Hello tout le monde,
Premièrement, un grand merci à tout ceux qui sont passé par là depuis la republication du prologue. Contente de voir que mon histoire peut encore intéresser quelqu'un :)
N'hésitez pas à me faire savoir votre présence via Reviews ou même par messages privés, c'est toujours cool de discuter avec vous ;)
Sans plus de bla bla, voici ce "nouveau" chapitre.
On se retrouve en bas ;)
Bonne lecture.
Disclaimer: les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de SM.
*** Le jour où j'ai eu honte ***
En me réveillant le matin suivant cette folle soirée, j'étais dans un sale état.
Ma tête me faisait un mal de chien et mon corps était courbaturé. En voyant que j'étais encore habillée, j'avais eu un moment d'incompréhension avant que mes souvenirs de la soirée de la veille ne refassent surface sous forme de flash. Nos corps nus en mouvement, mes cris de plaisir, la sensation de ses mains sur moi...
Après m'être levée, je partis dans ma salle de bain. J'avais vraiment besoin d'une douche. Je vis mon reflet dans le miroir de l'armoire à pharmacie et l'image que je renvoyais me parus tellement pathétique.
Mon maquillage avait coulé et ce n'était pas joli à voir. J'ouvris les robinets de la douche et fis glisser mes vêtements au sol avant dans les mettre dans le bac à linge sale. En avançant en direction de la paroi de douche, mon regard tomba sur mon reflet dans le miroir en pied et mon souffle s'accéléra. Des marques de doigts oscillants entre le violet, le bleu et le noir étaient clairement visibles sur mes hanches et les traces sur mes cuisses ne laissaient que peu de doute quant à leur provenance. J'avais vraiment été inconsciente et j'avais sérieusement envie de me mettre une baffe monumentale. La panique s'insinua lentement en moi au moment où je réalisais qu'aucun de nous deux n'avait pensé au préservatif. Tout était allé tellement vite, on avait été emportés dans une tempête de désir et de plaisir et on s'était délibérément mis en danger.
Je pris une douche ultra-rapide juste le temps de me mouiller, me savonner et me rincer avant de sauter dans ma voiture en direction de l'hôpital.
Je n'avais jamais eu aussi honte de toute ma vie et quand on me demanda la raison de ma présence, je n'eus même pas le cran de dire toute la vérité et avais préférer expliquer un accident de préservatif qui s'était rompu lors du rapport.
Lamentable...
J'avais eu le droit à un test sanguin, dont les résultats seraient connus d'ici quelques jours, et j'étais sous traitement pour une durée d'un mois avec obligation d'analyse sanguine d'ici quelques mois. Mes épaules étaient lourdes et je n'en menais pas large. La crise de larmes arriva quand je fus assise dans ma voiture. Mes mains tremblaient, ma respiration était saccadée et mon sang pulsait douloureusement dans ma tête. Il me fallut une bonne dizaine de minutes pour parvenir à retrouver assez de calme pour conduire sans danger même si, franchement, j'étais plus à ça près.
En rentrant chez moi, je m'écroulais sur mon canapé sonnée par les événements de la journée. Je mis la tenue la plus confortable que je possédais avant d'aller me planquer dans mon lit. À tête reposée, je repensais aux dernières vingt-quatre heures... Je n'avais jamais jugé ces femmes qui avaient de multiples partenaires ou des aventures d'un soir. On était au vingt-et-unième siècle après tout et les mœurs avaient chargé, mais je ne reproduirais pas cette pratique. Comme disait le proverbe : Chat d'échaudé craint l'eau froide. Clairement, j'étais vaccinée.
Je finis par m'endormir et ne me réveillais que le lendemain matin.
oOo
La reprise du travail fut fatigante. Je ne m'étais pas encore remise de mon weekend et ma migraine n'était pas encore complètement passée alors je fus d'une humeur massacrante. Les employés présents durant la journée étaient mal à l'aise vis-à-vis de moi et me fuyaient comme la peste. Je m'en voulus directement. J'avais toujours eu de bonnes relations avec eux parce qu'ils travaillaient dur. La plupart étaient des étudiants qui bossaient uniquement pour payer leurs études et ils ne méritaient pas de subir mes humeurs ainsi pendant l'après-midi, profitant du peu de clients dans l'établissement, je les fis venir dans mon bureau pour leur parler.
