Ciaossu ! Et voilà le chapitre 15, j'espère qu'il va vous plaire ! Pour faire un bref resuler de ma longue absence c'est : mon pc a planté, j'ai perdu mes données, ça m'a déprimé et j'ai arrêté d'écrire. J'ai taffé tout l'été du coup pas trop le temps d'écrire, ni l'inspiration. Bref, vivement la rentrée, que les choses reprennent leur rythme !
Enjoy it !
Disclaimer : Rien ne m'appartient, c'est à la BBC (dommage !), enfin si l'histoire est à mwa quand même !
Avertissement de l'auteur : Ceci est une fanfic sur une relation entre hommes, donc HOMOPHOBES passez votre chemin, c'est également un MPREG donc si vous n'êtes toujours pas d'accord, sérieux passez votre chemin !
Note de l'auteur : Ma bêta est toujours débordée donc on verra, je reuploderai des versions corrigées plus tard !
Bonne lecture !
ShiyaMiam
Kissu :3
~ Chapitre 15 : 2ème Trimestre ~
Merlin entamait son cinquième mois de grossesse. Eh bien, il faut dire que durant son quatrième mois de grossesse, il avait eu tellement de choses à gérer qu'il ne s'était à peine rendu compte du temps qui s'était écoulé. Après son mariage et son couronnement, il ne s'était pas attendu à ce que tout change aussi vite. Ils avaient dû se rendre dans tous les patelins pour se présenter. Ils étaient partis avec la garde royal, cela voulait dire : accompagnés des chevaliers de la Table Ronde. Arthur avait laissé la gestion du Royaume entre les mains de Léon en attendant son retour. Le voyage avait été pénible pour lui, entre sa vessie qui ne le laissait pas tranquille, ses sauts d'humeur, il en avait fait voir de toutes les couleurs à Arthur. Mais enfin, enfin, ils étaient de retour à Camelot. Ce n'était pas trop tôt ! Il savait qu'il aurait encore beaucoup de travail à accomplir : toutes les personnes qui s'étaient exilées de Camelot revenaient au pays et il fallait les accueillir. En tant que Roi consort, c'était son devoir. Il se tenait donc à l'entrée de la cité, entouré d'une garde discrète – sur les ordres d'Arthur – et accueillait avec douceur toutes les personnes curieuses qui voulaient vérifier qu'elles étaient les bienvenues dans la ville. Debout, avec sa tunique qui recouvrait son ventre avec délicatesse, il accomplit sa tâche malgré la fatigue qui le tiraillait. De plus, il avait une envie folle de manger une soupe de poisson. Il avait l'impression que s'il ne pouvait pas manger cela dans la seconde, il allait mourir.
- Georges, s'il te plaît, j'ai besoin de manger une soupe de poisson.
Le serviteur qui l'accompagnait – sur les ordres d'Arthur – s'inclina vers lui silencieusement et attendit la suite.
- Je veux des pruneaux séchés dans la soupe et le poisson, je veux que ce soit de la truite rose !
- Mais votre Majesté, ce n'est pas la saison des truites roses, répondit le jeune serviteur d'une voix monocorde.
- Que veux-tu que cela me fasse ? répliqua Merlin d'un ton sec.
Il se tourna sèchement vers le serviteur brun et le foudroya du regard dans un saut d'humeur des plus légendaires. Ses yeux se mirent à se dorer et il grogna d'une voix menaçante :
- Je me fiche de savoir où tu vas me trouver ces satanées truites roses, mais je veux en manger, MAINTENANT !
