Hello tout le monde !
Me voici pour vous poster le troisième chapitre de cette histoire.
Merci aux personnes ayant laisser des commentaires et m'ayant envoyé des messages privés. Contente de vous savoir dans le coin.
Bonne lecture à tous,
On se retrouve en bas ;)
Disclaimer: Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.
*** Le jour où il a insisté ***
J'avais tenu bon et je ne l'avais pas recontacté. Pourtant ce n'est pas l'envie qui m'avait manqué et j'avais été jusqu'à faire la poubelle pour retrouver ses coordonnées mais je ne l'avais pas appelé. Et puis au fil des jours je l'avais occulté me concentrant sur moi et le travail.
Aujourd'hui j'avais rendez-vous à l'hôpital. J'avais fini mon traitement depuis deux jours et j'allais savoir si tout allait bien ou si j'avais foutu ma vie en l'air. J'étais nerveuse à un point pas possible et mes jambes avaient une sorte de tic nerveux incontrôlable les faisant trembler violemment. Quand mon nom fut appelé, un médecin me fit entrer dans une pièce. C'est bien plus soulagée que j'en ressortis. Tout était normal, aucune trace d'une quelconque infection même si je devais quand même refaire une analyse d'ici quelques mois pour en être certain mais le médecin s'était montré assez certain dans son diagnostic.
oOo
J'étais retourné travailler tout de suite après être sortis de mon rendez-vous et j'étais en train de ranger quelques trucs en réserve quand Angela vint à ma rencontre.
- Bella ?
- Ici ! criais-je pour lui indiquer ma position
Elle navigua difficilement dans la pièce en désordre et finit par me trouver au fin fond de celle-ci, la tête dans une caisse d'alcool. J'avais décider de remettre un peu d'ordre dans la réserve puisque ça n'avais pas été fait depuis un moment.
- Désolée de vous déranger mais quelqu'un demande à vous parler.
- Il y a un problème avec un client ? m'inquiétais-je
- Non, non. Tout va bien. Je ne suis pas certaine que ce soit un client mais il a insisté pour vous voir alors...
- J'arrive dans une minute, répondis-je en posant la caisse parterre pour m'arranger un peu
J'étais un peu étonnée. C'était plutôt rare que quelqu'un demande à voir le propriétaire et quand c'était le cas, c'était toujours pour quelque chose d'officiel et presque jamais ici. En général, on me contactait par téléphone ou bien la personne venait à mon domicile mais pas ici. Alors dire que je n'étais pas franchement rassurée était un euphémisme. Peut-être un contrôle de l'hygiène ? L'inspection du travail ?
En arrivant, Angela me montra du doigt un homme assis dans un coin du bar. Il portait un costume-cravate bleu foncé et me tournait le dos.
- Monsieur ? Bonjour. Puis-je vous aider ?
Il se retourna et Edward apparut devant moi. Ma mâchoire tomba et j'essayais désespérément de chercher un peu d'air tel un poisson hors de l'eau. J'étais franchement surprise de le voir ici, surtout en plein journée. Mais que fais-tu là toi?
- Bonjour Bella.
- Euh... Bonjour Edward, répondis-je abasourdie
- Tu as cinq minutes à m'accorder ?
- Bien sûr oui. Suis-moi, lui dis-je en lui indiquant la porte du bureau, Assis-toi. Je t'en prie.
- Merci.
- Tu va bien ? Qu'est ce qui t'amène dans le coin ?
Il ne me répondit pas et se contenta de me regarder pendant un temps, me mettant mal à l'aise comme jamais, avant de finalement prendre la parole.
- J'ai attendu ton appel.
Oh bah merde alors ! Je n'avais pas prévu ça.
- J'ai fait quelque chose de mal l'autre fois ?
- Quoi ?! Non! criais-je, Bien sûr que non. C'est juste que... Que...
Je n'arrivais pas à trouver mes mots et ça commençait à m'agacer.
- Écoutes Edward... Tu sembles être un homme bien, vraiment. Tu es gentil, drôle, attentionné et... Bref les femmes doivent se pâmer devant toi mais...
- Mais quoi ?
- Ma vie est compliquée en ce moment et...
J'étais maintenant en train de faire les cent pas dans le bureau, triturant mes doigts et lui se retenait de rigoler face à mon comportement alors que moi je ne savais plus où me mettre.
- Quoi ?
