Bonjour tout le monde !
Vous êtes prêts pour ce nouveau chapitre ? Chapitre qui d'ailleurs traite d'une des premières scènes qui me soit venu à l'esprit quand j'ai commencer à écrire cette histoire.
Une nouvelle fois merci à vous qui prenez de votre temps pour passer par ici, que vous le fassiez savoir ou non.
Bonne lecture à tous ;)
Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de SM.
*** Le jour où je lui en ai voulu***
Le lendemain matin, en me levant j'étais beaucoup plus sereine. La chape de plomb qui recouvrait mes épaules depuis maintenant plus d'un mois avait pratiquement disparu. J'avais toujours peur, j'étais même carrément terrifiée mais maintenant ce n'était plus pour les mêmes raisons.
Au début c'était parce que j'étais perdue. Tout s'était mis à changer, à devenir surréaliste et je n'avais plus aucun contrôle sur ma vie.
Mais à présent, c'était la peur légitime que l'on ressens quand l'on apprends que l'on va devenir parent.
J'avais déjà pensé à avoir des enfants, c'est une question que tout le monde se pose au moins une fois dans sa vie. Élever un enfant, c'est en théorie la suite logique de toute relation de couple même si ce n'est pas une absolue nécessité. Certaines personnes n'en ressentent pas le besoin et mènent une vie totalement épanouissante sans pour autant avoir d'enfant.
Pour ma part, je me suis toujours dit que j'en aurais à un moment ou un autre de ma vie, quand je serais prête autant sentimentalement que professionnellement. Est-ce que j'étais prête ? Pas vraiment. Mais est-ce que j'allais relever le défi ? Absolument.
Pour moi, l'instinct maternel, contrairement à la pensée collective, n'est pas inné mais plutôt quelque chose que l'on acquiert avec le temps et la pratique.
Alors comment être sûre d'y parvenir ? J'avais de plus en plus d'affection pour ce petit être et j'étais effrayée à l'idée de mal m'y prendre avec cet enfant, de mal faire et plus précisément d'être une mauvaise mère. Alors certes, j'avais peur mais... C'était de la bonne peur, celle qui vous fait avancer, celle qui vous rend meilleur et qui vous pousse à donner le meilleur de vous sans cesse.
oOo
Maintenant que tout semblait se tasser et rentrer dans l'ordre, j'avais décidé d'en parler à Alice. Elle était ma meilleure amie et je savais que malgré son caractère un brin tyrannique et hystérique elle écouterait mon récit.
Ce soir, c'était le début du weekend et j'avais donc prévu de passer chez Alice et Jasper. La journée au bar passa étonnamment vite et peu après dix-huit heures, je pris ma voiture et partis en direction de chez mon amie.
- Eh Bella ! Qu'est-ce que tu fais là ? On devait se voir ? me demanda-t-elle surprise de me voir à sa porte
- Non. On peut parler ou tu es occupée ?
- Vas-y entre. Jazz n'est pas prêt de rentrer de toute façon. Tu veux boire quelque chose ? Je viens d'ouvrir une bouteille de vin.
Je déclinais le verre d'alcool, demandant plutôt un simple verre d'eau et pris place sur un des tabourets de la cuisine en face d'elle.
- Alors ? Tu voulais qu'on parle de quoi ?
Après y avoir beaucoup réfléchis j'avais fini par me mettre d'accord pour lui annoncer de but en blanc. Sans aucun détour ni devinette, de manière franche. J'avais déjà gardé le silence pendant trop longtemps à mon goût. Son caractère ne m'aidait pas vraiment à lui faire des confessions, et il y avait certains aspects de ma vie dont elle ne savait rien, mais elle restait ma meilleure amie. Celle qui me connaît sans doute le mieux, celle dont le soutien et l'aide étaient le plus important à mes yeux.
- Je suis enceinte, avouais-je
- Que... Quoi ?! OH MON DIEU ! hurla-t-elle, J'y crois pas... Mais enfin... Mais comment ? bafouilla-t-elle
- Alice, tu sais très bien comment... Compte pas sur moi pour te faire un cours d'éducation sexuelle.
- Ouais enfin je sais bien comment on fait pour tomber enceinte mais... mais... tu aurais pu me dire que tu voyais quelqu'un ! J'y crois pas, tu ne m'a rien dit. Tu aurais du me le dire ça m'aurait évité de me ridiculiser devant Edward au dîner.
