Chapitre réécrit le 31/07/2020.
J'espère que vous aimerez la réécriture de ce chapitre. Merci en tout cas de lire, suivre, mettre en favori et surtout merci de commenter cette fic. Bonne lecture.
Pier : Merci beaucoup, en espérant que la suite reste intéressante.
Guest : Merci beaucoup, je suis heureuse qu'ils te plaisent.
Aurore Heart : Salutations,
J'espère qu'avec cette réécriture tu réussiras mieux à reconnaître qui est qui. Je reconnais que ce n'est pas évident.
Merci beaucoup.
QOP : Je n'ai pas prévu de remarier le Comte, et au sujet de Charlotte, Perseus était une option mais au final j'ai pensé à quelqu'un d'autre.
Pixiel : Contente que ça t'intéresse. Oui, désolée, j'ai changé les prénoms de mes personnages, choisissant de prendre des noms commençant par P, au moins pour les mâles Bennet. Là il ne devrait plus y avoir de confusion.
Cocochoco78 : Merci beaucoup, c'est gentil de ta part. :)
Je n'ai pas été offensée par le commentaire, mais merci pour ta défense. Après comme je l'explique, Pénélope a eu une vie très différente de ses cousines, et du coup il y a des choses qu'elle sait. En plus elle a un regard neutre sur la situation.
Avec le recul, Elizabeth s'en veut de ne pas avoir vu toutes les ... contradictions dans les paroles de Wickham. Elle le voit aussi parce que son opinion sur Mr Darcy change. Jane Austen nous a montré à quel point notre point de vue pouvait nous conduire en erreur.
La famille du Comte amène donc une nouvelle évolution dans la famille Bennet de Longbourn, après il y aura quelques péripéties. Et des moments où Pénélope aura besoin de ses cousines. C'est simplement une question de situation :).
Pour Darcy, il va être jaloux oui, et il va devoir montrer qu'il mérite la main d'Elizabeth. Sans le réveil brutal de Hunsford. Ca va être intéressant à écrire. Et concernant Bingley, je suis en train d'écrire une fic, un peu dans la même idée de base, quoiqu'à un moment différent pour le début. Et dans cette fic là, Bingley aura suffisamment de recul, et il aura assez grandi, pour mériter Jane. Ici en revanche, et bien non. Il a raté sa chance.
J'espère vraiment que tu aimeras la réécriture, et que tu continueras à commenter.
Paul Bennet, troisième et dernier fils du Comte de Hampshire, avait toujours aimé rire et plaisanter. Il vivait selon la phrase de sa mère, 'Un jour avec au moins un rire, est un bon jour.' Néanmoins au fil des ans, son humour s'était assombri. Et à présent une de ses plus grandes sources d'amusement était sa femme, particulièrement ses nerfs et son attitude souvent ridicule.
Par le passé il s'était parfois moqué des gens, surtout ceux de la bonne société et leurs attitudes ridicules pour plaire à d'autres. Les femmes qui acquiesçaient à tout ce que disait un homme avec un important revenu, ou un titre, peu importe à quel point ce qu'il disait était stupide, l'avait toujours amusé. C'était aussi le cas pour ses frères, Perceval ayant réussi à faire acquiescer certaines choses très étranges à des femmes. Faire sourire ou même rire son frère aîné avait été un défi, mais un qu'il avait toujours été heureux de relever.
Mais il avait perdu Perceval, depuis longtemps, avant la mort de son aîné même. Il l'avait perdu lorsqu'il avait choisi d'épouser Fanny. Patrick avait essayé d'être là pour lui, restant dans sa vie, mais il s'était engagé dans la Royale Navy et il ne rentrait pas souvent. Encore moins depuis la mort de son épouse. Quoique Patrick revenait enfin au pays, et définitivement.
Cela ne changeait pas sa peine concernant Perceval, il ne l'avait pas revu avant sa mort. Il n'avait pas pu faire la paix avec lui. Il n'avait pas pu lui dire à quel point il l'aimait. Il n'avait pas pu le remercier de sa patience avec lui, il n'avait pas pu le remercier de li avoir appris à monter à cheval. Ou encore de l'avoir couvert lorsqu'il allait grimper à des arbres, cotre l'avis et les ordres de son père.
