Bonjour à tous ! Je sais, pardonnez mon retard mais l'été est très studieux pour ma part (préparation de concours), je n'ai donc que peu de temps. J'espère néanmoins que ce chapitre vous plaira et que vous êtes toujours présents car je ne compte pas m'arrêter en chemin ! Il est un peu plus court, mais je voulais vraiment le poster aujourd'hui pour que vous ayez (enfin) de la lecture !

Pile pour la fin de la Zutara Week 2018 en plus, si ce n'est pas formidable ça.

Veuillez excuser les éventuelles fautes d'orthographe qui ont pu se glisser dans le récit.

N'hésitez pas à laisser une review après votre lecture !


Résumé du chapitre précédent : Après de longues heures de tortures, Katara cède à l'hypnose et est à présent persuadée qu'elle doit tuer Zuko. Ce dernier commence à s'entraîner avec Druk, qui a proposé de l'accompagner pour poursuivre son enseignement chez lui. Aang, Zuko et Kiyi rentrent donc à la Nation du feu. Suki et Inaka quant à elles sont sur le point de rejoindre l'île Kyoshi, d'où Suki pourra reprendre contact avec ses amis.

*Chapitre 18 - Le chemin du retour*

Suki et Inaka atteignirent finalement la côte d'où la guerrière pouvait voir son île en fin d'après-midi. Elle se doutait que Sokka était resté au Pôle Sud, mais elle disposait de plusieurs oiseaux grâce auxquels elle pourrait contacter son mari, Zuko, Toph et Aang. Mieux encore, elle pourrait voyager jusqu'à la capitale de la Nation du feu sans difficultés. Mais quelque chose clochait. Il y avait de la fumée au loin.

« Non… Ils n'ont pas pu faire ça ? », souffla Suki, tout à coup très inquiète. Elle songea à la guerrière qui gardait les dojos où s'entraînaient et vivaient les guerrières lorsqu'elles n'étaient pas en mission. S'il s'était passé quelque chose, des oiseaux devaient être partis porter les nouvelles. Zuko serait informé quoi qu'il arrivait. C'était la seule chose qui la réconfortait pour le moment.

Inaka parut soucieuse. « Ce n'est pas leur genre de se montrer au grand jour… Mais s'ils nous cherchent, ils ont dû commencer par là et peut-être même qu'ils nous attendent »

L'estomac de Suki se noua encore plus si c'était possible. Inaka proposa de surfer jusqu'à l'île. Suki accepta non sans crainte. Et s'ils les capturaient à nouveau ? Et s'ils les tuaient toutes les deux ? Jamais elle ne reverrait sa fille, si Sokka. Mais Katara endurait le pire, alors elle pouvait prendre ce risque. Elle indiqua à Inaka où accoster pour que leur arrivée soit la plus discrète possible. La fumée se fit plus dense tandis qu'elles se rapprochaient de l'île.

« Ça va ? », demanda Suki une fois arrivées sur la terre ferme.

Inaka hocha la tête et suivit Suki à travers les arbres. « On n'est qu'à une heure de mon campement »

Elles marchèrent l'heure due jusqu'au village où se trouvaient les dojos non sans prendre toutes leurs précautions. Suki connaissait les lieux comme sa poche mais préférait ne pas se montrer trop arrogante. L'idée de retourner dans l'enfer d'où elle venait la terrorisait suffisamment pour la rendre méfiante. Finalement, elles écartèrent les branches et jetèrent un oeil aux dojos. Certains avaient brûlé mais pas tous. Soudain, Suki entendit un sifflement caractéristique et repoussa brusquement Inaka sur le côté.

« Attention ! », s'écria-t-elle en se jetant sur Inaka. Un éventail aiguisé vint se ficher dans l'arbre devant lequel Inaka se trouvait quelques secondes plus tôt. Suki fut aussitôt soulagée et sortit des buissons les mains en évidence. C'était Joba, la gardienne des dojos. C'était l'une des plus anciennes guerrières Kyoshi. Et si Suki était plus jeune qu'elle, Joba l'avait élue comme toutes les autres chef des guerrières Kyoshi.

« Suki ? Tu es vivante ? J'ai reçu un message de Shina et Ty Lee, j'ai cru que je ne te reverrais jamais ! », s'exclama Joba qui rengaina son deuxième éventail. Inaka lui ramena celui qu'elle avait lancé. « Qui est-ce ? »

« Toi d'abord, que s'est-il passé ici ? », demanda Suki d'un ton autoritaire et pressé. Même si Joba allait bien, il y avait bien trop de fumée pour que tout se soit bien passé.

Joba indiqua l'un des dojos demeurés intacts. « Des intrus qui cherchaient deux prisonnières en fuite. Ils n'étaient pas très brillants, sauf cet imbécile de maître du feu qui a lancé des boules de feu à tort et à travers. Lui s'est enfui, en revanche j'ai réussi à avoir son allié ». Suki était impressionnée, mais elle n'en attendait pas moins d'une des plus anciennes guerrières de la communauté. Inaka devait avoir le même âge qu'elle. « J'allais envoyer un faucon à la Nation du feu », lui dit Joba.

