Amis du jour, bonjour !
Comment allez-vous ?
Aujourd'hui nouveau chapitre et on continue à suivre notre Bella durant son petit voyage. Promis, la semaine prochaine on retrouve les autres.
Bonne lecture à vous !
Playlist du chapitre :
Moral of the story - Ashe
Comment je vais faire - Hoshi
Disclaimer : Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.
*** Le jour où je me suis relever ***
Nous étions assis tous les trois dans la voiture de Jacob et nous étions en route pour Forks.
Étonnamment ou pas, lorsqu'il avait abordé le sujet, j'avais tout de suite accepté de venir dans la ville de notre enfance. Je ne voulais toujours pas voir mes parents mais quand il m'avait parlé de venir ici, j'avais repensé au bien-être que j'avais ressenti en arrivant chez lui, dans ce lieu entouré de verdure et je me suis demandé si Forks me ferrait la même chose. Je me suis demandé si ça me ferrait autant de bien et si revenir ici pouvait m'aider.
Il ne nous restait que quelques minutes de route pour arriver chez le père de Jake qui habitait en plein milieu de la forêt. Quand on était gamins on adorait passer nos weekends ici. On adorait se faire des histoires et passer nos après-midi à jouer en pleine forêt ou sur la plage en plein été. J'enviais mon ami d'avoir grandi dans une maison qui donnait sur la mer. On en avait eu des bons moments ensemble ici.
C'est sans doute pour ça que je n'avais pas vraiment d'appréhension à venir chez son père.
Mon corps se crispa à peine lorsque nous passions le panneau « Bienvenu à Forks » et maintenant j'avais plutôt hâte d'arriver à destination. La route avait été longue et même s'il faisait beau, j'étais enceinte de six mois et faire autant de route n'était pas non plus l'éclate. J'avais passé une grande partie du trajet à écouter la musique mes lunettes de soleil visées sur le nez ou bien à dormir. Nous étions partis très tôt le matin même et mes nuits étaient loin d'être reposantes.
- On arrive, m'informa Nessie
- Oh bordel, oui ! Je pouvais plus, exulta Jake en s'étirant
- C'est sensé être moi la femme enceinte, non ?
- Chut !
Je levai la tête de mon téléphone sur lequel j'étais en train de faire une partie de "Candy Crush" et vis apparaître au bout du chemin la maison de Billy. Celui-ci nous attendait déjà debout sous le porche de la maison un grand sourire sur le visage. Ça faisait plaisir de le voir debout sur ses deux jambes même s'il semblait encore avoir besoin de s'aider d'une canne, c'était un pas-de-géant quand on sait qu'il avait failli finir paraplégique à cause d'un accident de voiture il y a trois ans. Jacob m'avait dit qu'il ne l'avait pas prévenu de ma venue, mon passage à Seattle devant rester plus ou moins secret. Le pauvre, il allait avoir un sacré choc en me voyant.
Nessie qui était au volant arrêta la voiture juste devant la porte d'entrée et le visage de Billy prit un air perplexe quand il vit une troisième personne présente dans le véhicule. Mes deux comparses, descendirent en premier de la voiture et Jacob vint m'aider s'assurant que je ne glisse pas sur l'herbe encore humide de la rosée du matin même.
- Alors, qu'est-ce que vous m'avez encore fait comme coup vous deux ? demanda son père ne m'ayant pas encore reconnu
- Eh bien, merci pour cet accueil, Billy Black, rouspétais-je faussement en me dégageant de mon ami avant de me retourner vers son père
Il y eut un moment de flottement avant qu'il ne descend les marches et qu'il ne s'élance vers moi.
- Oh mon Dieu ! Bella ! Mais... Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- L'appel de la forêt (*) ? dis-je avec humour
- Oh mon Dieu ! Mais tu es enceinte en plus.
- On ne peut rien te cacher, se moqua son fils
- Tais-toi, tu n'avais même pas vu son ventre toi, fit tout aussi moqueuse sa compagne
Billy qui était entre-temps arrivé à ma hauteur, me prit dans ses bras dans un de ces câlins dont lui seul avait le secret. Ce genre de câlin qui vous réconforte en un clin d'œil et qui vous fait vous sentir toute de suite beaucoup mieux, qui vous apaise.
- Ça fait du bien de te revoir.
