Bonjour à tous, et oui je ne vous ai pas oubliés ! J'espère que ce chapitre, plus long que les précédents, vous plaira !
Je voudrais remercier ceux qui ont laissé des reviews, vous êtes vraiment adorables, et je vous prie de pardonner mon absence de réponse. Un merci tout spécial à Isami, parce que ta review m'a carrément fait pleurer. Vous êtes tous si motivants, merci ! N'hésitez pas à m'en laisser, c'est gratuit et ça fait toujours plaisir !
Je vous prie d'excuser par avance les éventuelles fautes d'orthographe qui auront pu se glisser dans le récit, je n'ai personne pour m'aider à me relire, j'espère que vous comprendrez.
Bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Suki arrive à la Nation du feu avec Inaka, et divulguent les informations dont elles disposent sur le Lotus Rouge. Sokka, averti par message du retour de sa femme, parvient à son tour à la capital où ils décident, avec Zuko, Aang, Ty Lee et Siku d'aller dans le Marais Brumeux, où les attendrait Toph, afin d'explorer la forteresse où est retenue Katara et élaborer un plan grâce aux racines du grand arbre banian, regorgeant d'énergie spirituelle permettant de visualiser l'environnement. Aang et Toph plongent dans ces racines, et découvrent que le Lotus rouge entraîne Katara à tuer Zuko.
*Chapitre 20 - Le Plan*
« Donc si nous recevons une 'invitation' d'ici là, nous connaîtrons leur plan », conclut Toph.
Zuko déglutit. Il avait une idée extrêmement claire de ce dont Katara était capable avec sa maîtrise du sang. Personne ne la mentionna, Zuko lui-même n'était pas censé le savoir. Cependant, il était au courant depuis le raid sur un des navires des Cuirassés du Sud où il l'avait vue s'en servir pour soumettre le capitaine du navire. Sur le moment, il avait eu un choc, mais il n'avait jamais craint que Katara ne s'en serve sur lui. Ils n'en avaient jamais reparlé, ni entre eux, ni à qui que ce soit. Seule Katara savait qu'il était au courant.
« Quel plan ? », demanda Ty Lee avec inquiétude.
Zuko se lança dans un semblant de réponse. « La pleine lune, le moment où les maîtres de l'eau sont au sommet de leur puissance »
Aang lui jeta un regard inquiet. Zuko était-il au courant pour la maîtrise du sang ? Il avait toujours cru que ce dernier n'en savait rien. Cela dit, il avait combattu Katara en temps de pleine lune au Pôle Nord. L'Avatar soupira, pensant que Zuko faisait référence à cet événement, où elle avait été au comble de sa puissance. Il décida de garder l'information sur la maîtrise du sang pour plus tard. Il valait mieux que le moins de personnes possibles soient au courant.
Il prit la parole. « Peut-être qu'avec l'état d'Avatar je pourrais renverser le combat, si combat il y a... »
« Ils n'accepteront jamais un combat si tu es son adversaire Aang. Ils peuvent avoir prévu un ordre différent pour Katara selon la situation. Souviens-toi de Jet », le coupa Sokka. Il savait grâce à son expérience avec Jet qu'il était possible de multiplier les ordres donnés sous hypnose.
Aang hocha la tête. Lui aussi se rappelait de Jet. Katara l'avait mentionné à quelques reprises lors de leur vie commune, ce qui au début avait tendance à rendre Aang jaloux. Il se souvenait en effet que lui et elle avaient flirté ensemble, avant que Katara ne découvre les sombres desseins de Jet. Elle regrettait néanmoins de n'avoir rien pu faire pour l'aider alors qu'elle avait pu sauver à la fois Zuko et lui-même d'une mort certaine. Aang lui avait dit que rester dans le passé n'était pas une solution. Katara s'était alors emportée face à son terrible manque de tact. Zuko se rappela que plus tôt, ils en avaient parlé, mais il devait admettre avoir oublié ce détail. A présent qu'il s'en rappelait, il était d'autant plus inquiet pour Katara.
« Alors je devrais tout faire pour... réveiller Katara, avant qu'elle ne me tue », fit Zuko d'un ton grave. Tous se tournèrent vers lui, interloqués. « Je ne pourrais pas refuser une occasion de la sauver. Ce pourrait être la dernière »
Toph leva les bras, comme pour calmer les esprits. « Pour l'instant, aucune invitation ne nous est parvenue et elle ne semble pas en danger. En attendant... »
Elle replongea sa conscience dans les racines sous l'oeil étonné de ses compagnons. Qu'avait-elle en tête ? Aang refusait d'y retourner pour l'instant, il ne craignait d'entrer en état d'Avatar tant il était bouleversé par ce qu'il avait vu. Zuko était aussi à cran et serrait nerveusement les poings. Comment allaient-ils se sortir de cette situation ? Ils avaient attaqué l'un de ses principaux points faibles de manière brillante. Il se demandait même s'ils étaient au courant de cet état de fait. Zuko s'était dit qu'ils cherchaient à l'atteindre lui car il serait plus facile à défaire que l'Avatar, ce qu'il reconnaissait sans aucune hésitation. Retournant ce problème de mille façons dans son cerveau, il se dit peut-être que finalement c'était un piège pour Aang. Azula avait réussi à le tuer en état d'Avatar, quelqu'un d'autre pouvait recommencer. Un éclair et un moment d'inattention d'Aang suffiraient. Tout était compliqué.
Toph sortit de son voyage sensoriel avec un sourire. « J'ai exactement ce qu'il nous faut ! »
Tous se tournèrent vers elle tandis qu'elle tapait du pied pour modeler la terre. Elle forma une énorme motte et d'un coup de pied sec, la motte se scinda en plusieurs niveaux, puis elle déplaça les quatre niveaux au sol pour tous les voir. Chaque étage était représenté en détails. Ce qui en ressortit fut un plan au détail près de la forteresse où était retenue Katara d'après ce qu'elle avait pu voir. C'était impressionnant. Elle avait même modélisé Katara selon l'endroit où elle se trouvait. Suki n'aurait jamais imaginé un tel dédale de couloirs.
Aang était impressionné. « Bien joué Toph ! »
« Ils ont de bons maîtres de la Terre parmi eux pour avoir créé une chose pareille », déclara Toph en contemplant son oeuvre. Elle s'assit et croisa les bras sur sa poitrine. « Maintenant, on peut commencer à échafauder des plans ! »
Elle leur indiqua point par point de quoi il s'agissait. C'était effectivement un labyrinthe très complexe avec de nombreux culs-de-sac. Le commandement était au plus profond de la forteresse. Toph eut un léger sourire face à ce défi. Elle pourrait mettre sens dessus dessous la forteresse avec un peu de maîtrise de la terre. Néanmoins, la question de l'évacuation des prisonniers en cas d'attaque s'avérait délicate. Elle savait qu'elle pourrait compter sur Aang et sa maîtrise de la terre, mais serait-ce suffisant ?
Sokka était survolté. « Peut-être qu'on pourrait tenter une entrée ici et là. Pendant que quelques-uns attaquent le commandement, les autres peuvent faire sortir les prisonniers »
« Ils n'ont que des maîtres quasiment dans leurs rangs, se battre en sous-sol n'est peut-être pas une mauvaise idée. Sauf à tomber sur des maîtres de la terre », indiqua Toph. « Ils pourraient nous ensevelir, même si je les accuserais d'avoir volé mon idée »
Aang eut une moue indignée. « Tu veux les enfouir ?! »
« Tu veux sauver Katara ou pas ? Réveille-toi tête de flèche, ça ne finira pas bien cette histoire. En tout cas pas pour eux », rétorqua Toph avec arrogance.
