Bonjour tout le monde ! Ma période de concours s'étant terminée avec succès, je suis de retour en espérant vous retrouver également ! Je serais peu régulière sur cette fanfiction (car mes études vont s'intensifier) mais je ne l'abandonnerais pour rien au monde.

Merci à ceux qui m'ont laissé des reviews qui m'ont motivée à terminer ce chapitre (nymarza, Fairy Selene, Hiyoki-chan et tant d'autres) !

Je vous souhaite une très bonne lecture sur ce long chapitre, j'attends vos retours avec impatience !

Pardonnez les quelques fautes d'orthographe qui ont pu égrener ce chapitre.


Résumé du chapitre précédent : Suki et Inaka parviennent jusqu'à l'île Kyoshi, attaquée par des membres du Lotus rouge. Elles retrouvent Joba qui les aide à interroger son prisonnier pour obtenir des renseignements sur cette organisation. Ces renseignements obtenus, et un oiseau messager envoyé, elles font désormais route jusqu'à la capitale de la Nation du feu. Zuko, Aang et Kiyi reviennent du temple du Soleil en compagnie de Druk, qui commence à entraîner Zuko ainsi qu'il l'a promis. Katara de son côté fait face à un alter ego plus que désireux de l'anéantir. Cette autre Katara lui apprend que les membres du Lotus rouge l'entraînent pour tuer Zuko.

*Chapitre 19 - Le Marais Brumeux*

Zuko et Aang parcoururent les couloirs à grande vitesse, ce dernier usant de sa maîtrise de l'air pour aller encore plus vite ainsi qu'il aimait se déplacer. Les lueurs orangées de l'aube illuminaient le palais entier et les suivaient dans leur course. Ils arrivèrent dans l'entrée principale, déjà pleine des guerrières Kyoshi restées pour protéger Zuko dont Ty Lee qui exultait de joie. Aang serra Suki dans ses bras. Le coeur de Zuko rata un battement en voyant une femme aux cheveux bruns et au teint foncé. Elle portait certes une armure de guerrière Kyoshi mais elle ressemblait terriblement à Katara de dos. Il se rappelait pourtant les mots d'encre de Suki, lui disant qu'elle n'avait pas pu la libérer. L'intéressée se retourna, confirmant que ce n'était pas Katara. Elle était bien plus âgée.

« Zuko ! », s'exclama Suki à qui l'intéressé ouvrit les bras chaleureusement malgré son coeur serré.

« Je suis heureux de te revoir », souffla-t-il doucement.

Ils rompirent leur étreinte amicale. Zuko remarqua que Suki avait maigri, ses joues étaient légèrement creusées. Son acolyte était plus mince encore. Remarquant le regard inquisiteur de Zuko, Suki fit les présentations.

« Zuko, Aang, je vous présente Inaka. Nous nous sommes échappées ensemble. C'est un maître de l'eau de la Tribu de l'eau du pôle Nord », expliqua sobrement Suki qui laissa finalement Inaka parler en son propre nom.

Celle-ci fit un simple signe de tête. À ses yeux bleus, son teint basané et à son nom, Zuko devinait aisément qu'elle venait des tribus de l'eau. Ce regard aux couleurs de la mer le faisait souffrir. Que ne donnerait-il pas pour revoir ses yeux à elle ? Il respira calmement, essayant de s'armer de patience. Bientôt, il la reverrait. Il n'avait jamais été aussi proche de la revoir.

« Ravie de vous connaître, Seigneur du feu. Avatar Aang, jamais je n'aurais cru vous voir en chair et en os, vous apportez tant d'espoir », fit-elle avec un sourire empreint d'admiration. Elle n'en revenait pas d'avoir le privilège de voir d'aussi près trois héros de la Guerre de Cent ans. Et bientôt elle en connaîtrait un quatrième lorsque Sokka arriverait en trombe à la capitale, ce qui ne saurait plus tarder.

Aang était aux anges devant ce compliment, il avait toujours eu cet air crâneur lorsqu'on lui vantait ses mérites en tant qu'Avatar. Zuko au contraire n'arrivait pas à se défaire de la gravité de la situation et resta neutre. Il se méfiait quelque peu de cette Inaka sortie de nulle part.

Suki le sentit et essaya de le rassurer à ce sujet. « Nous pouvons lui faire confiance, je m'en porte garante. Elle m'a sauvé la vie plusieurs fois alors qu'elle n'y était pas obligée. Nous avons besoin d'elle »

« Je ne cherche pas à vous duper, noble Seigneur. Je souhaite simplement la liberté à ceux restés dans cet enfer. Si je pouvais le faire seule, je le ferais », essaya Inaka. Celle-ci comprenait parfaitement la méfiance qu'elle pouvait inspirer. « Mais je ne peux pas »

Zuko ne l'aurait admis pour rien au monde, mais cette Inaka l'impressionnait. Il sentait qu'elle avait dû voir des choses terribles et qu'elle devait être là-bas depuis bien plus longtemps que Suki pour savoir autant de choses. Elle était si pâle malgré son teint basané.

« Nous n'avons pas de temps à perdre Zuko, nous devons trouver un plan pour défaire le Lotus rouge », intima Suki une fois la séance de retrouvailles et de rencontres passée.

Zuko se ressaisit. Il avait déjà envoyé un message à Toph, dont il attendait la réponse. Il savait déjà qu'elle commencerait par quelque chose comme « Seigneur de l'idiotie, je suis AVEUGLE au cas où tu aurais oublié ! » et que ce serait probablement l'écriture d'un de ses élèves en maîtrise du métal qu'elle aura martyrisé peu de temps auparavant. Il espérait qu'elle les retrouverait au Marais Brumeux.

« Venez avec moi dans mon bureau, nous avons déjà quelques pistes », fit Zuko avant de se tourner vers l'un de ses intendants. « Apportez-nous des rafraîchissements pour mes invités »

Ils s'installèrent dans le bureau et Zuko sortit tout d'abord la lettre de Suki ainsi que la liste de noms qu'elle avait jointe. Celle-ci avait fait ses propres déductions de son côté pour certains noms, tandis qu'Iroh en avait décortiqué un certain nombre également. Restait le mystérieux Xai Bau qui était introuvable et dont Iroh doutait sérieusement de son implication. Pour lui, s'il faisait parti du Lotus rouge, il n'avait pas orchestré cet esclavagisme des femmes. Zuko y songea et fut soulagé de constater que manifestement, Suki ne paraissait pas enceinte. Il jugea toutefois bon de n'émettre aucune remarque à ce sujet, même s'il devait néanmoins confirmer les soupçons qu'il avait.