- Non... Non, je n'ai personne, enfin pas vraiment.
- Comment ça pas vraiment ? Bordel, ce que tu peux être cryptique parfois, bougonna-t-elle
- Bon d'accord, il se peut que moi et Edward nous soyons vu deux ou trois fois ces dernières semaines.
- Bon Dieu! Bah dites donc vous faites pas les choses à moitié vous deux. Vous êtes de sacrés coquins, dit-elle d'un regard complice et légèrement graveleux
- Mais ce n'est pas lui le père !
- Bah alors c'est qui ?
- J'en sais rien.
- Comment ça t'en sais rien ?! Comment tu peux ne pas savoir ? Bella, sérieusement je fais des efforts mais je commence à être larguée là.
- Hum... Et bien peut-être parce que ça s'est passé à ta soirée costumée et qu'on n'a pas vraiment eu l'occasion de parler de nous à ce moment-là.
- Je veux bien te croire, fit-elle acerbe, Donc alors pour faire court, tu es enceinte d'un homme dont tu ne sais absolument rien et tu fricote avec Edward mais il n'est pas le père de ce bébé. Et bah dis donc... Oh mais c'était toi ! Cria t-elle, C'était vous deux dans la chambre d'ami ! continua t-elle comme frapper par un éclair de génie
- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression d'être la pire débauchée de tout l'état ? soufflais-je
Elle fit le tour de l'îlot de la cuisine et vint se poster à côté de moi.
- Débauchée n'est clairement pas un des qualificatifs que j'aurais utilisé pour parler de toi. Vraiment pas. Tu es même tout sauf débauchée, tu es la personne la plus réfléchie et la plus intelligente que je connaisse.
- Merci.
Elle frictionna tendrement mes épaules et se mit sur le tabouret à côté de moi.
- Enceinte alors, hein ? Tu sais déjà ce que tu vas faire ?
- Je vais le garder. J'y ai pensé pratiquement jour et nuit pendant deux jours. Je ne me voyais pas avorter et l'adoption c'est juste...
- Impossible, compléta-t-elle ma phrase en souriant
- Ouais.
- Et pour le père ? Tu sais quoi de lui ?
- Juste qu'il est blond aux yeux bleus, qu'il a des abdos en béton et qu'il était déguisé en une sorte de robin des bois sexy. Oh et accessoirement qu'il est doué au lit mais je ne pense pas que ça ai un quelconque intérêt pour le retrouver.
- Pour le retrouver non mais pour satisfaire ma curiosité c'est crucial, rigola t-elle
- Alice... soupirais-je en souriant
- Pardon, pardon. Ouais, plutôt restreint comme critères de recherche mais je vais faire ma petite enquête. Je dois avoir une liste de toutes les personnes invitées ce soir-là alors je vais y jeter un œil. J'aurais qu'à leur faire croire que je veux leur envoyer les photos de la soirée sur lesquelles ils sont et j'en profiterai pour leur demander en quoi chacun était déguisé, m 'expliqua t-elle fière de son plan, Et alors avec Edward ?
- On s'est vu deux fois et il m'a embrassé mais...
- Tu vas devoir le mettre au courant, tu sais.
- Non. Je ne vais pas le faire.
- Mais pourquoi ?! s'écria-t-elle, Tu sais à un moment ça va forcément se voir. Tu ne vas pas pouvoir lui cacher bien longtemps. Plus tu attendras et moins bien il le prendra.
- Alice... Je sais même pas ce qu'on est lui et moi. Ce n'est pas ce qu'on peut appeler une relation sérieuse ni même une relation tout court. On est même pas des amis.
- Et tu vas faire quoi ?
- J'ai décidé de stopper ce...truc entre nous, quoique se soit. Je vais passer chez lui en repartant pour lui dire.
Elle fit une grimace.
- Je pense que tu devrais lui en parler, Edward est un gars bien. Regardes, j'ai même pas réussi à le traumatiser après deux repas à la maison, plaisanta-t-elle. J'ai peur que tu passes à côté de quelque chose de super avec lui. Tu es vraiment sûre de toi sur ce coup-là ?
- Non, je ne suis sûre de rien, mais c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Pour tout le monde.