- Mon Dieu ce que tu as pu me manquer, murmurant-il avant de se reculer, Comment vas-tu ? Tu en es à combien de mois ? me demanda-t-il en me montrant mon ventre
- Six mois tout pile, répondis-je en souriant doucement avant de parcourir mon ventre avec ma main
- Fille ou garçon ?
- Surprise.
- Venant de toi, ça ne m'étonne même pas.
Il m'attrapa par les épaules et me tourna vers sa maison.
- Et si on rentrait ? Il va falloir préparer la chambre d'ami. Si cet imbécile m'avait prévenu j'aurais pu le faire avant ton arrivée mais bon, ronchonna-t-il
- Désolé, c'est de ma faute. Je ne voulais pas que ma présence dans le coin ne s'ébruite jusqu'ici.
- Ce n'est pas grave, je suis content de t'avoir ici avec nous. Oh mon Dieu, que c'est bon de te voir ma grande.
- C'est bon de rentrer à la maison aussi.
Tout le monde le suivit à l'intérieur et ça m'arracha un petit sourire attendri quand je vis que peu de choses avaient changé ici. La maison avait été rafraîchit mais sinon on y retrouver toujours l'âme de Billy.
Il s'agitait dans tous les sens, ordonna au jeune couple de venir lui donner un coup de main pour nettoyer la chambre qui avait un peu pris la poussière tant il recevait peu de visite. J'avais beau lui dire de ne pas en faire trop, il n'en faisait qu'à sa tête argumentant qu'une femme enceinte avait besoin de confort. Mon Dieu, Nessie deviendrait sans doute chèvre le jour où elle tomberait enceinte de Jacob avec celui-là.
Je les regardais s'activer telles des fourmis quand mon téléphoné sonna.
Emmett.
Je n'avais pas spécialement envie de répondre, surtout à un membre de sa famille mais s'il me contactait c'était que ça devait être important et ça devait sûrement concerner la maison alors après avoir prévenu tout le monde, je quittai la maison, et me rendis sur la plage qui n'était qu'à quelques mètres de là. Entre-temps, Emmett avait raccroché mais après avoir rapidement installé une couverture sur le sable, je lançai un appel vidéo me disant que ça serait plus pratique. Sa tête apparue sur l'écran au bout de la première sonnerie et son énorme sourire illumina l'écran.
- Bien le bonjour, Mademoiselle Swan ! beugla t-il
- Bonjour, Emmett. Comment va-tu ?
- Ça peut aller et toi ?
- Ça va. Tu m'as appelé ?
- Yep ! Regarde un peu cette merveille, annonça-t-il en retournant l'écran de son téléphone, Ta cuisine est arrivée et est presque montée.
- Oh Nom de dieu ! C'est génial ! m'écriais-je, Elle est encore mieux que ce que je pensais !
- Ravi que ça te plaise. On se fait un petit point travaux ? Je sais que tu es partis dans ta famille mais ça ne prendra que quelques minutes et après tu seras libre.
- Bien sûr, prends ton temps. Je n'ai rien de spécial à faire en ce moment de toute façon.
- Tu veux dire à par bronzer ? fit-il cynique
- Tu ferrais pareil à ma place alors ne fait pas le mec blasé, tu veux ? Alors va-y je t'écoute.
On fit un rapide point sur les travaux et il me confirma que si tout se passait bien, j'aurais ma maison comme prévue pour le quinze juillet. J'étais vraiment impatiente maintenant.
Le premier étage était maintenant complètement fini et il me fit faire un rapide tour du propriétaire puis me montrant le changement dans le sous-sol où les peintures étaient en train d'être finies pendant que les rangements étaient en train d'être posés dans la buanderie et après ça, ce niveau serait lui aussi fini.
- Par contre ma belle, tu ne m'as toujours pas parler de la peinture dans ta chambre ni dans celle de bébé aubergine.
- Bébé aubergine ? rigolais-je
- Ouais, ce sont les mots de mon cousin pas les miens.
- Oh !
Comment ça les mots d'Edward et pas les siens ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Pourquoi parler de moi et du bébé alors qu'il m'avait très bien fait comprendre qu'il ne voulait pas tout ça ?
Emmett me ramena sur terre.
- Bon alors, pour la peinture ?
- Pour la chambre du bébé, je m'en chargerai quand j'emménagerai dans la maison.