Inaka feuilleta la liste et marqua plusieurs croix à côté de différents noms d'un mouvement rageur. C'était elle qui avait donné certains noms, leur prisonnier ayant donné tous les autres. Certains lui avaient fait beaucoup de mal personnellement et elle rêvait un jour de les voir payer. Elle reconnut également le nom de celui qui avait brûlé le dos de Katara d'un Z, qu'elle avait recouvert de bandages sans pouvoir rien faire au sujet de la cicatrice. Elle se souvenait s'être demandé pourquoi un Z, mais la réponse était à présent on ne peut plus évidente.

Un des intendants apporta du thé, que les jeunes femmes burent goulûment. Ils discutèrent un moment de tous les noms, puis vint le moment le plus pénible pour Zuko et Aang. Leur mode opératoire. Ce fut Inaka qui s'en chargea. Elle avait été présente là-bas presque trois ans après tout, ce qui souleva déjà les coeurs lorsqu'elle l'annonça.

« Ils veulent des enfants maîtres pour servir leur cause. Certaines des femmes présentes dans leur rang ont accepté de leur plein gré, mais bien peu si l'on considère toutes les autres. La plupart du temps, ils essaient de nous rendre docile grâce aux méthodes du Dai Li. Ils ont essayé près de six fois avec moi, sans aucun succès puisque je suis stérile mais ils pensaient que je mentais pour m'éviter un tel traitement », commença-t-elle. Une ambiance de mort s'installa dans la pièce mais elle n'avait pas fini. Zuko mourait intérieurement de minute en minute au fur et à mesure de son récit. « Il y a environ une centaine de jeunes enfants là-bas, certains que j'ai dû accoucher moi-même »

Suki en eut mal au coeur à son tour. Dire qu'elle avait laissé Katara dans cet enfer. Si la culpabilité la rongeait auparavant, elle venait de redoubler de force. Bien qu'elle avait beaucoup parlé avec Inaka, celle-ci n'avait jamais vraiment expliqué ce qui se passait là-bas et ce qu'elle avait traversé. Zuko était en hypertension tant il redoutait que cela n'arrive à Katara. Il sentait son coeur frapper dans sa poitrine, ses doigts se serrant à nouveau sur le collier qu'il portait à son poignet.

« Ils n'ont jamais essayé avec votre amie Katara, mais j'ignore s'ils ne vont pas essayer d'ici à ce qu'on trouve une solution », fit Inaka en voyant les visages de son auditoire se décomposer à chaque mot qu'elle prononçait. « Je sais cependant qu'ils l'ont fait passer une fois devant l'hypnotiseur au moins »

« L'hypnotiseur ? », demanda Aang avec un air interloqué.

Suki intervint. « Katara m'en a parlé, ils ont utilisé les techniques du Dai Li sur elle », commença-t-elle avant de creuser davantage dans sa mémoire.

Zuko fronça les sourcils. Il avait déjà vu des agents du Dai Li à Ba Sing Se, qui se trouvaient alors du côté de sa soeur Azula. Cependant, s'il avait entendu parler de leur technique de manipulation de l'esprit, il n'y avait jamais été confronté. Aang en revanche en connaissait bien les effets. Il avait vu Jet dans cet état-là.

« Je vais probablement regretter d'avoir posé la question... Mais que peuvent-ils faire avec cette technique ? », commença Zuko qui tâchait d'apparaître comme très calme.

Aang se chargea de l'explication. « Ils avaient fait ça à un de nos camarades, Jet. À Ba Sing Se, il était interdit de mentionner la guerre. Je crois qu'il s'est fait arrêter mais je n'ai jamais su pourquoi », commença-t-il avant de prendre un ton beaucoup plus sombre, qui ne lui ressemblait guère. « Quand nous l'avons retrouvé il ne se rappelait plus des derniers jours. C'était la première partie de leur manipulation, Katara a pu l'en guérir. Puis ils ont utilisé la deuxième, qui consistait à me tuer lorsqu'un des agents prononcerait une certaine phrase. Jet a réussi à se réveiller... mais ils l'ont tué »

Suki ne laissa pas le temps à Zuko de prendre la mesure de ce qu'Aang venait de dire et reprit la parole. D'autres bribes de souvenirs venaient de lui revenir en tête. « Ils ont essayé de la faire parler, à ton sujet Zuko... et toi aussi Aang. Et elle a dit qu'ils souhaitaient qu'elle tue, mais je ne sais pas de qui elle parlait »

Elle hésita un instant à évoquer la maîtrise du sang, mais décida que c'était trop risqué pour le moment. Personne ne devait savoir quoi que ce soit à ce sujet, c'était un secret que le groupe d'amis avait accepté de garder jusque dans leur tombe s'il le fallait. Ce qu'elle venait de dire était suffisamment inquiétant sans qu'il soit besoin d'en rajouter et de révéler ce secret à Inaka.

« Probablement l'un de nous deux », déglutit Zuko.

Il était horrifié à l'idée qu'ils aient réussi à manipuler Katara de la sorte. On l'avait manipulé toute sa vie avant qu'il n'accepte enfin de se réveiller pour suivre son propre destin et non celui qu'on lui avait imposé. Il avait une vague idée de ce qu'une telle manipulation pouvait avoir sur l'esprit humain, surtout lorsqu'elle s'opérait d'une manière aussi violente que le décrivait Aang.