Sokka reprit la parole. « Et si on endormait Katara ? On pourrait la transporter sans risques et trouver un remède à son hypnose ? Siku pourrait s'en occuper, j'en suis sûr ! »
Siku secoua la tête. « C'est trop risqué. Par contre si on parvient à l'immobiliser, je pourrais la guérir »
« Oh je sais ! Je pourrais bloquer son chi », fit Ty Lee, qui n'aimait guère l'idée d'utiliser des somnifères sur son amie. « Il faudrait juste faire diversion »
Aang préférait également cette solution. « Oui, ça me semble être une bonne idée. Qu'en penses-tu Zuko ? »
Ce dernier réfléchissait. Il était mal à l'aise à l'idée de bloquer le chi de Katara. C'était très douloureux et d'après les dires de Suki, elle l'avait subi plusieurs fois quand elles étaient ensemble en prison. Néanmoins, c'était toujours préférable à un somnifère, bien plus risqué. « Je pourrais servir d'appât. Ty Lee et moi pourrions y arriver. Aang devra s'occuper du commandement, ils ont l'air d'être des maîtres puissants, surtout si ce Xai Bau est parmi eux... »
« Il ne l'est pas », affirma Toph.
Tout le monde tiqua. Comment était-ce possible ? « Tu es sûre Toph ? »
« Hé ! Depuis quand tu doutes de moi Tête de flèche ! C'est parce que je suis aveugle ? Pas autant que toi en tout cas ! », ironisa Toph. « J'ai vu la liste du commandement gravée dans du métal, il n'est pas ici »
Aang tiqua. « Alors, ce n'est pas le Lotus rouge ? »
« Si ! Mais il n'est pas là en tout cas », s'exaspéra Toph.
Zuko intervint. « Mon oncle a dit qu'il ne croyait pas Xai Bau impliqué directement dans cette histoire. Néanmoins, on ne sait pas où il se trouve, mais peut-être a-t-il un nom d'emprunt ? »
« Peu importe. On sait qu'il y a des maîtres puissants, on les a vu faire au Pôle Sud. Et manifestement, ils travaillent très bien en équipe et ont des bloqueurs de chi », fit Sokka. « De plus, ils pourraient utiliser leurs prisonniers comme boucliers humains »
Zuko en frémit d'horreur. Sokka avait raison. Ils ne pouvaient pas les attaquer sur leur propre terrain à eux seuls. Ce serait prendre le risque d'exposer les prisonniers à une mort certaine, voire pire encore. Observant le plan de la forteresse, Zuko cherchait une idée.
« Une infiltration serait peut-être possible non ? Si on ouvre un passage ici, qu'on trouve deux gardes et qu'on prend leurs uniformes ? », pointa-t-il sur un pan isolé de la forteresse.
Sokka se gratta la tête. « L'idée n'est pas mauvaise, mais c'est risqué. Il faudra une bonne diversion »
« J'ai l'intention d'envoyer des troupes faire diversion. Druk pourrait m'y aider », fit Zuko. Le feu destructeur de son dragon suffirait à les ralentir. Druk, qui volait non loin d'eux, à quelques kilomètres de là, lui fit savoir par leur lien télépathique qu'il l'aiderait dans sa tâche.
Sokka hocha la tête d'un air sombre. « Mon père enverra lui aussi des troupes. Ils ont osé faire du mal à ma petite soeur, ils vont le payer très cher »
Un silence palpable s'installa alors. Cette affaire était très complexe et ce qu'ils avaient fait à Katara, tout comme à Suki et aux autres femmes, était intolérable. Zuko s'inquiétait aussi pour sa mère et ses soeurs. Elles pouvaient servir elles aussi de levier de pression. Il s'estima déjà chanceux que Katara n'ait pas eu à subir de grossesse non-désirée. Mais pour combien de temps ? S'il la 'réveillait' en plein milieu de la forteresse, et qu'ils perdaient, ils lui feraient subir bien pire. Tant de scénarios catastrophes se bousculaient dans sa tête, chacun étant plus pénible que le précédent.
« On devrait manger, ça nous aidera à réfléchir », fit Sokka, fidèle à son estomac. Il sortit la viande chassée la veille ainsi que des baies et des fruits. Aang l'aida à faire un feu et Siku à préparer la viande, que Sokka ne cuisait jamais assez, bien trop pressé de manger.
Pendant ce temps, Zuko était perplexe. Il se demandait ce qu'il verrait s'il touchait les racines de l'arbre. La maîtrise du feu ne permettrait sans doute rien, mais que perdait-il à essayer ? Il avait besoin de la voir. Aang l'observa faire d'un oeil distrait. Zuko sentit une étrange sensation l'envahir, mais aucune image ne lui apparut. Déçu, il frappa sur la racine avant de se laisser glisser jusqu'à s'asseoir par terre. Aang qui se redressait alors, se demanda s'il ne pouvait pas lui faire voir par sa maîtrise, mais se dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée après ce que lui-même avait pu voir. Néanmoins il savait qu'il devrait s'y replonger ne serait-ce que pour connaître mieux cette autre version de Katara.
« Je pourrais peut-être te faire voir », commença Aang à voix si basse que Zuko l'entendit à peine.
Toph, qui elle bien sûr avait très nettement entendu l'Avatar, intervint. « Ne fait pas ça, ça lui fera plus de mal qu'autre chose »
« Je veux la voir ! », s'exclama Zuko, vexé que Toph ne le croit pas assez solide pour le supporter. Elle n'avait pas tout à fait tort cependant.
Toph lui flanqua un léger coup de pied, un de ses nombreux signes d'affection, qui le fit grogner. « Ce ne serait pas elle que tu verrais, et d'ailleurs », fit-elle en s'éloignant vers sa carte en relief faite à même le sol, « nous avons déjà de quoi aider Katara »
Sokka planchait déjà sur celle-ci, un morceau de viande en bouche et traçait à côté divers traits, que personne ne semblait comprendre à part lui. Siku, qui s'était approchée, tourna la tête pour essayer de saisir ce qu'il était en train de faire. On aurait dit qu'il élaborait divers tracés pour avoir plusieurs chemins et déterminer lequel serait le meilleur. Toph lui montra l'emplacement où se trouvait Katara lorsqu'elle l'avait vue. Elle songea que Katara serait difficile à battre seule. Elle avait mis hors d'état de nuire trois maîtres dotés de trois éléments différents.
Zuko resta éloigné, agacé par la situation, les yeux rivés sur les racines emplies d'énergie spirituelle. Il décida de ne pas repartir tant qu'il ne l'aurait pas vue. Il voulait effacer toutes les images de Katara qu'il avait créé et qui étaient pour lui toutes plus cauchemardesques les unes que les autres. Dans certaines, il la voyait couverte de blessures, dans d'autre elle était maigre à faire peur. Son esprit s'était ligué contre lui et s'acharnait à lui montrer les pires images possibles. Aang l'observa un moment puis décida d'essayer.
« Zuko, je vais essayer de te montrer », finit-il par dire.
Zuko fut surpris de ce changement d'avis. Il voyait qu'Aang lui-même ne savait toujours pas si c'était une bonne idée. S'armant de courage, il prit la main que lui tendait Aang. « Je n'ai jamais fait ça auparavant, je ne sais pas ce qui va se passer »
« Je suis prêt », répondit Zuko avec détermination.
Alors les yeux et les tatouages d'Aang s'illuminèrent brièvement et Zuko eut un vertige. Il voyait toujours Aang mais d'autres images s'étaient superposées à lui. Tâchant de se concentrer, il finit par voir plus clairement. Il s'agissait d'une sorte d'arène souterraine. Seulement, celle-ci était vide. Aang à côté de lui l'emmena vers d'autres corridors. Ils entendirent d'horribles cris émaner d'une porte non loin d'eux, puis le silence. La porte s'ouvrit et les deux amis se figèrent sur place. Les deux individus portaient un enfant que Zuko crut reconnaître lorsqu'ils passèrent à quelques centimètres d'eux. En vérité, il se rendit compte que c'était un bébé semblable à ceux de la Nation du feu, avec son teint pâle et ses yeux dorés. Les tatouages d'Aang commencèrent à s'illuminer à travers le lien. Zuko avait du mal à se concentrer et les images se mirent à se brouiller de nouveau. Sa tête lui faisait mal, mais il voulait la voir. Seulement, la connexion fut rompue et Zuko tomba au sol.