- Et pour ta chambre ?
- Je t'envoie ça juste après.
- Ok. Bon eh bien, c'est bon pour moi. À partir de maintenant, on part du principe que si je te laisse tranquille c'est que tout est bon ?
- Ça me va. Mais n'hésite pas si tu as besoin. Je te recontacterai à mon retour en ville.
- Ne t'inquiète pas, Tonton Emmett gère.
- Tonton Emmett ?
- Bah oui, pour bébé aubergine.
Alors là...ça faisait beaucoup trop. Qu'est ce que c'était que ce bordel ?!
- Mais... Enfin... Je ne comprends pas, fis-je perdue, Il ne vous à rien dit ?
- Qui ça ?
- Edward, soufflais-je tant de dire son prénom fut difficile à prononcer
- Nous dire quoi ?
- On est plus ensemble. Depuis la fête pour son anniversaire.
- Pardon ?! Mais non ! Il n'a rien dit mais je comprends mieux pourquoi il ne donne plus signe de vie à personne depuis un moment.
- Je pensais qu'il vous en avait parler... Je...
Du bruit se fit entendre derrière lui.
- Attends deux petites secondes, ma belle.
Il du poser son téléphone parce qu'a la place de sa tête apparut le plafond de ce qui semblait être le salon de mon futur chez moi. Je n'entendais pas grand-chose si ce n'est les voix de deux personnes en train de parler.
- Edward ! Attends ! C'est quoi cette histoire ? Vous avez rompus ?!
Edward ? Mais qu'est-ce qu'il faisait là.
L'image du téléphone bougea une nouvelle fois et IL apparut sur l'écran. La réponse de mon côté fut instinctive et je coupai la conversation refusant de le voir. Je ne pouvais pas. C'était trop tôt, beaucoup trop tôt. Je ne pouvais pas faire face à ça.
C'est Jacob qui me trouva sur la plage dans un état second quand il vint m'avertir que le repas était prêt et qu'ils m'attendaient pour manger. Il vit tout de suite que quelque chose n'allait pas et me questionna sur le chemin du retour.
- Il était là, murmurais-je en levant la tête vers lui
- Qui ça ?
- Edward. J'ai reçu un appel visio pour la maison et il est arrivé. Je l'ai vu.
- Et alors ? A te voir, j'en déduis que ça ne s'est pas bien passé.
- J'ai raccroché. Je n'ai pas pu.
- Mais lui, il voulait te parler non ? Ça doit vouloir dire quelque chose, tu ne penses pas ?
- Sans doute oui, mais pour le moment je n'ai pas envie d'y penser.
Le silence se fit et aucun de nous deux ne parla. Lui parce qu'il ne savait sans doute pas quoi me dire et moi parce que j'avais besoin de digérer ce qu'il venait de se passer.
- Tu crois qu'il regrette ? demandais-je au bout d'un moment
- Je ne sais pas, B'. Il va falloir que tu lui en parle si tu veux avoir la réponse.
- Alors ça peut encore attendre un peu.
Il hocha la tête et m'entraîna vers la salle à manger où la table était mise. Après le repas, je partis m'allonger un peu dans la chambre qui m'avait été attribuée et je m'endormis bien vite, fatiguée par les heures de voiture que nous venions de faire pour venir ici.
oOo
L'après-midi était déjà bien avancée quand je finis par émerger de ma sieste. Hum, ça faisait du bien. Je me levai pour aller retrouver les autres mais ne vis que Nessie et Billy en train de discuter le tout confortablement installés sur le canapé du salon.
- Hello vous deux.
- Eh ! Comment va notre marmotte ?
- Reposée. J'ai dormi pour toute une vie je crois, riais-je, Où est ton cher et tendre ?
- Dehors, il téléphone, me répondit-elle en jetant un rapide coup d'œil à son beau-père
- Il y a un problème ?
Ils se regardèrent à nouveau un peu gênés.
- Bon, ça suffit là. Qu'est ce qu'il se passe à la fin ?!
- Ton téléphone n'a pas cessé de sonner depuis que tu es partis te coucher. Jacob est au téléphone avec un de tes amis.
- Nom de dieu, ce n'est pas vrai ! grognais-je avant de sortir de la maison aussi vite que possible
Une fois dehors, je ne le vis pas. Je fis donc le tour de la maison pour aller sous la terrasse arrière et c'est là que je le trouvai.
