Hello tout le monde !

Pas de bla bla ce soir, je suis déjà assez en retard comme ça :D

Je vous livre directement le chapitre sans vous retenir plus; je sais à quel point certain(e)s peuvent être impatient(e)s de lire la fameuse confrontation entre nos amoureux. Alors... TADA !

Bonne lecture à vous.


Disclaimer : Les personnages ne sont pas ma propriété mais celle de SM.


*** Le jour où des secrets ont été révélés ***


Samedi 1er août. Début de mon septième mois de grossesse et jour du déménagement dans la nouvelle maison. Ça y est ! Nous y étions ! Ça avait été tellement dur t'attendre jusqu'ici mais c'était enfin le jour-J.

Il était tôt, vraiment très tôt. À peine six heures du matin mais j'étais déjà debout, sur le pied de guerre attendant l'arrivée des déménageurs. Toutes mes affaires avaient été empaquetées au cours des deux dernières semaines et j'avais appris à ne vivre qu'avec le strict minimum depuis quelques jours. Les déménageurs devaient arriver vers huit heures du matin donc il me restait un peu de temps avant que ce ne soit l'apocalypse. J'aurais pu faire appel à mes amis pour s'en chargé mais je leur avais déjà tellement demandé que je n'avais pas osé les missionner cette fois-ci. Il était néanmoins prévu qu'ils viennent plus tard à la maison pour m'aider pour le rangement des affaires une fois tout déplacé là-haut.

J'avais tellement hâte mais en même temps j'étais un peu nostalgique de quitter cet appartement. J'y étais depuis plus de sept ans et vivre ici avait été un grand pan de ma vie. J'en avais vécu des choses entre ces murs. Il m'avait connu fragile, perdue, brisée et je le quittait en adulte forte et indépendante. Il allait me manquer mais j'allais me construire de nouveaux souvenirs dans cette belle maison, j'allais y faire ma vie et j'allais y voir grandir mon enfant alors ça apaisait un peu ma tristesse même si elle ne disparaissait pas totalement.


oOo


Les déménageurs venaient à peine de partir et j'étais déjà fatiguée alors que l'après-midi venait à peine de commencer. Ça leur avait pris la matinée pour remplir le camion et tout amener ici et maintenant c'était le chaos. Il y avait un nombre effarant de carton dans toute la maison et rien qu'a les regarder j'en avais des sueurs froides.

La répartition des cartons et des meubles avait été plus ou moins faite afin de les mettre dans les pièces où ils étaient censés être et là maintenant, il allait falloir tout déballer. C'était ce qu'il y avait de plus long et de plus contraignant je pense. La tache semblait gigantesque et je savais déjà que le soir même, j'allais faire un peu de camping. Il nous serait impossible de tout ranger d'ici le début de soirée.

Mon ancien appartement était bien plus petit et de ce fait, il me manquait une grande partie des meubles ou alors ceux que je possédais déjà n'étaient pas adaptés à la taille des pièces. Ainsi j'avais laissé pas mal de chose dans l'ancien appartement pour les futurs locataires. Les différentes commandes avaient été passées dès mon retour de chez Jacob. Quelques meubles étaient déjà arrivés mais une très grosse majorité devait arriver lundi en début de matinée et le reste suivrait rapidement.

Je me trouvais dans l'énorme pièce de vie envahie par une multitude de cartons, slalomant entre eux pour tenter de me frayer un chemin et j'avais même commencé à déballer toute la vaisselle que j'étais déjà en train de ranger dans les placards. Ma nouvelle cuisine était au moins deux fois plus grande que l'ancienne alors j'eus bien vite terminer de ranger la vaisselle ainsi que tout les ustensile de cuisine. Comme je me l'étais imaginé, mes nombreux livres de recette de cuisine avaient colonisé les étagères ouvertes qui composaient l'îlot central et j'avais même eu assez de place pour y caler une petite plante verte que j'avais depuis des années et qui refusait de rendre l'âme même quand j'oubliais de l'arroser pendant des semaines entières. Coriace la bête.

