Chapitre 5 : Observées dans l'Ombre
Dans le silence pesant qui compose cette galerie d'art, le bruit d'un fracas de porte vient résonner de plus bel pour l'effacer en même pas 1 seconde.
Des pas viennent accentuer crescendo cette montée en écho et en adrénaline qui vient frapper tant le sol poli que l'âme de ces pieds agitées.
Leur ascension dans la peur atteint à haut point quand ils s'arrêtent face à un spectacle peu recommandable pour le grand public.
L'un des zombies fraîchement abattus un peu plus tôt n'était totalement mort, sauf qu'au lieu de nous faire une petite frayeur en nous attaquant par surprise quand on s'y attend le moins, il nous en fait une grosse en mutant en ce qui semblerait être un des lécheurs rencontrés plus tôt dans notre histoire.
Ce qui voudrait dire que ces bestioles sont en réalité... Humain ?
Les mains et pieds se transforment lentement et progressivement en pattes visqueuses et collantes qui plus tard donneront naissances à de forts membres pourvus de griffes, il faut juste laisser le temps à l'évolution de faire son petite chemin. La langue s'est anormalement allongée jusqu'à devenir similaire à celle d'un crapaud qui fait bine mal en te fouettant.
Malgré ça, il garde encore une part humaine, grâce à ses cheveux et ses yeux encore présents, ainsi que son cerveau non exposé et la présence de vêtements bien que déchirés par cette forte croissance.
Cela semble être une forme moins abouti de ces monstruosités, ce qui voudrait dire qu'ils ne deviennent pas tout de suite les menaces qu'on connait si bien.
Des témoignages d'autres survivants viendront confirmer cette hypothèse.
Le Suspendu regarde videment les deux personnes qui étaient comme lui avant, en tendant ses mains comme pour appeler à l'aide, tout en gémissant fortement et en secouant avec nervosité son fouet dans tous les sens. La seule réponse qu'il obtient de leur part, c'est une bombe de feu dans la gueule qui vient se répandre sur tout son corps, lui faisant pousser un long cri strident avant d'être consumé à cette chaleur purificatrice.
Pas question de le savourer à deux, même si il venait à être cuit à point, il faut retourner en bas pour pouvoir y faire un débriefing des autres chapitres.
Une échelle à faire descendre, ce qu'ils font, mène justement en terrain connu, notamment pour l'un d'entre eux.
Une fois les quatre pieds posés sur le carrelage des veaux, les deux essoufflés peuvent se poser un instant, coté à coté ,les fesses sur le bureau central.
Claire est tiraillée entre la joie d'avoir retrouvé son sauveur et l'angoisse d'avoir perdu cette petite fille qu'elle était tant faire chier à chercher.
Leon est épuisé avec des jambes en compote, mais il reste sur ses gardes, car il a l'a impression qu'on l'épie dans l'ombre, sans savoir d'où.
Au moins, ils vont pouvoir partager tout ce qu'ils ont appris chacun de leur coté.
Leon : Alors qui commence ? Je crois qu'on a pas mal de chose à se dire.
Claire : C'est vrai, j'ai d'ailleurs réussi à découvrir où est parti mon frère Chris, mais ça n'a pas été de tout repos.
Leon : Autant que tu débutes vu es parvenu à accomplir l'objectif de ce ce pourquoi tu es là.
Claire : Bon... Partons depuis le moment où l'on s'est quitté, dans cette route, entourés de zombie.
Leon : J'ai presque cru ne pas m'en tirer de ce guêpier.
Claire : J'ai rencontré l'armurier voisin, Robert Kendo, qui m'a protégé face à deux zombies alors qu'il s'apprêtait à quitter son magasin pour rejoindre un point d'évacuation où un ami viendrait le chercher. Il m'a proposé de l'accompagner, en me disant même que j'aurais très certainement la réponse sur où est mon frère, vu que le pilote de l'hélico est Barry Burton, un vieil ami de Chris et aussi membre des STARS.
Leon : Je devine que ça s'est mal passé, sinon tu ne serais pas ici.
Claire : Non, j'ai juste refusé la proposition.