J'avais fait promettre à Alice de garder toute cette histoire pour elle au moins pour quelques temps. Elle m'avait juré de n'en parler à personne, même pas à Jazz, et de se montrer discrète pendant ses recherches.
Une heure plus tard j'étais de nouveau dans ma voiture mais cette fois-ci en direction de chez Edward. J'étais franchement nerveuse une fois en bas de son immeuble. Je ne savais pas trop comment j'allais m'y prendre mais je savais que c'était ce que je devais faire. Après avoir appuyé sur le bouton de l'interphone, celui-ci crépita et sa voix se fit entendre.
- Oui ?
- Bonsoir, c'est Bella. Je peux monter ?
La porte fut déverrouillée et je pus entrer dans le hall. Mon cœur battait de plus en plus vite à mesure que l'ascenseur montait dans les étages. Il me fallut une éternité avant que je ne me décide à frapper à sa porte et il lui fallut une demi-seconde pour ouvrir celle-ci. Un immense sourire barrait son visage et la sensation de malaise en moi grandit encore un peu plus.
- Salut, murmurais-je
- Salut.
- Tu as cinq minutes ?
- Bien sûr. Entre.
- Merci.
Il se décala et me laissa pénétrait dans le salon.
- Tout va bien ? Tu n'as pas répondu à mes SMS alors...
- Ouais je sais. Je... Je voulais te parler de ça justement.
- Oh ! fit-il surpris
- Écoutes, je... Je pense que toi et moi on ne devrait pas se revoir.
- D'accord...Mais pourquoi ? Je veux dire on s'entend bien et l'autre soir... Tu m'as embrasser toi aussi. Tu m'as rendu mon baiser alors...
- C'était parfait, vraiment parfait et je t'apprécie beaucoup Edward mais je ne pense pas que je sois prête à m'investir dans une relation avec quelqu'un en ce moment. Je suis désolée, expliquais-je
- Je comprends...murmura-t-il comme sonné par ce que je venais de lui dire
- Je ne vais pas te déranger plus longtemps. Prends soin de toi.
Je fis un pas vers lui et lui fit un baiser sur la joue avant de le laisser seul dans le salon. Toute cette situation avec Edward me brisait le cœur. Si j'écoutais mon cœur, j'aurais pris mon courage à deux mains et lui aurait tout dit en priant très fort pour qu'il veuille de moi et de cet enfant à naître. Seulement, je savais très bien qu'il en résulterait un rejet de sa part et je n'étais pas sûre de pouvoir faire face à ça alors je me protégeais en l'éloignant de moi. Ce qui était un peu absurde parce que par peur d'être rejeté et de souffrir, je m'imposais la solitude et la souffrance.
Quelle logique imparable, Swan...
Dans d'autres circonstances j'aurais adoré avoir un homme comme lui dans ma vie. Nous serions sorti dîner au restaurant et nous aurions été au cinéma. On aurait appris à se connaître et ça aurait même pu fonctionner entre nous mais c'était juste par le bon moment. J'avais l'impression de faire la plus grosse erreur de ma vie, encore plus grosse que coucher avec un étranger, mais je ne pouvais tout simplement pas exiger quoi que ce soit de lui. Je n'avais pas besoin d'Alice pour m'en rendre compte, je le savais déjà depuis le moment où j'en été venu à la conclusion qu'il fallait tout cesser.
- En fait non je ne comprends pas. Mais tu sais, je ne suis pas aveugle, Bella.
Sa voix me fit m'arrêter alors que j'arrivais à la porte d'entrée et me fit me retourner pour le regarder.
- Je n'ai rien dit par politesse, parce que tu as affirmer que tout allait bien mais j'ai bien vu que quelque chose se passait et je sais que c'est assez grave pour te bouleverser au point que tu te retrouves dans un parc à l'opposé de chez toi, complètement amorphe à huit heures du matin. J'ai remarquer ton brusque changement de comportement et je sais que c'est lier à ce qui se passe dans ta vie en ce moment. Je ne suis pas un imbécile.
- Je...Je suis...Bonne soirée, Edward, éludais-je en secouant la tête
Je repris mon chemin et sortis de chez lui. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine à un rythme infernal et résonnait dans ma tête. En arrivant chez moi j'étais plus que démoralisée. Edward avait su faire naître en moi ce sentiment de quiétude que je n'avais pas ressenti depuis de nombreuses années et maintenant j'avais l'impression d'être en pleine tempête, malmenée plus que jamais.