Aux alentours de quatorze heures, ce fut une armée de petites mains qui débarquèrent chez moi dans un vacarme assourdissant. Paul arriva en premier accompagné de Rachel et de leur petite puce qui avait bien grandi durant le mois où je ne l'avais pas vu. Nous l'avions installée dans la future chambre du bébé pour qu'elle puisse y faire sa sieste tranquillement. Ensuite, ce fut au tour de Jasper et Alice d'arriver, très vite suivis par Angela et Ben qui s'étaient proposé de venir nous donner un coup de main. J'avais bien tenté de refuser leur aide mais sans grand succès. En fait, je crois même que mon départ avait un peu chamboulé Angela. Elle n'avait rien avoué mais je pense que son histoire étant assez proche de la mienne, sur certains aspects, elle avait l'air de voir en moi une sorte de mentor. C'est Ben qui m'avait plus ou moins confirmé la chose à demi-mots un jour au bar. Alors quand il m'avait dit ça, je les avais laissé faire et avait accepté leur offre. Nous avions même décidé de fermer le bar exceptionnellement.

Bizarrement, où pas d'ailleurs, c'est Alice qui prit les choses en main une fois que tout le monde eut avalé une tasse de café. Il manquait encore Emmett qui devait venir aussi mais nous décidâmes de ne pas l'attendre pour nous mettre au travail. Le but était de vider le plus de cartons possible dans les pièces qui pouvait être aménagé de suite. Alice et Rachel entreprirent de ranger tous mes vêtements dans le dressing de ma chambre pendant que Angela et Ben investissaient les quatre salles de bains pour y ranger le nécessaire. Jasper et Paul, eux, montaient les meubles de ma chambre qui avaient été livrés dans la semaine et qu'il fallait assembler. Pour ma part, j'abandonnais tout ce petit monde et descendis au sous-sol pour me rendre dans la buanderie où des cartons remplis de produit d'entretien et de linge de maison en tout genre ne demandaient qu'à être vidés.

Il se passa ce qui me parut être une éternité avant que quelqu'un ne descend les marches d'un pas lourd pour venir me retrouver en bas.

- Eh oh ! se fit entendre la grosse voix d'Emmett

- Eh ! Salut toi ! C'est à cette heure-là que tu arrives ? le charriais-je en l'embrassant

- Tu m'excuseras mais j'ai été retardé.

- C'est ta belle blonde qui t'a retenue ?

- Pff ! Tu parles, même pas. C'est plutôt un grand type d'à peu près un mètre quatre-vingt-dix. Le pauvre, il s'est fait larguer par sa copine le mois dernier et je crois qu'il regrette.

- Emmett...soufflais-je en comprenant à qui il voulait faire allusion

- Ne m'en veut pas mais il est en haut.

- Pardon ?! T'es pas sérieux là quand même ?

- Je sais, je te mets devant le fait accompli mais quand il a su que je venais ici il a voulu venir, se justifia-t-il, Je sais que vous ne vous êtes pas reparlé depuis sa folle nuit de beuverie mais il veut juste bien faire et puis si tu ne veux pas lui parler tu n'a qu'a rester ici et te terrer dans ta jolie petite buanderie. Tiens d'ailleurs ton artisan à vraiment bien fait son boulot...

- Ok ! Stop ! C'est bon. Mais ça ne veux pas dire que ...

- Oui, j'ai compris. Bon, on peux t'être utiles en faisant quoi ?

- Allez voir si Paul et Jasper ont besoin d'aide. Ils doivent être en train de monter des meubles.

- Ouais, on a vu ça. Me semble qu'ils attaquaient la salle à manger.

- Déjà ? Eh bien c'était du rapide ! Écoutes, je finis ici et je remonte.

- À tout à l'heure.

Il sortit de la pièce après m'avoir furtivement embrassé la joue me laissant un peu sonnée par ce qu'il venait de me dire. J'étais un peu perdue et ça me prit quelques minutes avant que je ne puisse retourner et finir ce que je faisais avant d'être interrompue une nouvelle fois.

- Bella ! Tu es encore en bas ?! vociféra Alice du haut des escaliers

- Je suis en train de finir ! Qu'est-ce qu'il y a ?

- On allait se faire une petite pause et boire un coup. Tu viens ?

- J'ai encore deux ou trois choses à ranger, je finis et j'arrive.

