Bonjour à tous ! Nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira. Merci pour vos reviews liées au chapitre précédent, elles me touchent toujours autant ! Bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Zuko se rend au lieu de rendez-vous indiqué par le Lotus rouge. Là, il combat Katara, sous l'emprise de l'hypnose visant à le tuer. Au moment de tuer Zuko, elle semble se réveiller et tue les ennemis qui l'accompagnaient. Elle se rend ensuite à la forteresse où elle était retenue prisonnière, et combat le Lotus rouge. Sokka et Toph la voyant arriver pensent que Zuko a échoué et la rejoignent. Cependant, alors que Toph tenait quatre de leurs ennemis prisonniers de ses bracelets de métal, l'un d'eux prononce une phrase qui plonge Katara dans l'inconscience. Aang et Zuko arrivent sur place. Ce dernier évacue Katara sur le dos de Druk vers le campement, laissant le soin à ses amis de finir le travail.
*Chapitre 23 - Le campement*
Zuko serrait Katara contre lui, veillant à ce qu'elle ne glisse pas durant le vol. Druk essayait de combiner douceur et vitesse pour les ramener au plus vite au camp qui avait été dressé. Ce n'était qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau de cette horrible forteresse. Le maître du feu songeait encore à cet endroit. Lui qui croyait que la serrer enfin contre lui, fût-elle inconsciente, suffirait à alléger ses craintes, cela ne faisait que les renforcer. Dans quel état serait-elle à son réveil ? Son esprit sera-t-il toujours intact ? Allait-elle seulement se réveiller ?
Ses bras se rappelèrent la sensation lorsqu'il l'avait prise dans ses bras. Elle était si légère. En y regardant bien, on pouvait voir que ses joues étaient légèrement creusées. Suki elle aussi était amaigrie, et n'y avait pourtant passé qu'à peine plus de deux semaines. Sans être dans des proportions choquantes, c'était déjà un indice sur ce qui avait pu se passer là-bas. Et Zuko n'était pas stupide. Il savait pertinemment que beaucoup d'autres 'indices' constellaient son corps. Lui-même en portait un sur le visage. Les bourreaux aimaient marquer leurs victimes.
C'est alors que la douleur qu'il avait à sa jambe le rappela à l'ordre. Katara ne l'avait pas raté. Il gémit, froissant le tissu de son pantalon pour contenir sa souffrance. La nuit, ou plutôt ce qu'il en restait, promettait d'être longue. Il songea à Kiyi et Siku, qui avaient ramassé Sokka et Toph et devaient maintenant être en chemin eux aussi.
Nous y sommes.
Druk se posa à l'entrée du camp, qui avait été défrichée avec l'aide des maîtres de la terre pour permettre l'installation de tentes. Il y en avait une vingtaine d'installée, aux couleurs des trois nations. Zuko allongea Katara sur le cou du dragon pour descendre. Lorsqu'il posa le pied par terre, il cria de douleur et dut serrer les dents pour ne serait-ce qu'accepter que son pied se pose par terre. Il dut se rendre à l'évidence. Il ne pourrait jamais porter Katara jusqu'au camp, et encore moins se porter lui-même sans aide.
Fort heureusement, l'arrivée d'un dragon était remarquée. Aussi, au moment où Zuko se tournait vers le camp, se demandant encore comment il allait faire, il vit un petit groupe vêtu de noir et de rouge arrivé vers lui. Le bataillon qu'il avait sélectionné soigneusement pour cette mission. Que des hommes de confiance, guidé par le Général Zi, un subordonné et vieil ami d'Iroh. Ils avaient combattu à Ba Sing Se ensemble. Le général Zi n'était alors que capitaine.
« Seigneur du feu Zuko ! », s'écria ce dernier. « Que les brancardiers passent devant ! »
Lesdits brancardiers n'étaient venus qu'avec un seul brancard, qui était manifestement destiné à Zuko. « Je peux attendre ! Maître Katara est la priorité ! »
Assez surpris, les brancardiers s'occupèrent alors de descendre doucement Katara du dragon, qui les intimidait beaucoup par sa taille et son air féroce. L'un des brancardiers trébucha, ce qui fit réagir Zuko au quart de tour. Si ces soldats avaient oublié son tempérament, il allait se charger de le leur rappeler.
« Faites attention ! Si vous aggravez son cas, vous aurez affaire à moi ! », rugit-il, plus sous le coup de la douleur lancinante qui le lançait dans la jambe que par véritable colère. Il gémit après son coup d'éclat.
Les hommes redoublèrent d'efforts et parvinrent à placer la jeune femme sur le brancard. D'autres brancardiers étaient en chemin pour porter Zuko, ce dernier ne pouvant marcher. Il espérait que ces derniers feraient vite, pour ne pas avoir à quitter Katara des yeux trop longtemps. Zuko tint la main de Katara encore un peu. Passant ses mains sur ses poignets, il sentit de fines cicatrices sous la pulpe de ses doigts. Si extérieurement Zuko faisait bonne figure, intérieurement, il était dévasté. Il la regarda s'éloigner, ayant encore l'impression qu'on l'arrachait à lui.
Calme-toi. Elle est en sécurité.
Druk tâchait de calmer la pression qui étreignait Zuko dans une étreinte chargée de colère. Ce dernier fut tellement surpris - il ne parvenait toujours pas à se faire à cette télépathie - que sa colère redescendit d'un coup. Druk avait raison. Elle était là. Il l'avait sauvée. Ou plutôt, elle s'était sauvée elle-même. Il faudrait lui passer sur le corps pour l'atteindre. Et peu importait sa blessure à la jambe.
Le deuxième brancard arriva enfin et Zuko s'y jeta presque, sur le dos, pressé de retrouver Katara.
« Je veux être avec elle », fit-il d'un ton ferme.
Les brancardiers ne se firent pas prier deux fois, ayant saisi le message. Personne ne séparerait Zuko et Katara, du moins tant qu'ils se trouveraient dans ce camp. Ils couraient de concert, soulevant et abaissant le brancard sans à-coups pour aller plus vite. Le Seigneur du feu vit du coin de l'oeil qu'il y avait énormément de monde dans ce camp.
C'était à la fois bon signe car cela signifiait qu'ils avaient libéré un nombre conséquent de prisonniers, mais c'était également un mauvais signe. Depuis combien de temps ces personnes étaient-elles prisonnières ? Zuko entendit des pleurs de bébés et d'enfants, par dizaines. Totalement déconnecté de la réalité depuis qu'il avait retrouvé Katara, il reprenait doucement conscience. Le Lotus rouge souhaitait créer une armée d'enfants pour transmettre leur philosophie et anéantir les nations, pour revenir aux temps anciens. Et aucun de ces enfants n'était né de gaieté de cœur. Ces pensées multiples vinrent lui rappeler les visions cauchemardesques qu'il avait eu de Katara la nuit, qu'il avait imaginée tourmentée des pires manières. Seulement là, tout semblait bien réel.
« Seigneur Zuko ! », entendit-il alors qu'il entrait dans la tente. « Amenez-le ici ! »
Il ne reconnut pas immédiatement cette voix, bien qu'elle lui semblât familière. Il vit qu'un paravent était dressé devant un des lits, celui où Katara se trouvait. Ses hommes lui jetèrent un regard inquisiteur, ne sachant pas s'ils devaient suivre cet ordre donné par cette femme. Zuko hocha la tête pour leur dire d'obtempérer. Les brancardiers le déposèrent sur le lit. Il gémit lorsqu'ils le déplacèrent. La douleur à sa jambe commençait à devenir insoutenable. Il vit la silhouette qui avait parlé s'approcher du lit. Inaka.
