Hello tout le monde !

Comme d'habitude me voici pour vous livrer le chapitre numéro 4.

Merci pour vos Reviews et votre messages privés.

Bonne lecture à tous ;)


Disclaimer: Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.


*** Le jour où j'ai eu peur***


C'était une blague. C'était forcément ça, quelqu'un avait décidé de me jouer un mauvais tour. Il ne pouvait en être autrement.

Enceinte.

J'étais enceinte et j'allais avoir un enfant. Quel bordel...

Je ne sais pas combien de temps j'étais restée comme ça, plantée au milieu de mon salon, sans faire le moindre mouvement et je ne sais pas trop ce qui me fit reprendre conscience. A vrai dire j'étais dans une sorte d'état second. Autour de moi, tout était flou, vaporeux et c'est à peine si je pris le temps d'éteindre le gaz avant d'aller me déshabiller pour me glisser sous la douche, l'eau froide coulait sur moi mais pourtant je ne sentais rien. C'est tout aussi calmement que j'éteignis l'eau, me séchais avant d'enfiler un tee-shirt trois fois trop grand pour moi. Je faisais tout ça de façon mécanique, comme une routine bien huilée.

Et c'est dans mon lit que je finis par trouver refuge, dans la chaleur et la douceur de mes draps en coton. Mon cerveau semblait être comme déconnecté du monde extérieur alors que les mots résonnaient en boucle. Toujours les mêmes. Encore et encore.

...Félicitations...

...Rien de grave...

...Enceinte...

Alors que j'étais couchée sur le dos, la réalité me rattrapa. Les yeux me piquaient, mon cœur me faisait mal, atrocement mal et une larme glissa au coin de mon œil. Ce fut comme un signal de départ. Elle fut rapidement suivi par une seconde, une troisième puis un torrent de gouttes salées. Je fus obligée de me redresser contre la tête de lit pour parvenir à respirer un peu mieux. Mes poumons me brûlaient et j'avais l'impression d'étouffer, je n'arrivais pas à reprendre ma respiration, le souffle court. Ma vie partait en vrille, de façon chaotique et incontrôlable. J'avais fait une erreur, une seule erreur et j'en payais le prix fort. J'avais été inconscience, irresponsable et idiote. J'avais mis ma santé en danger et maintenant j'étais enceinte. Enceinte d'un homme que je ne connaissais pas, dont j'ignorais tout et que je n'allais probablement jamais revoir.

Qu'est-ce que j'allais faire ?

Et puis l'image de Mike apparut elle aussi. Et si c'était lui le père ? Putain ! Ce serait encore pire.

Une bouffée de chaleur me réchauffa momentanément et les battements de mon cœur devinrent erratiques. J'étais même pas foutue de savoir qui était le père de mon enfant. Si ce n'était pas pathétique... Dans un cas comme l'autre, la situation était foireuse et j'étais dans une merde pas possible. Mon cerveau fonctionnait à vitesse grand V essayant d'assimiler tout ça et je pus respirer un peu mieux en prenant conscience que ce bébé n'était certainement pas de Mike. Nous n'étions pas si actifs que ça et la dernière fois que je l'avais laissé me toucher remontait à des lustres et même si un déni de grossesse pouvait arriver, c'était peu probable.

Cette nuit-là, je n'étais pas parvenus à trouver le sommeil. J'étais restée allongée sur le dos dans mon lit, les yeux fixés sur le plafond dont j'avais compté chaque dalle, plusieurs fois. Mon téléphone portable avait sonné quelques fois, annonçant appels et SMS mais je n'avais pas été le chercher.


oOo


Quand le soleil s'était levé j'étais sortis de mon lit et j'avais enfilé les premiers vêtements à portée de main. Dans le salon, mon téléphone sonna une nouvelle fois et je le pris. J'avais trois appels en absences et cinq SMS. Tous de la part d'Edward. Je ne pris pas la peine de les lire ni de répondre. Je bus un verre de jus d'orange et sortis de chez moi et me mis à marcher. Je n'avais pas de destination précise en tête mais je me mis à marcher toujours plus loin, sans jamais m'arrêter et puis, au bout d'un moment, je fis demi-tour pour reprendre mon chemin en sens inverse.

