Bien le bonjour tout le monde !

Ouh ça me fait tout bizarre de revenir par ici surtout après trois semaines d'absence. J'espère que pour ceux qui sont en vacances, comme moi, vous avez pu ou bien vous en profitez encore. Pour ma part, reprise du travail dans 10 jours. C'est passé tellement vite ! Beaucoup trop vite.

Si non, pour revenir à l'histoire... Je vous annonce que celle-ci est terminée. Enfin pas tout de suite maintenant mais j'en ai fini l'écriture. Il y aura en tout 22 chapitres (ce qui veut dire que la fin est proche) et peut être d'éventuels bonus si nous êtes intéressés. A vous de me dire !

Sur ce, bonne lecture à vous !


Disclaimer : Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.


*** Le jour où je l'ai revu ***


- Bonsoir, Bella.

Je me figeai une nouvelle fois, ne lui répondant pas. Ne sachant pas quoi lui dire, ne réalisant pas vraiment qu'il se tenait devant moi après des semaines de séparation. J'étais toujours appuyée contre la porte, la tête baissée évitant soigneusement ses yeux.

- Qu'est-ce que tu fais là, Edward ?

- Alice m'a dit que tu étais rentrée de ton voyage à Seattle.

Je relevai les yeux vers lui agacée par ce qu'il venait de me répondre. Vraiment ? Mais qu'est ce qu'il croyait au juste ?

- Oui, en effet. Et alors ? Qu'est-ce que tu fais ici ? réitérais-je en lui montrant le bar derrière moi

Il semblait vraiment mal à l'aise et dansait d'un pied à l'autre avant de souffler un bon coup et de reprendre la parole.

- Je voulais simplement te voir.

Je me retournai pour déverrouiller la porte de mon immeuble et une fois chose faite, je regardais dans sa direction.

- Tu voulais simplement me voir ? Sérieusement ? Pour quoi faire au juste? Tu as été très clair avec moi l'autre fois, tu n'as rien demandé de tout ça, répondis-je en répétant mot pour mot ce qu'il m'avait dit ce fameux soir, Alors maintenant, tu rentres chez toi, lui demandais-je en ouvrant ma porte d'entrée

- Bella ! Attends ! m'apostropha-t-il se précipitant à ma suite

- Non ! l'arrêtais-je en levant la main devant moi, Si tu voulais me parler, il fallait le faire l'autre fois quand j'étais disposée à t'écouter. Je voulais seulement t'aider parce que je t'aimais, putain ! Et que te voir comme ça, ça me rendait folle. C'est à ce moment-là qu'il fallait me parler, pas maintenant alors que tu « as merdé » comme tu dis.

Il avança et se stoppa à quelques centimètres de moi et ne bougea plus d'un millimètre. C'était si bon de l'avoir près de moi mais en même temps si douloureux, je ne parvenais pas à gérer tout ça. C'était trop pour moi là. Entre Alice, Paul et maintenant ça... Maintenant lui. Je ne savais plus où j'en étais, ce que je voulais, ce que je devais faire. J'étais complètement perdue.

- Tu me manques, je t'aime, m'expliqua t-il, Je suis désolé pour ce que j'ai pu te dire, je ne le pensais pas. J'étais en colère, j'avais plein de chose en tête et tu étais si insistante...

- Ah non ! Je te l'interdis, tu m'entends ?! le coupais-je une nouvelle fois en élevant la voix, Je t'interdis de me faire porter le chapeau ! Le problème c'est toi, pas moi alors ne retourne pas les choses ! m'écriais-je maintenant en colère, Je ne sais pas ce que tu croyais faire en venant ici mais tu n'as rien le droit d'exiger de moi. On parlera quand je l'aurais décidé et non pas parce que tu te pointes ici comme une fleur en pensant tout arranger d'un claquement de doigts.

Il me regardait et semblait sonné, choqué devant la véhémence de mes propos mais ça me mettait hors de moi qu'il puisse penser qu'il lui suffisait de venir me voir pour que les choses s'arrangent comme par magie. Si Alice avait raison sur une chose, c'était qu'il allait nous falloir avoir une longue et sans doute désagréable conversation si nous voulions mettre les choses à plat.