« Je vais le faire. En attendant, je te présente Inaka. Inaka, voici Joba, la gardienne des dojos des guerrières Kyoshi », déclara Suki avec solennité en invitant Inaka à s'avancer. « On s'est évadées ensemble »

Inaka salua Joba d'un signe de tête. « Ravie de te connaître »

« Moi de même », fit Joba avec une expression plus sévère, celle qu'elle avait lorsqu'elle s'adressait à quelqu'un qui n'appartenait pas à leur communauté. « Si tu veux bien nous aider Inaka, il faut éteindre les braises pour éviter un feu de forêt »

Elles acquiescèrent et allèrent éteindre les braises restantes. Leur tâche remplie, Suki et Inaka se rincèrent de la saleté accumulée pendant leur voyage et revêtirent des vêtements propres. Suki mit également son armure de rechange, la sienne qu'elle portait toujours partiellement étant complètement irrécupérable. Inaka put revêtir exceptionnellement une armure de guerrière pour tromper leur « invité » en lui faisant croire qu'elles étaient trois. Elle fit son maquillage et fit celui d'Inaka avec ses poudres noires, blanches et rouges.

« Allons à présent accueillir notre invité comme il se doit », fit Suki d'un ton résolu. Elle se préparait intérieurement à affronter l'un de ceux qui l'avaient torturée, si cet intrus en faisait partie.

Lorsqu'elles arrivèrent, Suki eut un faible sourire. Joba n'avait pas lésiné sur les moyens. L'homme était solidement attaché et bâillonné sur une chaise par des rubans selon des noeuds atrocement compliqués. Ce dernier leva les yeux et parut surpris de voir trois femmes maquillées et vêtues à l'identique. Joba lui ôta son bâillon, non sans l'avoir menacé de l'amputer d'une main s'il se mettait à hurler. Non pas qu'elle l'aurait fait, mais son ton menaçant suffit à rendre l'homme docile. Suki ne dit rien mais elle l'avait reconnu. Il accompagnait celui qui l'avait passée à tabac deux jours et demi plus tôt. Il portait un uniforme orné d'une étrange fleur rouge.

Suki passa un doigt sur le symbole brodé sur la manche. « J'ai déjà vu ça quelque part »

« C'est un lotus rouge », confirma Inaka, qui avait eu des années pour élucider la question.

L'homme ne dit rien, ce qui agaça Suki qui dégaina son éventail, qui n'était certes pas affuté, mais bien assez pour qu'il y perde sa main. « Qui t'envoie ? »

« Je ne vous dirais rien », répondit-il, déglutissant d'inquiétude en voyant l'éventail de Suki se poser sur son poignet qu'elle dénuda violemment.

Elle n'avait pas le temps de jouer à ce jeu, la vie de Katara était en jeu. Inaka sentit son hésitation et pointa du doigt la jarre remplie d'eau qu'elle avait apportée avec elle. Au départ, c'était une ruse pour offrir à boire à l'homme, mais il n'y avait plus de ruse à avoir désormais.

« Tu peux lui couper, avec la maîtrise de l'eau je suis à peu près sûre de pouvoir lui recoudre », fit-elle d'un ton glacial qui surprit les deux guerrières. « Puisqu'il veut jouer au plus malin, on va jouer »

Inaka était méconnaissable aux yeux de Suki à cet instant. Toute la souffrance que la jeune femme avait enduré transparaissait sur son visage à cet instant. Suki ne comprenait que trop bien ce sentiment. Elle mourrait d'envie de faire payer ses méfaits à cet homme mais il lui faudrait d'abord des réponses. Et même si Inaka venait de démasquer sa maîtrise, cela parut faire effet.

L'homme se mit à gigoter face à cet argument teinté de cruauté, l'idée d'avoir la main coupée puis recousue semblant lui soulever le coeur. « Non, pitié ! Je… Je… »

Joba lui renversa la tête en arrière en tirant sur ses cheveux. « Oui ? »

Il se ravisa finalement et Suki soupira et appuya son éventail sur le poignet de l'homme, derrière les rubans qui le retenaient. Elle l'appuya suffisamment pour l'entailler mais pas assez pour lui ouvrir la veine. Il hurla et se débattit sur sa chaise. Inaka arbora l'homme d'un air dur tandis qu'elle se préparait à maîtriser son eau. Le sang se mit à couler le long de la main de l'homme qui gémit de douleur lorsque Suki cessa d'appuyer la lame de son éventail.

Suki reprit la parole et articula davantage pour lui faire comprendre que c'était sa dernière chance avant qu'elle ne termine son travail. « Qui. T'envoie. », fit-elle sèchement en lui montrant de plus près l'éventail d'où son sang dégoulinait. L'homme regarda Suki d'un air suppliant, ce qui ne lui fit ni chaud ni froid. Et il ne répondait toujours pas. Suki repositionne son éventail au-dessus de la plaie. « Si tu es sûr alors… »

Elle appuya à nouveau son éventail dans la plaie, qu'elle agrandit millimètre par millimètre, ce qui le fit hurler de plus belle. « D'accord ! Je… Je vais tout dire ! »

« Trop tard », répondit Suki d'un ton sec.

L'homme finit alors enfin par cracher le morceau. « L'organisation du lotus rouge ! Dirigé… Xai Bau ! »

Suki cessa aussitôt son entreprise sanglante et Inaka s'empressa de soigner l'homme. Fort heureusement, Suki n'avait pas tranché la veine. Elle sourit. Les hommes étaient décidément des chochottes. Cela lui prit quelques minutes à peine et l'homme retrouva un poignet pleinement fonctionnel.

« Xai Bau, ce nom te dit quelque chose ? », demanda Suki à Joba.

Celle-ci réfléchit un instant. « Pas vraiment. Qui est-ce ? », fit-elle en se tournant vers l'homme qui se remettait de ses émotions douloureuses.

« Je ne sais pas, je sais seulement qu'il dirige l'organisation… Pitié, c'est la vérité je vous le jure ! Ne me coupez pas la main ! », supplia l'homme qui peinait à remuer ses phalanges. Il était en sueur et ses yeux étaient écarquillés comme si un mauvais esprit se tenait devant lui.