Je devais marcher depuis une bonne heure, peut-être plus ou peut-être moins, quand mon prénom fut crier par quelqu'un dans la rue. Je ne pris pas la peine de m'arrêter et poursuivis mon chemin. Je vis un parc un peu plus long devant et après avoir repéré un banc libre, je m'y assis le regard droit devant moi. Le vent giflait mes joues, tiraillait ma peau mais c'était sans importance. La même question tournait en boucle : Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?

Plus j'y pensais et moins j'y voyais clair. Mes yeux commençaient à se remplir d'eau et avant d'avoir pu faire quoi que ce soit pour les retenir, les larmes dégringolaient sur mes joues. Encore. Une main se posa sur mon épaule me faisant sursauter. Edward se tenait devant moi, emmitouflé dans son manteau, une grosse écharpe en laine autour du cou. Une de ses mains caressa ma peau mouillée, il releva ma tête m'obligeant à le regarder dans les yeux. L'inquiétude habitait son regard et il m'attira à lui, me serra dans ses bras sans parler. Il me fit me lever et avant même que je ne comprenne ce qui m'arrivait, nous étions chez lui. Il retira son manteau, m'enleva mon sweat à capuche et mes baskets et m'enroula dans une grosse couverture en laine à motif patchwork. Ma tête me paraissait lourde et quelques minutes plus tard, je m'endormis sur son canapé, la tête posée sur le dossier, entourée de chaleur.


oOo


En me réveillant, j'étais allongée dans un lit et je mis quelques secondes avant de me souvenir où j'étais. Edward était accoudé au montant de la porte et m'observait en silence.

- Bien dormi ?

- C'était parfait merci, répondis en tournant la tête vers la table de chevet et le réveil qui s'y trouvait

Celui-ci annonçait onze heures treize et je fis un bond dans le lit.

- Merde ! Il est si tard que ça ? J'ai dormi pendant combien de temps ? paniquais-je

- Presque trois heures et sans te vexer, vu ta tête, tu en avais besoin.

- Bordel, je devrais être au bar depuis un bout de temps.

Mes mains palpèrent mon corps à la recherche de mon téléphone avant de me rendre compte que j'étais partis sans. Edward sembla comprendre ce que je cherchais et me tendis le sien. Après avoir eu Angela au téléphone et lui avoir dit que je serais bientôt là, je décidais de quitter à regret son lit et le froid m'assaillit immédiatement.

- Désolée pour ça, dis-je en montrant le dit lit de la main, Tu devrais être au travail et moi je t'en empêche.

- Tu veux rire ? Entre passer une matinée au boulot sur des dossiers prise de tête et rester ici avec toi dans mon lit, le choix est vite fait.

- Dans ton lit, hein ?

- Merde ! Quel con. Je ne disais pas ça comme ça, rougit-il gêné

- J'avais compris, le rassurais-je, Je vais y aller. Je devrais déjà être au boulot.

Je fis un pas pour sortir de la pièce mais il attrapa mon bras et me retint.

- Bella... Est-ce que tout va bien ?

- Bien sûr.

Oui enfin si on met de côté le fait d'avoir failli chopper une maladie vénérienne et surtout que je sois enceinte.

- Sérieusement ? Parce que ce que j'ai vu tout à l'heure n'en donnait pas l'air.

- Je vais bien. Ne t'inquiète pas. C'est juste un peu de fatigue. Les journées sont longues et j'ai passé une nuit blanche alors ça n'arrange pas le truc.

- Tu es sûre ?

- Certaine. Une bonne nuit de sommeil et le problème sera réglé.