Trop heureuse qu'il m'accepte moi et le bébé, je n'avais rien vu ou du moins j'avais fais semblant de ne rien voir. Il y avait vraisemblablement tout un tas de non-dit, de son côté comme du mien. Des non-dits qui peu à peu avaient créé une scission entre nous et menant à cette dispute qui avait fait volé en éclat notre couple. Il disait m'aimer, regretter ses propos et être désolé et même si je voulais le croire je ne pouvais pas oublier ce qu'il m'avait craché à la figure. Je ne pouvais pas oublier que sa manière d'être et toutes ses actions semblaient me crier qu'il voulait fuir et qu'il n'était pas prêt pour ça, qu'il n'était pas prêt pour faire sa vie à nos côtés.


oOo


Après ma tirade, j'étais rentrée chez moi sans me retourner le laissant seul sur le trottoir. J'étais monté chez moi, j'avais coupé mon téléphone portable pour être tranquille et avais pris une douche avant de sauter, enfin façon de parler, dans une tenue plus confortable pour passer la soirée. J'avais enfilé un legging de yoga pour femme enceinte de couleur gris chiné, un simple débardeur blanc avec de la dentelle sur les bretelles le tout recouvert d'un gilet bleu foncé à grosses mailles m'arrivant au niveau des genoux.

Il devait être aux alentours de vingt et une heures, peut-être vingt-deux heures, je venais de finir de manger ma salade César et j'étais posée dans mon canapé entourée de coussins pour me caler dans une position plus ou moins confortable pour soulager mon dos le tout en regardant un documentaire sur les requins blancs quand quelqu'un vint toquer à la porte de mon appartement.

Je fis un bond et poussais un léger cri de surprise avant de me lever avec peine de ma place pour aller voir à travers le judas qui se trouvait devant ma porte. Je redoutais la visite d'Alice mais non, il s'agissait de Paul. Ok, ça voulait forcément dire qu'il y avait un problème en bas. Il fallait forcément que ça arrive le soir où j'avais justement éteint mon téléphone. Je lui ouvris ma porte et il me semblait plus gêné qu'inquiet. Bizarre.

- Bah, qu'est ce que tu fais là ? Il y a un problème en bas ? demandais-je immédiatement à peine la porte entrouverte

Il se frotta le derrière de la tête tout en me faisant un petit sourire embarrassé.

- Euh...C'est pas vraiment un problème mais... hésita t-il, Edward est en bas.

- Quoi ?! Encore ?! Je lui ai pourtant dit de rentrer chez lui tout à l'heure, soufflais-je fatiguée qu'il ne l'ai pas fait

- Ah ! Donc il est venu te voir...

- Ouais, il voulait me parler.

- Et je dois en déduire que ça ne s'est pas très bien passé ? se risqua t-il à postuler

- On est tous les deux vivants, non ? fis-je énigmatique en déviant le regard et en serrant les dents

Il ricana franchement avant de retrouver son sérieux.

- Oui mais ça explique surtout pourquoi il est en ce moment complètement ivre mort dans ton bar.

- Pardon ?! criais-je, Tu te fous de ma gueule ?

- Eh ouais ! Il est là depuis des heures et franchement il est dans un état pitoyable. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais visiblement il ne l'a pas très bien pris.

- Nom de dieu ! C'est pas vrai ! râlais-je partant dans l'entrée pour enfiler rapidement une paire de basket avant de prendre mon téléphone posé sur la table basse

Je le rallumai et il s'éclaira sans discontinuer. J'eus une alerte qui apparut sur mon écran m'informant de plusieurs appels manqués, tous en provenance de mon ex petit-ami à l'exception d'un seul provenant de Paul. Le dernier datant d'il y avait à peine quelques minutes. Oh...Edward mais qu'est ce que tu me faisais là?

- Ça fait bien trente minutes qu'on essaye de le faire arrêter de boire, m'informa Paul en refermant la porte de mon appartement derrière nous

Je dévalai les marches aussi vite que possible et nous arrivâmes devant le bar.

- C'est mauvais comment ? demandais-je à mon ami en faisant une pause devant la porte

- Il est vraiment mal, me répondit-il en grimaçant sans rentrer plus dans les détails

- Bon, d'accord. Je m'en occupe. Merci d'être venu me chercher.

- Je suis désolé de te demander de t'occuper de ça mais je n'avais pas les coordonnées de sa famille, se justifia t-il en me retenant alors que j'allais entrer

- On est adultes, on est quand même capables de se parler sans finir par s'égorger.

