Bonjour !

Comme annoncé lors de la publication du prologue, voici le premier chapitre.

Chapitre qui en y réfléchissant, n'a pas subit de transformation majeure par rapport à la première version.

Je ne vous retiens pas plus ici.

Bonne lecture à vous, on se retrouve en bas ;)


Avertissement: Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de SM.


*** Le jour où tout à basculé ***


Les fêtes de fin d'année allaient toucher à leur fin incessamment sous peu et déjà, je me sentais un peu mieux à mesurer que les jours passaient. Cette période de l'année était toujours un peu pénible pour moi et la plupart du temps ça faisait remonter tout un flot de souvenirs à la surface. Des souvenirs que je préférais garder sous contrôle tant qu'ils étaient douloureux pour moi. J'étais rarement enjouée et d'humeur à célébrer quoi que ce soit et j'attendais impatiemment que l'excitation retombe pour reprendre le cours normal de ma vie.

Fait exceptionnel, je venais de passer les fêtes de Noël avec mon amie Alice et son mari mari Jasper. Ils avaient purement et simplement refusé de me laisser seule comme j'en avais pris l'habitude au cours de ses sept dernières années. Les parents de mon amie m'avaient gentiment accueilli chez eux et j'étais même parvenue à passer un moment agréable même si j'avais été un peu gauche et mal à l'aise au tout début. Je n'étais pas la personne la plus sociable du monde alors forcément m'incruster dans une fête, de famille qui plus est, n'avait pas été facile pour moi.

Depuis mon arrivée à Chicago, j'avais pour habitude de passer les fêtes seules chez moi ou bien de laisser le bar ouvert, un moyen d'offrir un refuge aux âmes seules mais aussi à moi-même par la même occasion.

J'étais arrivée ici à dix-huit ans, seule et déboussolée avec un peu moins de mille dollars en poche. Pas facile de débarquer dans une nouvelle ville où l'on ne connaissait pas aussi jeune mais j'avais eu la chance de tomber sur mon ange gardien, Daniel.

A notre rencontre j'étais à deux doigts de me retrouver à la rue. Mes économies fondaient comme neige au soleil et je faisais clairement pitié. Le propriétaire du «Cubs» avait bien vu que j'avais besoin d'un coup de pouce pour sortir de la tête de l'eau. Il m'avait embauché sans même me connaître, m'avait proposé de vivre dans l'appartement au dessus du bar et parce que je n'avais pas vraiment le choix, j'avais accepté.

Entre nous une relation particulière était née. Il était comme un second père pour moi prenant soin de moi, me remettant sur les rails, me poussant à reprendre mes études et quand il était décédé des suites d'une crise cardiaque il y a un peu plus d'un an, j'avais été dévastée. J'avais vu mon monde s'effondrer une nouvelle fois, perdant mon père de substitution, mon repère.

Alors quand un notaire était venu frapper à ma porte un matin pour m'informer que Danny m'avait légué l'immeuble, incluant le bar et l'appartement où je vivais, à qui je devais ma survie, je n'avais pas hésité une seule seconde avant de prendre la relève en souvenir de mon ami. Le bar était son bébé et je n'avais pas pu me résoudre à le laisser mourir lui aussi. J'avais donc repris les rênes et lui avait donné son nom afin de garder son esprit vivant avec nous.

Cette année, à la demande d'Alice, j'avais donc accepté de fermer boutique pour pouvoir prendre un vrai temps de repos comme le feraient les gens normaux. Enfin, si officiellement je n'avais rien dit, je n'étais pas dupe pour autant et je savais parfaitement qu'Alice faisait ça pour me changer les idées et surtout que je puisse oublier cet idiot de Mike Newton, mon ex petit ami. J'avais récemment mis fin à notre relation quand j'avais compris que cet imbécile était tout simplement incapable de se contenter d'une seule et unique femme. Ce gars avait littéralement la queue en feu !