Il jeta un regard à Aang, qui semblait lutter contre l'état d'Avatar, dans lequel il menaçait d'entrer. Le vent s'était mis à virevolter violemment autour d'eux. Il gémissait de douleur tandis qu'il essayait de se contrôler. Sokka éloigna Ty Lee vivement, il savait qu'Aang en état d'Avatar pouvait être incontrôlable. Une pensée horrible l'étreignit de l'intérieur, songeant qu'ils avaient probablement vu Katara, sa soeur. Et si Aang était sur le point d'entrer en état d'Avatar, ça ne devait pas être bon. Toph avait solidement planté ses pieds dans le sol pour lutter contre le vent. Zuko se redressa et s'approcha de lui. Il lui saisit le bras.
« Aang », fit-il doucement mais avec fermeté.
Ce dernier finit par s'apaiser en sentant quelqu'un lui empoigner le bras, pensant que c'était Katara. Elle avait toujours eu une poigne ferme. C'était toujours elle qui parvenait à le ramener sur terre. Seulement, lorsqu'il ouvrit les yeux il se souvint. Katara n'était pas là. Elle était là-bas, au milieu des cris. C'était Zuko.
« Est-ce que ça va ? », lui demanda-t-il, méfiant en voyant qu'Aang semble surpris de le voir.
Aang soupira. « Oui... Désolé »
« C'est rien », dit Zuko en le lâchant. « Tu n'es pas obligé de recommencer »
Bien que toutes ses pensées soient tournées vers Katara, il se préoccupait d'Aang. Avec le temps, ils étaient devenus de bons amis, et Aang cherchait souvent les conseils de Zuko. Depuis leur mésaventure à Yu Dao, ils avaient appris à s'écouter et à s'entendre sur ce qu'il convenait de faire. S'ils ne s'étaient que rarement vus ces dernières années, un lien fraternel les unissait et les unirait toujours. Du moins était-ce ce qu'ils espéraient. Seulement, Aang ne voulait pas le laisser tomber. Il avait lui aussi le droit de voir Katara, et il était certain d'être en mesure de le faire.
Aang serra le poing. « Je veux réessayer, je dois être fort »
« Viens donc t'asseoir, Tête de flèche, et mange. Tu recommenceras plus tard », intervint Toph en le forçant à s'asseoir au sol sans ménagement.
Ils mangèrent sans grande fanfare, écoutant les diverses blagues que tentait Sokka pour détendre l'atmosphère, avec l'assistance bienvenue de Kiyi. Zuko et Aang étaient absorbés par leur repas, et surtout par leurs pensées tournées vers Katara. De temps à autre, Zuko jetait un oeil sur le collier qui ornait son poignet. Ce bleu si intense lui rappelait ses yeux à elle. Étaient-ils toujours aussi bleus à présent ? Il l'ignorait. Il craignait ce qu'il pourrait voir si Aang réussissait. Toph avait peut-être raison. S'il la voyait en train de se faire torturer, il ne s'en remettrait peut-être pas. Pourtant, il sentait qu'il devait la voir. Son instinct lui disait que c'était la chose à faire, et Toph avait dit qu'ils l'entraînaient à combattre. Il n'y avait donc pas de raison de la trouver en sale état, aussi décida-t-il de ne pas flancher. Il affronterait la réalité, et bien plus encore pour elle.
Aang se leva une fois son repas terminé. Il était déterminé. « Tu es prêt Zuko ? »
« Plus que jamais », fit Zuko, inébranlable.
Ils s'approchèrent des racines et s'assirent en tailleur à proximité des plus grosses d'entre elles. Ils joignirent à nouveau leurs mains. Les tatouages d'Aang s'illuminèrent et après quelques secondes de tournis, ils se retrouvèrent dans la forteresse. Les murs étaient alternativement recouverts de pierres lisses et sombres ainsi que de métal.
« Où crois-tu qu'on se trouve ? », demanda Zuko, alors surpris de pouvoir parler. Le lien était stable.
Aang réfléchit. « Si je ne me suis pas trompé, on est à l'étage où elle se trouve. Au précédent voyage, on était à l'étage du dessous... »
Ce fameux étage qui avait mis Aang hors de lui, menaçant alors le groupe avec l'état d'Avatar. Seulement, cet étage du dessous ne ressemblait guère à celui-ci. Celui du dessous était fait essentiellement de terre et de pierre, et était bien moins propre que celui-ci. Zuko soupira. Au moins, Katara n'était pas en bas. Néanmoins, l'étage était vaste, Zuko se rappelait à présent du plan de Toph. D'après ce qu'elle avait indiqué, Katara devait se trouver au fond à gauche.
« Suis-moi, je crois savoir où elle est », fit Zuko.
Ils avancèrent alors avec prudence, non par crainte de se faire repérer, mais par crainte de ce qu'ils pourraient voir. Ce qu'ils entendaient était déjà insupportable. Des cris féminins. Aang souffla pour se concentrer et maintenir le lien. Zuko était calme en apparence, mais bouillonnait intérieurement, essayant de se rassurer sur le fait que Katara ne devrait pas être en train de se faire torturer, ça n'aurait pas de sens. Néanmoins, il n'oubliait pas que c'était pourtant ce qui était arrivé au début, bien que Suki n'ait vu que les suites de ses tortures. Elle n'en avait pas beaucoup parlé, pour éviter de causer plus d'inquiétude que nécessaire, surtout chez Zuko qu'elle connaissait très bien.
Ils finirent par localiser la pièce indiquée par Toph sur le plan. Prenant une longue inspiration, ils passèrent à travers la porte. Ils soupirèrent. La pièce était vide. Où était Katara ? Ils étaient pourtant passé par l'arène la première fois, et Katara n'y était pas non plus. Zuko essaya de reconnaître quelque chose dans la pièce qui pourrait confirmer que c'était bien celle de Katara. Il y avait une tenue noire semblant plutôt féminine car elle était assez fine à vue d'oeil, mais à part ceci, rien.
« Peut-être qu'on s'est trompé de pièce ? », bredouilla Aang.
Zuko réfléchit. « Non, j'ai bien vu ce que Toph a indiqué sur le plan. Où est-elle alors ? »
Brusquement, un sentiment d'horreur s'empara de lui. Et si Katara s'était réveillée et qu'ils étaient en train de la torturer de nouveau ? Zuko essaya de rester calme pour ne pas faire parvenir son stress jusqu'à Aang. Ce dernier décida d'aller explorer le reste, elle ne pouvait pas être bien loin. Le lien resta stable malgré leurs inquiétudes grandissantes. Ils arpentèrent les couloirs de l'étage mais ne trouvèrent pas Katara. Ils tombèrent en revanche sur une pièce remplie de papiers concernant des comptes. Zuko se doutait déjà qu'ils devaient être financés par quelqu'un, cela ne faisait que confirmer son doute. Néanmoins, les noms étaient codés. Ils croisèrent des individus que Zuko identifia comme d'anciens membres du Dai Li. Ils n'arboraient plus l'habituel symbole de la police culturelle de Ba Sing Se, mais la coupe de leurs vêtements était caractéristique. Cela confirmait les dires de Suki et d'Inaka sur l'hypnose. Et ce n'était pas le seul élément à le confirmer.
« Wei, on a besoin de toi, elle s'est réveillée ! », entendirent-ils dans le couloir.
Zuko et Aang se jetèrent un regard et suivirent le Wei, qui vêtu d'un uniforme du Dai Li, se précipita à la suite de celui qui avait parlé. « Qu'est-ce que vous avez encore fait ! », pesta-t-il.
Le Seigneur du feu tiqua. 'Encore ?', pensa-t-il. Cela signifiait que ce n'était pas la première fois, et que quelqu'un avait dû faire quelque chose de suffisamment violent pour heurter la conscience de Katara et lui permettre de reprendre le contrôle de son corps. Zuko n'osait imaginer ce dont il pouvait s'agir.