Et plus effrayant encore, ils pouvaient éventuellement la forcer à recourir à la maîtrise du sang, maîtrise contre laquelle aucun d'eux ne semblait immunisé excepté en dehors des nuits autres que celles de pleine lune. « Il faut faire quelque chose. Pour Katara et les autres prisonniers. Je suppose qu'il y a des personnes issues de la Nation du feu ? »

Zuko redoutait la réponse mais était persuadé de l'avoir déjà. Même s'il veillait autant que possible à la prospérité de son peuple, il ne pouvait avoir l'oeil sur tout. Suki se souvenait parfaitement de la jeune femme aux longs cheveux noirs et à la peau pâle. Les gardes disaient qu'elle avait été battue à mort. Repenser à cela ainsi qu'au passage à tabac qui avait suivi cette révélation lui donnait la nausée.

Inaka hocha la tête. « Il y en a mais elles sont peu nombreuses. Beaucoup ont craint les soldats de votre Nation, connus pour leurs... leurs méfaits », hésita-t-elle. « Je ne veux pas vous offenser »

Zuko se maudit intérieurement de ne pas avoir réglé ce problème. Son père avait constitué une armée si vaste que punir les soldats ayant commis des exactions se révélait être un travail fastidieux. Beaucoup avaient été traduits en justice, mais certains étaient encore recherchés. Le Lotus Rouge devait craindre certainement des représailles s'ils s'en prenaient aux femmes maîtres ou à leur mari bien souvent soldat de la Nation du feu.

« Il n'y a pas de mal. Malgré tous mes efforts pour purger l'armée des éléments dissidents, certains m'ont sûrement échappé... », fit Zuko sans s'épancher davantage.

« Les herboristes des tribus de l'eau continuent de se renseigner sur leur poison », fit Aang pour détourner la conversation.

Inaka fit part une fois de plus des informations qu'elle possédait. « C'est un noyau de noix rouge, qui ne pousse que dans le Marais brumeux à certains endroits où le soleil arrive à percer la cime des arbres. C'est extrêmement rare et très méconnu puisque personne ne s'aventure dans ce marais et personne n'a eu l'idée d'en recenser les espèces végétales et animales »

Aang hocha la tête et se promit de trouver quelqu'un avec qui dresser cet inventaire qui leur avait manqué cruellement tout ce temps. Il songea à retourner voir leurs amis Due et Huu qui vivaient toujours dans le marais afin de les y aider. Toph serait également d'un grand secours, elle qui voyait si bien avec ses pieds.

Suki posa néanmoins la question qui la tracassait le plus. « Aucun antidote ? »

Elle ne craignait que ses ravisseurs puissent obliger Katara à en avaler un par la suggestion dans le cas où elle viendrait à faillir à sa mission.

Inaka soupira. « Ayant "exigé" de moi que j'en trouve un, j'ai cherché longuement... et je n'en ai trouvé qu'un qui n'est pas totalement efficace et qui doit être absorbé immédiatement après la prise du noyau », fit-elle avec un air qui laissait présager de la pénibilité de ce souvenir. « Les racines de fleur de dragon »

Zuko se souvenait avoir préparé du thé avec des infusions de ces racines pour Katara suite à leurs moments d'amour. Cette herbe semblait avoir plus de propriétés intéressantes que ce qu'il pensait. « Qu'entends-tu par "pas totalement efficace" ? »

Inaka se racla la gorge, embarrassée. « Disons qu'il y a une chance sur deux pour que cela n'ait aucun effet. Je ne saurais l'expliquer »

« Nous avons déjà une réponse à l'une de nos questions, je vais aller écrire aux tribus pour les prévenir », fit Aang en attrapant un morceau de parchemin et la plume de Zuko. Ce dernier fut un peu agacé, sa nuit blanche n'aidant pas à favoriser ses émotions positives, mais se retint. L'Avatar était comme chez lui ici après tout.

L'un des gardes frappa à sa porte, qu'il ouvrit sur l'ordre de Zuko. « Le petit déjeuner est servi, monseigneur »

« Venez, vous devez être affamées », dit Zuko en s'adressant à Suki et Inaka qui hochèrent la tête plus vivement qu'elles ne l'auraient voulu. Tous descendirent alors pour se restaurer. Il tardait à Zuko de s'entraîner avec Druk pour acquérir la puissance nécessaire à défaire son ennemi.


Cela faisait des jours à présent que Zuko se démenait avec son feu quand il n'avait pas d'obligations en tant que Seigneur du feu. En réalité, il en avait toujours mais Iroh en prenait une grande partie à sa charge. Aang lui-même reconnaissait ne l'avoir vu que trop rarement dans un tel état. Il était toujours persévérant et désireux de s'entraîner, mais jamais à de tels niveaux. Ce jour-là, Kiyi avait abandonné après deux heures, trop éreintée. Zuko continuait pourtant. Vêtu de son kimono au départ, il était à présent torse nu et tâchait de suivre les directives informulées de Druk qui s'avérait être un adversaire très rapide, bien plus qu'un humain, et surtout beaucoup plus puissant. Kiyi s'était essayée à esquiver ses déflagrations mais avec beaucoup de peine. Aang craignait que Zuko ne se brûle, le voyant esquiver toujours au dernier moment lorsque Druk attaquait.

Zuko courait, esquivait, agitait ses bras avec force et précision pour créer les flammes les plus grosses possibles. Au début petites, elles tendaient à devenir de plus en plus hautes et grosses. Ce qu'il ignorait, c'était que Druk se montrait brutal à dessein, pour que Zuko fasse sortir les émotions qui restaient à bouillir en son for intérieur. Pas de nouvelles de Katara. La filature de Bo Huong était un échec. Il avait perdu sa maîtrise. Aang pouvait voir toute la souffrance accumulée sur ces derniers jours ressortir sur son visage. Zuko ne s'en était pas rendu compte mais les trainées de larmes sèches sous ses yeux étaient un témoignage probant.

Avec la fatigue, il était contraint de doser son énergie pour tenir sur la durée. Ses flammes étaient bien plus stables au fil du temps. Et il tenait vaillamment. Aang était très impressionné. Le combat fascinait beaucoup Sura, qui rêvait secrètement de pouvoir se mesurer à quelqu'un de sa trempe un jour. Siku était elle très inquiète mais se retenait pour le moment. Kiyi, voyant Siku tendue et le visage inquiet, s'inquiéta à son tour pour Zuko. Il ne fallait pas qu'il ruine tous les efforts de guérison de Katara et Siku.

« Tu devrais faire une pause, Zuzu », tenta Kiyi alors qu'il reprenait son souffle.