« Je ne pensais pas vous trouver ici », fit Zuko avant de grimacer. Il avait bougé sa jambe blessée par inadvertance.
Inaka bredouilla, subitement prise au dépourvu.
« Vos troupes ont accepté de me conduire ici. Je craignais de revenir... mais je ne pouvais pas les laisser tomber », dit-elle doucement.
Inaka craignait cet endroit. Elle se rappelait encore des nombreux viols qu'ils avaient commis sur sa personne, dans l'espoir de la faire tomber enceinte. Lorsqu'ils avaient compris, grâce à une autre guérisseuse dont elle ignorait ce qu'il était advenu, qu'elle était stérile, ils l'avaient laissé tranquille. La seule condition était de soigner les autres prisonnières de son mieux. Depuis plus d'un an, c'était son 'travail'. Aussi, si elle avait laissé le doute la gagner, elle s'était finalement reprise et avait rejoint les troupes de la Nation du feu en partance pour le Marais Brumeux. Comment aurait-elle pu abandonner celles qu'elle avait dû soigner après maintes tortures ?
Zuko sentait toutes ces horreurs transparaître sur le visage de la guérisseuse. Il sentit qu'il frissonnait, et pas de froid, mais de peur. Il n'osait imaginer ce qu'Inaka avait traversé ces deux dernières années, et ce que Katara avait pu traverser en plus de deux mois. Tout le ramenait à elle, à ses souffrances. Se réveillerait-elle ? Se rappellerait-elle de tout ? Il la revoyait inconsciente dans les bras de Sokka, qui n'avait pas eu le temps de lui expliquer ce qui s'était passée. Il l'avait quittée plus puissante et dévastatrice que jamais, et il l'avait retrouvée à nouveau inconsciente. Ce détail qui lui avait échappé, le turlupinait à présent. Qu'était-il arrivé ?
« Nous devons vous trouver un autre guérisseur, je dois m'occuper de Katara tout de suite », fit Inaka, visiblement embêtée.
Zuko hocha la tête. « Je peux attendre », fit-il avant de se tourner vers les hommes qui l'avaient accompagné. « Trouvez un soigneur, et s'il n'y en a pas, attendez l'arrivée de Siku de la tribu de l'eau du Pôle Sud. Elle se trouve avec ma soeur dans un dirigeable »
« Oui mon Seigneur », répondirent-ils en choeur avant de quitter la tente, ne laissant que deux hommes à l'entrée de la tente.
Zuko priait Agni pour que le dirigeable soit toujours en un seul morceau, mais savait qu'au fond il s'inquiétait pour rien. Si Sokka et Toph avaient gagné le dirigeable, avec Siku et Kiyi à leurs côtés, rien ne pouvait leur arriver.
« Prenez ces compresses et tâchez d'appuyer sur votre plaie jusqu'à ce qu'elle cesse de saigner », fit Inaka en lui confiant le matériel médical nécessaire.
Zuko s'assit au bord du lit de camp et entreprit de défaire sa botte. Ce fut un véritable calvaire. Il se mordait la lèvre si fort pour éviter de gémir qu'elle était violacée. Sa jambe était couverte de sang rouge et brun. La plaie à l'air libre, il la compressa aussi fort que possible. Ce fut un instant de douleur sans cesse renouvelée.
« Je souhaiterais en outre vous poser une question », fit-elle. Zuko hocha la tête pour lui indiquer de la poser, les lèvres pincées pour essayer de soulager sa souffrance. « Savez-vous ce qui s'est produit avant que Katara ne tombe inconsciente ? »
Il secoua la tête. Prenant quelques brèves inspirations, sa main toujours appuyée fermement sur sa jambe, il parvint à parler. « Je l'ignore, seul son frère Sokka et notre amie Toph le savent. Ils ne devraient plus tarder à présent. Je sais seulement qu'elle a été soumise un long moment à l'hypnose, mais vous le saviez déjà »
Elle hocha la tête et retourna derrière le paravent où Katara était dissimulée. Elle prit toutes les précautions du monde pour lui retirer sa combinaison sans lui faire trop de mal. Celle-ci était si moulante qu'elle dut la découper avec une lame de glace par endroits pour lui retirer. Elle approcha les torches allumées de Katara, pour ne pas qu'elle ait trop froid. Il n'y avait aucun bandage en-dessous, ce dont la guérisseuse se doutait. La nudité n'était plus quelque chose qui la dérangeait. Elle avait vu tellement de corps de femme nus à présent que cela l'indifférait presque. Ce qui, en revanche, ne parvenait pas à l'indifférer, étaient les sévices qui transparaissaient sur tous ces corps. Et celui de Katara était loin d'en être exempt.
Celle-ci avait une énorme trace violette qui encerclait son cou. Ce n'était pas récent, mais ce fut suffisamment violent pour que la trace demeure encore. Inaka ignorait que c'était la chaîne qui avait servi à immobiliser Katara lors d'un viol qui avait donné lieu à cette marque. Inaka put l'atténuer avec son eau, mais il resterait une trace qui prendrait du temps à disparaître. Descendant petit à petit sur son corps, elle s'arrêta sur deux gros bleus au niveau des côtes. Ils furent guéris assez facilement eux aussi. Déglutissant, elle arriva finalement entre ses cuisses. C'était toujours une partie du corps qui la mettait mal à l'aise car c'était souvent le berceau d'atrocités.
Elle fut surprise par des voix qui venaient de s'engouffrer dans la tente.
« Où est ma soeur ? Comment va-t-elle ?! », s'exclama l'un.
« Sokka, attend ! », s'écria une voix plus fluette. Siku.
Zuko se leva aussitôt, oubliant sa jambe. La douleur le fit presque s'effondrer au sol. Il gémit et sentit ses bras se crisper de douleur. Les deux gardes qui se trouvaient à l'entrée de la tente étaient entrés. Zuko les repoussa d'un signe de la main.
« Calme-toi Sokka ! Inaka s'occupe d'elle ! Bon sang ! », s'écria Zuko d'une voix rauque qui exprimait toute sa douleur de manière sonore.
Siku s'approcha rapidement de lui, commençant à s'intéresser à sa jambe blessée. « Je devrais vous examiner, Seign... Zuko »
Ce dernier ravala un juron de souffrance, et se laissa faire. La plaie saignait encore malgré tous ses efforts. Siku attrapa un des amphores remplis d'eau par Inaka et commença sa guérison. Inaka sortit de derrière le paravent pour empêcher Sokka de passer.
« Je m'occupe de votre soeur », dit-elle d'une voix calme mais ferme. Suffisamment pour que Sokka recule. « Je vous préviendrais lorsque vous pourrez venir la voir »
Sokka ne voulait pas quitter la tente, mais ne tenta pas d'aller derrière le paravent. Il resta stoïque, sans dire le moindre mot, les yeux rivés sur le paravent blanc. Zuko n'avait jamais vu Sokka aussi bouleversé. Siku acheva sa guérison, et, remettant sa botte, il s'empressa ensuite de prendre son ami par les épaules, pour le détourner de ce paravent.
« Viens Sokka, allons dehors », proposa Zuko.
Sokka le suivit à contrecoeur, toujours sans dire un mot. Puis il finit par exploser une fois dehors.
« Comment peux-tu être aussi calme Zuko ! », s'énerva Sokka. Des larmes coulaient sur ses joues, chacune tombant au sol étant remplacée par d'autres.
L'adrénaline du combat était redescendue, le retour à la réalité s'était fait brutal. Sa soeur était là, mais inconsciente et blessée de plus d'une manière, il le savait. Il n'était pas stupide, ayant lui aussi imaginé le pire concernant Katara.
« Calme ? Tu crois vraiment que je suis calme ?! », s'exclama Zuko avant de faire demi-tour, marchant nerveusement, cherchant ses mots.