Ils descendirent les étages au pas de course. Un épouvantable vacarme se fit entendre et ils pressèrent alors le pas. Zuko n'avait aucun doute, c'était bien de Katara dont ils parlaient. Elle était là, il en était certain. Aang faillit rompre le lien lorsqu'il entendit Katara crier. Elle semblait s'être pris un coup. Ils traversèrent le mur. S'ils n'avaient pas été sous forme d'esprit, ils auraient été empalé par des cristaux de glace.
« Je vais vous tuer ! Tous ! », entendirent-ils vociférer.
Elle était là, encerclée par d'abord cinq, puis dix maîtres environ. Sa tenue noire était partiellement déchirée au niveau des cuisses. Zuko comprit alors ce qui avait dû se passer, et priait pour qu'elle tue l'homme qu'elle menaçait d'un pieu de glace tranchant comme une lame de rasoir. Ce dernier avait la chemise ouverte. Il semblait terrorisé, comme s'il s'était rendu compte de son erreur. Néanmoins, si elle pouvait aisément le tuer, elle n'avait aucune chance de sortir de cet endroit. Ce n'était pas la pleine lune, il faisait encore jour. Zuko mourrait d'envie de l'aider.
« N'approchez pas, ou je le tue ! », menaça-t-elle.
L'un d'eux lui rit au nez. « Tue-le en ce cas ! Mais tu ne t'échapperas pas d'ici. Ce serait dommage que ces chers enfants et leurs mamans en paient le prix, n'est-ce pas ? »
Katara se figea. Zuko et Aang en firent tout autant, bouleversés par ce qu'ils venaient d'entendre. Ils allaient blesser les enfants ! Et les mères ! Réalisant cela, une expression de rage se peignit sur le visage de la maîtresse de l'eau. Cependant, sous le choc de cette menace, elle desserra involontairement son étreinte. L'homme en profita pour lui flanquer un coup de coude en plein visage avant de s'écarter d'elle, qui trébucha en arrière sous l'effet du choc.
« Non ! », hurla Aang, que personne à part Zuko ne pouvait entendre.
Une femme arriva dans son dos et appuya avec rapidité sur des points précis de son corps pour lui bloquer le chi. Zuko la regarda avec horreur s'effondrer au sol, face contre terre dans un ultime gémissement. La femme la fit se redresser en la tirant par ses cheveux, tout en la gardant à genoux. Les yeux de Katara étaient emplis de haine. Si ses yeux avaient pu tuer, ils seraient tous morts. Néanmoins, ses membres tremblaient.
« Wei, on va le faire ici et maintenant », fit celui qui avait ri.
Le dénommé Wei s'avança et en quelques mouvements, il plaqua Katara au mur, ses bras, chevilles et sa tête enserrées par des blocs de pierre. Celle-ci tenta vainement de se défaire de l'étreinte du maître de la terre mais sans succès. Elle entreprit de fermer les yeux fortement. D'autres anciens membres du Dai Li arrivèrent et installèrent un cercle de métal en face de Katara.
« Ouvre les yeux ! », ordonna l'un d'eux.
Voyant qu'elle n'obtempérait pas, celui-ci s'approcha d'elle et alluma une dague de feu tout près de son corps. Zuko s'avança pour l'empêcher, mais il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait que regarder. Il brûla une partie de la combinaison de Katara qui décida de rouvrir les yeux. Cette fois, la haine avait fait place à la peur sur son visage. Elle savait que son esprit serait à nouveau emprisonné dans le néant et qu'ils la forceraient encore à tuer Zuko. Ce dernier était à côté d'elle et voulut lui attraper la main mais la sienne passa au travers à nouveau.
« Zuko... », souffla-t-elle. Ce dernier sursauta. Pouvait-elle réellement le sentir ? Un sourire d'espoir commença à naître sur son visage. Si elle pouvait le sentir, peut-être ne perdrait-elle pas espoir. Elle ne devait pas perdre espoir. « Pardonne-moi »
Il se rendit compte qu'elle ne l'entendait pas, et qu'elle ne pouvait pas le sentir. C'était une prière qu'elle se faisait à elle-même, une prière pour qu'elle le pardonne si jamais elle parvenait à le tuer. Zuko lâcha un cri rageur. Il sentit des larmes couler sur son visage. Il ne pouvait rien faire. Et l'hypnose commença.
« Tu dois tuer Zuko »
Aang et Zuko hurlèrent de concert. « Non ! »
Ils reportèrent leur attention sur Katara, priant pour qu'elle ne cède pas. Elle répondit faiblement. « Je... non... Je dois tuer... Zuko »
Les deux amis fermèrent les yeux, acceptant la défaite.
« Répète »
Sa voix se fit plus froide. « Je dois tuer Zuko »
Toute trace de la Katara qu'ils venaient de voir avait disparu. Son visage était parfaitement dénué d'émotions. Ses yeux étaient vides. Zuko ne pouvait pas détacher ses yeux de son visage. C'était terrifiant de voir la personnalité de quelqu'un disparaître aussi facilement. Cela devait faire des semaines qu'elle subissait ce rituel. Ce fut plus qu'Aang ne put supporter et il rompit alors le lien. Ils étaient allongés contre le sol, ébahis par ce qu'ils venaient de voir.
« Les gars, vous êtes sûrs que ça va ? Aang est passé en état d'avatar », demanda Sokka avec prudence.
Zuko se redressa aussitôt, son visage figé dans une expression de colère. « Je vais les tuer »
Sa voix était si gutturale tout à coup que tout le monde en eut des frissons. Menaçant, une colère froide montant en lui, il se releva. « Est-ce qu'on a un plan ? », demanda-t-il.
« Quoi ? », balbutia Sokka qui ne s'attendait pas à ce que ce soit la première chose qu'il partageât avec eux. Il s'attendait plutôt à un récit sur ce qu'ils avaient vu.
Zuko lui jeta un regard noir. Il parla de façon très articulée et sa colère monta à chaque mot qu'il prononçait. « Est-ce que. On a. UN PLAN ?! »
Il vit que tout le monde le regardait, et pour cause. Il n'était pas lui-même. Tous le savaient. Aang peina à se relever. Il avait entendu Zuko, et posa une main sur le dos de celui-ci qui sembla revenir sur terre. Il lâcha un cri d'énervement, exprimant sa colère.
Il soupira un grand coup et se tourna vers son audience. « Quoi ?! »
Tous semblèrent se réveiller et cessèrent de le fixer. Néanmoins, ils s'inquiétaient à présent pour la santé mentale de Zuko. Sokka toussota et reprit la parole.
« Si j'en crois ce qu'a vu Toph, il faudra au moins un bon bataillon pour venir à bout de cette forteresse. On pourrait y aller à 10, mais les chances de survie sont quasiment nulles, ils sont trop nombreux, maîtrisent apparemment presque tous un élément et ont une parfaite connaissance du terrain »
Toph sourit d'un air satisfait. « Je l'ai aussi, la connaissance du terrain »
Zuko tiqua. « Je peux envoyer un bataillon, mais guère plus. Nous avons été attaqués et avons perdu nombre de bons soldats, je crois que mes hommes au palais ont envie d'en découdre. Je ne peux pas envoyer plus de monde, cela ne ferait qu'entacher davantage l'image de mon peuple »
Il songeait à celui que Katara avait tenté, sans succès, de guérir. Ecrire et expédier les lettres annonçant le décès des soldats tués dans l'attaque perpétrée contre lui avait été très difficile. Néanmoins, Zuko savait que la moindre intervention militaire était très périlleuse diplomatiquement. N'avait-il pas promis une ère de paix et d'amour ? Il se souvint s'être trouvé très naïf après ce petit discours, mais l'optimisme ne lui faisait pas de mal à cette période. Il se devait de ne pas oublier son but, le but que Katara partageait avec lui et ses amis.
« On peut compter sur un groupe de guerriers du Pôle Sud », fit Sokka, appuyé par Siku.