Georges hocha la tête rapidement et s'éloigna du jeune sorcier enceint au pas de course. Merlin le regarda partir avec un petit sourire de satisfaction, sûr d'obtenir ce qu'il voulait et posa la main sur son ventre en sentant un léger coup de pied dans son ventre. Il le caressa tendrement, retrouvant immédiatement son calme face à la vie qui grandissait en lui. Il avait été si inquiet, il avait eu si peur de porter un enfant, mais maintenant… il avait hâte de voir cet enfant. Serait-ce une petite princesse ou un petit prince ? Serait-il brun comme lui ou blond comme Arthur ? Il ressentit une telle bouffée de chaleur qu'il en eût la tête qui lui tourna. Ses jambes se dérobèrent sous lui, avant qu'il ne puisse toucher le seul, Lancelot l'avait rattrapé de justesse. Il entendit son cri avant de s'évanouir.
- MERLIN !
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Arthur parcourut la distance qui le séparait de l'atelier de Gaius en courant aussi vite qu'il le pouvait avec sa lourde cape et une partie de son armure qu'il n'avait pas eu le temps d'enlever. Merlin s'était évanoui lors de son accueil quotidien des nouveaux habitants de la cité. Cela n'avait rien fait pour le rassurer. Merlin travaillait-il trop ?
Arthur se hâta auprès de son époux, totalement paniqué. Celui-ci était allongé sur une couche avec les deux mains posées sur son ventre arrondi. Il releva la tête avec un sourire amoureux sur le visage à l'approche de son mari. Il lui tendit la main avec les joues rougies de plaisir.
- Merlin ! Est-ce que tout va bien ? s'exclama ce dernier en prenant sa main avec angoisse.
Arthur lui déposa un baiser sur la tempe alors que Merlin fermait les yeux sous l'attention.
- Il va bien Arthur, il a juste eu des bouffées de chaleur, répondit le médecin de la cour.
- Je vais bien, mon amour, confirma le jeune homme enceint avec un sourire rassurant.
Le roi de Camelot poussa un soupir de soulagement avant de déposer un baiser sur le ventre de Merlin.
- Vous m'avez fait peur, mes amours.
- Oh ! s'exclama Merlin les yeux écarquillés de surprise.
- Que se passe-t-il ? lui demandèrent Arthur et Gaius en même temps.
- Dis quelque chose Arthur ! Parle au bébé !
Le jeune roi fronça les sourcils d'incompréhension avant d'obéir à l'injonction de son époux.
- Bonjour mon cœur, je suis ton père. J'ai tellement hâte de te voir !
- Oh ! s'écria Merlin une fois de plus.
Il saisit la main précipitamment d'Arthur et le posa un peu plus haut sur son ventre rond et poussa Arthur à parler encore une fois.
- Il bouge ! s'exclama celui-ci en lançant un regard émerveillé à Merlin puis à Gaius
- Il reconnait ta voix !
Arthur en avait des larmes aux yeux et Merlin sans plus se retenir se mit à pleurer de joie en se blottissant dans les bras de son époux. Son bonheur était complet. Ils attendaient ce petit être avec tant d'impatience ! Ce petit être qui leur faisait savoir qu'il était là, en vie et en forme.
- Il me reconnaît, mon enfant me reconnaît !
Arthur posa une main révérencieuse sur le ventre proéminant de son compagnon et il y déposa un tendre baiser avant de chuchoter :
- Je t'aime si fort, mon trésor. Si fort !
Il releva la tête et plongea ses yeux dans ceux de l'amour de sa vie.
- Merci, dit-il simplement.
Ils s'enroulèrent l'un autour de l'autre, oublieux du monde qui les entoure, front contre front ; se chuchotant des mots d'amour et des promesses de bonheur éternel.
Gaius observait cette scène magnifique avec une douce béatitude face au bonheur de son filleul. Il était si heureux de le voir vivant, enfin ! Son vieux cœur attendait avec impatience de rencontrer son futur petit enfant. Il peinait à se dire qu'à son grand âge, il allait enfin être grand-père. Lui qui n'avait pas pu avoir sa propre famille à cause de ses obligations. Cela lui fit penser à Uther qui lui voyait ce couple merveilleux d'un œil mauvais. Son ami avait-il plongé si loin dans les ténèbres pour souhaiter le malheur de son fils plutôt que sa joie ? Il en était attristé.
