Bonjour ! Sans m'épancher davantage sur mon dernier message quant à mon absence, je souhaite dire un grand merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews et qui m'ont envoyé des messages, ça me fait toujours plaisir de discuter avec vous. Je vous propose donc ce nouveau chapitre, en vous souhaitant une très bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Le groupe suspecte le Lotus Rouge de vouloir rencontrer Zuko au moment de la pleine lune, pour profiter des pleines capacités de Katara. Toph établit une carte très précise du complexe où sont retenus Katara et les autres prisonniers. Aang parvient à visualiser la forteresse, cette fois accompagné de Zuko, où ils découvrent que la véritable Katara se défend au mieux contre l'hypnose qui lui est infligée dans le but de tuer Zuko. Ils décident de scinder leur plan d'action en deux phases simultanées pour sauver les prisonniers et Katara. De retour à la Nation du feu, Zuko rouvre la cour afin de gagner des alliés à sa cause, et fait un discours pour révéler au grand jour les informations connues sur le Lotus rouge.
*Chapitre 21 - L'invitation*
Trois jours avaient passé depuis le discours de Zuko. Aucune invitation ne leur était encore parvenue. Il demandait au moins cinq fois par jour à ses messagers s'ils avaient reçu un tel message, mais rien. Deux mois et cinq jours que Katara était prisonnière. Il en était malade mais tentait de faire bonne figure en conduisant les affaires de la nation. Il s'était rendu compte que s'occuper l'esprit était le meilleur moyen de ne pas trop penser, même si chaque sujet semblait le conduire irrémédiablement à Katara.
Néanmoins, tout n'était pas noir. Depuis son discours, rapporté aux différents villages, tribus et royaumes, beaucoup à travers le monde avaient joint, publiquement cette fois, la cause de la Nation du feu. Aang était ravi car cela servait parfaitement leur Mouvement de Restauration de l'Harmonie. À l'étonnement de Zuko, un certain nombre de jeunes gens avaient décidé de rejoindre son armée à la suite de cette annonce. Des soldats hauts gradés lui avaient fait savoir qu'ils se tenaient prêts pour une intervention militaire.
Les nobles voyaient cela de bon augure pour la plupart, la guerre pouvant s'avérer bonne pour leurs affaires. Bien que ce ne soit pas le but recherché par Zuko, ce dernier n'étant pas dupe, il accueillait des alliés volontiers. Le peuple, à l'exception des villages touchés par les disparitions où les habitants étaient ravis de voir la Nation réagir et surtout leur donner des éléments sur ce qui avait pu arriver à leurs proches, ne semblait savoir quoi penser.
En ce début d'après-midi, il s'était réuni avec ses ministres pour évaluer la situation politique. Bien que la Nation du feu soit désormais en lutte ouverte avec le Lotus rouge, ce n'était pas nécessairement ce qui concernait le plus les habitants. Assis dans son trône, qu'il avait placé en bout de table pour demeurer à la hauteur de chacun, il donna la parole à tour de rôle à ses différents ministres.
« Nous avons constaté un large mécontentement des habitants, notamment à l'est, Votre Majesté. Les prix semblent s'envoler en ce qui concerne la viande, je soupçonne les producteurs d'avoir profité de toute cette pagaille pour s'entendre », commença le ministre du commerce.
Zuko se doutait que tous ces remous au sein de la cour bénéficieraient à certains malins qui profiteraient de la situation. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, disait-on. Hélas, c'était souvent le malheur des plus faibles qui faisait le bonheur des plus fortunés. Un engrenage auquel Zuko tentait de mettre un terme.
Il se tourna alors vers son ministre de la justice. « Convoquez-les pour une audience. Je ne permettrai pas que cela perdure »
Ce dernier hocha la tête et griffonna sur son parchemin. Le ministre du commerce poursuivit. « L'industrie en revanche se porte à merveilles, nous avons reçu des commandes du royaume de la Terre et du Pôle Sud en matière de transports aériens. S'agissant du Pôle Sud, il a été décidé que notre dette envers eux serait allégée du montant de ces machines pour faire bonne mesure »
Zuko hocha la tête. Néanmoins, il souhaitait faire un geste supplémentaire. Il le leur devait bien. N'était-ce pas à cause de lui qu'ils avaient perdu leur princesse ? Cela lui faisait toujours bizarre de penser à Katara comme une princesse, mais c'était techniquement ce qu'elle était.
« Qu'on leur offre 20% de cette somme », fit-il avec un grand sérieux.
Tous semblèrent se crisper sur leurs sièges. Bien que l'économie soit revenue à un niveau stable, notamment grâce aux idées de Sokka et Toph, lesquelles faisaient fonctionner l'industrie métallurgique de la Nation du feu qui avait commencé à engager des personnes venant des autres nations, concéder 'gratuitement' une somme d'argent n'était pas encore entré dans les mœurs.
« Mais Votre Majesté... », commença le ministre en question.
Zuko le coupa. « Le Trésor royal peut se le permettre si ce que vous indiquez concernant l'industrie est vrai, non ? »
« Euh je... Oui, votre Majesté », répondit fébrilement le ministre qui fit signe au ministre suivant de parler. Celui de l'intérieur.
« Votre Majesté, le peuple s'inquiète. D'autres disparitions ont eu lieu », fit le premier en apportant un parchemin à Zuko. Il s'était hélas habitué à ce genre de nouvelles malgré tous les moyens mis en place. « Nous pensons qu'ils risquent de s'en prendre aux enfants en bas âge, j'ai pris la liberté de doubler la garde dans les hôpitaux pour l'éviter. Cependant, nous peinons à couvrir tout le territoire, notamment à Yu Dao »
Zuko, qui l'écoutait d'une oreille, lisait le parchemin. Quatre femmes enlevées pour six tentatives d'enlèvement dans les provinces les plus éloignées de la Nation du Feu, dont deux originaires de Yu Dao.
Le ministre reprit. « Nous avons interrogé les habitants sur place, mais c'est comme vous l'aviez décrit au pôle Sud : tous vêtus de noir et encapuchonnés, avec plusieurs maîtrises. Nos maîtres n'ont pas eu à combattre d'autres maîtrises pendant très longtemps, et ces... criminels sont manifestement plus expérimentés que nous »
C'était ce que redoutait Zuko. L'efficacité de sa police était insuffisante à faire face à leurs méthodes rodées. Zuko serra le poing. Comment pouvait-il remédier à cette situation ? Il songea à la réflexion que Toph avait fait lors de leur conseil au Pôle Sud, concernant l'incompétence de la police au Royaume de la Terre.
Son hésitation fit prendre la parole à son ministre de la guerre. « Nous devrions en appeler à la garde personnelle des gouverneurs pour renforcer la police »
La question des gouverneurs avait toujours été un épineux problème. Iroh avait suggéré à Zuko de diviser le royaume en cinq provinces, chacune dirigée par un gouverneur pour asseoir son règne. Ozaï n'avait jamais eu suffisamment confiance en ses hommes pour en faire de même, à l'exception de l'ancien gouverneur Ukano, le père de Mai, ancien dirigeant d'Omashu. C'était un homme faible, et donc une menace faible pour Ozaï.
« Ils désireront quelque chose en retour », déclara le ministre du commerce. « Si je puis me permettre, votre Majesté, et bien que je sache le sujet sensible pour vous, une alliance par mariage vous permettrait d'affermir votre position. Si vous le voulez bien, j'ai réuni à cet effet les noms pour lesquels une alliance vous serait profitable »
Zuko grommela mais prit néanmoins la liste tendue, qui sans être très longue, l'était bien trop à son goût. Quelques mots décrivaient les talents de ces jeunes femmes. Étiquette, danse, musique, culture de la Nation, liens politiques. Des croix avaient été tracées à côté de certains noms. Zuko en demanda la signification.
