Voilà le chapitre 1, j'essaierai de publier les chapitres régulièrement !J'espère que ça va vous plaire !
Merlin ne m'appartient toujours pas
Et c'est toujours une histoire entre hommes, si vous aimez pas ça, passez votre chemin, je ne tolère pas l'intolérance !
Bonne lecture !
Kissu
ShiyaMiam 3
~Chapitre 1 ~ Une douce Mélancolie
Voilà comment tout cela avait commencé.
C'était un matin ordinaire dans le royaume de Camelot. L'aube pointait à peine le bout de son nez que les serviteurs se grouillaient déjà partout dans le château magnifique qui faisait la fierté de la famille royale. Merlin débarqua avec sa douceur et sa discrétion habituelle : il ouvrit la porte, l'envoyant claquer celle-ci contre le mur de la suite princière.
Il se dirigea vers les épaisses tentures et les ouvrit d'un coup sec en criant joyeusement :
- C'est le matin ! On se lève là-dedans !
Il se baissa juste à temps afin d'éviter un cousin qui s'écraser contre les doubles fenêtres. Un grognement de frustrations et de rage résonna derrière lui.
- Mmmerlin, jme vmeux te tmuer ! grommela le Prince dans son lit en cherchant à enfoncer sa tête sous ses oreillers.
- Désolé, je ne parle pas cette langue, par contre : je peux vous dire une chose !
- Hmf… ? souffla le jeune homme blond qui se rendormait déjà derechef
Merlin saisit le drap qui couvrait le lit à deux mains et s'écria en tirant d'un coup, dessus, envoyant le Prince au sol :
- DEBOUT !
Il n'attendit pas que le Prince se relève et s'enfuit de la chambre pour aller aux cuisines. Arthur se redressa sur le tapis de sa chambre, ses cheveux blonds ébouriffés, le visage chiffonné de sommeil et regarda autour de lui d'un perdu. Il était sur son lit et… ?
- MERLIIIIIIIIIN ! hurla-t-il en comprenant que son valet de chambre l'avait littéralement tiré de son lit douillet.
Le rire de celui-ci éclata dans les couloirs du château. C'était une matinée en somme toute normale dans le château de Camelot. Arthur se redressa en passant la main dans ses cheveux en poussant un soupir désespéré.
Tout allait plus au moins bien, Arthur qu'Uther tentait de se remettre de la trahison de Morgane, cela faisait des mois qu'elle avait disparu avec Morgause et personne ne savait où elles avaient disparu. Uther était plongé dans une telle dépression qu'Arthur avait dû assumer ses responsabilités à sa place. Tout l'avenir du royaume reposait sur ses seules épaules cependant, il ne voulait pas être Roi. C'était beaucoup trop tôt pour lui. Il se sentait si jeune par rapport à cela. Si petit face à son peuple.
Parfois, il avait l'impression d'étouffer, Morgane, Camelot, son père, ses chevaliers, son peuple. Tout le monde attendait quelque chose de lui. Et dans ses moments-là, il lui suffisait de voir, son serviteur lui adresser ce regard bleu lumineux, ce sourire trop grand et trop éclatant pour se rappeler qu'il y avait une personne qui croyait en lui, qui le soutenait, mais qui voyait l'homme en lui, avec ses faiblesses, ses erreurs. Qui le voyait lui, tout simplement. Merlin était son meilleur ami, évidemment, il ne lui dirait jamais. Il prendrait trop la grosse tête et deviendra encore plus insupportable qu'il ne l'était déjà.
Lorsque Merlin revint plus tard avec son petit-déjeuner, Arthur l'attendait avec un couteau de chasse à la main. Il s'amusa à dessiner des arabesques sur la table de la salle à manger d'une main tendit qu'il mangeait une pomme de l'autre main.
- Merlin, Merlin, j'étais en train de réfléchir… commença Arthur sur un ton pensif, les yeux calculateurs scrutant le valet de la tête aux pieds.
- Faites attention, vous risquez de vous faire mal… Sire, sourit Merlin du tac au tac en déposant l'assiette devant son Prince.
Arthur le fusilla du regard et d'une voix extrêmement douce, il déclara :
- Il me semble que je vais te fournir un travail que tu adores, mon cher. Le nettoyage des écuries. De mes écuries, et pourquoi aussi ceux de toute la garnison des chevaliers. Tu poliras TOUS les armures, et pourquoi pas les bottes aussi ?! En fait, c'est exactement ce que tu vas faire.
Arthur croqua dans sa pomme lorsqu'il vit la mine déconfite de Merlin à l'énoncer de toutes ses tâches.
- Mais ça va me prendre toute la journée et peut-être toute la soirée ! s'indigna-t-il avec en lançant un regard suppliant à son bourreau.
Le Prince haussa les épaules en se levant, il contourna la table à manger, posa le trognon de sa pomme sur les cheveux ébène de son serviteur et dit avec un ton intimement sadique :
- J'en ai que faire. Oh, ma chambre aussi doit être propre ce soir, mes affaires lavées. Hm, la prochaine fois, tu réfléchiras peut-être avant de parler, hm ?