Pas que cette rupture m'ait bouleversée plus que ça parce que je n'étais pas vraiment amoureuse de lui. C'était juste confortable d'être avec lui mais aucune femme n'aimait être trompée et traitée comme un objet vulgaire et je ne dérogeais pas à la règle. Alors quand j'avais vu clair dans son jeu, j'avais mis fin à cette mascarade de suite. Il avait misérablement essayé de moi manipulateur, pensant que j'allais lui pardonner ou pire que j'allais fermer les yeux et accepter de m'infliger ça. Grossière erreur.

Depuis, Alice avait donné pour mission d'effacer cet abruti de ma vie en m'occupant. La preuve en était cette soirée où j'étais censée me rendre le soir même.

Elle avait passé plus d'un mois à me bassiner avec cette soirée, usant de moyens de pression plus ou moins fair-play pour me faire plier et lassée, j'avais fini par promettre d'y faire un tour. Encore aujourd'hui je me demandais pourquoi j'avais donné mon accord. Je détestais les fêtes. J'avais franchement l'impression d'aller à l'abattoir là alors que tout ce que je voulais c'était avoir la paix mais bon... De plus, passer la soirée dans un lieu où je ne connaîtrais sans doute que très très peu de personnes ne m'enchantait pas beaucoup. C'était même un peu angoissant. Et pour couronner le tout... C'était une fête costumée !

Quelle plaie ! Décidément Alice ne m'épargnerait rien. À cette angoisse, avait ajouté une bonne prise de tête pour trouver le costume que j'allais porter. Si ça ne tenait qu'a moi, j'y serais allé habillée comme dans ma vie de tous les jours mais j'étais un peu près sûre qu'Alice serait capable de me faire la peau alors que j'avais fait des recherches pendant jours avant de trouver un costume.


oOo


Ce matin-là, j'étais restée un peu plus longtemps au lit, à traîner et à rien ne faire en particulier à partie lire un bon livre. Après tout j'étais en vacances alors autant que profiter au maximum avant de reprendre le travail et le moins que l'on pouvait dire c'est que ça m'avait manqué. Depuis que j'avais repris le bar, ma vie allaitant un peu à cent à l'heure et rares étaient les moments de repos total.

Il était un peu presque quatorze heures et j'étais en train de boire un vert à la menthe quand l'interphone relié à mon appartement se mit à sonner et je savais déjà qui c'était. Alice ...

Je lui ouvris la porte et lui fit signe d'entrer avant de retourner dans le salon pour finir ma boisson et de lui en proposer une.

- Que me vaut l'honneur de ta visite? lui demandais-je en lui servant une tasse de café

- Je voulais simplement m'assurer que tu serais là ce soir. Tu viens toujours hein?

- Il me semble que je t'ai promis de venir y faire un tour non?

- Promesse faite plus ou moins sous la contrainte alors…

- AH! criais-je la faisant sursauter, Alors tu avoues!

Elle me fit un de ces sourires angéliques dont elle seule avait le secret. Enfin ce sourire n'avait d'angélique que le nom parce que cette fille était le diable en personne les trois quarts du temps.

- Je viendrais, ok?

- Parfait ! Tu vas mettre quoi?

- Surprise.

- Tu as un costume au moins? Tu ne ferrais pas le coup de venir en pyjama ou un truc du genre, hein?

- J'y ai pensé figures-toi mais non, j'ai un costume.

- Parfait ! répéta-t-elle avant de quitter la pièce

Mais où était-elle partie encore ? Cette fille se croyait vraiment chez elle, c'est dingue ce qu'elle pouvait parfois être sans gêne ! Parfois ? Ouais bon ok tout le temps plutôt !

- Alice ? Tu fais quoi encore ? pestais-je avant de suivre le chemin qu'elle venait d'emprunter

Je finis par la trouver dans la pièce que j'avais aménagé en dressing, la tête enfouie entre les cintres fouillant dedans avec énergie. Mes vêtements volaient dans tous les sens atterrissant un peu partout dans la pièce. Non mais elle se croyait où au juste ?

