Hello !
Petit chapitre du jour et on est partis pour la "confrontation" entre Edward et Bella.
Je sais que vous êtes sans doute impatients alors je ne vais pas trop vous tenir la jambe ici :)
Un petit bonjour / Merci aux nouveaux arrivants ainsi qu'aux fidèles qui laissent des reviews à chaque chapitre.
Bonne lecture à vous ;)
Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de SM.
*** Le jour où tout s'est éclaircit****
Le lendemain matin, le réveil fut dur. Extrêmement dur.
J'avais une flemme monumentale pour sortir de mon lit, reportant sans cesse le moment fatidique. En fait, je pense que c'était juste un moyen pour retarder autant que possible l'échéance. Je devais voir Edward le soir même et je faisais tout pour reculer le moment d'aller au travail parce qu'une fois que la journée aurait commencé, je ne pourrais rien faire pour ralentir sa course. Me lever et commencer ma journée, ça voulait dire que j'étais prête et je ne l'étais pas.
En plus de ça, je ne me sentais pas au top de ma forme et quand l'odeur des œufs me souleva le cœur au point de me faire courir aux toilettes, je me mis à haïr encore plus ce début de journée. Les nausées matinales étaient donc arrivées et j'étais même surprise qu'elles n'aient pas fait leur apparition avant ça seulement j'aurais juste souhaité qu'elles soient moins violentes. J'en avais déjà eu avant de savoir que j'étais enceinte mais rien de comparable à ça. Elles m'accompagnèrent tout le reste de la journée et j'avais rapidement arrêté de compter le nombre de fois ou j'avais du tout laissé en plan pour courir vider mon estomac. Estomac qui d'ailleurs ne devait pas contenir grand-chose vu le nombre de fois où j'avais tout rendu et qui rapidement devint douloureux. J'aurais dû rester au lit.
À mon plus grand soulagement, la journée passa lentement. Comme-si le temps lui-même avait accepté de me faire une fleur. Paul m'envoya plusieurs messages au cours de la journée pour s'assurer que j'allais bien et m'informant qu'il me rapporterait ma voiture qui était restée devant le cabinet de Jazz et Edward. Mais par contre, aucun signe de vie d'Alice.
En y repensant, je m'en voulais un peu pour la conversation que nous avions eue. Enfin, c'était plutôt une dispute qu'une discussion constructive vue comment je lui avais hurlé dessus. Je n'étais pas désolée sur le fond mais plutôt sur la forme. J'aurais aimé que cette conversation se passe tout autrement et non pas qu'elle soit empreinte de colère et de ressentiment. Cependant, ça avait eu besoin de sortir, d'être dit. Ça avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase et tout ce qui s'était accumulé au cours des dernières années avait jailli sans que je ne puisse me retenir.
Je fus aussi surprise de voir que tout le monde semblait être aux petits soins avec moi. Au cours de la matinée Angela, Ben et Éric vinrent plusieurs fois s'assurer que j'allais bien ou que je n'ai besoin de rien. Si au début j'avais trouvé ça étrange, j'avais rapidement fini par comprendre que la scène d'hier soir avait été vu par ceux qui étaient présents puis raconté à tout le monde et qu'ils semblaient tous être au courant pour ma grossesse. Ça expliquait donc les regards en douce qu'ils me lançaient pensant que je ne voyais rien. J'aurais aimé ne pas être une source de rumeur mais je ne pouvais pas vraiment leur en vouloir de le faire alors que si j'étais parvenus à rester calme ils n'auraient rien eu à se mettre sous la dent.
Quand Angela vint une fois de plus me voir, je finis par « taper du poing sur la table ».
- Vous êtes sûre que vous n'avez besoin de rien ? s'enquit-elle une fois de plus me tirant un soupire
- Angela ?
- Oui, Bella. Qu'est-ce qui a ?