Il ne pouvait pas être calme. Il n'était pas d'un naturel patient, et encore moins dans cette situation. Le visage de son ami, si semblable à celui de sa soeur, n'était que tristesse. Zuko expira alors, se pinçant l'arête du nez pour ne pas perdre patience.
« Écoute Sokka, cette situation m'écœure autant que toi, sinon plus, d'accord ? S'énerver et crier ne résoudra rien », reprit Zuko.
Sokka garda un air furibond mais dut se rendre à l'évidence. Zuko avait raison. Et mieux encore, Sokka voyait l'amour qu'il portait à sa petite soeur transparaître. Il comprit que c'était pour elle que Zuko contenait sa colère et sa rage. Il ignorait encore ce qui s'était passé lors de son combat contre elle, et il ne s'était guère posé la question jusqu'à présent. Tout ce qui comptait était que Katara soit en vie et libérée.
Il soupira et essuya son visage pour effacer ses larmes. « Excuse-moi »
Zuko ne voulait pas qu'il s'excuse. Il s'avança vers Sokka et l'attira dans une étreinte amicale, pour lui signifier qu'il n'y avait rien à pardonner. Ce dernier renifla, appuyé sur l'épaule de son ami qui tentait de le consoler au mieux.
« Elle est là, elle est avec nous. On est tous là »
Il sentit Sokka hocher vivement la tête contre lui. Zuko poussa un soupir. Il fallait que Sokka se ressaisisse, car ils n'en avaient pas encore terminé. Néanmoins, il admirait la force des hommes des tribus de l'eau. De féroces guerriers capables d'exprimer l'inexprimable. La Nation du feu prônait la force en toutes circonstances, considérant l'expression des sentiments par un homme comme une faiblesse. Zuko espérait un jour que sa nation irait au-delà de ce préjugé.
Ils se séparèrent mais restèrent quelques secondes à se regarder dans les yeux. Zuko hocha légèrement la tête, pour lui demander subtilement s'il allait mieux maintenant. Sokka hocha doucement la tête, essuyant une ultime fois ses joues. La peine et la colère étaient sorties. Il se sentait un peu plus apaisé. Il frappa doucement sur l'épaule de Zuko, un léger sourire aux lèvres pour le remercier.
Une voix féminine les firent alors se retourner.
« Sokka ? » Inaka se tenait à l'entrée de la tente.
Zuko se rappela les paroles d'Inaka. Ils devaient savoir ce qui était arrivé. Doucement, il se tourna vers Sokka. « Inaka a besoin de savoir ce qui s'est passé »
Celle-ci compléta. « Seulement si vous êtes prêts à en parler, nous avons encore un peu de temps devant nous si jamais... »
Il la coupa. « Non... Ça ira » Il déglutit et prit quelques secondes pour rassembler ses pensées.
« Voyant Katara revenir à la forteresse, j'ai cru... » Il se tourna vers Zuko, l'air grave. Il avait cru que Zuko était mort mais refusait de le dire à voix haute. Cette idée lui était insupportable. « Enfin, je me suis dit que je devrais accomplir la mission à ta place. Je suis revenu à la forteresse et je l'ai trouvée. Toph était avec elle, et essayait de la raisonner »
Zuko fut interloqué. « Comment ça ? Elle était encore sous hypnose ? »
« Non, mais... Elle... » Il jeta un regard honteux à son père. « Toph avait immobilisé nos assaillants et essayait de raisonner Katara pour ne pas qu'elle... les tue. Ensuite... L'un d'eux a dit une phrase, et j'ai pensé à ce qui était arrivé à Jet... J'ai demandé à Toph de les empêcher de parler mais c'était trop tard. Katara s'est mise à... à hurler, elle se roulait par terre et... et » Sa voix était chancelante, il toussota pour chasser les sanglots qui menaçaient de sortir. « C'est comme si elle essayait de s'arracher la tête. Ça a duré une éternité avant qu'elle ne tombe inconsciente »
Zuko haleta presque à cette révélation. Sokka avait vu juste, ils avaient prévu un double ordre. Le tout était de savoir : lequel ?
« Savez-vous ce que cet homme a dit ? », demanda Inaka.
Sokka était visiblement en train de fouiller sa mémoire pour retrouver ce que cet homme avait dit. « Mmh... C'était... Quelque chose comme... 'Tu dois te rappeler du Lotus rouge qui t'a volée' », finit-il par dire. « Je ne sais pas ce que ça veut dire. Inaka, est-ce que ça te parle ? »
Après quelques secondes de réflexion, Inaka secoua la tête. « Je ne sais pas ce que ça signifie. Il faudra attendre qu'elle se réveille », dit-elle. Si elle se réveille un jour. « Veuillez m'excuser, je vais poursuivre mes soins sur votre amie »
Zuko et Sokka restèrent un instant silencieux, réfléchissant chacun à ce que pouvait signifier cette phrase. Qu'est-ce que le Lotus rouge pouvait avoir volé à Katara ? Sokka serra le poing. Il ne voulait pas en arriver là, mais il s'agissait de sa petite soeur. Rien ne l'arrêtera pour savoir ce qu'ils lui avaient fait et comment la soigner.
« Je sais comment nous allons le savoir », fit-il d'un ton sombre, posant une main sur le manche de son épée. « Toph doit être arrivée »
Zuko avait vu, avant de partir avec Druk et Katara, qu'elle avait immobilisé quatre ennemis grâce à sa maîtrise du métal. Il faudrait simplement convaincre ces tortionnaires de parler. La tâche promettait d'être rude. Cependant, ils ne devaient pas précipiter les choses et commettre l'irréparable. Aussi, il mit Sokka en garde.
« Essaie de la trouver. Je vais retrouver mes troupes, et organiser une entrevue avec ton père, Aang et le commandant des troupes du Royaume de la Terre », dit Zuko. « Et attendez qu'on ait pris une décision avant de faire quoi que ce soit ! ».
Sokka hocha la tête et se mit en quête de Toph. Zuko repartit vers les tentes rouges qui n'étaient qu'à quelques mètres de là. Lorsqu'il entra, tous se mirent au garde à vous. Malgré son accoutrement et ses cheveux lâchés, tous le reconnurent. Sa cicatrice avait au moins cet avantage d'être reconnu à toute heure du jour et de la nuit. Le commandant salua Zuko.
« Votre Majesté », fit-il avec sérieux.
« Repos, général Zi. Quelle est la situation ? Avez-vous pris contact avec le Royaume de la Terre et la Tribu de l'eau du Pôle Sud ? », demanda Zuko qui s'avançait vers les caisses qui étaient rangées dans un coin de la tente.
Il cherchait à s'habiller plus convenablement. Son pantalon déchiré et sanguinolent était totalement inutilisable. L'un des soldats comprit ce qu'il cherchait et lui désigna la caisse en question. Il y avait toujours une tenue ou deux supplémentaires. Zuko avait toujours tendance à s'abîmer. Il commença à enlever sa tunique déchirée et ensanglantée, afin d'en vêtir une propre. Il prit de l'eau dans une des jarres pour se nettoyer rapidement le torse, se montrant plus doux sur la cicatrice qu'il avait à l'épaule.
« Nous avons pris contact avec eux afin de dresser le camp. Tout est en place. Nous avons pris en charge le tiers des femmes libérées. Il y en a douze qui viennent de notre Nation, nous avons procédé à leur identification », fit son général en désignant un parchemin qui était étalé sur la table de fortune. « Presque toutes sont sans famille, à l'exception de quatre enfants qui sont nés là-bas »
Zuko s'en doutait. Si elles avaient eu une famille, les disparitions auraient été déclarées. Quatre enfants nés. Zuko examina le parchemin de plus près, le plus âgé avait deux ans, et le plus jeune cinq mois.