- Bah vas-y, te gêne par surtout, m'indignais-je

Alice ne me répondit pas trop occupée à retourner tous les vêtements qui lui passaient sous la main.

Souhaitant attirer son attention, je tendis le bras vers la chaîne Hifi posée sur un petit meuble à côté et tournai le bouton du volume au maximum avant de lancer un morceau de musique. Alice sursauta violemment au premier accord de musique et porta une main à son cœur tout en se retournant pour enfin me prêter attention.

- Non mais t'es pas bien ! J'ai failli avoir un arrêt cardiaque. Tu es vraiment...

- Arrête ton cinoche tu veux, la stoppais-je, Tu sors de là. Tu n'es pas chez toi ici ! Et surtout tu me ranges tout ce bordel.

- Elle est où ta tenue ? me demanda-t-elle occultant à ce que je venais de lui dire

- Rangée en lieu sûr. Les vêtements, répondis-je en lui montrant la pièce de la main

- Fais-moi voir.

Je commençais à sentir ma patience décliner à mesure qu'Alice s'éternisait ici. Visiblement aujourd'hui était un de ces jours où je n'allais pas pouvoir supporter son comportement bien longtemps. Lassée, j'entrepris de mettre les points sur les I et les barres sur les T. Cette nana allait me rendre chèvre.

- J'ai vingt-cinq ans et je suis parfaitement capable de m'habiller seule donc tu verras ma tenue ce soir en même temps que tout le monde.

- Mais...

- Stop ! la coupais-je, Si tu ne prends pas la poudre d'escampette je te jure que Jasper retrouvera ton cadavre au fond d'une ruelle demain matin.

- Tu n'es vraiment pas marrante, chouina-t-elle

- DEHORS ! hurlais-je en attrapa cette fois ma brosse à cheveux avant de lui lancer à la figure

Elle se baissa rapidement pour éviter l'objet et me fixa les yeux écarquillés. Elle s'était figée.

Reprenant conscience, elle attrapa son sac à main et détala sans demander son reste devant mon inflexibilité. Si elle tenait à sa vie, il valait mieux qu'elle fiche le camp et fissa ! Je l'adorais, vraiment, mais des fois je vous jure... C'est comme-ci elle faisait tout pour me faire sortir de mes gonds et quand ça arrivait, très souvent Alice s'en mordait les doigts.

Je ne compte même plus le nombre de fois où on s'était brouillé, jamais très longtemps mais assez fréquemment. Alice était énergique, impétueuse, autoritaire et avait tendance à mener tout le monde à la baguette exigeant d'eux qu'ils fassent ce qu'elle leur disaient de faire sans poser la moindre question. Sauf que parfois elle allait trop loin et quand ça arrivait, ça faisait des étincelles.

Après son départ, je rangeais le bordel qu'elle avait foutu chez moi en pestant contre elle.

Non mais quel culot ! J'en revenais pas. Ça me pris plus d'une heure pour tout replier et tout ranger et après ça j'étais franchement furax après elle. Tellement furax que l'idée de la planter, elle et sa soirée débile, me vint. Mais j'avais un costume tout prêt et il m'avait fallut un temps fou pour oser pour me décider alors pour tenter de me relaxer et surtout d'apaiser ma colère, je remplis ma baignoire de tout un tas de sels de bain censés être relaxants et j'y restais un long moment sentant l'eau détendre un à un mes muscles.

Je n'en sortis qu'au moment où la peau de mes doigts fut toute ratatinée comme un pruneau séché.

J'étais bien plus détendue. Je m'enroulais dans mon peignoir et partis manger un « repas » rapide avant d'entreprendre de me préparer. J'étais attendue pour vingt heures chez Alice alors il me restait largement le temps avant de devoir partir.