- D'accord, accepta-t-il

Je voyais parfaitement qu'il ne semblait pas être convaincu par mon explication mais il se contenta de ça. Après avoir rassemblé mes affaires et m'être une nouvelle fois excusé auprès de lui, je partis direction le bar pour travailler. J'avais déjà loupé une matinée et être le patron n'était pas une circonstance atténuante pour moi. Je me devais de donner l'exemple et de prendre mon job au sérieux.

Je finis par arriver peu avant midi et je vis tout de suite qu'Angela semblait inquiète elle aussi. Décidément c'était le maître-mot en ce moment. Il faut dire que depuis un an qu'elle est là, c'est à peine si j'avais loupé deux ou trois jours de boulot et seulement parce que j'avais attrapé un méchant virus et que j'étais clouer au lit.

Elle profita du fait que j'étais dans mon bureau pour venir me parler.

- Bella ? Tout va bien ? Vous ne semblez vraiment pas au top. Si vraiment vous ne vous sentez pas bien, on peut gérer tous seuls pour le reste de l'après-midi.

- Merci Angie. Ça va aller, répondis-je en tentant un sourire pour la rassurer

J'avais un peu l'impression d'être un disque rayé qui repassait toujours le même passage d'une chanson. Mais c'est vrai que j'étais un peu à côté de mes pompes. Les trois heures de sommeil que j'avais eu chez Edward n'étaient clairement pas suffisantes pour me faire fonctionner correctement. Ça et toutes choses qui parasitaient mon cerveau me menaient doucement à la catastrophe.

Après m'être mis une gifle mentale, je mis les pieds en réserve pour continuer le rangement que j'avais commencé depuis quelques temps déjà mais après avoir fait tomber deux bouteilles, trois verres et m'être cogné violemment à une étagère, je finis par laisser tomber avant de faire exploser l'immeuble. J'allais encore me découvrir des bleus de partout. Avec ma peau presque translucide c'était impossible autrement.

- Bella ?

Ben se tenait devant moi, mes affaires dans les mains.

- Rentrez vous allonger d'accord ?

- Vous êtes sûrs que vous allez gérer ?

- Tout ira bien. Au moindre problème vous êtes juste en haut. Paul et Seth seront là d'ici deux ou trois heures de toute façon.

Angela m'accompagna même jusqu'à mon appartement. C'est à ce moment précis que je rendis compte de la chance que j'avais de les avoir. Après s'être assurée que ça allait, elle partit et moi, je m'écroulais sur mon canapé et m'endormis à peine couchée.


oOo


Ce sont des coups contre ma porte d'entrée qui me réveillèrent un peu plus tard et en l'ouvrant je fus surprise d'y trouver Paul.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème en bas ? paniquais-je

- Non, j'ai laissé la boutique à Seth le temps de monter. Je peux ? demanda-t-il en me montrant l'intérieur

Je lui fis signe de me suivre et partis me servir une tasse de chocolat chaud.

- Angela m'a dit que ça n'allait pas fort aujourd'hui... Les petits jeunes étaient plutôt inquiets.

- Je leur ai dit que ça allait pourtant.

- Parce que tu penses qu'ils vont te croire ? Et à moi, tu comptes me dire ce qui se passe ou tu vas me sortir le même baratin?

- Il ne se passe rien du tout, juste un coup de fatigue.

- Et tu penses sérieusement que moi je vais te croire ? Je te connais depuis plus de cinq ans et tu as toujours eu une santé de fer. Les rares fois où tu es tombée malade se comptent sur les doigts d'une main alors tu racontes tes conneries à qui tu veux mais pas à moi, ok ?