« Je connais quelqu'un qui le saura », fit Suki. Elle songeait bien évidemment à Iroh. Il était membre du Lotus blanc et connaissait foule de personnes à travers le monde. Il saurait trouver celle qui connaissait ce Xai Bau. « Cependant, nous exigeons d'en savoir plus. Avec qui travailles-tu ? Qui est ce maître du feu qui s'est échappé ? »

L'homme soupira mais il cracha le morceau. Joba écrivit soigneusement chaque nom qu'il disait sur un morceau de parchemin. Il donna même plusieurs détails sur l'emplacement exact de la prison. Suki consentit à lui offrir de l'eau. Il révéla également son nom. Kan. « Tu vois quand tu veux, Kan. Nous interviendrons en ta faveur lors de ton procès »

Il baissa la tête, honteux. Il n'était pas si âgé, à peine plus âgé que Suki. Au moins réchappait-il à la terrible torture qui le guettait s'il faisait n'importe quoi. « Joba, vérifie ses noeuds et reste avec lui. Inaka, peux-tu te poster sous la statue de l'Avatar Kyoshi et monter la garde ? On ne voudrait pas que ses petits camarades reviennent. Moi j'ai des messages à envoyer ».

Les tâches distribuées, Suki put s'atteler à l'écriture de ses lettres. Attrapant plusieurs rouleaux de parchemins dans la tente adjacente, heureusement intacte, elle trempa sa plume dans l'encre et commença à écrire prestement. Elle chauffa ensuite le sceau des guerrières Kyoshi pour sceller chaque message et chaque oiseau s'envola vers sa destination, le plus rapide se dirigeant vers la Nation du feu. Il serait là-bas en quelques heures à peine.


A la tombée de la nuit, Zuko, Kiyi et Aang étaient de retour au palais. Si l'arrivée d'Appa ne déclencha rien de particulier, tous savaient que seul l'Avatar ou ses proches amis étaient capables de manoeuvrer Appa, Druk en revanche fit une entrée fracassante. La garde ne savait que faire, personne n'avait vu un dragon en vie depuis des décennies. Iroh en fut alerté et sortit en toute hâte du bureau de Zuko. Il fit également appeler Ursa et se précipita au dehors, curieux de connaître l'identité de ce dragon. Ce n'était ni Ran ni Shaw, mais un jeune dragon. Il reconnaissait sa jeunesse à sa taille, plus petite. Comment était-ce possible ?

Zuko fut le premier à descendre d'Appa et se dirigea aussitôt vers les gardes qui commençaient à encercler Druk. « Repos, soldats ! », s'exclama Zuko. Les gardes abaissèrent immédiatement leurs armes.

« Mais... mon Seigneur, c'est... c'est un... », bredouilla l'un d'eux visiblement terrifié.

Zuko soupira, irrité. Il l'était souvent ces temps-ci. « Un dragon, et mon ami. Retournez à vos postes, c'est un ordre ! »

Ils obéirent prestement sans poser de questions. Aang et Kiyi bavardaient déjà avec Iroh, leur expliquant ce qui s'était passé. Regardant son ami et sa petite soeur s'éloigner avec son oncle, Zuko sembla submergé d'un sentiment de solitude. Bien sûr qu'il étaient entouré de personnes souhaitant l'aider, mais il se sentait terriblement seul. Ses yeux contemplèrent à nouveau le collier de Katara, toujours attaché à son poignet. Si seulement elle était là... Elle lui manquait terriblement. Druk souffla derrière lui. Il devait ressentir sa solitude.

Zuko se tourna légèrement vers lui, hésitant. Accueillir un dragon n'était pas exactement prévu par les nombreuses leçons de protocoles qu'il avait pu recevoir. La seule chose dont il était sûr, c'était que les dragons étaient carnivores. Ce n'était pas un hasard si la Nation du feu raffolait de la viande.

« De la viande suffira. Repose-toi maintenant. Demain, nous progresserons ensemble »

La voix de Druk résonnait dans sa tête avec tant de sagesse, Zuko eut presque l'impression que son oncle venait de lui parler, les blagues légendaires en moins. Ses lèvres se murent en un fin sourire, à peine perceptible. Une nouvelle voix de la sagesse allait lui apprendre à être meilleur. Pour elle. C'était tout ce qui lui importait. S'armant de courage il rejoignit son oncle, sa soeur et Aang.

« Oh ma chère petite nièce, je suis fier de toi ! Je n'ai jamais douté de toi une seule seconde ! », sourit Iroh en entendant Kiyi faire le récit de son épreuve du feu.

Celle-ci se mit à rougir. Même si Iroh la complimentait et l'encourageait toujours, elle avait du mal à accepter les compliments. Zuko n'était pas étranger à cela, il était souvent dur avec elle lors de ses entraînements. Iroh lui ébouriffa gentiment les cheveux pour la distraire, ce qui la fit rire. Puis, voyant Zuko se joindre à eux, il se tourna vers lui.

« Et toi mon neveu, je vois que tu t'es fait un nouvel ami. Voilà bien longtemps que je n'ai pas vu un jeune dragon ! », commenta Iroh.

Il était au fond de lui impressionné de savoir qu'un dragon avait choisi Zuko. C'était extraordinaire qu'un dragon autre que les grands maîtres soit né, et encore mieux que ce dragon ait choisi de se lier à Zuko. Cela ne l'étonnait pas, même si la probabilité que cela ne se produise était quasi-nulle jusqu'à ce que Druk apparaisse au milieu de la cour. Et il connaissait assez les dragons pour savoir que, bien qu'il s'agissait d'un test, le lien qui les unissait serait bientôt indéfectible.