Après avoir sorti ma tenue de sa cachette, j'étendis les vêtements sur mon lit les regardant comme s'ils allaient me brûler. Je les examinais craintive. J'étais partagée entre l'envie de me lâcher un peu, juste une fois, et l'appréhension. Je ne voulais pas me donner en spectacle et il faut dire que... Disons que les gens qui me connaissaient n'allaient pas en revenir en me voyant arrivé habillée ainsi.

Je commençais par m'occuper de mes cheveux et ça me pris une éternité. Il faut dire qu'avec la tignasse que j'avais sur la tête... retravailler toutes mes boucles ne fut pas une mince affaire et la crampe ne fut pas bien loin quand j'en vins à bout. J'attrapais des pinces et rassemblais mes cheveux en un chignon flou mais volumineux lui donnant un effet coiffé/décoiffé. Pour le maquillage, ce fut tout aussi périlleux.

Mais qu'est-ce qui m'avait pris de vouloir en faire des caisses ?

Habituellement, je me contentais d'un simple trait eye-liner, d'un peu de mascara et de mettre du rouge à lèvres alors réaliser un smoky-eye... C'était un peu suicidaire. Après m'être tartiné la joue de fard à paupières bordeaux plusieurs fois durant le processus, je réussis tant bien que mal à avoir un résultat pas trop mal. Je finis l'étape maquillage en appliquant un rouge à lèvres mat couleur cerise noire. Me regardant dans le miroir je fus plutôt fière de mon travail. Trop compliqué à reproduire tous les jours mais à l'occasion pourquoi pas.

Je pris mes vêtements et les regardais une dernière fois avant de les enfiler. J'avais choisi un leggings noir taille haute en cuir et un crop-top, qui ressemblait plus à une brassière avec une multitude de lanières, lui aussi en cuir noir. J'étais toute de cuir moulée et j'avais un peu la sensation d'être une autre femme. Mais honnêtement, c'était loin de me déplaire. Mon regard tomba sur le radio-réveil présent sur ma table de chevet et vis qu'il était pratiquement l'heure de partir pour moi alors je sautais dans mes chaussures, enfin sauter est un bien grand mot quand les dites chaussures possédaient un talon de plus de dix centimètres... Pitié, faites que je ne me casse pas une jambe ce soir. Pitié, pitié, pitié.

Avant de partir, je mis quelques affaires dans ma pochette. Téléphone, rouge à lèvres, clés de voiture, etc. ainsi que mon masque de super héroïne.

J'attrapais mon manteau et quittais mon chez moi pour rejoindre ma voiture. Le trajet jusque chez Alice et Jasper fut relativement rapide et une fois garée, je peaufinais les derniers détails à savoir mettre des lentilles de couleur vertes semblables à des iris de chat et mon masque noir. Soufflant un bon coup, je sortis de l'habitacle de ma voiture et composais le code d'accès à l'immeuble. Je regrettais un peu mon choix vestimentaire quand je dus monter cinq étages avec des échasses aux pieds mais finis par arriver saine et sauve en haut. Parce qu'il fallait bien que ce soit ce soir-là que l'ascenseur ne fonctionne pas...

Des bruits et de la musique se faisaient entendre dans le couloir et la soirée semblait déjà battre son plein alors je pris le parti de ne pas frapper à la porte mais d'entrer directement et visiblement j'eus raison quand je vis que l'endroit était surchargé de monde et que personne ne sembla faire attention à mon arrivée jusqu'à ce que je pénètre dans le salon. J'aurais sans doute passé la soirée dans le couloir si j'avais attendu qu'on entend la sonnette.

Les gens que je rencontrais sur mon passage se retournaient sur moi, m'étudiant avec minutie et je n'y prêtais pas vraiment attention voulant simplement trouver mes amis dans la foule. Je mis la main sur Alice, habillée en Alice au pays des merveilles, dans la cuisine où elle remplissait des coupes de champagne et ça me fit rire quand elle ne me reconnut pas me saluant simplement avant de quitter la pièce.

- Eh bien en voilà des manières, Madame Whitlock, pouffais-je

Elle me regarda bouche bée manquant de faire tomber son plateau.

