Hello !
Bon, finalement personne ne m'a attaquer. Je suis donc saine et sauve :)
Mention spéciale quand même dans les reviews, vous m'avez bien fait rire parce que vous étiez toutes préoccupées par le fait qu'il n'ai pas eu son cadeau d'anniversaire. Vous avez quand même un sacré sens des priorités :D
Point information : le prologue de cette histoire ce passe dans ce chapitre.
Sans plus de bla-bla, voici le chapitre.
Bonne lecture à tous ;)
Playlist du chapitre (que j'ai écouté en boucle lors de l'écriture du chapitre : Dépression assurée) :
- Out of love /Alessia Cara
- Love of my life / Queen (Version live à Rio - Une merveille ;))
- I Have Questions - Camila Cabello
- My mistake / Gabrielle Aplin
- Breath me / Sia
Disclaimer : Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.
*** Le jour où je suis partis ***
La porte venait de claquer derrière moi et instantanément, les larmes se mirent à couler sur mes joues quand un sanglot traversa mes lèvres et que ma poitrine se serra douloureusement. J'avais l'impression que quelqu'un venait d'y plonger sa main pour prendre mon cœur et me l'écraser. Ça faisait mal, atrocement mal.
Je dévalai les escaliers le plus rapidement possible avant d'arriver dans la rue désertée au vu de l'heure tardive et de me mettre en marche sans tarder. Je crois même que si je n'avais pas été si chargée et si enceinte, je me serais mise à courir pour échapper plus facilement à tout ça. Je marchais, me retournant fréquemment pour m'assurer qu'il ne me suivait pas mais il ne le fit pas et je ne savais pas si ça me soulageait ou si ça me blessait encore un peu plus. Il n'en avait donc plus rien à faire. Je venais de le quitter et il n'avait eu aucune réaction, il n'avait montré aucune émotion. Il n'avait fait aucun geste pour me retenir, rien.
Ça me prit sans doute un long moment avant que je ne finisse par arriver devant chez moi, j'avais un peu perdu la notion du temps et n'avais pas pris la peine de regarder ma montre ni même mon téléphone pour savoir l'heure qu'il était. Mes larmes s'étaient arrêtées à un moment de ma course mais je ne savais pas bien quand, sans doute que je n'avais plus rien à pleurer. J'étais rentrée au bon moment, évitant de justesse la pluie qui commençait à tomber alors que la porte de l'immeuble était à porter de vue. Une fois la dite porte passée, je poussais un soupir de soulagement de pouvoir enfin me reposer.
Je montais les escaliers et pénétrai dans mon appartement plongé dans la nuit, la seule lumière visible étant celle des réverbères dehors qui éclairaient faiblement mon intérieur. Je regardais enfin ma montre et vis qu'il était un peu plus de trois heures du matin. Mécaniquement, je me rendis dans ma chambre, retirai mes vêtements parce que j'avais froid. J'étais bien tentée de me coucher mais je savais très bien qu'après ça, j'étais incapable de dormir alors je restai là, devant la fenêtre à regarder la pluie tomber, perdue dans mes pensées. La pluie battait drue sur les carreaux en une musique entêtante qui m'emmena très loin.
La scène se rejouait dans ma tête et je ne comprenais toujours pas comment on en était venus à ça, comment on avait bien pu passer d'un couple joyeux, amoureux et heureux à un couple qui se déchire et qui finit par se séparer.
Qu'est-ce que j'avais bien pu louper ? Pourquoi ce brusque changement de comportement ? Pourquoi une telle colère ? Qu'est-ce que j'avais bien pu faire ? Et ces mots... À quel moment avait-il changer d'avis à mon sujet ? À quel moment ma grossesse avait-elle commencé à le rebuter ? A quel moment m'aimer n'avait plus été suffisant ?
J'étais perdue, blessée, complètement dépassée par les événements. J'avais encore plus de question qu'avant notre discussion et c'était une véritable torture.