- Je vous dois des excuses pour mon comportement d'aujourd'hui. Je suis désolée de vous avoir crié, enfin plutôt hurlé dessus. J'ai passé un mauvais weekend et ce n'est pas juste envers vous de vous en tenir responsables.
Ils me regardèrent les yeux comme des soucoupes avant d'échanger des regards puis Angela prit la parole.
- Ne vous en faites pas Bella. Ça peut arriver tout le monde. Ce n'est pas grave.
- Ouais, pas de problème patronne, ajouta Ben en faisant un signe de la main
- Vous êtes sûrs ?
Ils hochèrent tous les trois la tête avant de repartir s'occuper des clients. Ils étaient tellement compréhensifs que j'en étais soufflée. C'est d'ailleurs pour leur personnalité, leur sérieux et leur bienveillance que je les avais embauché. Ben et Éric étaient tous deux en première année à l'université de l'Illinois à Chicago. Éric dans l'ingénierie et Ben en médecine, plus précisément dans le secteur dentaire. Angela elle, et bien, elle me faisait penser à moi lors de mon arrivée. Une jeune de dix-neuf ans un peu paumée et que la vie n'a pas épargnée. Je ne savais pas grand-chose de son histoire et je n'avais pas non plus posé trop de questions. J'étais passée par là alors je comprenais mieux que quiconque qu'elle avait besoin d'espace. Si un jour elle en ressentait le besoin, elle parlerait.
Dans le courant de l'après-midi, Alice me passa un coup de téléphone. Visiblement les émanations d'alcool étaient parties et elle était de nouveau d'attaque.
- Salut Bella. Comment tu vas ?
- Fatiguée mais ça va et toi ?
- Je vois, pouffais-je, Il faut dire que quand je suis partie tu planais un peu.
- Figures-toi que je soupçonne quelqu'un d'avoir trafiqué le punch.
Je ne pus me retenir de rigoler au souvenir de la grimace que j'avais faite quand j'avais goûté la boisson avant de devenir plus amère au souvenir de ce qui s'était passé après.
- Quoi ?
- Je me suis fait la même réflexion quand j'y ai goûté mais il était plutôt bon. Très fort mais bon.
- Si je trouve le petit con qui a fait ça... J'ai presque fini par rouler sous la table tellement j'étais cuite.
- Ma pauvre..., fis-je compatissante
- Et figure toi que des petits malins se sont envoyés en l'air dans la chambre d'amis putain !
Je me figeai, heureusement que je ne l'avais pas en face de moi. Elle m'aurait tout de suite cramée.
- Ha bon ?! bredouillais-je, T'es sûre de toi ?
- Certaine ! Vu la tronche des draps y'a pas de doute. Du coup j'ai tout jeter, même lavés y'a pas moyens que je dorme dedans. Franchement plus jamais je ne fais de fête avec des gens comme ça ! bougonna t-elle, Enfin bref. Et toi alors ? Je t'ai pas beaucoup vu.
Dit plutôt que tu avais mieux à faire que de rester avec moi, oui !
- Oh tu sais, rien de particulier. J'ai bu quelques verres tranquillement et je suis rentrée.
J'avais décidé de ne rien dire. À personne. Parce que ça ne regardait que moi, parce que je m'en voulais d'avoir été aussi idiote et surtout parce que j'avais honte. Terriblement honte.
- Merci d'être venue.
- C'était avec plaisir, ma belle.
- Samedi j'organise un dîner. Tu es invitée, m'annonça-t-elle, C'est un truc en petit comité rassure-toi. Juste Rosalie qui vient avec son copain, tu sais Emmett ? et Jazz à inviter un de ses collègues au travail. Et puis bien sûr toi. Tu viendras hein ?
Sa voix avait quelque chose de... Attends...Un de ses collègues de travail ? Oh non pitié pas encore.
- Ce n'est pas un coup monté, j'espère ? Parce que sinon je te le dis tout de suite, je préfère rester chez moi.