« Il s'appelle Druk, il m'a proposé son aide pour retrouver ma maîtrise. Je ne m'attendais pas à trouver un troisième dragon, mais les sages ont dit que ma venue sur le trône et mon amitié avec l'Avatar ont commencé à changer le cours des choses... Je me demande si c'était vraiment aussi simple que ça », déclara Zuko, songeur.

Iroh eut un léger rire. « Simple ? Oublies-tu le thé infâme que tu m'as fait avalé la première fois que tu as souhaité en faire ? Ta cuisine et tes humeurs ont ponctué ce voyage de nombreux périls ! », plaisanta-t-il, faisant rire Aang et Kiyi.

Zuko n'avait pas vraiment le coeur à rire, mais son oncle parvint à lui arracher un sourire. Un sourire fin, mais un sourire tout de même. Ses premiers thés étaient effectivement peu comestibles. Mais il s'était amélioré, puisqu'à présent Iroh acceptait son thé avec plaisir maintenant. Cependant, le thé attendrait.

« Siku est là ? J'aimerais qu'elle s'assure que je puisse reprendre mon entraînement comme avant », demanda Zuko. Il ne voulait pas risquer de retarder le sauvetage de Katara. Il avait beaucoup à apprendre et peu de temps pour y arriver.

« Je suis là, Zuko. Pardonnez mon retard », fit une voix sur leur gauche. Zuko se tourna vers elle et vit Siku et Sura côte à côte. Siku était une copie miniature de Katara physiquement. Brune, coiffée d'un chignon semblable à celui que faisait parfois Katara, les yeux d'un bleu intense, la tenue bleue assortie. Mais ce n'était pas Katara.

Voyant le malaise s'installer dans ses yeux, Zuko reprit prestement. « Pourrais-tu m'examiner ce soir ? J'aimerais être sûr de ne pas anéantir le travail de... de Katara »

Dire son nom à voix haute acheva d'installer un malaise dans le groupe. C'était si étrange d'entendre son nom à l'oral. Siku fit abstraction et sourit. « Je peux même vous examiner tout de suite, si vous voulez », bredouilla-t-elle.

Zuko accepta, et proposa à Sura de rester avec Kiyi et Iroh. Il se demanda un moment où était sa mère. Iroh lui indiqua qu'elle ne se sentait pas bien aujourd'hui et qu'elle se reposait. Kiyi demanda aussitôt à la voir. Hésitant un instant, il se dit qu'il irait la voir après avoir été examiné par Siku.

« Faisons cela maintenant alors », décida Zuko.

Ils s'installèrent au salon où Zuko s'assit docilement. Il connaissait la routine à présent, même si celle-ci était teintée d'une aura mélancolique à présent. Siku n'esquissa pas le moindre mot et toucha timidement son épaule blessée avant de la prendre plus fermement. Si Zuko se crispait lorsqu'elle passait sur certains points sensibles, il sentit à peine la douleur. Celle-ci était en train de disparaître.

« Je crois que vous pourrez reprendre l'entraînement physique. Allez-y progressivement cependant, je continuerais à vérifier votre épaule jusqu'à ce que vous repreniez une activité physique normale », fit-elle avec un grand sérieux malgré son jeune âge.

Zuko remit seul sa tunique et esquissa un sourire à l'adresse de la jeune guérisseuse. « Merci Siku. Katara serait fière de toi tu sais »

Siku hocha la tête et eut un sourire triste que Zuko ne comprit que fort bien. Tout deux espéraient que Katara revienne un jour pour le dire de vive voix. Zuko ferait tout pour que cela arrive. Il libéra Siku qui rejoignit sa soeur Sura, et alla au chevet de sa mère. Il somma le médecin de lui dire ce qu'elle avait, mais à part de la fatigue, son état n'était pas préoccupant. Zuko soupira, remercia le médecin et s'assit à côté de Kiyi, qui était juchée sur les genoux de son père Ikem.

« Bonjour Maman, Ikem », salua-t-il doucement. Ikem lui répondit sobrement d'un hochement de tête. Les deux hommes ne se parlaient habituellement guère. « Comment tu te sens ? »

« Bien, vraiment ne t'inquiète pas Zuko. C'est simplement un peu de fatigue », répondit doucement Ursa.

Sa voix était normale, ce qui rassura Zuko. Néanmoins, quelque chose s'était produit en son absence. Une chose que sa mère lui cachait, il le sentait. Il le lui signifia par un regard lourd de sens. Ursa détourna le regard, et remonta machinalement le col de sa robe de chambre, confirmant les doutes de Zuko. Il déposa un baiser sur son front. « Je vais te laisser te reposer »

Kiyi et Ikem restèrent à tenir compagnie à Ursa, Kiyi racontant le récit de leurs exploits au temple des Guerriers du Soleil. Zuko manqua de percuter Aang alors qu'il sortait de la chambre.

« Oh ! Désolé, hem... Tout va bien ? », demanda Aang sentant son ami soucieux.

Zuko fronça les sourcils. « Ma mère va bien, mais quelque chose s'est produit en mon absence »

« Comment ça ? », questionna Aang qui ne comprenait visiblement pas plus que Zuko.

Zuko se mit en marche vers son bureau, où son oncle devait se trouver. « Je ne sais pas. Mais peut-être que mon oncle pourra me le dire »

« Je te suis », lui dit Aang en lui emboîtant le pas.