Leon : Pourquoi ? Il n'y avait plus de raison pour toi de rester dans cette Peste Noire.
Claire : Si, toi. C'est plus fort que moi, je ne voulais pas t'abandonner te sachant dans le même merdier que moi, même si on venait à peine de se rencontrer.
Leon : Que moi je reste sur place pour toi, c'est normal, je suis flic. Sauf que là, tu me surprends, mais merci pour cette attention toute particulière.
Claire : Il faut se serrer les coudes, sinon ça finit dans le Jour des Morts-Vivant.
Leon : Il n'y a pas tout le monde qui le ferait, ce que tu as fait.
Claire : Je sais c'est tout moi, et puis tu es plutôt mignon, alors si je peux sortir gagnante de ce cauchemar.
Leon : Quand tu vois ce qui nous tombe dessus, il faudrait plutôt commencer notre relation maintenant, dans la probabilité montante qu'on ne sorte pas indemne de tout ça.
Claire : Pour en revenir à Robert, il m'a filé une radio et une arbalète, en me disant qu'il me contactera plus tard pour que lui et Barry viennent nous chercher ici au Commissariat. Sauf que je n'ai rien reçu depuis, et je n'ose pas trop y trifouiller.
Leon : Je crains qu'il n'est pas réussi à atteindre son moyen de transport, mais après, je suis peut être pessimiste.
Claire : Plutôt réaliste, même moi je songe à cette option.
Leon : C'est ça ou il t'a trahi. Aucune option n'est sympathique.
Claire : J'avais trouvé cette note écrite par lui, si ça t'intéresse de la lire.
Leon : Pourquoi pas.
Elle sort de sa sacoche le papier en question, ce qui permet à son interlocuteur de pouvoir le lire.
A mon meilleur ami, Barry.
Qu'est-ce qui se passe ici ? La ville entière a été transformée en une ville des morts, ressemblant à une image sortie de l'enfer. Mais comme j'aime cette ville autant que toi, j'y suis restée pendant un moment.
J'ai combattu tous les zombies qui essayaient de s'introduire jusqu'à présent, mais je ne peux pas rester là pour toujours. En outre, j'ai remis la plupart des armes et des munitions dans le magasin aux survivants laissés en ville. Le Raging Bull que tu as commandé était l'un d'entre eux. Désolé pour ça...
Avec l'état actuel des choses, je vais finir mort si je reste ici. Je pense à m'échapper dans la ville voisine, Stone Ville.
Si tu lis cette lettre par hasard, je te retrouverai là-bas. Allons pêcher à nouveau si tout se passe bien.
Robert Kendo
De ce qu'on l'on sait, cette partie de pêche ne se fera jamais, hélas.
Leon : Umbrella a détruit trop de vies, il faudra leur rendre la monnaie de leur pièce.
Claire : Je suis d'accord avec toi sur ça.
Leon : Alors, comment ça été ton arrivée au Commissariat ?
Claire : J'ai croisé ce qui restait de Brad Vickers, le pilote des STARS, et j'ai réussi à faire reposer son âme en paix. Sur lui il avait une clé qui m'a permis d'accéder à des vestiaires où j'ai trouvé ces fringues. Il y en avait aussi qui semblaient t'aller, donc tu pourras y faire un tour si tu veux, c'est dans la cour, dans le tunnel sous l'entrée.
Leon : J'y penserai. Après ça m'étonne quand même que tu es changé de vêtement comme ça.
Claire : c'est surtout parce que je me suis pissée dessus avec ma tenue précédente...
Leon : Hé, il n'y a pas à avoir honte. C'est une réaction normale avec ce que tu as subi. Mieux vaut ça que de faire un infarctus.
Claire : Merci, ça reste cependant le moment le plus gênant de toute ma vie.
Leon : Je crois que cet endroit va condenser tous les pires moments de notre vie. Tu peux continuer ton récit.
Claire : Dans la station, j'ai rencontré Marvin Branagh, je ne sais pas si tu le connais.
Leon : Si, ce Lieutenant aurait du être mon Chef, et c'est lui qui m'a présenté un peu les lieux déjà lors de mon embauche il y a moins d'un mois pour que je sois déjà familiarisé avec mon nouveau lieu de travail. On peut dire que ça m'a été plutôt pas mal utile jusque là.