« Il s'agit des jeunes dames revenues à la cour depuis l'attaque », répondit-il. Il attendit quelques minutes pour que Zuko puisse parcourir l'entièreté du parchemin avant d'ajouter « Une autre liste a été dressée pour votre soeur, si jamais... »
Zuko répondit sèchement. « Laissez Kiyi hors de ça, ce n'est encore qu'une enfant. Je ne veux pas entendre parler de son mariage, c'est clair ?! »
Il était ulcéré lorsqu'on parlait de sa soeur comme une femme. Elle n'avait que 12 ans mais était cependant bien placée pour savoir que si c'était son devoir de former une alliance par mariage, elle le ferait car il était dans sa nature de faire le bien de son peuple. Aussi préférait-il que rien ne lui parvienne à ce sujet.
« Pardonnez-moi votre Majesté », fit le ministre qui sembla se recroqueviller sur son siège. D'autres soupirèrent, mais Zuko décida de ne pas relever, se contentant de leur jeter un regard hostile.
Il poursuivit sa lecture. Toutes étaient destinées à se marier à la noblesse, Zuko compris. Il n'en avait cure, mais savait qu'il devait pour l'heure feindre l'intérêt pour satisfaire ses conseillers. Habituellement, il s'y serait farouchement opposé et aurait eu une dispute avec son oncle ou sa mère - voire les deux - mais il y avait un enjeu d'une toute autre ampleur à présent : sauver Katara. Pour sauver Katara, il devait être fort politiquement et surtout garder ses ennemis auprès de lui pour anticiper leurs gestes et les prendre sur le fait, ce qui serait l'occasion de s'en débarrasser définitivement.
« Le Seigneur Wu est le plus dangereux des gouverneurs. Sa richesse dépasse l'entendement, il pourrait se retourner facilement contre nous », finit par dire Zuko. Tous hochèrent la tête. « Y a-t-il eu des signes de sa trahison ? Quelles relations entretient-il avec le Bo Huong ? »
Aucun de ses hommes ne semblait avoir de réponse à lui donner, ce qui irrita Zuko. « Vous croyez que toutes ces attaques, et tous ces enlèvements sont une blague ? », dit-il avec une voix sombre, avant de se lever d'un coup sous l'effet de la colère. « N'avais-je pas ordonné que toutes les relations de Bo Huong soient étudiées avec attention ? Vous osez désobéir à votre Seigneur du feu ?! », s'écria-t-il avec fureur.
Les ministres n'osèrent dire mot. Il était difficile de savoir si c'était par crainte de la colère du Seigneur du feu, ou par culpabilité de ne pas avoir été suffisamment diligents. Seul le ministre des affaires intérieures prit la parole, à voix si basse que Zuko eut du mal à comprendre. « Je... Je vais me renseigner »
Zuko répondit sur un ton menaçant. « Le plus vite sera le mieux, si vous souhaitez conserver votre siège »
Le ministre en question comprit le message et se leva, quittant précipitamment la salle pour accomplir la tâche que Zuko lui avait confiée. Ce dernier se pinça l'arête du nez pour tenter de faire redescendre son courroux. Il expira et reprit, d'une voix plus calme.
« Et ça vaut pour vous tous. Aucun de nous ne sera épargnés si cette organisation grossit davantage », fit-il à l'attention des autres, qui hochèrent la tête.
Poussant un profond soupir pour se calmer, il se rassit sur son trône. Se pinçant l'arête du nez, il invita les autres ministres à poursuivre.
« Le Seigneur Wu a une fille, elle est inscrite en premier sur la liste », reprit le ministre du commerce. Ce n'était pas réellement son champ d'expertise, mais en tant que commerçant, il connaissait les nobles mieux que personne. Iroh l'avait choisi personnellement.
Zuko relut son nom. « Tana Wu »
Le ministre des finances intervint à son tour « Sa famille est parmi les plus aisées en dehors de la richesse de la couronne. De ce que j'ai vu de leur situation, ce sont de bons citoyens. Leurs impôts ont été payés en temps et en heure. Vous devriez vous rapprocher d'elle, votre Majesté »
Zuko tapota brièvement le bord du parchemin sur la table. « Je suppose que je peux me rapprocher d'elle. Je ne désire cependant pas entendre parler de mariage. Je ne veux aucune rumeur de ce point de vue, est-ce bien clair ? »
« Oui, votre Majesté ! », répondirent-ils tous. Ils savaient combien ce sujet agaçait le Seigneur du feu, et étaient pour une fois bien ravis de le voir néanmoins faire un pas dans leur direction.
Zuko se redressa, prêt à se lever. « Y a-t-il autre chose ? » Aucune réponse ne se fit entendre. « Bien. Je vous remercie pour vos conseils. La séance est levée »
Il alla voir l'un des messagers, lesquels étaient postés un peu partout dans le palais pour répondre aux désirs de leur Seigneur du Feu. « Invitez la dame Tana pour le thé »
« Tout de suite, votre Majesté ! », fit le messager en partant immédiatement à la recherche de la dame Tana.
C'est à ce moment que son oncle arriva. « Mon neveu ! Ai-je entendu parler d'une invitation ? », fit-il avec un sourire narquois. Zuko savait pertinemment qu'il avait tout entendu.
« Pas ici, mon oncle ! », fit Zuko d'un ton un peu sec. Ils prirent la direction de son bureau.
Il vit que d'autres rouleaux avaient été déposés en son absence, derrière une haute pile de livres épais. Ces trois derniers jours, Zuko avait lu énormément de livres relatifs à la stratégie lorsqu'il n'avait pas à lire les appels, constitués de doléances émanant souvent de la noblesse, son oncle le retrouvait souvent endormi à son bureau sur l'un d'eux. Aang lui-même ne le voyait plus tellement ces derniers jours, excepté au déjeuner, où il parvenait à arracher Zuko de son bureau. Sokka passait le plus clair de son temps avec Hua, et Suki, lorsque celle-ci n'était pas de service. Ses guerrières tâchaient de lui donner autant de temps que possible, à la fois pour qu'elle guérisse de l'expérience traumatisante qu'elle avait pu vivre ainsi que pour profiter de sa famille.
Zuko soupira. « Est-ce vraiment une bonne idée ? »
« Bien sûr mon neveu, c'est la fille du Seigneur Wu. En tant qu'un des gouverneurs que nous avons nommé, et étant le plus difficile à contrôler, il pourrait être un allié précieux pour toi. Passe un peu de temps avec elle, ça ne te coûte rien et ça peut te rapporter beaucoup », lui sourit son oncle.
Zuko souffla de nouveau. Je fais ça pour Katara, je fais ça pour Katara. Psalmodier ces quelques mots en son for intérieur était la seule manière qu'il avait trouvé pour réaliser tous ces efforts. « Bien mon oncle » Il se leva et réajusta sa robe. « Je suppose qu'un thé serait déjà un bon départ », dit-il.
« Je n'aurais pas mieux dit », répondit-il avec émerveillement.
Ils se dirigèrent vers le salon de thé, croisant au passage quelques prétendantes, lesquelles étaient autorisées dans les parties basses du palais. En arrivant au salon réservé à la famille royale, Iroh s'étonna de ne pas voir Zuko appeler ses serviteurs pour préparer le thé, lui qui avait si peu de temps.
« Tu ne commandes pas le thé ? », demanda-t-il.