« Le Royaume de la Terre pourrait peut-être nous aider aussi », pensa Zuko. Il n'entretenait pas de relations très étroites avec leur roi Kuei mais ce dernier avait un bon coeur.
Aang eut une idée. « Il faudrait rendre nos informations publiques. Peut-être décideront-ils de réagir ? Je pourrais peut-être vaincre leur chef »
« Ils ont failli tuer Zuko et ont réussi à défaire Katara. Même au Pôle Sud, tu n'as rien pu faire. Leur chef pourrait ne jamais nous affronter et laisser son 'armée' le faire », déclara Sokka.
Toph réfléchit. « Qu'est-ce qu'ils peuvent bien vouloir ? Ça ne peut pas être qu'une histoire de trafics n'étant plus aussi profitable qu'avant »
« Mon père souhaitait dominer le monde parce que cela lui plaisait ainsi. Je ne sais pas s'il faut voir au-delà », fit Zuko, néanmoins pensif. « Mon oncle disait que Xai Bau avait quitté le lotus Blanc car il avait selon lui failli à sa mission qui était de libérer le monde en décidant de servir l'Avatar »
Sokka se gratta la tête, son habituel tic signifiant qu'il était en pleine réflexion. « Ils veulent renverser les gouvernements en place, non ? L'Avatar n'est pourtant pas un leader »
Aang ne dit rien. Toph répondit sur un ton sarcastique. « Oh bah non, mais je te rappelle que son meilleur ami est Seigneur du feu, ça ne doit pas vraiment aider »
« Eh, c'est moi son meilleur ami, non ? », s'exclama Sokka, qui était de retour dans ses travers humoristiques.
Zuko pensait de nouveau à sa mère et à ses soeurs, qui pourraient être en danger. Pour se rassurer, il songea à son oncle, que rien ne pouvait ébranler dans sa maîtrise. Sa maîtrise du feu était légendaire. Il les garderait en sécurité. Une nouvelle pensée s'insinua en lui. Katara. Si jamais ils parvenaient à s'en sortir, elle serait constamment en danger elle aussi. Et il avait été incapable de la protéger. Soupirant, il essaya de ne pas ressasser ces idées noires. Il aimait Katara, et elle l'aimait, et était plus que capable de faire ses propres choix.
La nuit tombait sur le marais. Aang allait et venait grâce aux racines du Marais, glanant la moindre information pouvant servir leur cause. Sokka et Siku s'occupèrent du repas, que le premier engloutit en un clin d'oeil. Zuko s'était mis à l'écart après le dîner. Druk dormait déjà paisiblement. Il s'assit à quelques pas de lui, triturant nerveusement le collier de Katara du bout des doigts. Ce bleu lui rappelait ses yeux. Il se rappela son regard juste avant qu'Aang ne coupe le lien. Si vide, si dur. Et en même temps, ces minutes avaient suffi à lui prouver que la Katara qu'il connaissait si bien était toujours là quelque part, en train de se battre contre les techniques d'hypnoses inspirées du Dai Li. Sa mâchoire se crispa de détermination. Il ferait tout pour qu'elle soit libre de cette emprise. Son regard s'adoucit alors qu'il se reportait dans sa contemplation du collier. Il se rappelait sa berceuse, et avait mémorisé chaque mot. Néanmoins, il ne la chantait jamais ouvertement, mais ne faisait que la fredonner bouche fermée. Excepté que cette fois, quelqu'un l'entendit et se mit à fredonner avec lui. Zuko se pétrifia sur place. Sokka. Leurs regards se croisèrent.
« Katara me la chantait souvent quand on était petits », fit-il en s'asseyant à côté de Zuko.
Zuko baissa les yeux sur le collier. « Elle me l'a chantée quand j'étais souffrant à cause de mon épaule. Elle me manque. Je ne supporte pas de la savoir là-bas »
« Qu'est-ce que vous avez vu, toi et Aang ? », demanda Sokka. Il était partagé. D'un côté il ne voulait pas savoir ce qui arrivait à sa soeur, de peur d'obscurcir son jugement, mais de l'autre, il ne supportait pas de ne pas savoir ce qui se passait.
Zuko inspira profondément. Il ne devait pas craquer. « Je... Je crois que l'un d'eux a fait quelque chose qui lui a permis de se réveiller de l'hypnose. Elle a essayé de se battre, mais ils étaient trop nombreux. Puis... Ils ont réussi à la maîtriser et... Elle a été hypnotisée à nouveau. Ils ont menacé de blesser les enfants et leurs mères si elle ne coopérait pas. C'était effrayant »
Sokka hocha doucement la tête et baissa les yeux. Il reconnaissait bien sa soeur. Si la vie d'enfants était en jeu, elle se sacrifierait sans hésitation. Et savoir qu'elle se battait contre leur emprise lui donna du baume au coeur. Ils pouvaient la sauver. Cependant, tout deux savaient qu'elle ne tiendrait pas éternellement.
« Elle me manque à moi aussi, et elle me manquera d'autant plus qu'elle sera occupée avec toi ! », fit Sokka avec un sourire dans la voix pour détendre un peu l'atmosphère. Zuko leva les yeux sur lui, perplexe. Sokka reprit. « Quoi ? Tu ne crois quand même pas que Katara va rester au Pôle Sud alors que tu es à la Nation du feu, si ? »
Cette idée n'avait pas vraiment traversé l'esprit de Zuko depuis sa disparition. « Je n'y avais pas vraiment songé. Je veux juste qu'elle soit heureuse, avec moi ou non, cela m'importe peu tant qu'elle va bien »
Sokka fut rassuré. Sa soeur n'aurait jamais à craindre que Zuko ne lui impose ses décisions. Il lui donna un coup de coude et lui fit un clin d'oeil. « Elle s'est sacrifiée pour toi, elle aura besoin de toi quand on la retrouvera »
Zuko se retint de dire 'si on la retrouve' car elle était à présent si proche. Demain, lui et Aang y retourneraient pour essayer d'identifier un maximum de personnes et potentiellement trouver les traîtres à la Nation du feu. Avec toutes ces informations, ils pourraient agir en pleine connaissance de cause. Il ne savait pas dans quel état il la retrouverait mais il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour qu'elle guérisse. Et même si elle ne guérissait jamais complètement, il ne l'aimerait pas moins pour autant, au contraire.
« Je serai là pour elle »
Sokka lui tapota l'épaule en signe d'approbation et rit, à voix basse néanmoins. « Je te ferai mordre la poussière si tu fais n'importe quoi »
Zuko sourit et retourna se coucher, rattachant le collier de Katara à son poignet dont il serra le pendentif. Cette nuit-là, il ne fit aucun cauchemar. Néanmoins, Aang ne pouvait pas dormir. Il décida de se replonger dans la forteresse. Il voulait revoir Katara, et s'assurer qu'aucun mal ne lui était fait.
Katara avait dîné dans sa chambre une mixture peu ragoûtante, puis s'était endormie. Il l'avait scrutée des heures et lui aussi pensait que la véritable Katara était toujours là quelque part. La nouvelle était froide et arborait un visage dur comme le marbre. Il ne l'aurait admis pour rien au monde mais elle lui faisait peur. Elle semblait implacable, encore plus que Toph, qui ne l'était que lors de ses combats. La regarder dormir n'avait rien de particulièrement intéressant, aussi avait-il décidé de continuer à fouiller cette prison. Trois gardes surveillaient sa chambre, probablement pour vérifier qu'elle ne se réveille pas à nouveau.
Aucun soldat n'était venue l'importuner ou pire encore. Personne ne l'avait battue ou torturée depuis son hypnose. Elle semblait en sécurité, même si son esprit était enfermé. Aang s'inquiétait néanmoins de ce que cette étrange Katara pouvait lui faire subir dans sa tête, mais il ne pouvait rien faire pour le moment. Il passait de cellule en cellule, il y avait un quartier où les femmes enceintes étaient gardées précieusement de jour comme de nuit, sans doute pour éviter qu'elles n'attentent à leurs jours. Elles jouissaient d'un confort presque similaire à celui de Katara, et bien différent de l'autre quartier.