Mon téléphone bipa affichant un nouveau message d'Alice.
D'Alice : J'ai commencé les recherches et j'ai déjà pu éliminer les trois quarts des invités. J'ai enlevé les femmes et ceux qui ne correspondent pas à ta description. Me restent une trentaine de personnes à contacter.
De Bella : Une trentaine ? Mais tu avais invité combien de personnes au juste ?
D'Alice : Près d'une centaine mais certains ne sont pas venus. Et dire que tu aurais pu rencontrer Edward ce soir-là...
De Bella : Edward ? Il était là ?
D'Alice : Non. Il était invité mais il a eu un empêchement de dernier minute et il n'a pas pu venir. Au fait, ça à donner quoi avec lui ?
De Bella : Pas grand-chose. Un moment pénible pour lui comme pour moi mais c'était nécessaire.
D'Alice : Tout va s'arranger. Laisse-toi du temps.
De Bella : T'es la meilleure. Bonne nuit.
oOo
Oublier et rester loin d'Edward fut bien plus dur que ce que j'avais prévu. En si peu de temps il était parvenu à se faire une place dans ma vie et certaines de nos petites habitudes étaient encore tenaces. Les premiers jours avaient été les plus éprouvants.
J'avais pris l'habitude de lui écrire un message dès mon réveil le matin, puis un autre pendant la pause du midi puis nous discutions souvent et longtemps le soir. À plusieurs reprises, j'avais attrapé mon téléphone et avais commencé à écrire quelque chose avant de me stopper et d'effacer ce que j'avais écrit quand je m'étais souvenu de la nécessité de ne pas le faire.
Les recherches d'Alice suivaient leur cour mais ne donnaient rien de probant. Il lui restait sept personnes possibles et qui ne lui avaient pas encore répondu, alors nous attendions patiemment. J'étais assez étonnée par le sérieux et le calme dont elle faisait preuve avec toute cette histoire. Elle semblait même réussir à garder ça secret, une première pour elle, et j'en étais plus que soulagée. Je ne sais pas trop ce que je ferrais si ça venait à s'ébruiter avant que l'on ait réussi à retrouver le père. Qui que ce soit, il méritait tout de même d'être informé avant tout autre personne. Bon d'accord, j'avais mis Paul et Alice au courant mais j'avais eu besoin d'eux à moment ou à un autre. Je ne voulais tout simplement pas que toute la ville soit au courant avant le principal intéressé. C'est tout.
Ce matin, j'avais rendez-vous chez mon gynécologue pour me faire retirer ce traître d'implant contraceptif puis je devais rejoindre Alice pour que l'on déjeune ensemble avant d'aller bosser en début d'après-midi. Le rendez-vous fut plutôt rapide et le docteur Jefferson en profita pour aborder avec moi le sujet de la poursuite de ma grossesse. Il avait parfaitement vu mon hésitation la semaine précédente et me trouva plus reposée et en meilleure forme. Il me programma un nouveau rendez-vous le mois prochain pour le contrôle mensuel de ma grossesse et je pus repartir.
D'Alice : Rejoint moi au cabinet de Jazz. J'ai dû lui apporter un de ces dossiers. À tout à l'heure.
Je n'étais pas franchement ravie de ce changement de programme parce que je savais qu'il y avait de grandes chances que je tombe sur Edward en y allant et j'avais peur de la manière dont je pourrais réagir en le voyant. Il me manquait, terriblement. Bien plus que ce que je n'aurais pu imaginer. Pendant un moment, il me vint même à l'esprit qu'Alice l'avait peut-être même fait exprès avant de rejeter l'idée. Vingt minutes plus tard j'étais garée devant le bâtiment et après avoir pris une profonde inspiration, je sortis de ma voiture et pénétrai dans le hall puis dans l'ascenseur me menant au dixième étage où se trouvait le cabinet de mon ami.
À mon arrivée, Alice n'était nul part alors, je pris la direction du bureau de son mari. Alice venait souvent rendre visite à Jazz et elle avait ses habitudes. En parcourant le couloir, sa voix se fit entendre au loin mais elle parlait tellement fort que l'on comprenait clairement tout ce qu'elle disait.
- Tu es sûre de toi ? Bella et Edward... Ensemble ?
- Bien sûr que je suis certaine de moi. C'est elle qui me l'a dit l'autre jour quand elle est venue à la maison.