Je lâchais un long soupir de frustration, de dépit et de fatigue. J'avais été assez conne pour penser que personne ne remarquerait mon changement d'attitude et d'humeur mais Paul avait des yeux partout et ce n'était pas franchement étonnant qu'il ne se laisse par berner. Il faisait partie des gens qui me connaissaient le mieux et était un peu la version féminine d'Alice. Pas sûr qu'il apprécie d'être comparé à un lutin sous acide. J'avais même tendance à plus me confier à lui d'ailleurs. Tous les deux, ils étaient la représentation parfaite de l'ange et du démon que les personnages de dessins animés ont sur leurs épaules. Alice était géniale pour tout ce qui était sortie et détente mais niveau confiance, elle était incapable de garder un secret ou d'être un tant soit peu discrète alors que je pouvais confier absolument tout à son double masculin qui était bien souvent de bon conseil. Mais je n'étais pas franchement prête à parler de LA situation pour le moment. Tout simplement parce que moi-même je ne savais plus où j'en étais.

Trop de questions et pas assez de réponses. Et puis la dernière chose dont j'avais besoin c'est d'avoir Alice dans tous ses états à hurler au monde l'arrivée d'un bébé.

- Tu sais bien que tu peux tout me dire, non ?

- Bien sûr que je le sais, murmurais-je, C'est juste que moi-même je ne sais plus où j'en suis.

- C'est Edward ? Il s'est passé un truc ? Parce que la dernière fois que je vous ai vous ça avait l'air d'aller, non ?

- Pff...

- Écoutes, je veux pas te forcer. Si tu veux pas m'en parler c'est ok pour moi. Juste, est-ce que c'est quelque chose de grave ? Un cancer ou un truc dans le genre ?

Un truc grave ? Si j'écoutais mon médecin, c'était même une très bonne nouvelle. Pour moi c'était plus compliqué que ça... Tellement plus compliqué.

- Non. Ce n'est pas un problème de santé et ce n'est pas directement lié à Edward non plus.

- D'accord. Quand tu te sentiras prête à en parler, je serais là. N'hésite pas si tu as besoin. dit-il en embrassant mon front avant de quitter mon appartement pour retourner travailler.

Et moi je me mis à gamberger. Il allait falloir que je prenne rendez-vous avec mon gynécologue pour savoir un peu près où j'en étais dans cette grossesse même si j'avais une petite idée de la date de conception.

Cette fameuse soirée de débauche avec ce parfait inconnu en cuir vert.

Il allait aussi falloir que je pense à mes options. Étais-je prête à avoir cet enfant ?Quels étaient les pour et les contre ? Devais-je envisager l'avortement ? En étais-je seulement capable ? Faire partir cet enfant et ensuite retourner à ma vie tranquillement comme-ci rien n'était arrivé. Le seul moyen de parvenir à y voir plus clair et pouvoir faire un choix était de voir un médecin. Ainsi à la première heure le lendemain matin, je téléphonais à mon gynécologue et obtins un rendez-vous pour l'après-midi même.

oOo

J'étais assise sur une chaise dans la salle d'attente du cabinet médical et j'avais le cœur au bord des lèvres. La nausée n'était pas loin et je devais me faire violence pour garder mon calme et ne pas m'enfuir de la pièce. J'étais morte de trouille. Mon téléphone sonna et afficha un SMS d'Edward. Le huitième depuis hier matin. J'avais essayé de lui répondre mais je n'avais pas su quoi lui dire alors je n'avais pas répondu. Je savais que mon comportement envers lui n'était pas juste mais pour le moment mes priorités étaient ailleurs.

- Nerveuse ? me demanda une femme à ma gauche

- Pardon ?

- Vous semblez nerveuse.

- Je le suis, entre autres choses, répondis-je

Elle tapota ma jambe en signe de réconfort.

- Respirez. Vous verrez tout ira bien.

- J'aimerais tellement vous croire.

Le médecin entra dans la pièce et appela mon nom. Je le suivis et il m'indiqua la chaise en face de son bureau de la main.