- Tu me fais rire à t'agiter comme ça. J'aime ça, me sourit-il plus franchement, Ce n'était pas une demande en mariage tu sais. Je pensais que peut-être on pourrait juste sortir un soir ensemble c'est tout. Je n'en attendais pas plus en te donnant mon numéro.
- Oh !
- Tu fais quoi ce soir ?
- J'avais prévu de manger des lasagnes devant un programme débile à la télé, pourquoi ?
- On dîne ensemble ? Je passe te prendre après le boulot.
J'étais tiraillée entre mon cœur et ma raison. J'avais envie d'accepter mais la partie logique de mon cerveau m'empêchais de dire oui.
- Aller, juste un repas sans prise de tête et puis tu dois bien te faire pardonner non ?
- Me faire pardonner ?
- Ouais. On en discutera ce soir. Je passe te prendre à dix-huit heures trente, c'est bon pour toi ?
- Oui, oui.
- À tout à l'heure alors, dit-il en embrassant rapidement ma joue avant quitter la pièce
J'étais soufflée. Je venais de me faire taper sur les doigts par un mec que je connaissais à peine et je me laissais docilement faire.
Depuis quand j'étais aussi faible et soumise à un homme moi ?
Parce que là je n'avais rien vu venir. J'étais perdue. Je ne savais pas trop s'il me fallait remercier le destin de l'avoir remis sur ma route ou pleurer parce que j'avais eu tant de mal à le mettre de côté que son retour anéantissait toute ma bonne volonté.
L'après-midi fut longue et mon cerveau se mit à tergiverser. À dix-huit heures Paul arriva et prit la relève me laissant aller me préparer. Edward n'avait rien dit de l'endroit où il voulait m'emmener alors niveau choix de vêtement j'étais plus qu'hésitante. Je finis par opter pour un simple jean slim avec un pull marinière et une paire de bottes « cavalière » en cuir noir. Avec mon caban bleu marine et mon sac à main ça faisait habillé mais pas sophistiqué ni trop BCBG.
J'étais prête dix minutes avant l'heure convenue avec Edward alors j'en profitais pour passer rapidement au bar. Paul vint me tenir compagnie et siffla en me voyant arrivé.
- Dites donc Mademoiselle Swan, on est de sortie ce soir ?
- Et tu as trouvé ça tout seul ? C'est que tu deviendrai presque intelligent, dis-moi.
- Gna gna gna... Qui est l'heureux élu ?
- Le type de l'autre fois.
- Oh Edward ?
- Tu le connais ? fis-je étonnée qu'il connaisse son prénom
- Il vient souvent le samedi soir avec quelques amis dont Jazz d'ailleurs. Et si tu veux tout savoir les deux dernières fois qu'il est venu, on aurait dit qu'il cherchait quelqu'un, fit-il avec une œillade, Je ne savais pas que toi et lui...
- Il n'y a rien du tout. On se connaît à peine, répondis-je vivement
Un peu trop même pour ne pas attirer l'attention de mon ami
- Pourtant vous étiez ici il y a deux semaines. Ensemble.
- C'était toujours mieux que de passer la soirée chez Alice qui pense qu'elle a encore eu une révélation et à décréter qu'on allait bien ensemble. Le pauvre gars avait l'air de vouloir prendre ses jambes à son cou alors je me suis un peu énervée et je les ai planté. Il est lui aussi parti et il m'a remercié d'avoir pris sa défense en m'offrant un verre.
- Hum hum.
- S'il te plaît non. Pas toi, j'ai déjà assez d'Alice, gémis-je
- Hum hum
- Oh mais arrête ! exigeais-je en passant par-dessus le bar pour lui frapper l'épaule
- Ton prince charmant est arrivé, m'informa-t-il en faisant un signe de tête en direction de la porte
- Mais tu vas la fermer oui !
Je descendis de mon tabouret pour rejoindre Edward qui venait d'entrer.
- Moi aussi, je t'adore, cria Paul avant de se mettre en rigoler bruyamment
Pour ma part, je me mis à marmonner tout un tas de noms d'oiseau à son encontre et Edward capta un magnifique « Couillon » qui le fit se figer et qui me fit rougir comme une tomate.
- Désolée, je ne parlais pas de toi.
- On y va ?
Il me fit signe de le suivre et me guida jusqu'à une grosse voiture noire garée un peu plus loin. Il m'ouvrit la porte avant de faire le tour du véhicule pour s'installer au volant.
- Alors ? Où m'emmènes-tu ?
- Chez moi.
- Chez toi ? m'étranglais-je
- Il était trop tard pour réserver quelque part et je voulais vraiment dîner avec toi alors... Mais si ça te pose un problème on peut reporter.