Zuko répondit. « Non. C'est moi qui le ferait »
Iroh sentit son coeur s'illuminer à de telles paroles. « Oh mon neveu, tu vois quand tu veux ! »
« Au moins j'aurais quelque chose à faire quand elle déblatèrera sur la douceur du tissu de sa robe », ironisa Zuko qui cherchait le service à thé. Il savait cependant que la famille Wu était loin d'être stupide et à discuter des sujets futiles sans raison apparente. « Vous devriez partir mon oncle »
Ce dernier toussota. « Tu as raison Zuko, je vais vous laisser en amoureux »
Zuko souffla bruyamment mais Iroh s'était déjà éclipsé. Il savait qu'Iroh ne faisait ça que pour l'animer un peu. Il avait été si sombre et sous contrôle ces derniers jours. Il prit une profonde inspiration et commença à faire le thé. Cela avait le don de le détendre, ce bruit semblable à une vague. Il pensait irrémédiablement à Katara, et tentait de se focaliser sur le fait que cette entrevue pourrait lui permettre d'obtenir un allié de poids afin de la secourir.
« Votre Majesté, la dame Tana Wu est ici », entendit-il derrière la porte.
Zuko se composa un visage neutre, essayant de s'armer de patience. « Faites-la entrer »
Elle entra et Zuko tâcha de mimer un sourire. Tana entra dans la pièce et fit une révérence des plus formelles. Zuko mentirait s'il disait ne pas la trouver gracieuse. Néanmoins, il savait par sa soeur Kiyi et par ses maigres souvenirs d'enfance, qu'elle pouvait être très agaçante. Et il était rare que Kiyi trouve quelqu'un agaçant.
« Seigneur du feu, je vous remercie pour votre invitation », dit-elle doucement, les joues roses. Sa voix était assurée, on pouvait sentir qu'elle avait beaucoup de caractère derrière cette apparence polie.
Zuko la fit se lever. « Bienvenue ma dame », fit-il en lui permettant alors de se lever pour venir s'agenouiller sur les coussins autour de la table à thé. « Vous aimez la camomille ? »
« Oui. Je la trouve apaisante », fit-elle.
Zuko s'étonna. Elle n'était d'ordinaire pas si réservée, en tout cas de ce qu'il avait pu en voir plus jeune. Il soupçonnait que son père lui ait dit de se contenir. Et bien, ils seraient deux à œuvrer sur cet exercice. Il essaya de réfléchir à ce qu'Iroh lui avait conseillé. Il avait parlé de compliments. Toussotant, il leva les yeux sur Tana. Elle portait une robe aux soies rouges et vertes, un assortiment de couleur assez inhabituel à la Nation du feu. Elle désirait plaire, ou tout du moins se faire remarquer. Zuko eut un sourire crispé. Complimenter et être avenant n'était pas vraiment dans ses habitudes.
« Vous êtes en beauté aujourd'hui, intéressant choix de couleurs », commenta-t-il, essayant de paraître agréable.
Elle sourit, signe qu'il avait fait mouche. « Oh, je n'étais pas certaine que vous remarqueriez, vous ne devriez pas vous arrêter à de tels détails, Votre Majesté »
Zuko tiqua légèrement et détourna la tête pour continuer la préparation de son thé. Elle mentait. Elle avait mis cette robe parce qu'elle était voyante avec ce vert, et qu'elle savait pertinemment qu'il la remarquerait. Il devait néanmoins jouer à ce petit jeu pour être apprécié.
« Et bien, vous me forcez la main dame Tana. Je ne peux décemment pas ne pas remarquer votre silhouette gracile dans cette robe »
Intérieurement, il était mortifié. Son vocabulaire était bien trop soutenu, il ne parlait jamais comme ça. Et il n'avait jamais dit de telles choses à Katara, et pourtant elle était bien la seule à mériter ce compliment. Entendant Tana rire léger, il chassa ses pensées pour se concentrer sur la situation présente. Zuko soupira et termina le thé, qu'il servit.
Tana en but une gorgée. « Mmh... C'est un délice ! »
« Je n'étais pas certain que vous remarqueriez », fit Zuko d'un ton légèrement sarcastique.
Il vit un moment le vrai visage de Tana se fendre d'une grimace amusée, dépassant le masque neutre qu'elle souhaitait faire voir. « Oh ! Et bien vous m'avez sous-estimée une fois de plus, noble Seigneur ! », rit-elle en reprenant une gorgée. « Vraiment exquis, votre future femme sera chanceuse »
Zuko ne s'attendait pas à ce qu'elle parte sur ce sujet de manière si frontale et manqua de s'étouffer avec son thé, ce qui le fit rougir furieusement. Tana eut un sourire victorieux. Elle avait l'avantage, mais cela n'allait pas durer.
« Et bien, vous aurais-je déstabilisé, Votre Majesté ? », fit-elle avec amusement.
Zuko serra légèrement le poing mais le détendit presque aussitôt. Ne jamais montrer de signe de faiblesse. « Absolument pas », fit-il d'un ton plus bougon avant de se radoucir tant bien que mal. « Avez-vous terminé ? Je pourrais vous montrer les jardins »
Tana fut surprise de cette proposition et acquiesça. « J'espère que cette attaque ne les aura pas trop touchés, ce sont les jardins les plus magnifiques de la Nation du feu »
« Ils le sont toujours », affirma Zuko. Il lui tendit son bras, qu'elle prit, et ils sortirent. En réalité, Zuko espérait tomber sur Aang, qui parviendrait non seulement à faire passer un bon moment à Tana tout en faisant oublier à celle-ci cette question de mariage. Ce ne fut pas exactement ce qui se produisit.
Il vit que Druk était dans la cour en train de cracher du feu. Zuko se mit en alerte immédiatement avant de comprendre que l'adversaire de Druk n'était autre que sa soeur Kiyi. Celle-ci était admirée et reluquée par plusieurs jeunes hommes de la cour, ce qui déplaisait fortement à Zuko. Néanmoins, il n'eut pas le temps de s'y attarder car il sentit Tana se crisper à son bras.
Celle-ci semblait partagée entre l'excitation et la peur. « Vous... vous avez... un... un... »
Zuko eut un sourire narquois. « Oui. Un dragon, c'est cela même. Vous aurais-je déstabilisée ? »
Celle-ci lui jeta un regard appuyé mais, reportant son attention sur Druk, elle resta bouche bée. « C'est... incroyable ! »
« N'est-ce pas ? », fit une voix derrière eux. Aang. Zuko parut soulagé, mais il se rendit compte de son erreur quand Aang reprit la parole. « Tu devrais l'emmener faire un tour avec Druk, Zuko ! »
Tana, surprise, se tourna brusquement, lâchant presque le bras de Zuko. Elle n'avait jamais vu l'Avatar d'aussi près et si Druk l'avait impressionnée, elle le semblait davantage face à lui. Aang était souriant et jovial, comme à son habitude, et avec aucun sens des convenances, au désespoir de Zuko.
« Avatar Aang, c'est un réel plaisir », fit Tana qui semblait cette fois vraiment sincère. Zuko s'adoucit.
« Oh euh moi de même, euh... », fit Aang qui cherchait désespérément un prénom.
« Aang, je te présente la dame Tana, fille du Seigneur Wu, gouverneur du nord de la Nation du feu », la présenta Zuko.
Aang sourit alors, confus par tant de mots. « Et bien c'est un plaisir, dame Tana. Ça ne vous plairait pas, un vol à dos de dragon ? Ce serait romantique ! »
Ce dernier se crispa et maudit intérieurement Aang d'avoir proposé une telle idée même s'il savait que c'était pour l'aider. Il était parfaitement au courant des plans d'Iroh, et des sentiments que nourrissait Zuko à l'égard de son ancienne compagne. Tana semblait s'en réjouir. Zuko se crut condamné à le faire lorsque Druk leur jeta un regard mauvais, qui semblait signifier qu'il n'était pas non plus ravi de cette proposition. Tana le sentit et se renfrogna.
« Je ne crois pas que... Euh... »
« Druk », compléta Aang.
« Oui c'est ça euh... Druk semble ravi de cette idée », fit Tana quelque peu prise au dépourvu.