- Écoutes mec, il va falloir la laisser tranquille. Je pense qu'elle a assez morfler comme ça dans sa vie.
- (…)
- Je sais que tu l'aimes. Elle m'a assez parler de toi pour que je me rends compte que vous êtes fous amoureux l'un de l'autre mais là elle a besoin de temps.
Il parlait avec lui. Il était au téléphone avec Edward. Edward m'avait appelé ?
- (…)
- J'ai eu qu'une version de l'histoire, encore que je n'ai eu que les grandes lignes et je ne sais pas trop quel est ton problème mais tu lui as fait du mal. Beaucoup de mal. Elle t'aime mais là, elle a juste besoin que vous arrêtiez. Tous. Que ce soit ses amis parce qu'ils s'inquiètent ou bien toi parce que après dix jours de silence tu t'es enfin décidé à agir et à arrêter d'être un pauvre con.
- (…)
- Quand elle sera prête et quand elle en aura besoin, elle reviendrait vers vous. En attendant, ça serait pas mal que toi aussi tu prennes du temps pour réfléchir à tout ça. À ce qu'il s'est passé et ce que tu veux qu'il se passe par la suite pour vous deux. Et s'il te plaît, réfléchit bien parce que si tu lui fais encore du mal, je saute dans un avion et je viens te démolir la face. Et crois moi tu ne veux pas ça.
Après sa tirade, il raccrocha et en se retournant, il remarqua ma présence alors que j'écoutais attentivement leur conversation appuyée contre le montant d'une fenêtre.
- Oh tiens, Bella ! Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il comme si de rien n'était visiblement gêné de s'être fait prendre
- Je t'écoutais menacer mon ex petit ami.
- N'importe quoi.
- Ah bon ? Je suis pourtant certaine de t'avoir entendu dire « si tu lui fais encore du mal, je saute dans un avion et je viens te démolir la face », répétais-je en l'imitant, Aurais-je rêvé ?
- Absolument !
- Ne me prends pas pour une conne, sifflais-je en frappant son bras, Espèce de tête de chou !
- Mais... Aie ! Pourquoi tu me frappes ?!
- Tu sais très bien pourquoi.
- Quoi ? Tu es en colère parce que j'ai parler avec ton Edward.
- Ce n'est pas mon Edward
- Genre, dit-il en levant les yeux au ciel, Là c'est moi qui vais me vexer d'être pris pour un imbécile. Est-ce que tu veux savoir ce qu'il m'a dit ?
- Est-ce que ça changerait quelque chose ?
- Pas vraiment mais peut-être que ça pourrait t'apaiser un peu
- De savoir quoi ? Qu'il est désolé, qu'il s'en veut ? Je sais déjà tout ça et ce n'est pas pour autant que ça fait moins mal.
- Aaaah, l'amour, se contenta-t-il de répondre, Une chose bien mystérieuse.
- Attends ?! T'es pas en train de me faire de la philosophie de comptoir là quand même ?
- Eh ! Je te ferrai remarqué que je suis un être doué d'intelligence.
- Seulement quand ça t'arrange, crétin.
- Moi aussi je t'aime, B'.
oOo
Après ça, tout le monde me laissa tranquille. Aujourd'hui c'était le jour de la fête nationale et comme tous les jours depuis que nous étions arrivés ici, je passais une grande partie de la journée sur la plage. Jacob s'était même un peu moqué en me faisant remarquer que pour la première fois de ma vie, j'avais l'air d'avoir pris des couleurs. J'avais enfilé une longue robe d'été à motif fleuri fendue à partir des genoux et avais mes lunettes sur le nez. J'avais emprunté l'ordinateur de Jacob et je parcourais les sites internet à la recherche de la chambre pour le bébé. Je n'avais encore rien acheté et ça allait être ma principale occupation dès que j'aurais emménagé dans la maison. Il me resterai donc deux mois à ce moment-là et j'aurais encore largement le temps.