« Ont-ils été récupérés ? », demanda Zuko.
« Nous attendons les listes des autres nations. Nous n'avions récupéré que celui de cinq mois, ils l'avaient laissé avec la mère en prison. Les deux vont bien »
Zuko hocha la tête, ajustant son pantalon. « Continuons ainsi. Nous devons aider toutes ces femmes. Je pense que nous pourrions proposer Yu Dao pour accueillir celles qui le souhaitent. De plus, nous devons discuter des quatre prisonniers faits par Maître Toph. Pouvez-vous m'arranger une réunion ce soir avec les autres nations ? »
« Oui Majesté ! », répondit l'un des soldats messagers qui quitta aussitôt la tente.
Zuko voulait aller aider en personne les réfugiées et il souhaitait que ses troupes, hommes et femmes, y participent. « Vous autres, faites ce que vous pouvez pour aider ces réfugiées, je vais moi-même m'atteler à cette tâche »
« Ne devriez-vous pas vous reposer, votre Majesté ? », demanda le général.
Zuko eut un demi-sourire. Le général Zi était l'un des rares à réellement se soucier de lui en tant que personne. Et pour le général, il ne s'agissait pas uniquement de protéger le Seigneur du feu. Il s'agissait également de protéger le neveu de son ami. C'était pour cette raison qu'il avait été promu général.
« Ne vous en faites pas pour moi, général Zi » Il se tourna vers les autres soldats. « Exécution ! »
Inaka se pencha au-dessus de Katara, armée d'un nouveau bol d'eau, pour aller plus en profondeur et réparer les traumatismes. Inaka constata que Katara avait subi au moins un viol, peut-être plus. De ce que Zuko et Aang avaient vu lorsqu'ils avaient utilisé les racines pour trouver Katara, ils tentaient souvent de la réveiller de son hypnose, pour voir jusqu'où ils pouvaient aller. Il n'était pas impossible qu'ils aient eu recours à ce genre de violences, pour voir si elle réagissait. Remontant plus haut vers son utérus, elle sentit que quelque chose n'allait pas. Sous le choc, elle en cassa son récipient d'eau, ce qui alerta Siku qui passa sa tête derrière le paravent.
« Inaka ! Ça va ? », s'inquiéta Siku qui la voyait comme figée sur place, les yeux écarquillés.
Celle-ci mit quelques secondes à reprendre ses esprits. Elle toussota. « Je... Oui... Oui, ça va, ne t'en fait pas »
Siku n'était pas convaincue. « Tu es sûre ? »
Elle ramassa les débris du récipient d'eau qu'elle mit dans un coin pour que personne ne s'y blesse, et alla en chercher un nouveau. Inaka eut toutes les peines du monde à se concentrer, mais reprit finalement la guérison. Siku sentait que quelque chose clochait mais garda ses réflexions pour plus tard.
« Oui oui, un peu de fatigue voilà tout », fit Inaka en se détournant de la jeune apprentie soigneuse.
Les bras et les jambes de Katara portaient quelques bleus, mais rien de grave. En un tour de main, Inaka les fit disparaître. Il n'y avait que ses fines cicatrices autour de ses poignets pour lesquelles elle ne put pas grand chose. Elle dut ensuite s'atteler à retourner Katara sur le ventre. Elle savait exactement ce qu'elle y trouverait, pour avoir empêché son immense cicatrice de s'infecter, et comprenait à présent la signification du 'Z'. Zuko. Seigneur du feu de la Nation du feu. Elle en était persuadée à présent. Un lien bien plus fort que l'amitié unissait ces deux-là.
Elle put faire disparaître les blessures causées par Zuko qui avaient déformé quelque peu le 'Z', mais ne put rien faire pour sa cicatrice. Elle resterait ainsi, légèrement rose, créant un contraste disgracieux avec sa peau brune. Inaka acheva de guérir les blessures physiques de Katara tant que celle-ci demeurait inconsciente. Prenant une bassine d'eau parfumée, elle lava Katara avec une éponge douce.
« Siku, peux-tu m'aider à vêtir Katara ? », appela-t-elle.
Siku, qui préparait des décoctions d'herbe, alla aussitôt voir Inaka. Elles avaient réussi entre temps à se procurer une tenue bleue pour la vêtir. En quelques minutes, Katara était intégralement vêtue. Siku avait pu noter l'imposante cicatrice qui lui barrait le dos et frissonna. Elle avait rarement vu balafre aussi affreuse, excepté sur Zuko qui en totalisait trois à présent, entre son visage, son torse et son épaule. Inaka peigna ses cheveux, qu'elle avait nettoyés au mieux. Elle semblait presque dormir à présent.
« Je pense que nous pourrons laisser entrer sa famille et ses amis à présent », fit Siku qui voulait se montrer optimiste en dépit de ce qu'elle venait de voir.
Inaka hocha la tête en songeant à l'effroyable nouvelle qu'elle devrait apprendre à Katara. Siku ne vit pas son désarroi et commença à ranger et à nettoyer tout ce qui avait servi à guérir Katara et Zuko. Inaka sortit de la tente.
« Messieurs... Pourriez-vous dire au Seigneur Zuko et au chef de la tribu de l'eau du Pôle Sud qu'ils peuvent rendre visite à Katara ? », demanda-t-elle.
L'un d'eux hocha la tête et partit aussitôt transmettre le message. Inaka chargea Siku de veiller sur Katara, et décida d'aller aider aux autres tentes pour donner un coup de main. La jeune apprentie jeta un regard sur son mentor, dont elle n'avait guère vu les blessures. Celle-ci n'avait pas bougé depuis son arrivée dans la tente. Elle repoussa le paravent, qui n'avait plus de raison d'être à présent que Katara était vêtue et lavée.
Quelques minutes plus tard, des pas se firent entendre à proximité. Siku qui s'était assise sur un des lits se releva alors. Le chef Hakoda fit son entrée.
« Chef Hakoda », le salua Siku.
Ce dernier lui fit un bref signe de tête avant de s'intéresser à Katara, dont il s'empressa de prendre la main. Sentant que celle-ci était froide, il comprit que ce que traversait sa fille était grave.
« Toph ! », appela Sokka en voyant celle-ci sortir d'une tente, celle où se trouvaient les prisonniers.
« Sokka ! Comment va Katara ? », demanda-t-elle aussitôt, manifestement inquiète pour son amie.
Ce dernier passa sa main nerveusement sur sa nuque. « Elle est inconsciente, mais Inaka s'occupe d'elle. Je n'ai pas encore pu la voir » Il poursuivit. « Je ne sais toujours pas ce qui a pu se passer, je pensais qu'on pourrait tirer quelque chose de ces quatre pourritures »
Toph hocha la tête et frappa ses deux mains ensemble, prête à en découdre. « Je n'attendais que ça »
Ils entrèrent alors ensemble dans la tente. Sokka avait posé sa main gauche sur son boomerang, et sa main droite sur son épée. Les quatre prisonniers étaient assis dans des cages de métal, vraisemblablement fabriquées par Toph. Les quatre cages étaient aux quatre coins de la tente, si bien qu'ils se tournaient le dos les uns aux autres. Sokka comprit pourquoi son amie avait mis du temps à les rejoindre. Tous avaient une bande de métal sur les yeux et la bouche, les mains liées dans le dos et les pieds ensemble.
« Par lequel on commence ? », demanda ostensiblement Toph pour que les prisonniers sachent ce qui les attendait. Celle-ci malaxait avec sa maîtrise une boule de métal entre ses mains, lui faisant prendre des formes plus tranchantes et menaçantes les unes que les autres.