- Et tu étais au courant toi ? Parce qu'a moi Edward n'a rien dit.
- Je dois m'avouer vaincue sur ce coup-là mais maintenant elle a décidé qu'elle ne devait plus le voir et c'est tellement triste, chouina-t-elle, Ils vont tellement bien ensemble.
- Mais enfin pourquoi ? S'ils s'apprécient pourquoi elle refuse de leur donner une chance ? En plus tu lui as promis de rester en dehors de sa vie amoureuse alors...
J'avais fini par arriver devant la porte fermée du bureau. Enfin porte fermée ou pas, vu comment ils braillaient s'il y avait eu plus de personnes aux alentours, tout le monde serait déjà au courant de ma vie. Ma main agrippa la poignée de la porte et j'ouvris la porte pour couper court à leur conversation au moment même où elle reprit la parole.
- Mais parce qu'elle est enceinte ! Cria-t-elle exaspérée
J'arrêtais ma course, me figeant à l'entrée de la pièce. L'ouverture de la porte les alerta quand à ma présence et Alice tourna la tête dans ma direction, les yeux écarquillés en me voyant et comprenant la bourde qu'elle venait de faire.
- Bella... Je...
- Tais-toi...la coupais-je sèchement
Elle avait promis...
Elle m'avait promis de ne rien dire à personne tant qu'on en savait pas plus sur l'identité du père. Elle m'avait juré de tenir Jasper en dehors de tout ça.
Elle m'avait dit pouvoir lui faire confiance et je l'avais écouté. Je l'avais cru.
Je me sentais trahie. Trahie et dans une colère noire qui s'infiltrait peu à peu dans chaque cellule de mon corps. Elle fit un geste vers moi pour venir à ma rencontre mais je fis un pas en arrière et mon dos heurta une surface dure derrière moi. Jasper attrapa son bras pour la retenir d'avancer et fit un signe de la tête en direction de moi et Alice se décomposa un peu plus.
- Bella... Écoute-moi, s'il te plaît.
- Tais-toi ! répondis-je en haussant un peu la voix avant de faire demi-tour pour partir.
Je fus arrêtée par Edward qui se trouvait devant moi et qui semblait être la fameuse surface dure que je venais de heurter. Son parfum envahit mes narines violemment me donnant la sensation d'être intoxiquée et pour la première fois, son odeur que j'aimais tant me donna la nausée.
Je stoppais tout mouvement et gardais obstinément les yeux encrés au sol refusant de le regarder en face.
- Laisse-moi passer, s'il te plaît, lui demandais-je en appuyant des deux mains sur son torse pour le faire bouger
Il resta stoïque face à ma demande, ne bougeant pas d'un millimètre et resta devant moi m'empêchant ainsi tout mouvement.
- Bella... reprit Alice
- Alice, non. Je n'ai pas envie de t'entendre ! Alors par pitié, boucle-là ! criais-je
Je devais partir. Sortir d'ici tout de suite avant de ne plus pouvoir me retenir. J'avais envie de me jeter sur elle et de lui mettre la raclée de sa vie.
Je relevai la tête, plantant mon regard dans celui de Edward.
- S'il te plaît Edward, pousse-toi et laisse-moi sortir, l'implorais-je en murmurant alors que ma voix se transforma en sanglots
Je fis une nouvelle pression sur son torse et il sembla se réveiller à ce contact. Il se déporta sur le côté me laissant ainsi assez d'espace pour pouvoir sortir de la pièce. Je me mis presque à courir pour quitter le plus vite possible cet endroit. Je ne pris même pas la peine de reprendre ma voiture n'étant pas certaine de pouvoir conduire en toute sécurité. De plus, je n'étais pas vraiment loin du bar et en quinze minutes j'y étais arrivé.
J'étais partagée entre tout un tas de sentiments et j'avais franchement du mal à tout gérer à ce moment précis. Déception, colère, tristesse, honte, peur... Une vague gigantesque qui me submergeait tel un tsunami, qui m'engloutissait dans ses rouleaux et dans laquelle j'avais l'impression de me noyer.
Durant tout le chemin, mon téléphone n'avait pas cessé de sonner et j'avais fini par l'éteindre. Que ce soit Alice, Jasper ou Edward, je n'avais pas envie de leur parler. À aucun d'eux trois. Pour des raisons différentes mais le résultat était le même. Qu'ils me foutent la paix ! Je ne voulais pas d'eux près de moi.
