Merci beaucoup pour vos commentaires sur la première partie, je ne pensais pas avoir des retours aussi rapidement et ça me fait vraiment plaisir. Donc voici la deuxième partie pour vous remercier du soutien ! :)
Bonne lecture.
Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.
RULES - PARTIE II
Octobre
Erza glisse une cuillère de chocolat dans sa bouche tandis qu'elle griffonne quelques mots sur la liste de course. Elle porte un pull trop grand, qui laisse à découvert une épaule caressée par quelques mèches rouges. Ce n'est pas nécessaire de préciser qu'elle porte juste ça, avec une culotte, pas vrai ? Pas grave. Il le fait quand même. Tout en fredonnant quelques notes de musique, elle se sert à nouveau dans le pot de pâte à tartiner, le crayon tournant habilement entre ses doigts, avec son autre main.
C'est vendredi soir et cette fois, elle a décidé qu'ils passeront la soirée ici. Gerald n'a pas protesté, il s'en fiche pas mal, même si ces temps-ci il préférait évacuer sa frustration loin d'elle. Une fois sur deux, généralement, le reste du temps il l'accompagnait durant ses sorties non programmées. C'est presque devenu un rituel.
Il regarde par dessus son épaule, une serviette sur sa tête. Il sort tout juste de la douche et il est bien content que les températures de saison aient enfin diminué. Quand c'est trop étouffant, dehors, ce n'est pas son truc ; les balades sont souvent écourtées, les activités annulées, et la fonction de larve sur le canapé activée. Gerald remarque qu'elle a noté ses confiseries préférées et ça lui tord le ventre. Ok, ce n'est peut-être pas grand chose mais il apprécie vraiment qu'elle se souvienne qu'il aime avoir un peu de sucre à côté de lui pendant qu'il étudie.
Un coup d'œil sur l'horloge puis sur le visage de la demoiselle, et il s'écarte, envoyant la serviette jusqu'à la porte de la salle de bain.
« Tu ne pouvais pas aller jusque là-bas pour la déposer ? »
Sa voix tire un peu vers un côté agacé pendant qu'il s'installe sur le canapé, avec en mains une assiette où repose un fondant, avec quelques fraises.
« Et si, au lieu de râler, tu venais pour manger cette délicieuse création divine ?
- Ne te lance pas des fleurs, marmonne-t-elle en lâchant son crayon.
- Tu ne l'as pas encore goûté, c'est pour ça que tu réagis comme ça. »
La rouquine roule des yeux, se glisse à côté de lui en prenant au passage la télécommande, puis s'enfonce entre les moelleux coussins. Un soupir lui échappe et son haut remonte un peu quand elle s'étire, dévoilant sa culotte en dentelle rouge et la naissance de son bas-ventre. Gerald s'étouffe sous le spectacle, déglutissant ensuite péniblement.
Elle en fait exprès, ce n'est pas possible !
Erza a allumé la télé, une main dans ses magnifiques cheveux, puis hausse les sourcils.
« Pourquoi… Almost Lovers est sur la liste ? »
Il se fige puis se rappelle qu'il n'a pas encore effacé les preuves de son dernier passage. Mais quel abruti ! Il ne va quand même pas lui avouer qu'il regarde cette série parce que le suspens est rageant, sans parle qu'il veut voir Danny se mettre avec Emma. Non, pas question. Il tient aux restes de sa virilité, si tenté qu'il puisse toujours en avoir. Du moins, à ses côtés.
« Oh euh, j'avais une invitée. »
En voilà un très beau mensonge apte à bien l'enfoncer et, par la même occasion, rappeler qu'il passe pas mal de temps à batifoler à gauche et à droite. Génial. Quel progrès pour lui. La belle étiquette de coureur de jupons bien collée sur son front. Cependant, elle ne dit rien et son expression ne trahit aucune émotion, à croire qu'elle n'est absolument pas dérangée par cette perspective. À la place, elle cherche leur série pendant qu'il coupe le gâteau, la tête remplie de pensées toutes contradictoires
Lui et Erza, ça ne s'est jamais fait. Ça ne se fera jamais. Combien de tentatives foireuses a-t-il provoqué, déjà, pour qu'elle accepte de voir qu'il l'aime bien plus qu'un ami ? Beaucoup. Et y repenser, ça fait mal. Très mal, même. Parce qu'elle n'a jamais tenté une approche différente suite à tout ça, elle n'a jamais essayé de le voir autrement. Le pire, dans tout ça, c'est l'inexistence d'explications. Rien. Absolument rien.