- Plus que quatre mois, et vous verrez votre petit ange, murmura-t-il aux jeunes époux qui avaient déjà oubliés sa présence.
Il s'éloigna avec un doux sourire.
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Merlin sifflotait joyeusement en dévorant sa soupe de poisson aux pruneaux séchés ; il était si heureux ! Si heureux de pouvoir manger ce qu'il voulait. Il fit abstraction du regard rempli de perplexité que lui avait lancé Arthur et celui de dégoût de sa mère, lorsqu'il avait ajouté les pruneaux dans sa soupe.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée ? lui demanda le jeune roi.
- Ce n'est pas toi qui va la manger, répliqua le jeune sorcier en haussant les épaules.
Une manière simple de dire que l'avis du jeune homme blond n'était ni demandé ni souhaité. Merlin fronça les sourcils en goûtant son plat avant de plisser le visage de bonheur. Il se tourna vers Georges et lui demanda très sérieusement :
- Puis-je avoir du miel ?
- Euh…bafouilla le jeune serviteur en lançant un regard paniqué vers Arthur qui lui avait ordonné de ne pas céder à tous les caprices alimentaires du sorcier.
- La réponse est oui, en fait, rétorqua le jeune homme enceint avec un regard assassin.
- Mon amour, ne penses-tu pas avoir assez mangé ?
Merlin se retourna vers Arthur en plissant les yeux de colère. Il regarda la table avec les vestiges de son carnage alimentaire et cracha :
- Tu sous-entends que je suis gros ?!
Ses yeux se mirent à briller d'une lueur dangereuse.
- Euh, alors je n'ai pas dit ça. Tu es magnifique, Merlin.
Le sorcier de la cour de Camelot plissa les yeux sévèrement avant d'exécuter d'un mouvement ample de la main un sort qui vit apparaître une tourte à la viande ainsi qu'un pot de miel sur la table.
- Merlin tes pouvoirs ne doivent pas te servir à des fins égoïstes ! le réprimanda sa mère d'une voix sévère.
Arthur la trouva fort courageuse de s'opposer à un Merlin enceint dont la patience s'effilochait à la vitesse de l'éclair. Le jeune homme brun croisa les bras sur sa poitrine, le visage froissé par le mécontentement : il était tout simplement adorable.
- Si on me donnait ce que je demandais, on n'en serait pas là ! s'exclama-t-il avant de disparaître dans un nuage de fumé emportant avec lui le pot de miel, le reste de sa soupe de poisson ainsi que la tourte à la viande.
Il eut un silence dans la salle à manger royal, Arthur se tourna vers sa belle-mère les yeux écarquillés par la surprise.
- Avait-il déjà fait cela avant ? demanda-t-il d'une voix tremblante de peur à Hunith.
Celle-ci secoua la tête médusée par les pouvoirs de son fils. N'était-il pas devenu plus puissant ? Elle lança un regard plein de sous-entendu à son beau-fils avant de dire :
- Va le voir.
- Mais…
- C'est ton mari !
- Mais c'est votre fils !
- Ah, tu l'as épousé en connaissance de cause, à toi l'honneur.
Elle lui adressa un charmant sourire avant de quitter gracieusement la table rejoindre ses quartiers bien qu'elle préférait passer du temps dans l'atelier de Gaius la plupart. Arthur la regarda partir et passa la main dans ses cheveux en poussant un soupir à s'en fendre l'âme. Il se redressa, jetant sa serviette sur la table dans un geste rageur avant de partir à la recherche de son époux. Il espérait que celui-ci n'allait pas le transformer en une créature quelconque sous l'effet de la colère.
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Merlin grommelait dans sa barbe inexistante tout en enfournant une part de tourte nappé de miel dans sa bouche. Il en avait assez que tout le monde soit constamment en train de le surveiller ou de lui dire ce qu'il avait ou non le droit de faire, de manger, de boire ! Bon sang, il était ENCEINT PAS MALADE ! Et s'il voulait devenir aussi gras qu'un cochon au printemps, eh bien c'était son PROBLÈME !