En arrivant au bar, tout était plutôt calme et ça contrastait avec ce qui se passait à l'intérieur de moi. Affichant un sourire de façade, je me mis au travail comme-ci rien n'était arrivé priant pour ne pas voir débarquer quelqu'un ici. Durant toute l'après-midi je fis semblant d'aller parfaitement bien, souriant aux clients et aux employés, étant avenante avec tout le monde dans le but de ne plus penser à toute cette histoire, pour ne pas m'effondrer. Même Paul, n'y vit que du feu me faisant même remarquer ma bonne humeur communicante.
En sortant du bar pour rentrer chez moi, Alice se tenait devant le bâtiment appuyée contre la portière de sa voiture. Jasper était installé au volant et ils semblaient m'attendre tous les deux. Toutes les émotions que j'étais parvenu à garder sous contrôle refirent surface en une fraction de seconde. Mes poings se crispèrent et je fis les quelques pas qui me séparaient de la porte d'entrée de chez moi sans même lui adresser la parole. Je pouvais au moins la remercier d'avoir attendu pour se montrer et de ne pas être venu à l'intérieur. Ça aurait viré au scandale et ça aurait encore plus envenimé les choses, si tant est que ce soit encore possible.
- Bella, s'il te plaît... Écoutes-moi, s'il te plaît. Je suis désolée, m'implora t-elle
Un rire sardonique sortit de ma bouche. Elle était désolée, et bien voilà qui arrangeait toute cette histoire alors. Je pouvais donc lui pardonner et tout oublier.
- Je suis vraiment désolée, c'est sorti tout seul, je ne voulais pas... Je n'ai pas fait exprès, s'écria-t-elle en tentant de me retenir alors que je passais devant elle
- C'est bien ça le problème Alice ! Tu parles toujours trop. Trop fort, trop vite sans jamais réfléchir aux conséquences de tes actes. Tu fais jamais exprès, c'est jamais de ta faute, tu te crois tout permis, tu t'introduis dans ma vie sans arrêt et tu me dictes ma conduite comme si j'étais une enfant, l'attaquais-je
- Je... je...
- Tu quoi ? On parle toujours de toi ! Bordel Alice, je te faisais confiance ! Tu m'avais promis de garder ça pour toi, de me soutenir, de m'aider mais une fois de plus c'était du vent. Tu es incapable de garder un secret, à la première occasion, tu as tout déballé à Jazz et sur son lieu de travail en plus. Tu parlais tellement fort que j'entendais tout à peine arriver au cabinet. Bon Dieu et Edward qui a sans doute tout entendu... Tu te serais arrêté quand, hein ? Tu aurais tout déballé à ton mari sans même te demander qui pouvait t'entendre ? Est-ce que ça t'a traversé l'esprit au moins ? A-tu seulement penser à moi ? Bien sûr que non, tu n'a penser qu'a toi et à ce que tu voulais ! Les autres tu t'en fous !
- Excuse-moi ! Je suis désolée !
Elle était maintenant en pleures tentant de s'approcher de moi.
- T'es un putain de bulldozer qui détruit tout sur son passage. Regarde autour de toi, tu es tellement invivable et ingérable que tout le monde te fui. Ça fait cinq ans qu'on se connaît, cinq ans où tu agis comme ça mais là, maintenant, je n'en peux plus... Je n'en peux plus de tout ça. Ce n'est pas la conception que je me fais d'une amie. Je devrais pouvoir tout te dire sans avoir la peur au ventre d'être jugée, d'être pointée du doigt ou que tu racontes à tout le monde ce que je te dis. Seulement quand on te raconte quelque chose, on prend le risque que toute la ville soit au courant.
- Mais bien sûr que tu peux. Je serais toujours là si tu as besoin, affirma-t-elle
- Ah oui ? Alors dis-moi pourquoi quand j'ai dû aller à l'hôpital en urgence après ce soir-là et que j'ai dû prendre un traitement préventif contre le VIH pendant un mois je n'ai rien dit tellement j'avais peur que tu racontes ça à quelqu'un ? Pourquoi quand j'ai appris que j'étais enceinte, c'est Paul qui m'a aidé, qui m'a porter vers le haut alors que ça aurait dû être toi ?!