La mort de son frère avait été un coup dur, surtout dû à l'étrangement qui existait entre eux. Et il n'avait eu personne à qui en parler. Patrick était trop loin, et ce n'était pas le genre de conversation qu'on pouvait avoir par lettre. Son épouse ? Non, ils n'étaient plus proches depuis des années, depuis la naissance de Lydia en réalité. Peu à peu ils étaient devenus distants, les crises de nerfs de Fanny le forçant à se réfugier dans sa bibliothèque. Ses amis ? Lesquels ? Il n'avait pas d'amis proches, plus depuis l'université et son mariage. Il n'en avait aucun avec qui il pouvait avoir de telles conversations.
Ses filles ? Cela ne serait pas correct. Quoiqu'il avait été tenté d'aborder le sujet avec Elizabeth, sa seconde fille qui lui faisait tant penser à sa défunte mère, la Comtesse Jane. Sa mère était morte depuis longtemps maintenant, elle avait vu ses trois enfants se marier, même si elle n'avait pas pu assister à son mariage, avant de rendre son dernier souffle. Elle était tombée malade et en était morte. Il avait nommé sa première fille après elle, sa Jane avait la douceur de sa mère, mais elle n'avait pas son mordant. Elizabeth en revanche, lui ressemblait d'avantage.
Elles étaient trop jeunes pour discuter de telles choses avec lui. Et puis ce n'était plus important, Patrick allait arriver, il pourrait parler avec lui à ce moment là.
Il avait prévenu son épouse qu'ils allaient avoir des invités pendant deux semaines, à partir du 28 Novembre et jusqu'à Noël, ils partiraient ensuite pour passer du temps à Londres avec la sœur de feu Lady Hélène. Et pour fêter les choses en privé également. Il ne lui avait pas dit dès qu'il l'avait appris, ayant attendu un peu pour le faire et sans lui dire qui allait arriver. Uniquement le nombre d'invités et la durée.
Il avait fait une erreur de calcul en informant, après le bal de Netherfield, que son frère, le nouveau Comte, et sa famille étaient les invités dont il était question. Il aurait du le faire après, vu que William Collins, son cousin et le futur Maître de Longbourn vu qu'il n'avait pas eu de fils, avait choisi de rester. Même après le refus d'Elizabeth qui ne souhaitait pas l'épouser. Et il était reconnaissant au Seigneur pour cela, il aurait refusé un tel mariage. Son dernier souhait était bien que ses filles, particulièrement sa préférée, soient dans un mariage aussi inégal. Le respect était une chose très importante dans un mariage. Il ne le savait que trop bien.
Son Elizabeth avec un homme du genre de Collins ... C'était absolument hors de question, heureusement qu'elle partageait son opinion. Malheureusement Fanny ne l'acceptait pas, elle avait réellement pensé qu'Elizabeth accepterait. Le départ des Bingley pour Londres n'arrangeait pas l'humeur de son épouse. Quoique avec la nouvelle qu'elle allait héberger un Comte et sa famille, elle s'était un peu calmée. Enfin du côté dramatique. Elle continuait à avoir des crises de nerfs, mais d'excitation positive cette fois. Quoiqu'elle continuait à faire des remontrances à Elizabeth.
Il se rappelait clairement la scène de la veille, lorsqu'il avait dit qui allait arriver exactement, espérant offrir une diversion à sa fille, afin qu'elle puisse échapper aux reproches de sa mère.
La veille
"Nous recevrons du monde pour le déjeuner demain." il annonça, au déjeuner, profitant du fait que toute la famille était réunie.
"Quels invités cousin ?" demanda Collins, le regardant pour la première fois depuis le début du repas.
Clairement il n'avait pas digéré le fait qu'il n'avait pas choisi de forcer Elizabeth à l'épouser, la soutenant même à la place. Néanmoins il n'était pas genre à rester silencieux lorsqu'il était contrarié. En tout cas pas longtemps. Il était aussi très curieux, malheureusement il manquait aussi de bonnes manières. Vu qu'il parlait la bouche pleine. Paul Bennet dut retenir une grimace de dégoût à la vue de la nourriture à moitié mâchée.