Zuko fit mine de s'en rendre compte. « Effectivement... il est parfois un peu susceptible et possessif » Druk cracha un peu de fumée, signifiant à Zuko qu'il n'était pas ravi de cette description. Ce dernier sentit qu'il le paierait tôt ou tard à la prochaine séance d'entraînement.
« Je le comprends, c'est un trait que nous partageons », dit-elle en s'accrochant un peu plus fermement à Zuko.
Il remarqua alors que d'autres femmes les regardaient d'un air étrange. Elles n'étaient probablement pas ravies de le voir au bras de Tana. Il devrait garder un oeil attentif sur ces femmes, il ne pouvait pas courir le risque que le père de Tana lui refuse son appui. Néanmoins, il savait qu'il devrait renouveler ce genre de promenade avec d'autres femmes. Il détestait vraiment cette partie de son rôle de Seigneur du feu. Heureusement qu'il y avait d'autres jeunes hommes que lui à la cour, même s'il restait de loin le plus convoité du fait de son titre.
« Ça fait plaisir de te voir Zuko », fit Aang pour changer de sujet. « On ne te voit plus depuis des jours ! »
Cela ne fit que rendre Zuko plus mal à l'aise encore. « Euh... Oui, j'ai été très occupé »
Tana enfonça la porte ouverte. « Est-ce à cause de votre amie de la tribu de l'eau ? Celle qui a disparu ? »
Zuko se ferma brusquement. « Oui », répondit-il froidement. Aang baissa les yeux, ça n'était pas ce qu'il souhaitait, remettre cet épineux sujet sur la table.
« Mon père pourra peut-être vous aider, il a un grand nombre d'hommes à sa disposition », fit Tana d'un ton faussement détaché. Zuko le sentit. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Bientôt elle lui ferait du chantage avec un mariage. « N'était-ce pas votre compagne ? »
Ce fut au tour d'Aang d'être mal à l'aise. « Euh... Si, si, elle l'était. C'est une amie maintenant »
« Zuzu ! Je ne pensais pas te voir aussi tôt, mon cher fr... oh... », fit Kiyi qui était très contente de voir son frère jusqu'à ce qu'elle remarque la jeune femme à son bras, qui la rendit hésitante. Elle se rappela. Le jeu. Celui qu'ils devaient gagner. « Dame Tana, je vous prie de m'excuser, je suis ravie de voir que vous avez réussi à sortir mon frère de ce palais » Son parler était impeccable, elle semblait s'être métamorphosée.
« Oh je vous en prie, votre Altesse. Nous étions transportés par votre entraînement avec hum... Druk. Vous avez du talent », fit Tana d'une voix presque suave. « Je suis sûre que nous pourrons devenir bonnes amies »
Kiyi sourit, mais c'était un sourire forcé. Heureusement, personne, à l'exception de Zuko, ne semblait s'en être aperçu. Ils furent interrompus par l'un des messagers du palais.
« Seigneur du feu Zuko, un message pour vous », fit-il en lui tendant le parchemin scellé sur le dessus et sur ses côtés, veillant à ne pas croiser son regard.
Zuko se jeta presque sur le parchemin. Aang comme Kiyi et lui ne purent pas manquer le lotus rouge qui ornait le sceau de la même couleur. Il avait désormais une très bonne excuse pour s'éclipser, mais cette excuse allait peut-être déterminer son destin futur, et celui de Katara.
« Ma dame, je crains de devoir vous quitter. Les affaires m'appellent », dit solennellement Zuko en faisant un baise-main à Tana, plus pour la forme que par envie. « Je vous prie de m'en excuser »
Sans lui laisser le temps de réagir, Zuko se tourna vers Aang. « Allons-y », fit-il avant de se tourner vers le messager. « Faites chercher mon oncle immédiatement, dites-lui que c'est urgent. Faites de même pour Sokka »
« Tout de suite Votre Majesté ! », fit-il avant de partir presque en courant pour répondre au plus vite aux désirs de Zuko.
Kiyi jeta un coup d'oeil à Zuko et reporta son regard sur Tana, qui avait conservé son apparente douceur. Cependant, Zuko n'était pas dupe. Elle semblait courroucée par ce changement dans ses plans, sa mâchoire semblant verrouillée. C'était pourquoi il n'avait pas convié Kiyi dans son bureau. Il lui jeta un regard entendu qu'elle comprit aussitôt. Le jeu. Celui qu'ils devaient gagner.
« Dame Tana, voudriez-vous m'accompagner aux jardins ? », fit gentiment Kiyi avec un sourire.
Tana parut décontenancée par cette proposition, et préféra décliner. Elle semblait néanmoins plus apaisée, distraite par la jeune princesse. Tournant les talons, elle s'en alla rejoindre les autres femmes de la cour, au grand soulagement des trois compères.
« Puisqu'elle est partie... Est-ce que je peux venir ? S'il te plait ? », demanda Kiyi avec son habituel air adorable, celui qu'elle arborait lorsqu'elle voulait quelque chose.
Zuko ne pensait pas réellement que le contenu de la lettre serait choquant pour ses oreilles. Et elle n'était pas beaucoup plus jeune que lui lorsqu'il avait commencé à s'intéresser à la politique, lui valant sa cicatrice actuelle. En tout état de cause, son oncle serait là si les propos tenus devaient rappeler les horreurs que commettait Lotus rouge.
« Viens si tu veux », lui dit Zuko.
Kiyi sautilla de joie. Malgré les circonstances, elle était toujours ravie d'être dans la confidence des affaires de son frère. C'est ainsi qu'elle, Aang et Zuko prirent le chemin du bureau de ce dernier, qui serrait dans ses mains la précieuse lettre.
Katara était de nouveau assise dans son vide perpétuel, après avoir été de nouveau réduite au silence. Elle tentait de faire face à cette nouvelle défaite. N'arriverait-elle donc pas à se défaire de leur emprise ? L'autre Katara s'amusait à la narguer constamment à ce sujet.
« C'était bien tenté Katara, tu as réussi à m'échapper », disait-elle avec la même voix, teintée néanmoins de sournoiserie.
Katara essayait de comprendre comment son esprit en était venu à créer une deuxième Katara. « Qu'est-ce que tu veux ? »
« Moi ? Rien du tout », sourit-elle. Katara ne la regardait pas, mais sa voix trahissait un sourire mesquin.
Elle essayait de penser, c'était après tout la seule chose qu'elle pouvait désormais faire. Le Lotus Rouge rêvait de liberté, rêvait de dépasser les limites de la maîtrise. Pourquoi faire autant de prisonniers alors ? Cela n'avait pas de sens. Peut-être ne s'agissait-il pas de tout le Lotus Rouge ? Katara se demandait si elle ne pouvait pas faire alliance avec cette étrange Katara. Après tout, elles partageaient le même corps.
« Oh, ce serait tentant ! Tu serais prête à pactiser avec moi ? », s'exclama-t-elle. Katara lui jeta un regard noir. « Aurais-tu oublié que je suis dans ta tête, je sais tout ce à quoi tu penses »
Levant les yeux au ciel, la véritable Katara se mordit la langue. Elle avait effectivement momentanément oublié ce détail. Elle ne se dégonfla pas. « Je serai prête à pactiser avec toi pour libérer ces enfants et ces femmes. N'est-ce pas ce dont rêve le Lotus Rouge ? La liberté ? »
« Et tu mettrais en danger Zuko pour y arriver ? »
Katara hésita. Elle n'avait pas oublié que la mission principale de ce "pantin" était de tuer Zuko. Il faudrait seulement qu'elle prie pour que ses amis l'arrêtent avant qu'elle ne le tue. Ou qu'elle la vainque, d'une manière ou d'une autre. Dans tous les cas, il fallait libérer les prisonniers de la forteresse.