- Je te promets que je vais changer. S'il te plaît... Je m'en veux tellement.
- Mais tu devrais pas avoir à changer, ça devrait te paraître logique et naturel, dis-je lassée
On était en train de se donner en spectacle en plein milieu de la rue et les gens qui passaient aux alentours changeaient de trottoir face au spectacle. Jasper était à présent dehors et nous observait de loin, écoutant notre conversation.
- Putain si tu savais comme en ce moment je te déteste soufflais-je en m'appuyant sur ma porte, Rentre chez toi, Alice et sors de ma vie lui demandais-je en ouvrant la porte de chez moi pour m'engouffrer dedans la laissant seule sur le trottoir.
J'eus juste le temps de voir Jasper faire le tour de la voiture pour rejoindre Alice qui semblait sur le point de s'écrouler parterre. Je pris appui sur le mur de l'entrée pour reprendre mon souffle et je l'entendis ensuite parler.
- Edward, non ! Laissons là tranquille.
- J'ai besoin de la voir, Jazz. Il faut que je lui parle, je peux pas la laisser comme ça.
- Pas ce soir, trancha mon ami, Je crois qu'on en a assez fait.
Qu'est-ce qu'Edward faisait ici ? Depuis combien de temps était-il là ?
Je me promis d'ériger un hôtel à la gloire de Jasper pour le remercier d'avoir fait tampon.
- Je monterais un peu plus tard pour la voir, se fit entendre la voix de Paul qui avait sans doute assisté à toute la scène depuis l'intérieur du bar, Rentrez chez vous.
Une fois chez moi, je mis un vieux jogging et un pull en tissu-éponge. Je repensais à toute cette journée qui avait pourtant plutôt bien commencé mais qui avait fini en véritable désastre.
En revenant dans le salon le téléphone de la maison se mis à sonner et voulant un peu de tranquillité, je le débranchais d'un geste rageur décollant pratiquement la prise du mur. Paul monta effectivement me voir un peu plus tard dans la soirée me promettant que tout irai bien, qu'il était là et que ça allait s'arranger. Mais la vérité c'est que j'étais pas sûre de vouloir que ça s'arrange. A ce moment là, je voulais qu'on me laisse, qu'ils disparaissent tout bonnement de ma vie.
Sans trop savoir pourquoi, tard dans la soirée, je récupérais mon téléphone portable et le rallumai. Il se mit à vibrer sans discontinuer annonçant pas moins d'une trentaine d'appel et une bonne dizaine de SMS.
La grande majorité venait d'Alice et je les effaçais avant même de les lire. Il y avait aussi des messages vocaux et sans trop savoir pourquoi, je me mis à les écouter et un d'entre eux retint mon attention.
« Bella, c'est moi... Je... Je... Je voulais m'assurer que tu allais bien. J'aimerais qu'on parle... Quand tu seras prête... Je... À plus tard. »
Edward...
Sur une coup de tête, peut importait l'heure très tardive, mes doigts se mirent à pianoter sur l'écran tactile de l'appareil et écrivirent une réponse à son attention.
De Bella : «Je suis prête. Demain soir, Dix-neuf heures ?»
J'en avais assez. J'étais lasse de tout ça, de tous ces problèmes et ce message m'avait permis de réaliser une chose. Ma seule priorité était cet enfant et à l'avenir ça resterait la seule chose sur laquelle j'allais me concentrer mais pour cela, je devais voir Edward. Je savais déjà ce qui allait être dit lors de cette rencontre. Je n'étais pas certaine d'être prête à l'entendre parce que ça allait être déplaisant et que personne n'aimait avoir de la peine mais là, après tout ça, ça n'avait plus aucune importance. Edward n'avait rien fait pour mériter la façon dont je l'avais traité et je me devais de réparer ça.
Ce qui était important c'est cet enfant qui méritait qu'on se donne sans compter pour lui et pour le rendre heureux.
Ce qui était important c'était de retrouver cet homme pour lui donner une chance de faire partie de la vie de ce bébé.
Et j'allais m'y employer. De toutes mes forces.
oOo
Bon bah voilà ... Décidément Notre Bella doit faire face à pas mal de choses.
N'hésitez pas à me faire parvenir votre ressenti vis à vis de ce chapitre.
Prenez soin de vous,
A mercredi !
Beclear.