J'étais assise sur le sable et la légère brise faisait voler mes cheveux autour de mon visage. Les autres étaient partis faire quelques courses pour le soir même et ils m'avaient donc laissé seule et ça m'allait très bien de pouvoir me retrouver un peu avec moi-même. Je continuai mes recherches et je pensais même que j'avais fini par trouver mon bonheur. Je m'envoyai donc tout ça par mail et ferma l'ordinateur avant de me lever. Le temps était vraiment très chaud ce jour-là et une fois debout, je trempai mes pieds dans l'eau amenée par les vagues qui venaient s'écraser non loin de l'endroit où j'étais assise. Il n'y avait personne à part moi et je laissai mes affaires à ma place avant de marcher un peu le long de la plage.
Je pensais à mon retour à Chicago et ce qui allait se passer par la suite. J'allais reprendre mon train-train habituel partagé entre le travail et mon déménagement dans la maison que je voulais faire assez rapidement. Ensuite j'allais devoir préparer l'arrivée du bébé et je pouvais déjà dire que ça allait être mouvementé. J'allais aussi devoir trouver un prénom pour cette petite chose si je ne voulais pas qu'il soit appelé « bébé Swan » à sa naissance. J'avais même acheté un livre sur le sujet pour me donner des idées et j'avais déjà fait une petite liste. Il fallait juste que je me décide.
Je pensais aussi à Edward. Il avait appelé, ça voulait forcément dire quelque chose, non ? Ou alors, je me faisais encore des idées. Le concernant, je n'arrivais pas à me décider. Il y avait cette part de moi qui me disait, enfin qui me criait plutôt, qu'il y avait forcément une bonne raison à ce qu'il s'était passé la dernière fois que l'on s'était parlé. Il devait forcément s'être passé quelque chose pour qu'on arrive là, quelque chose dont il n'avait pas voulu me parler et qui était devenu trop dur à taire et a supporté pour lui au point de tout faire voler en éclats. Puis il y avait cette autre part, celle qui me faisait de nouveau douter de son amour, de ses intentions, de lui, de tout ce qu'il avait pu me dire et de ce que nous avions vécu. Enfin bref, d'absolument tout. C'était elle qui me disait de rester loin de tout ça, d'avant tout penser à moi et à mon bébé, de me faire passer en priorité. Clairement, j'étais perdue parce que même si j'étais éperdument amoureuse de cet homme, il m'avait fait mal. Bien plus que n'importe qui et je ne voulais plus jamais ressentir ça.
Je revenais de ma petite promenade quand j'entendis le bruit d'un moteur de voiture indiquant l'arrivée de celle-ci. Je ramassais mes affaires et repartis en direction de la maison pensant y trouver les autres sauf qu'à mon arrivée, ce n'était pas la voiture de mon ami que je vis.
Je me stoppai directement en reconnaissant la voiture avec le logo du service de Police de la ville de Forks.
Charlie...
Je fis demi-tour dans le bout de revenir sur mes pas pour partir le plus discrètement possible mais ce fut peiné perdue. J'allais faire le premier pas quand sa voix claqua à mes oreilles.
- Bonjour mademoiselle, je cherche Billy. Il s'est absenté ? demanda mon père ne m'ayant pas assez vu pour me reconnaître
Mais j'étais assez lucide pour savoir qu'au moment où j'allais me retourner, il saurait tout de suite qu'il avait sa fille devant lui. Je n'avais pas beaucoup changé en huit ans. J'avais sans doute un peu vieilli, un peu mûris, tout au plus. Je me retournai donc, lui faisant face tout en cachant mon ventre avec l'ordinateur de Jacob.
- Bonjour, Charlie, dis-je doucement en relevant les yeux dans sa direction
Son visage se décomposa quand il me reconnut et passa par tout un tas de couleur avant de revenir à la normale.
- Bella...souffla-t-il, Mais...Qu'est-ce que...
- Je dirais à Billy que tu es passé le voir, l'informais-je avant de reprendre mon chemin pour retourner sur la plage
Je m'étais toujours imaginé ce moment. J'avais longtemps rêvé du moment où j'aurais revu mes parents, tentant de deviner comment se passeraient nos retrouvailles mais je ne m'étais jamais attendu à ça. Il avait été comme moi, perdu, perplexe et sans doute beaucoup trop choqué pour avoir une conversation productive.
- Je ne savais pas que tu devais venir, entendis-je derrière mon dos
- C'était le but, avouais-je, Je n'étais même pas sensée venir ici.
- Jacob, n'est ce pas ?
- Qui d'autre ?