Je n'avais même pas fait attention aux larmes qui avaient recommencé à tomber de plus belle trop perdue dans mes pensées et ma vision devint floue en quelques secondes. Le trou dans la poitrine se rouvrit et le feu ravageait davantage mon corps d'une douleur que je n'avais encore jamais connue. J'essayais vainement de retrouver mon calme après avoir senti le bébé s'agiter dans mon ventre et je caressais doucement celui-ci en signe d'apaisement sans grand succès.
Ma respiration devint plus rapide, plus saccadée et laborieuse et cette sensation d'étouffement me reprit et même après avoir ouvert une fenêtre elle ne disparut pas totalement. J'avais toujours cette boule dans ma gorge et ce poids désagréablement lourd qui compressait mes poumons.
Je me retournais et partis dans mon dressing pour prendre quelques vêtements. Je vidai le sac encore présent dans l'entrée, récupérant le cadeau qui aurait dû être le sien et que je déposai sur le meuble de l'entrée avant de retourner à ma tâche.
Une fois mon sac bouclé, je pris mon passeport et quittai mon chez moi. Ma décision était prise, je partais.
oOo
En sortant de mon immeuble, j'étais monté dans un taxi et étais partie directement en direction de l'aéroport. J'avais toutefois fait un rapide arrêt de quelques minutes pour passer par l'appartement d'Edward et même si ça n'avait pas pris que quelques secondes, le temps de déposer le cadeau acheté pour son anniversaire dans sa boîte aux lettres, ça avait été un véritable enfer. J'avais fait l'erreur de lever les yeux vers le haut, j'avais regardé en direction de son appartement au troisième étage. Aucune lumière n'était allumée et j'étais repartie quand j'avais senti les larmes me remonter aux yeux lorsque j'avais pris conscience qu'il devait sans doute dormir tranquillement dans son lit.
Arrivée à destination et heureusement pour moi, j'avais pu me faire rembourser les billets achetés initialement pour le mois de juillet et j'avais eu une place sur le prochain vol suite à un désistement.
J'avais besoin de partir. Je ne pouvais pas rester dans cette ville où je savais que j'allais forcément le croiser. Pour moi, c'était quelque chose d'inenvisageable. Je ne pouvais pas le voir. J'avais déjà tellement mal. De plus, je savais très bien que dès que les autres sauraient pour notre séparation j'allais être assaillie de toutes parts et je n'étais pas prête pour ça. Tout le monde allait me tomber dessus, chacun allait y aller de son avis, de son conseil et là, maintenant, c'était beaucoup trop frais pour que je veuille en parler. Ça tournait déjà en boucle dans ma tête, repassant sans cesse ce moment où il avait explosé, ce moment où il s'était rétracté. Je n'étais pas prête à avoir tout le monde sur le dos, à les voir pendre le parti de l'un ou de l'autre. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas faire face à ça. C'était trop pour moi. C'était le rejet de trop.
Pour le moment, tout ce que je voulais, c'était de ne plus penser à lui, à nous, notre histoire et à notre fin.
oOo
Le trajet en avion avait été relativement rapide. J'avais finalement réussi à dormir un peu mais je n'étais pas forcément reposée. Il occupait toute la place dans ma tête et ça s'était ressentis dans mes rêves qu'il avait également peuplés. J'avais était réveillée par le personnel de bord lorsque nous nous étions rapproché de Seattle avant d'y atterrir.
Une fois sortie, je montai dans un taxi en direction de chez Jacob. Avec le décalage horaire, il n'était que huit heures du matin ici et j'étais pratiquement certaine que mon ami dormait encore. Une fois sur place, je payai le chauffeur et souriais tendrement en voyant la maison de mon ami. Je l'avais déjà vu en photo mais en vrai elle était encore plus jolie. Il habitait à l'extérieur de la ville et avait élu domicile ici dans un joli coin de verdure paisible. La maison était entourée d'arbres et bordait un bois ou une forêt dont l'odeur frappa mes narines et me rappela immédiatement mon enfance. Je soupirai doucement tout en fermant les yeux en profitant de ce moment de paix et de bien-être.
Voulant faire une surprise à Jake et surtout voulant profiter en maximum de cet instant de calme, je me mis sur la balancelle installée sous le porche et m'entourai de la couverture présente sur celle-ci et me laissai bercer doucement en attendant son réveil. J'étais simplement assise à contempler la beauté du paysage et Edward disparut enfin de mes pensées. C'était comme ci rien ne devait troubler le moment et ce bref repos me faisait du bien.