En réalité, Zuko avait une idée assez précise de ce qui s'était produit, mais souhaitait confirmer ses doutes. Arrivés devant la porte de son bureau, Aang s'apprêta à frapper lorsque Zuko ouvrit, ne se donnant pas cette peine. Iroh était en train de rassembler ses papiers pour rendre son bureau à son neveu. Une tasse de thé vide trônait sur le coin de la table. Son visage s'éclaira d'un sourire lorsqu'il vit son neveu entrer, avant de comprendre que quelque chose n'allait pas. Il savait parfaitement lire sur son visage.

« Que puis-je pour toi Zuko ? », lui demanda gentiment son oncle.

Zuko s'approcha du bureau, observant les papiers qui le jonchaient. « Que s'est-il passé avec mère ? »

Iroh soupira. Il était évident que Zuko n'avait pas cru une seconde à une simple montée de fièvre. Sa mère était toujours débordante de santé, et n'avait presque jamais de fièvre estivale, n'étant pas une maître du feu. Voyant que son oncle mettait quelques secondes à répondre, il se retourna et fixa son oncle dans les yeux.

« Ou devrais-je dire, que s'est-il passé avec Azula ? », reformula-t-il plus sombrement cette fois. Il en était sûr. Sa soeur avait quelque chose à voir là-dedans.

Iroh lui proposa de s'asseoir, ce qu'il refusa bien sûr. « Je me doutais que je ne pourrais pas te le cacher. Ta mère a voulu faire une promenade avec ta soeur et... hum... ta soeur s'est montrée égale à elle-même »

Aang toucha machinalement son dos, là où Azula l'avait transpercé d'un éclair. Il savait ce dont la jeune femme était capable. Mais il parvint à tenir sa langue, ce n'était pas ses histoires après tout. Il avait déjà proposé à Zuko de lui rendre sa liberté en échange de sa maîtrise, mais Zuko avait refusé. Il était incapable de faire subir le même sort que son père à sa soeur. Si elle était malade, c'était la faute de ce dernier. Tout comme il était la raison de sa cicatrice. Cependant, il avait déjà défendu à sa mère de s'approcher d'Azula.

Zuko s'agaça alors. « Je lui avais interdit de faire ça. Azula est beaucoup trop instable pour que l'on puisse l'approcher. Vous savez ce qui s'est produit la dernière fois qu'elle s'est échappée ? Elle a failli tuer Kiyi ! »

Iroh leva les mains. « Je le sais mon neveu, mais Ursa est aussi sa mère. Ayant été privé de mon propre fils, je peux comprendre son point de vue »

« Je... Mon oncle, je... Pardonnez-moi, mais j'essaie simplement de la protéger », s'excusa piteusement Zuko. Il n'avait pas voulu rappeler ce souvenir tragique à son oncle. Il savait à quel point la perte de Lu Ten avait pu l'affecter.

Quelqu'un frappa à la porte, ce qui fit cesser toute discussion. Aang ouvrit la porte en grand. Un garde venait apporter un message. Il s'inclina très bas tandis qu'il tendait son message à Zuko qui s'empressa de le prendre.

« Mon Seigneur, un message de l'île Kyoshi », annonça-t-il.

Zuko lui fit signe de se relever et défit rapidement le sceau qui fermait la lettre. Ses yeux sautèrent à la signature, pour connaître l'émetteur de la lettre. Suki. Un frisson le parcourut. Il était heureux mais craignait toute mauvaise nouvelle à propos de Katara. Une deuxième lettre était jointe au message. Il remarqua qu'il s'agissait d'une liste et décida de lire d'abord la lettre.

Zuko,

Je me suis évadée, je fais route vers la capitale. Dans le cas où je n'arriverais pas indemne, voici toutes les informations que je sais.

Nos ravisseurs se réunissent sous le nom du Lotus Rouge.

Il est dirigé par Xai Bau et retient bon nombre de prisonniers, femmes et enfants, certains étant des citoyens de la Nation du feu.

Quant à la position de leur organisation, ils se trouvent tout près du Marais brumeux, à moitié enfoui sous les rochers du nord-est.

Katara est toujours là-bas, je n'ai pas réussi à la libérer.

J'ai prévenu Sokka. Nous les ferons tomber.

Suki

Le coeur de Zuko était tiraillé entre le ravissement et la tristesse. Suki était vivante, et libre de surcroît. Sokka allait être si heureux de l'apprendre. Comme il aurait aimé apprendre la même chose à propos de Katara. Son oncle vit son visage changer et comprit que quelque chose n'allait pas. Zuko lui donna le morceau de parchemin déchiré sans faire le moindre commentaire. Aang faisait preuve de patience, voyant que Zuko n'avait pas l'air décidé à résumer la chose.

« Le Lotus Rouge... Intéressant », réfléchit Iroh en passant la lettre à Aang. « J'ai connu Xai Bau il y a fort longtemps, il a décidé de faire sécession avec le Lotus blanc, mais nous ignorions ce qu'il était advenu de lui »

Zuko tiqua. « Vous connaissez cette sombre ordure mon oncle ? »

« Je n'en ai pas entendu parler depuis au moins... cinq ans », répondit Iroh, pensif.

Il tentait de se remémorer de ce personnage. Il se souvenait de leurs désaccords au sujet des objectifs à poursuivre après la Guerre de Cent ans. Xai Bau souhaitait la liberté. Il était ironique qu'il soit à l'origine d'une prison si secrète que leurs recherches n'avaient rien donné. Il y avait quelque chose d'étrange.

« Au moins, grâce à Suki, nous pourrons retrouver Katara. Je me souviens bien du Marais brumeux, grâce aux racines je pouvais tout voir là-bas. Nous devrions y aller ! », fit Aang avec entrain, n'ayant écouté que d'une oreille les dires d'Iroh.