Sokka les observa tour à tour. Un homme de la Nation du feu, une femme de l'une des tribus de l'eau et deux hommes aux apparences du Royaume de la Terre, l'un étant plus fluet que l'autre. Il élimina d'abord les deux premiers pour son interrogatoire. S'il s'agissait d'une hypnose semblable aux méthodes du Dai Li, il fallait se tourner vers ceux du Royaume de la Terre. Le plus mince était certainement le responsable de l'hypnose.
Il s'avança vers la cage du désigné, et posa sa main dessus, la faisant vibrer autour de celui-ci. « Celui-là »
« Qu'est-ce que vous faites ?! », s'exclama une voix derrière eux qui fit sursauter Sokka. Toph l'avait senti arriver. Aang.
Sokka se tourna aussitôt vers lui. « Ne te mêle pas de ça Aang ! »
Aang détailla la scène qu'il avait sous les yeux. Toph était en train de sortir le prisonnier désigné par Sokka, qui marmonnait dans son bâillon, toujours ligoté. Son épée sortie, Sokka s'était approché de lui, l'air menaçant. Il ne fallut pas beaucoup plus d'éléments pour qu'Aang comprenne ce qui se passait.
« Vous... Vous étiez prêts à les torturer ? Je ne peux pas le croire ! Vous allez vous abaisser à leur niveau ! », s'énerva Aang. « Je croyais qu'on devait régler ça tous ensemble, dans l'harmonie des nations ! »
Toph leva les yeux au ciel. « Aang, la vie ce n'est pas un conte pour enfant, parfois il faut se salir les mains »
L'Avatar fut choqué de ses paroles. Ils avaient tout fait ensemble jusque-là, et là, pour accomplir de sombres desseins, ils semblaient renier tous liens d'amitié. C'était exactement ce que voulait le Lotus rouge, dont faisaient partie ces quatre prisonniers, et Toph et Sokka jouaient leur jeu. Le même jeu que celui auquel ils avaient joué avec Katara. La colère le gagna.
« Vous croyez vraiment que c'est par la torture que vous les aurez ?! », rétorqua l'Avatar, les poings serrés. Ses tatouages commençaient à briller. Le vent souffla en bourrasque dans la tente, dont les pans se soulevèrent légèrement. Heureusement que celle-ci était bien ancrée dans le sol. « Je ne vous laisserai pas tomber aussi bas »
Sokka serra les poings à son tour. Il était totalement hors de contrôle. « Si tu crois que je vais les laisser s'en sortir comme ça, après ce qu'ils ont fait à ma soeur, jamais Aang ! Vas-y ! Déchaîne-toi ! Il n'y a que comme ça que tu pourras m'arrêter ! »
Zuko remontait les tentes une à une. Tous ceux présents étaient en train de s'affairer pour monter des lits de camp, distribuer des vêtements et de la nourriture, soigner les femmes et les enfants qui en avaient besoin. Il se sentait totalement dépassé par les événements. Il sentit tout à coup une pression autour de son bassin.
« Je te cherchais partout ! », fit une petite voix inquiète. Il baissa les yeux et vit Kiyi. Il s'empressa aussitôt de la serrer contre lui. « Tu vas bien Zuzu ? »
Ce dernier sourit faiblement. « Une blessure à la jambe, mais Siku m'a soigné »
« Ty Lee a été blessée aussi, elle est encore très patraque mais ça devrait aller... Heureusement ! j'étais en train de lui apporter de la nourriture », fit-elle en montrant le petit baluchon qu'elle portait à son épaule, contenant plusieurs repas.
Zuko décida d'aller la voir avec elle.
« Et toi, tout va bien ? », lui demanda Zuko en marchant. Il espérait que sa petite soeur ne soit pas trop marquée par ces scènes effroyables.
Celle-ci hocha la tête et fit un sourire avant d'entrer dans la tente. « Je vais bien »
Ty Lee était couchée sur un lit de camp et était en sueur, comme si elle avait de la fièvre. Une des guerrières Kyoshi ayant participé à l'évasion lui tenait compagnie. Elle se leva en voyant Zuko, s'apprêtant à le saluer plus formellement, mais il lui fit comprendre que ce n'était pas nécessaire. Kiyi leur donna à toutes les deux de la nourriture, qu'elle chauffa avec ses mains. Une soupe de légumes et un morceau de pain.
« Oh Zuko », gémit Ty Lee, visiblement heureuse de le revoir, avec un sourire déformé. « Tu t'en es sorti, c'est super... Et Katara ? »
« Elle est toujours inconsciente, mais elle est parmi nous, nous avons réussi », fit Zuko. « Que s'est-il passé ? »
« J'ai reçu une fléchette empoisonnée. Sokka m'a sortie de là et m'a confiée aux autres guerrières. Heureusement qu'elles avaient l'antidote sur elles, et qu'il a fonctionné, sinon je crois que je ne m'en serai pas tirée. Mais je suis là ! », fit-elle, essayant de paraître guillerette. « D'ailleurs, je n'ai pas revu Sokka depuis »
Zuko la rassura. « Il va bien », dit-il avant de se tourner vers Kiyi. « D'ailleurs, en parlant de ça... Tu n'aurais pas vu Toph par hasard ? »
« Si, elle était en train de monter une tente avec sa maîtrise du métal, c'est un peu plus loin dans l'allée. On a ramené les prisonniers », dit Kiyi.
Son frère décida d'aller la trouver. Il avait presque oublié qu'ils avaient capturé d'importants éléments du Lotus rouge. Si sa soeur avait vu les prisonniers, cela signifiait que Toph avait réussi à les empêcher d'avaler du poison. Ou peut-être n'en avaient-ils pas sur eux à ce moment-là ?
« Je dois la trouver », décida Zuko qui se leva et sortir de la tente.
Il repéra sans mal la tente à l'écart, qui était à peine bien montée. Des éclats de voix se faisaient entendre. Quelque chose ne tournait pas rond. Il accéléra le pas, jusqu'à courir. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard.
Toph, toujours debout face à Sokka et Aang, s'agaça. Elle n'avait pas envie de voir ses deux amis se battre. Et, sentant des pas familiers se diriger vers eux, elle n'eut pas envie d'ajouter une troisième personne à la bataille, d'autant que, dans le fond, elle admettait que c'était Aang qui avait raison.
« Ça suffit ! Sokka, recule. Aang a raison. Nous devrions en parler tous ensemble, d'ailleurs, ça tombe bien, Zu... »
« Qu'est-ce qui se passe ici ?! », lança une voix agacée que tous reconnurent.
« ...ko est là », termina Toph.
Zuko observa autour de lui quelques secondes. Il comprit qu'il s'agissait de la tente des prisonniers cueillis par Toph. Ayant été alerté par les bourrasques de vent, il avait quitté la tente où il avait commencé à aider les réfugiées en distribuant des vêtements pour venir voir ce qui se passait. Voyant les tatouages d'Aang s'illuminer brièvement, Zuko comprit qu'une chose grave aurait pu se passer. Néanmoins, il voulait une réponse.
« Je ne répèterai pas deux fois », grogna-t-il.
Aang sembla se calmer quelque peu à la vue de son ami. Ses yeux brillaient néanmoins de colère. Il choisit de répondre en s'adressant directement à Sokka et Toph.
« Je ne vous laisserai pas les torturer pour avoir vos réponses ! », fit-il d'une voix sombre qui ne correspondait guère à sa voix enjouée habituelle.
