elle l'habitude, même si ce n'était pas ce qu'elle préférait.
Puis elles repartirent et marchèrent jusqu'à la nuit tombée. Sentant la lune s'élever en croissant dans le ciel, Inaka parut regagner en vitalité et proposa à Suki de surfer sur la rivière pour descendre plus vite au plus près de l'île Kyoshi. Cette dernière n'était pas très emballée, mais accepta sans protester. Il fallait au plus vite sauver Katara. Inaka les firent surfer un long moment puis, épuisée, s'arrêta un moment.
« Je suis contente que tu sois avec moi, nous avons facilement gagné plusieurs heures ! Tu es sûre que ça va ? Tu as l'air épuisée », s'enquit Suki en observant son amie allongée par terre, reprenant son souffle.
Inaka acquiesça. « Je vais essayer de dormir, ça ira pour faire le guet ? »
Suki hocha la tête mais décida qu'il valait mieux dormir dans les arbres. Le jour se lèverait bientôt et elles ne pouvaient pas être découvertes avec autant de fatigue physique. Suki eut du mal à rester éveillée, et s'accrocha à ses pensées, tournées vers Sokka et Hua. Depuis combien de temps était-elle partie ? Deux semaines ? Trois ? Plus ? Elle ne le savait pas. Et elle songea à Inaka pour qui cela faisait des années. Suki ferait tout pour que tout ceci cesse et enragea de savoir Katara encore là-bas. Et s'ils la violaient pour qu'elle tombe enceinte d'un maître de l'eau ? Et que faisaient-ils de ces enfants ? Les maltraitaient-ils ? Cette pensée lui taraudait l'esprit.
L'idée de penser qu'une petite fille semblable à Hua soit maltraitée de la sorte la rendait malade. Et s'ils avaient recommencé ? Et s'ils avaient à nouveau attaqué le Pôle Sud et pris sa fille ? Ils n'avaient à priori que peu de chances de vouloir l'enlever, étant née de deux parents non-maîtres. Elle tâchait de faire confiance à Sokka, elle savait qu'il pouvait maintenir leur famille en sécurité. Néanmoins cette idée lui serrait le cœur si fort qu'elle avait l'impression d'être en apnée perpétuelle. Elle resta assise à scruter les alentours tandis que la lune disparaissait, vérifiant scrupuleusement qu'aucun intrus ne se trouve près d'elles.
Le matin, Inaka prit le deuxième tour de garde pour laisser Suki dormir. Elles repartirent quelques heures plus tard en direction de l'île Kyoshi, qu'elles atteindraient d'ici quelques heures selon les estimations de Suki, qui se félicitait que leurs ravisseurs n'aient pas découvert qui elle était vraiment.
Druk avait recommandé à Zuko de se reposer, ce qu'il fit très péniblement sur Appa. Il avait perdu l'habitude et ses rêves à propos de Katara ne cessaient de le tourmenter. Cette nuit, elle était morte à nouveau, le suppliant de l'aider. Il se redressait alors vivement et haletait, couvert de sueur. Puis l'air frais le faisait frissonner et il devait utiliser son chi pour se calmer. C'était la même routine depuis plus de deux semaines. A ceci près que c'était dans son lit qu'il se réveillait, et non sur Appa qui lui avait jeté un regard inquiet. Il avait cependant essayé de dormir autant que possible, et le matin arrivé, il déjeuna avec sa soeur et Aang. Kiyi peinait encore à dissimuler son sourire. Elle était vraiment fière d'elle, et Zuko l'était aussi. Mais il était préoccupé par son cauchemar. Plus le temps passait et plus les chances de sauver Katara s'amenuisaient. Et seul Agni savait ce qu'elle subissait. Pour lui. À cause de lui.
Zuko était alors sorti, avait salué Druk et s'était assis à même le sol, face ce dernier, qui était bien sûr parfaitement réveillé. Aang avait proposé à Kiyi d'aller faire une balade dans les airs et de pratiquer sa maîtrise du feu avec lui, laissant Zuko seul face à son nouvel allié. Il ne l'aurait pas admis mais le dragon l'impressionnait et semblait lire dans son coeur toute la culpabilité qu'il transportait en lui. La culpabilité d'avoir failli avec Katara, avec son peuple qu'il n'a pas su protéger de cette organisation secrète, avec lui-même. La lutte était toujours contre lui-même. Il l'avait compris depuis bien longtemps. Son pire ennemi se trouvait dans le reflet que lui renvoyait le miroir. Druk le savait lui aussi dès à présent.