- Ils m'énervent !
- Merlin ?
Il ne se retourna pas sachant qu'Arthur avait fini par le trouver. Il s'était caché dans le jardin comme à chaque fois qu'il partait bouder dans son coin. Depuis qu'il était enceint son humeur était tellement volatile. Il se faisait l'impression d'être un volcan prêt à exploser à chaque fois que ses désirs n'étaient pas satisfaits. Il s'arrêta de manger en ayant une violente envie de pleurer. Pourquoi était-il comme cela ? Pourquoi agissait-il ainsi ? il n'était pas violent ni impétueux normalement. Sans le vouloir, il éclata en sanglots en cachant son visage entre ses mains.
- Merlin ! s'exclama Arthur en se précipitant au côté de son époux.
Il le prit dans ses bras, celui-ci résista un peu avant de se laisser faire face à l'insistance de son conjoint. Arthur l'enveloppa dans ses bras avec douceur et le serra contre son cœur. Il plongea son nez dans les cheveux couleur ailes de corbeau du jeune sorcier en lui murmurant des mots d'amour jusqu'à ce que la crise de larmes soit passée.
- Que se passe-t-il, mon amour ? lui demanda-t-il d'une voix douce.
Merlin renifla un bon coup avant de redresser la tête du torse accueillant de son Arthur et plongea ses yeux humides et cerclés de rouge dans ceux inquiets du jeune homme blond.
- Je suis gros, je suis laid, je perds la tête et je me transforme en troll à chaque fois que j'ai faim ! Et j'ai faim tout le temps ! Ma vessie s'est rétrécie et je suis en train de me transformer en FEMME ! J'ai de la POITRINE ! s'écria-t-il de façon hystérique.
Sa lèvre inférieure se mit à trembler avec force et Arthur se précipita pour le rassurer, il n'aimait pas faire face à un Merlin en larmes. Il détestait ça.
- Oh, oh ! ! Mais qu'est-ce que tu racontes ? s'exclama-t-il en repoussant son amoureux.
Il laissa son regard se poser sur le corps magnifique en face de lui. Bon sang, Merlin était si beau, si magnifique. Il s'était épaissi, lui qui était si maigre, et cela lui allait tellement bien. Son ventre arrondi lui donnait des airs angéliques. Ses grands yeux bleus, ses cheveux de jais, sa peau pâle. Il était superbe ! Une pure merveille ! Arthur laissa Merlin voir tout le désir qu'il lui inspirait au travers de son regard. Tous ces sentiments brûlants qui faisaient pulser son cœur… et pas que son cœur d'ailleurs.
- Qu'est-ce que je t'aime…murmura-t-il d'une voix émerveillée et révérencieuse.
Merlin retint son souffle et se sentit rougir. Il ne parvenait pas à soutenir le regard affamé que lui lançait Arthur. Le jeune roi lui prit la main avant de l'attirer contre lui, d'une main sous le menton, il lui releva la tête.
- Tu es tellement magnifique, comment peux-tu te trouver laid alors que tu es la plus belle chose que je n'ai jamais vue ? Tu portes notre enfant, bien sûr que tu as le droit d'avoir tout ce que tu souhaites ! Tout ce qui peut te rendre heureux, tout ce qui peut te faire rire, sourire…je ferais tout pour toi.
Il posa une main caressante sur le ventre de Merlin et continua :
- Quand tu boudes, quand tu t'énerves, quand tu transformes les personnes en animales, quand tu menaces Georges, je ne fais que t'aimer plus ! Tout cela me rappelle que bientôt notre bébé sera là et que c'est lui qui te met dans tous ces états ! N'est-ce pas adorable ? Tu es adorable !
- … C'est vrai ? demanda Merlin d'une toute petite voix.