Il s'est fait une raison, assez vite pour ne pas vriller, ravalant tous ses sentiments plus d'une fois. Il lui a promis d'être toujours là pour elle et il tient sa promesse.
Gerald se lève pour chercher de la crème, puis revient sur le canapé, avec deux assiettes pour mieux manger et éviter d'en mettre partout. Il préfère ignorer la façon dont elle se rapproche de lui, ou même cette façon qu'elle a de fredonner le générique. Il ne fait pas attention à la légère odeur sucrée qu'elle dégage, ni même à elle, globalement. Il fait de son mieux malgré les difficultés qu'il ressent.
Mais ça fait à peine deux mois et il a l'impression que cette torture dure depuis une éternité. Pourtant, il ne change rien à tout ça. Il l'accepte. À bras ouverts, comme une punition, alors qu'il n'a aucune raison de se faire subir ça. À quel moment a-t-il été en tord, au final ?
Le jour suivant, Gerald évacue son incapacité à prendre cette relation en mains en faisant du sport. Il y a une troisième pièce, que Erza lui a cédé sans broncher, et où il a pu installer son sac de frappe. Elle sait l'importance d'avoir ça ici, surtout lorsque la période d'Halloween approche. Pour ça, il lui en est reconnaissant. Elle est attentive sur certains détails, parfois.
De temps en temps, il oublie la façon dont ils ont été proches, la façon dont elle et lui ont créés des liens incassables malgré les ravages du temps, les relations tout autour d'eux, les disputes, les réconciliations, de toutes ces choses qui font parties de la vie. Elle a toujours été, dans les bons et les mauvais moments. Comme un point d'ancrage. C'est ce qu'elle est. Un repère, un pilier.
Son front, où quelques mèches bleues sont plaquées, s'appuie contre le sac et il prend de grandes et longues inspirations. Allez, tout ça, c'est dans sa tête. Il n'a juste qu'à reprendre le contrôle de cette histoire. Ils sont amis. Pas autre chose. Pourquoi ce serait si dur de se contenter de ça ? Il l'a fait pendant des années ! Et maintenant, là tout de suite, le garçon sait qu'il déraille, parce que le cheminement de ses pensées n'a pas de sens, il est rempli de contradictions.
Le téléphone ne produit plus la musique de fond habituel et Gerald se recule, s'avançant vers lui pour le prendre dans sa main gantée. Son pouce glisse sur l'écran pour accepter l'appel. La distraction parfaite. Il en a besoin. Il a besoin d'elle pour étouffer son chagrin, pour oublier le sombre anniversaire qui approche, pour ne pas penser à cette fille de l'autre côté du mur.
« Salut Sorano, ça va ? »
Novembre
Il est affalé sur le canapé avec un livre sur les étoiles. Ça fait une heure qu'il est rentré, étant passé par le coiffeur après les cours. La nuit tombe plus tôt maintenant et, parfois, il se dit qu'il aimerait attendre Erza après les cours pour qu'elle n'ait pas à rentrer seule. Lentement, Gerald tourne la page de son manuel où plusieurs post-it de couleur sont là pour lui indiquer les notions qu'il ne maîtrise pas encore. Son ventre grogne, lui rappelant qu'il est bientôt l'heure de manger. Sauf qu'il ne compte pas manger seul. Sa main gauche part dans la poche de son pantalon et en sort son téléphone. Les notifications qui ne l'intéressent pas sont vite supprimées puis il remarque qu'il n'a aucun message de la rouquine.