- Je sais que vous êtes tous au courant, vous êtes tout sauf discrets. Je suis enceinte, pas mourante. Si je veux quelque chose que ce soit à boire ou à manger, je me déplacerai pour me servir comme une grande. D'accord ?
- Oui, oui. Bien sûr. Pardon, bafouilla-t-elle
- Ce n'est pas grave. Va donc faire passer le message aux garçons, pouffais-je
À l'heure du déjeuner, c'est Ben qui vint m'apporter une assiette avec un énorme sandwich au poulet et un verre de thé glacé et peu après seize heures ce fut au tour d'Éric de venir me proposer une part de tarte au citron. Une bouffée de reconnaissance et tendresse me submergea me tirant presque une ou deux larmes.
Bordel, les hormones en folie commencent aussi tôt que ça ?
J'étais assise au bar en train de préparer les commandes à passer quand Paul arriva.
- Comment va la plus belle ? demanda-t-il en m'embrassant sur la joue
- Sympa pour ta femme. Décidément en ce moment tu les accumules-toi. D'abord le coup de la cigarette est maintenant ça... Goujat !
- Pff ! Toi la traîtresse, tu restes loin de ma femme. Je commence à peine à dormir de nouveau dans mon lit. Bon sinon, comment tu vas ?
- Nauséeuse mais tellement chouchoutée que j'ai l'impression d'être un vase en cristal enroulé dans du papier bulle.
- Attends, tu n'es quand même pas en train de râler parce qu'ils prennent soin de toi...
- Je ne me plains pas, je souligne seulement le fait qu'ils se montrent peut-être un peu trop...prévenants ?
- Ils t'adorent alors laisse les faire, surtout qu'ils le font sans se forcer. Je pense surtout que vu ce qu'il s'est passé hier soir c'est normal.
Je levais la tête de mes papiers pour le regarder
- Laisse-moi deviner...Tout le monde à tout entendu et avait le nez collé à la devanture comme s'ils étaient en train de se faire un cinéma?
- Alors déjà il n'y a que moi qui ai tout entendu du début à la fin. Je sais pas pourquoi mais quand j'ai pris mon service j'ai eu un mauvais pressentiment. J'ai remarquer Jazz et Alice qui t'attendaient dehors et j'ai penser que peut être vous sortiez ensemble ce soir m'expliqua t-il en prenant place sur le canapé de mon bureau
- Quand je vous ai vu parler un peu vivement je suis sorti pratiquement tout de suite après toi. Bree est sortie dehors me chercher pensant que je fumais encore. Elle est la seule à connaître toute l'histoire mais les commérages c'est pas son truc. Cette fille t'appelle « Madame » ! Angela, Ben et Eric ont compris que quelque chose clochait quand en quittant leur service peu de temps après toi ils m'ont trouvé en train de m'énerver sur Riri, Fifi et Loulou parce que...Bordel tu est enceinte et t'as pas besoin de ça, soupira t-il en me faisant un sourire contrit
Paul vint se mettre en face de moi.
- J'étais tellement énervé que j'ai pas vraiment fais attention aux personnes qui pouvaient m'entendre et j'ai parler du fait que tu soi enceinte et qu'il allaient rester loin de toi si non ami ou pas ils allaient se prendre mon pied au cul.
- Je t'adore. Merci.
- Tu as eu des nouvelles d'Alice ou bien de Edward ?
- Pas d'Alice et pour le moment je n'en veux pas. La tout de suite maintenant c'est la personne que je déteste le plus au monde. Hier j'avais envie de lui arracher la tête, mais vraiment, répondis-je en appuyant plus fort que nécessaire sur les feuilles, Je veux dire...J'aurais vraiment pu la frapper. Edward est censé venir à dix-neuf heures pour qu'on discute. Je sais pas trop ce que tout ça va donner mais bon...
- Pour ce qui est d'Alice, laisses-toi du temps. Ça traînait depuis tellement longtemps tous ces non-dits qu'il fallait bien que ça pète à un moment ou un autre. Tu lui parleras quand tu seras prête à le faire et puis, tout ça va lui donner matière à réfléchir de son côté aussi. Concernant Edward...