Zuko eut comme un choc. « Les torturer ? C'est ça que vous comptiez faire ?! Je t'avais dit d'attendre avant de faire quoi que ce soit, Sokka ! »
Ni Sokka ni Toph ne répondirent. Le premier finit par sortir en trombe de la tente, fulminant. Il savait qu'il avait eu tort, mais il était tellement peiné pour sa soeur et en colère contre ses ennemis qu'il avait un instant perdu tout sens de la réflexion. Toph resta de marbre cependant, remettant le prisonnier dans sa cage. Zuko comprenait, mieux qu'ils ne pouvaient l'imaginer, pourquoi ils avaient voulu en arriver là. Il avait eu la même idée lorsque Katara avait disparu, laissant pour seul indice l'homme qui l'avait foudroyé d'un éclair, et un noble, ce Bo Huong, dont il ignorait encore s'il était impliqué.
« Sortons d'ici », finit par dire Toph en sortant à son tour de la tente.
Zuko et Aang sortirent également. Leurs ennemis en avaient déjà bien trop entendu.
Le maître du feu se pinça l'arête du nez. « Je dois voir le chef Hakoda et le représentant du Royaume de la Terre pour discuter de ça. Tu devrais venir toi aussi, Aang. En attendant, il faut quand même que quelqu'un les garde, ils ne sont pas si éloignés de nous même si on a mis leur cachette à mal... »
« Je vais m'en occuper », proposa Toph d'une petite voix.
Il était rare de la voir si gênée après avoir commis un impair. Seulement, c'était Aang qu'elle avait blessé. Ce dernier lui jeta un regard lui signifiant à quel point il était déçu.
« Bien », répondit-il simplement avant de tourner les talons.
Zuko soupira, roulant des yeux. Ils venaient à peine d'achever leur mission avec succès qu'ils menaçaient de tout faire voler en éclats. Il entendit renifler et jeta un regard à Toph. Celle-ci s'en voulait manifestement terriblement. Il la prit par les épaules et la fit sortir. Les prisonniers du Lotus rouge avaient suffisamment profité du spectacle. Ils s'assirent juste à côté de la tente, pour pouvoir la surveiller.
« Aang a raison, je suis tombée bien bas », fit-elle d'une voix larmoyante qui ne lui ressemblait pas.
Zuko passa un bras autour de ses épaules. « Ne dit pas ça, il ne s'est rien passé au final. On est tous sous pression. Je mentirais si je disais que je n'avais pas moi aussi eu ces envies malsaines par moments en pensant à ce qu'ils ont fait à Katara », avoua-t-il.
« Tu l'aimes vraiment, pas vrai ? », souffla Toph, en levant la tête.
Zuko fut surpris de la voir demander aussi promptement. Depuis quand le savait-elle ?
« Ton coeur s'emballait à chaque fois qu'elle était là, ou à chaque fois qu'on parlait d'elle. Il s'emballe même encore maintenant. Tu ne peux pas me mentir là-dessus. Et encore... je ne t'ai pas parlé de son cœur à elle. Bon sang, elle aurait voulu le hurler qu'elle ne s'y serait pas prise autrement... enfin avec moi », ajouta-t-elle, sentant qu'il allait lui demander comment elle le savait. Ensuite, elle fit elle aussi une révélation. « J'aimerais un jour qu'on m'aime à ce point »
Zuko fut surpris. Toph avait toujours été quelque peu au-dessus des considérations romantiques. Seulement, il se doutait que ce n'était qu'une ruse, pour paraître forte et indestructible. Même la plus grande maître de la Terre que le monde n'ait jamais connu avait un cœur.
« Je suis sûr que ça arrivera, peut-être plus tôt que tu ne le penses », lui dit Zuko.
Toph rit jaune, à travers les larmes qui coulaient sur ses joues. « Tu dis ça pour me faire me sentir mieux ? Essaie encore, l'Etincelle »
Sentant que le soleil était sur le point de se lever, Zuko étouffa un bâillement. « Je vais devoir aller parler au chef Hakoda, à Aang et au représentant du Royaume de la Terre. Ça va aller ? Si jamais tu as besoin, fait chercher Kiyi, elle est dans une de ces tentes là-bas »
« T'en fait pas, ça ira », lui dit-elle, chassant les traces de larmes de ses joues. Zuko fit volte-face, mais fut stoppé dans son élan. « Au fait, l'Etincelle »
Zuko se retourna. « Quoi ? »
« Merci », dit-elle avec un petit sourire.
« Je t'en prie », répondit-il avant de tourner les talons pour retrouver Aang.
Il le vit un peu plus loin, accompagné de Kiyi. Levant les yeux sur son ami et Seigneur du feu, Aang lui jeta un regard que Zuko comprit. Il était subtilement en train de lui montrer qu'il avait des remords suite à son emportement. Zuko hocha la tête, lui faisant comprendre qu'il avait saisi.
« Nous devons trouver le chef Hakoda et le représentant du royaume de la Terre », fit Zuko qui étouffa un bâillement. La nuit n'était vraiment pas le moment où il était le plus efficace. Heureusement, il sentit que le jour se lèverait bientôt.
Kiyi intervint. « Le chef Hakoda ? Il était dans la tente de Katara la dernière fois que je l'ai vu »
Aang retrouva son énergie. « Écoute Zuko, va chercher Hakoda, je m'occupe du royaume de la Terre. On se retrouve à ta tente ? »
Sans laisser le temps à Zuko de répondre, il s'envola sur son scooter de l'air. Kiyi observa Zuko et comprit qu'il y avait eu sinon une dispute, au moins un désaccord. Ce dernier le vit et détourna les yeux, soupirant. Sa petite soeur avait décidément la même perspicacité qu'Azula. Il était seulement content qu'elle ne l'utilisât pas contre lui.
« Je te vois plus tard, d'accord ? », fit Zuko.
Kiyi eut un sourire malicieux. Elle avait mis son frère mal à l'aise, et voilà qu'il l'esquivait à présent. Décidant pour une fois de ne pas lutter, elle s'en retourna à la tente où se trouvait Ty Lee.
Zuko trouva le chef Hakoda assis à côté du lit de Katara. Il constata également qu'un homme de la tribu de l'eau du pôle Sud suppléait ses hommes à l'entrée. Il ne le prit pas comme un acte de défiance. Au contraire, il préférait que Katara soit en sécurité. Celle-ci n'avait pas bougé d'un pouce.
« Seigneur du feu Zuko », fit le chef Hakoda en le voyant s'avancer. « Comment vous sentez-vous ? »
Zuko fut surpris. Il ne s'attendait pas à tant d'égards. « Je... Quoi ? », balbutia-t-il.
« Votre jambe », précisa Hakoda.
Le jeune homme observa machinalement sa jambe. « Oh euh... Grâce aux bons soins de votre guérisseuse Siku, elle est comme neuve », dit-il en toussotant pour reprendre contenance. Il reporta le regard sur Katara. « J'aurais aimé qu'elle aussi soit guérie... »
« Je vois comment vous la regardez », dit Hakoda d'un ton suffisamment neutre pour ne pas laisser croire à de l'animosité.
Zuko buta, et sembla tout à coup réaliser qu'il s'adressait au père de la femme qu'ils aimaient tout deux le plus au monde, d'un amour différent, mais brillant d'une même force. Katara n'étant pas ici, Zuko ne pouvait décemment lui parler de leur liaison. Si tant est qu'elle existe encore à son réveil, songea-t-il. S'était-il trahi ?
« Elle vous est chère », continua Hakoda.
Zuko ouvrit la bouche, hésitant. Il finit par composer une phrase. « Nul ne pourrait avoir meilleure amie que votre fille »
Il sentit qu'Hakoda n'était pas convaincu par les termes choisis, mais n'osa pas ajouter un seul mot sur ce sujet.