C'était le pire, encore que la nuit, l'endroit était assez calme. Cependant, les dégâts constatés eux n'avaient rien de paisibles. Il y avait là des filles battues, certaines ayant même perdu l'un de leurs membres ou de leurs yeux, et d'autres qui se tortillaient sur elle-même, vêtues de vêtements déchirés qui laissaient présager ce qui avait pu se produire. Après tout, les femmes enceintes ne l'étaient pas par hasard. Aang se souvint de la première fois où il y avait songé. C'était à l'époque où lui et Katara étaient ensemble. Comment un homme pouvait-il violer une autre femme ? Il eut presque un haut le coeur quand il entendit une discussion entre deux prisonnières. Elles semblaient venir du Royaume de la Terre.
« Tu as saigné cette semaine ? », demanda l'une.
L'autre, qui semblait toute frêle, répondit avec désespoir. « Oui », fit-elle à voix si basse qu'Aang dut lire sur ses lèvres. « Si... si je suis stérile alors... » Elle était terrifiée.
« Je ne les laisserais pas faire ! », rétorqua l'autre.
La plus frêle recroquevilla ses jambes. « Ils vont recommencer, encore et encore... Je veux que ça s'arrête »
La première ne répondit pas, visiblement désemparée et ne sachant quoi répondre. Aang sut qu'ils devaient faire quelque chose pour que cela cesse. Une pensée horrible lui parvint. S'ils n'avaient pas touché la Katara actuelle, avaient-ils violenté celle qu'il connaissait ? Il en était quasiment persuadé, mais voir le sort qui lui a peut-être été réservé lui vrillait l'estomac. Il finit par sortir de son exploration. Toph, qui ne dormait que d'un oeil, sentit à son coeur qui battait à la vitesse d'un cyclone qu'il avait vu des choses horribles. Lorsqu'elle avait fait le plan de la forteresse, elle s'était forcée à occulter l'aspect humain car elle savait qu'elle ne pourrait pas le supporter.
« Elle va bien ? », demanda Toph à voix basse.
Aang répondit, la gorge serrée. « Oui, elle dort, et personne n'est venu la voir, mais... »
« Je sais. J'ai essayé de ne pas m'arrêter sur le reste, mais je n'ai pas pu tout occulter », lui confia Toph. « On doit se concentrer sur notre objectif »
Le jeune homme se toucha nerveusement la nuque. Heureusement que Zuko n'était pas venu avec lui, il aurait probablement incendié le camp et serait parti les massacrer. Même s'il n'avait plus autant d'accès de colère, Aang savait qu'il était toujours capable d'exploser. Tout comme lui-même aurait pu facilement entrer en état d'Avatar s'il les avait vus en train de maltraiter Katara. Ils ne pouvaient pas rester là éternellement. Ils devaient passer à l'action. Et ils le feraient. Les deux compères retournèrent se coucher. Le lendemain, ils décidèrent de rentrer à la Nation du feu.
De retour à la Nation du feu, Zuko commença à mettre en place un plan avec son oncle. Il savait tôt ou tard qu'il devrait rouvrir l'accès au palais à la cour royale, qui avait dû renoncer aux soirées mondaines - la plupart du temps organisées par Iroh - depuis l'attaque. Et à présent, il avait des noms. Celui de Bo Huong n'était évidemment pas apparu, ce dernier étant toujours à la Nation du feu, et il n'y avait aucun nom issu de la noblesse. Néanmoins, ils étaient tombés sur des sommes relativement importantes, utilisées pour "financer" leur entreprise sordide. Et il y avait une proportion assez significative de maîtres du feu. Certains devaient être originaires des colonies, mais d'autres l'étaient de la Nation du feu, c'était évident. Et cela expliquait comment ils avaient pu les encercler lors de l'attaque qu'il avait subie. Ils semblaient connaître très bien le palais. Un traître devait donc se trouver à la cour. Ce ne serait ni le premier ni le dernier. Et il le trouverait.
Prenant une pause avant de s'atteler à la tâche, il passa voir les cannes-tortues. Il venait toujours les nourrir lorsqu'il pouvait. Néanmoins, il vit que quelqu'un était déjà là. Il était pourtant tard. De dos, il la reconnut aisément. Elle avait toujours apprécié les robes à col.
« Maman »
Celle-ci se redressa en entendant sa voix. Lorsqu'elle se tourna vers lui, son visage se fendit d'un sourire. « Mon cher enfant », dit-elle doucement. « Viens t'asseoir »
Zuko hésita et finit par céder. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas profité de sa mère. « Il est tard »
« Tu te souviens quand nous nourrissions les cannes-tortues ensemble ? », fit-elle sans lui répondre. Elle passa un bras autour de son fils, qui se laissa faire.
Zuko sourit légèrement. « Comment pourrais-je oublier ? Je me souviens, la mère m'avait mordu une fois »
« Oui, je me rappelle », rit-elle avant de se pencher vers lui. « Ne jamais toucher les bébés d'une mère »
« Je me suis occupée d'elles en ton absence », dit Zuko.
« Je sais, elles ont bien grandi à présent, elles feront des bébés elles aussi », dit-elle doucement. « Comment te sens-tu ? »
Zuko fut surpris par la question. Il ne s'était toujours pas habitué à ce qu'on lui demande comment il se sentait. « Je ne sais pas. Misérable, je suppose »
« Pourquoi tu dis ça ? », fit-elle, interloquée par la réponse avant de réaliser ce qu'il voulait dire. Elle ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais voir son fils amoureux lui réchauffait le coeur, en dépit des circonstances. « Katara »
« Oui », soupira Zuko. « Katara. Je vais bientôt la retrouver et pourtant je redoute ce moment. Je ne suis qu'un idiot, j'ai cru que pour une fois j'aurais le droit d'être heureux »
« Oh, Zuko », fit sa mère en le serrant un peu plus contre elle. « Tu as le droit au bonheur, et je sais que tu pourras la ramener. Ils ne peuvent pas gagner aussi facilement »
Zuko jeta machinalement un caillou dans la mare. « Peut-être que si »
« Ils ne gagneront pas », lui assura-t-elle en le prenant doucement dans ses bras.
Ursa savait que Zuko ne le pensait pas. Il n'abandonnait jamais, peu importe les difficultés. Elle tâcha néanmoins de ne pas trop lui en vouloir de penser ainsi pour le moment. Il fondit doucement dans les bras de sa mère. Au fond, il savait que tout était possible à présent. Il y a quelques jours ils ne savaient guère grand chose sur le Lotus rouge. Aujourd'hui, ils connaissaient par coeur la forteresse et ce qui était arrivé à Katara. Elle était toujours vivante et s'ils souhaitaient qu'elle le tue, elle resterait en vie et en bonne santé encore un moment. Il voulait être optimiste, c'était simplement plus facile d'être pessimiste. Il devait mobiliser sa Nation et ses troupes pour arrêter cette menace.
Zuko décida alors de planifier un discours officiel qui serait retranscrit dans les divers journaux de la Nation du feu. Ses conseillers avaient approuvé sa décision, en insistant bien sur le fait d'appuyer sur les crimes commis par le Lotus rouge. Cela ne devait pas sonner comme une déclaration de guerre, mais comme une décision de justice pour les citoyens enlevés par cette organisation criminelle. Néanmoins, un conseil de guerre était convoqué le lendemain soir. Il fallait organiser les troupes et sélectionner soigneusement les soldats, car il fallait des personnes solides pour supporter ce qu'ils pourraient trouver dans la forteresse de leurs ennemis. Zuko avait répété son discours jusqu'à tard dans la nuit, Iroh l'avait retrouvé endormi sur son bureau.