L'autre Katara se mit à rire. « Oh, mais c'est que tu mettrais vraiment sa vie en danger ! Tu m'amuses Katara ! Que de noblesse en toi ! Enfin, devrais-je dire en nous »
« Tu n'es pas moi ! », s'écria Katara en se détournant à nouveau d'elle. « Pourquoi me proposerais-tu un tel accord sinon ? »
Une réponse froide lui parvint. « Je ne t'ai encore rien proposé »
Juste. Elle devait trouver un plan. La pleine lune était pour bientôt. Peut-être pourrait-elle la vaincre cette fois ? Ou utiliser cette maîtrise pour tous les libérer ? Elle comprenait à présent Hama, et la raison pour laquelle elle avait développé une telle maîtrise. Katara était au pied du mur et cette maîtrise était son seul atout. Si seulement elle pouvait comprendre ce qu'était cette autre Katara.
« Je te l'ai déjà dit Katara, je suis toi, et tu es moi », répondit l'autre.
Katara serra le poing. « Alors pourquoi ne puis-je pas prendre le contrôle de mon propre corps ! » L'autre Katara s'était éclipsée, la laissant fulminante de colère.
Elle se rassit nerveusement dans ce vide nébuleux et gris et essaya de réfléchir. Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas grand souvenir de ce qui était arrivé. Le dernier souvenir qu'elle avait était celui où un affreux Z lui avait été gravé dans la peau de son dos. Tout ce qui suivait n'était qu'un trou noir provoqué par l'hypnose. Et même si elle se « réveillait » parfois, cela ne lui ramenait pas pour autant ses souvenirs. Au moins était-elle rassurée de se rappeler de tout jusqu'à son enfermement. Ils auraient pu lui faire tout oublier, mais cela aurait probablement eu des conséquences dramatiques sur ses capacités de combat. Devait-elle vraiment conclure ce pacte ? Et pourquoi cette Katara se plaisait à dire qu'elle était elle ? Tant de questions sans réponses.
Son corps était lourd après son dernier combat pour reprendre le contrôle de son corps, aussi décida-t-elle de s'endormir en attendant de récupérer à nouveau des forces pour défaire son ennemie. Pour défaire tous ses ennemis.
Elle finit par se 'réveiller' bien plus tard, sentant comme une tension lui oppressant le corps entier. C'était étrange, comme si quelque chose dans sa tête lui disait de se réveiller. Quelque chose devait être en train de se passer. Elle vit que l'habituelle fumée grise qui l'enveloppait avait disparue, pour ne laisser que du noir et des images lointaines. Se levant pour s'en rapprocher, elle vit qu'elle pouvait presque entrevoir ce que l'autre Katara voyait en ce moment même, à défaut d'avoir le contrôle de son corps.
« Voyons si l'hypnose est au point », fit l'un des maîtres de la terre.
Katara s'étonna de connaître son prénom. Yuan. Peut-être était-ce ce que l'autre Katara avait mémorisé. Manifestement, il était un adepte de la machine du Dai Li destinée à forcer sa volonté sur celle d'autrui. Il était accompagné de Shen, qui s'était remis de ses blessures, ainsi que d'autres maîtres dont elle ignorait le nom mais qui lui semblaient pourtant familiers.
En suivant les mouvements de tête de son corps, Katara vit qu'elle se trouvait dans une immense pièce souterraine. Bien que remplie de femmes, il n'y avait aucun enfant. Certaines portaient pourtant les signes d'une grossesse récente. Aucune n'osait dire mot, ou pleurer trop fort. Elle entendit qu'on chuchotait son nom. Ces femmes savaient-elles qui elle était ? Katara constata ensuite qu'une femme se trouvait à quelques mètres d'eux, enchaînée au milieu de la pièce avec une courte chaîne semblable à la sienne lorsqu'elle était en cellule. Son corps semblait mou comme une poupée de chiffon, signe qu'on avait dû lui bloquer le chi. Elle pleurait et semblait terrorisée, tremblant dans son kimono bleu. Katara ne la reconnut pas, et songea qu'elle devait venir du Pôle Nord. Son visage était tuméfié.
« Tue-la », fit Yuan.
Des maigres protestations se firent entendre, venant des autres femmes présentes dans la pièce. Elles furent rappelées à l'ordre. Katara était dans l'incompréhension, et cette incompréhension se changea en peur lorsqu'elle comprit que cet ordre lui était directement adressé à elle. Ils voulaient savoir si elle serait capable de tuer quelqu'un pour eux. Qu'avait fait cette femme pour mériter une chose pareille ? L'autre Katara ne songea pas à poser cette question, et vit avec horreur son corps s'avancer lentement vers la femme. Des jarres d'eau avaient été déposées à proximité pour qu'elle puisse accomplir son oeuvre. Elle devait empêcher ça.
Ne sachant que faire, et n'ayant aucun contrôle sur son corps, elle hurla de toutes ses forces, espérant déstabiliser l'autre Katara. Après tout, elles partageaient le même esprit, et que pouvait-il y avoir de plus pénible qu'un cri sans fin résonnant dans votre tête ? Si cela n'eut aucun effet les premières secondes, l'autre Katara apparut dans sa tête, visiblement déboussolée. Elle en profita pour se jeter sur elle, essayant de l'étrangler de toutes ses forces. Son corps avait stoppé net sa progression.
« Tu ne la tueras pas ! Je t'en empêcherai ! », vociféra-t-elle rageusement en serrant ses doigts autour de l'autre Katara, qui semblait dans un état second.
Katara sentit qu'elle regagnait peu à peu le contrôle de son propre corps. Comme la dernière fois. Néanmoins, il semblait lui résister et elle ne put que rester immobile, entre le Lotus rouge et cette femme. C'était néanmoins une victoire. Ils ne pourraient lui faire tuer d'innocentes. Peut-être pourrait-elle les vaincre lorsqu'ils voudront qu'elle tue Zuko.
« Je... Ne la tuerai... Pas ! », dit-elle d'un ton déterminé en se retournant du mieux qu'elle put vers ses ravisseurs. « Vous... »
Elle vit un des maîtres lui bondir dessus, et ne pouvant pallier la résistance que lui opposaient ses propres membres, elle sentit qu'on lui bloquait le chi.
« Quel dommage », fit un autre.
Le plus petit d'entre eux prit la parole. « Elle ne sera jamais prête à temps »
« Ne t'en fait pas, même si ceci échoue, nous avons encore bien d'autres solutions pour parvenir à nos fins. Considère ça comme un test », répondit le premier.
Katara ne comprit pas ce que cela signifiait. Pourquoi prendraient-ils le risque de l'envoyer tuer Zuko s'ils n'étaient pas certains de ses capacités à tuer des personnes innocentes ? Elle songea à ces 'autres' solutions. Ils en avaient énormément à disposition. Attendre que les enfants grandissent, changés en arme de guerre, pour décimer les gouvernements en place. Utiliser les femmes et enfants comme monnaie d'échange ou bouclier humain, ou tout simplement comme moyen de pression. Hypnotiser un maximum de personnes pour avoir une chance de parvenir à leurs fins. Et seuls Tui et La savaient encore quoi d'autre. Ayant déployé tous ses efforts pour s'empêcher de tuer cette femme, elle ne put rester consciente plus longtemps.
Elle se réveilla plus tard, de retour dans son désormais habituel décor de gris. Ne rien voir d'autre pendant si longtemps, excepté lorsqu'elle reprenait le contrôle au prix de grands efforts, l'épuisait. L'autre Katara était là elle aussi.
« Tu ne cherches pas à tuer Zuko. Tu cherches juste à tuer », fit difficilement Katara qui peinait à se redresser.
L'autre Katara sourit. « C'est toi qui cherche à tuer, je ne suis qu'une partie de toi »
S'entendre parler était déstabilisant. Katara se leva, titubant légèrement. « Non ! Je ne pourrais jamais faire ça ! » Elle se prit la tête entre les mains. Comment pouvait-elle avoir mal alors qu'elle était prisonnière de son propre esprit ? Cela n'avait pas de sens.