Et ça voulait dire le voir aussi. Ça faisait un peu plus de deux semaines que j'étais rentrée et depuis notre rapide entrevue où je lui avais dire de me laisser tranquille, je n'avais pas eu de ses nouvelles. Que ça vienne de lui comme de l'ensemble de mes amis au final il avait été très peu évoquer durant nos conversations. Je voulais le voir, ressentir ses petits papillons dans le ventre à chaque fois qu'il posait son regard sur moi mais je ne voulais pas ressentir cette gêne de me retrouver dans la même pièce que lui. Je ne voulais pas avoir l'impression d'être une inconnue pour lui.

Finalement, j'eus beau prendre tout mon temps, il me fallut bien aller à l'étage. Je me stoppais brièvement au milieu de l'escalier avant de franchir les dernières marches et d'arriver devant eux. Ils étaient tous accoudés à l'îlot de la cuisine. Certains avaient des verres dans leurs mains, d'autres des mugs sans doute remplis de café mais je ne le vis pas lui.

- Eh voilà la plus belle ! m'apostropha Paul au moment où il me vit

- Et la plus grosse aussi, répondis-je narquoise

- Mais non voyons, tu es seulement enceinte, fit doucement sa compagne, Tu verras une fois qu'il sera sorti tu te sentiras déjà mieux.

- Oui c'est sur qu'entre le sang, les hormones en folie et les montées de lait je serais la plus glamour de la ville, raillais-je une nouvelle fois

- Oui, bon, effectivement...mais dis-toi que ça ne dure pas et qu'au besoin on sera là pour toi, me rassura Paul

- Ah merci ! Justement, il me faudrait des protections hygiéniques ultras absorbantes et des culottes en coton pour après la naissance. Tu pourrais aller me les chercher ? lui demandais-je pour le prendre au mot

- Si tu veux. Tu n'arriveras pas à me gêner, je te rappelle que j'ai un enfant et j'ai vécu avec une femme qui venait d'accoucher.

- Ah Paul... Si tout le monde pouvait penser pareil que toi, fis-je rêveuse avant de rire franchement en même temps que l'ensemble de la tablée

Après ça, chacun retourna à ses occupations sans qu'il ne vînt nous rejoindre. À croire qu'il avait quitté les lieux.


oOo


L'après-midi touchait à sa fin et j'étais franchement contente de nous. On avait vraiment bien avancé. Tout le monde s'activait pour déballer le plus de carton possible et pour ma part j'étais en haut, dans ma chambre en train de faire le lit nouvellement monté par les garçons. C'était surtout une bonne excuse pour me retrouver un peu seule et sans doute aussi pour éviter de le croiser. Ça me faisait plaisir de le savoir ici, de savoir que c'est lui qui avait demandé à accompagner Emmett mais ça remuait aussi pas mal de chose dans ma tête. J'avais un peu l'impression de revenir en arrière, comme lorsque j'étais chez Jacob et que mon cerveau fourmillait de question pour lui.

Je finissais de faire le lit avant de rejoindre les autres qui devaient sans doute avoir fini quand quelqu'un toqua sur le chambranle de la porte pour m'avertir de sa présence. En me retournant, je ne fus même pas surprise de le trouver là, devant moi. A vrai dire, j'étais plutôt surprise qu'il ait attendu autant de temps pour venir me trouver et tenter de me parler.

- On a terminé pour ce soir, m'informa-t-il

- Super, Merci. J'arrive dans une minute.

Je me retournais, dos à lui et bordais les couvertures avant de déposer un plaid en crocher sur le dessus. C'était une des seules choses venant de Forks et de ma vie là-bas que j'avais emportée avec moi dans mes valises. C'est grand – mère Louise, la mère de Renée qui l'avait fait pour mon arrivée dans la famille et depuis toute petite j'adorais ce plaid.

- Joli choix de couleur pour le mur, me complimenta-t-il

Je levais la tête et fixai le dit mur sur lequel était adossée la tête de lit. Il avait été peint d'une couleur semblable si ce n'est pas identique à celle de sa chambre à coucher. Je n'avais pas prévu qu'il soit là et encore moins qu'il se présente dans cette pièce. Il n'était pas censé voir ça, c'était censé être un secret parce que si j'avais choisi cette couleur c'est parce qu'elle me rappeler sa chambre, parce que je voulais une sorte de souvenir de nous et ça il l'avait sans doute compris rien qu'en regardant ce mur bleu canard.