Il hocha simplement la tête et entra en premier dans le bar me laissant seule. Je pris quelques secondes de plus pour me donner un peu de courage avant de pénétrer à mon tour à l'intérieur parce qu'on était adultes mais ça n'en restait pas moins difficile de me retrouver devant lui. Surtout dans de telles circonstances.

Au moment où j'entrai dans la pièce, je le vis immédiatement. On ne pouvait pas faire autrement d'ailleurs. Il était accoudé au bar assis sur un tabouret, la tête baissée et un verre de ce que je devinais être de whisky dans la main. Dans son autre main se trouvait son téléphone qu'il porta à son oreille et au même moment mon téléphone vibra dans la poche de mon gilet. Je le pris et je vis l'écran afficher son nom. Il m'appelait une nouvelle fois et là, même si tous nos problèmes étaient encore à vif et irrésolus, j'eus de la peine pour lui. Il ressemblait à un homme triste, brisé, un homme qui souffrait et je pris conscience qu'Alice n'avait peut-être pas tort. Nous étions deux à souffrir dans cette histoire.

Je levai une nouvelle fois les yeux vers lui et je le vis balancer rageusement son portable sur le comptoir, finir son verre cul sec avant d'en commander un nouveau. Riley qui tenait le bar avec Seth s'aperçut de ma présence et m'interrogea silencieusement du regard. Il me montra Edward d'un geste de la main et je lui fis un rapide non de la tête lui faisant comprendre d'arrêter de le servir.

Edward releva la tête et se mit à vociférer sur le pauvre jeune homme, se plaignant de ne pas avoir eu son verre et je m'avançais dans sa direction pour me mettre derrière lui sans qu'il ne me vît.

- Tu ne crois pas que tu as assez bu ? lui demandais-je les bras croisés sur ma poitrine avant de me mettre à sa périphérie

- Et qu'est-ce que ça peut bien te faire ? cracha-t-il

J'eus un mouvement de recul face à son attaque si mesquine. Il le remarqua et se radoucit.

- Pardon. Je ne voulais pas te faire peur.

- Tu ne me fais pas peur, le rassurais-je, Qu'est-ce que tu fais là, Edward ?

- À ton avis ?

- Tu veux dire à par te rendre malade et te donner en spectacle ? répondis-je tout aussi mesquine que lui

- Je suis majeur, si j'ai envie de boire j'en ai le droit.

- C'est vrai. Mais si tu pouvais éviter de me faire fermer boutique parce que tu as siphonné toutes les bouteilles, ça m'arrangerait.

Il baissa la tête et regarda avec attention le bois du comptoir parcourant les nœuds du bout des doigts.

- Je vais appeler quelqu'un pour qu'on vienne te chercher.

Je pris mon téléphone, m'éloignant un peu de lui et composais le numéro de son cousin qui répondit presque immédiatement.

- Eh, Bella. Qu'est-ce qu'il se passe ? Un problème pour demain ?

- Non, tout va bien. Il faudrait simplement que tu viennes chercher ton cousin.

- Hein ?!

- Il est au bar et il a un peu forcé sur l'alcool.

- Oh putain, le con ! jura t-il visiblement partagé entre l'envie de rire et la consternation

- Je suis désolée mais je ne peux pas le laisser repartir alors qu'il est ivre mort.

- Euh... Ouais mais le problème c'est que je ne suis pas en ville. Je ne rentre que demain matin.

- Ah, mince ! Tu pense que je devrais appeler Carlisle ou Esmée ?

- Ils ne sont pas là non plus. Ils sont en vacances au Mexique, ils ne reviennent que la semaine prochaine.

Eh merde ! C'était bien ma veine ça.

- Fous-le dans un taxi et il se débrouillera. Ne t'inquiète pas pour lui. Il a déjà connu ça et puis ça lui ferra les pieds, se moqua Emmett.

- Emmett, soupirais-je, Sois sérieux deux minutes tu veux ?

- Oh mais je le suis.

- Ok. Laisse tomber. Désolée de t'avoir dérangé. À demain Emmett !

Je raccrochais le téléphone et soupirai de frustration me mettant à réfléchir à toute allure à ce que j'allais faire. Je ne pouvais pas le laissé seul dans cet état-là. Il pouvait très bien aller finir de se saouler dans un autre bar une fois monté dans le taxi sans compter sur le risque de coma éthylique et s'il était seul ça pouvait très mal finir.

J'étais en train de passer en revue les solutions possibles quand Paul revint vers moi.

- Alors, on en fait quoi de ton gugusse ?