"Mon frère Patrick et sa famille vont rester quelques temps chez nous." répondit néanmoins Bennet.
Il avait plutôt hâte d'être au lendemain, et il avait été heureux de lire la dernière lettre de son frère, ce dernier lui disant qu'il prévoyait de partir tôt. Bennet ne serait pas surpris si Patrick et sa famille arrivait même avant le déjeuner, quoiqu'il avait aussi précisé qu'il aurait une ou deux choses à régler avant de partir.
Mais bon, cela ne voulait pas forcément dire grand chose. Après tout son frère avait toujours été du genre à se lever tôt, et les choses n'avaient fait qu'empirer lorsqu'il était devenu un membre de la Royal Navy. Après son premier séjour à Longbourn, Paul avait fait très attention de dire à son frère l'heure à laquelle il prévoyait de commencer sa matinée. Il avait fait l'erreur de lui dire de le faire réveiller une fois pour une balade matinale. Plus jamais.
Il préférait attendre le lever du soleil, et même après, pour se lever. Il plaignait la famille de son frère, surtout Pénélope et les plus jeunes, nul doute que Perseus avait du prendre des habitudes similaires.
"Nous allons héberger le Comte et sa famille." s'exclama enthousiaste Fanny.
"Penny va venir ?" demanda en même temps Kitty, tout aussi enthousiaste.
Il regarda surpris son avant-dernière, il était forcé de reconnaître qu'il connaissait surtout ses deux aînées, un peu Mary, mais Catherine et Lydia... Bien moins, elles étaient trop agaçantes à son goût, elles n'étaient intéressées dans rien de ce qui lui plaisait. C'était donc difficile d'avoir des conversations avec elle. Surtout vu qu'elles parlaient surtout d'habits et d'officiers.
Il savait bien sûr que ses filles communiquaient avec Pénélope, mais il n'avait pas su qu'un lien spécial s'était crée entre Kitty et Pénélope. C'était plutôt inattendu, mais ce n'était pas une mauvaise nouvelle, loin de là. Peut-être que sa nièce aurait une bonne influence sur Catherine.
"Oui, elle ainsi que le reste de la famille du Comte. Ils resteront avec nous jusqu'à Noël, et ils partiront ensuite pour retourner à Londres et passer du temps avec Lady Wooridge." répondit Bennet. "Ils n'avaient prévu de passer que deux semaines avec nous, mais j'ai réussi à lui faire changer d'avis. Il faudra faire quelques calculs, mais nous pourrons loger tout le monde. Mon frère, avec sa famille, ainsi que les Gardiner."
"Pour combien de temps seront-ils en Angleterre cette fois ?" demanda Jane, intéressée elle aussi.
"Définitivement. Perseus et mon frère ont quitté la Navy, afin d'assumer leurs responsabilités concernant le titre et les propriétés qu'ils ont hérité." répondit Bennet, réellement soulagé par la nouvelle.
"Un titre ? Votre frère ? Je ne savais pas que vous aviez un frère cousin. Ou même qu'il y avait un titre de Comte dans la famille." intervint Collins, fronçant les sourcils.
"J'en avais deux. Votre père les a rencontré il y a longtemps, je suis surpris qu'il ne vous en ait pas parlé. De ça ou du fait que je suis le troisième fils de feu le Comte de Hampshire." commenta Bennet, réprimant un sourire narquois. "Mon frère aîné est mort il y a trois ans de cela, tandis que mon autre frère est un Amiral de la Royal Navy. Enfin il était, vu qu'il a quitté la Navy. Il est devenu le Comte de Hampshire. Son fils est donc le Vicomte."
Bennet avait été un peu curieux en recevant la lettre de son cousin, il semblait amusant à l'époque. Néanmoins après tout ses jours en sa compagnie, et bien il avait vraiment hâte de le voir partir. Quoiqu'il était assez curieux à l'idée d'une rencontre entre Collins et son frère Patrick, cela pourrait être assez amusant.
Patrick pouvait trouver de l'amusement dans le comportement des gens, mais il n'avait pas tendance à tolérer les imbéciles ou les lèches-bottes longtemps. Il était bien trop franc pour cela.