Le jeudi soir, habituellement, elle rentre puis part étudier dans son lit en écoutant de la musique classique. Mais elle n'est toujours pas là. Donc elle doit être occupée à autre chose, avec d'autres personnes. Elle s'est peut-être déjà trouvée quelqu'un ? Gerald lâche son portable et se lève du canapé, avec son livre, puis part dans sa chambre ; apprendre à se mêler de ses affaires, voilà ce qu'il doit faire.
Mais quand il rouvre les yeux parce qu'il entend un bruit, son ventre se tord. Le garçon se relève un peu, tourne la tête pour regarder l'heure et retient cette légère montée de colère qui flatte son esprit ; il a appris à passer au dessus de ça, pas vrai ? Donc quand il se lève, il fait taire ce monstre à l'intérieur de lui et ouvre la porte. La lune baigne le salon dans une atmosphère particulière et il n'est pas sûr d'aimer ça, encore moins quand il entend le rire d'Erza se mêler à un autre, plus grave.
Cette plaisanterie est de mauvais goût, même s'il s'est douté qu'a à un moment ou un autre, ça allait arriver. Il ne se rend pas compte tout de suite qu'il serre les poings, il le remarque quand il lève la main pour allumer la lumière de la pièce. Oui, il est assez content de voir qu'il vient de les effrayer. Vraiment. Ça l'amuse juste un peu, quelques secondes par contre, parce que quand il plisse les yeux, il reconnaît Simon. Sa mâchoire manque de se décrocher sous cette farce. L'envie d'être le plus doux des agneaux s'efface brusquement. Tout ce qu'il veut, c'est prendre par le col ce type et le frapper à mort. Quand il s'approche du canapé, cependant, ce n'est pas pour assouvir cette pulsion.
Et puis, brusquement, après une longue inspiration, Gerald se redresse avec le cœur battant la chamade. Ses cheveux sont dans tous les sens et le soleil inonde sa chambre, bien qu'il soit filtré par les stores. Une fine poussière voltige doucement mais il n'y fait pas attention, il se blâme juste pour avoir rêvé d'Erza avec son stupide ex. Pourquoi son esprit est aussi cruel avec lui ?
Il jette la couverture sur le côté, quelque peu agacé, et sort de son lit. Son livre d'astrologie traîne par terre, étant sans doute tombé durant son sommeil. S'étirant en marchant, il ne prête pas attention à l'air qui mordille sa peau nue. Sa main droite frotte ses yeux, puis il se dirige vers la cuisine en traînant des pieds, contourne l'îlot central, lève le bras et ouvre le placard pour en sortir sa tasse.
Le café coule tranquillement, lentement, lui laissant le temps de se remettre de son rêve. Ou cauchemar. Peu importe. Il a besoin de se réveiller. Erza aussi semble être debout, même depuis plus longtemps que lui puisqu'elle passe derrière en étant déjà habillée et prête pour aller à la fac. Comme à son habitude, son passage laisse une odeur de fruits qui tord son ventre. Elle est l'élégance et il peut passer des heures à la regarder.
En bref, l'injustice dans toute sa gloire.
« Tu n'es vraiment pas du matin, hein, l'entend-il dire.
- Comme si ça t'étonnait, marmonne-t-il en se servant enfin son café.
- Je ne pensais pas que c'était à ce point. »
Son rire lui fait lever un sourcil. Quoi ? Ce sont ses cheveux, c'est ça ? Il sait qu'ils finissent toujours en désordre, ils sont indomptables, même en étant coupés. Il n'y peut rien si ça lui fait ensuite une tête de chiot perdu et apeuré.
« Tu peux te retourner, s'il te plaît ? »
Gerald obéit, tasse de café contre sa bouche. Le sourire malicieux qui se dessine sur les lèvres de sa colocataire l'étonne mais il ne dit rien, encore bien trop dans les bras de Morphée. Finalement, les yeux émeraude s'accrochent aux yeux caramel et, à mesure qu'il les sent descendre sur son torse, la réalisation commence à titiller son esprit.