-Alors qu'est ce qui vous amène ? Nous nous sommes vu il y a quoi... Deux ou trois mois il me semble quand je vous ai posé votre implant, non ?

- Il semblerait que je sois enceinte.

- Bien. On va regarder ça alors.

Il m'invita à passer dans la pièce adjacente où se trouvait la table d'occultation et tout un tas d'autres appareils médicaux. Il me posa tout un tas de questions et voulut savoir pourquoi je pensais être enceinte. Je me mis à tout lui rencontre et à lui aussi je tins le même discours, celui d'un préservatif qui se déchire et du traitement d'urgence que j'ai eu à prendre pendant un mois. Des analyses qui étaient revenues négatives puis de la prise de sang que mon médecin traitant m'avait fait faire et des résultats surprenants qui étaient revenus.

J'avais été sous pilule contraceptive pendant plus de sept ans, je l'avais toujours prise religieusement et puis il y a deux mois et demi, j'étais passé à l'implant contraceptif pour plus de praticité. C'était l'un des moyens de contraception les plus fiables mais bien évidemment, avec ma chance, il fallait que je fasse partie de ces 2% qui tombent enceintes avec cette méthode.

A aucun moment, je n'avais cru pouvoir tomber enceinte et c'était quelque chose d'impensable pour moi, seulement la preuve était visible sur l'écran. Cette petite tâche grisâtre sur fond noir ne laissait plus de place au doute. J'étais belle et bien enceinte. Il estima le début de ma grossesse à environ cinq semaines et me dit que tout semblait aller bien pour le moment. Il était aussi perplexe que moi quand à la possibilité de cette grossesse et avait décidé d'y regarder d'un peu plus près une fois mon implant retiré, suspectant un dysfonctionnement.

- Isabella, vous vous sentez bien ? Vous êtes vraiment pâle.

- Oui. Je dois juste me faire à la nouvelle. Ce n'était pas franchement prévu à vrai dire... Je ne sais pas quoi faire, murmurais-je, J'ai pensé aux différentes options mais...

- Voici quelques dépliants qui pourraient vous aider alors, dit-il en me tendant une pile de papiers, Lisez-les à tête reposée et on en discutera la semaine prochaine quand vous viendrez pour que je vous retire votre implant d'accord ?

Je repartis du rendez-vous avec un sentiment bizarre dans les tripes. Il fallait que j'en parle à quelqu'un. J'étais resté silencieuse trop longtemps. Me saisissant de mon téléphone, j'écrivis un rapide message à Paul pour lui demander de venir un peu plus tôt au bar. Je ne faisais confiance qu'a très peu de personnes et je savais que je pouvais tout lui dire. J'en parlerais à Alice plus tard, quand j'aurais fait le point, quand j'y verrais un peu plus clair et quand je saurais ce que j'allais faire. Je savais très bien qu'elle serait extatique et qu'elle allait sauter partout prévoyant déjà la chambre, les vêtements et tout un tas d'autres choses, convaincue que c'était la meilleure nouvelle du monde. Mais c'était tellement plus compliqué.


oOo


Aux alentours de dix-sept heures trente, Paul apparut dans le bar et vint directement à ma rencontre pour me serrer dans ses bras avant de me pousser vers le bureau. Il nous dirigea vers le canapé et une fois installés il attendit simplement que je parle. Les mots restaient coincés dans ma gorge et refusaient de sortir.

- Bella ? Tout va bien ?

- Si tu savais à quel point tout ne va pas bien en ce moment Paul... J'ai l'impression de vivre dans un monde parallèle.

- Et bien, raconte-moi.

Sa main était sur mon genou m'encourageant à parler.

- À la soirée chez Alice, pour le jour de l'an, j'ai couché avec quelqu'un, commençais-je

- D'accord...

- On n'a pas mis de préservatif et j'ai dû prendre un traitement préventif pour le VIH pendant un mois.

- Bordel Bella ! jura-t-il

- Je sais, crois-moi je ne suis pas fière de moi.