Zuko l'ignora. « Dites m'en plus mon oncle ! Nous devons l'abattre ! »

Iroh s'avança vers Zuko et posa une main sur son épaule, déclenchant un soupir de ce dernier qui savait pertinemment ce qu'il allait dire. « Patience Zuko. Nous avons à faire à quelqu'un de très puissant. Il n'était pas membre du Lotus blanc pour rien et je pense qu'il y a quelque chose d'étrange dans cette histoire. Xai Bau était certes brutal dans sa pratique de la maîtrise, mais n'a jamais aspiré à autre chose que la liberté »

Aang fut interpelé par ce dernier mot, qu'il connaissait parfaitement. « La liberté ? Alors pourquoi ces enlèvements et cette prison ? »

« Il doit considérer que notre Mouvement de restauration de l'harmonie est une entrave à la liberté, en ce qu'il vise à une coopération des gouvernements, et non à leur suppression », comprit Zuko. Iroh eut un sourire discret. Bien qu'il méprisait son frère, il était heureux que Zuko ait hérité de sa vivacité d'esprit.

Il hocha la tête aux dires de son neveu. « Oui, mais quelque chose cloche tout de même. Ils n'ont enlevé que des femmes n'est-ce pas ? », demanda-t-il. Zuko et Aang hésitèrent quelques secondes. « Alors d'où viennent les enfants dont elle parle ? »

Cette question fit l'effet d'un éclair d'Azula sur Zuko. Un éclair qu'il ne pouvait pas dévier. Si les enfants n'avaient pas été enlevés, et qu'il n'y avait que les femmes qui en étaient victimes... Les enfants dont parlait Suki étaient donc les leurs. Zuko plaça une main sur sa bouche, brusquement empli d'effroi. Et si Katara... était enceinte à l'heure qu'il est ? Aang jeta un regard terrifié à Zuko. Ils pensaient tous les deux à la même chose.

« Nous devons aller les libérer immédiatement ! », s'exclama Aang. « Il nous faut un plan »

Iroh tenta de les calmer. « Nous devons rester rationnels. Je sais que c'est un choc pour nous tous, mais nous ne pouvons pas y aller à l'aveuglette. Aang, tu es l'Avatar, tu ne peux pas t'exposer de manière inconsidérée. Zuko, il en va de même pour toi. C'est ce qu'ils attendent, nous ne pouvons pas leur donner ce qu'ils veulent »

Zuko dut se retenir pour ne pas exploser. Il lui sembla que ses entrailles s'enroulaient autour de son ventre pour le compresser dans son inquiétude. Son esprit s'était ligué contre lui et se plaisait à lui présenter toutes sortes de scénarios plus macabres les uns que les autres. Il dut s'appuyer sur sa table de travail pour calmer les tremblements qui parcouraient son corps. Il s'en était douté lorsqu'il avait su qu'uniquement les femmes étaient enlevées, mais désormais, c'était avéré. Qu'était en train de subir Katara à cet instant ? Et Suki ? Il espérait que Sokka n'avait pas encore fait le rapprochement s'il avait reçu la lettre.

« Nous devrions attendre l'arrivée de Suki. En attendant, je suggère que nous commencions les recherches à propos de la liste qu'elle nous a envoyée », décida Iroh qui sembla reprendre un instant ses galons de général pour diriger les opérations. Il sentait que Zuko n'était pas en passe de le faire. Ce dernier hocha la tête, la mâchoire résolument serrée, la culpabilité affichée sur son visage.

Les trois hommes se penchèrent sur la liste, et aussitôt un nom fit écho à Zuko qui serra les doigts sur la bordure de la table, jusqu'à ce que ses jointures deviennent plus pâles encore que sa peau. « Bo Huong. Ce salaud s'est bien fichu de nous, mon oncle ! »

« Ce n'était pas le noble que tu devais espionner ? », demanda Aang.

Zuko frappa du poing sur la table. « Oh si Aang et crois-moi il est sous bonne garde. Il ne bouge pas d'une oreille, mais cela ne m'empêchera pas d'obtenir mes réponses, d'une manière ou d'une autre »

Iroh et Aang échangèrent un regard. Il ne pouvait pas dire ça, et encore moins le faire. Cependant, il était tellement dans la noirceur qu'il aurait recouru à n'importe quel moyen pour libérer Katara. Sa moralité ? Il s'en fichait. N'avait-elle pas abandonné la sienne pour le soigner ? La mauvaise foi emplissait son esprit car au fond de lui il savait que lui voulait sacrifier sa moralité pour commettre un acte de cruauté, quand elle l'avait sacrifiée pour le sauver. Aang finit par intervenir.

« Katara ne voudrait pas ça. Tu le sais et toi non plus tu ne veux pas ça, Zuko. Ne fait pas cette erreur », lui dit-il doucement.

Zuko se pinça les lèvres, les larmes lui montant aux yeux. Il haleta pour se calmer et sembla reprendre ses esprits. « Je... », commença-t-il avant de laisser sa voix se briser. Il faisait tout pour se contenir. « Je ferais n'importe quoi pour la ramener »

Aang lui fit une accolade amicale. Il sentait la peine toujours plus grandissante de son ami. « Je sais Zuko, mais nous pouvons y arriver autrement, tous ensemble, j'en suis certain »

Zuko eut un sourire sarcastique. « Tu crois toujours que l'amitié nous sauvera »

« Et jusqu'à présent, me suis-je trompé ? », questionna Aang qui essayait d'alléger l'atmosphère.

Zuko baissa les yeux songeant à tout le chemin qu'ils avaient parcouru depuis leur rencontre au Pôle Sud il y avait de cela plus de six ans. « Non, c'est vrai »

« Alors ne t'en fait pas, nous la sauverons et elle reviendra, je t'en donne ma parole », fit Aang avec un sourire qui laissait entrevoir toute sa détermination.