- Je crois que je suis bonne pour l'héberger pour la nuit.

- Sérieusement ? Rien ne t'y oblige, tu le sais hein ?

- Ouais, je sais mais personne ne peut venir le chercher et on ne sait jamais ce qu'il peut se passer s'il est seul. J'ai pas franchement envie qu'il se noie dans son vomi. Tu peux juste l'aider à monter les marches ?

- Bien sûr. Monte en première, on arrive.

Je le remerciais et sortis pour retourner chez moi et fus rejointe quelques minutes plus tard par Paul qui portait carrément un Edward grognon qui jurait comme un marin polonais pour qu'il le laisse tranquille. Lassé, mon ami finit par le lâcher et Edward vint s'écraser bruyamment sur le sol du salon en jurant encore un peu plus. Dans d'autres circonstances j'en probablement rit et me serais moquer de lui pendant des semaines mais là, l'heure n'était pas à la rigolade. Paul nous quitta après ça et nous laissa seuls tous les deux.

Je partis lui chercher des vêtements pour qu'il puisse se changer. Il sentait l'alcool à plein nez, c'était épouvantable et ça me soulevait le cœur. J'aurais voulu lui faire prendre une douche mais je ne voulais pas prendre de risque avec le bébé. À mon retour dans la pièce, il s'était relevé et se tenait à présent devant une des fenêtres. Il se retourna en m'entendant arriver et me regarda. Il semblait un peu plus lucide et ça me rassura un peu.

- Tu peux prendre une douche si tu veux. Je t'ai pris des vêtements, lui dis-je en lui montrant les morceaux de tissu, Je t'amène une couverture et un oreiller, continuais-je avant de partir dans la buanderie

Je le vis passer furtivement dans le couloir et entendis la porte de la salle de bain se fermer doucement. J'en déduisis qu'il était parti se laver et je profitais de son absence pour poser le linge de lit sur le canapé avant d'aller me chercher à boire dans la cuisine et de m'installer sur un des tabourets pour l'attendre. Il revint peut-être une quinzaine de minutes plus tard changé et les cheveux encore humides de sa douche.

- Tu va mieux ? l'interrogeais-je

Il hocha simplement ne parlant pas. Rassurée quant à son état de santé, je me levai et sortis de la cuisine pour aller dans ma chambre. Au moment de passer à côté de lui, je fis une rapide pause à sa hauteur, me mis sur la pointe des pieds et déposais un baiser sur sa joue.

- Bonne nuit, Edward, murmurais-je avant de reprendre mon chemin et de rentrer dans ma chambre en fermant la porte derrière moi


oOo


À mon réveil le lendemain matin, je mis quelques minutes à me rappeler des événements de la veille. Je restais allongée à regarder mon plafond repensant à ma soirée d'hier, repensant à lui et sa tristesse évidente et je m'en voulus de l'avoir envoyé promener quand il était venu me voir. J'avais un peu peur de voir dans quel état il était ce matin mais il ne m'avait pas semblé avoir été malade dans la nuit donc ça ne pouvait pas être aussi mauvais que ça. Il était tôt, très tôt même. Bien plus tôt que l'heure à laquelle j'avais l'habitude de me lever en temps normal mais impossible de me rendormir. En plus, je devais aller aux toilettes ma vessie étant sur le point d'exploser. Littéralement. Merci bébé.

Je me levai donc et allais directement dans la salle de bain pour me soulager. Une fois que ce fut fait, je me glissai sous la douche savourant les bienfaits de l'eau chaude sur mon dos durement sollicité depuis quelque temps, mon ventre devenant de plus en plus lourd. Une fois douchée, je m'enroulai dans mon peignoir et partis prendre mon petit déjeuner dans la cuisine. En entrant dans le salon, je le vis couché sur le canapé encore profondément endormi. Il était sur le dos, étalé de tout son long dormant paisiblement.

Je me stoppais et m'asseyais doucement devant lui sur la table basse faisant le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller. Ça allait déjà être assez compliqué pour lui quand il émergerait. Je restais là durant quelques minutes à le regarder dormir, le détaillant avec attention. Observant son visage fatigué, les cernes bleues violacées qui avaient pris place sous ses yeux et la barbe fournie qui décorait maintenant sa mâchoire. Il ne s'était pas rasé depuis un moment apparemment. Oh Edward, mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? A quel moment as-tu baisser les bras ?