- B... Bella ? Bafouilla-t-elle

Je me mis à rire de façon incontrôlable. La tête qu'elle faisait état épique et j'étais satisfaite. Peut-être que maintenant elle allait me lâcher avec ses après-midi shopping de l'enfer.

- Je t'avais bien dit que j'étais capable de m'habiller seule.

- Tu es...éblouissante, me complimenta-t-elle me faisant rougir, et carrément hot !

- Qui est carrément hot ? demanda Jasper qui venait d'arriver dans la pièce

- Moi. Apparemment.

Il me regardait perplexe. Visiblement lui non plus ne semblait pas m'avoir reconnu.
Il me scrutait de la tête aux pieds et j'en fis pareil tout en esquissant un sourire en voyant qu'il était assorti à sa femme.

- Bella ? Whouaa... Tu es sensationnelle.

- Merci, mon lapinou.

- Eh c'est le lapin blanc ! protesta Alice

- Chérie, elle te taquine.

- Ce n'est pas drôle, ajouta-t-elle en bougonnant

- Eh oh ma grande, ce serait plutôt à moi d'être furax après toi alors tu vas faire profil bas ce soir.

- Qu'est-ce qu'elle a fait encore ?

- Rien !

Elle avait dit ça tellement vite que Jasper compris immédiatement qu'elle mentait.

- Elle s'est pointé chez moi et a retourné toute l'appartement pour trouver mon costume.

- Oui et elle m'a lancé une brosse à la figure après avoir menacé de balancer mon cadavre dans une ruelle.

- Chérie... Un jour tu vas devoir te calmer, la réprimanda-t-il en lui faisant un baiser sur la tempe non sans lever les yeux au ciel

Elle le regarda comme s'il venait de dire une énormité et sortit de la pièce d'un pas rageur. Jasper lui sembla regarder quelqu'un au loin et s'excusa avant de quitter la pièce non sans m'ordonner de m'amuser. La pièce était vide et instantanément, l'angoisse refit surface et il fallait que je m'amuse ? Sérieusement ? Avec qui ?

Des personnes déjà présentes, je ne connaissais que deux ou trois personnes alors m'amuser... On repassera. La soirée allait être longue...très longue.

Je n'étais pas des plus sociables, j'avais très peu d'amis, on pouvait même les compter sur les doigts des mains, alors d'accord c'était un peu de ma faute aussi si je ne trouvais personne avec qui discuter mais tout de même... Je savais déjà qu'a cette allure-là, je n'allais pas rester longtemps.

Regardant autour de moi, je vis un saladier de punch qui trônait sur un des plans de travail et après un haussement d'épaules, je décidais de me laisser tenter et remplis un gobelet en plastique avec le breuvage. Je portais le verre à mes lèvres pour goûter la boisson et fis une grimace... La vache ! C'est fort ce truc.

Quelqu'un avait eu la main lourde niveau alcool ou alors un petit malin l'avait agrémenté en douce. L'alcool me brûlait la gorge mais étonnamment, après quelques minutes non seulement mon verre était vide mais je m'en étais déjà servi un deuxième et l'alcool ne me brûlait plus autant. Ça avait même quelque chose d'agréable.

Armée de mon verre, je me mis à déambuler dans l'appartement à la recherche de quelqu'un que je connaissais sans grand succès. Si Alice me voyait ainsi, terrée dans sa cuisine, elle allait encore en faire tout un flan et puis j'en avais un peu marre aussi d'être là à ne rien faire. Des groupes de personnes étaient formés ici et là pendant que d'autres dansaient au milieu du salon. Alice et Jasper étaient un peu plus loin dans la pièce en train de discuter avec Batman et la Petite Sirène, un peu surréaliste comme scène et j'en aurais rigolé si je ne me sentais pas aussi seule. Après avoir monté les marches qui menaient à l'étage du duplex, j'étais dans le couloir quand je me pris les pieds dans le tapis.

- Saloperie de tapis !