« Mon neveu, tu devrais aller dormir. Demain sera une longue journée »
L'air hagard Zuko hocha la tête, trop fatigué pour protester, et rejoignit sa chambre. Le coin aménagé pour Katara était toujours là, ce qui lui tordit le coeur. Il attrapa l'oreiller sur lequel elle avait dormi, et enfouit son visage pour sentir son odeur, ou ce qu'il en restait. Il pouvait encore la sentir, aussi décida-t-il de l'emporter avec lui pour dormir. Il n'ôta que ses bottes pointues et son armure, et s'effondra dans son lit.
« Je dois te tuer »
Katara. Elle semblait différente. Froide. Vêtue de sa combinaison noire, elle s'approcha de lui, l'air menaçant. Son regard était glacial. Un frisson de peur s'empara de lui. Que se passait-il ? Elle leva les bras et lança une puissante attaque contre lui.
Zuko ne s'y attendait pas et l'esquiva au dernier moment. Pourquoi faisait-elle ça ? « Katara, c'est moi ! Qu'est-ce que tu- Argh ! »
Il sentit son corps dépossédé de sa volonté. Il tomba à genoux, incapable de résister. Ses bras se tordirent en des formes anormales, ce qui le fit atrocement souffrir. Katara utilisait ces gestes qu'il avait déjà vu. La maîtrise du sang. Elle compressa ses os si violemment qu'il sentit ses côtes craquer, le faisant hurler de douleur.
« Tu m'as trahie ! », hurla-t-elle.
Zuko tenta de lutter, en vain. Chaque fois qu'il mettait de la force pour se défaire de l'emprise de Katara, celle-ci raffermissait davantage son emprise. Il peinait à reprendre son souffle tant il souffrait. Ses os semblèrent se briser d'un coup, il ne tenait désormais plus que par la volonté de Katara. Elle allait réellement le tuer. L'avait-il vraiment trahie ? Était-elle ainsi parce qu'il ne l'avait pas sauvée à temps ? Parce qu'il avait perdu son temps avec les nobles de sa Nation alors qu'il aurait pu la sauver ? Peut-être méritait-il cette fin. Peinant à garder les yeux ouverts, il vit soudain Katara changer de forme. Il reconnut immédiatement celle qui prit sa place, avec son sourire narquois et ses cheveux noirs.
« Tu croyais vraiment qu'elle t'aimait, Zuzu ? », ricana Azula avant de lui envoyer une boule de feu bleu.
Zuko se réveilla en sursaut et en sueur. Il se prit aussitôt la tête entre les mains lorsqu'il réalisa que ce n'était qu'un cauchemar. L'un des plus terrifiants qu'il ait pu faire. Il sentit des larmes couler le long de son visage. Il les essuya d'un geste rageur, mais il en vint d'autres et encore d'autres. Que lui arrivait-il ? Pleurer de la sorte ? Ce n'était pas honorable ! Il serra de son poing la pierre du collier de Katara. Il songeait qu'il ne la reverrait peut-être jamais. Soit il la tuerait, soit eux la tueraient.
« Katara... », murmura-t-il entre deux sanglots.
Il se recoucha et pleura longtemps jusqu'à se rendormir. Lorsqu'il se réveilla, il se rendit des trainées de larmes sèches qui striaient son visage. Il alla dans la salle d'eau se rafraîchir et, confronté à son reflet dans le miroir, il eut un air résolu.
« Jamais je n'abandonnerais Katara », dit-il avec détermination.
Son visage fermé recomposé, il appela ses servants qui vinrent l'habiller et l'aider à nouer son chignon de Seigneur du feu qu'il orna de sa flamme habituelle. Aujourd'hui, la cour rouvrait. Ce qui signifiait retrouver ces jeunes demoiselles qui se pavanaient dans l'espoir qu'il épouse l'une d'elles, et retrouver les nobles qui pour certains ne souhaitaient que le voir échouer. Il ignorait s'il était prêt mentalement à s'infliger tout ceci, mais il n'avait pas le choix.
Se réveiller sans elle à nouveau lui était pénible. Pourtant, elle n'avait dormi avec lui que de rares fois. En si peu de temps, elle avait réussi à se frayer un chemin jusqu'à son coeur. Il finit par se lever, déterminé. Ils avaient toutes les cartes en main pour parvenir à leurs fins. Kao, entendant du bruit dans sa chambre, finit par rentrer avec les servants.
« Votre Majesté », fit-elle en s'inclinant respectueusement. « Voici votre robe de cérémonie, comme vous l'avez demandé »
Zuko hocha la tête. « Habillez-moi »
« Tout de suite, votre Majesté », fit-elle en se tournant vers les deux servants qui la suivaient.
Sa robe de cérémonie était principalement composée de trois couches. Si Zuko pouvait s'en sortir avec les deux premières, l'armure qu'il devait mettre était relativement complexe. Ils n'étaient pas trop de trois pour réussir à la lui mettre correctement. Sa mère vint frapper alors que Kao s'apprêtait à faire son chignon à Zuko.
« Oh Zuko, tu es... impressionnant ! », fit-elle avec un sourire. Impressionnant. Il se rappelait que Katara avait utilisé ce qualificatif aussi. Voyant le visage de son fils se décomposer quelque peu, elle changea de sujet. « Je pourrais te coiffer »
Zuko, surpris par sa proposition, hésita et jeta un regard entendu à Kao, qui se retira, abandonnant l'ornement du Seigneur du feu à Ursa. Celle-ci attrapa le peigne qu'utilisait habituellement Zuko lorsqu'il n'avait pas à mettre sa tenue de cérémonie. Zuko pensa qu'au moins elle ne pourrait pas s'indigner sur un chignon qu'elle aurait fait elle-même.
« Comment te sens-tu ce matin ? », demanda-t-elle doucement.
Zuko soupira. « Ça fait longtemps que je n'ai pas fait un discours »
« Tu t'en sortiras très bien. Ton oncle dit que tu y as consacré toute ta soirée », l'encouragea-t-elle tandis qu'elle figeait enfin le chignon.
Zuko hocha très légèrement la tête, lui jetant un regard apaisé à travers le miroir qui leur faisait face. « Je suis content que tu sois là maman »
Elle sourit à son tour, ce qui le fit sourire aussi. Il s'étonnait presque de ne pas avoir perdu sa capacité à sourire. Ursa termina son ouvrage en plaçant son ornement dans son chignon. Il se releva. Soupirant, il jeta un léger regard par la fenêtre du Palais. C'était l'effervescence dehors. Il priait pour que la réouverture de la cour soit une bonne idée.
« Tu devrais manger un peu avant d'y aller, mon chéri », lui conseilla sa mère.
Zuko hocha la tête et vit que sa mère était surprise de constater si peu de résistance. Elle ne dit rien cependant et ils sortirent de la chambre. Kiyi les attendait pour déjeuner, en compagnie d'Iroh et de toute l'équipe Avatar. Hua était assise entre ses deux parents et marmonnait des paroles incompréhensibles. Toph elle était déjà en train de manger. Aang attendait patiemment Zuko pour commencer. Kiyi, voyant son frère, sauta sur ses pieds et courut jusqu'à lui pour lui sauter dans les bras. Ce dernier la rattrapa au vol.
« Zuzu ! », rit-elle. Puis elle eut une moue agacée. « Bouh, c'est pas facile de te faire un câlin avec ton armure là »
Zuko sourit à nouveau. C'était toujours très étrange pour lui de recevoir toute cette affection. Il ne pouvait jamais s'empêcher de penser à Azula dans ces moments-là. Ils mangèrent le petit déjeuner et Zuko se prépara à son discours officiel. Aang avait décidé de venir avec lui pour le soutenir dans sa volonté de paix. Il avait revêtu son habit de cérémonie avec son médaillon gravé du symbole des Nomades de l'Air. Iroh était là lui aussi, même s'il n'allait pas tarder à rejoindre les rangs de la famille royale, en bas des escaliers du haut desquels étaient déclamés tous les discours du Seigneur du Feu.
« Vous croyez que c'est une bonne idée mon oncle ? », s'inquiéta Zuko, qui lui avait pourtant demandé son avis au moins trois fois la veille.