Ce dernier repartit de plus belle dans son combat contre Druk qui tentait de le pousser dans ses retranchements, ce qui n'était pas aussi simple qu'il n'y paraissait. Zuko avait en effet énormément de ressources, il était difficile de le piéger. Sans s'en rendre compte, il avait détourné toutes ses pensées de Katara pour se focaliser sur l'effort. Druk tâchait en réalité de lui démontrer que son inquiétude était la faiblesse de son feu. S'il n'était pas inquiet ou tout du moins s'il oubliait qu'il l'était, son feu parvenait à sa pleine puissance. Cependant, Druk dans sa fougue semblait oublier que Zuko restait un être humain.

« Zuko, vous... vous allez abîmer votre épaule ! », tenta Siku qui assistait impuissante à la scène. Zuko ne l'entendit pas et poursuivit son assaut. Il semblait comme possédé par son propre feu, ce dernier se trouvant de plus en plus près de son corps à mesure qu'il l'utilisait pour défaire Druk.

Siku décida d'utiliser alors sa maîtrise de l'eau pour le forcer à s'arrêter. Cependant, elle n'osait pas l'utiliser à pleine puissance sur une si illustre personne. Sura décida alors de l'accompagner dans son geste. Une vague suffisamment importante devrait suffire à le renverser. Elle leva les bras à côté de sa soeur et renforça la vague que celle-ci avait commencé à former. Zuko ne la vit pas et fut renversé par derrière. Atterrissant brutalement sur le sol, il parut se réveiller de sa torpeur.

« Zuko ! », lança Aang une fois la vague disparue.

Zuko resta sur le dos, observant le ciel bleu qui commençait à se teinter d'orange. Il sentait quelque chose de fort en lui. Tout cet entraînement commençait à porter ses fruits. Il ignorait encore comment il s'était retrouvé sur le sol mais la terre dure l'avait ramené à la raison. Il avançait, il progressait, il sentait son nouveau feu s'insinuer en lui. Bientôt, il atteindrait son but. Sentir enfin ses muscles endoloris par un entraînement si intensif le faisait toucher du doigt son plus cher désir. Sauver Katara. Druk eut un air satisfait. Zuko apprenait. Ce dernier finit par sentir qu'on le secouait.

« Zuko ? Zuko ! », fit Aang en essayant de le secouer. Il semblait parti ailleurs.

Zuko finit par ouvrir la bouche. « Je... Je l'ai senti Aang. Le feu... Je ne faisais qu'un avec lui »

C'était une sensation magnifique et effrayante pour lui, qui se rappelait encore de la peur qui lui inspirait les flammes après avoir été brûlé par son père. Iroh avait passé des semaines à le forcer à affronter sa peur. Les flammes le tétanisaient, ce qui pouvait lui être fatal lors d'un combat. Avec toute sa patience d'oncle et sa pédagogie de maître, Iroh s'était évertué à faire en sorte qu'il puisse toujours riposter même lorsqu'une boule de feu s'approchait tout près de son visage. Et à présent, il n'avait plus peur. Il était le feu.

Aang fut surpris et eut un sourire. Il lui tendit le bras pour l'aider à se redresser. « Tâche de ne pas trop t'abîmer quand même »

« Qu'est-ce qui m'a arrêté ? », demanda soudain Zuko qui se demandait encore comment il avait atterri par terre.

Aang pointa les deux soeurs de sa tête fléchée. « Siku et Sura, elles ont dû s'y mettre à deux pour t'arrêter. Katara était parfois obligée de le faire quand j'étais en état d'Avatar »

Il réalisa ce qu'il venait de dire et se sentit stupide. Zuko n'avait nul besoin qu'on lui parle de Katara. Cependant, à sa surprise, Zuko eut un léger sourire. Il semblait presque complètement apaisé, du moins pour l'instant. Son inquiétude était endormie, et lui-même se rendit compte du bien fou que cela lui faisait. Il s'arrêta d'ailleurs et se tourna vers Druk. Il ne savait pas comment le remercier. Druk se détourna, lui signifiant qu'il n'avait pas à le remercier, et il prit son envol au-dessus du palais. Zuko fit à nouveau face à Siku et Sura, qui semblaient inquiètes de sa réaction.

« Seigneur du feu, nous... », commença Siku d'une voix tremblante.

Zuko sourit. « Vous avez bien fait, je vais bien »

Siku s'approcha pour vérifier son épaule. Zuko hocha la tête. De son eau guérisseuse, Siku sonda son épaule. Elle était redevenue étonnamment forte en si peu de temps. C'était véritablement impressionnant. Elle hocha finalement la tête, secouant sa petite queue de cheval. « Votre épaule redevient forte. Je me demande si votre chi n'y serait pas pour quelque chose »

« Mon chi ? », fit Zuko, interloqué.

Aang eut un éclair de lucidité. « Mais oui ! Le feu est l'élément de l'énergie et de la vie, ça doit t'aider à guérir ! Comme le soleil ! »

Zuko se rappela alors ce qu'il avait dit à Katara après l'avoir vaincue. Elle se lève avec la lune, il se lève avec le soleil. Et ce n'était simplement l'astre qui le rendait puissant, mais son feu intérieur. Il avait ressenti la même chose lorsqu'il s'était confronté à Ran et Shaw, mais cette fois avait été encore plus marquante. Sa réflexion fut interrompue par des petits cris que Zuko reconnut bien. Sa soeur qui l'appelait.

« Zuko ! Zuzu ! Sokka est arrivé ! », lança Kiyi dans un éclat de rire.

Zuko avait complètement oublié la venue de Sokka, qui avait dû sauter sur la première occasion de rejoindre sa femme Suki. Il se demanda si Hua leur fille serait là aussi. La réponse ne se fit guère attendre lorsqu'il entendit les pleurs de l'enfant et vit Sokka essayer de la calmer en tapotant doucement son dos.

« Où est ma femme ? Sukiii ! », s'égosilla Sokka qui cherchait partout de ses yeux Suki.

Celle-ci jaillit d'une porte, un grand sourire sur les lèvres. Elle était accompagnée d'Inaka et Ty Lee. « Sokka ! Hua ! »

« Maman ! », s'écria Hua dans les bras de son père.