J'avais le regard tourné en direction des arbres autour de la propriété et c'est une voix de femme qui me sortit de ma contemplation en me faisant sursauter.
- Jake ! Il y a une femme dehors, assise sur la balancelle ! Viens voir ! Tu crois que c'est encore la cinglée de l'autre jour ? lui demanda Nessie
J'avais reconnu sa voix mais elle visiblement n'était pas parvenu à voir mon visage et du coup à voir que c'était moi et non pas « la cinglée de l'autre jour ». La porte s'ouvrit violemment et Jacob sortit en trombe de la maison mais se stoppa bien vite en me voyant là, devant lui.
- Promis, je ne suis pas une cinglée, dis-je doucement en levant les mains essayant de faire de l'humour
Il était figé mais se reprit bien vite, il rigola et s'élança vers moi pour me saisir et me serrer dans ses bras autant qu'il le pu avec mon ventre rond qu'il se semblait pas avoir remarqué.
- Doucement Jacob, le réprimanda Nessie en posant une main dans son dos, Attention à son ventre.
- Oh ! Oui, merde ! Pardon ! s'excusa-t-il en se reculant vivement de moi, Eh bah dit donc... Je ne m'attendais pas à ce que tu sois si grosse, ajouta-t-il quand il put voir mon ventre laissé apparent par ma veste à capuche ouverte
- Sois gentil, dit doucement sa petite amie avant de me sourire doucement, Salut, Bella.
- Salut, Nessie.
- Ravie de te voir ici.
- Ouais, d'ailleurs en parlant de ça... Qu'est-ce que tu fait ici ? Pas que je ne sois pas heureux de te voir mais... Tu n'étais pas sensée arrivé que dans dix jours ?
Le sourire que j'avais sur le visage depuis mon arrivée ici s'effaça brusquement et il se fit disputer par Nessie pour avoir fait preuve d'aussi peu de tact. Il n'insista pas plus, se contentant de me dire qu'il s'en foutait et de me répéter à quel point il était heureux de m'avoir près de lui en avance.
Jacob prit mon sac pendant que sa petite amie attrapa par le bras pour me faire rentrer dans l'habitation.
- Tu arrive pile à l'heure pour le petit déjeuner, m'informa Nessie en me montrant une chaise avant de partir dans la cuisine
- On t'installera après, d'accord ?
Je hochais la tête en signe d'accord et lui parti rejoindre sa petite amie dans la cuisine avant que les deux ne reviennent dans la salle à manger les mains chargées de nourriture
- Vous avez besoin d'aide ? proposais-je
- Reste assise, ne t'inquiète pas pour nous. On gère, me répondit la jeune femme en me faisant un clin d'œil
Je sentais que j'allais aimer cette fille. C'était la première fois que je la rencontrais personnellement même si on s'était déjà parlé deux ou trois fois par téléphone. Ils étaient mignons tous les deux et il était indéniable qu'ils s'aimaient. J'étais contente de voir mon ami heureux. Certains pensaient qu'elle était trop jeune pour lui et que pour cette raison, leur histoire ne fonctionnerait pas. Il m'avait raconté comment les gens de Forks avaient été médisants à leur sujet, comment ils avaient eu la critique facile en les voyant mais la preuve était là, devant mes yeux deux ans après leur rencontre. Alors oui, lui était un adulte avec un travail et elle était une jeune étudiante de dix-huit ans au moment de leur rencontre mais il n'avait que cinq ans d'écart et cette histoire était partie pour durer et la solidité de leur couple avait cloué le bec de toutes ses vieilles bonnes femmes en manque de sensation.
- Eh voilà pour Madame ! s'écria mon ami en déposant devant mes yeux une assiette remplit de pancakes
- Oula, tout ça ?
- Je croyais que tu mangeais pour deux, non ?
- Ah mais oui c'est le cas mais là, dis-je en lui montrant l'assiette trop copieuse même pour moi, je pense qu'on peut manger à deux dessus.