Il remua dans son sommeil et ce fut le signal pour moi de m'en aller ne voulant pas me faire surprendre. J'entrepris de faire quelques crêpes pour le petit déjeuner et je venais de finir de tout préparer quand il se redressant difficilement sur l'assise de mon canapé en grognant. J'en connaissais un qui avait une jolie gueule de bois. Il fit courir sa main droite sur son front sans doute pour soulager la migraine qui devait marteler sa tête. Ses yeux papillonnèrent, observant le lieu dans lequel il se trouvait et tourna la tête dans tous les sens avant que son regard ne se pose sur moi. Il se gratta le crâne avant de se lever pour me rejoindre.

Je me contentais de le regarder alors que l'homme que j'aimais semblait avoir laissé place à un enfant honteux de son comportement immature.

- Comment va ta tête ? lui demandais-je doucement

Il grimaça avant de se laisser tomber lourdement sur un des tabourets devant moi.

Je lui désignais le verre de jus d'orange et l'antalgique que j'avais préparé pour lui et je lui servis une assiette pleine de nourriture qu'il attaqua presque immédiatement me faisant doucement sourire.

Aucun mot n'avait encore été prononcé de tout le repas. C'était comme si l'écrasante réalité de la situation dans laquelle nous étions venait de nous rattraper, comme si la trêve d'hier soir n'avait plus lieu d'être et que tous nos problèmes revenaient au premier plan.

La veille, nous avions arrêté de nous poser des questions et de réfléchir. Quand nous avions fini de manger, je m'étais échappé dans ma chambre. L'atmosphère trop pesante entre nous me rendait malade. Je n'avais pas pu rester plus longtemps dans la même pièce que lui. C'était la première fois que j'étais restée aussi longtemps dans un espace aussi restreint et ça m'a mis mal à l'aise, je ne savais plus comment agir avec lui à proximité. Comment étais-je censée agir avec cet homme alors que nous semblions être devenus des étrangers ?

Je pris tout mon temps pour m'habiller même si ma tenue n'était pas des plus élaborées, ça me permit de reprendre mes esprits et de me calmer. Il fut bientôt l'heure pour moi de partir au travail et je dus bien quitter ma chambre. À ma sortie de celle-ci, je fus plus que surprise de constater son absence. Je parcourais mon appartement à sa recherche avant de tomber sur un simple morceau de papier déposé sur ma table basse.

« Merci pour hier soir. J'attends ton appel, si tu veux parler. E. »

Il était partit...


oOo


Ça me prit quelques jours avant que je ne puisse ne serait-ce qu'imaginer aller lui parler. J'avais été énormément occupée depuis mon retour notamment avec la réception des clés de mon nouveau chez moi puis l'organisation de mon déménagement qui devait avoir lieu d'ici une petite semaine. Si l'ancienne maison avait été un réel coup de cœur pour moi, j'en été à présent complètement raide dingue. Quand j'avais rencontré Emmett et qu'il m'en avait remis les clés, avait été un jour particulier. J'avais parcouru les moindres recoins de cette nouvelle habitation et même si j'étais déjà au courant de tous les changements faits, j'avais eu l'impression de tout découvrir m'extasiant devant tout et n'importe quoi. J'étais tellement pressée de venir enfin y habiter que j'avais commencé à y ramener quelques trucs.

Aujourd'hui je recevais la livraison des meubles pour la chambre du bébé et Jasper et Alice devaient arriver d'ici quelques minutes pour m'aider à tout monter par la suite. J'avais prévu de faire les peintures de la chambre après, voulant garder mon petit secret pour moi le plus longtemps possible. Je venais de finir de faire couler une cafetière de café quand j'entendis une voiture se garer devant la maison avant que le conducteur ne klaxonne et je sortis rapidement sous le porche. Je l'adorais. Il avait été un peu agrandit et tout le vieux fer forgé avait été remplacé par des poutres en bois massif bordées de barrières en bois blanc et couvert grâce à un toit de bardage tout aussi blanc.

Maintenant il y avait la place pour un ou deux fauteuils et même un petit pot de fleurs si je le souhaitais. Alice et Jasper sortirent de leur voiture en claquant bruyamment les portières.

- Mais vous allez arrêter votre bordel ?! Je vais finir par être mal vu par les voisins à la fin, déjà qu'ils doivent me détester avec les travaux.

- Et tu te préoccupes de ce qu'ils peuvent penser parce que... ?

- Parce que je compte bien rester ici un moment.