- Ne te braque pas.
- Je ne me braque pas mais je n'ai pas besoin de ça. Je n'ai pas envie de ça, Alice, soupirais-je excédée, Quand est-ce que tu va finir par comprendre que j'ai pas envie de sortir avec quelqu'un ? Tu me gonfle Alice, Vraiment ! Je te laisse, je dois y aller.
- Eh mais tu viens hein ?
- À plus, répondis-je avant de raccrocher sans même lui répondre
Un rencard arrangé ? Non je n'avais pas besoin de ça. Pas avec ce qui se passait en ce moment. Avoir un homme dans ma vie était le dernier de mes soucis. J'étais encore dans mes pensées quand quelqu'un toqua à la porte de mon bureau.
- Oui.
- Bonsoir Bella. C'est moi, comment vas-tu ? me demanda Paul
Paul était un des plus anciens ici. Il était arrivé deux ans après moi, nous nous étions fréquenter deux ou trois mois à l'époque et quand j'avais repris l'affaire, il avait été d'un grand soutien. Aujourd'hui c'était un de mes plus proches amis. Sur le papier j'étais la propriétaire, c'était moi le grand patron mais Paul et moi étions les gérants. Moi j'étais là durant la journée et le soir c'était son tour.
- Salut ! Ça va et toi? Et tes vacances ? dis-je en allant le serrer dans mes bras
- Reposantes mais exténuantes en même temps.
- Rachel t'a fait la misère hein ?
- Elle va me tuer, je te jure, soupira-t-il désespéré en s'asseyant
- Les joies de la grossesse, rigolais-je
Rachel était sa petite amie de longue date. Il avait commencé à se fréquenter peu de temps après notre rupture, enfin si on peut appeler ça une rupture parce que j'ai un doute que notre relation ait été sérieuse un jour. Ils étaient ensembles depuis un moment et allaient être parents d'une petite fille d'ici trois mois.
- Aller rentre chez toi ma belle, je gère.
- Rentrer chez moi ? J'habite juste au-dessus. Ce n'est pas comme-ci j'avais trente minutes de route, pouffais-je
- Mais tu es pénible, ce n'est pas possible !
Il prit un des coussins du canapé et me le lança à la figure.
- Tu m'as compris. Tu as l'air crevée alors va dormir un peu, ordonna-t-il
- Dis que j'ai une sale tronche pendant que tu y es, ronchonnais-je en prenant mon téléphone et mes clés avant de quitter la pièce
L'un des avantages à habiter au-dessus de son lieu de travail c'est qu'en cinq minutes, j'étais rentrée chez moi. Ça et aussi le fait qu'en cas de pépin, je pouvais venir régler le problème tout aussi vite même si Paul était parfaitement capable de s'en charger. Je ne me déplaçais que rarement.
Il était plus de dix-huit heures et après avoir pris mon traitement, je me mis devant la télé devant un plateau-repas. Mon téléphone sonna, m'annonçant la réception d'un message.
D'Alice : Samedi soir – Dix-neuf heures.
Son message me tira un grognement et je n'y répondis pas. Je sentais déjà que la semaine allait se passer sur le même schéma qu'aujourd'hui. Et ce fut le cas.
oOo
Nous étions le samedi après-midi et ce soir avait lieu le repas « entre amis » chez Alice. J'étais censée y aller enfin si je me pliais encore une fois à sa volonté sans broncher. Mais j'étais franchement pas d'humeur.
La semaine avait été crevante et j'avais été un peu malade. J'avais eu de sérieuses nausées, tous les jours, et après m'être renseignée j'avais appris qu'il s'agissait d'un effet secondaire du traitement que je prenais. Pour couronner le tout, les bleus sur mes hanches rendaient ma peau sensible. Ce n'était pas vraiment douloureux juste inconfortable mais j'avais dû porter des robes tous les jours pour éviter tout frottement. Le seul rayon de lumière avait été la réception de mes résultats qui s'avéraient négatifs. Ça avait été une véritable bouffée d'oxygène mais je ne voulais pas me réjouir trop vite.