- Toujours en train de te plaindre, déplora-t-il
- Parce que toi non ? questionna Nessie
- Eh oh ! Je vous le dis tout de suite, vous allez vous calmer le duo infernal. Je vais jamais tenir avec vous deux.
- Mon pauvre chéri. Mon pauvre, pauvre chéri, se moqua-t-elle à nouveau me faisant ricaner doucement
- Bon, et si au lieu de te plaindre tu me racontais cette histoire avec « la cinglée de l'autre jour » ? demandais-je pour changer de conversation
Le petit-déjeuner se passa dans les rires et ça me permit de penser à autre chose, de me vider la tête et de ne plus penser à lui.
- Et si on préparait ta chambre ? s'enquit mon ami alors que vous étiez en train de finir de faire la vaisselle, On a une chambre au rez-de-chaussée, je pense que ça serait mieux pour toi, non ? Il y a une salle de bain en bas donc pas besoin de monter les escaliers.
- Tu es un saint ! Les escaliers chez moi je n'en peux plus.
- Tu devrais peut-être penser à déménager ma belle.
- Ah oui ! En parlant de ça...
- Quoi ?
- J'ai acheté une maison !
- Quoi ?!
- J'ai acheté une maison, répétais-je à sa demande
- Oui j'avais entendu la première fois.
- Bah tu m'as demandé de répéter alors...
- Tais-toi vilaine ! Tu l'as acheté avec ton Edward ? Ça va si bien que ça entre vous deux ?
Je stoppai tous mouvements et me figeai au milieu de la pièce ce qu'il ne manqua pas de remarquer.
- Dois-je en déduire qu'il est la raison de ta présence ici ?
Face à mon silence, il se rapprocha de moi pour se mettre devant moi. Il releva ma tête que j'avais baisser et ancra son regard dans le mien.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé, Bella ? demanda-t-il en douceur
Je secouai la tête vivement de droite à gauche et me décalai de lui quand je sentis les larmes venir. Je ne voulais pas qu'il me voie comme ça. Je ne voulais pas avoir l'air aussi faible. Mais Jacob était tenace et il ne me laissa pas m'échapper aussi facilement que je l'aurais voulu. Il me ramena à lui, me serra contre lui tout en caressant mes cheveux alors que les larmes coulaient maintenant franchement sur mon visage pour venir s'écraser sur son tee shirt le maculant d'eau salée.
- Je suis désolé ma belle. Chut, ça va aller, murmura-t-il en me berçant doucement avant de se séparer de moi au bout d'un long moment, Bon ! On la fait cette chambre ? Sauf si tu veux dormir sur le canapé ce soir bien sûr.
Sa réflexion me fit doucement rire alors que j'essuyais mes joues humides rapidement avant de lui prêter main-forte pour aller faire le lit.
oOo
Après ça, il avait préférer me laisser seule pour que je puisse me reposer mais ça m'avait été une nouvelle fois impossible. J'avais trop de choses en tête. J'étais en train de réfléchir au moment où les gens allaient se rendre compte de mon absence et à la façon dont ils allaient réagir.
Quand j'étais partis ce matin-là, je n'avais rien dit à personne. Premièrement parce que j'avais pris l'avion aux aurores et ensuite parce que je partais pour être au calme et tous les prévenir aurait été contre-productif mais maintenant je me disais que j'avais peut-être fait une erreur. Je regardai mon téléphone et je n'avais aucun appel manqué ce qui voulait dire qu'Edward n'avait encore rien dit à personne et que donc personne ne s'inquiétait encore pour moi. Ce serait sans doute demain que les premières personnes se poseraient des questions. Ne voulant pas être harcelée, je pris la décision de téléphoner à Angela afin de la prévenir de mon absence pour une durée indéterminée et pour lui dire que les clés du bar se trouvaient dans la boîte aux lettres de celui-ci. Elle parut vraiment surprise mais ne posa pas plus de questions et accepta de gérer la boutique pour moi le temps de mon voyage.