Le jeune Sorcier garda un silence vexé, il se demanda ce qui le retenait de lancer un sort urticant, ou encore de lui rejeter ce sort pour qu'il redevienne un âne.
- Crétin royal ! grogna-t-il en tirant la langue au Prince qui avançait dans le couloir en sifflotant.
- Je t'ai entendu !
Merlin soupira en pensant à l'ampleur de la tâche qui lui était demandée. C'était de sa faute bien sûr. Mais c'était tellement difficile de tenir sa langue. Il ne savait tout simplement pas comment faire, c'était tout. Il ne savait tout simplement. Sa mère, l'adorable et l'aimante Hunith, lui avait dit un jour que sa langue causerait un jour sa perte. Cette femme était d'une sagesse inégalable.
- Allez Merlin, au travail ! s'encouragea-t-il en saisissant le panier à linge sale.
Une fois qu'il eut accompli sa tâche, lavage, nettoyage, et rangement de la chambre du Prince (heureusement, il n'avait pas à lui amener à manger, sinon il n'aurait pas survécu-le Prince n'aurait pas survécu s'entend), il commença le nettoyage du plus pénibles : les écuries.
Des heures, et des heures, il se retrouva dans le vestiaire des chevaliers en train de cirer les bottes lorsque Gwen vint le rejoindre avec un une carafe d'eau ainsi que du pain et un morceau de lard. Elle lui adressa un sourire tendre :
- Tu as encore insulté Arthur, remarqua-t-elle.
- Ce n'était pas une insulte, c'était un constat. Nuance, rétorqua le jeune homme sur un ton exaspéré en roulant des yeux.
- Je doute qu'il ait saisi la nuance, répondit-elle en haussant les sourcils
- Si seulement son intelligence n'était pas limitée !
- Tu recommences Merlin.
Il grogna et elle éclata de rire. Il soupira en se servant une coupe d'eau qu'il avala derechef et se mit à grignoter son morceau de pain.
- Merlin, est-ce que ça va ? finit par lui demander la jeune femme au bout d'un moment de silence.
Merlin l'observa avec son sourire un peu bête.
- Pourquoi ça n'irait pas ? voulut-il savoir en plissant les yeux vers la jeune fille.
- J'ai l'impression que tu te forces à sourire ces derniers temps.
Le jeune Sorcier baissa les yeux sur son travail en cours.
- Ne t'inquiète pas, je suis juste fatigué. Je travaille beaucoup.
Il se tut et lui adressa un sourire rassurant, elle soupira et se redressa avant d'aller rejoindre son fiancé : Lancelot. Elle laissa le jeune homme seul face à sa propre réflexion.
Merlin prit une botte et commença à la brosser le regard dans le vague. Non, c'était vrai. Il n'allait pas bien du tout. Cela faisait cela faisait maintenant presque deux ans que son père, le Seigneur des dragons était mort dans ses bras. Cette douleur sourde, il pensait qu'elle allait s'en aller. Cependant, cette dernière était toujours présente, plus oppressante de jour en jour. Il aurait aimé avoir un ami avec lequel s'asseoir et lui raconter sa souffrance. Il avait le même sentiment de solitude profonde que lorsqu'il avait perdu Freya. Mais. C'était ainsi. Il était né pour être seul. De vivre seul et de souffrir seul. C'était triste, mais c'était ainsi. C'était sa destinée. Parfois, il avait envie de fuir loin, d'oublier qui il était de… Il en savait rien, mais il voulait juste être normal. Sans pouvoir magique, sans un Prince arrogant et égocentrique à sauver, sans royaume à protéger. Juste lui, Merlin et être enfin libre de cette lourde destinée. Il aimerait être lui, pleurer librement, montrer sa souffrance, la partager avec des ami.e.s, qui sauraient le soutenir, le réconforter. Cependant, ce vœu pieu ne se réaliserait jamais. Il serait seul, quoi qu'il fasse.
- Je veux juste disparaître, murmura-t-il doucement en posant sa tête sur ses genoux.
Son regard était perdu dans la flemme de la bougie qui l'éclairait de sa douce éclat. Disparaître, même ce vœu, il ne pourrait le réaliser. Qui protégerait l'abruti royal s'il n'était plus là ? Il se rendit compte que c'était la seule chose qui le maintenait en vie.
- C'est triste, je n'ai juste aucune raison de vivre en dehors de ça, remarqua-t-il d'une voix morne.
Il eut un rire sans joie avant de reprendre son travail essayant d'endiguer ses réflexions déprimantes. Il n'avait pas envie de pleurer, ni de se rendre compte à quel point il se sentait vide et sans espoir pour sa propre vie.
Il ne se rendit pas compte que tout à son désespoir, que son ami Gauvain, avait tout entendu.