- Non, c'est bon.
Il démarra la voiture et une dizaine de minutes plus tard, il se gara devant un immeuble. Il y avait une sorte de silence pesant entre nous jusqu'à ce qu'on arrive dans son appartement. Il était grand, lumineux et chaleureux à la fois même si on pouvait clairement voir qu'il avait de l'argent.
Il s'activait à faire le repas pour nous pendant que je naviguais dans son appartement tout en le regardant du coin de l'œil. Il avait remonter les manches de sa chemise sur ses bras et semblait plus que concentré sur sa tâche. J'étais en train de le détailler quand il releva le regard vers moi me prenant ainsi sur le fait.
- Tout va bien ?
- Oui Oui fis-je gênée d'avoir été grillée avant de repartir déambuler dans le salon
Cet appartement était génial. Il était situé dans un vieil immeuble mais à l'intérieur tout était neuf. Il avait été rénover à n'en pas douter. Tout était en nuances de blanc, de beige mais avec quelques touches de couleurs et on s'y sentait très bien. La cheminée était allumée et distillait une lumière orangée dans le salon. Mon regard se promena dans la pièce et tomba sur des cadres à photos posés un peu partout. Beaucoup d'entre elles représentaient Edward avec un couple et je pouvais clairement voir la ressemblance entre les trois personnes. Il s'agissait de ses parents à n'en pas douter. La génétique avait été cool avec eux parce qu'ils ressemblaient à des gravures de mode. Mes complexes allaient bientôt refaire surface.
Il arriva dans la pièce me trouva devant la cheminée où était posée une photo de toute la famille lors d'une remise de diplôme.
- Ta mère est très belle
- Comment tu sais ?
- Les yeux. Vous avez tous les deux les yeux verts et tu as sa bouche aussi alors que tu as le nez et les pommettes de ton père. En fait tu es le mélange parfait de tes deux parents.
- Le repas est en train de cuire, tu veux boire quelque chose ?
- Avec plaisir oui.
- J'allais me servir un verre de vin blanc, tu en veux ?
Je lui fis un signe positif de la tête et il m'invita à prendre place sur l'immense canapé qui prenait une majeure partie de la pièce avant de partir dans la cuisine.
- Alors, et si tu m'expliquais pourquoi tu ne m'as pas appelé ? demanda t-il en revenant à mes cotés
Je faillis m'étouffer alors que je buvais et il me fit une tape dans le dos voulant m'aider.
- Tu es du genre direct hein ?
Il me fit un sourire désolé mais attendit patiemment que je réponde à sa question.
- Je sais pas à vrai dire. Quand je suis rentrée chez moi ce soir-là, j'ai jeter ton numéro dans la poubelle avant d'aller le rechercher quelques jours plus tard. Il y avait cette part de moi qui avait envie de te téléphoner, j'ai même failli le faire un nombre incalculable de fois d'ailleurs. Et puis il y avait l'autre part qui était encore énervée de la soirée et qui ne voulait pas donner cette satisfaction là à Alice alors...Je ne sais pas, bafouillais-je lamentablement
- Je comprends. Vraiment.
- Tu ne m'as donné aucune raison valable et ne pas le faire. Je sais que c'est puérile de ma part de ne pas l'avoir fait juste pour une simple contrariété mais... expliquais-je en haussant les épaules
- Heureusement pour nous, je suis tenace.
Il se mit à rire et me tendit son verre pour trinquer. Un « ping » se fit entendre et Edward m'invita à la suivre dans la cuisine pour manger notre repas. Des couverts étaient installés sur la partie repas du plan de travail où siégeaient quatre tabourets, n'attendant que nous.
Voir sa cuisine me fit lâcher un petit couinement tellement elle était un ravissement pour mes yeux. J'adorais cuisiner et c'était le genre de cuisine qui hantait mes rêves. Il me montra la chaise devant moi et j'y pris place.
- Ça sent bon. Qu'est-ce que tu nous as préparé ? demandais-je curieuse
- Un poulet avec une salade verte, c'est bon pour toi ?
- Oh oui, oui. C'est très bien.
Il nous servit et prit place en face de moi.
- Parle moi de toi. Tu as été assez évasive l'autre soir mais cette fois, je veux tout savoir.
Mon souffle se coupa et Edward remarqua immédiatement mon changement d'attitude.