Aang récupéra à la hâte Hua pour éviter une collision tandis que les deux amoureux se sautèrent dans les bras. Sokka enfouit son visage dans les cheveux de Suki, la serrant si fort qu'elle pouvait à peine respirer. Il sentit qu'elle était bien plus frêle qu'avant. Suki pleurait de joie à l'idée d'avoir retrouvé sa famille. Elle lui avait tant manqué. Ils se murmurèrent des mots doux jusqu'à ce que les pleurs d'Hua les ramènent à la réalité. Suki prit sa fille dans ses bras et la serra contre elle.

Hua était si étonnée de voir sa mère qu'elle ouvrait de grands yeux. « Pourquoi tu pleures ? »

« Oh ma chérie, maman est là, elle ne s'en ira plus je te le promets ! », lui dit doucement Suki qui pleurait de plus belle.

Le coeur de Zuko se serra. Il avait beau essayer de ne pas y penser, il ne pouvait s'empêcher de les jalouser. Comme il aurait aimé vivre de telles retrouvailles avec Katara. Sokka croisa son regard et son sourire faiblit. Il songeait lui aussi à sa soeur qui lui manquait terriblement. Voir l'état de son père ces derniers temps au sujet de la perte de sa fille unique avait été extrêmement pénible pour lui. Il avait tenté de faire bonne figure face à Hua pour ne pas trop l'inquiéter, mais malgré son jeune âge, celle-ci brillait de la vivacité d'esprit de son père et avait senti que quelque chose n'allait pas.

« On retrouvera Katara, tu as ma parole Zuko », fit Sokka en étreignant son ami.

Zuko hocha la tête. « Merci Sokka », fut tout ce qu'il put dire tant sa gorge était nouée.

Ce dernier hocha à son tour la tête et reporta son attention sur Suki et leur fille. Il ignorait ce par quoi elle était passée, et il était fou à l'idée de le savoir. Suki était si heureuse qu'elle ne cessait de pleurer et d'essuyer ses joues d'un revers de sa manche. Hua gazouillait bruyamment dans ses bras et bredouillait des mots incompréhensibles, un grand sourire sur les lèvres, ravie de retrouver sa mère à qui elle ressemblait beaucoup.

« Je vais vous montrer notre chambre », fit Suki entre deux reniflements.

Hua ne lui laissa pas le temps de bouger et posa une question des plus embarrassantes en voyant Inaka derrière sa mère, et ne la reconnaissant manifestement pas.

« Pourquoi on ne va pas voir Tata ? »

Sokka ne comprit pas, n'ayant pas réellement remarqué la présence d'Inaka. Celle-ci s'était fait discrète face aux retrouvailles touchantes de la famille. Sokka comprit tout de suite qu'Hua l'avait confondue avec Katara et se demanda qui elle était. Suki hocha doucement la tête pour le rassurer. « Ce n'est pas Tata ma chérie, c'est... une amie de Maman »

Suki se rapprocha d'Inaka qui s'adoucit à la vue de l'enfant. « Comment tu t'appelles ? »

« Inaka. Je suis ravie d'enfin faire ta connaissance Hua, ta mère m'a beaucoup parlé de toi », dit-elle doucement en caressant doucement les bonnes joues de la petite.

Zuko, qui était resté planté là, fut comme réveillé par sa soeur qui l'encercla de ses bras. Surpris par cet élan d'affection soudain, mais pas rare venant de Kiyi, il prit quelques secondes avant de poser ses mains sur son dos. Suki leva la tête et lui fit un sourire. « Ça y est tu as fini de tout incendier ? »

Il sourit et s'autorisa une pointe d'humour. « D'habitude, c'est toi qui t'en occupe. Je me suis dit que tu méritais une pause »

Kiyi éclata de rire. Cela faisait longtemps que son frère n'avait pas fait de l'humour. Depuis la disparition de Katara.


Quelques jours plus tard, Aang et Zuko, accompagnés de Sokka, Ty Lee et Siku, se mirent en route pour le Marais Brumeux. Toph les y attendait selon les quelques messages qu'ils avaient pu échanger durant ces derniers jours. Suki, restée pour profiter de sa fille, avait insisté pour qu'Inaka se repose avec elle et profite de sa liberté retrouvée. Celle-ci, bien qu'ayant tenté de résister, avait finalement cédé, Ursa et Ikem s'étaient opposés à ce que Kiyi reparte, et ce n'est que lorsque Zuko appuya leur décision que Kiyi se résigna à rester en compagnie de Sura avec laquelle elle pourrait continuer à s'entraîner.

« Allons-y Appa ! Yip yip ! », s'écria Aang tandis qu'Appa s'élevait dans les airs.

Druk n'eut pas besoin de la voix de Zuko pour le suivre dans les airs. Voler sur le dos d'un dragon était très différent d'un bison volant. Quand Appa volait, il semblait glisser dans le ciel, alors que Druk avait un mouvement de balançoire d'avant en arrière. Zuko trouvait ça agréable, et il pouvait ressentir la sensation familière du feu qui habitait Druk. Longtemps il s'était demandé pourquoi les dragons volaient. C'étaient des maîtres du feu après tout, et non des maîtres de l'air. Toutefois, il se rappela qu'Aang avait appris la maîtrise de l'énergie grâce à des tortues-lion, qui semblaient être à l'origine de la maîtrise, de toutes les maîtrises. Peut-être n'y avait-il rien à comprendre. Druk secoua la tête, trouvant que son cavalier se posait beaucoup trop de questions, mais il ne fit pas de commentaire. Zuko n'en revenait toujours pas de sa confiance.

Après de longues heures de vol et un encas, ils commencèrent à survoler le Marais. Celui-ci était noyé dans la brume, il était difficile de savoir où il commençait et où il s'arrêtait mais Aang connaissait le chemin. Druk était en alerte, Zuko pouvait le sentir. Il était beaucoup plus tendu, en quête du moindre danger. Cette tension se propagea jusqu'à Zuko qui finit par adopter la même posture. Appa se mit à descendre et Druk le suivit. Toutefois, il leur serait difficile de traverser la cime des arbres. Aang usa de sa maîtrise de l'air pour écarter les branches afin de faire passer Druk et Appa. Ils s'enfoncèrent alors dans la pénombre du Marais, dont les arbres ne laissaient qu'à peine passer les rayons du soleil.