Arthur lui ravit les lèvres dans un tendre baiser avant de lui souffler doucement :
- Je t'aime.
Merlin fut rassuré.
Lorsqu'ils rentrèrent dans leur chambre, Arthur se fit un devoir de lui montrer à quel point il adorait son corps sous toutes les coutures.
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Quelques semaines plus tard.
- Mais pourquoi ?! s'écria un Merlin excédé par son immobilité forcée.
- C'est pour ta sécurité Merlin ! Ton ventre est beaucoup trop gros pour seulement six mois de grossesse, marmonna pour la énième fois Gaius en continuant de masser le ventre du jeune homme avec des huiles essentielles.
- Est-ce qu'il est en danger ? demanda Arthur d'une voix inquiète.
Il ne voulait pas perdre son époux comme son père avait perdu sa mère. Il serra fermement la main de Merlin dans la sienne.
- L'Esprit de la Magie ne le mettrait jamais en danger, répondit Kilgarrah d'une grosse voix rauque.
Ils se trouvaient à l'extérieur de la cité de Camelot, dans la clairière, là où le Dragon pouvait se poser sans affoler les habitants de la cité.
- Est-ce normal que son ventre soit aussi volumineux ? demanda Guenièvre toujours peu rassurée de parler au Grand Dragon et se tenait en retrait.
Elle tenait fermement la main de son nouveau mari, Lancelot.
- Hé ! Dis tout de suite que je suis GROS ! s'exclama Merlin qui avait du mal à voir par-dessus son énorme ventre.
Il lança un regard courroucé à la jeune femme noire, cependant celle-ci ne le vit pas. Il prit la décision de bouder dans son coin. Gwen leva les yeux au ciel avant de sourire.
- Oui, tu ressembles une vache qui va mettre bas mon Merlin ! Mais tu es magnifique ! lui lança-t-elle d'une voix taquine.
- Oh que quelqu'un la fasse taire ! grogna Merlin qui ne voulait pas qu'on lui rappelle qu'il était sur le point d'exploser.
Il était gonflé de partout et là, il venait d'apprendre qu'il devrait rester aliter pour le reste de sa grossesse ! Pendant TROIS MOIS ! Il en était hors de question. Cependant, il ne voulait pas perdre son bébé, alors il allait devoir s'y plier. Il posa une main protectrice sur son ventre, il allait protéger ce petit être de toutes ses forces.
- Ça ne répond pas à la question du pourquoi son ventre est si gros, grommela Gaius sous l'effort.
- Vous le saurez bien assez tôt, répliqua Kilgarrah.
Il ricana avant de s'envoler dans le ciel éclatant.
- Je ne le comprendrais jamais, marmonna Arthur en reportant son attention sur Merlin qui avait fini par somnoler sous les attentions de Gaius.
Il lui caressa les cheveux dans un geste doux avant de déposer un baiser sur son front. Gwen s'approcha de lui et posa une main apaisante sur son épaule et dit doucement :
- Ne t'en fais pas, Arthur, il ira bien.
Il lui adressa un sourire reconnaissant et dévisagea Merlin avec amour. Tout irait bien.
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Il en était à son huitième mois et il en avait assez ! Il en pouvait plus ! Ce n'était plus possible ! Son ventre était devenu tellement gros qu'il ne voyait plus ses pieds, il allait tellement au toilette pour pisser qu'Arthur en avait fait construire en face de la suite royale ! Ses pieds étaient gonflés, ne parlant même pas de sa poitrine ! SA POITRINE ! Il avait mal dans des endroits de son corps dont il ignorait l'existence jusqu'à maintenant. De plus, sa magie lui jouait des tours. Kilgarrah lui avait dit que c'était normal : son bébé puisait en lui pour grandir. Il ne pouvait plus lancer un sort des plus basiques. Il devait également faire attention à son humeur, car l'enfant à naître était déjà un petit coquin. Celui-ci se faisait un malin plaisir à retenir son père, Arthur, lorsque Merlin voulait qu'il passe la journée avec lui. Il n'hésitait pas à faire tourner en bourrique Georges lorsque celui-ci refusait de donner à Merlin ce qu'il voulait – le pauvre serviteur avait dû s'absenter pour cause de maladie. Et parfois pour Merlin ne savait quelle raison, lorsqu'il voulait voir l'extérieur, son bébé le faisait se téléporter dans l'endroit de ses rêves. Bon, il avait dû gronder son bébé lorsqu'il s'était retrouvé dans le désert pendant une demi-journée et qu'à son retour, il avait dû faire face à un Arthur en plein crise de nerfs. Il ne s'était plus éloigné de Camelot lorsqu'il se faisait téléporter en dehors de la chambre royale.