Claire : Il était mal en point, blessé et infecté par le virus qui ronge cette ville. C'est lui qui m'a parlé de Sherry qu'il avait vu errant dans le coin, et qui m'a tenu informé de la désastreuse situation dans cette enceinte. Les documents que j'ai trouvé plus tard m'ont aussi mieux éclairé la lutte acharnée qu'il y a eu pendant plusieurs jours dans cette enceinte.
Leon : Tu as parlé d'un virus. Tu as trouvé la preuve que c'est d'origine viral cette apparition de zombies ?
Claire : Oui, j'ai réussi à trouver le bureau des STARS et dedans il y avait une mine d'information sur les coulisses de cette épidémie. Mon frères et ses collègues ont découvert que Umbrella faisait des expériences dans un Manoir dans les Montagnes Arklay avec un certain Virus T. C'est lui qui créé les zombies et probablement d'autres dangereuses créatures.
Leon : Un virus qui créé des monstres, on dirait le synopsis du'n film d'horreur de série Z.
Claire : Le problème, c'est que l'installation a été détruite et les preuves directes aussi. Ce qui fait que personne ne les a cru ou n'a tout simplement pas oser dire quelque chose comme la majeure partie des habitants de cette ville bosse plus ou moins directement pour les principaux fautifs de cette affaire.
Leon : Voilà pourquoi ça a été vite enterré cette histoire.
Claire : Il y a aussi le fait que le Chef de la Police est à leur solde, et à première vue derrière cette icone bienveillante se cacherait quelqu'un de plus sombre, déjà accusé plusieurs fois de viol par le passé.
Leon : J'ai entendu dire qu'il était devenu fou, mais donc ce ne serait pas une nouveauté en fait.
Claire : A priori Umbrella bosserait sur un nouveau virus, le Virus G, et ça ferait déjà un bon moment que des zombies auraient été aperçus en ville, bien que le chaos ait vraiment commencé il y a seulement une semaine.
Leon : C'est ça quand on veut se croire intouchable. On fait n'importe quoi jusqu'à que ça finit par exploser, et évidemment, ce n'est jamais sur que ce ça devrait tomber, que le bordel finit par tomber.
Claire : Mon frère et Barry sont allés en Europe pour enquêter le Quartier Général d'Umbrella. Il faudra que j'aille les retrouver quand on sera sorti d'ici.
Leon : Je t'y accompagnerai, si tout va bien, car il faut les empêcher de faire la même choses dans d'autres villes.
Claire : Et toi, tu as découvert des choses de ton coté ?
Leon : Pas grand chose, moins que toi en tout cas.
Claire : C'est déjà mieux que rien.
Leon : J'ai rencontré Elliot, un policier qui était censé s'échapper en hélico lui aussi, c'est lui qui m'a informé de ce qui s'était passé au Commissariat ces derniers jours. L'appareil est bien arrivé mais des corbeaux l'ont foutu en l'air et il s'est crashé sur le toit. Elliot s'est sacrifié pour me sauver la vie, et le fusil que j'ai, c'est lui qui l'avait.
Claire : Même les oiseaux deviennent des machines à tuer, comme dans le film d'Hitchcock.
Leon : C'est après qu'un autre hélicoptère est venu, mais n'appartenant pas à la police. Non, bien au contraire, il était de couleur sombre, comme pour passer inaperçu. Cet engin furtif possédait une cage avec six grands conteneurs ronds et il en a lâché l'un d'eux sur la bâtiment. Le T-00, où se trouvait le grand gaillard en imperméable que tu as vu avant.
Claire : Tu penses que c'est Umbrella qui l'a envoyé là ? Pourquoi ?
Leon : Je dirais pour faire taire des gens comme Irons, qui peuvent avoir des infos compromettantes sur eux. Mais il semble aussi en vouloir particulièrement à la petite Sherry vu sa réaction en la rencontrant.
Claire : Entre lui et le "Faux Papa", il faut la retrouver avant que l'un d'eux ne finisse par la tuer, ou faire bien pire.