« Tout cette culpabilité... Il faut t'en défaire », lui dit le dragon dans sa tête.
Zuko tiqua et leva les yeux au ciel et répondit d'une voix sarcastique. « Vraiment ? J'ignorais »
Il se demanda un moment comment Druk pouvait le comprendre. Rien dans les livres n'était écrit au sujet de la connexion entre un dragon et son monteur. Zuko avait longtemps supposé que tous les animaux étaient davantage comme Appa, démuni de la parole. Aang n'avait jamais évoqué un lien télépathique particulier avec Appa, mais il semblait le comprendre parfaitement et l'inverse était vrai. Il songea que ce lien était si fort qu'Aang ne remarquait sans doute plus le lien qui l'unissait à Appa. Zuko se promit d'en savoir plus à ce sujet. Druk amena quant à lui un tout autre sujet sur le tapis.
« Qui est Katara ? », poursuivit le dragon sans l'écouter.
Le Seigneur du feu déglutit et hésita avant de répondre. Qui était Katara ? De lointains souvenirs lui revinrent en tête. La jeune fille de la tribu de l'eau du Pôle Sud, celle qu'il avait vaincu et qu'elle avait vaincu plus d'une fois. La personne auprès de laquelle il a cherché à racheter le plus possible ses fautes, avec son oncle. C'était une femme forte, honorable, qui ne tournerait jamais le dos à ceux dans le besoin. Il l'aimait tellement. Et au-delà de son caractère, c'était devenu une magnifique jeune femme. Il avait eu tout le loisir de s'en rendre compte. Ses joues virèrent alors au rouge et il sentit une étrange sensation s'élever en lui.
Et avant de voir les pensées peu orthodoxes de Zuko au sujet de Katara, Druk secoua la tête. « Je crois que j'ai compris »
Zuko eut honte. « Tu peux voir ce à quoi je pense ? »
« Pas précisément, mais tes pensées me hurlent les sentiments que tu portes à cette jeune femme », expliqua patiemment Druk.
Zuko crut percevoir son agacement. « Comment peux-tu m'aider ? »
« Je peux t'aider à la sauver, je peux t'enseigner ce que Ran et Shaw m'ont appris. Ils t'ont tout montré, mais tu n'as pas tout assimilé. Pas encore », répondit Druk.
Zuko fut vexé mais ne répondit rien. Druk le prenait pour un enfant, mais n'était-ce pas ce qu'il était à cet instant ? Il voulait apprendre. Il voulait devenir meilleur et sauver Katara. Druk fit apparaître une flamme devant eux et demanda à Zuko de la garder statique. Zuko étendit doucement les bras pour prendre possession de la flamme que venait de produire Druk, mais celle-ci se mit à virevolter furieusement avant de s'éteindre. Il n'arrivait même plus à stabiliser sa flamme.
« Concentre-toi ! », lui intima Druk en crachant une nouvelle flamme à nouveau.
Zuko inspira et prit cette fois possession de la flamme. Il songeait à Katara, il pouvait presque discerner son visage rire dans les flammes. Il se rendit compte que ce n'était pas uniquement le fruit de son imagination. Elle était là, elle semblait le regarder. Il pouvait presque la toucher. Sans relâcher sa concentration, il jeta un coup d'oeil à Druk, qui semblait satisfait et scrutait d'un oeil beaucoup trop appuyé pour être naturel la flamme. Zuko l'éteignit alors brusquement.
« Qu'est-ce que c'était ?! », questionna Zuko, partagé entre l'ahurissement et l'incompréhension.