Il vint à ma hauteur, se mettant à côté de moi puis tourna la tête pour me regarder franchement et je tournai la tête vers lui, à mon tour. Il était toujours le même avec quelques rides en plus. Il avait toujours cette horrible moustache qui lui donnait dix ans de plus que ce qu'il n'avait.
- Tu as l'air d'aller bien.
- Toi aussi, dis-je pour changer de sujet
- Combien de temps restes-tu en ville ?
- Je ne sais pas. Ça dépendra de Jacob et de Nessie, pas plus de dix jours en tout cas, répondis-je en reportant mon regard sur les vagues qui se formait au large
- On pourrait en profiter pour se voir, qu'est-ce que tu...
- Comment va Renée ? le coupais-je
- Aux dernières nouvelles elle allait bien.
- Aux dernières nouvelles ? fis-je surprise
- On a divorcé.
- Oh !
- Ça va faire trois ans.
Alors ça, si ce n'était pas une surprise. En fait ce n'en était pas vraiment une parce qu'ils avaient des caractères tellement opposés que je n'étais souvent demandé comment ils avaient bien pu finir par se marier. Ils donnaient l'image d'un couple heureux et amoureux il n'y avait pas plus mal assorti que ces deux-là.
- Je suis désolée pour toi. Elle habite où maintenant ?
- Quelque part en Floride avec son nouveau mari.
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle n'avait pas vraiment perdu de temps mais en même temps ça n'avait vraiment d'étonnant. Ma mère était un peu un électron libre. Une femme aimante et d'une douceur hors du commun mais j'avais toujours pensé que s'il elle avait eu le choix, elle n'aurait pas fait sa vie à Forks. J'étais convaincue qu'elle s'est retrouvée bloquée ici, dans une vie qu'elle aurait voulue différente.
- Elle n'était plus vraiment la Renée que j'avais connue et aimée. Quand tu es partis, on...
- Non ! Stop ! Je ne veux pas savoir. Ce n'est pas mon problème.
- On a été malheureux, tu sais. Elle a fait une dépression, tu sais à quel point ça l'a touché et...
- Je ne suis pas responsable de ça ! crachais-je avec véhémence, Je ne suis pas celle qui a compliqué les choses! J'étais une adolescente mal dans sa peau qui avait seulement besoin de réponse et la seule chose que j'ai obtenue c'est de me faire rejeter par les gens que j'aimais le plus au monde. Vous m'avez fait vivre un enfer.
- Je m'en veux pour tout ça, je m'en veux de ne pas avoir réagi pour stopper tout ça.
Il semblait réellement abattu et il me fit de la peine. Mais le voit malheureux ne changeait rien. Ça n'enlevait pas ma peine.
- J'aurais moi aussi aimé ça. Alors je veux bien être compréhensive et rationnelle parce que je sais que ça a sans doute été dur pour vous aussi mais ce n'est pas parce que je suis allé à la recherche de mes origines que j'ai arrêté de vous aimer. On était une famille heureuse alors comment on a pu en arriver là ? À quel moment, vous, avez-vous arrêté de m'aimer ?
- À aucun moment! Tu es notre enfant. Tu...
Il protesta vivement en élevant la voix.
- Tu savais que je vous avais écrit ? lui demandais-je de but en blanc en me retourna une nouvelle fois vers lui, Je vous ai écrit un nombre incalculable de lettres pour prendre de vos nouvelles et aussi pour donner des miennes. Je vous ai écrit pendant trois ans après que je sois partis. Je n'ai jamais eu aucune réponse si ce n'est le retour des dites lettres.
Il prit ma main dans la sienne et il vit mon ventre qui n'était plus caché par l'ordinateur et qui pointait loin devant moi maintenant. Il resta interdit un moment en le fixant longuement. Je retirai ma main la posant à la place sur mon ventre en signe de protection et d'apaisement en réponse au bébé qui chahutait gaiement à l'intérieur.
Je l'observais attendant une réponse de sa part et je pouvais voir à quel point il s'en voulait, à quel point il semblait avoir pris dix ans de plus depuis le début de notre conversation. Il était un homme fatigué, rongé par la culpabilité et l'inquiétude mais ça ne changeait rien et là, pour moi c'était le juste retour des choses.
- Je l'ai découvert au moment du divorce. J'ai trouvé une lettre que tu avais envoyée et que Renée avait gardé cachée dans la chambre à coucher.