Ah.
« Voilà, maintenant ce sera une bonne journée, glousse Erza. À plus tard. »
Elle le laisse seul, nu et avec sa tasse de café en main, dans la cuisine.
Décembre
C'est bientôt les vacances mais Gerald ne compte pas rentrer. Ce n'est pas comme s'il était attendu ou quoi. Après tout Luxus passe les fêtes avec Mirajane et sa famille. C'est plutôt cool pour lui, d'ailleurs. Pour une fois qu'il est stable avec une fille. Bon, de ce qu'il a entendu, supporter cette demoiselle peut être très dur, surtout quand elle a un coup dans le nez. Un démon déguisé en ange, d'après les dires de son ami.
Il gémit, se glissant plus encore entre les coussins ; lui aussi, il aimerait revoir son petit démon. Ou sorcière ? Son regard se perd sur la baie vitrée pour regarder les flocons tomber. La lumière du lampadaire, près de chez eux, s'incruste chez eux et il se rend compte qu'il n'a rien allumé. Être seul pour les fêtes, ça craint peut-être dans le fond. Erza lui a pourtant proposé de venir avec elle, chez sa mère, mais il a poliment refusé. La dernière fois qu'il a vu Eileen, il se souvient encore du regard meurtrier qu'elle lui a lancé quand il a eu le malheur de serrer dans ses bras sa fille. Et puis, elle est souvent en déplacements, il n'a aucune envie de ruiner leurs retrouvailles.
Donc Noël passe, il reçoit quelques colis et des messages de remerciements pour les cadeaux qu'il a fait et là, il envisage d'adopter un chat. Quoique, est-ce qu'un chat pourrait supporter son manque continuel d'affection ? Pas sûr.
Il aurait pu l'appeler Patapon, oui.
« Ronron Patapon, murmure-t-il avec un sourire rêveur.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? »
Gerald sursaute et se redresse ; là, il remarque qu'il a sans doute passé toutes ses vacances entre les nombreux coussins. Pris dans ses pensées, il n'a pas entendu la rouquine rentrer, même alors qu'elle a une valise à roulettes avec elle. Son cas est clairement désespéré, pas vrai ? Histoire de compenser ça, il est parti du canapé pour se planter devant elle. Le froid de l'extérieur émane d'elle, malgré la chaleur et l'affection dans son regard.
« Tu es déjà là ? »
C'est tout ce qu'il trouve à lui dire et il se sent stupide. Il est content qu'elle soit là. Vraiment. Toute la solitude qu'il a ressenti ces derniers jours vient brusquement de disparaître dès l'instant où il a posé les yeux sur elle. Si ça, c'est pas de la magie, il ne sait pas ce que c'est. Et là, ses doigts le picotent parce qu'il a la furieuse envie de les glisser dans ses cheveux pendant qu'il la serre contre lui. Et c'est ce qu'il fait, sans même le remarquer. Gerald sourit comme un idiot, il le sait. Mais elle ne peut pas le voir de toute façon, parce qu'elle est plus petite et que sa tête est lovée contre son cou. Ses bras sont autour de lui et un ronronnement de bonheur manque de remonter de sa gorge.
« Je pensais que tu serais restée plus longtemps à Rosemary, murmure-t-il en relâchant finalement sa prise.
- Je ne pouvais pas te laisser pour le nouvel an, s'amuse Erza en donnant une petite tape sur son torse.
- Je sais me gérer.
- Et t'endormir encore sur ce canapé en loupant le décompte ? »
Il hausse les épaules : ce n'est pas comme s'il accordait de l'importance à cette fête. Par contre…
« Tu n'as pas de soirée ?, s'étonne-t-il.
- On a une trilogie à finir, jeune homme. Je ne compte plus repousser ce devoir plus longtemps. »
Un rire lui échappe puis il tape dans ses mains, déterminé et tout aussi enjoué qu'elle. Elle n'a pas tord, leur film a été laissé en plan à cause des révisions pour les examens, sans parler des repas de famille qui sont ensuite arrivés pour la jeune femme.