Une fois mon appel fini, je l'éteignis et le posai sur la table de nuit de ma chambre avant de quitter celle-ci pour aller dans le jardin. Je m'étais changé et avais délaissé ma veste à capuche et mon leggings pour une robe d'été le temps étant assez chaud pour un mois de juin. Je pris place sur un des transats présent dehors et je lâchais un soupire de bonheur en sentant le soleil réchauffer ma peau. Je restais comme ça un petit moment avec mes lunettes de soleil sur le nez en écoutant le bruit des oiseaux et du vent soufflant dans les branches.
- Quand je t'ai dit de te reposer, je parlais de dormir dans un vrai lit par ici. Tu vas avoir le dos en vrac, me gronda Jacob
- Je suis bien, ici, répondis-je en lui souriant doucement
Sourire qu'il me rendit avant de rapprocher le deuxième transat à côté du mien pour les coller l'un à l'autre. Il était tourné vers moi et me regardait sans rien dire mais je connaissais ce regard. Il était inquiet pour moi.
- Est-ce que tu va bien ?
- Je ne sais pas.
C'était la vérité. Si physiquement j'allais bien, il en était tout autre de mon cœur et ne parlons même pas de mon moral.
- Est-ce que tu veux en parler ?
- Je ne sais pas.
Il se rapprocha de moi et me prit dans ses bras du mieux qui le pouvait à cause de notre position assez précaire et de mon ventre.
- Si tu as besoin, Nessie et moi sommes là. Pour n'importe quoi.
Pour toute réponse, je resserrai un peu plus mes bras sur son corps.
- Promets-moi que tu le feras, promets-moi que le moment où tu serais prête, tu viendras nous voir.
- Je te le promets.
- Tu m'as manqué, B'
- Toi aussi.
oOo
Je ne pensais pas le dire un jour mais, j'étais bien ici. Étonnant pour quelqu'un qui était aussi réticent à venir, hein ? Mais c'était vrai. J'avais un peu la sensation d'être à la maison. Je ne savais pas si ça venait du fait qu'être avec mon meilleur ami m'avait tant manqué au fil des mois ou si c'était parce que j'étais revenue aux sources si près de chez moi, de la ville dans laquelle j'avais grandi.
Le lundi matin, Jacob du se rendre à son travail puisqu'il n'était pas encore en vacances et Nessie alla à l'université pour passer ses derniers examens avant d'aller à son job étudiant dans un coffee-shop du centre-ville.
Ça ne me dérangeait pas vraiment de rester seule et puis j'avais profité de cette journée pour aller me promener un peu, prendre quelques photos des paysages environnants. Je ne l'avais dit à personne mais depuis quelques mois je m'intéressais à la photographie alors les bois à coté de la maison de mon ami étaient pour moi un réel paradis. Tout y était si calme, beau et pur, je pourrais y passer des heures. J'étais également aller m'acheter quelques vêtements. J'avais fait mon sac rapidement et du coup je n'avais que peu d'affaires avec moi. Je ne pouvais pas m'habiller uniquement de leggings et de veste à capuche. Cette pensée me fit presque rire en me disant que si Alice me voyait, elle m'aurait sans doute tué pour cause de Fashion Faux-pas.
Le mardi, j'avais finalement rallumé mon téléphone et ça avait été l'apocalypse. J'avais un nombre incalculable d'appels en absence, de messages vocaux et de SMS à tel point que ma messagerie était saturée et j'avais fini par effacer tous les messages sans même les écouter. Je n'avais pas lu leurs SMS non plus. Je ne pouvais pas le faire. J'avais mon téléphone dans la main quand il m'indiqua que Paul cherchait à me joindre via un appel vidéo. Le téléphone sonna dans le vide et la communication fut coupée à un certain moment quand il raccrocha finalement lasse d'attendre.
Le reste de la semaine se passa au même rythme. Je sortais, me promenais, prenais soin de moi et de mon bébé et bien vite Jake fut en vacances et il ne me lâcha plus.