- Merci, répondis-je avant de me taire et que le silence ne revienne dans la pièce

C'est dans le silence que je finis ce que j'étais en train de faire. Quand je le regardais une nouvelle fois, il était toujours à la même place m'observant avec attention mais il n'avait plus l'air aussi gêné que l'autre fois. Il semblait bien plus sûr de lui, comme avant.

- Et si on allait retrouver les autres en bas ? demandais-je

Je sortis de la chambre, le frôlant au passage et au moment où j'allais le dépasser, il me retint et se retourna vers moi.

- Attends ! J'aimerais... Je veux dire... Est-ce qu'on pourrait parler, tous les deux ? proposa t-il en bafouillant

- Oh ! Euh... Oui. Je suppose que ça peut être possible oui. On peut se voir demain, si tu n'a rien de prévu.

J'avais passé les deux dernières semaines à y penser et je savais qu'il fallait que l'on ait une conversation. Je l'aimais et j'avais besoin de comprendre le pourquoi du comment. De passer à autre chose pour pouvoir me focaliser pour le bébé.

- J'avais plutôt penser le faire ce soir. Si tu n'es pas trop fatiguée, bien sûr. J'ai vraiment besoin de te parler.

- Eh bien... Je...

- Ou demain si tu préfères. Ça n'a pas d'importance, se ravisa-t-il devant mon hésitation

- Non ce n'est pas ça c'est juste que je n'ai pas spécialement envie de sortir ce soir et tout est en chantier ici.

- Rester ici me va très bien et le bazar ne me dérange pas.

- Je...Je ne sais pas, Edward.

- S'il te plaît. C'est important.

J'avais vraiment envie de lui dire oui. Vraiment beaucoup. J'étais presque prête à craquer mais quelque chose me retenait encore et toujours me faisant repousser sans cesse le moment de cette confrontation.

Il n'ajouta rien de plus me regardant seulement, attendant patiemment ma réponse.

- Ce n'est pas un non mais juste pas ce soir. Je sais très bien qu'il faut que l'on parle mais plus tard. Je pensais sortir demain pour aller faire un tour du côté du Millennium park.

Il hocha la tête pour accepter ma proposition puis relâcha mon bras et me laissa reprendre mon chemin pour descendre. Je ne l'attendis pas et allais rejoindre l'ensemble de mes amis qui discutait joyeusement tout en faisant un brin de ménage.

- Laissez ça, je ferrais le ménage demain.

- Tu rigoles ? Je dois te rappeler que tu es enceinte ou l'énorme ventre que tu as s'en charge très bien tout seul ?

- De toute façon, on vient de finir donc c'est trop tard.

- Mmmmh

- Aller, laisse-nous faire tu veux ?

- Oui maman, répondis-je puérilement en regardant Alice

- Ah ah ! Tu es une petite marrante toi. On va y aller et te laisser te reposer pour ce soir et on revient demain ?

- Vous n'êtes pas obligés. Vous avez super bien avancer et je vais gérer le reste.

- Tu es sûre ?

- Certaine, profitez bien de votre fin de weekend, leur ordonnais-je en les accompagnant vers la porte d'entrée après qu'Edward nous ai rejoint

Je les saluais tous en les remerciant une fois de plus chaleureusement. Chacun monta dans sa voiture et Edward resta un moment bloqué à côté de la portière de son véhicule, me fixant, avant de monter à l'intérieur puis de partir non sans un dernier coup d'œil dans ma direction. Alice resta quelques minutes de plus avec moi sous le porche alors que Jasper partit chercher la voiture qu'il avait garée un peu plus loin dans la rue.

- Comment te sens tu ? me questionna t-elle alors que l'on prenait place sur les fauteuils que j'avais installés devant la maison

- Fatiguée mais heureuse. Vraiment heureuse.

- Et sa présence ici, aujourd'hui, y est pour quelque chose ?

- Je ne sais pas. On n'a pas vraiment pris le temps de parler. On a à peine échangé deux mots.

- Donc ça veut dire que vous vous êtes parlé ?

- Il voulait rester pour que nous ayons la fameuse conversation, expliquais-je

- Mais il est partit.

- C'est vrai mais j'ai accepter de le voir plus tard. Simplement pas ce soir.

- C'est bonne chose que tu aies accepté. Vous êtes fous amoureux l'un de l'autre.