- C'était il y a trois ans ça, si tu étais si malheureux que ça, pourquoi tu n'as pas repris contact ? questionnais-je d'un ton acerbe, Tu aurais pu, mes coordonnées étaient sur la lettre. Tu aurais pu m'écrire pour me dire ce que tu es en train de me dire mais tu ne l'as pas fait.
- Et ça aurait changé quelque chose ?
- Je ne sais pas mais ça m'aurait au moins fait plaisir de savoir que tu pensais toujours à moi.
- Tu es ma fille, bien sûr que je pense à toi !
- Tu m'excusera mais ce n'est pas franchement l'impression que ça a donnée ces sept dernières années, soupirais-je en me détournant de lui le laissant seul
J'étais rentrée et m'étais enfermée dans ma chambre n'en ressortant que le soir au moment du repas. J'avais compris à leur façon de me regarder qu'ils étaient au courant de ma rencontre avec Charlie mais personne n'aborda le sujet et je leur fus reconnaissante.
oOo
Après cela, le reste de mon séjour auprès de Jacob fut relativement calme. Nous avions parlé tous les deux après la rencontre fortuite avec Charlie et il m'avait expliqué pourquoi il n'avait jamais mentionné le divorce de mes parents. C'était un an après que j'avais arrêté de leur écrire et j'étais tellement en colère que la moindre mention de leur nom me mettais dans un tel état de rage qu'il avait laisser tombé après avoir voulu m'en parler un ou deux fois. Je le comprenais, pas facile de parler quand on est face à un mur. Et dieu sait que le mur était solide et têtu.
Nous étions maintenant à l'aéroport et mon avion décollait dans une heure. Ces semaines passées ici avaient été un grand bol d'air frais dans ma vie. Ça m'avait permis de mettre les choses à plat, de réfléchir à ma vie, à ce que je voulais faire à l'avenir et ce que j'allais devoir faire pour y parvenir. Je n'avais pas encore toutes les réponses mais j'avais déjà pas mal avancer.
- Tu vas me manquer, chouina mon ami
- Eh bien, dans quelques mois je vais accoucher d'un adorable bébé qui va adorer rencontrer son parrain alors je compte sur toi pour venir faire sa rencontre.
- Moi ? Parrain ?
- Qui d'autre ? Qui d'autre que l'homme que je considère comme mon frère pour tenir ce rôle ?
- Oh mon Dieu ! J'y crois pas ! Avec grand plaisir.
Il semblait être réellement touché par la responsabilité que je lui donnais et il me promit de faire le voyage le moment venu. Avant de passer la porte d'embarquement, je tendis une grande enveloppe kraft à Jacob.
- Quand tu le verras, tu pourrais donner ceci à Charlie ?
Après la fête nationale, nous étions revenus sur Seattle et je n'avais donc pas revu Charlie. Quand nous avions parlé, il m'avait touché et ça restait mon père malgré tout le mal que lui et Renée avait pu me faire. Je lui avais donc écrit cette lettre, une de plus, pour tout lui raconter, tout depuis le début, comme je l'avais fait dans mon journal intime à l'époque. J'avais décidé de tout lui dire sans détour, sans rien lui cacher pour qu'il sache et qu'il comprenne pourquoi lui pardonner me prendrait du temps. Sans doute, beaucoup de temps.
- Bien sûr, accepta Jake, La prochaine fois que je vais à Forks, je m'arrête chez lui d'abord. Ça lui fera plaisir.
- Prends soin de toi et de ta moitié. Cette fille te fait du bien.
- Rassures-toi, je ne compte pas la lâcher de sitôt.
- J'espère bien ! Sinon je prends l'avion et je viens te remonter les bretelles tellement fort que tu auras du mal à marcher pendant des jours, le menaçais-je avant de rigoler en le serrant dans mes bras pour lui dire au revoir
Une fois dans l'avion et peu de temps avant le décollage, j'envoyai un seul et unique message à Paul.
" Je serais rentrée ce soir. On se voit demain au travail."
Je rentrais chez moi.
oOo
* L'appel de la forêt est un roman écrit par Jack London et publié en 1903.
Voilà pour cette semaine. Comme toujours, j'ai hâte de lire vos retours.
Prenez soin de vous, Beclear.