Nous étions assis à table en train de dîner quand il me parla de la petite folie que j'avais faite l'après-midi même. Sur un coup de tête, je m'étais rendu dans un salon de coiffure et j'avais fait couper mes longs cheveux. Alors qu'avant ils descendaient jusqu'au creux de mes reins, ils étaient maintenant coupés en un carré long ondulé beaucoup plus court. Sur les conseils avisés de la coiffeuse, Victoria, j'avais même fait éclaircir la couleur de mes cheveux. J'avais longuement hésité sachant très bien que ce n'était pas vraiment recommandé en cas de grossesse avant que Victoria ne m'oriente vers une méthode bien plus naturelle et sans risque avec des produits végétaux. J'avais à présent de jolis reflets miel dans mes boucles de couleur châtain. Je me sentais bien plus légère et aussi un peu différente. J'avais cette impression étrange de me sentir plus femme, plus sûre de moi. C'était complètement stupide mais c'était ainsi.
Après le repas, j'avais abandonné le jeune couple pour aller me poser sur la balancelle sous le porche. Je crois que c'était mon endroit préféré de la maison. J'y passais une grande partie de mes soirées quand le temps me le permettait.
Nessie vint m'y rejoindre me parlant de ses études, de sa famille et de Jacob.
- Il s'inquiète pour toi.
- Je sais.
- Je ne dis pas ça pour te faire culpabiliser ou autre chose mais... Ils s'inquiètent tous pour toi, avoua-t-elle en serrant ma main
- Tous ?
- Depuis que tu es ici, ils nous appellent souvent pour avoir de tes nouvelles et savoir comment tu vas.
J'étais soufflée par cette information. J'étais malheureuse et j'avais été tellement égoïste que je les avais rendus malheureux à leur tour.
- Tu es en train de rendre Paul complètement fou, rigola Jacob qui venait d'arriver, Quand il s'est aperçu que tu n'étais pas au bar et que ton téléphone était éteint il m'a appelé. Ils ne comprennent pas.
- Moi non plus.
- On les a rassuré autant qu'on le pouvait mais je pense qu'ils ne seront tranquilles que lorsque l'un d'entre eux t'aura eu au téléphone.
- Je ne sais même pas quoi leur dire...
Il me tendit mon téléphone.
- Dit leur simplement que tu es ici et que tu va bien.
- Et si ce n'est pas la vérité ? Et si je ne vais pas bien ?
Parce qu'il était clair que je n'allais pas bien. Si d'un point de vue extérieur je semblais aller bien et me remettre doucement de notre séparation, intérieurement c'était tout autre. Le seul moyen que j'avais trouvé pour ne plus penser à lui avait été de m'occuper la journée à en être épuisée le soir. Mais je le payais cher par la suite, quand mes rêves se retrouvaient envahis par sa présence. Je rêvais de lui toutes les nuit et je me réveillais en pleures pratiquement tous les matins.
- Alors dis-le-leur.
Je pris mon téléphone et composai le numéro de Paul. Il était celui dont je voulais entendre la voix, il était celui qui comprendrait. Comme il le faisait toujours quoi que je fasse.
Il décrocha le téléphone au bout de la deuxième sonnerie et sa voix se fit entendre.
- Bella !
Ma bouche s'ouvrit mais aucun son ne sorti.
- Bella, tu va bien ?!
Je soufflais un grand coup pour me donner du courage.
- Salut, Paul.
- Dieu Merci ! Les gars venez ! C'est Bella ! cria-t-il
Il cria si fort que je dus éloigner le téléphone de mon oreille pour ne pas avoir mal.
- NON ! Non ! S'il te plaît non !
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Bon sang, Bella. On était malades d'inquiétude pour toi.
Je regardais Jacob paniquée en comprenant qu'ils étaient tous ensemble et qu'il avait mis la conversation en main libre. Il hocha la tête en signe de soutien et pour me faire comprendre que tout irait bien
- Je suis chez Jacob.
- Oui, on sait. Mais pourquoi tu n'as prévenu personne ?
- J'avais besoin de partir. Je... Je ne pouvais pas rester à Chicago.
- Comment ça ? C'est à cause d'Edward ?
- Je... Je peux pas... Je... Je...
- Bordel mais il s'est passé quoi entre vous ? Tu t'es barrée à l'autre bout du pays et lui est un zombie. C'est à peine s'il répond quand on lui parle.
Edward...Il était un zombie... J'avais du mal à le croire au vu de son attitude ce soir-là.