- Oui mais des fois ce n'est pas suffisant.

- Tu sais l'amour c'est sans doute la plus belle chose qu'on puisse expérimenter. Aimer et être aimé en retour c'est merveilleux mais ça fait aussi souffrir comme nulle autre chose.

- Oui mais tu vois, je pense que j'ai eu mon quota de souffrance.

- Tu sais, je vais sans doute me répéter mais je pense vraiment que vous avez besoin de mettre les choses au clair. J'ai l'impression que sinon tu passeras à côté de quelque chose.

- Et si ça finit mal ?

- Tu veux dire plus mal qu'a l'heure actuelle ? Franchement, ce qu'il va te dire ne va peut-être pas te plaire, tu vas peut-être encore un peu plus blessée mais ça va surtout te permettre de passer à autre chose. Je ne sais pas ce qu'il peut bien avoir à te dire, il a été très secret depuis votre séparation. Il peut très bien se mettre à genoux pour te supplier de le reprendre comme t'avouer que finalement il n'est pas prêt pour ce bébé, j'en ai aucune idée mais c'est ce qui va te permettre d'avancer. Au moins tu seras fixée.

- Tu as sans doute raison.

- Étonnant, hein ?

- J'ai l'impression d'être dans la quatrième dimension mais... Tu es plutôt de bon conseil quand tu veux.

- Je te l'avais promis, non ?

Je hochais la tête et la serrai dans mes bras.

- Appelle-moi demain pour qu'on programme une journée shopping. Il est temps de s'occuper de la venue de ta version miniature, m'ordonna t-elle en rigolant

- Promis.

Elle se leva puis monta dans la voiture de Jasper qui venait de s'arrêter à notre hauteur et ils me firent un petit coucou de la main avant qu'il ne démarre et que leur voiture ne disparaisse au coin de la rue.

Une fois de retour à l'intérieur, je me fis rapidement à manger avant de me poser sur le comptoir de l'îlot central. Je n'aurais pas été enceinte, j'aurais sans aucun doute fini assise dessus à sourire bêtement tout en profitant de mon nouveau chez moi. Ça commençait à prendre forme et j'en étais extrêmement heureuse. Je ne pouvais cependant pas m'empercher de repenser à notre échange. Il avait semblé être vraiment désappointé face à mon refus de le laisser rester ce soir mais je ne pouvais tout simplement pas. C'était prendre le risque d'un nouveau rejet et je ne voulais pas que ça se produise ici. Pas dans cette nouvelle maison. Je ne voulais pas que notre histoire parasite ce sentiment de bien-être que je ressentais à chaque fois que je passais le pas de la porte.

Une fois mon repas avalé, je montai à l'étage et filais dans la salle de bain et prit une rapide douche avant de me mettre en pyjama et de me coucher dans ce nouveau lit qui s'avéra être des plus confortables au point que je m'endormis en un clin d'œil.


oOo


Le lendemain matin je fus réveillée par les rayons du soleil et ça me mis directement de bonne humeur. Je me levais difficilement de mon lit, encombrée par mon gros ventre et descendis pour prendre mon petit déjeuner.

J'avais fais de drôles de rêves toute la nuit, rêvant de lui, de nous comme pour me souvenir de ce que nous avions été et à quel point nous avions pu être heureux ensemble. Mon subconscient semblait vouloir me faire comprendre quelque chose. Quelque chose que je savais déjà. Bien sûr, j'étais encore éperdument amoureuse de lui, bien sûr que je donnerais tout pour me remettre avec lui mais le voulait-il ?

Pour tenter de penser à autre chose, sans grand succès d'ailleurs, je me mis sur la terrasse profitant de la douce chaleur apportée par le soleil. Je savais déjà que j'allais y passer une grande partie de mon temps libre tant que le temps le permettrait. Nous avions vraiment eu une bonne idée en l'agrandissant et en la couvrant d'une pergola. Ça procurait assez d'ombre pour me permettre d'y rester sans redouter le coup de soleil.