« Bien alors, je prépare les popcorns et toi tu ranges tes affaires et tu t'installes. »
Elle hoche la tête avec un sourire.
« Pense à la vodka. »
Comment pourrait-il oublier cet élément ?
Après tout, ils vont fêter le nouvel an ensemble.
Alors voilà comment ils se retrouvent sur ce canapé ô combien confortable, sous une couverture. L'alcool coule vite, embuant peu à peu leur esprit tandis qu'ils regardent le film. Le bol de popcorns a vite été fini, ne laissant plus que quelques miettes et un reste de caramel. Gerald a déjà été saoul à côté d'elle mais, là, c'est différent des autres fois. Peut-être parce qu'elle est pressée contre son corps, une cuisse au dessus des siennes. Peut-être parce que son souffle s'écrase encore et encore contre son cou. Ou peut-être parce qu'elle caresse son torse depuis cinq minutes maintenant.
Généralement, une fois ivre, il pense à sa mère. Il la revoit dans cette voiture en feu, assommée et ensanglantée, tandis que lui est sauvé. Mais là, non. Sa tête est remplie d'Erza. Juste Erza.
Erza et l'odeur de son shampoing.
Erza et la douceur de sa peau.
Erza et le son mélodieux de sa voix.
Erza, tout contre lui.
« Dix. »
Son chuchotement est presque inaudible mais elle a ses lèvres tout près de son oreille. Le garçon frémit, tourne un peu la tête. Son nez s'appuie contre le sien. La main qui a été sur son torse est remontée sur son cou.
« Neuf. »
Tout son corps se réchauffe et Gerald la fait s'asseoir correctement sur ses hanches. Les genoux de la rouquine s'enfoncent dans les coussins, son intimité broyant la naissance de son désir.
« Huit, murmure-t-il d'une voix chaude et rauque.
- Sept. »
Ses bras passent autour de son cou et sa poitrine se presse contre ses pectoraux. Ses pensées ne sont plus que poussières dans sa tête. Ouais. Une sorcière. Ou une succube ?
« Six. »
Ses mains s'aventurent sur la douceur de ses cuisses, remonte lentement sur la naissance de ses fesses. Sa patience s'effiloche. Celle de son amie également, vu la façon dont elle tire doucement mais fermement ses cheveux.
« Cinq… »
La langue qui passe sur sa lèvre supérieure hypnotise Gerald, qui veut juste plonger la sienne dans la chaleur de sa bouche. L'impatience le dévore, comme le désir.
« Quatre. »
Ses doigts se serrent sur ses hanches.
« Trois. »
Erza appuie son front contre le sien. Il se demande si sa bouche aura le goût de la vodka ou de son baume à lèvres à la cerise.
« Deux. »
Ils ne prennent pas la peine de murmurer le dernier chiffre.
Gerald l'embrasse avidement et désespérément parce qu'il a rêvé de ça, durant des années. Là, il n'est plus dans l'ombre, il est entièrement exposé. Il veut lui montrer, lui faire sentir.
Sa bouche prend possession de la sienne, sa langue se frotte sensuellement contre sa jumelle alors que leur bassin se rencontre et se taquine encore et encore, jusqu'à entendre un gémissement étouffé de la jeune femme. Et c'est comme une étincelle qui met le feu à la poudre, pour lui.
Il agrippe ses cheveux d'une main, se détache un peu d'elle lorsqu'elle lui retire rapidement son t-shirt, puis reprend leur échange endiablé. Des soupirs et des bruits humides remplissent le salon pendant que, dehors, les feux d'artifice éclatent. Gerald se perd dans sa chaleur et son arôme sucré. Il sent ses ongles sur sa peau, ses dents sur la chair molle de sa lèvre, pendant que ses doigts se glissent sous son soutien-gorge. Quelque chose en lui se casse quand elle gémit son prénom, tout contre sa bouche.
Sa retenue, peut-être.