Zuko descendit du dos de Druk, qui reprit son vol tout en assurant à Zuko de rester dans les parages et de se dissimuler dans la brume qui recouvrait ce lieu étrange. Le Marais Brumeux n'était vraiment pas un endroit accueillant. Aang les avait de plus prévenu que des visions du passé pouvaient s'y manifester. Il redoutait ces visions, son passé n'étant que peu reluisant. Leurs bottes s'enfonçaient dans la boue, excepté pour Ty Lee qui sautait de branche en branche.

Sokka laissait voir son inquiétude. Son dernier séjour dans le Marais n'avait pas été exactement des plus glorieux. Il se rappelait avoir vu Yue. En réalité, il la voyait à chaque fois que ses yeux bleus se tournaient vers la lune. Suki le savait et ne lui en voulait pas. Cependant, ce n'était pas seulement le Marais qui l'inquiétait. C'était d'avoir su ce qui était vraiment arrivé à Suki là-bas, même si elle ne s'était pas épanchée dessus.

Hua était couchée à présent et dormait à poings fermés. Sokka ne l'avait pas dit à Suki mais cela fut un véritable calvaire de la coucher après sa disparition. Hua n'était pas dupe, elle savait que quelque chose de grave était arrivé. C'était un véritable soulagement de la voir dormir.

« Que s'est-il passé là-bas ? », demanda Sokka avec sa délicatesse habituelle.

Suki hésita et baissa les yeux. « Je... »

« Tu... Tu n'es pas obligée de me dire, je suis désolé. Je ne suis qu'un idiot. Mais un idiot qui t'aime ! », se reprit soudainement Sokka en constatant l'idiotie de sa question.

Suki posa une main sur son bras. « Doucement, ne la réveille pas. Je t'aime aussi Sokka. Et... Je vais te le dire », fit-elle avant de marquer une pause. Vérifiant qu'Hua était toujours endormie, elle inspira un grand coup. « Ils voulaient des informations. Bien sûr je n'ai rien dit. Ils... Ils m'ont... Ils ont essayé de me noyer. Je n'ai rien dit. L'un d'eux est venu me frapper dans ma cellule. Je n'ai rien dit. J'ignore ce qu'ils auraient fait si j'étais restée»

Sokka la gorge nouée posa la question qui lui taraudait l'esprit depuis des jours. « Et Katara ? »

« Aang ne t'a rien dit ? », demanda Suki. À la pensée de Katara qu'elle avait laissé derrière elle, elle eut les larmes aux yeux. « Je... Je ne peux pas »

Sokka la prit dans ses bras, les yeux humides eux aussi. « Je comprends mon coeur, ne dit rien »

« C'est de ma faute... Je n'ai pas réussi à la sortir de là », sanglotait-elle contre son mari.

Sokka lui caressa longuement le dos. « Ce n'est pas de ta faute, c'est eux qui ont commencé cet horrible cauchemar. Nous y mettrons fin ensemble »

Zuko était resté en retrait. Il n'en voulait à personne, mais observer les effusions d'amour des autres lui était insupportable. Il regardait pensivement le collier de Katara dont le pendentif se balançait de droit à gauche. À chaque fois qu'il le voyait, deux scénarios se dessinaient dans sa tête. Une Katara qui souffrait à cause de lui. L'autre à qui il se demandait quel collier il pourrait lui fabriquer. S'il la revoyait un jour, il ne voulait plus jamais être séparé d'elle.

Sa vision périphérique fut soudain interpelée par un élément qui tranchait nettement avec le décor du Marais. Tournant la tête, il reconnut un manteau bleu au loin dans le marais. Il profita d'être à l'arrière pour aller voir. Plus il s'approchait, plus il lui semblait qu'elle était là. Katara. Peut-être avait-elle réussi à fuir ? Peut-être cherchait-elle un moyen de sortir du marais ? Il avança de plus en plus vite vers elle, et alors qu'il allait lui saisir la manche, la silhouette se retourna et il fit un bond en arrière. Son pied buta dans une racine et il tomba dans l'eau. Ce n'était pas la véritable Katara. Celle-ci était plus jeune et semblait visiblement énervée.

« C'est moi la première personne qui t'ait fait confiance, souviens-toi, là-bas à Ba Sing Se ! Mais tu m'as trompée, et tu m'as trahie, tu nous as tous trahis ! »

Zuko se souvenait cruellement de cet instant où elle lui avait rappelé à nouveau sa trahison pour justifier sa méfiance envers lui. La culpabilité sembla retrouver sa place dans son esprit. Il n'avait pas réussi à la sauver, cela faisait deux mois. Elle devait se sentir abandonnée. Sans qu'il ne s'en rendit compte, une larme roula sur sa joue. Ce fut la voix de Ty Lee qui le ramena au marais, faisant disparaître Katara. Il essuya sa joue d'un geste vif, pour que Ty Lee ne s'en rende pas compte. Il ne fut pas dupe.

« Qu'est-ce que tu as vu ? », demanda-t-elle doucement.

Zuko vérifia que les autres soient suffisamment loin pour finalement répondre. « J'ai vu Katara... au temps où elle me haïssait encore de l'avoir trahie »

« Tu n'as pas à te sentir coupable. Ce n'est pas de ta faute si elle a été enlevée, et tu le sais bien. Même si tu avais été en grande forme, cela n'aurait peut-être rien empêché. Nous ne pouvons pas le savoir. Tu dois te concentrer sur ce qui se passe ici et maintenant », fit-elle doucement.

Elle le connaissait si bien à présent. Depuis l'enfance jusqu'à sa protection qu'elle avait assurée au Palais, elle le connaissait presque par coeur à présent. Il hocha doucement la tête, reconnaissant mais peu convaincu. Il se releva et constata que sa tunique était couverte de boues par endroits.

« Génial... », bougonna-t-il.