Leon : Oui, mais avant j'aimerais aller voir le Lieutenant Branagh pour voir si jamais il est toujours lui même.
Claire : Je vois... Je te laisse faire ça seul. En attendant je vais utiliser la médaille de la licorne dans le trou de la statue pour voir ce que ça fait.
Leon : Ça marche, on se revoit après pour organiser nos prochains déplacements.
Les deux nouveaux amis pour leur survie se lèvent après cette petite pause qui leur avait au moins permis de déstresser un peu, voir même de sourire et rigoler un petit peu, ce qui faisait du mieux. Surtout qu'ils le savent très bien que c'est juste de courte durée, tant qu'ils ne se seront échappés de cette prison haute sécurité.
Voir même, tant qu'Umbrella ne sera pas du passé.
Claire indique la direction du bureau ouest au rouquin pour qu'il aille rencontre Marvin, ou la chose qui a peut être pris sa place.
Une fois qu'il a disparu de sa sa vue, elle part descendre la pente qui la ramène devant cette grande pièce d'art où comme souligné par elle dans la conversation, se trouve un renfoncement qui coïncide bien entendu avec l'objet clé qu'elle a trouvé sur le bureau de son frangin.
Elle y place celui ci et là magie, la socle de la statue s'avance jusqu'à se cogner contre le bord avant, faisant sortir et tomber une clé qui se trouvait cacher dans l'espèce de cruche qu'elle porte sur l'épaule. Ce nouvel item porte le symbole du pique, comme la pauvre porte qui s'était faite atomisée à coup de grenade dans le précédent chapitre.
Je crois qu'il y avait une autre porte avec ce symbole, là où il y avait... L'autre abomination.
Fallait que ça...
Le son d'une porte qui s'ouvre et se referme, au deuxième étage, sur la droite.
Pourtant personne n'est visible à cet endroit là, ce qui est vraiment bizarre.
Est ce que quelqu'un était présent ici depuis tout à l'heure sans qu'ils ne s'en rendent compte ?
La pression revient dans le ventre de la bleusaille qui essaye d'être le plus fort que possible malgré ses nerfs devenant fragiles.
En temps, ce n'est pas tous les jours qu'on risque de rencontrer une version mort-vivante de notre supérieur hiérarchique.
Je ne voudrais pas être à sa place.
Devant lui se dresse un décor de fête avec plusieurs bouteilles et gobelets qui sont rangés à attendre que l'on se serve d'eux. Les chapeau de fêtes sont tristes de ne pas avoir de têtes solides à se mettre sous le cône. Un message "Wellcome Leon" est écrit sur sur un morceau de tissu bleu, nous laissant alimenter le cliché du flic illettré.
Une mémo à son attention se trouve sur ce qui aurait du être sa table de travail.
À Leon S. Kennedy.
Félicitations pour votre affectation au poste de police de Raccoon City.
Nous avons tous hâte de vous compter parmi notre équipe et nous promettons de prendre bien soin de vous.
Bienvenue à bord !
De tous les gars du R.P.D.
Quelque chose est écrit au dos de la feuille, avec quelques taches de sang l'entourant.
Sois heureux que tu ne sois pas là, Recrue.
Ça lui fait mal au cœur de lire ce message adressé à lui, car il en vient à regretter de ne pas être venu plus tôt, quand on l'avait demandé en renfort.
Ce qui n'aurait très certainement rien changé, et même pire, lui aurait tout aussi probablement ôté la vie, et il serait à présent en train de déambuler dans les rues avec ces geeks au lieu d'être là avec une chance de pouvoir venger ses collègues défunts. Il reste cependant encore la question de la survie de Marvin.
Il n'est nul part pour être vu, laissant la possibilité qu'il soit dans son propre bureau un peu plus loin sur la gauche, dont la porte est ouverte.
Prudent, l'officier Kennedy s'y avance, le pistolet à la main, tout en vaillant à ce qu'il n'y ait aucun corps louche caché dans un coin.
Lieutenant Branagh, soyez encore en vie.
J'ai besoin de vous parler.