Elle caresse son torse, son ventre, dessine ses muscles en continuant de rendre son désir pour elle plus fort encore. Son instinct prend le dessus et il s'enhardit ; Erza est maintenant allongée sous lui et il relève son haut, embrasse son nombril, remonte sa langue vers sa poitrine à peine dissimulée sous la dentelle. La lumière est peut-être faible mais il discerne parfaitement le mamelon rose. Sa gorge s'assèche, son excitation monte d'un cran. Elle a faufilé ses doigts dans ses cheveux en désordre, pour les agripper, quand sa bouche et sa langue sont venues taquiner la pointe de son sein.
Ses soupirs sont si mélodieux. Son odeur est tellement enivrante. Sa respiration saccadée et semblable à la sienne, pendant qu'il vient langoureusement embrasser l'autre sein, une fois le soutien-gorge suffisamment décalé pour allègrement en profiter. Sa langue taquine le téton dur, joue avec, tourne autour, puis il l'aspire pour la mordiller. Son érection se presse de plus en plus fermement entre ses cuisses, fermement accrochée à ses hanches. Des ondes de plaisir traversent son corps et lui arrache un gémissement.
Il sent les mains habiles de la rouquine défaire la boucle de sa ceinture, puis le bouton de son jean. Ses prunelles sont brillantes, comme les siennes, et Gerald revient capturer ses lèvres pour un baiser rempli de passion. C'est humide, hâtif, bâclé, excitant. Ses mains se perdent sur son corps, les siennes aussi. Elles les glissent sur son dos, jusque sous son boxer pour d'abord caresser ses fesses. Elle mord sa bouche, se cambre pour être pressée entièrement contre lui, l'effleure.
Le souffle lui manque. C'est bon. Si bon. Elle le désire, elle s'offre à lui.
Mais brusquement, la petite voix persistante dans sa tête revient. Elle est là et lui rappelle qu'ils sont tous les deux ivres. Qu'Erza ne se rend peut-être pas compte de ce qu'elle fait et qu'il est en train de profiter, de prendre, de voler.
« E-Erza, souffle-t-il entre deux baisers, on doit- on doit arrêter. »
Elle n'est pas sobre. Ce n'est pas son état normal. Erza ne ferait jamais ça en ayant pleinement conscience de la situation. Et elle a l'air de réaliser dans quoi ils se sont embarqués, dès lors où il a fini sa phrase. Gerald s'est redressé, haletant, le corps encore vibrant de désir pour elle. Il lui permet de se détacher, ce qu'elle fait ; l'étudiante s'écarte, le visage rouge, la respiration saccadée. Des frissons rongent sa chair qu'il sait douce, délicieuse.
« Je- je suis désolée, je-
- Quoi ? Non, Erza c'est-
- Si, je- je devrai… je vais partir.
- Tu n'as pas à- »
Gerald la regarde, perdu par sa réaction. Quand elle s'est levée, il regrette immédiatement la chaleur qui le quitte. Elle se penche et ramasse son téléphone, tombé durant leur petite session, après avoir remis en place ses vêtements. Elle se précipite vers la salle de bain, sans même échanger un autre regard avec lui. Il l'entend parler à quelqu'un, son cœur se serre et il se lève à son tour du canapé, les sourcils froncés ; ils peuvent en parler, non ? C'est rien. C'est l'alcool.
Erza repasse devant lui, une fois sortie de la salle d'eau, et elle ramasse cette fois ses chaussures.
« Bonne nuit, chuchote-t-elle, je suis désolée. »
Ses lèvres s'entrouvrent et l'incompréhension doit se lire sur son visage, parce qu'elle lui donne maintenant un nouveau regard rempli d'excuses et, bordel, il ne comprend pas !
« Hey, attends, Erza, pourquoi tu-
- On se voit plus tard. »
Donc voilà comment Gerald se retrouve à nouveau seul, cette fois avec le fantôme de ses lèvres contre les siennes, tandis que son esprit s'égare pour chercher une réponse à cette réaction.