Aang vola sur son scooter de l'air jusqu'à eux. « Zuko, ça va ? »

« Je hais cet endroit ! Où est votre fichu arbre ?! », vociféra-t-il. Cet endroit, il le détestait. Il lui rappelait sans cesse toutes ses erreurs. Il redoutait de croiser son père et de revivre le souvenir qui avait marqué son visage à jamais.

Une voix retentit alors un peu plus loin. « Vous en avez mis un temps ! Ça fait des heures que je vous observe ! »

« Toph ! », la reconnut Aang qui s'empressa d'aller la rejoindre avec son scooter de l'air. « Comment ça tu nous observais ? »

Celle-ci afficha un sourire narquois. « Grâce à la maîtrise de la terre, j'arrive à vous percevoir. Tu as vraiment une tête de flèche d'ailleurs ! »

Ils finirent effectivement par le trouver peu de temps après. Il était immense et magnifique, surplombant la plaine de ses milliers de branches et racines qui semblaient puiser jusqu'au plus profond de la terre. Toph affichait un grand sourire de gamine tandis qu'elle se précipitait vers l'arbre. C'était un arbre banian vieux de plusieurs dizaines, sinon centaines d'années. Zuko fut détourné de ses pensées noires par la magnificence de cet arbre. Il n'en avait jamais vu d'aussi grands. Lever les yeux vers le sommet de cet arbre lui donna presque le vertige. Une étrange sensation s'empara de son corps, comme si l'arbre l'observait en retour. Tous s'arrêtèrent pour le contempler. Aang fut le seul à se précipiter dessus.

« Allons-y ! », fit Aang avec son entrain habituel tandis qu'il utilisait son scooter de l'air pour s'approcher des plus grosses racines qui irradiaient d'énergie spirituelle. Plaçant ses mains au-dessus, il sentait tout le flux d'énergie qui parcourait l'arbre.

Toph le suivit de près. Aang sentait l'énergie spirituelle du Marais l'envahir. Toph était à ses côtés et avait également placé sa main au-dessus des racines. Ils les touchèrent et furent envahis par un flot d'images venant de tant d'endroits qu'il leur était impossible de savoir combien. Les deux amis concentrèrent leurs pensées sur Katara. Zuko les regardait, tracassé par ce qu'ils allaient voir, s'ils parvenaient à la voir. Il regrettait profondément de ne pas posséder le sens sismique des maîtres de la Terre. Ils avaient tout deux les sourcils fermement froncés.

Tout à coup Toph tomba en arrière, extasiée par ce qu'elle avait pu voir à nouveau.

Personne ne comprit ce qu'elle voulait dire. Personne, excepté Zuko. « Tu peux... voir avec les racines de cet arbre ? »

« Oui ! Tellement de couleur d'un coup, comment vous faites pour ne pas avoir un mal de crâne constant ? », rit Toph toute émerveillée de pouvoir voir quelque chose pour la première fois, et pas uniquement les vibrations d'un quelque chose. « Je pourrais presque voir à quoi vous ressemblez vraiment si je me concentrais sur ce lieu ! »

« Je... Je crois que j'ai quelque chose », fit Aang, interrompant Toph dans sa liesse. Ses yeux étaient toujours résolument fermés, mais ses tatouages commençaient à briller.

Ce qu'il voyait était effrayant. Katara était en train de se battre. Ses cheveux étaient attachés comme à l'accoutumée, son visage était creux mais ne portait aucune trace de violence. Seul son habit noir était différent. Aang crut aussitôt que ce combat était pour sa survie, qu'elle avait finalement réussi à leur réchapper. Il se réjouissait, d'autant qu'elle était en train de gagner le combat. Il y avait un maître du feu, une maîtresse de l'eau et un maître de la terre qui la chargeaient avec des attaques plus violentes les unes que les autres. Katara les esquivait toutes et tâchait de toucher leurs points faibles.

Elle était particulièrement virulente s'agissant du maître du feu. Ce dernier lui envoyait des boules de feu avec une rapidité qui donna presque le tournis à Aang. Katara usa de sa glace pour catapulter le maître de la terre dans la ligne de mire des boules de feu. Il ne parvint pas à les éviter et s'effondra en hurlant, se tenant son bras brûlé. Toutefois, Aang vit que quelque chose ne tournait pas rond. Il y avait des observateurs. Ils portaient tous cet étrange symbole du lotus rouge et semblaient se réjouir de ce qu'ils voyaient.

Katara poursuivit son assaut sur les deux maîtres restants. Elle se rapprochait dangereusement du maître du feu, même si elle était ralentie par la maîtresse de l'eau qui prenait un malin plaisir à lui envoyer des cristaux aussi tranchants que des lames de rasoir. Certains lui tranchèrent même quelques mèches de cheveux. Katara réussit à rediriger une partie des cristaux qui, pendant que son adversaire continuait sur sa lancée, firent le tour de la pièce pour la poignarder dans le dos. Elle s'effondra sous le choc, gémissant. Il ne restait désormais plus que le maître du feu, qui n'en menait pas large à présent.

Katara se jeta en avant sur lui, propulsée par une vague qu'elle venait de créer et il ne put se défendre. Il s'effondra sous le poids de Katara, qui forma avec sa maîtrise une lance acérée qu'elle s'apprêtait à lui planter dans le crâne. Elle ne fut arrêter que par les observateurs qui la bloquèrent à l'aide de la maîtrise de la terre.

« Laissez-moi ! Je dois le tuer ! Il doit payer ! Il doit... », rugissait Katara en essayant de s'extraire des blocs de pierre qui la coinçaient.

L'un d'eux, vêtu d'un uniforme qui rappela cruellement à Aang les uniformes du Dai Li, s'avança vers elle et la força à le regarder droit dans les yeux. « C'est Zuko que tu dois tuer, ce moment viendra bientôt », fit-il d'une voix suave qui sembla calmer immédiatement la colère de Katara.

Aang coupa le lien avec Katara, atterré. Il haletait presque, ce qui inquiéta Zuko. Qu'avait-il vu ? Était-elle encore en vie ? La torturaient-ils ? Il secoua brutalement Aang en le prenant par les épaules. « Qu'est-ce que tu as vu ? Je t'en prie ! », cria-t-il avec une voix désespérée.