Iroh hocha la tête. « Mais oui ! La Nation du feu a toujours aimé montrer sa force, et rouvrir la cour nous permettra de parvenir à nos fins ! »
Zuko eut une moue satisfaite. Il prenait la bonne décision. Prévenant l'annonceur, il rajusta sa robe. Ses mains étaient un peu moites, mais il pouvait le faire.
« Agenouillez-vous devant votre Seigneur du feu »
Il s'avança solennellement en haut des marches de la cour du palais, vêtu de son imposante robe de cérémonie. Celle-ci lui donnait toujours une impression de grandeur, dont il se servait avec de plus en plus d'habileté pour faire régner son autorité. Les personnes les plus importantes de la Nation du feu étaient présentes devant lui. Aang se tenait juste à côté de lui. Il savait pertinemment qu'il n'était là que pour la forme et parce qu'il soutenait Zuko, il savait que c'était à Zuko de parler. Si ce dernier était toujours mal à l'aise à l'idée de faire des discours, cette fois, sa peur semblait avoir disparu. Uniquement de la détermination saupoudrée de sa colère habituelle. Son visage était grave. Invitant ses concitoyens à se relever, il inspira profondément.
« Mes chers concitoyens, c'est le coeur lourd que je me présente à vous aujourd'hui car je vous dois la vérité.
L'organisation qui menace notre Nation et la paix est connue sous le nom du Lotus rouge. Ils ont enlevé et séquestré des dizaines de personnes à travers les différentes nations et ont essayé d'attenter à ma vie, ma vie que j'ai juré de dévouer à ma Nation. Nous savons où se trouve leur organisation, et afin de venger les soldats morts pour défendre ma famille, ainsi que pour sauver les femmes et enfants qu'ils détiennent, je m'engage avec l'appui de notre armée, à les défaire »
La foule commença à parler avec enthousiasme. Ils étaient ravis de pouvoir à nouveau guerroyer, et cette fois pour une cause juste. Les nobles présents semblèrent acquiescer. Iroh était resté légèrement en retrait, afin d'observer les réactions de ces derniers. Zuko devait absolument renouer le dialogue avec eux pour que le plan se déroule ainsi que prévu. Seuls les fidèles de Bo Huong semblaient sceptiques. Ce n'était pas étonnant, Bo Huong était toujours surveillé. Zuko laissa la foule s'exprimer quelques instants, jeta un regard à Aang qui lui fit un léger sourire pour l'encourager, avant de reprendre.
« En outre, nous savons que des traîtres se cachent au sein de la Nation du feu et nous les trouveront. S'ils venaient à se révéler d'eux-mêmes et à nous apporter les moyens de protéger notre peuple, ils bénéficieront de ma clémence. S'ils ne le font pas, ils seront punis avec la sévérité qu'imposent nos lois.
J'ai juré de préserver la paix. Ces criminels ont souhaité la briser, pas uniquement en m'attaquant moi, mais en attaquant nos alliés et en mettant en péril le Mouvement de Restauration de l'Harmonie. Je ne les laisserais pas faire. Nos citoyens méritent que justice leur soit rendue, et cela ne leur sera jamais dénié. Notre Nation est forte et sage, aussi je vous demande de coopérer avec nos alliés le temps que cette organisation soit démantelée et les dégâts qu'elle aura causé réparés. Plus que jamais, nous devons nous montrer forts »
La foule applaudit ce discours. Même si certains demeuraient sceptiques, il était question de protéger la Nation du Feu et de montrer à nouveau la force de celle-ci. Aang fit un sourire à Zuko, qui garda néanmoins son air sérieux.
« Veuillez annoncer mon décret », indiqua Zuko à son porte-parole qui tenait en sa main l'ordre de réouverture de la cour. Il n'aimait pas spécialement faire déclamer ses décrets, mais la noblesse insistait pour garder cette tradition. Iroh lui avait conseillé de s'y soumettre. Aang trouvait lui aussi cela curieux mais ne pipa mot.
Ce dernier déplia solennellement le parchemin et tous dans l'assemblée se turent.
« Par décret royal de sa Majesté, le Seigneur du feu Zuko, Premier du nom, la cour royale sera rouverte à la noblesse de la Nation du Feu à compter de ce jour et ce, jusqu'à nouvel ordre »
Les nobles furent beaucoup plus enthousiastes tout d'un coup. L'idée de pouvoir reprendre leurs nombreux complots politiques pour parvenir à asseoir la position de leur famille les réjouissait, et Zuko n'en était pas dupe. Satisfait. Zuko se retira alors et expira un grand coup, comme s'il avait été en apnée pendant toute la durée de son discours.
« Super discours, Zuko ! », s'exclama Aang.
Zuko se tourna vers lui, l'air sérieux. Puis voyant le sourire d'Aang, il sourit légèrement à son tour. « Merci Aang »
« Maintenant que la cour est ouverte », commença Aang. « As-tu repéré des traitres dans la liste que Suki a fournie ? »
Zuko hocha légèrement la tête. « La plupart sont au sein de l'organisation, cependant il y a quelques personnes de la petite noblesse qui y figurent. Je dois les amadouer pour avoir leur confiance »
« C'est un bon début ! », s'exclama Aang.
'Toujours optimiste', pensa Zuko. « Je devrais aller accueillir la cour », dit-il.
Iroh, qui entrait justement dans la pièce, acquiesça. « C'est la coutume, mon neveu »
Il savait combien son neveu abhorrait les courbettes que lui faisaient les nobles. Il se pinça l'arête du nez pour éviter de laisser son agacement poindre davantage.
« Faites venir ma soeur, mon oncle », demanda-t-il.
Iroh sourit. « Elle t'y attend déjà »
Zuko se dépêcha alors, laissant Aang en compagnie d'Iroh qui lui proposa un Pai Sho. Il aurait dû savoir que Kiyi serait excitée à cette idée. Il priait pour que tout se passe bien. Entrant dans la salle du trône, il vit Kiyi assise sur ce dernier. Elle portait l'une de ses plus jolies robes et arborait des bijoux imposants pour son petit visage. Les bijoux étaient vraiment ses accessoires préférés. Elle lui fit un grand sourire malicieux.
« C'est moi le Seigneur du feu maintenant ! », rit-elle, guillerette.
Zuko jeta un regard à la porte qui était toujours fermée. Les nobles pourraient attendre quelques minutes. « Oh vraiment ! Et que fais-tu de ton frère alors ? »
« Je le jette en pâture aux nobles ! », plaisanta-t-elle d'un ton faussement prétentieux.
Zuko prit un air faussement offensé et s'inclina. « Oh et bien, si sa Majesté l'ordonne... Seulement, je crois que c'est à vous, Seigneur du feu, d'ouvrir les portes ! »
Kiyi devint plus hésitante. « Ça va, ça va, je te laisse la place ! Je suis trop petite pour ce trône de toute manière », fit-elle en sautant sur ses pieds.
Reprenant son air sérieux, il jeta un regard entendu à Kiyi. L'heure n'était plus à la plaisanterie. Celle-ci comprit le message et descendit sagement vers Zuko, prenant place à ses côtés. Ce dernier lui prit la main quelques secondes. Kiyi fut surprise, mais comprit qu'il essayait de faire descendre leur nervosité à tous les deux. Il lui lâcha la main et ordonna qu'on ouvre les portes. Celles-ci ouvertes, les nobles entrèrent.
« Que le jeu commence », se murmura Zuko. 'Un jeu qu'il nous faut gagner'
J'espère que ce chapitre plus que d'ordinaire vous aura plu ! Petit jeu de mots avec le titre (le Plan pour sauver Katara, et le Plan élaboré par Toph avec sa maîtrise exceptionnelle de la terre) ! L'aviez-vous repéré ? N'hésitez pas à commenter, à donner votre point de vue !
Un grand merci à ceux qui laissent des reviews, vous êtes des trésors ! Merci !
En espérant vous retrouver au prochain chapitre !