« Tu as mal parce que tu me rejettes », dit l'autre Katara d'un ton relevant de l'évidence.
Katara se retint de se jeter sur elle pour la frapper une bonne fois pour toute. « Ils t'ont créée, tu n'existais pas avant »
« Bien sûr que si. Souviens-toi »
Puis elle disparut, laissant Katara méditer à ces mots. Souviens-toi... Elle vit que la fumée grise autour d'elle évoluait pour lui montrer quelque chose. Ce quelque chose s'avéra en fait être un vieil homme, aux rides prononcées, arborant ce même air méfiant et malveillant. Yon Rha. Elle en avait rêvé, de pouvoir le tuer, pour que sa mère sache qu'elle était vengée. Elle n'avait pas pu, et elle ne regrettait pas ce choix. Ce n'était qu'un homme, qui ne pouvait plus faire de mal, et dont la mort ne ramènerait personne à la vie.
La fumée évolua et lui présenta une autre image. Une image qu'elle ne reconnaissait pas. Une femme au visage mat et aux yeux bleus était là, allongée sur le sol, serrant contre elle un enfant qui ne lui ressemblait que très peu, à l'exception des yeux. Une femme des tribus de l'eau. Trois hommes se tenaient devant sa cellule. Katara ne comprit pas immédiatement ce qui se passait.
« Prenez-le », fit l'un des hommes en pointant l'enfant du doigt. Il devait avoir à peine trois ans.
C'est à cet instant qu'elle vit qu'il n'y avait pas trois hommes, mais que la troisième personne était elle-même. Ou plutôt sa version hypnotisée. Elle ne bougea cependant pas, laissant au deuxième homme le soin de prendre l'enfant, qui pleura encore plus fort.
La femme vit que Katara était elle aussi issue des tribus de l'eau, et l'implora. « Pitié, Katara, ne le laissez pas prendre mon fils ! »
Katara fut surprise de voir que bon nombre de prisonniers connaissaient son nom.
« Tu perds ton temps, femme. Elle est avec nous maintenant », fit le premier homme avec satisfaction en jetant un regard à Katara. « Notre pouvoir d'hypnose a fait merveilles sur elle. Il en sera de même pour ton fils »
La femme mit quelques secondes à comprendre pourquoi Katara ne réagissait pas. Ils fermèrent la cellule derrière eux. « Non ! », hurla la jeune mère en frappant contre ses barreaux. « Ne lui faites pas de mal ! »
Le premier homme qui guidait le groupe s'arrêta et se tourna vers elle. « Tant que tu nous obéis, rien ne lui arrivera »
L'image se dissipa, laissant Katara pantoise. Elle comprenait à présent. Ils voulaient des enfants pour leur armée. Tout était clair. Les enlèvements de femmes étaient réalisés dans le but d'élever des enfants soldats. S'ils pouvaient maîtriser un élément, ce ne serait que mieux. Tant que ces femmes pourraient donner des enfants, c'était ce à quoi elles serviraient. Ils se servaient ensuite des enfants en guise de chantage pour les forcer à coopérer. Puis ces derniers seraient hypnotisées pour réduire leur volonté à néant.
Si Katara avait à cet instant eu le contrôle de son propre corps, elle était persuadée qu'elle se serait mise à vomir. Elle sentit une colère froide monter en elle. Si seulement la pleine lune se montrait et que cette maudite Katara disparaissait, elle pourrait les tuer tous. Il lui suffirait d'un peu d'eau changée en pic de glace, et de recourir à la maîtrise du sang pour les empêcher de se défendre. Ce serait si simple.
« N'est-ce pas ? », répondit l'autre Katara qui avait subitement refait son apparition. « Tuerais-tu Zuko, pour sauver ces gens ? »
Katara se mordit le creux des joues. Elle ne pouvait pas laisser des innocents souffrir par sa faute, mais elle ne pouvait pas pour autant tuer Zuko. Au-delà de son amour pour lui, la Nation du feu sombrerait dans le chaos s'il venait à mourir maintenant, sans héritier. Exactement ce que cherchait le Lotus rouge. Un frisson d'effroi lui parcourut l'échine. Des larmes vinrent tremper ses yeux, sans toutefois couler. Puis, son visage se durcit. Il y avait bien quelqu'un qu'elle pourrait tuer.
« C'est toi que je tuerai », fit-elle froidement.
L'autre Katara sourit. « Si tu me tues, tu meurs avec moi »
Katara leva les yeux vers elle, déterminée. « Ainsi soit-il »
Tous étaient à présent rassemblés dans le bureau de Zuko.
« Tu as du nouveau, je suppose ? », fit Sokka. Zuko répondit en tapotant le parchemin encore enroulé sur la table.
Ce dernier inspira et ôta délicatement le sceau du parchemin et les éléments de métal qui couvraient les côtés du rouleau pour l'entrouvrir. A peine l'eut-il entrouvert qu'une mèche de cheveux tomba du parchemin. Tous se figèrent. Sokka aurait reconnu cette mèche entre mille. Il se pencha pour la ramasser. Elle était nouée avec du ruban rouge.
« Les chiens ! », fustigea-t-il. « Je vais les tuer ! »
Le coeur de Zuko en rata un battement. C'était une des mèches de cheveux de Katara. Il s'imagina qu'elles devaient encore porter son odeur. Il inspira et expira lentement, essayant de se concentrer sur le parchemin. Il ne l'avait pas encore lu qu'il était déjà mort d'inquiétude.
Seigneur du feu
Je crois savoir que vous souhaitez nous rencontrer afin de parlementer.
Rendez-vous aux coordonnées indiquées sur la carte le jour suivant la pleine lune.
Si vous venez accompagné, vos acolytes ne devront rien tenter. Des innocents pourraient souffrir.
Le Lotus Rouge
En temps normal, Zuko aurait esquissé un léger sourire. Ils avaient mordu à l'hameçon. Cependant, la mèche de cheveux semblait au contraire leur hurler qu'ils avaient probablement tendu un piège plus audacieux. La seule chose qui lui donnait un peu de baume au coeur était l'idée d'esquiver un mariage arrangé avec Tana. Zuko se doutait que cette idée reviendrait sur la table un jour, mais il aurait tout le temps de s'en préoccuper plus tard.
« Ils ont mordu à l'hameçon ! Nous pouvons partir la sauver alors ! », s'exclama Aang.
« Je pense qu'il y a un piège là-dedans. Et je pense que ce piège est Katara », fit Zuko, qui s'était néanmoins préparé depuis des jours à cette confrontation. Elle hantait ses nuits avec toujours plus de ferveur. « Mais il y a peut-être autre chose, il faudra être sur nos gardes »
Sokka était soucieux. « Ça ne me dit rien qui vaille, mais c'est peut-être notre seule chance de récupérer Katara »
« Katara, qui voudra tuer Zuko. Ce ne sera pas évident, et tu as bien vu, je ne peux pas intervenir ! », dit Aang, soudain moins optimiste.
Sokka passa sa main sur son menton. « Peut-être qu'on peut tenter une double offensive ? Si une partie de la troupe est occupée par Zuko, nous pouvons peut-être espérer prendre la forteresse, ou du moins la sonder pour mettre en place une frappe rapide »
Zuko trouvait ce plan beaucoup trop risqué. « C'est risqué Sokka, mais je ne vois pas vraiment comment faire autrement. Si nous n'attaquons pas leur forteresse, et qu'on récupère Katara, ils se vengeront sur le reste des prisonniers »
« Et si on ne la récupère pas ? », se risqua à demander Aang.