Zuko en changea alors. « Je vous cherchais pour discuter du sort des prisonniers faits par votre fils et Toph »
Le père de Katara se leva du tabouret, réajustant sa tenue bleue et son arme. Une épée en métal et en os. Il avait les mêmes yeux que sa fille, et la même douceur sur le visage. Zuko s'étonna de ne jamais avoir remarqué la ressemblance entre les deux. Il déglutit, songeant au fait que lui-même ressemblait à son père, qui n'était pas un aussi glorieux modèle. Les mêmes yeux, les mêmes fossettes, le même menton, parfois même la même expression - lorsqu'il était en colère. Cependant, il avait des traits plus doux, plus ronds, semblables à sa mère. Une bien maigre consolation. Sans compter la cicatrice qui lui brunissait la partie gauche de son visage, symbole d'une cruauté qu'il espérait ne pas porter en lui.
« Allons-y dans ce cas, nous devons nous entretenir avec Tao Liu », fit Hakoda en les menant vers la sortie de la tente, non sans avoir jeté un dernier regard sur sa fille. « Il s'agit de l'ambassadeur envoyé par le roi Kuei »
Zuko se retint de demander la raison de son absence. Bien qu'il essayait de maintenir le lien, il ne voyait là qu'un roi faible, qui n'aurait été qu'un frein s'il était venu ici. Il espérait que cet ambassadeur serait davantage à la hauteur.
« Aang est parti le chercher, nous devons nous retrouver à ma tente », lui répondit Zuko. « Si vous n'y voyez pas d'objection bien sûr »
Hakoda sourit. « Aucune »
Ils arrivèrent à la tente de Zuko où les attendaient déjà Aang et Tao Liu. Ce dernier était à l'image des natifs du royaume de la Terre, toutefois assez mince en comparaison de la carrure des maîtres. Il songea brièvement à la caricature que la troupe de théâtre avait faite de Toph lorsqu'ils avaient été voir la pièce racontant de manière quasiment totalement erronée leur histoire. Ils avaient pris un homme avec d'énormes muscles et une voix caverneuse pour la représenter, ce qui l'avait fait beaucoup rire, et lui-même aussi.
« Ambassadeur Tao Liu », le salua Zuko, lui faisant comprendre qu'Hakoda avait déjà fait les présentations.
« Seigneur du feu Zuko », fit-il d'un ton plus sévère. Il ne semblait pas ravi de devoir entrer dans une tente rouge.
Ils s'assirent autour d'une table dressée pour l'occasion. Seul un garde était présent, et se chargeait visiblement des rafraîchissements. Aang et Zuko se faisaient face, Hakoda et Tao Liu également. Zuko remarqua que, sans le vouloir, ils s'étaient assis dans l'ordre du cycle de réincarnation de l'Avatar. Feu, Air, Eau, Terre. Néanmoins, seule la tribu de l'eau du Pôle Sud était représentée, étant la plus proche du sud du Royaume de la Terre.
« Je propose de commencer par nos rapports respectifs », fit Hakoda qui cherchait parmi ses feuilles.
« J'approuve », fit Tao Liu, cherchant également à son tour parmi ses feuilles.
Zuko se fit apporter les papiers en question, puisqu'il était dans sa tente. Il n'avait pas encore vu la liste, qu'il découvrait à cet instant. Aang gigotait sur sa chaise, impatient.
« Nous avons pris en charge vingt femmes et neuf enfants », commença Hakoda avant de se tourner vers Zuko pour lui donner une liste. « Celles-ci sont originaires de votre Nation, et l'une d'entre elles ayant enfanté n'a pas retrouvé son fils »
Zuko examina scrupuleusement la liste, composée de cinq noms, dont un enfant, ne repérant aucun nom familier. Il essaya de ne pas trop s'attarder sur l'enfant, dont le nom était écrit à l'encre rouge, et dont il se doutait qu'il était né en captivité au sein du Lotus rouge. Zuko devait tout faire pour le retrouver. Pendant qu'il cherchait discrètement sur sa propre liste le nom de cet enfant, qu'il espérait voir apparaître, Hakoda poursuivit, se tournant vers Tao Liu cette fois.
« Parmi les femmes, cinq sont du Royaume de la Terre, et j'ai compté deux enfants ayant entre quelques mois et deux ans », fit Hakoda en donnant une autre liste à Tao Liu qui l'examina scrupuleusement. « Pour le reste, nous avons quatorze femmes et trois enfants des tribus de l'eau ».
Soit un total de vingt-neuf individus. Voyant que Tao Liu était plongé dans la lecture des listes, Zuko choisit d'enchaîner, ayant eu le temps de passer en revue sa propre liste. Six femmes et un enfant de sa propre nation, trois femmes et trois enfants de la tribu du nord, et enfin douze femmes et trois enfants du Royaume de la terre. Soit un total de vingt-huit personnes.
Tao Liu quant à lui totalisait trente-huit personnes, ayant été capable de réunir le plus de personnes pour prendre soin des rescapées, et pour cause, ils étaient sur le sol du royaume de la Terre. Il donna une nouvelle liste à Zuko, avec sept noms inscrits, dont deux enfants. Aang était effaré de voir le nombre d'enfants qu'ils avaient pu sauver, la majorité ne dépassant pas deux ans. Il supposa alors que le Lotus rouge était vraiment passé à l'action trois ans plus tôt, s'il comptait les neuf mois de grossesse des femmes. Il y avait également les noms des enfants des femmes qui étaient introuvables.
Une pensée horrible lui traversa l'esprit. Lui et Aang se jetèrent un regard qui reflétait la même crainte. Avaient-ils espéré... non... oeuvré pour que Katara leur donne un enfant ? Il chassa cette pensée, refusant d'y croire. Ses doigts se crispèrent sur le papier. Cela ne faisait que deux mois et deux semaines qu'elle se trouvait là-bas, et apparemment ils l'avaient essentiellement entraînée à le combattre lui. Il remarqua qu'Hakoda semblait avoir eu la même pensée.
« Nous devrions regarder ensemble pour voir si les enfants que nous avons recueillis correspondent à l'un des noms donnés par les femmes », fit Aang qui se rapprocha de Zuko.
Les deux autres hommes hochèrent la tête et s'approchèrent à son tour. Le travail prit un peu de temps. Sur les dix enfants mentionnés mais introuvables, quatre pourraient retrouver leur mère dès le lendemain. Ils purent organiser le transfert immédiat de ces enfants pour qu'ils ne restent pas plus longtemps sans mère, et plus globalement le transfert de toutes les personnes afin qu'elles retrouvent leurs nations respectives. Le jour se leva, et tous distribuèrent les ordres pour que les différents transferts aient lieu. Zuko sentit un regain d'énergie grâce au soleil, mais était conscient qu'il faudrait à un moment où un autre qu'il se repose pour demeurer efficace, d'autant qu'il s'attendait à des représailles de la part de leurs ennemis.
« Il faudra certainement trouver une terre d'accueil pour ceux qui ne désirent pas rentrer chez eux », finit par dire Aang qui, jusque-là, n'avait pas prononcé le moindre mot, les listes ne le concernant pas directement.
« Beaucoup souhaitent en effet commencer une nouvelle vie », dit Hakoda en hochant la tête. « Notamment les femmes du Pôle nord ayant... enfanté »
Zuko fut étonné. Il ne comprenait pas pourquoi Hakoda parlait spécifiquement des femmes du Pôle nord. « Comment ça ? »
Hakoda se racla la gorge. « Et bien... Le Pôle nord est très strict sur ses coutumes, et une femme ayant enfanté hors mariage n'a aucune chance de trouver un mari. Nous avons bien sûr proposé d'accueillir celles qui le souhaiteraient au Pôle sud, nos coutumes étant moins strictes. Cependant, je le déplore, mais cela reste assez mal vu même chez nous ».