- Pardon, excuse-moi. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
- C'est... Ce n'est pas grave, répondis-je avec une petite voix, C'est juste qu'il n'y a pas grand-chose à dire à propos de moi.
- Dit toujours, je suis certain que c'est intéressant, m'encouragea-t-il, Tu vis ici depuis longtemps ?
- Un peu plus de sept ans maintenant. Je suis arrivée quand je venais d'avoir dix-huit ans.
- Et tu as gérante d'un bar...
- Ouais, c'est récent et j'ai encore parfois du mal à m'y faire.
- Ne le prends pas mal mais tu es encore jeune et...
- Et ce n'était pas vraiment un choix de carrière dont j'ai rêvé quand j'étais petite mais on n'a pas toujours le choix. Je suis arrivée à dix-huit ans et Danny m'a probablement sauvé la vie à ce moment-là. Il m'a offert un job et grâce à ça j'ai pu faire des études mais il est décédé il y a un peu plus d'un an. Je pense que tu peux faire le lien tout seul.
- Tu as pris la relève...
- Oui. J'étais convaincue que j'allais me retrouver dans le pétrin. Il me restait quelques mois avant d'obtenir mon diplôme, je venais de perdre ce qui se rapprochait le plus d'un père et j'allais certainement perdre mon travail aussi. J'en ai passé des nuits blanches à me tirer les cheveux pour savoir comment j'allais m'en sortir jusqu'à ce qu'un notaire vienne me dire que Danny m'avait inscrit sur son testament et que j'étais à présent propriétaire de l'immeuble avec le bar et mon appartement. Remarque, mes nuits blanches ne se sont pas arrêter à ce moment-là, pouffais-je, Il ne le montrait pas mais de ce que j'ai compris, il venait d'une famille assez fortunée et était propriétaire de tout un tas d'immeubles, de maison. Il a fait don de pas mal de choses à des associations et m'a donné ce qui avait de plus cher si j'en crois son testament. J'ai été choquée quand je me suis retrouvée avec tout ça. C'était inattendu.
- J'ai pu le croiser quelques fois, il avait l'air d'être un homme bien et tu semble bien t'en sortir.
Il semblait admiratif face à mon discours. Il me fit un sourire encourageant et exhorta à continuer mon récit.
- Oh mais ça n'a pas toujours été le cas, crois-moi. Au début j'étais complètement à coté de la plaque. Mes examens de fin d'année arrivaient à grands pas et j'avais la tête ailleurs, puis toute cette histoire à créer pas mal de jalousie avec d'autres employés. Je me suis retrouvé à devoir gérer certains aspects que je n'avais jamais connu en tant que serveuse et si Paul et Seth ne m'avait pas soutenu j'aurais probablement vendu très vite.
- Et maintenant ça va mieux ?
- Oui. On semble avoir trouvé notre rythme de croisière même si tout n'est pas simple.
- Et avec tes collègues ?
- Eh bien... Paul et Seth sont les seuls encore présents. Les autres sont soit parti d'eux-mêmes soit j'ai dû les licencier. Ils ne faisaient pas du mauvais boulot mais quand un de tes employés te dit que tu ne mérites pas tout ça et qu'il te t'écoute pas... Ils n'avaient pas forcément tort sur le fait de ma légitimité mais...
- Ils te devaient le respect tout de même, Bella. Ne serait-ce qu'en tant que personne.
- Paul et Seth m'ont fait la même réflexion.
- Être le patron parfois ce n'est pas la joie, j'en sais quelque chose.
- À qui le dis-tu...
Ça n'avait pas été une période simple et j'allais au boulot à reculons craignant de me retrouver devant les regards haineux de mes collègues. J'avais fini par m'en rendre malade et les garçons m'avaient secoué m'ordonnant de ne plus me laisser faire. Le lendemain matin, tout le monde avait été réunis et avait eu le choix entre rester et être professionnel où se comporter en gamins et partir. Certains étaient restés mais rien n'avait changé et Paul avait décidé de faire le ménage. Nous nous étions retrouvés à trois pour faire tourner la boutique et j'avais fait passer des dizaines d'entretien d'embauche en urgence afin de former les nouvelles équipes.
- Je n'ai plus trop à me plaindre avec les petits jeunes qui sont là. Ils travaillent dur et ça me fait plaisir de pouvoir les aider tout comme j'ai été aidé. J'ai l'impression de me sentir utile.
- La boucle est bouclée.
- Oui, plus ou moins lui souriais-je
- Tu est diplômée en quoi ?