Zuko frappa le mur du poing. « Nous devons la récupérer »
« Je sais Zuko, mais il faut pallier toute éventualité. Il n'y a pas que sa vie qui est en jeu »
Zuko hocha nerveusement la tête. « Je sais ! Je sais ! »
« De ce qu'Inaka nous a dit, ils sont au moins une centaine de maîtres à l'intérieur de l'enceinte, et c'est à peu près ce que j'avais compté quand ils ont attaqué notre peuple... », commença à énumérer Sokka.
« Attend... Tu veux dire qu'ils auraient envoyé toutes leurs forces pour attaquer le pôle Sud ? », s'étonna Zuko.
Sokka s'interrompit alors. « Euh... apparemment... Oh ! Il faudrait connaître leur prochaine attaque, s'ils envoient leurs forces, nous pourront nous occuper de la forteresse »
« Attendez les gars, on n'a pas le choix ! Vous oubliez que si on n'attaque pas la forteresse pendant ce rendez-vous et qu'on récupère Katara, des prisonniers vont mourir ! », s'emporta Aang. « Nous ne pouvons pas risquer une telle chose ! »
Sokka et Zuko s'affaissèrent face à la faille béante dans leur plan. Ce dernier remarqua également autre chose. « Ils n'ont pas prévu de nous faire venir pendant la pleine lune »
« Comment ? », demanda Sokka, qui était perdu dans ses pensées.
« Ils ont dit de venir le troisième jour suivant la pleine lune », lui montra Zuko sur le parchemin désormais posé sur le vaste bureau. « Ils se sont probablement dit que nous ne nous risquerions jamais à venir un soir de pleine lune »
« Mais ce n'est pas logique d'ailleurs ! », s'exclama Sokka. « Pourquoi ne pas envoyer directement Katara en mission un soir de pleine lune pour te tuer ? Ça n'a pas de sens ? »
Zuko fronça les sourcils. C'était un bon argument. « Sans doute parce qu'ils ne peuvent pas risquer qu'un de leurs hommes tombe entre nos mains ? Ou bien... peut-être parce qu'ils ne veulent pas risquer la vie de Katara ? »
Aang eut tout à coup une pensée horrible. Il dut s'asseoir. Zuko s'inquiéta aussitôt. « Et si... ils veulent tester cette méthode d'hypnose... sur d'autres maîtres ? Et s'ils essaient de créer une armée de maîtres ? »
Cette idée était effrayante, ils se demandaient pourquoi ils n'y avaient pas pensé plus tôt. « Nous devons les attaquer tant qu'on le peut. De ce qu'on sait, ils n'ont pas encore mis en oeuvre cette méthode sur quelqu'un d'autre que Katara »
« Je ne vous gêne pas ? », fit une voix indignée. Tous se tournèrent vers la porte. « Vous trépignez tellement, je vous sens d'en bas ! »
Sokka, qui s'apprêtait à lui tendre le morceau de papier, se rattrapa à temps et commença à lui lire le mot.
« Et bien, ils ont pris moins de temps que je pensais », commenta Toph qui s'asseyait confortablement sur le fauteuil de Zuko, et mit les pieds sur la table. Zuko prit une inspiration. C'était rien, juste un bureau. Les bras levés pour caler sa tête, Toph reprit. « C'est quoi le plan ? »
Zuko parla d'une voix peu amusée. « Je vais m'y rendre »
Toph rit jaune. « Sérieusement ? Je me décarcasse à te faire un plan détaillé de leur forteresse et toi tu veux te sacrifier ?! Et après on se demande qui est aveugle ici » Zuko lui jeta un regard noir, qu'elle ne vit pas même si, l'ayant vu grommeler tellement de fois, elle pouvait aisément imaginer sa tête. « Tu peux me faire les gros yeux, grincheux, je ne te vois pas »
« Je ne vais pas me jeter comme ça dans la gueule du loup, on a monté un plan avec Sokka », fit Zuko en pinçant le haut de son nez pour faire retomber son agacement.
Toph tiqua. « C'est supposé me rassurer ? »
Sokka intervint pour éviter que Zuko n'explose. Il semblait en effet à bout de nerfs. « Arrête de blaguer Toph, et laisse-moi t'exposer le plan »
Toph finit par s'exprimer de nouveau une fois que Sokka eut terminé son speech. « Donc, on n'a rien d'autre dans ce plan à part une double attaque simultanée ? Bon, et bien j'ai bien fait de venir. J'ai fini d'étudier ce fichu plan et ses diverses possibilités »
« Bonne nouvelle ! », sourit Aang.
Toph se leva et ouvrit un peu plus le rideau de la fenêtre.
« Qu'est-ce que tu... », commença Sokka.
La maître de la terre fut plus rapide et en un clin d'oeil, elle déplaça suffisamment de terre dans le bureau pour reproduire le plan qu'elle avait mémorisé à la perfection.
Sentant le regard réprobateur de Zuko, elle fit un signe de nonchalance. « T'en fait pas l'Étincelle, je te le remettrai d'équerre ton précieux bureau »
« Ne m'appelle pas comme ça ! », s'agaça-t-il.
Toph l'ignora. « Ce que vous voyez là », dit-elle en montrant une sorte de ligne qui parsemait les couloirs qu'elle avait créé, « C'est le chemin le plus sûr pour entrer, passer devant toutes les cellules et remonter par le commandement pour les décimer »
Sokka étudiait attentivement le tracé. « C'est génial, Toph ! Et c'est quoi ces petits monticules là ? »
« Nos assaillants, d'après ce que m'a dit Inaka. Elle a pas mal voyagé dans la forteresse pour soigner diverses personnes. En espérant néanmoins qu'ils n'aient pas changé les emplacements, mais je ne vois pas pourquoi. Il faudra seulement oeuvrer silencieusement », expliqua Toph.
« Seulement ? », dit Zuko avec sarcasme.
Toph tourna la tête vers lui. « Je pensais plutôt à Aang et Ty Lee. Aang avec la maîtrise de l'air pourrait facilement se faufiler, et Ty Lee pourrait être précieuse en tant que bloqueuse de chi. Et ils pourront calmer les élans de Sokka qui sera avec eux pour mener notre stratégie à bien ».
« Sokka ? Tu es sûre ? Et toi alors ? », demanda Zuko, un peu perplexe.
Toph rétorqua. « Oui, je suis sûre. Et moi, je viendrai avec toi. Personne ne maîtrise le métal chez eux apparemment. Enfin, certains s'y sont essayés manifestement, mais même mes élèves font dix fois mieux. On fera un duo de choc, toi et moi. Toi, tu récupères ta dulcinée, moi je leur botte le train »
Zuko esquissa un léger sourire, ne relevant pas le terme "dulcinée". Il savait parfaitement de quoi Toph était capable, surtout avec la redoutée maîtrise du métal.
« Vous devriez partir avec Druk, c'est plus prudent et vous pourrez plus rapidement mettre Katara en sécurité si ça tournait mal », suggéra Sokka.
Toph fit la grimace. « J'ai déjà horreur de vos aéronefs, alors un dragon ! »
« De toute façon il vous faudra un aéronef pour que Siku puisse vous soigner s'il y a des dégâts, ou soigner Katara. Druk permettrait de sécuriser le convoi », expliqua Sokka.
Tous hochèrent la tête et un silence se forma.
« C'est décidé alors ? », demanda Aang.
Sokka hocha la tête avec résolution. « Il faut maintenant peaufiner les détails de chaque côté de l'attaque »
Zuko n'eut pas grand peine à convaincre Siku de se joindre à eux. Il leur fallait un guérisseur pour parer à toute éventualité. Bien sûr, tous prendraient le soin de ne pas l'exposer directement au danger. Siku était toujours fière de se rendre utile, et songeait que sa soeur Sura aurait adoré l'idée. Ses parents auraient nettement moins été enthousiastes, mais ils n'étaient pas là. Et c'était son devoir d'apprentie d'aller sauver celle qui lui avait tout appris. Kiyi avait eu vent du plan de Sokka, mais Zuko l'avait interdit de se joindre à eux, ce qui l'avait rendue boudeuse.