- Ce que tu peux être rabat-joie.

- Aller arrête ton cirque et rentrez à l'intérieur. Les livreurs ne devraient plus trop tarder maintenant. J'ai fais du café si vous voulez.

- Ce sera juste la troisième tasse depuis qu'on est levés, se moqua mon amie

- Oui bah raison de plus pour te contenter d'eau, la taquina son mari

Une fois à l'intérieur, j'en profitais pour leur faire faire le tour de la maison. Ils n'avaient pas encore eu le temps de venir et ils découvraient donc la maison pour la première fois. Alice souffla impressionnée par la taille de la pièce de vie et demanda la même cuisine à Jasper qui refusa tout net argumentant que la leur était toute neuve. Je les guidais vers la chambre où toute l'action allait se passer aujourd'hui.

- Tu es sérieuse ? Mais il n'y a rien ici, déplora Alice en voyant la pièce toute blanche et dépourvut de décoration

- J'ai prévu de faire la décoration une fois l'emménagement fait.

- Oh mais dites-moi que je rêve... Avoue–le, tu connais le sexe du bébé, fit-elle accusatrice

Je lui fis seulement un petit sourire complice et malicieux le tout agrémenté d'un clin d'œil joueur.

- Non mais tu es sérieuse ? Tu vas vraiment rien me dire ? Je suis ta meilleure amie ! se révolta Alice

Je fus sauvée par le gong quand la sonnette de la porte se fit entendre annonçant l'arrivée des livreurs. Une fois tous les cartons récupérés, Jasper les monta à l'étage et le montage put commencer et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y avait du travail. Finalement j'aurais peut-être dû attendre la semaine prochaine pour ça parce qu'ils n'étaient pas sortis de l'auberge. Ça nous pris tellement de temps qu'Emmett fut même appelé en renfort en fin de matinée. Il était bien plus que le cousin d'Edward que j'étais forcée de côtoyer professionnellement, c'était devenu un très grand ami sur qui je pouvais compter au moindre problème et qui c'était montré relativement discret et compréhensif concernant ma relation avec son cousin. Étonnant pour quelqu'un d'aussi bourru que lui. Il était arrivé depuis plus d'une heure et avec Jasper ils étaient en train de se creuser les méninges à cause de la notice du lit. Qui aurait pu deviner que les notices seraient un véritable calvaire à décrypter ?

Avec Alice, nous venions de finir de monter le fauteuil à bascule et nous étions en train de faire une rapide pause pour boire quelque chose. Elle était assise sur l'îlot et j'étais adossé à l'évier quand elle me parla d'Edward.

- Paul m'a dit qu'il était venu te voir.

- Mon Dieu mais arrêtez ! Vous n'avez rien d'autre à faire que de parler de moi et de mes peines de cœur ?

- Ça nous fait un peu de distraction. Puis bon, s'il se donne en spectacle aussi...

- Ah ah ah ! Je suis morte de rire.

- Estimes-toi heureuse qu'on ne soit pas plus derrière tes fesses, Paul m'a aussi raconté que tu voulais que l'on te lâche un peu avec ça. Plus sérieusement, c'est juste que ça nous chagrine de vous voir tout gâcher. Vous étiez tellement bien ensemble.

- Désolée de te décevoir, fis-je amère, Tu devrais peut être lui dire à lui aussi.

- Ne dis pas de connerie, on t'aime et tu le sais. Rien de ce que tu feras ne nous fera changer d'avis à ton sujet. On veut seulement que tu sois heureuse. Et ne t'inquiète pas, il connait le fond de ma pensée cet idiot.

- Je suis heureuse.

- Vraiment ?

- Bon ok, j'y travaille.

- C'est un bon début, m'encouragea-t-elle, Et avec lui, tu comptes faire quoi ?

- Aucune idée. Je suis censée faire quoi ?

- Je n'ai pas la réponse à ça mais... Ça t'a fait quoi de le revoir ? me demanda t-elle timidement

- C'était... Difficile mais... Tellement bon en même temps. J'ai essayé de le ranger dans un tout petit coin de ma tête pendant que j'étais à Seattle, j'y étais plus ou moins parvenue et quand je l'ai vu... J'aurais presque pu oublier ce qui s'était passé.

- Tu l'aimes toujours.

Ce n'était pas une question mais une affirmation qui ne laissait place à aucune protestation.

- Bien sur que oui. Je ne suis pas celle qui à cesser d'aimer l'autre.