Aang parut revenir à la réalité. « Elle est vivante... »

« Tu ne pouvais pas le dire tout de suite ! Bon sang, Aang ! », commença Zuko avant d'être coupé.

Suki était inquiète. Si Katara était vivante et si Aang avait subi un tel choc, c'est que quelque chose de potentiellement pire que la mort s'était produit. Et ce qu'elle redoutait le plus se confirma.

« Ils l'entraînent pour te tuer, Zuko », lâcha Aang. Un silence pesant suivit.

Zuko était visiblement sous le choc, si bien que Ty Lee, le sentant vaciller, se plaça à côté de lui. Sans s'en rendre compte, Zuko attrapa machinalement le bras de Ty Lee, qu'il serra si fort qu'il la fit presque grimacer sans qu'elle ne se plaignit une seconde. Katara n'était pas morte. Ils l'avaient transformée en arme pour le vaincre lui. Il devrait se battre contre elle. Comment pourrait-il se battre contre elle ? Pourrait-elle se réveiller un jour ? Zuko pensa que si elle ne devait jamais se réveiller, plus jamais il ne pourrait être près d'elle, plus jamais il ne pourrait l'enlacer, ni la toucher. Plus jamais il ne la ferait rire, plus jamais elle ne le fera sourire. Cette pensée lui était trop pénible et lui étreignait violemment le coeur. Ty Lee le sentit et chercha une quelconque phrase positive à lui dire pour ne pas qu'il perde espoir mais aucune ne lui vint à l'esprit.

Suki ne put retenir ses larmes. C'était sa faute si Katara était toujours coincée là-bas. Elle savait au fond d'elle-même qu'elle n'aurait rien pour faire pour la délivrer, mais savoir qu'ils avaient réussi à faire taire définitivement son esprit la faisait se sentir coupable. Ils avaient le parfait atout dans leur manche et avaient à présent les moyens de l'utiliser pour nuire à Zuko. Jamais il ne se battrait contre elle, il préfèrerait mourir. Leurs ennemis comptaient là-dessus. Leur but était après tout de se débarrasser des principaux dirigeants des nations pour en trouver de plus disciplinés, et de plus disposés à leur permettre d'atteindre leurs objectifs.

« Ils vont probablement essayer de négocier avant d'en arriver là », songea Aang qui semblait lire dans les pensées de Zuko, qui redoutait un face à face avec cette Katara dont il ne connaissait rien et qui n'aurait jamais dû voir le jour.

Zuko souffla avec cynisme. « Tu crois ? »

« Pourquoi te tuer alors qu'ils peuvent obtenir ton obéissance en utilisant Katara ? Ils ont plus à perdre en te tuant qu'en te gardant en vie. Ils ne pourront pas gérer le monde à eux seuls. Ils ont besoin de fidèles près à suivre le moindre de leurs ordres », expliqua Aang qui avait réfléchi à la théorie de la négociation depuis un moment à présent. Cependant, leurs ennemis disposaient désormais d'une Katara capable de tuer un Zuko incapable de la tuer elle.

« Jamais ! Ça n'arrivera jamais ! », vociféra Zuko. La colère semblait avoir pris le dessus.

Ty Lee prit la parole d'une petite voix. « Alors tu devras la tu- la combattre »

Zuko était au pied du mur, et tous le savaient. Soit il tuait Katara, soit il la tuerait. Siku émit néanmoins une troisième possibilité. « Ou alors, il faut que je la réveille ! Vous avez dit qu'il était possible de réveiller quelqu'un d'une manipulation mentale grâce à la maîtrise de l'eau ! »

Sokka réfléchit. « Si elle est capable de tuer Zuko, elle sera tout aussi capable de te mettre hors d'état de nuire, Siku »

Celle-ci baissa la tête face à cette vérité pénible à encaisser. Katara était un maître extrêmement puissant.

« Je peux la vaincre », déglutit Zuko. Il essayait de penser à ce que Katara ferait dans cette situation. Il croyait qu'elle le tuerait plutôt que de le voir devenir un meurtrier. Pouvait-il le faire ? Pouvait-il vraiment la tuer ? Pourrait-il le faire pour elle et sacrifier ses propres désirs ? Il en était capable mais il ne le voulait pas. C'était même la dernière chose qu'il voulait.

Ty Lee se montra choquée par ses dires. « Tu ne pourras pas la tuer Zuko ! »

« Tu ne l'as pas vue comme je l'ai vue, Zuko », renchérit Aang. « Elle n'aura pas la même compassion que la Katara que tu connais. Elle a mis au tapis trois maîtres dotés de trois maîtrises différentes, et a bien failli tuer celui qui maîtrisait le feu »

Zuko se sentait mal et peinait à respirer correctement. Le portrait de Katara que dépeignait Aang ressemblait à une personne qu'il connaissait bien. Azula. Il avait réussi à la défaire parce que celle-ci avait sombré dans la folie, portée par les ambitions de leur père. Katara semblait avoir succombé à une folie d'un ordre tout à fait supérieur à Azula. Il s'imaginait emprisonné dans son propre corps, incapable de lui imposer sa volonté, et cela le fit se crisper instantanément. Ty Lee posa une main sur son bras, et resté en apnée face à cette description horrifiante de Katara, il soupira. Il devait se maîtriser. Druk le lui avait suffisamment répété.

« Qu'est-ce qu'on fait alors ? », demanda-t-il.

Toph finit par se manifester par une question que personne n'avait posé jusqu'alors. « Dis-moi Siku, quand est la pleine lune ? »

Siku ferma les yeux pour se concentrer. Grâce à sa maîtrise, elle pouvait se rendre compte avec une précision néanmoins relative du cycle de la lune. Aang réalisa la même opération, tant et si bien qu'il répondirent en même temps. « Dans une semaine environ »

« Donc si nous recevons une 'invitation' d'ici là, nous connaîtrons leur plan », conclut Toph.


Merci à tous d'avoir lu ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, il est un peu plus long que ceux que j'ai l'habitude de faire, pour me faire pardonner de mon absence (et aussi parce que je bouillonnais d'inspiration). N'hésitez pas à laisser une review, c'est toujours très motivant et souvent constructif ! Au plaisir de vous voir au prochain chapitre !