- Non, stop. Je n'ai pas envie d'y penser. J'ai réussi à occulter cette situation toute la journée et j'aurais aimer le faire jusqu'à ce qu'il se pointe à ma porte, pour tout te dire.
- D'accord. Alors rentre et occulte pendant encore une heure, pouffa-t-il
Je pris mes affaires et partis du bar non sans avoir salué l'ensemble de l'équipe du soir avant de sortir.
- Eh, Bella ! m'appela-t-il alors que j'arrivais à la porte, Il te plaît, hein ?
- Plus que ce que j'aurais pu croire.
- Et il te manque.
Je lui fis un simple signe de la tête mais qui voulait tout dire. Bien sûr, il me manquait. Atrocement même.
- Au fait, merci d'avoir récupéré ma voiture et de me l'avoir rapporté, dis-je avant de sortir dehors
oOo
En rentrant chez moi, j'étais nerveuse. La conversation avec Paul avait fait réapparaître toute mon anxiété et maintenant elle grossissait sans cesse, se faisant plus écrasante que jamais. Pour me calmer, je partis prendre une douche avant de commencer à faire à manger. En sortant de celle-ci, je mis un simple jean brut avec un tee-shirt blanc couvert d'un gilet gris. Je laissais mes pieds nus, j'adorais le contact de ma peau avec le parquet.
Je ne savais pas trop quoi faire pour le dîner. A vrai dire, je ne savais même pas si Edward avait prévu de rester pour le dîner ou si une fois la conversation finie, il partirait. Est-ce qu'on était censés avoir cette conversation en mangeant ? Parce que c'était plutôt dangereux comme pratique. Il était presque l'heure de son arrivée quand je me mis à préparer un truc rapide et surtout qui me faisait envie. J'avais tellement l'estomac noué et secoué par les nausées que la nourriture me faisait horreur et la seule chose qui paraissait un tant soit peu appétissante était un plat de macaronis aux fromages.
Je venais de mettre le plat au four quand la sonnerie de l'interphone retentit. Sans prendre la peine de vérifier qui c'était, j'appuyais sur le bouton pour déverrouiller la porte de l'immeuble. Deux minutes plus tard, on toqua à la porte et après avoir soufflé un grand coup je l'ouvris révélant Edward.
Il avait abandonné son habituel costume pour un jean noir avec un gros pull en laine gris et des chaussures de ville en cuir marron. Je lui fis signe d'entrer et il se débarrassa de son manteau et de son écharpe avant de se planter devant moi.
- Salut, chuchotais-je en allant me mettre derrière l'îlot de la cuisine
J'avais mis de la distance entre nous deux. C'était assez pathétique parce que, clairement, je me servais de ma cuisine comme d'un bouclier. Comme si ça allait me protéger...C'était un espace restreint et s'il décidait de foncer sur moi pour me tenir tête, je ne pourrais pas fuir facilement.
- Comment tu vas ? Après hier je veux dire.
Incertaine, je haussais des épaules ne lui répondant pas vraiment. Parce qu'il n'y avait pas vraiment de réponse. J'étais un peu entre deux eaux. Malheureuse comme les pierres de m'être fâché avec ma meilleure amie mais en même temps furieuse contre elle, contrariée qu'il soit au courant pour le bébé mais soulagée qu'il sache mais surtout apeurée par ce qu'il devait penser de moi.
- Et toi ? lui retournais-je la question plus par politesse que par réelle envie de savoir tout de suite ce qui lui passait par la tête
En guise de réponse, il haussa lui aussi les épaules copiant mon attitude et curieusement sa réponse ne me satisfaisait pas faisant grimper d'un cran la tension en moi.
- Tu restes pour dîner ? Je ne savais pas trop si tu comptais t'éterniser ou pas alors j'ai fais un plat de macaronis tout simple.