J'avais déjà manqué de me tordre le cou un bon nombre de fois à cause de ce machin alors avec des talons...Je tendis la main me rattrapant à la première chose à m'a portée à savoir quelque chose de dur, de chaud et de...musclé ? Un homme se tenait devant moi et visiblement il était le « quelque chose » qui m'avait empêché de tomber au sol. Il m'aida à me relever en m'agrippant fermement par les épaules. Il était si près de moi que je pouvais sentir son parfum. Un agréable mélange de frais, de propre et de menthe frappa mes narines et me donna le vertige. Une fois stabilisée, je vis que ma main droite empoignait toujours son bras nu et prenant conscience de mon geste, j'enlevais ma main rapidement.

- De... Désolée, bafouillais-je en me reculant

- Pas de problème, répondit-il d'une voix grave

Une voix bien plus grave que la normale comme si elle était modifiée pour la rendre méconnaissable. Je levais les yeux et le regardais avec attention essayant d'en voir un peu plus mais son visage était caché par une large capuche d'un vert émeraude et un masque de cuir noir à reflets verts.

Merde alors ! Il semblait diablement sexy !

Enfin le peu que je voyais de lui semblait sexy. La capuche ne laissait entrevoir que son nez et le bas de sa mâchoire carrée parcourut par une barbe de trois jours et ses lèvres. Je commençais à avoir un peu chaud.

Putain, j'y avais peut-être été un peu fort sur le punch finalement.

Je ne parvenais pas à décrocher mes yeux de ses lèvres dont sa langue en sortit pour les humidifier et mue par une pulsion, je me rapprochais de lui frôlant ses lèvres des miennes avant de les y poser franchement. Il sursauta légèrement avant de venir crocheter une main sur ma nuque me pressant un peu plus contre lui. Il me plaqua contre le mur derrière moi et saisit ma hanche. Ses lèvres s'entrouvrirent et sa langue vint caresser ma lèvre inférieure avant la glisser dans ma bouche et de se lancer dans une valse sensuelle contre la mienne. C'était langoureux, doux et je me laissais complètement aller dans ce baiser. Bien trop vite à mon goût, il se recula pour reprendre sa respiration me faisant soupirer de mécontentement et m'entendre me fit comme un électrochoc.

Mais qu'est-ce que je venais de faire au juste ? Je fis un bond sur le côté me séparant plus franchement de lui.

- Merci. Euh... Bah... Faut que j'y aille. Salut ! dis-je péniblement la voix rauque en secouant la tête pour me remettre les idées en place avant de m'enfuir à grandes enjambées.

Je redescendis et fonçai dans la cuisine bousculant quelques personnes au passage. Il me fallait quelque chose de fort. Maintenant ! Fouillant dans les placards, je mis la main sur une bouteille de Vodka et m'en servis un fond de verre que je bus dans la foulée. Cul sec championne.

J'avais chaud, affreusement chaud. J'étais en train de suffoquer et je devais prendre l'air, il me fallait de l'air ou j'allais tomber dans les vapes. Le balcon était surpeuplé alors je me rendis dans la chambre d'amis. Il y avait aussi un petit balcon, pas bien grand mais ça ferait l'affaire et je serais en calme sans me donner en spectacle bien que dans un sens il était un peu tard pour s'en inquiéter non ? J'étais penchée sur la rambarde essayant de calmer ma respiration laissant le vent frais me rafraîchir et ça me fit un bien fou. Tant de chose se bousculaient dans ma tête. Bordel, je venais d'embrasser un parfait inconnu.

J'avais perdu la tête ou quoi ? Depuis quand j'étais ce genre de fille ? Bon chacun fait ce qu'il veut de son corps, liberté sexuelle et tout et tout, mais je ne me reconnaissais tout simplement pas. Je ne prenais pas de décisions sur un coup de tête alors me jeter sur un homme... Putain, Bella ressaisie toi !