Druk sembla soupirer. « Le feu est ton élément, il reflète ce à quoi tu penses. Il est incontrôlable lorsque tes pensées sont agitées, il est apaisé lorsque tu apaises ton esprit »
Zuko hocha doucement la tête, perdu dans ses pensées. Son oncle lui avait toujours dit que c'était parce qu'il était incapable d'être parfaitement en paix avec lui-même qu'il échouait à produire des éclairs. Il pensa à sa soeur, Azula, capable de contrôler ses émotions jusqu'à produire une flamme bleue. Malgré ses nombreux progrès, Zuko savait qu'il n'avait pas atteint un tel degré de maîtrise. Au fond de lui, il avait l'impression que ce jour où il avait pu déstabiliser sa soeur, avant que celle-ci ne s'en prenne à Katara, n'était dû uniquement qu'à l'instabilité mentale de celle-ci. Iroh lui avait assuré que non, que c'était parce qu'il avait atteint un excellent degré de contrôle de ses émotions qu'il avait pu la défaire. Cependant, Zuko n'en avait jamais été tout à fait persuadé. Et il se demandait également comment avait-elle pu démontrer un tel niveau de maîtrise du feu en dépit de sa santé mentale ?
« N'est-ce qu'une question de contrôle des émotions ? », demanda Zuko. Il savait pertinemment que Druk suivait tout son cheminement intérieur.
Druk s'approcha de Zuko et ce dernier peina à se retenir de reculer. Il avait beau être jeune et moins imposant que Ran et Shaw, il restait tout de même deux à trois fois plus grand que Zuko. Et ce dernier n'en revenait pas d'avoir une véritable conversation avec un dragon.
« Qu'est-ce que le feu, Seigneur Zuko ? », entendit-il dans sa tête. Sa 'voix' se fit plus pénétrante et intimidante.
L'esprit de Zuko pensa immédiatement cette phrase qui était enseignée aux jeunes maîtres du feu.
« Le feu est l'élément de la puissance, de la férocité », récita Zuko à voix haute.
Zuko avait longtemps cru qu'il s'agissait de colère, mais avait réalisé depuis bien des années que c'était bien plus complexe que cela. Et lorsqu'il avait perdu sa maîtrise au moment où il était devenu le professeur d'Aang, c'était parce qu'il avait perdu le but précis qu'il avait cherché à accomplir désespérément la moitié de sa vie. Il était alors perdu, tout comme il l'était à cet instant.
Une douleur familière s'éveilla dans son bras et le souvenir vif de Katara prenant soin de lui revint. Toutes ces petites piques d'humour qu'elle avait pu lui dire, la patience qu'elle avait dû déployer pour s'occuper de lui. Il se rappelait encore de ses mains massant son épaule douloureuse, il se rappelait de son corps dans le moindre détail. Ce petit grain de beauté au-dessus de sa hanche, ses cheveux s'arrêtant au-dessus du creux de son dos, la forme ronde de sa poitrine. Il secoua la tête. Comment pouvait-il penser à cela dans un moment pareil alors qu'il avait failli ? Il était une déception ambulante. La culpabilité se remit à le dévorer de l'intérieur.
Il n'avait pas mis toute sa détermination à sauver Katara. Il avait éparpillé ses pensées entre sa culpabilité, celle qu'il éprouvait vis-à-vis de Katara et celle concernant son peuple. Et de toutes ces pensées, celles de Katara était celles qui continuaient à le faire avancer. Même s'il était Seigneur du feu, il restait avant tout humain. Si beaucoup désapprouveraient car un Seigneur du feu ne devrait jamais faire passer ses sentiments avant sa nation, il sentait que c'était la chose à faire. Des larmes lui picotèrent les yeux mais il les chassa. Hors de question de pleurer devant un dragon.
« Tu as un esprit fort, Zuko. Sers-t'en pour retrouver celle que tu aimes. Concentre ta lutte et tu trouveras l'équilibre qu'il te manque. Lève-toi maintenant »
Zuko se redressa alors et Druk en fit de même. Le jeune homme était déterminé. Il allait reprendre l'entraînement et Druk lui fit la promesse de l'aider dans cette voie. Zuko était honoré d'avoir été choisi. Et il ne serait pas seul pour y arriver. Druk lui demanda d'exécuter la danse du dragon, ce qui surprit Zuko mais il s'exécuta, ayant parfaitement ladite danse en mémoire. Druk lui demanda de la répéter plusieurs fois et il y mit plus de ferveur à chaque fois.