- J'aimerais beaucoup rester. Si tu es d'accord, bien sûr.
- C'est bon pour moi, ça devrait être près d'ici une dizaine de minutes alors. Tu veux boire quelque chose en attendant? demandais-je en cherchant des verres dans un des placards.
C'était surtout un moyen de me donner un peu de constance.
- Je suppose qu'un verre de vin serait malvenu alors de l'eau sera très bien.
À sa remarque, mon corps se pétrifia et les verres que je tenais me glissèrent des mains pour venir s'écraser sur le sol.
- Fait chié ! fis-je surprise
Le sol se retrouva jonché de morceaux de verre et je ne pus me retenir de faire un bond en arrière pour éviter d'en être recouverte. Enjambant les débris, je pris le balai en main rassemblant les éclats dans un coin et j'allais les ramasser quand mon pied nu vint rencontrer un des éclats entaillant ma peau.
- Aie ! Merde, grognais-je en lâchant le balai
Edward fut en un éclair à mes côtés, inquiet.
- Bella ? Ça va ? Tu t'es fait mal ?
- Ouais. J'ai juste marché sur un bout de verre, répondis-je en marchant à cloche pied jusqu'au canapé pour m'y asseoir.
- Fais-moi voir ça, ordonna-t-il en s'asseyant à mes côtés
Il attrapa mon pied avec autorité et le posa sur ses genoux avant de regarder la plaie d'un peu plus près. Il approcha mon pied de son visage et fis courir son pouce sur ma peau l'électrisant sous son passage.
- C'est pas très profond. Je vais désinfecter ça, un pansement et ça devrait aller, m'informa-t-il
- J'ai ce qu'il faut dans la salle de bain.
- Alors c'est parti, s'exclama Edward
Un cri sortit de ma bouche quand il me décolla du canapé, me porta dans ses bras telle un mariée et déambula dans mon appartement où il finit par trouver la salle de bain.
- Je pouvais marcher, tu sais ?
- Chut !
Il me déposa sur le meuble à côté du lavabo. Il fouilla dans l'armoire à pharmacie et en sortit un désinfectant et des pansements. Il nettoya la plaie avec douceur et fut attentif à une éventuelle douleur. Quand il eut fini, il me mit un petit pansement puis il se recula.
- Merci, murmurais-je, Je te rejoins au salon. Je vais aller me mettre quelque chose aux pieds. Je pense que ce sera plus prudent.
Cependant il me suivit dans ma chambre et me vis dont enfiler une paire de chaussettes. Ouais, pas très glamour ni sexy mais franchement ce n'est pas non plus comme si on allait se sauter dessus. Nous étions censés parler, avoir la fameuse conversation. Ouais enfin pour le moment on dirait surtout deux ados avant leur première fois !
En retournant dans la pièce de vie, il prit le balai et ramassa les bouts de verre avant que j'ai pu faire un mouvement pour m'en charger. N'étant pas d'humeur à batailler avec lui, je sortis les couverts et tout le nécessaire pour que l'on puisse manger. Je n'avais pas vraiment faim mais je devais au moins tenter d'avaler quelque chose. Quand le four annonça la fin de la cuisson du plat, je venais de terminer de mettre la table. Je fis un signe de la main à Edward, lui montrant ainsi où il pouvait s'asseoir avant de sortir le plat du four pour le poser sur le dessous-de-plat sur la table. Je sortis une bouteille de jus d'orange du frigo et nous en servis un verre.
Pendant tout ce temps, aucun mot n'avait été prononcé que ce soit par lui comme par moi. Je lui servis un peu de gratin et mis seulement l'équivalent d'une cuillère dans mon assiette. Il fit une grimace en me voyant faire mais se garda bien de faire tout commentaire.
- Comment va ton pied ? Pas trop douloureux ?
- Tout va bien.
C'était un peu mon mantra du moment. Dès que quelqu'un me demandait comment je me sentais, comment j'allais, la réponse était toujours la même. Tout va bien.