- Littérature. Techniquement, je suis même professeur de littérature mais je me suis concentrer sur le bar et ça me prend pas mal de temps alors...
- Et ta famille vit aussi en ville ?
Ma fourchette crissa sur l'assiette en porcelaine faisant un bruit monstrueusement douloureux pour mes dents et mes oreilles. Edward releva les yeux vers moi et se statufia tout autant que moi.
- Non et toi ? Tu habites ici depuis longtemps ? demandais-je rapidement en changeant de sujet
S'il s'aperçut de ma combine pour dévier son attention, il ne fit aucun commentaire et se contenta de continuer à me parler comme ci de rien n'était.
- Ouais, depuis toujours en fait. Mes parents sont originaires de la région. Ils vivent en périphérie de la ville, ils sont partis s'installer à la campagne depuis quelques années.
- Tu as des frères et sœurs ?
- Non. Mes parents auraient voulus mais après moi, ma mère n'a pas pu avoir d'autres enfants. Et toi ?
- Je suis fille unique aussi.
- Nous avons un point en commun alors.
Notre balai des questions-réponses durant encore un moment. Nous avions fait la vaisselle et étions partis nous asseoir sur le canapé devant la cheminée. Il faisait chaud dans la pièce, ça contrastait avec la froideur à l'extérieur et à cet instant je n'avais pas envie de bouger. Je serais resté ici indéfiniment mais vers vingt-deux heures trente il proposa de me raccompagner chez moi. Le temps dehors s'était encore un peu plus refroidi et je me mis à trembler. En arrivant chez moi, Edward sortis de la voiture et vint me tenir la portière avant d'avancer jusqu'à la porte de l'immeuble.
- Merci pour le dîner. J'ai passé un très bon moment.
- Je suis heureux de le savoir, murmura-t-il en plongeant son regard dans le mien
Je pouvais le sentir, ce fil électrique qui nous reliait et enflammait chaque cellule de mon corps. Comme au ralenti, il s'approcha de moi jusqu'à ce que nos nez soient presque en contact l'un avec l'autre. Il abaissa sa tête et posa ses lèvres sur les miennes. Ce baiser était lent et doux comme s'il avait peur de me blessé. Sa langue vint caresser ma lèvre inférieure désireuse d'approfondir notre accolade et vint effleurer la mienne. J'en eus la chair de poule et un frisson de bien-être descendit le long de mon dos. Mes mains agrippèrent son manteau et le rapprochèrent de moi, collant nos deux corps l'un contre l'autre.
Un raclement de gorge nous sortit de notre bulle et je me mis à rougir en voyant Paul qui nous regardait une cigarette à la main. Edward s'écarta de moi et déposa un rapide baiser sur mon front avant de remonter en voiture et de partir non sans avoir soufflé à mon oreille un « Ne la jette pas celle-là » en me tendant une autre carte professionnelle.
Paul était resté là à nous observer impudiquement comme s'il était devant un film au cinéma.
- Il n'y a rien du tout, hein ?
- Écrase-moi plutôt cette merde, ordonnais-je en montrant la cigarette allumée, Tu ne voudrais pas que Rachel l'apprenne...
- Quoi ! Mais... Mais tu peux pas faire ça !
- Oh mais si et je peux faire bien pire encore.
Il récolta seulement un sourire qui se voulut angélique et son teint prit une teinte pâle, limite cadavérique. Sa cigarette toucha le sol moins de deux secondes plus tard et je pus enfin rentrer chez moi. Je me mis au lit et posais mon téléphone sur la table de nuit après avoir écrit un rapide message à Edward (« Tu serais heureux de savoir que celle-ci n'a pas fini dans ma poubelle. Bonne nuit. Bella. ») avant de m'endormir peu après.
oOo
Les jours qui suivirent, Edward et moi n'avions pas pu nous revoir. Il bossait sur un dossier important au travail et ça lui prenait tout son temps alors nous nous contentions de nous envoyer des SMS dès que nous avions deux minutes. Paul avait été affreusement indiscret et avait cherché à me tirer les vers du nez et j'avais du sévir. Rachel avait malencontreusement découvert qu'il n'avait pas totalement arrêté de fumer et il s'était pris la soufflante de sa vie. Moi ça m'avais ben fait rire et depuis, il s'était un peu calmé et il boudait comme un enfant de cinq ans.
J'avais aussi été un peu patraque. J'avais sans doute chopé la grippe ou un truc dans le genre et du coup ma patience avait des limites que Paul avait dépassées. J'avais été voir mon médecin de famille et j'avais encore été quitte pour faire une prise de sang afin de savoir si c'était viral ou quelque chose de plus corsé qui nécessitait la prise d'un traitement.