Du coup, j'étais un peu à plat et je rêvais seulement de me coucher et de dormir et à peine rentrée chez moi, je m'endormis comme une masse ne me réveillant que très tôt le lendemain matin.
En attrapant mon téléphone, je vis qu'Alice m'avait plus ou moins harcelé hier soir. J'avais complètement oublié de la prévenir. Pas grave ça lui fera les pieds. Le dernier message m'arracha un soupir de désespoir.
D'Alice : Dîner samedi chez moi. Et ne compte pas y couper cette fois !
La semaine suivante se calqua plus ou moins sur le modèle de la précédente. J'avais beaucoup travaillé cette semaine, j'avais besoin de me tenir occupée pour ne pas gamberger. Les nausées s'étaient un peu calmées et les bleus jaunissaient tout doucement et s'effaçaient un peu plus chaque jour. Ils n'étaient plus aussi douloureux et au final ma vie avait fini par prendre un cours plus normal. Alice n'avait pas donné signe de vie depuis le message de dimanche matin et je m'étais un peu résigné à me rendre à ce repas. Bon, revenir sur « le lieu du crime » n'était peut-être pas l'idée du siècle mais j'avais envie de passer un bon moment avec mes amis même si j'avais vraiment eu des envies de meurtre envers Alice ses deux dernières semaines. Surtout que si je n'y allais pas une nouvelle fois elle serait sans doute capable de venir me chercher elle-même en me tirant par les oreilles jusque chez elle.
oOo
Le samedi suivant, à dix-neuf heures j'étais devant la porte de leur appartement, le doigt tendu dans le vide devant la sonnette. J'étais toujours comme ça quand un homme arriva à mon niveau et me regarda étrangement. Un très bel homme d'ailleurs. Grand, le teint pâle, une forêt couleur bronze sur la tête et deux émeraudes à qui lui mangeaient le visage.
- Vous ne sonnez pas ?
- J'hésite, répondis-je en retournant vers lui
Il me regardait, un léger sourire sur les lèvres. Il semblait amusé par mon comportement. Finalement, mon doigt appuya sur le bouton et la porte s'ouvrit presque immédiatement sur une Alice rayonnante. En même temps, lui arrivait-il de ne pas l'être ? Elle semblait imperméable au monde extérieur et rien ne semblait entacher sa bonne humeur. À part peut-être quand elle croisait quelqu'un mal fagoté.
- Oh mais c'est super ! Vous vous êtes déjà rencontré à ce que je vois. C'est parfait.
Mon regard se tourna une nouvelle fois vers l'homme à mes côtés qui semblait tout aussi perplexe que moi.
Ne me dites pas qu'elle a remis cette histoire de rencard arrangé...
- Bella, voici Edward, le collègue de Jazz. Edward voici Bella. Une de mes plus chères amies, nous présenta-t-elle
Dis plutôt une de tes seules amies. Parce que je suis une des seules à encore réussir à te supporter.
Je me contentais d'un simple hochement de tête avant de passer devant lui et de rentrer dans l'appartement. Jazz, Rosalie et un homme que je me souvenait être Emmett étaient en train de discuter dans le salon.
Bordel, elle a refait le même repas que la semaine dernière ! Elle n'avait donc rien compris...
Je pris le temps de saluer tout le monde avant de me débarrasser de mes affaires. En revenant du vestibule, ils étaient tous en train de discuter un verre à la main et quand Jazz me proposa quelque chose à boire, à la vue de ma grimace de dégoût, il me donna un cocktail sans alcool.
- Alors la reprise du boulot ? me demanda Alice
- Oh bah... Normale quoi. Ça m'a fait du bien, expliquais-je en restant vague, Et toi ?
- Crevante. On a eu le droit à tous les gens venus rapporter les cadeaux de Noël qui ne leur plaisaient pas. On a cru qu'on allait se tirer une balle avec les filles.
Alice était responsable d'un magasin de vêtements de luxe. Pour une passionnée de mode et de fringue, c'était le boulot idéal. Tout le monde était en train de discuter de tout et de rien mais moi j'étais un peu ailleurs. J'étais une simple spectatrice de cette soirée. Mon regard était tourné vers le balcon et je contemplais l'extérieur. Une main se posa sur mon épaule me ramenant à la réalité.