Je pris un peu de nourriture et portais ma fourchette à la bouche mais avaler ce que j'avais dans la bouche m'était difficile. Ce n'était pas mauvais mais mon estomac était noué et je sentis la nausée arriver de loin. Cette sensation d'avoir une pierre dans le ventre puis cette torsion légèrement douloureuse avant qu'il ne se contracte violemment.
En une fraction de seconde, j'étais debout sur mes pieds et courrais en direction des toilettes pour rendre le peu de nourriture que j'avais avalée. Ça dura longtemps. Bien plus longtemps que toutes les autres fois et ça ne semblait pas vouloir s'arrêter. Je sentais Edward derrière moi qui me frictionnait le dos pour m'apaiser mais ça n'avait pas l'effet escompté. Ça me fit me tendre encore plus à le sentir si près de moi. Il retenait mes cheveux et me disait de me calmer, de ne pas lutter contre l'envie de vomir et un peu près une minute plus tard, la crise était passée mais j'étais lessivée. J'avais mal à la gorge, au ventre et mon front était couvert de transpiration. Il m'aida à me relever et me conduisit à la salle de bain où après m'être aspergé le visage d'eau, je me brossais les dents pour enlever ce goût horrible que j'avais dans la bouche. Je devais me maintenir avec l'aide du lavabo pour ne pas m'écrouler. Cette nausée m'avait laissé plus faible que jamais.
Nous retournâmes à table dans le plus grand silence et plus le temps passait, plus cette tension entre nous me mettait mal à l'aise. Aucun de nous deux ne semblait décidé à aborder le sujet qui fâche et pour tout dire ça commençait à m'énerver. J'en avais marre et sans doute que les hormones jouaient pour beaucoup parce que je reposais mon verre un peu trop violemment sur la table le faisant sursauter et j'allais rentrer dans le vif du sujet mais je fus coupée dans mon élan par mon téléphone qui sonna.
L'écran afficha le prénom d'Alice et refusant de lui parler, mon pouce appuya sur la touche rouge pour l'envoyer directement sur ma boîte vocale. La soirée était déjà assez pénible comme ça alors si Alice venait s'ajouter à tout ça, j'allais jamais y arriver. Pas deux soirs de suite.
- Tu ne réponds pas ?
- Non.
- Alice ?
- Oui.
- Tu peux lui répondre si c'est important. Ça ne me gêne pas.
Pour toute réponse, j'éteignis mon téléphone et le posais loin de moi sur le plan de travail. N'ayant plus faim, je repoussais mon assiette loin de moi plus ou moins dégoûtée par sa simple vision. Je me levai et pris un yaourt dans le frigo, pour au moins avoir quelque chose dans le ventre. Edward me regarda faire et grimaça une nouvelle fois en me voyant faire avant de se concentrer sur sa propre assiette et de finir son repas.
On aurait pu entendre les mouches voler dans la pièce et tout mon corps était tendu ce qui n'arrangeait pas vraiment cette sensation de fatigue qui m'assommait un peu plus de minute en minute. Je crois que je commençais à accuser le coup. Entre les nuits blanches, celles où je dormais seulement quelques heures et les nausées... C'était pas brillant.
Quand il eut fini de manger, je pris les assiettes et les mis dans l'évier. Je ferrai la vaisselle plus tard. J'étais appuyé sur l'évier et lui était toujours assis à sa place à me regarder sans jamais rien dire. Tout à coup, il se leva et vint à ma rencontre. Il se planta devant moi et me tendit sa main.
- Viens avec moi, s'il te plaît, me demanda-t-il
- Pour aller où ?
Il ne répondit pas mais attrapa ma main et me traîna derrière lui me menant à ma chambre.
- Allonges-toi, s'il te plaît. Tu semble sur le point de t'endormir.