- Mais tu va bien, hein ?

- Oui, toutes les analyses sont revenues négatives.

- Dieu soit loué ! Mon Dieu, je comprends que ça puisse te remuer mais tu auras du m'en parler ma belle. Tu n'avais pas à vivre ça toute seule, on aurait...

- Je suis enceinte, lâchais-je de façon soudaine le coupant

Il me regardait la bouche grande ouverte.

- De ce même mec ?

- Bien sûr du même mec ! Contrairement à ce que tu penses, ma vie sexuelle n'est pas si active que ça.

- Et tu vas faire quoi ?

- Je ne sais pas. J'ai besoin d'y réfléchir, répondis-je en lui montrant les fascicules sur le bureau

- Et avec le père ?

- Je ne sais pas qui c'est.

- Comment ça tu sais pas qui c'est ?

- Je te rappelle que c'était une soirée costumée. Et puis tout s'est passé tellement vite qu'on n'a pas vraiment eu le temps de se raconter nos vies. Tout ce que je sais c'est qu'il est blond aux yeux bleus et qu'il a un corps de rêve.

- Ouais comme un peu après un quart de la population mondiale. C'est sûr que ça va vachement t'aider ça, fit-il acerbe

- Putain, Paul ! Tu ne m'aide pas vraiment là.

- Désolé... Mais admets que j'ai raison.

- Je sais, soupirais-je

- Écoutes, pour le moment le plus important c'est de te reposer, tu as franchement l'air au bout du rouleau alors il va falloir que tu prennes un peu plus soin de toi, tu n'es plus toute seule. Ensuite, il va falloir que tu choisisses ce que tu veux faire par rapport au bébé. Pour ce qui est du père ça peut attendre quelques temps. Pense à toi d'abord ma belle.

- Oui, papa.

- Bordel, arrête de te foutre de moi. Sans rire Bella, il va falloir que tu te poses et que tu réfléchisses vraiment à ce qui va se passer par la suite.

- Il y a tellement de choses à prendre en compte. Tellement de choix possibles que... Qu'est-ce que je dois faire ? demandais-je perdue, Le garder, avorter, accoucher sous X ou faire appel à une agence d'adoption ? Tu connais mon histoire Paul et …

- Tout va bien se passer, tu verras, me rassura-t-il en me serrant dans ses bras

Mon téléphone posé sur le bureau un peu plus loin vibra une nouvelle fois. Je le pris et vis qu'Edward m'avait envoyé un nouveau message. Paul me lança un regard lourd de sens.

- Tu ne réponds pas ?

- Pour lui dire quoi ?

- Et bien pour commencer tu pourrais lui dire que tu es toujours vivante et que tu va bien parce que si j'en crois son message, tu fais la morte depuis un moment. Il va finir par débarquer ici et là ça sera encore moins facile pour toi.

C'est vrai que le message laissait transparaître une légère panique.

D'Edward : Bella, est-ce que tout va bien ? Tu ne réponds plus à mes messages et mes appels. Je commence à m'inquiéter. Réponds-moi s'il te plaît. Edward.

Je lui fis alors parvenir une réponse rapide et courte.

De Bella : Je vais bien. On se parle plus tard. Bella.

- Wow, tu aurais dû être encore plus sèche et cassante.

- S'il te plaît n'en rajoute pas une couche. Je sais que je suis monstrueuse avec lui mais je suis censée faire quoi ?

- Être aimable avec lui serait un bon début, tu ne penses pas ?

- J'y penserais à l'avenir.

- C'est un gars bien tu sais ?

- Oui, j'ai pu m'en apercevoir mais je n'avais pas prévu d'être enceinte quand je l'ai rencontré et puis ce n'est pas comme-ci on était vraiment quelque chose l'un pour l'autre. On s'est vu deux fois, bon d'accord trois avec l'autre matin, alors c'était sympa mais j'ai autre chose à laquelle penser en ce moment.