Je bus tranquillement mon verre de jus d'orange et avalai mes tartines recouvertes de confitures avant de rentrer. Restant en pyjama, je vidais quelques cartons d'objets divers et variés avant de prendre une douche pour me laver de la sueur accumulée. Une fois chose fait, je pris une robe débardeur blanche fendue des deux côtés à partir des genoux et une paire de Converse vert menthe dans mon dressing. J'attrapai ma veste en jean et après m'être maquillé très légèrement, je pris mon appareil photo ainsi que mon sac à main en cuir marron que je mis en bandoulière puis je sortis de la maison. Je tapais rapidement le code de l'alarme de sécurité et fonçai dans ma voiture avant de partir.

Comme je le lui avais dit hier, j'avais prévu de sortir et d'aller faire quelques photos de la ville. J'adorais architecture de Chicago. J'étais complètement fascinée par le design de la Aqua Tower* sans parler de la Water Tower* qui semble faire tache au milieu des autres bâtiments ultra-modernes mais qui était considérée comme l'un des plus beaux bâtiments de la ville. C'est ça que j'aimais dans cette ville. Les différents styles qui cohabitaient les uns avec les autres pour donner cette ambiance si particulière au lieu.

Il était à peine midi quand je fus arrivée sur place et je décidai de lui envoyer un message. Il était temps pour nous de nous conduire en adultes et de se dire les choses telles qu'elles devaient être dites. S'en était fini des mensonges, j'en avais assez. J'étais fatiguée.

De Bella à Edward : Je suis au Millennium Park. Si tu veux toujours me parler, je t'attends. Je serais devant The bean* à quatorze heures.

Après ça, je me mis en quête d'un endroit pour déjeuner et trouvai un petit restaurant bien sympa où je commandais une bonne pizza. Une fois mon repas englouti, je partis me balader dans le jardin botanique. C'était tellement beau et paisible ici et avec un temps ensoleillé comme celui-ci c'était l'endroit parfait où venir passer le temps.

Quand il fut l'heure, je me dirigeai vers notre lieu de rendez-vous. Il ne m'avait pas répondu alors je ne savais pas s'il allait venir ou pas. Une fois arrivée, je ne le vis pas. L'endroit était rempli par la foule mais lui n'était pas là. Sans trop savoir pourquoi et alors que j'étais la première à me moquer des touristes, je me postais devant cet énorme haricot en acier poli avant de dégainer mon appareil photo et de faire plusieurs clichés de moi et de mon énorme ventre.

La première photo m'arracha un énorme éclat de rire en voyant mon corps déformé, on avait l'impression qu'un alien cherchait à sortir de mon abdomen distendu à l'extrême. Je passais en revue les photos suivantes puis me stoppais sur la dernière quand un petit détail attira mon attention en arrière plan. Lui.

Je relevai aussitôt la tête pour rencontrer une paire d'yeux d'un vert cristallin.

- Salut, soufflais-je

- Salut, me répondit-il, Elles sont comment ? demanda-t-il en me désignant mon appareil photo

- J'ai déjà fait et vu mieux, tu es là depuis longtemps ?

- J'étais déjà là quand tu es arrivée.

- Oh !

- Comment va-tu ?

- Bien et toi depuis hier ?

- Ça peut aller.

- Cool, dis-je tout à coup très mal à l'aise en détournant le regard

- Tu veux aller marcher ?

- Bien sûr, acceptais-je

Il tendit son bras pour me montrer la direction à prendre et je le précédais. Je pris une des allées du parc et il me suivit avant de venir se mettre à mon niveau.

- Je ne savais pas que tu faisais de la photographie.

- A vrai dire, personne ne le sait.

- Personne ?

- Non. J'ai pris quelques cours pendant les vacances de Noël. Je n'en ferrais jamais mon métier mais j'aime assez.

- Tu me laisserais y jeter un coup d'œil ?

- Si tu veux oui.

Je pris mon appareil et appuyais sur un bouton afin d'avoir accès au contenu de la carte mémoire puis lui tendit.

- Sers-toi de la flèche gauche pour revenir en arrière.

- Oh ! Celle-ci est vraiment jolie, me complimenta-t-il

Je me penchais dans sa direction pour regarder l'écran et voir de quel cliché il parlait. Il s'agissait d'une des très nombreuses photographies que j'avais prise lors de ma retraite à Seattle. La photo en question avait été prise lors de notre court séjour à Forks et on y voyait en gros plan le visage souriant de Billy en noir et blanc. Il appuya une nouvelle fois sur le bouton et je fus surprise de me voir apparaître sur l'écran. J'étais réellement intriguée parce que la photo avait vraisemblablement été prise sans que je ne le sache. J'étais de profil, assise en tailleur sur la plage, les yeux fermés alors qu'un grand sourire me déformait le visage et qu'une de mes mains était posée sur mon ventre.