Surtout, ce soyez pas devenu une de ces créatures des cryptes.
Je n'ai pas envie d'être obligé de vous abattre.
Finalement il arrivage au pas de l'entrée de cette petite pièce où l'on peut voir la porte grande ouverte vers l'intérieur et dans un sale état.
Celui qui siège ici, est justement assis contre le mur, face à son subordonné, les yeux fermés, l'air presque mort.
Ce qui trahit cette potentialité, c'est le fait qu'il respire encore, bien que faiblement et pour plus longtemps.
Un peu soulagé, Leon s'adresse à lui dans l'espoir d'attirer son attention, en le réveillant au passage si il est endormi.
Leon : Lieutenant Branagh, est ce que...
Avant même de terminer sa phrase, une main avec de bons réflexes vient le braquer avec un Beretta alors que des yeux injectés de sang le fixent avec peur avant de se rassurer assez rapidement. Il y a néanmoins des détails qui ne trompent pas en ce qui concerne son état physique.
La peau très pale, une fièvre dégoulinante et cette fatigue lui envahissant le corps montrent qu'il ne lui reste que quelques heures maximum à vivre.
Il baisse son arme en remarquant qui c'est qu'il tient en joue et essaye de se lever, sans y parvenir, ne pouvant qu'essayer un sourire de bienvenue.
Cependant tout ça fait peine à voir, et notre héros le sait très bien. C'est donc avec une mine triste tentant de garder sa joie qu'il va à son chevet.
Leon : Je suis désolé pour votre état Lieutenant.
Marvin : Pas la peine, le plus important c'est que certains aient pu s'en tirer.
Leon : Qui ?
Marvin : Kevin et Rita, tu t'en rappelles ?
Leon : Oui, j'avais pas discuté eux lors de ma visite.
Marvin : Ils ont réussi à s'échapper avec deux autres survivants, mais je n'ai pas eu cette chance. Je leur ai ordonné de s'en aller sans moi, sachant que je risquais de les mener à leur perte en aillant été touché par cette même maladie qui a eu notre belle ville. Je n'aurais pas cru tenir autant de temps avec cette blessure, il faut croire que Dieu s'est associé au Diable pour nous faire souffrir le plus possible.
Leon : On ne peut plus rien pour vous, je me trompe ?
Marvin : Non, plus rien, je l'ai déjà dit à cette jeune femme qui est venue là juste avant.
Leon : Claire, on s'est retrouvé et elle est dans le hall actuellement.
Marvin : Protège là, et essaye de la faire sortir de ce pétrin. Je suis sûr que tu y arriveras Recrue.
Leon : Je vais faire de mon mieux Lieutenant.
Marvin : J'aimerais avoir le courage d'en finir maintenant, mais je n'arrive pas à presser la détente.
Leon : Je pourrais vous aider à y parvenir.
Marvin : Non, je ne veux pas te forcer à faire quelque chose qui risquerait de t'entraver dans ton boulot.
Leon : Je ne suis pas à un traumatisme près, et je préfère ça que de devoir faire la même chose une fois que vous serez passé du coté des morts.
Marvin : Tu es vraiment sûr de ton choix ?
Leon : J'en suis sûr.
Marvin : Alors je te laisse le faire, mais je te conseille de détourner le regard si tu as du mal. Moi je fermerai les yeux de mon coté.
Leon : D'accord.
Le gradé ferme ses paupières, grimaçant de plus belle, et étant que sa mort vienne, avec tant de retard.
Leon sait ce qu'il doit faire, et qu'il ne peut plus rebrousser chemin maintenant qu'il a tant insister pour lui abréger ses souffrances.
Il pointe son anti-supplice sur son camarade mourant, serrant les dents et sentant les mouvements de son cœur monter crescendo à chaque battement.
Il ne peut se résoudre à regarder l'acte qu'il s'apprête à commettre et donc décide de lui aussi de clore ses fenêtres le temps de finir ceci.
Marvin : Merci.
Le coup part, puis le silence vient reprendre sa place.
Un long silence qui dénote avec les tremblements de tireur qui n'ose plus rouvrir ses volets, de peur d'assister au résultat de son action.