J'étais chez moi en train de me faire à manger quand quelqu'un vint frapper à ma porte. En ouvrant la porte, Alice se tenait devant moi. Notre relation était toujours aussi tendue depuis le fameux repas et je n'avais pas vraiment eu de ces nouvelles. Elle avait bien tenté de m'envoyer quelques SMS auxquels je n'avais pas répondu.
- Salut Bella, je peux entrer ?
Je fis un pas de côté et lui fit signe de passer. Elle s'installa sur mon canapé pendant que je répartis dans ma cuisine pour faire cuire mes oignons. La cuisine était ouverte sur le salon alors je la voyais et pouvais lui parler.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Non merci. Je suis juste passée en coup de vent pour qu'on puisse discuter.
- Et de quoi tu veux qu'on parle au juste ?
J'étais clairement sur la défensive mais après le coup foireux de l'autre soir je n'avais pas envie d'être gentille ou compréhensive. Je commençais à supporter de moins en moins son comportement à mon égard. Son ingérence perpétuelle dans ma vie devenait de plus en plus insupportable depuis quelques temps.
- Je voulais te présenter mes excuses pour l'autre soir pendant le repas.
- Laisse-moi deviner, Jasper y est pour quelque chose ?
Elle sembla surprise de mon ton et de ce que je venais de lui dire.
- Quoi ?! Mais non. Pourquoi tu penses que...
- Parce que tu es tout bonnement incapable de reconnaître tes torts et que si Jasper ne te calme pas tu n'en fait qu'à ta tête, crachais-je
- Écoutes, je suis vraiment désolée. Je n'aurais pas dû te forcer la main et tu as raison ce ne sont pas mes affaires et je ne m'en mêlerais plus.
- Tu t'es excusé auprès d'Edward aussi, j'espère ?
- Oui. Je lui ai parler ce matin au cabinet.
- Bien.
- Alors, tu me pardonnes ? demanda t-elle d'une petite voix
- Pour cette fois, oui mais il faut que tu arrête tout ça Alice. Parce que sans t'en rendre compte tu es blessante avec les gens. Tu t'es servis de lui comme s'il était un objet et c'était pas cool.
- Je sais. Jasper n'était vraiment pas content et il m'a fait la gueule après coup alors que c'était aussi son idée, va comprendre, soupira-t-elle
- Je suis une grande fille, Alice. Je peux m'occuper de moi toute seule.
- Je sais, je suis désolée, s'excusa-t-elle une fois de plus avant de venir me rejoindre et de me prendre dans ses bras, Pardon, pardon, pardon.
Elle repartit une petite demi-heure plus tard pour retrouver Jasper. J'étais heureuse qu'elle soit venue s'excuser même si j'avais du mal à croire qu'à partir de maintenant elle allait faire des efforts et se tenir loin de mes affaires. Elle faisait toujours ça et je savais que bien vite elle allait reprendre ses mauvaises habitude jusque jour où je ne pourrait plus le tolérer. Je la connaissais depuis plus de cinq ans et elle n'allait pas changer du jour au lendemain.
Mon téléphone sonna, m'informa d'un appel entrant. Le numéro ne me disait rien et j'attendis de voir si la personne allait laisser un message sur le répondeur. J'avais cette habitude de ne pas répondre quand le numéro n'était pas enregistré dans mon téléphone. Ça évitait de tomber sur des démarcheurs et autres plates-formes téléphoniques. Après tout si c'était important ça laisserait un message et je rappellerais après.
Une pastille apparut sur l'écran de mon téléphone m'indiquant la présence d'un message vocal et je le lançais immédiatement.
Ah mes résultats de prise de sang !
Ma main se crispa sur l'appareil à mesure que le message se jouait et quand il se termina ma main lâcha prise le faisant s'écraser au sol. Mon corps était tétanisé et le message tournait en boucle dans ma tête. Encore et encore.
« Mademoiselle Swan, bonjour c'est le docteur Murray du laboratoire d'analyse. Je viens de recevoir vos résultats. Rassurez-vous, rien de grave. Je crois même que les félicitations sont de rigueur, vous êtes enceinte. Prenez rendez-vous avec votre gynécologue dès que possible. Bonne soirée. »
oOo
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire pas de vos réactions.
On se voit dans deux jours,
Prenez soin de vous et des gens que vous aimez.
Beclear.