« Tu manques de fluidité et de férocité », fit Druk d'un ton déçu. « Attaque-moi »
Zuko manqua de s'étouffer avec sa salive. « Quoi ?! »
Sans prévenir, Druk projeta une flamme puissante que Zuko ne put éviter qu'en la séparant en deux d'un mouvement ample. Zuko fut surpris d'avoir réussi, lui qui n'arrivait pas à maîtriser une flamme à peine plus grande qu'une bougie la veille à peine. Comment était-ce possible ?
« Comment est-ce possible ? », demanda Zuko, scrutant ses mains comme s'il venait de produire sa première flamme.
Druk répondit d'un ton docte. « Tu as voulu me montrer que j'avais tort et te défendre. Ta maîtrise n'a jamais disparue. Tu réfléchis beaucoup trop, ton chi est déstabilisé. Alors que lorsque je t'attaque, tu n'as pas le temps de penser. Tu dois te contrôler et gagner en vitesse »
Puis Druk cracha une flamme moins violente, destinée à montrer quelque chose à Zuko. La flamme vira au bleu et l'image de sa soeur s'imposa à son esprit. Sa soeur cruelle. Sa soeur détruite. Azula. La seule qu'il ait connu ayant été capable de maîtriser le feu bleu. Même son père Ozai n'avait jamais pu accomplir cet exploit. Un exploit dont lui-même n'a jamais été capable.
« Je peux te l'enseigner. Ainsi que les éclairs »
Zuko n'en revenait pas. Druk lui offrait volontiers ce savoir, qu'un temps il aurait voulu maîtriser pour être l'égal de sa soeur aux yeux de son père. Mais il était devenu quelqu'un de mieux, mais un maître incomplet. Kiyi parvenait même à maîtriser les éclairs, alors qu'il n'avait jamais pu en produire un seul, à moins d'en rediriger un formé par son père, ou son oncle quand il s'entraînait.
« Pourquoi me l'enseignerais-tu ? Je suis faible et je ne sais pas me contrôler », avoua Zuko dans un souffle.
Druk se hissa plus haut sur ses pattes griffues, dominant Zuko de sa hauteur. « Parce que c'est mon destin. Je savais que tu viendrais un jour »
Zuko se rappela lui-même avoir dit à son propre père qu'il ne pouvait pas le défaire, car c'était le destin d'Aang. Il avait songé construire sa propre destinée, ce qu'il avait fait. Mais les choix qu'il a pu faire l'ont conduit ici. Son oncle avait sauvé les derniers dragons, et à présent ils reviendraient. Pas tout de suite, pas dans cent ans, mais bientôt. Bientôt, ils voleraient au-dessus de la Nation du feu. Zuko et Druk s'observèrent un long moment. Le regard de Druk était si pénétrant que Zuko eut un instant l'impression que Druk avait soudé un lien indéfectible en son coeur. Ils seraient partenaires, comme les anciens Seigneur du feu l'étaient avec leur monture.
Ce moment fut rompu par une voix féminine très enthousiaste. Zuko plaqua la paume de sa main sur son front en l'entendant.
« Grand frère ! », entendit-il derrière lui, suivi d'un « oh » de surprise. Zuko inspira pour ne pas s'énerver et se retourna vers sa soeur, qui semblait essoufflée. Aang était avec elle. « Bonjour Druk ! », fit-elle doucement.
Le dragon tourna sa tête en direction de la jeune fille et dodelina de la tête pour la saluer. Zuko craignit une seconde que Druk soit vexé, mais il sentit que le dragon se moquait des impolitesses de sa jeune soeur. Au contraire, il semblait ravi de la voir de plus près. Kiyi n'était pas le moins du monde intimidée par lui. Elle avait toujours adoré les animaux, qu'ils soient sacrés comme les dragons, ou minuscules et banals comme les cannes-tortues.
« On vous dérange, peut-être ? », demanda Aang, qui arborait sa mine embarrassée. Il avait beau avoir dix-huit ans, certaines expressions reflétaient encore celui qu'il était à douze ans. Zuko eut un léger sourire en coin à cette pensée. Tout était différent à cette époque où pourchasser l'Avatar était tout ce qui l'animait dans sa vie. Cette lutte qui l'avait menée jusqu'à Katara. Son visage s'assombrit à nouveau.