- Si tu veux mon avis, c'est plus compliqué que ça.

- Je m'en doute mais s'il ne me laisse pas entrer dans sa tête comment veux-tu que je le sache ? S'il ne me laisse pas faire, comment suis-je censée l'aider à aller mieux ?

- Il voulait te parler l'autre soir, non ?

- Oui c'est ce qu'il a dit mais...

- Tu devrais peut-être écouter ce qu'il a à te dire.

- Je sais mais...

Elle descendit de son perchoir et se rapprocha pour venir se planter devant moi.

- Je sais qu'il t'a blessé, tu te sens perdue et tu doutes de tout mais si tu ne lui laisses pas l'opportunité de t'expliquer tu ne pourras jamais aller mieux. Je ne dis pas que tu ne dois pas être en colère ni qu'après ça tout ira bien mais au moins tu seras fixée et tu pourras agir en conséquence.

- Et si...Pourquoi personne ne m'a mis en garde ? Pourquoi aucun de vous ne m'a dit de me méfier, que ça pouvait ne pas fonctionner ?

- Parce que, comme vous, nous voulions que ça fonctionne.

- Et on voit bien ce que ça a pu donner. Il y a des fois...

Un gros boum stoppa notre conversation et inquiètes, nous nous rouâmes à l'étage. Emmett était assis par terre en pleine conversation téléphonique et Jasper lui était en train de sauter sur place en se tenant le pied.

- Oh bordel de merde ! Je viens de me défoncer le pied, pleurnicha-t-il, Putain ! Emmett raccroche et vient m'aider.

Emmett qui se moquait de lui se redressa en ricanant comme un gosse de cinq ans son téléphone toujours greffé à l'oreille.

- Je dois te laisser Eddy, le devoir m'appelle. J'ai un lit pour bébé à monter, dit-il avant de raccrocher

Son regard en disait long sur l'identité de son interlocuteur et il s'approcha de moi pour venir chuchoter à mon oreille.

- C'est un idiot, il devait savoir qu'il était en train de louper des choses.

- Emmett... Tu n'avais pas à faire ça. On ne peut pas forcer quelqu'un à en aimer un autre.

- Il t'aime, c'est une certitude. N'en doute pas.

- Si tu le dis.

- Bien sur que je le dis et j'ai raison en plus. Il a seulement besoin d'un bon coup de pied aux fesses pour arrêter de se conduire comme un parfait imbécile. Bon tu m'excuseras mais mon partenaire va me tuer si je n'y vais pas.

Jasper le regardait méchamment attendant qu'il se décide à venir lui prêter main-forte alors je le laissais le rejoindre ne voulant pas mettre sa vie en jeu.


oOo


Quelques heures plus tard, tous les meubles étaient montés et trônaient au centre de la pièce pour me permettre de faire la peinture plus facilement quand je voudrais m'y mettre. J'avais opté pour des meubles assez classiques de style anglais et de couleur blanche. Je voulais quelque chose de reposant, d'épuré tout en étant adapté à la présence d'un enfant. J'avais en tête de créer un décor sur tout un pan de mur pour apporter de la couleur et réchauffer cette chambre qui pour le moment était très clinique. J'avais vu quelques choses d'assez sympa sur internet et j'avais bien envie de faire le même genre de chose ici.

Alice vint se mettre à côté de moi, souriant en tournant sur elle-même.

- Vous allez êtes bien ici tous les deux, concéda-t-elle en s'arrêtant pour mettre une main sur mon gros ventre qui bougea sous les coups de pied de bébé, Je sens de bonnes vibrations.

Malgré nos différents passés, j'étais heureuse de l'avoir ici à mes côtés. Depuis mon retour, elle avait été une amie des plus attentives, me soutenant et me conseillant du mieux qu'elle le pouvait pour me venir en aide. Elle avait été une meilleure amie durant le mois qui venait de s'écouler que pendant les cinq dernières années. Elles avaient vraisemblablement appris de ses erreurs.

- Merci d'être là et d'être mon amie, lui dis-je en la serrant dans mes bras

- C'est à ça que servent les amis.

- À ça et à être ton esclave au besoin, me moquais-je

Elle explosa de rire qui devint communicatif nous faisant rire comme deux adolescentes.

- Je t'aime.

- Moi aussi, ma belle.


oOo


Rendez-vous la semaine prochaine !

Prenez soin de vous ;)

Beclear.