« Nous devons leur trouver un foyer » Zuko avait toujours Yu Dao, son ancienne colonie, en tête, où vivaient en harmonie des natifs de la Nation du feu et du royaume de la Terre. Il se tourna vers Tao Liu. « Peut-être que Yu Dao pourrait accueillir ces femmes et ces enfants »
L'ambassadeur du Royaume de la Terre réfléchit quelques secondes. « Nous devons en informer le maire de Yu Dao. J'enverrai un message dès la fin de cette réunion »
« Reste à présent la question des prisonniers », fit Aang.
Zuko réagit aussitôt. « Nous devons les interroger rapidement »
« Nous devons savoir qui ils sont », acquiesça Hakoda.
Tao Liu partageait sa vision mais jugea bon de remettre cela à plus tard. « Nous devrions nous reposer, je pense qu'ils ne resteront pas longtemps les bras croisés. Nous avons beau être à une distance correcte, ils restent très proches »
« Les prisonniers sont sous bonne garde. Je vous propose de nous revoir à midi », proposa Hakoda.
Zuko, usant de son chi qui captait la chaleur du soleil au dehors, fit le compte. Il avait approximativement cinq heures devant lui pour se reposer. C'était peu, mais il était habitué.
« Je vous attendrais dans ma tente », fit Tao Liu, laissant entendre que cette fois il ne se rendrait pas dans une tente de la Nation du feu.
Hakoda et Zuko hochèrent la tête et ils se séparèrent. Zuko jeta un coup d'oeil au chef de la tribu de l'eau du Pôle Sud qui se dirigeait vers sa tente, à l'opposé de celle où se trouvait Katara. Il pourrait aller la voir sans craindre de tomber sur son père. Et bien qu'il se trompait, c'est ce qu'il décida de faire, et marcha d'un pas décidé vers ladite tente.
Le chef Hakoda retrouva son fils, qui ruminait sa colère devant la tente où son amie Ty Lee se trouvait. Lorsque Sokka le vit, il se leva aussitôt, essayant de faire bonne figure. Son père n'était cependant pas dupe et enlaça son fils quelques instants. Il avait beau avoir vingt-et-un an passés, il ne refusait jamais les élans d'affection de son père, après en avoir été privé si longtemps.
« Papa », fit Sokka à demi-mot. « Tu as vu Katara ? »
Hakoda hocha la tête et s'écarta de lui pour le regarder. « Viens, allons la voir ensemble »
Sokka ne se fit pas prier, même s'il redoutait ce qu'il allait voir. La colère qu'il éprouvait contre Aang, et plus encore, contre leurs prisonniers, s'effaça légèrement pour faire place à la tristesse. Ce fut ce qui le guida aux côtés de son père jusqu'à la tente où se trouvait Katara.
Zuko, qui y était arrivé entre temps, s'assit à côté de Katara, qui n'avait pas bougé. Prenant sa main dans les siennes, il pria de nouveau Agni pour qu'elle se réveille sans trop de séquelles. Son visage n'avait pas changé, à ceci près que ses traits étaient plus fins. Il se souvint avoir remarqué à quel point elle était légère. L'avaient-ils affamée ? Probablement. Il remarqua également la trace violette qui se dessinait autour de son cou. Sentant des larmes lui monter aux yeux, il détourna un instant le regard vers le haut de la tente, pour se reprendre. Cela lui prit plusieurs minutes.
Puis, l'instant d'émotion passé, il la regarda de nouveau. Ses yeux lui piquaient mais il ne parvenait pas à se détacher d'elle. Il craignait qu'elle ne s'éveille et qu'elle ne trouve personne à son chevet. Triturant machinalement le collier de la mère de Katara, toujours noué autour de son poignet, il réalisa qu'il devait lui rendre à présent. Il le défit de son poignet et, alors qu'il allait le replacer autour du cou de Katara, il entendit des pas derrière lui.
« Que faites-vous ?! »
Zuko sursauta presque et tomba nez à nez avec Hakoda, qui était suivi de Sokka. Hakoda le regardait avec un air sévère. Zuko était mortifié à cet instant, redevenant le jeune homme de la vingtaine tourmenté qu'il était. Les relations n'avaient jamais été son fort.
« Je... », bégaya Zuko.
Hakoda prit le collier des mains de ce dernier et s'adoucit en constatant qu'il s'agissait du collier de la mère de Katara, et non d'un autre collier de fiançailles.
« Comment avez-vous eu ce collier ? », questionna Hakoda d'un air soupçonneux.
Zuko inspira. Ses mains étaient subitement moites. « Elle... C'est elle qui me l'a donné quand elle m'a sauvé »
Hakoda s'avança vers Katara, qu'il observa. Celle-ci n'avait pas eu un soupçon de conscience depuis son retour. Son père comprit que ses soupçons étaient fondés. Sa fille, et le Seigneur du feu ? Improbable, mais il ne pouvait nier l'évidence. Katara n'avait jamais confié ce collier à quiconque, pas même à Sokka, et encore moins dans une situation où elle savait pertinemment qu'elle n'avait que peu de chance de le récupérer. Sokka se fit pour une fois discret, passant de l'autre côté du lit de Katara pour voir sa soeur. Il fit les mêmes constats que Zuko.
Hakoda éloigna ce dernier de quelques pas. « Je vais vous poser une question, et je veux une réponse franche »
Zuko hocha la tête, déglutissant face à la question dont il se doutait déjà de la teneur.
« L'aimez-vous ? »
Le Seigneur du feu leva le regard vers Hakoda. Ce dernier l'observait non pas en tant que chef de tribu, mais en tant que père. Zuko pouvait presque sentir le regard de son oncle sur lui. Il se rappela qu'il l'avait trouvé dans une position misérable lorsque Zuko était revenu à la Nation du feu sans Katara. Prostré par terre avec le collier qu'Hakoda tenait devant lui à présent. Son collier.
« Oui », souffla-t-il avant de prendre une voix plus posée. « Oui, je l'aime »
Sokka qui tenait jusque-là la main de sa soeur leva lui aussi les yeux. Bien qu'il le savait, c'était très étrange d'entendre Zuko le dire à voix haute. Il eut néanmoins un sourire en reportant ses yeux sur Katara. Si elle se réveillait, elle serait bien entourée. Du moins, c'était ce qu'il espérait. Seulement, il n'avait pas oublié que Zuko, en tant que Seigneur du feu, ne pourrait pas toujours être à ses côtés.
« Abandonneriez-vous votre trône pour elle ? », demanda ensuite Hakoda.
Zuko fronça les sourcils. Que voulait-il dire ? Il l'abandonnerait des centaines de fois pour elle. « Mon trône ? »
« Croyez-vous sincèrement que cet amour a des chances de prospérer chez vous si vous restez Seigneur du feu ? »
Surpris, Zuko baissa légèrement les yeux. A son retour à la capitale, il devrait reprendre son rôle, et la politique qui l'accompagnait. Le temps qu'il avait passé avec la dame Tana, fille du gouverneur Wu, allait nécessairement lui être renvoyé au nez lorsqu'il rentrerait. Tous s'attendraient à des fiançailles, un immense mariage. Il savait que sans l'appui du gouverneur, il ne parviendrait pas à exercer son règne pleinement. Ce dernier pourrait aisément le renverser au besoin. Zuko comprit que s'il voulait que Katara accepte de devenir sienne, le chemin serait encore très long.
« Pensez-y avant de lui briser le coeur », fit Hakoda devant son indécision, avant de finalement quitter la tente, laissant le collier entre les mains de Zuko.
C'est la fin de ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à laisser des reviews, ça ne prend que peu de temps et me motive à poursuivre rapidement la rédaction de cette fanfiction :)