- Merlin, cesse de faire l'enfant ! Tu ne peux pas quitter le lit ! s'exclama Gwen en fronçant sévèrement les sourcils.
Elle prenait très sérieusement son rôle d'infirmière et de futur marraine ; elle tenait à ce que son futur filleul.e soit en bonne santé à sa naissance.
- On verra quand tu te retrouveras à ma place ! Tu es une tortionnaire ! Je veux juste aller dans le jardin ! s'écria le jeune homme enceint en levant les bras au ciel.
- On ne va pas avoir cette dispute pour la énième fois !
Merlin croisa les bras sur sa poitrine, le visage froissé par la contrariété. Il tourna ostensiblement le dos à la jeune femme noire.
- Je veux voir Arthur, bougonna le jeune homme brun.
- Oui, mais il n'est pas à Camelot pour l'heure. Il reviendra dans trois jours.
Gwen se pinça les lèvres de désapprobation, elle s'était disputée avec Arthur et Lancelot au sujet de leur départ et ne trouvait pas intelligent de leur part de partir alors que Merlin était enceint jusqu'aux yeux. Cependant, ils n'avaient pas le choix car il y avait des pillages dans les villages limitrophes au royaume de Cendred.
- Merlin, chuchota-t-elle d'une voix douce, repose-toi d'abord un peu et ce soir s'il fait doux, on ira faire un tour ?
Le jeune sorcier se laissa tomber sur le lit en grognant gardant toujours le dos ouvertement tourné pour marquer sa contrariété. Gwen n'insista pas et quitta doucement la chambre. Elle pouvait comprendre l'état de Merlin, il se retrouvait seul, enceint, sans son époux à ses côtés alors qu'il traversait une phase difficile où il avait besoin de son mari. Elle fit passer un mot à la cuisine pour que l'on lui fasse et lui monte dans quelques heures une tarte au citron – nouvelle lubie du jeune sorcier.
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Merlin ne parvenait pas à dormir. Il n'était pas à l'aise. Mais vraiment pas. Une crampe l'avait tiré de son sommeil agité sans la présence apaisante d'Arthur à ses côtés dans le lit conjugal, il dormait très mal. Il resta un instant dans le lit, la main sur son ventre à regarder le plafond. Sa mère l'avait prévenu qu'il aurait des douleurs au bout d'un certain temps et que c'était normal : le bébé se faisait sa place pour préparer sa venue au monde. Il grimaça en sentant un coup de pieds des plus violents entre ses côtes.
- Ouh…doucement, gémit-il en se frottant l'endroit endoloris.
Il ne se passa rien pendant un certain temps et il finit par somnoler, écrasé par le poids de la fatigue. Il se redressa brusquement sous le coup d'une violente douleur en poussant un cri de panique. Il sentit de l'eau s'écouler entre ses cuisses, ne comprenant pas ce qui se passait, il crut qu'il s'était pissé dessus sous le coup de la douleur. La souffrance qui lui traversa le ventre fit voler en éclat son contrôle sur le peu de sa magie qui lui restait. La table explosa, les fenêtres volèrent en éclat et sans s'en apercevoir, sur le coup de la peine ; il se téléporta loin du chaos au moment où les gardes pénétrèrent dans la suite pour protéger leur Roi Consort du danger.