Je mis un moment avant de me calmer et quand se fut chose faite, je traînais un peu plus longtemps dehors avant de rentrer. En rentrant dans la pièce, un mouvement à ma périphérie attira mon attention. Je fis presque un bond de quinze mètres en voyant quelqu'un d'assis dans le fauteuil dans le coin de la pièce et criais pitoyablement en sursautant violemment.

- Qui êtes-vous ? croassais-je pas très assurée

- Pourquoi tu es partis tout à l'heure ?

Mon inconnu... Ton inconnu? Eh bah nous voilà bien.

- Pardon ?

Il se leva et vint à ma rencontre s'arrêtant à quelques centimètres de moi. Il réduisit encore la distance nous séparant en attrapant mes hanches et me colla à lui. Sa capuche cachait toujours son visage. J'avais beau être à quelques millimètres de lui, cet homme restait un véritable mystère pour moi. Il resserra sa prise sur moi et happa mes lèvres dans un baiser ravageur. J'en avais la chair de poule. Ses bras s'enroulèrent autour de ma taille et les miens vinrent se glisser autour de son cou. Sa capuche tomba sur ses épaules laissant enfin apparaître sa tête. Mes mains allèrent ravager ses cheveux blonds tirant sa tête en arrière pour approfondir notre baiser. Quand je mis fin au baiser pour pouvoir respirer, deux yeux bleus océan, cerclés de fard noir et d'un masque me scrutaient intensément me donnant envie de m'y noyer.

La pression de ses mains se fit plus forte sur mes hanches et je me sentis être soulevée du sol. Mes jambes encerclèrent sa taille, il me porta pour traverser la pièce et me déposer sur le lit. Nos bouches étaient de nouveau soudées et ne se quittaient pas, refusant de l'éloigner l'une de l'autre comme poussées par un besoin primal d'être continuellement en contact. Il fit glisser ses mains sur mes flancs et son toucher m'électrisa comme jamais. Sa bouche descendit et grignota mon cou me faisant gémir de contentement et de bien-être.

Je fis glisser mes mains entre nous et descendre la fermeture éclair de sa veste pour l'ouvrit. Son torse apparut devant mes yeux et il était absolument à tomber.
Son torse était sculptural et magnifiquement musclé. Ses abdominaux saillants m'envoûtaient. Voir ses muscles rouler sous sa peau lors de chaque mouvement avait quelque chose d'hypnotisant et de fascinant. Mes mains continuaient leur exploration sur ses épaules puis ses bras et sa veste rejoignirent bientôt le sol.

Sa bouche descendait à présent le long de mon corps léchant et suçant chaque morceau de peau à sa portée et à ce moment je regrettais de ne pas avoir choisi un costume plus minimaliste que ça.

Bientôt ça ne fut plus assez. J'avais besoin de plus, de beaucoup plus que ça. J'étais prise dans une sorte de frénésie et j'avais l'impression de devenir folle, de sentir mon sang bouillir dans mes veines en réponse à ses attouchements. Mes mains s'attaquèrent à son pantalon l'ouvrant rapidement avant de le descendre sur ses cuisses, dénudant son membre gonflé d'envie avant d'entreprendre de lents va et vient sur son anatomie. Il grogna de plaisir en rejetant la tête en arrière puis mon bel inconnu suivit le mouvement et après avoir balancé mes bottines dans un coin de la pièce, il me retira mon leggings ainsi que mon sous-vêtement dans un seul et même mouvement.

Soudain, il me décolla du lit, me retourna à quatre pattes sur le matelas. Il n'attendit pas longtemps avant de me posséder nous arrachant des soupirs de soulagement à tous les deux. S'il attendit quelques secondes avant de commencer ses mouvements, notre étreinte n'avait rien de douce ou de romantique. C'était brutal et sauvage. Nous étions deux animaux avec comme seul but celui d'assouvir ce besoin qui nous dévorait. J'avais besoin de son corps tout autant qu'il avait besoin du mien.