Je contemplais l'image pendant un moment avant d'observer son profil. Une petite moue déformait ses lèvres. Il tourna brièvement la tête dans ma direction avant de passer en revue le reste de la carte mémoire. Nous étions en plein milieu du passage et les gens devaient nous contourner pour pouvoir passer alors je lui attrapai le bras et le tirai en direction d'un lieu pour nous asseoir. Il prit place à mes côtés et me rendit mon appareil sans rien dire, me scrutant seulement comme s'il voulait entendre mes pensées faisant ainsi augmenter la sensation de gêne. Est-ce qu'il allait se lancer ou bien allions-nous rester ainsi à se regarder en chien de faïence ? Fatiguée d'attendre, je pris les devants.

- Tu voulais me parler, non ?

- Ouais, murmura-t-il, mais dans ma tête ça semblait plus facile.

- Dans la mienne aussi, avouais-je en faisant un sourire compatissant, mais si ça peut te rassurer je ne compte pas te hurler dessus. J'aimerais juste comprendre enfaîte. C'est tout. Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre ? Une autre femme ?

- Non ! Bien sûr que non ! Ne dis pas n'importe quoi, réfuta Edward

- Alors c'est quoi ? C'est juste que tu t'es lassé de moi et que tu ne m'aimes plus ?

- Je t'aime, tu m'entends ?! Comme un putain de malade mental, Bella. Ce n'est juste que... C'est...

- Compliqué ? Oui ça je m'en doute surtout quand je vois à quel point s'est difficile pour toi de cracher le morceau.

Il ne répondit pas. Gardant le silence tout en me regardant dans les yeux.

- Tu ne crois pas que je mérite au moins des explications ? J'ai besoin de savoir pour pouvoir passer à autre chose.

- Passer à autre chose ? demanda-t-il perdu en écarquillant les yeux

- Pour avancer, pour continuer ma vie.

- Continuer ta vie... Sans moi...

Il se parlait à lui-même, un véritable dialogue de question réponse puis il arrêta de parler, se murant dans le silence comme s'il était en train de peser le pour et le contre ou d'analyser une équation qu'il était impossible de résoudre.

- C'est ce que font les gens qui se séparent. Ils font chacun leur vie de leur côté, fis-je doucement

- Il y a quelques mois j'ai eu une aventure avec une femme, une parfaite inconnue rencontrée lors d'une fête, me raconta t-il au bout d'un moment. C'était avant toi, avant que tu ne rentres dans ma vie. J'ai été un abruti fini. Quand je te vois, quand je vois à quel point ça a été l'enfer pour toi quand tu as su que tu étais enceinte je ne peux m'empêcher de m'en vouloir et de me demander si ça a pu arriver aussi pour cette femme. Au début j'ai pu en faire abstraction puis au fil des mois c'est devenu plus dur. Ton ventre prenait de l'ampleur, le bébé donnait des coups de pied et je ne pouvais m'empêcher de me dire que si cette fille était elle aussi tombée enceinte, mon enfant aurait pratiquement le même âge que le tien. J'étais prêt à élever un enfant qui n'était pas le mien alors que sans le savoir j'avais peut-être un enfant qui se baladait dans la nature. Tout le monde me félicitait quand on nous voyait ensemble mais je n'arrivais pas à me réjouir et ça me bouffait un peu plus chaque jour.

Il passa ses mains dans ses cheveux, les agrippant comme pour faire passer sa frustration.

Et tout s'éclaira dans ma tête. Comme dans les dessins animés lorsque le personnage à une idée et que la petite ampoule apparaît dans une bulle. Le soir où il s'était énervé et que je n'avais pas compris sa colère, enfaîte il était en colère contre lui-même en pensant qu'il faisait peut-être vivre la même chose à une autre femme. Il avait simplement fait un transfert entre ce qui se passait dans ma vie et ce que cette femme pouvait vivre elle aussi par sa faute.

- Jusqu'à ce que tu ne finisses par exploser quand j'ai posé des questions.