- Quand rentres-tu ?
- Je ne sais pas. Pas maintenant en tout cas.
- Mais tu vas rentrer, hein ?
- Je ne sais pas.
- Comment ça tu ne sais pas ? Tu ne peux pas tout quitter sur un coup de tête. Tu as une vie ici, entendis-je au loin d'une personne que je reconnus être Alice
- Au revoir, dis-je avant de couper la conversation, Je n'aurais jamais dû appeler, ajoutais-je en regardant Jacob avant de partir dans ma chambre en les laissant seuls sous le porche
Je me mis au lit directement, couchée sur le dos, je regardais le plafond. Un petit coup frappa la porte de ma chambre et après une seconde, Jacob passa la tête dans la pièce.
- Tu me fais une place ?
- Tu es bien trop gros pour ça.
- Sérieusement ? Tu as vu la plaquette de chocolat que j'ai sur le ventre ? s'insurgea-t-il en se couchant à mes côtés, Je suis désolé pour tout à l'heure. On n'aurait pas dû te pousser à faire ça.
- Tu pensais que c'était une bonne idée alors je ne peux pas vraiment t'en vouloir.
Trois petits coups se firent une nouvelle fois entendre.
- Entre Nessie.
- Ça va ? me demanda-t-elle un mince sourire sur les lèvres
Je me redressai et tapotai le dessus du lit pour lui faire comprendre d'entrée dans la pièce et de venir nous rejoindre.
- J'aimerais comprendre, Bella. Je veux dire, la dernière fois qu'on s'est parlés au téléphone tout avait l'air de bien aller pour toi entre le bar, le bébé et ton copain, m'expliqua-t-il, Alors qu'est ce qu'il y a bien pu se passer pour que tu en viennes à partir de chez toi pour venir ici ?
Et il avait raison, il avait beau faire de leur mieux ils ne pouvaient pas faire plus pour moi tant qu'ils ne connaissaient pas toute l'histoire alors je me décidai à tout leur raconter.
- Pour le nouvel an je suis allé à une fête et il y avait ce mec-là. J'avais bu et lui aussi sans doute et on a fini par coucher ensemble. Je ne comprends pas encore aujourd'hui comment ça a pu se passer parce que les coups d'un soir ce n'est pas franchement mon truc mais ça s'est passé. On a franchement été cons parce qu'on n'a pas pensé à se protéger et j'ai eu tout un tas d'examen pour le dépistage VIH mais à aucun moment je n'ai pensé pouvoir être enceinte. J'étais sous implant contraceptif mais il était défectueux et je suis tombée enceinte.
- Ma pauvre, me réconforta Nessie en caressant doucement mon bras
- Sauf qu'entre le temps où je suis tombée enceinte et le moment où je l'ai appris, j'ai rencontré Edward.
- Et tu es tombé amoureuse, me taquina mon ami
- Non, pas tout de suite, en fait ça a été super compliqué parce que quand j'ai fait sa connaissance, j'étais encore sous traitement et je n'étais pas fière de ce que j'avais fait. Je ne voulais pas d'une nouvelle relation mais il est tenace et il a insisté. On s'est revus, on a commencé à se fréquenter et j'ai appris que j'étais enceinte.
Je fis une pause pour les regarder et je vis leurs regards bienveillants à mon encontre.
- Après ça, j'ai pris mes distances avec lui mais Alice n'a pas su tenir sa langue et il l'a appris.
- Si vous étiez ensemble ça veut dire qu'il n'est pas partis en courant
- Non, il a fait tout l'inverse de ce à quoi je m'attendais. Il a été très compréhensif et m'a fait comprendre qu'il était prêt à s'investir dans une relation avec moi-même si j'étais enceinte. Il a fallu du temps pour que j'ai foi en ce qu'il me disait. Vraiment longtemps. J'ai rencontré sa famille et tout le monde à être adorable avec moi et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à réellement y croire. J'ai lâcher prise et j'ai aimé cet homme comme jamais.
- Tu dis que tu l'as aimé, ça veut dire que vous n'êtes plus ensemble ? interrogea Nessie
- Plus depuis la veille de mon arrivée ici, avouais-je
- Tu veux en parler ?