- Ou tu pourrais lui en parler.

- Pour lui dire quoi ? « Au fait Edward...Surprise, je suis enceinte ! D'un autre homme dont je ne sais rien mais ce n'est pas grave parce qu'on va l'élever ensemble et ça va être super. », crachais-je, Je le connais à peine, on s'est embrassé une fois ce n'est pas comme-ci c'était sérieux être nous.

C'est quelque chose qui me tracassait depuis deux jours. Je ne me voyais pas lui imposer cette situation, lui imposer un bébé qui n'est pas le sien. C'était mon erreur et ma responsabilité. Je le connaissais depuis deux ou trois semaines à tout casser et il ne fallait pas se leurrer. Je serai idiote de penser qu'il accepterait la situation avec un grand sourire. Et d'ailleurs, je n'avais pas le droit de lui demander de le faire. Alors la marche à suivre était toute décidée. J'allais prendre mes distances vis-à-vis d'Edward et chacun reprendrait sa vie comme avant.

Après notre conversation, Paul me jeta dehors et m'ordonna de monter chez moi et de dormir pour revenir d'attaque demain. Ce soir-là, je me mis sur mon canapé les dépliants étalés sur ma table basse. Je me mis à les lire les uns après les autres étudiant avec attention tout ce qui y était marqué, emmagasinant le plus d'information possible. Je fis une pause le temps de manger et repris où je m'en étais arrêté.

À la fin de la soirée, mon choix était plus ou moins fait. J'avais d'abord pensé à l'avortement mais j'étais rapidement arrivée à la conclusion que je serais probablement incapable de reprendre ma vie après ça. Cette solution me mettait vraiment mal à l'aise et j'avais cette sensation désagréable à l'intérieur de moi, presque viscérale qui me fit la rejeter presque immédiatement.
L'adoption n'était pas non plus une option envisageable pour moi. Peu de personnes le savaient mais j'étais moi-même une enfant adoptée. J'avais été recueillie presque tout de suite après ma naissance par mes parents adoptifs : Charlie et Renée Swan.

L'adoption était parfois la meilleure solution et évitait souvent tout un tas de drame mais j'avais tellement mal vécu à l'adolescence le fait d'être une enfant adoptée, de ne pas connaître mes racines et d'avoir l'impression d'être une pièce rapportée, que je ne pouvais pas concevoir que mon enfant puisse un jour ressentir un tel mal-être.C'était plutôt ironique de voir que j'avais pendant un court instant penser reproduire le même schéma que ma mère biologique. D'ailleurs avait-elle eu autant de mal que moi à faire son choix ? Ou bien avait-il été plus facile à faire ? Avait-elle seulement hésité avant de me confier à l'assistance publique ?

Plus j'y pensais et plus je me disais que je pouvais offrir une belle vie à cet enfant, que j'en étais capable. Je n'étais pas dans le besoin, j'avais un emploi stable et l'argent n'était pas vraiment un problème. Rien ne faisait vraiment obstacle au fait de garder et d'élever cet enfant. Alors oui, peut-être qu'être une mère célibataire n'était pas le contexte familial idéal mais d'autres l'avaient fait avant moi et ce n'était pas impossible à faire.

Alors la solution m'apparut comme évidente, j'allais garder ce bébé. J'allais en prendre soin et j'allais essayer de lui donner la meilleure vie et le meilleur avenir possible. Et tant pis si je devais le faire seule. Tant pis si ça me condamnait à la solitude, aux regards curieux et réprobateurs des gens bien-pensants.

J'étais prête à faire face, j'allais faire face.


oOo


Voici pour ce nouveau chapitre.

J'attends vos retour avec impatience par reviews ou messages. Je vous répondrai avec grand plaisir.

On se dis à dans deux jours. En attendant comme toujours, prenez soin de vous.

Beclear.