« Je ne peux pas prendre le risque que tu sois blessée Kiyi, pense à maman ! », s'exclamait Zuko.
Kiyi lui jeta un regard noir. « Aux dernières nouvelles, c'est toi qui a été blessé ! Et c'est moi qui maîtrise les éclairs de nous deux, je suis meilleure que toi ! T'as plus de chances d'être blessé que moi »
Touché. Toph émis un sifflement d'admiration, visiblement amusée de voir Zuko déstabilisé de la sorte. Aang jeta un regard inquiet à ce dernier. Il inspira pour calmer son agacement. « C'est bien pour ça que c'est toi qui doit rester. Pour protéger notre famille si notre plan échoue »
Kiyi sembla s'adoucir. Cela lui froissait l'égo de l'admettre, mais il n'avait pas tort. D'autant plus que c'était clairement Zuko que leurs ennemis voulaient. Quelqu'un devait rester. Si sa mère perdait deux de ses enfants, elle ne s'en remettrait pas. Elle fit la moue mais céda finalement.
« D'accord », fit-elle sans néanmoins dissimuler sa déception. Elle ne pourrait pas protéger son frère.
Zuko sentit ce qui la tracassait réellement et posa une main sur son épaule. « Ne t'en fait pas, Toph est de loin ce que je pouvais espérer de mieux pour me protéger »
« Tu me flattes ! », fit Toph avec un sourire fier.
Après plusieurs heures à envisager plusieurs possibilités, ils étaient enfin parvenu à un plan qu'ils considéraient viable. Ils avaient même pris en compte le cas où Zuko serait finalement défait par Katara. Selon la conception initiale de leur plan, ils seraient deux groupes. Toph avait décidé d'aller avec Zuko 'rétamer' selon ses propres mots le contingent qui viendrait avec Katara. Aang, Sokka et Ty Lee se chargeraient de l'intérieur de la forteresse, avec les guerrières Kyoshi restantes, Appa comme diversion. Druk se joindrait à eux une fois Katara sauvée pour sceller l'issue de l'attaque. Ce dernier avait accepté, écoutant les pensées de Zuko tandis que le plan se montait doucement mais sûrement.
Zuko s'inquiétait de devoir finalement éliminer des combattants par le feu. Il n'avait jamais éliminé personne depuis le début de son règne. Sa soeur et son père, ainsi que tous leurs sympathisants étaient en prison et bien gardés. Il se demandait quelle était la position de Druk en la matière, ce dernier représentant l'esprit de Ran et Shaw au sein de la Nation du feu désormais.
Ces maîtres du feu sont indignes, avait-il dit.
Tout était on ne peut plus clair pour Zuko. Il n'aurait aucune hésitation à les éliminer comme l'auraient fait ses aînés s'ils s'étaient présentés aux guerriers du Soleil.
Kiyi et Siku seraient en retrait pour aider Katara, à bord d'un dirigeable prêt à fuir si la petite rencontre avec Zuko et Toph devait mal tourner. Hua serait laissée aux mains d'Iroh et Ursa pendant ce temps.
Néanmoins, ils n'étaient pas inconscients et se doutaient que l'ennemi pourrait avoir deviné leur plan. C'est pourquoi ils avaient trois autres plans à mettre en oeuvre en cas de problème. Il y aurait des pertes, notamment du côté de la forteresse, mais il fallait sortir autant de prisonniers que possible. Ils referaient une nouvelle attaque ultérieurement au besoin.
Zuko ne songeait désormais qu'à une seule chose. Récupérer Katara. Ils pouvaient le faire. Le rendez-vous était fixé. Ils avaient trois jours pour se rendre sur les lieux. Toph avait noté qu'une distance conséquente séparait le point de rendez-vous de la forteresse, sans doute pour ne pas éveiller les soupçons sur l'emplacement de leur base. C'était à leur avantage, si le leader envoyait ses meilleurs éléments avec Katara au point de rendez-vous, ce seraient des ennemis en moins pour défendre la forteresse.
« Nous partons demain », décida Zuko.
Ils auraient ainsi suffisamment d'avance pour anticiper une quelconque difficulté. Son conseil avait désapprouvé fortement leur plan mais n'avaient néanmoins eu aucune alternative à fournir. Zuko avait néanmoins demandé à ce que l'état d'urgence soit déclaré dans toute la nation. Il ne craignait que le Lotus rouge ait lui aussi un plan pour profiter de son absence. Le couvre-feu avait été instauré ainsi que les inquisitions parmi les autorités locales. Ses espions surveillaient toujours Xai Bau et le Seigneur Wu, sans relever quoi que ce soit de suspect.
Aang vint trouver Zuko, qui s'était isolé dans son bureau pour essayer de réfléchir à tout ce qu'il aurait pu manquer avant son départ. Il avait passé en revue tous les gardes du palais, et particulièrement ceux gardant les chambres de son oncle et sa mère. Il s'assura de les connaître tous, et de savoir où se trouvaient leurs familles. Jamais il ne les blesserait, mais il s'agissait du moyen de pression le plus sûr. Il ne devait pas permettre qu'une nouvelle attaque ait lieu au palais.
Ordre avait été donné de ne laisser ni entrer ni sortir quiconque sans Zuko. Le père de Kiyi, sur les conseils d'Ursa, était parti dans le Royaume de la Terre continuer ses tournées théâtrales. Les différentes nations avaient été alerté uniquement à leur échelon le plus supérieur du plan qui se tramait. Des troupes de l'armée du Royaume de la Terre étaient prêtes à intervenir, et des bateaux de la tribu du Pôle Sud baignaient les eaux au Sud du Royaume de la Terre, ainsi que cela avait été décidé après l'attaque du Pôle Sud.
« Tu as fait tout ce qu'il fallait, Zuko », lui dit Aang qui avait senti son questionnement intérieur.
Zuko se tourna vers lui. Il arborait un air inquiet, qui contrastait avec son visage dur habituel. « J'ai peur, Aang », fit-il, la gorge nouée.
« Moi aussi j'ai peur, mais pas autant que si j'étais seul. Face à... ton père, j'étais terrifié. J'ai même failli échouer, mais aujourd'hui, on est tous ensemble », lui dit Aang, avant d'insister en posant une main sur son épaule. « Tous ensemble. Je suis certain que Katara se bat bec et ongles pour sortir de son état d'hypnose, tu l'as vue. Elle lutte avec nous, je le sais »
Zuko hocha la tête. Son inquiétude n'était pas envolée, loin s'en faut, mais sa détermination n'en était que plus grande. Il avait vu Katara se débattre de leur emprise. Cette scène était gravée dans sa mémoire, et venait le réveiller chaque nuit en un cauchemar où elle finissait par le tuer, ou par être tuée par le Lotus rouge.
Il prit une profonde inspiration, puis expira. « Demain, elle sera avec nous »
Aang hocha la tête. « Nous ferons tout pour ça »
La nuit passa, et tous ne dormirent que très peu, à l'exception de Toph dont le sommeil n'était que très rarement perturbé. Zuko, comme les autres, trouvait son attitude déconcertante. Il l'enviait, d'une certaine façon. La nuit venue, ils se mirent en route. Sokka, Aang, Ty Lee ainsi que les cinq guerrières Kyoshi restantes - Suki exclue - se trouvaient dans le premier dirigeable. Toph, Kiyi et Siku étaient dans le second dirigeable. Zuko chevauchait Druk et Appa sécurisait le convoi. La pleine lune était pour le soir suivant.
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Je vous prie d'excuser les quelques fautes qui auront peut-être pu se glisser dans le récit. N'hésitez pas à me les signaler, je ferai une relecture ultérieurement. N'oubliez pas de laisser une petite review, ça fait toujours extrêmement plaisir !