Zuko ne dormit pas cette nuit là, guettant Suki avec impatience. Sa garde avait été prévenue, et l'avertirait aussitôt qu'elle arriverait. Il ne pouvait pas dormir, et passa de longues heures à feuilleter ses papiers à la recherche d'indices sur la liste laissée par Suki. Cependant, l'idée d'imaginer Katara enceinte d'un autre homme contre son gré le rendait malade. Son oncle avait tenté de le persuader de ne pas se faire trop d'idées et de dormir pour être fort le lendemain. Il n'y parvenait pas. Aang était dans le même état en réalité, même s'il méditait pendant cette longue attente. Zuko finit par laisser tomber sa lecture, n'en pouvant plus de ces noms qui se bousculaient dans sa tête. Il essaya de méditer devant sa bougie mais il ne parvenait pas à se calmer. Le silence se fit pesant et oppressant, et Aang finit par sortir de sa méditation.

« Pai Sho ? », demanda-t-il avec un sourire fatigué.

Zuko hocha la tête, également épuisé. Il ne dormirait pas, et le silence l'oppressait terriblement. Il avait besoin de se concentrer sur autre chose. Fort heureusement, il avait son jeu de Pai Sho personnel dans son bureau. Ils mirent le jeu en place et commencèrent à jouer. Puis, après de longues heures, ils s'endormirent à même leur chaise. Cela ne fut que de courte durée, puisque sitôt l'aube, un garde vint les réveiller. Suki était arrivée.


Katara se réveilla dans un immense flot de gris. Tout était vide autour d'elle, il n'y avait que cette fumée grise et elle. Ses mains se joignirent tandis que le malaise montait en elle. Quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose lui manquait. Pourquoi ne voyait-elle plus rien ? Ne voyait-elle réellement que du vide ? Non, il y avait quelque chose au loin. Elle se leva et fut surprise d'y arriver aisément. Son chi devrait être pourtant bloqué. Sa maîtrise n'était pas revenue. Que s'était-il passé ? Où était-elle ? Elle décida de s'approcher du point noir qu'elle pouvait discerner au loin au coeur de la fumée. Ce n'était pas un point noir. C'était elle. Impossible.

« Qui es-tu ? », demanda-t-elle. Elle sentait que cette question était stupide. Et pourtant, elle ne l'était pas tant que ça.

La Katara qui était assise devant elle leva la tête. Son visage était beaucoup plus froid et dur qu'elle ne l'aurait cru. « Je suis toi »

« Tu n'es pas moi, c'est moi Katara ! », rétorqua-t-elle sans trop comprendre ce qui se passait.

L'autre Katara se leva et ses mains se serrèrent. Aussitôt la fumée se resserra autour d'elle. Elle ne pouvait plus bouger. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« C'est moi qui ait le contrôle à présent, toute ta colère et ta vengeance sont incarnées en moi. Et tu ne peux rien faire pour m'en empêcher »

Katara tenta de se défaire de la fumée, en vain. Elle tenta alors de se rappeler ce qui s'était passé. Ils l'avaient hypnotisée. Ils l'avaient hypnotisée dans le but de tuer Zuko. Jamais elle ne les laisserait faire. Elle devait trouver un moyen de retrouver le contrôle de son corps. L'autre Katara se mit à rire.

« Ce que tu fais est inutile. Tu n'es pas de taille à te mesurer à moi », ricana-t-elle. Katara crut un instant entendre Azula. Était-elle en train de devenir folle comme elle ? La panique l'envahit aussitôt. Non, elle n'était pas folle, ils l'avaient simplement emprisonnée dans son propre corps. Et elle devait se libérer. Elle devait protéger Zuko, elle n'avait pas le choix.

« Je peux lire en toi comme dans un livre... Tu es fade et triste, ma chère Katara, tu n'arriveras jamais à protéger ceux que tu aimes. Tout comme tu n'as rien pu faire pour ta mère », continua-t-elle, remuant le couteau dans la plaie.

Katara serra la mâchoire, empêchant les larmes qui lui venaient de couler. Que pouvait-elle répondre ? Qui était cette Katara si froide, si dure, si forte ? N'était-ce pas elle ? Ce n'était pas elle. Jamais elle n'avait pu être impitoyable. Elle n'avait jamais vengé sa mère. À l'époque elle se demandait si elle avait été assez forte pour ne pas tuer Yon Rha ou si elle avait été trop faible pour le faire. La réponse semblait désormais se dessiner. Elle avait été faible.

« Je vois que tu commences à comprendre. Oh ! Le devoir m'appelle, je te retrouverais plus tard », fit-elle avant de disparaître.

Katara s'écria. « Non, attend ! »

Il était trop tard, elle était partie. Et Katara ignorait encore que ce serait pour un long moment. Ne pouvant ni voir, ni entendre ce qui se passait au dehors, elle se sentit si seule. Elle n'avait plus Suki pour se rassurer, elle était aveugle sans l'habileté de Toph. C'était peut-être pire que la cage que son corps occupait lorsqu'elle en avait encore conscience. Si elle tuait Zuko, elle ne s'en rendrait même pas compte, jusqu'à ce que les effets de l'hypnose aient disparu. Cette pensée lui faisait horriblement mal à la poitrine. Si seulement il était là avec elle. C'était une pensée égoïste, mais il lui manquait terriblement.