Il me montra mon lit d'un signe de la tête et docilement, je fis ce qu'il me dit. Je fus cependant surprise de le voir retirer ses chaussures à son tour avant de venir s'allonger à mes côtés, son torse contre mon dos. Il faisait quoi là au juste ? S'il voulait que je me détende, pas sûre que ce soit la bonne méthode.
- Et si on discutait maintenant ?
- Alors ça y est ? Tu t'es enfin décidé ?
- Tu as eu le pied coupé et tu as vomi ton repas alors je n'ai pas voulu prendre d'autres risques en discutant de ça en mangeant. Un de nous aurait pu s'étouffer avec un bout de macaroni.
- Tout à fait mon genre, dis-je acerbe
Edward pouffa légèrement dans mon dos imaginant sans doute la scène.
- Je suis enceinte, lâchais-je
- Je sais.
- Et je vais le garder. Je vais avoir un bébé, Edward.
- Bien.
Il avait retrouvé tout son sérieux en un temps-record mais étonnamment il était d'un calme olympien...
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- Te dire quoi ? Ce n'est pas le genre de truc qu'on dit au détour d'une conversation, Edward. C'est tellement... Bordel, je n'avais pas prévu ça, m'écriais-je en me retournant brusquement pour le regarder
- Maintenant je comprends mieux ton comportement des dernières semaines.
- J'étais censée faire quoi d'autre ?
- M'en parler, simplement.
- T'en parler ? Mais enfin Edward... Soit sérieux cinq minutes.
- Mais je suis sérieux.
- On se connaît à peine ! On n'est pas un couple, encore moins des amis. On est tout juste des connaissances. On s'est vu deux fois et on a discuté par SMS pendant une semaine. Tu attendais sérieusement de moi que je me livre à toi ?
- Outch!
- Merde ! Désolée. Je ne voulais pas te blesser.
- Et si tu m'en parlais maintenant ? Tu le sais depuis combien de temps ?
- Un peu moins de deux semaines.
- Je comprends mieux ce qui te perturbait autant et pourquoi tu semblais si bouleversée dans ce parc l'autre jour.
- Je venais de l'apprendre et …
- C'était inattendu.
- Tu n'imagines même pas à quel point. C'était une aventure d'un soir et puis maintenant il y a ce bébé...
- Et avec le père, ça s'est bien passé ?
- Il n'est pas joignable pour le moment alors je lui dirais dès que possible.
- D'accord.
- Tu devrais rentrer chez toi, Edward.
Il planta son regard dans le mien, me regardant intensément.
- C'est ce que tu veux ? Que je m'en aille ?
- C'est ce qui est le mieux.
- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé. Je veux savoir si c'est ce que toi tu veux.
- Non.
- Alors je reste.
- Edward...
- Quoi ?
- Je comprends pas... Pourquoi tu veux rester ? dis-je perdue
- Parce que ça n'a pas d'importance. Que tu sois enceinte ne va pas me faire partir.
- Mais... Je... Pourquoi ? demandais-je choquée par ses propos
- Parce que j'ai trente ans, Bella. Je ne suis plus un gamin qui a peur de l'engagement ou qui fuit devant le moindre obstacle. Parce que tu me plais. Énormément et...
- Arrête, le coupais-je en me redressant vivement pour m'asseoir contre la tête du lit, Tu peux pas dire ça ! Il s'agit d'un bébé dont tu n'est pas le père. J'ai aucun droit de t'imposer ça et tout ce qui va en découler par la suite. Tu me plais toi aussi, comme ça ne m'est pas arrivé depuis un bail mais...
- J'ai tout de suite compris. Quand j'ai surpris la conversation entre Jazz et Alice. Ça à fait tilte et j'ai tout de suite su que si tu t'étais éloigné de moi d'un seul coup c'était à cause de ça et je t'apprécie d'autant plus pour ça.
Il se redressa à son tour, s'asseyant à mes côtés avant de me tirer vers lui me mettant à califourchon sur ses jambes. Il prit ma tête dans ses mains, caressant ma joue gauche de son pouce.