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Hunith pénétra dans la suite Royale la main sur le cœur, paniquée de la trouver dans un état aussi catastrophique. Elle eut peur pour son fils, qu'elle ne trouva pas parmi le chaos. Elle se précipita à l'extérieur pour donner l'alerte : son fils avait disparu et vu les traces qu'il avait laissé derrière lui, il était en détresse. Ils devaient le retrouver et vite !
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Cela faisait un moment qu'il était dans cette forêt. Comment était-il arrivé, il ne le savait plus, la douleur embrumait trop son esprit pour qu'il puisse réfléchir. Merlin se tenait le ventre. Bon sang, il avait si mal ! Il avait si mal ! Il rejeta la tête en arrière et hurla de toutes ses forces, ses tendons saillants. Par tous les saints, pourquoi était-ce si douloureux ?! Un seul nom sorti de ses lèvres :
- ARTHUR !
Il hurla encore plus fort :
- ARTHUR !
Son ventre se contracta plus fort, il se roula en boule, incapable de se relever, incapable de bouger, vulnérable. Tellement vulnérable, mais seul. Seul pour affronter tout cela. Seul pour faire face. Il se mit à pleurer, là dans cette clairière, perdu non loin du royaume de Cendred. Il allait mourir. Il ne pouvait même pas utiliser la magie. Elle ne pouvait pas le sauver. Du moins, il ne pouvait pas se sauver en utilisant sa magie. Il avait tellement peur. Effrayé au possible.
- ARTHUR ! ARTHUR !
Il hurlait désespérément. « Oh Arthur, j'ai besoin de toi, j'ai tellement besoin de toi ! On a besoin de toi ! » songea-t-il en sanglotant. Une autre contraction, un autre cri déchirant. Il avait besoin d'Arthur, et ce TOUT DE SUITE !
Il finit par se traîner contre le tronc de l'arbre le plus proche, le souffle haletant. Il écarta les cuisses instinctivement alors qu'une autre contraction le fit hurler de toutes ses forces. Il se concentra sur sa respiration, les larmes baignant son visage. Il avait peur pour son bébé, il avait si peur pour lui. Ce n'était pas normal qu'il ait si mal. Il n'était qu'au début de son huitième mois, son enfant allait-il mourir ? Et lui aussi ? Du liquide s'écoula encore entre ses jambes l'effrayant au possible.
- Arthur…
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Arthur avait reçu le message qu'un mage lui avait envoyé télépathiquement : il n'avait jamais été aussi heureux d'avoir autorisé le retour de la magie à Camelot. Merlin était en danger ! Un druide l'avait localisé à quelques lieux d'eux et il lui avait communiqué le lieu par l'esprit. Il sortit de sa tente rapidement :
- Que se passe-t-il Arthur ? demanda Lancelot qui avait senti l'agitation de son roi.
- Merlin est en danger !
- Comment ça ?!
- Hunith dit qu'il est peut-être en train d'accoucher, seul, au milieu de nulle part répondit sombrement Arthur avec le visage fermé.
Il avait le ventre noué par l'angoisse mais il se devait de rester lucide. Merlin avait besoin de lui. Arthur s'enveloppa dans sa cape et grimpait déjà sur sa jument. Il n'eut pas le temps de donner des ordres que ses fidèles chevaliers se tenaient près, à ses côtés.
Ils se lancèrent au galop dans la nuit sombre à la recherche de l'âme, de l'amour de leur Roi.
Ils prièrent, prièrent pour que Merlin aille bien. Qu'ils arrivent à temps.
La Magie entendra-t-elle cette prière ?
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À SUIVRE !
Merci à vous tous et toutes d'être aussi fidèle et patient.e.s avec moi ! N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre, les reviews me motivent (si vous voulez la suite, vous savez ce qu'il faut faire – oui je menace J )