Où était-il ? Que faisait-il ? Pourquoi il n'était pas là ? Elle le savait. C'était parce qu'elle n'avait pas su vaincre son ennemi. Elle avait manqué de rage et de ténacité pour les défaire. Songeant à ses derniers instants au Pôle Sud, elle réalisait que son combat avait été médiocre. Elle n'avait que ce qu'elle méritait. Les pensées noires s'insinuèrent dans son esprit, et la fumée se mit à noircir autour d'elle. Ses joues se couvrirent de larmes silencieuses. Son cœur lui faisait tellement mal. Sa gorge la brûlait, comme si un hurlement était resté prisonnier, tout comme elle l'était. Seulement, c'était de sa tête qu'elle était prisonnière désormais.

Elle la vit revenir après ce qui lui avait parut être une éternité. Son image avait changé, elle paraissait blessée. Que diable étaient-ils en train de leur faire à toutes les deux ? Cependant, elle ne semblait même pas s'en apercevoir. Ses pas étaient réguliers, elle ne grimaçait pas de douleur alors qu'elle paraissait avoir reçu un sacré coup au visage. Ce coup disparut lorsqu'elle passa une main sur sa joue blessée. Katara se dit qu'elle avait dû utiliser son pouvoir de guérison dans la réalité.

« Qu'est-ce qu'ils font ? », demanda-t-elle, toujours inapte à se mouvoir.

Elle fit un léger sourire. « Ils m'entraînent »

Katara leva les yeux au ciel. « Pour quoi faire ? »

« Pour tuer Zuko », fit-elle, implacable.

Katara eut un frisson. Manifestement, cette Katara-ci n'avait aucune conscience. Elle ne faisait qu'obéir. Et lui rappeler qu'elle était faible, et que c'était elle qui avait le dessus. Comment pouvait-elle la vaincre avec la seule force de son esprit ? Aucune solution ne vint, aussi chercha-t-elle à mieux la comprendre, ou du moins à mieux comprendre ce que son corps faisait dans la réalité. Elle réalisa qu'il y avait quelque chose d'étrange. N'entravaient-ils plus son chi ?

« Tu peux utiliser ta maîtrise ? », demanda-t-elle précautionneusement.

L'autre Katara éclata de rire. « Bien sûr, pourquoi crois-tu qu'ils t'aient mis hors d'état de nuire sinon ? »

La véritable Katara se renfrogna. La réponse était évidente. Son esprit devait être plus agile à l'avenir. Cette pensée fit rire son ennemie, qui pouvait toujours lire dans ses pensées. Toutefois, elle ne répondit pas et ne fit que glousser, ce qui agaça encore plus Katara.

« Je te vaincrais », grogna-t-elle.

Son rire cessa et elle s'approcha alors encore plus près. Katara aurait pu lui donner un coup de tête de là où elle se trouvait, mais elle ne fit que soutenir le regard de cette étrangère qui pensait pouvoir la contrôler. C'était certes ce qu'elle faisait, mais cela ne durerait qu'un temps.

« Je serais curieuse de voir ça », dit-elle d'une voix qui l'effraya presque avant de disparaître.

Katara chercha alors à s'extirper de la fumée. « Lâche ! »

La fumée continuait à l'emprisonner, jusqu'à ce que bien plus tard, elle relâche Katara. L'autre devait dormir. C'était le moment où jamais pour Katara d'essayer de reprendre le dessus. Toutefois, elle fut désemparée de voir que la fumée grise qui flottait dans les airs s'étendait à perte de vue. Peut-être que si elle marchait jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus, elle trouverait quelque chose. Aussi décida-t-elle de se mettre à marcher. Sa prison devait avoir une fin quelque part, des barreaux qui lui donneraient un accès sur l'extérieur.

Au bout d'un moment, la fumée sembla prendre une couleur orangée et des images se mirent à apparaître. Katara prit peur et ferma les yeux. Que se passait-il encore ? En réfléchissant, elle se dit que l'autre devait rêver. Ou peut-être était-ce elle après tout. Alors, elle rouvrit les yeux et, bouche bée, elle vit que quelqu'un la regardait. Des larmes montèrent à ses yeux. Zuko, ou tout du moins son image, lui souriait.

« Ne me regarde pas... Tu n'es pas vraiment là », murmura-t-elle en observant nerveusement son kimono bleu.

Il ne répondit pas et s'assit devant elle, sans la quitter des yeux. Katara en fit de même mais ne souhaita pas le regarder. Savoir que son propre corps s'entraînait pour le tuer et qu'elle ne pouvait rien faire pour l'en empêcher la terrifiait. Et si elle ne le revoyait jamais ? Et si elle avait échoué à le protéger ? Et si...

« Regarde-moi », entendit-elle.

Son esprit avait très bien mémorisé sa voix. Katara leva les yeux et une larme roula sur sa joue. Alors elle formula sa plus grande inquiétude à voix haute. « Comment puis-je faire pour te sauver ? »

Zuko ne répondit pas mais sembla lui adresser un regard de défi. Que dirait-il s'il était vraiment ici ? Katara réfléchit. Il n'abandonnerait jamais, lui. Il ne douterait jamais de sa détermination. La seule chose dont il pouvait douter était le temps qu'il mettrait à atteindre son but. Ne pouvait-elle pas penser comme cela ? Elle se mit à pleurer comme une enfant, se sentant incapable de quoi que ce soit. Lorsqu'elle leva les yeux après avoir pleuré de longues minutes, il avait disparu.


Voilà qui sonne la fin de ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, ne vous inquiétez pas, les retrouvailles arrivent bientôt ! Mais dans quelles conditions ? Il faudra venir lire le prochain chapitre pour le savoir ! Merci à ceux qui laisseront des reviews et à ceux qui continuent à me suivre, je vous envoie plein d'amour. A bientôt !