Je n'avais jamais ressenti ça. C'était tellement loin de toutes les expériences que j'avais pu avoir et je ne comprenais pas bien comment un inconnu dont je n'avais presque rien vu pouvait me faire ressentir toutes ces choses. Mais merde ! Qu'est-ce que c'était excitant. Ses coups de reins étaient rapides, précis et douloureusement délicieux. Le plaisir montait en moi à une allure folle et j'avais chaud. Quand il frappa ce point si sensible en moi, mes bras me lâchèrent et je m'écroulais misérablement sur le matelas en gémissant longuement. Il se pencha sur mon dos et lia ses doigts aux miens tout en embrassant mes épaules là où mon haut laissait ma peau à découvert. Un de ses bras s'enroula autour de ma taille me collant à lui. Je suffoquais sous le plaisir qui m'assaillait et quand mon orgasme éclata, mon cri de plaisir fendit l'air. C'était un cri de libération mêlé à la frustration que ça s'arrête. J'aurais tellement voulu que ce moment dur éternellement. Je me sentais tellement bien. Si libérée, si satisfaite. J'en voulais encore.

Mon inconnu se redressa et serra puissamment mes hanches de ses doigts en atteignant lui aussi son paroxysme. Outch...ça allait laisser des bleus.

- Bonne année Catwoman, murmura une voix au creux de mon oreille

J'étais un peu dans les vapes et senti vaguement une couverture être posé sur moi avant de m'endormir.


oOo


C'est en sursaut que je me réveillais en attendant quelqu'un rigoler bruyamment dans le couloir. J'étais toujours dans la chambre et même si je ne m'étais pas attendu à autre chose ça me mis un petit coup au cœur de voir que j'étais seule. Étrangement, toute trace d'alcool avait quitté mon corps. Mes affaires étaient pliées et rassemblées sur le fauteuil de la pièce. Ce même fauteuil où mon inconnu s'était tenu un peu plus tôt. Je remis mes affaires et sortis discrètement de la pièce. En bas, les gens faisaient toujours la fête et en regardant l'horloge accrochée au mur du salon, je vis que le passage à la nouvelle année était passé depuis un moment déjà. Alice me vit et accouru à ma rencontre en slalomant entre les invités.

- BONNE ANNÉE ! hurla-t-elle pour couvrir le bruit de la musique et sans doute un peu ivre aussi

Mais je n'allais pas l'en blâmer. J'avais moi-même plus été très lucide il n'y a pas si longtemps que ça. Tellement plus lucide que... Je secouais la tête prestement tentant de chasser les flashs des événements passés qui me revenaient.

- Bonne Année Alice.

- Où étais-tu ? Je t'ai pas vu depuis un moment.

- J'étais en haut, tu sais moi et les gens...

- Allez quoi, amuse-toi ! Sois pas si coincée, faut faire la fête !

J'eus un rire amer. Elle avait demandé, enfin plutôt exiger ma présence ici ce soir au milieu d'une centaine d'étrangers mais elle avait à peine passé cinq minutes avec moi.

- Je m'en vais. Passez une bonne fin de soirée, répondis-je sèchement avant de me diriger vers le vestibule pour récupérer ma veste

Elle ne chercha même pas à moi retenir et repartir vers ses invités en sautillant comme une enfant. J'enfilais mon manteau et quittais les lieux. Arrivée dans ma voiture, je restais inerte un moment avant de faire basculer ma tête en arrière cognant violemment l'appui-tête de mon siège. Inspirant profondément. Bon sang mais qu'est-ce qui est venu de se passer au juste?

Bordel! Je venais de m'envoyer en l'air avec un parfait inconnu.

Tout ça à cause d'elle, de son maudit punch et de sa satanée soirée.

Je n'avais qu'une choisi à dire: Merci Alice!


oOo


Voici donc le premier chapitre, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

Prochaine chapitre : Dans deux jour.

D'ici là, prenez soin de vous et bon courage à tous ceux qui travaillent en ce moment.

Beclear.