Octobre 1977
Les noms retentissaient dans la grande salle. Un à un étaient énoncés ceux des morts. Des larmes coulaient sur les visages. La peine était grande. Tous avaient baissé les yeux. Assis à la table des Gryffondors, Sirius sentait la colère monter. Qui de ces gens avaient été tués par son père, son oncle ou sa cousine? Tous ces gens qui se battaient pour un monde meilleur. C'était tout ce qu'il en restait, une liste de noms. La colère bouillait dans les veines du jeune homme. Il se sentait si inutile assis là. Dès le discours de Dumbledore fini, il se leva et quitta la pièce. Il chercha une salle de classe vide. Il voulait être seul. Ne rien entendre. Ni les cris, ni les pleurs, ni les rires. Car il en était sûr, au fond de leur cœur, certains de ses camarades riaient. Un peu plus heureux à chaque fois qu'un nouveau nom était annoncé. Et ça, Sirius ne pouvait le supporter. Il resta longtemps assis là, pensif. Puis Remus le rejoint.
"Arrête de te torturer ainsi… Que veux-tu qu'on fasse? Lui dit-il.
- Comment m'as-tu trouvé? Répondit Sirius.
- La carte…"
Sirius resta silencieux quelques instants puis reprit: " On ne sait rien faire. C'est bien ça le problème. Coincés dans cette école nous sommes aussi utiles que le monstre du Lac. J'ai l'impression qu'on gâche notre temps."
Remus écouta avec attention son ami. Il comprenait ce qu'il lui disait. Il ressentait la même chose. " Je sais ce que tu penses. Nous pensons tous pareil. Pourtant, tu seras inutile aussi si tu ne maitrise pas tes sorts et tes potions. Tu ne tiendras pas dix minutes en-dehors de ce château si tu n'es pas formé correctement.
- Nous sommes en septième Remus. Je pense que nous sommes assez formés pour pouvoir un minimum nous défendre et riposter!"
Remus jeta un regard plein de compréhension à Sirius puis ensemble ils rejoignirent James et Peter dans la salle commune des Gryffondors.
Durant toute la nuit, Sirius repassa dans sa tête sa conversation avec Remus. Et s'il avait raison. Et s'ils n'étaient pas prêts. Le jeune homme prit la décision d'aller en parler avec Dumbledore. Mais tout ça attendrait le lendemain et le jeune homme s'endormit finalement.
Les cours s'étaient enchainés toute la matinée et Sirius n'avait pas encore eut le temps d'aller voir le directeur. Ce n'est qu'un peu avant le repas de midi que le jeune homme se rendit dans le bureau du professeur Dumbledore.
"Sirius, que me vaut l'honneur de votre visite? Demanda le vieil homme en apercevant son élève.
- Professeur, je sais que l'école est importante. Mais je me sens particulièrement inutile ici. N'y a-t-il rien que l'on puisse faire d'ici? N'importe quoi!
- Vous semblez croire que seul le combat est une forme de résistance. Mais vous êtes intelligent, Sirius. Ne vous contentez pas de ce que l'on vous donne. Vous êtes coincé ici pour le moment. Alors trouvez quelque chose d'utile à faire même si cela vous semble sans importance pour le moment."
Le discours du directeur perturba profondément Sirius. Il allait répliquer quand le vieil homme ajouta: " Excusez-moi maintenant, mais je meurs de faim…"