- Tout va bien ? me demanda Edward
C'est ça son prénom au moins ? J'en étais pas très sûre n'ayant pas écouté grand-chose des conversations qui se tenaient.
- Oui, je vais bien. Je vous remercie. J'ai simplement la tête un peu ailleurs.
- Dites-moi, je me trompe où ses deux imbéciles ont eu comme idée de forcer une rencontre entre vous et moi ? C'est la deuxième semaine de suite que je viens.
Il me fit un signe de la tête me montrant les deux imbéciles en question qui bien qu'en pleine conversation avec Rosalie et Emmett, nous lançaient des coups d'œil pas du tout discrets.
- Vous comprenez mieux maintenant pourquoi j'hésitais à sonner, répondis-je en lui faisant un sourire contrit
- Vous n'auriez peut-être pas dû en effet.
- Désolée.
Le reste de la soirée se passa de la même manière. Moi toujours plus ou moins effacée sauf quand quelqu'un me posait une question auquel cas j'y répondais pour ne pas être malpolie. J'étais fatiguée et déçue du comportement d'Alice qui une fois de plus n'en avait fait qu'a sa tête et n'avait pas pris en compte ce que je lui avait dit. Je fulminai intérieurement.
Au moment du dessert, Alice me demanda de l'aider pour apporter les assiettes et en profita pour me coincer dans la cuisine.
- Alors ?
- Alors quoi ? soupirais-je déjà lassée
- Edward est plutôt bel homme non ?
- Oui, effectivement. Et ?
- Bah... Tu ne voudrais pas... Tu sais sortir avec ?
Non mais dites-moi que je rêve ! Je commençais à m'énerver et finalement, je finis par laisser libre cours à ma colère en claquant bruyamment les couverts sur le plan de travail.
- Attends un peu là. Laisse-moi résumer, rigole-je d'un rire jaune, T'es quand même pas en train de me dire que sous prétexte qu'il est canon je devrais accepter de sortir avec lui ?
- Bah pourquoi pas ?
- Mais parce que j'en ai pas envie, criais-je, Et lui non plus d'ailleurs ! Tu l'as regardé ce soir ? Tu nous as regardé tous les deux ? Il n'est pas idiot et moi non plus ! On a vu clair dans votre jeu en moins de deux et ce gars-là, a l'air de vouloir fuir. Alors je ne sais pas comment tu t'y es pris pour le forcer à venir deux semaines de suite, je ne sais pas ce que tu lui as dit mais tu ne peux pas agir comme ça avec les gens ! Tu le savais, je te l'avais dis que je n'étais pas intéressée mais comme d'habitude, tu t'en fous ! Tu pense qu'a toi et à ce que tu veux toi ! ON EST PAS DES PUTAINS DE JOUETS !
Au fil de mon discours ma voix avait pris en puissance et était montée un peu plus dans les aigus. Je m'en foutais que les autres aient entendu ce que je disais. Je m'en foutais de passer pour une folle hystérique. Alice me regardait soufflée par ma tirade et la plantant là, au milieu de la cuisine, je repartis dans la salle à manger. Je saluais tout le monde non sans glisser un rapide « Je suis désolée » à Edward et reprit mes affaires avant de partir. Jasper tenta bien de me retenir.
- Attends Bella ! Dit-il en m'attrapant par le bras
- Non, c'est bon. J'en peux plus là. Je suis fatiguée ! Crachais-je en retirant mon bras puis partis en claquant la porte.
J'attendais l'ascenseur tentant tant bien que mal de me calmer en faisant les cent pas dans le couloirs quand une porte claqua et je vis Edward arriver en courant vers moi.
- Attendez ! m'interpella-t-il, Merci. Pour ce que vous avez dit.
- Pas besoin de me remercier, répondis-je en me glissant dans l'ascenseur, On se serait cru à un speed-dating.
Il me suivit et un silence de plomb s'installa entre lui et moi.
- Elle s'est surpassée ce soir on dirait.
- Alice ? Ouais. Elle à fait fort.
- Je vous invite à boire un verre quelque part ? me proposa t-il
- Euh... Bah...