- Ouais, concéda-t-il en faisant tomber dans le vide

- Et tu ne penses pas que ça aurait été plus simple de m'en parler plutôt que de tout garder pour toi ?

- C'était mon problème ça, je ne voulais pas t'impliquer le dedans.

- Et pour quelle raison ? Ce n'est pas ce qu'on est censé faire dans un couple ? Tu sais, affronter les problèmes et trouver des solutions ensemble. Regarde où ça nous a mené...déplorais-je, Et pourquoi n'a pas tu cherchais à la recontacter, si ça te rongeait autant ?

- Parce que c'était un coup d'un soir et je ne lui ai pas vraiment demandé son prénom ! s'écria-t-il en se levant avant de faire les cent pas, J'ai décidé d'aller à cette stupide fête au dernier moment, sur un putain de coup de tête. J'ai fais ce que j'ai toujours fais, je me suis servie d'elle, j'ai pris ce que je voulais et je suis partis comme un voleur une fois que j'ai eu fini.

- Et tu ne te dis pas que si cette fille était tombée enceinte, elle aurait cherché à te trouver ?

- Et elle aurait fait comment ? C'était une saloperie de fête costumée !

Mon cœur s'arrêta à ce moment précis. Une fête costumée ? Impossible... ça ne pouvait pas être... Si ? Tant de chose concordait mais...impossible... À moins que... Je devais en avoir le cœur net.

Frénétiquement, je me mis à fouiller dans mon sac. J'étais pourtant sur de l'avoir laissé à l'intérieur. Elle devait forcément y être. Mon cœur loupa un nouveau battement quand mes doigts touchèrent la papier de l'enveloppe avant de l'extraire de la besace.

- Dans cette enveloppe se trouve le peu d'information que je possède sur le père du bébé. Je ne connais rien de lui. Ni son nom et encore moins son prénom. Je peux te le décrire mais ça s'arrête là. Je ne sais rien de lui, excepté ceci lui dis-je en lui tenant la dite enveloppe

Il la prit, la regarda longuement ce demandant sans doute pourquoi je la lui donnait et surtout s'il devait l'ouvrir où pas. Il la quitta des yeux pour ancrer ses iris couleur jade dans les miennes.

- Quand le bébé va grandir, repris-je, et me poser des questions sur son papa, je n'aurais que ça à lui montrer. Simplement ces trois photographies de bien piètre qualité. Voilà toute la vérité, continuais-je en continuant de le regarder, je suis allé à une soirée pour fêter le réveillon de fin d'année, j'ai bu plus que de raison pour noyer mon ennui et j'ai rencontré un homme avec qui j'ai eu une relation sexuelle. On a été inconscient et on a fait n'importe quoi. Je suis tombée enceinte sans rien connaître de lui et sans pouvoir le prévenir pour le bébé.

Il la retourna puis l'ouvrit. Je le regardais dans l'attente, attentive aux moindres de ses réactions. Il sortit les trois morceaux de papier glacé et les observa. Sa respiration se coupa et il releva la tête brusquement vers moi.

- Qu'est-ce que...

- Cet homme, est le père de mon bébé. C'est l'homme que j'ai rencontré à la soirée costumée chez Alice et Jasper et avec qui j'ai couché, lui expliquais-je

Il fit un pas en arrière, les mains tremblantes, abasourdit par ce que je venais de lui dire.

- C'était toi...


* The bean : La Cloud Gate est une sculpture urbaine située dans le Millennium Park et surnommée The Bean (« Le Haricot ») en raison de sa forme.

* Je vous laisse aller voir sur google des photos de la Aqua Tower et de la Water Tower (mon bâtiment préféré je crois).

Et voilà la révélation. Pour tout vous dire jusqu'au dernier moment je n'étais pas décidée. Jusqu'au dernier moment j'ai hésiter à faire d'Edward le père de ce bébé.

Et vous, qu'en avez vous pensez ? La semaine prochaine ce sera déjà le dernier chapitre. Je me tâte encore à faire un épilogue. On verra si d'ici là je suis inspirée ou si l'envie me prends de laisser la fin telle quelle :D

D'ici là, prenez soin de vous et bonne rentrée à tous ceux qui reprennent le chemin des cours ou du travail (comme moi).

Bye, Beclear.