- Je me dis que si je n'en parle pas je n'aurais plus mal mais en fait j'ai mal tout le temps alors...
Je haussais les épaules avant de prendre une grande inspiration avant de tout leur raconter. Comment j'avais vu son comportement se modifier à mesure que ma grossesse avançait, comment il semblait avoir peur de ce ventre qui prenait un peu plus de place chaque jour tout en continuant à être le petit ami idéal dont j'étais tombé amoureuse.
- Et il en pensait quoi du bébé, justement ?
- Il disait qu'il était un adulte et qu'il était prêt à s'engager. Qu'il voulait être avec moi mais...
- Et vous avait déjà parlé de son rôle ? Vous comptiez faire quoi une fois le bébé là ?
- Pas vraiment, un peu à quelques reprises mais on se disait qu'on avait le temps et on préférait laisser les choses se faire. Je ne voulais pas le forcer à faire quelque chose qu'il ne voulait pas. Ce bébé est ma responsabilité pas la sienne.
- Mais vous vous aimiez...
- Il m'a dit toutes ses belles choses, il m'a tiré vers le haut, m'a convaincu qu'il m'aimait. J'ai baisser ma garde, je lui ai fait confiance alors qu'en temps normal je me méfie de tout le monde. Il est devenu mon monde en très peu de temps, j'ai été conne au point de penser que c'était lui, tu sais le bon. Je l'ai vraiment pensé. Et puis tout est parti en vrille.
Je leur racontais notre soirée pour son anniversaire comment sa bonne humeur s'était envolé rapidement et comment il avait été absent, me laissant seule une grande partie du temps.
- J'étais inquiète. Notre situation était atypique alors il avait toutes les raisons et surtout le droit de se sentir un peu mal à l'aise parfois. J'ai essayé de lui parler de tout ça, je voulais comprendre ce qui se passait et ce qui n'allait pas mais il s'est énervé. Il ne s'énerve jamais, il est toujours d'un calme olympien mais là il s'est énervé et il m'a dit ses choses. Des choses à l'opposé de tout ce qu'il m'avait dit. Je pense qu'il m'aurait cracher au visage ça aurait été la même chose.
- Est-ce qu'il t'a fait du mal ? s'enquit la jeune femme
- Juste à mon cœur. Il m'a juste brisé le cœur, hoquetais-je avant de fondre en larmes
- Oh ma douce, je suis désolée. Tellement désolée, tenta de m'apaiser Nessie en me prenant dans ses bras
- Je devais partir, je ne pouvais pas rester en sachant que tout le monde allait s'en mêler et qu'ils allaient mettre leur nez dans une histoire qui ne les regarde pas. Je savais que jamais je n'allais pouvoir supporter ça. Je devais m'éloigner pour le bébé.
- Tu as bien fait et tu es ici chez toi. Tu peux rester le temps que tu voudras.
Jacob qui était plutôt resté en retrait de la conversation maintenant, se rapprocha et nous empoigna avant de nous tenir contre lui.
- Et si on changeait d'air pour le quatre Juillet ? Papa nous a invité à venir le voir, m'informa Jake, Je ne voulais pas t'en parler parce que je sais que tu ne veux pas voir tes parents mais je pense que ça pourrait te faire du bien de retourner là-bas. Et si tu ne veux pas que ça se sache, ça restera secret.
- Je ne sais pas... Et si...
- Charlie et Renée ? Ils ne sont pas en ville. Encore une fois je te ne force à rien mais si...
- D'accord
- D'accord ? Vraiment ?
- Ouais. Billy me manque et Forks me manque.
C'est comme ça qu'en ce début du mois de juillet alors enceinte de six mois, je rentrais à la maison pour la première fois en huit ans.
oOo
Bon Bah... Voilà voilà quoi.
Comme vous vous en doutez Edward va être absent pendant quelques temps de même que tous les autres. Mais pas d'inquiétude, ça ne va pas trop durer non plus.
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire par de vos avis.
Bonne semaine à tous, profitez bien de vos vacances si vous y êtes et pour les malchanceux, courage à vous.
Bye, Beclear.