- Il est encore tôt.
En regardant ma montre je vis qu'il était juste un peu plus de vingt-deux heures et de toute façon ma soirée était foutue alors... Autant en profiter pour en faire quelque chose.
- D'accord pour un verre.
- Vous me suivez en voiture ? Je connais un bar pas très loin.
Et quelle ne fut pas ma surprise en voyant que le bar en question était le mien. En sortant de ma voiture, je ne pus retenir mon fou rire. Encore plus en voyant sa tête interloquée. Edward tira la porte d'entrée en me laissa passer devant lui.
Paul était au bar et remarqua tout de suite ma présence.
- Bella ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu devais pas être chez Alice ce soir ?
- Je t'expliquerais plus tard, éludais-je en entraînant à ma suite Edward
- Vous êtes une habituée ? s'enquit t-il
- En quelque sorte, pouffais-je
C'est Bree, une des serveuses qui me trahit au moment de venir prendre notre commande. Edward me regarda les sourcils relevés visiblement surpris.
- Je comprends mieux maintenant pourquoi tout le monde vous connaît ici et pourquoi vous avez rigolé. Je suis surpris parce que je viens souvent ici mais je ne vous ai jamais vu.
- Je travaille plutôt le jour. Ma présence ici le soir est extrêmement rare.
- Eh mais maintenant que j'y pense... Il sembla réfléchir, Ah mais oui ! Jazz m'a dit une fois qu'une de ses amies était la patronne. Tout s'explique.
Nous continuâmes ainsi à parler de tout et de rien pendant un moment. Le vouvoiement disparu rapidement au cours de notre conversation. Nous n'étions pas assez vieux pour être aussi guindés. J'appris qu'il avait trente ans, qu'il travaillait avec Jazz depuis deux ans, c'était même un de ces associés, et qu'il était spécialisé en droit des familles.
Il me posa un certain nombre de questions à propos de moi mais je restais très floue dans les réponses données. Je ne le connaissais depuis moins de quatre heures et je ne comptais pas lui raconter ma vie et les détails les plus sordides qu'elle recelait. Il avait l'air d'être un chic type, gentil et attentif aux autres. Il avait tout de l'homme parfait dont toute femme rêvait.
Il était un peu plus de minuit quand nous décidâmes de partir. Je m'arrêtais devant la porte juste à côté du bar. Elle menait à l'étage et par déduction à mon appartement. Il stoppa sa progression restant à mes côtés.
- Tu ne rentres pas ?
- Oh ! Et bien si. J'habite juste au-dessus.
Vas-y Bella pendant que tu y es donne lui ton groupe sanguin, ta pointure et ta taille de soutien-gorge aussi.
- Oh d'accord. Ce serait bizarre si je te demandais ton numéro de téléphone ?
- C'est-à-dire que je ne connais pas le mien par cœur mais je peux prendre le tien.
Ouais je sais, technique de merde et minable en plus de ça. Sans commentaire !
Il fourra sa main dans sa poche de manteau, en ressortit son portefeuille et me tendit une carte professionnelle. Très classe. Je pris le morceau de papier et ouvris la porte en face de moi.
- On dirait bien qu'Alice n'a pas eu totalement tort ce soir.
- Ça, il ne faut pas lui dire. Elle en serait bien trop fière.
- Je ne dirais rien alors. Promis, jura-t-il en souriant doucement
- Bonne nuit Edward, lui dis-je en rentrant dans l'immeuble
En arrivant chez moi, je regardais une nouvelle fois le carton que je tenais dans la main. Ma vie était tellement compliquée en ce moment alors ajouter la présence d'un homme à ça ? À un autre moment de ma vie, j'aurais été heureuse qu'un homme dans son genre s'intéresse à moi mais maintenant...
Allant dans la cuisine, penchée au-dessus de la poubelle, mes doigts y lâchèrent le petit bout de papier cartonné.
Edward Cullen restera une charmante parenthèse qui venait de se fermer.
oOo
Voilà pour ce deuxième chapitre. Je vous attends dans les Reviews si vous avez des choses à me dire ou des questions.
On se voit ans deux jours.
Prenez soin de vous,
Beclear.