- Tu te rends compte que ce que tu fais est paradoxal ? Tu ne veux pas m'imposer ce bébé, comme tu dis alors du coup tu m'impose de sortir de ta vie...
- Quoi ? Non ! Non ! C'est pas...
- Tu ne m'impose absolument rien, Bella. C'est ma décision. J'ai envie d'apprendre à te connaître. Que tu sois enceinte d'un autre homme n'y changera rien. Je veux être avec toi.
- Je … Je crois que je veux être avec toi aussi, avouais-je en murmurant
- Pour ce qui est du bébé et de la relation que j'aurais avec lui, c'est quelque chose qu'on verra avec le temps. Il a un père et loin de moi l'idée de le remplacer. Un statut de beau père me va très bien aussi. Tout dépends de toi, ma douce.
Il s'approcha de moi et ses lèvres se collèrent contre les miennes. Son baiser était doux et léger. Il n'avait rien d'entreprenant, il était lent et nous prenions notre temps. Il n'y avait aucune urgence. Rapidement, il y mit fin. Il glissa sur le lit s'allongeant et je descendis de lui pour me coller à lui.
- Tu devrais dormir, dit-il en caressant mon bras avec tendresse
- Moi j'aimerais bien mais mon cerveau n'est pas très coopératif ses derniers temps.
- Je peux parfaitement comprendre pourquoi.
- Pourtant je suis fatiguée. Tous les soirs je me dis que dès que je vais toucher mon lit je vais m'endormir mais une fois dans mon lit, impossible de dormir.
- Et sinon... Tu sais à combien de semaines tu en es ?
- Presque sept semaines.
- Bientôt deux mois alors.
- Mais comment tu sais ça toi ?
- Mon père est médecin alors dès que j'ai été en âge de penser au sexe, j'ai eu le droit à un séminaire sur les IST, la grossesse et tout ce genre de truc. Photo a l'appui. J'avais quinze ans mais je m'en souviens comme-ci c'était hier et ça m'a filé quelques traumatismes d'ailleurs.
- Il vaut mieux être trop informé que pas assez.
- Pas sûr que le moi adolescent ait vu les choses comme ça, rigola-t-il
Un bâillement sonore se fraya un chemin entre les lèvres et raisonna dans la pièce nous coupant dans notre échange.
- On dirait bien que Morphée ne va pas tarder.
- Désolée. J'ai été malade toute la journée et puis super nerveuse aussi alors...
- Ne t'excuse pas, dit -il en se redressant, Je vais y aller et te laisser te reposer.
- Non !
Il stoppa tout mouvement et se tourna vers moi.
- Tu resterais avec moi cette nuit ?
- Tu es sûre ?
- Certaine. S'il te plaît, restes avec moi cette nuit.
Je l'avais presque supplier de le faire mais j'avais peur que si je venais à me réveiller seule le lendemain matin, tout cette conversation entre nous ne soit qu'un rêve. Qu'en réalité, il puisse penser le contraire des si belles paroles qu'il venait de me dire.
- D'accord.
Je descendis de mon lit et pris un pyjama avant de partir dans la salle de bain pour me changer. En revenant dans ma chambre, il avait abandonné une grande partie de ses vêtements et ne portait qu'un tee shirt blanc et son boxer. Je me mis sur les couvertures et il me prit immédiatement dans ses bras.
Pour la première fois depuis deux mois, j'étais bien. Vraiment bien.
Après toutes les choses qui s'étaient passées, j'avais l'impression de voir le bout du tunnel. J'avais l'impression qu'un avenir plus serein se profilait.
Et pour couronner le tout, Edward était là. Avec moi.
oOo
Tadaaaaaa ! Alors, verdict ?
On se "voit" Vendredi, d'ici là prenez soin de vous et de vos proches. En espérant que votre déconfinement se soit bien passé, ne faites pas trop de folie ;)
Beclear.