« Nous avions fini je crois », répondit Zuko, qui n'en était toutefois pas certain. Druk hocha la tête avant de s'allonger sur le sol, les yeux clos. Une réponse des plus claires pour Zuko. Ce dernier se tourna vers Aang. « Bientôt, nous pourrons rentrer. J'ai hâte de savoir ce que mon oncle a pu découvrir ».
« Pourquoi ne pas partir dès maintenant ? », entendit Zuko dans sa tête. Il détestait la façon de faire de Druk, lui 'parler' sans prévenir dans sa tête. Cela le faisait sursauter à chaque fois et Aang ainsi que Kiyi lui jetaient des regards étranges. Druk avait légèrement bougé la tête.
« Ça ne va pas, Zuko ? », demanda Aang avec inquiétude.
Zuko se pinça l'arête du nez comme il le faisait à chaque fois qu'il était contrarié. Il le faisait beaucoup ces derniers temps. Sans répondre, il se tourna vers Druk, l'air courroucé. « Druk, je ne suis pas encore prêt à rentrer, tu… »
« Je t'accompagne. Il y a bien longtemps que la Nation du feu n'a pas vu un dragon voler au-dessus d'elle », l'interrompit Druk, qui avait intercepté ses pensées.
Kiyi chuchota discrètement à l'attention d'Aang qui ne comprenait pas ce qui se passait. « Je crois que Druk lui parle »
« Oh ! », fut tout ce qu'Aang avait à répondre. « C'est un peu comme Appa et moi »
Zuko fut totalement pris au dépourvu. « Tu… Tu viendrais avec moi ? »
« Tu as très bien compris »
Zuko fronça les sourcils. Pourquoi un dragon voudrait-il l'aider lui ? Il n'avait rien fait pour le mériter. Druk soupira plusieurs fois de façons saccadée, comme s'il se moquait de lui. La mâchoire de Zuko se crispa sous l'effet de l'agacement. « Qu'est-ce qui te fait rire ? »
Aucune réponse ne lui parvint et Druk se recoucha. Il attendait que Zuko se décide. Kiyi et Aang avaient un étrange sourire sur les lèvres, ce qui l'agaça encore plus. Il n'avait aucune envie de rire lui. La vie de Katara était en jeu et eux songeaient seulement à rire ?!
« Quoi ? Je vous fais rire ?! La vie de Katara est en jeu, et vous parvenez encore à rire ! »
Leur sourire disparut aussitôt. Bien sûr qu'ils ne riaient pas du sort de Katara, jamais ils n'oseraient. Aang soupira, formant une légère brise avec sa maîtrise de l'air. Zuko était de sale humeur, nul besoin d'aggraver son humeur davantage. Kiyi se renfrogna. Elle n'aimait pas lorsque Zuko agissait ainsi mais elle devait admettre qu'il avait raison. Le temps des rires n'était pas pour tout de suite. Aang aussi reprit son air sérieux et réajusta sa toge.
« Alors, nous repartons ? », demanda Aang.
Zuko sembla interrompre son flot de colère. Ils pouvaient repartir maintenant, si Druk les accompagnait. Et il savait que le dragon respecterait sa parole. Zuko craignait néanmoins de le décevoir, comme il avait peur de décevoir Katara et tous ceux qui croyaient en lui, son oncle et sa mère surtout. Jetant un oeil à Druk, il se demandait si le dragon avait cessé de lire dans sa tête. C'était assez dérangeant.
« Nous repartons », décida Zuko.
Ils partirent saluer à nouveau les guerriers du Soleil. Ces derniers apprirent les volontés de Druk, et le laissèrent partir de bon coeur. Après tout les dragons n'étaient pas apprivoisés et la naissance de Druk n'était pas arrivée par hasard. Agni avait choisi de les réunir à cet instant précis pour une bonne raison. Zuko ne dit rien à ce sujet et se contenta de les remercier avant de retourner vers Appa qui attendait patiemment le départ. Et ils s'envolèrent en direction de la Capitale de la Nation du feu.
J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé. Le dénouement de cette phase de l'histoire arriver bientôt ! En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