Le miséricordieux sent son corps partir en vrille et ses pensées se bousculer, devenant incontrôlable.
Ses tentatives de respirer ne font que de lourds soufflements par la bouche qui se font entendre dans toute la pièce.
Je devais le faire, je devais le faire, je devais le faire !
Je ne pouvais pas le laisser se transformer !
Allez courage, tu dois te reprendre, tu dois te reprendre !
Allez !
Non sans peine, il rouvre les yeux, juste pour être sous le choc en voyant la tête de Marvin avec un trou brûlé sur le front.
Voulant partir le plus loin d'ici que possible, il écoute ses jambes ainsi que son rythme cardiaque pour se tirer de là, rapidement.
Une fois de retour dans le hall, éloigné du corps dont le sang est encore dans ses mains, il parvient à se stabiliser peu à peu, tout en continuant de haleter comme un chien assoiffé, ne se remettant pas simplement de ce coup dur.
Il sait qu'il a fait ce qui était juste selon lui, bien que ce ne fut pas une décision facile à applique et à en subir les conséquences psychiques.
N'entendant pas Claire s'approcher de lui, il sursaute en sentant sa main lui toucher l'épaule.
Cette réaction l'inquiète beaucoup, surtout après le coup de feu qu'elle a entendu plus tôt.
Claire : Leon, qu'est ce qui s'est passé là dedans ?
Leon : Je... J'ai rencontré Marvin et comme il allait bientôt se transformer en zombie, j'ai proposé de veiller à ce que ça n'arrive pas.
Claire : Oh... Si je peux t'être utile pour gérer ce mauvais moment.
Leon : J'ai besoin de décompresser un peu là, j'arrive pas à me sortir cette image de la tête.
Claire : Un câlin, ça pourrait marcher ?
Leon : Je ne sais pas, autant essayer.
Ils se font donc une accolade qu'aucun ne profite, l'un trop perturbé par son meurtre, et l'autre trop peinée pour lui.
Claire : Il y avait quelqu'un avant, au second étage, pendant qu'on conversait, mais il est parti après que tu sois rentré dans le bureau.
Leon : Tu as pu voir qui c'était ?
Claire : Non. Ça peut être aussi bien le Chef Irons que quelqu'un d'autre.
Leon : Je comprends mieux pourquoi j'avais la sensation d'être observé.
Claire : Ça va mieux ? J'ai pas l'habitude de faire ça, mais si ça peut nous éviter de sombrer dans la folie, alors c'est bien.
Leon : Je pense que ça ira, je dois me ressaisir.
Ils se décollent l'un de l'autre, puis le pauvre homme se rappelle d'un truc qu'il avait trouvé plus tôt cette nuit et qui pourra être utile.
Leon : J'ai trouvé un talkie-Walkie, je vais recalibrer sa fréquence sur ta radio pour qu'on puisse se joindre à n'importe quel moment afin de pouvoir se retrouver par la suite.
Claire : Tiens je te laisse regarder ça, je sais pas où c'est qu'on voit.
Leon : Attends... C'est 117.0.
Claire : Par contre, tu ne veux tout de même pas qu'on se sépare.
Leon : Ce sera plus rapide pour retrouver Sherry. Tu fouilles la partie ouest et moi la partie est. Dés qu'on la trouve, on s'appelle puis on se retrouve pour ensuite voir comment sortir de cet endroit de malheur. Ça te va ?
Claire : Comme ça oui, mais tu me promet de ne rien d'insensé. Je ne veux pas me retrouver toute seule avec elle. On sortira d'ici tous les trois, ensemble.
Leon : Je te le promet.
Claire : Alors prends soin de toi pendant qu'on sera séparé.
Il acquiesce de la tête tout en souriant pour essayer de la rassurer, ce qui marche à moitié.
Elle part alors d'un coté, et lui va d'abord sortir prendre un peu l'air pour continuer à essayer de penser à autre chose que la mort de Marvin.
Il en profitera pour aller se changer un peu car il y a un peu trop de sang sur son uniforme de flic.
Espérons que quand on le retrouvera au prochain chapitre, il ira mieux.