Installé dans sa bibliothèque, comme presque tout les jours depuis des années, Paul lisait, voulant éviter l'agitation de la maison. Son épouse avait passé la mâtinée à s'agiter pour que tout soit propre, tout soit parfait. Surtout les pièces réservées au Comte et à sa famille. Il ne l'avait pas vu se lever aussi tôt depuis des années, depuis le début de leur mariage en réalité.
Son épouse venait juste de s'installer, vu les bruits, dans le petit salon lorsqu'elle se mit à pousser des cris, Lydia et Kitty avec elle. Fanny ayant chargé ses deux dernières de guetter à la fenêtre les arrivants. Clairement elles les avaient repéré. Poussant un soupir, mais avec un sourire aux lèvres, il se leva pour sortir de Longbourn. Collins avait été le premier dehors, mais la famille Bennet n'était pas loin derrière.
Il y avait deux berlines avec deux cavaliers, Paul mit à un moment à reconnaître son neveu, il avait su que ça serait le cas, c'était logique après tout. Mais c'était quand même un choc, il ressemblait beaucoup à Patrick dans sa jeunesse. Quoique son frère n'avait pas été aussi musclé ou aussi tané par le soleil dans son souvenir, pas à cet âge en tout cas.
Perseus s'inclina légèrement pour saluer son oncle et sa tante, tout en descendant de cheval, mais il ne s'approcha pas d'eux. Allant à la place à la porte de la première berline, l'ouvrant afin d'aider son père à en descendre. Quoiqu'il était clair que l'Amiral n'acceptait l'aide qu'avec mauvaise grâce. Dès qu'il fut à terre, il se décala d'ailleurs de son fils pour approcher de son frère, boitant de manière visible dû à sa blessure à la hanche. Laissant à un Perseus amusé le soin d'observer ses petits frères qui avaient choisi de sauter hors de la berline. Avant qu'il n'aide gracieusement Ariane à descendre, la traitant comme une grande dame, c'était ainsi qu'elle souhaitait être traitée en ce moment et l'aîné de la fratrie se prêtait volontiers au jeu.
Une fois qu'Ariane fut en bas, elle se dirigea vers leur père, laissant à Perseus le soin d'aider Pénélope à descendre. Elle était restée volontairement en arrière, sachant très bien que son père descendrait le plus rapidement possible. Ainsi que les garçons avaient le plus de mal à rester en place, concernant Ariane, elle avait su que sa sœur n'apprécierait pas que leurs petits frères prennent trop d'avance sur elle. De son côté, même si elle était impatiente de voir ses cousines, savait attendre.
"Ça c'est bien passé ?" il demanda, plaçant la main de sa sœur sur son bras.
"Père n'avait qu'une envie, te rejoindre pour faire le voyage à cheval, autant dire qu'il n'a pas apprécié le voyage. Tenir les deux petits monstres silencieux ou en tout cas calme était un défi. Ariane a déjà été plus raisonnable durant les voyages. Autant dire que je suis très contente d'arriver." reconnut Pénélope, en lui embrassant la joue, ce qui lui gagna un sourire de son frère. "Et toi, le voyage ?"
"Burton n'est pas un grand bavard, mais les paysages n'étaient pas si mal." répondit Perseus.
Poussant les deux aînés de la fratrie à se tourner vers la deuxième berline, où Burton aidait les domestiques à descendre, tout en veillant sur les environs. Toujours prêt à les protéger si nécessaire, l'homme était extrêmement loyal, et même avec ses anciennes blessures, il était mortel au combat. Sa présence était toujours réconfortante pour eux.
"Tu n'avais pas trop perdu l'habitude, niveau équitation ?" questionna Pénélope.
"Ça va, je ne m'étais pas rendu compte à quel point notre pays m'avait manqué." dit Perseus, un sourire distant sur le visage.
Pénélope serra un peu plus le bras de son frère, comprenant qu'il souffrait dû à ce qu'il avait vu au fil des ans en tant qu'un soldat de la Royal Navy, ce qu'il avait fait pour leur pays. Elle savait bien que ce qu'il avait vu lui pesait, sa chambre était proche de celle de son frère aîné dans leur maison londonienne, elle avait donc entendu certains de ses cris dû à ses cauchemars.
Adressant un sourire à sa sœur, ils commencèrent à avancer vers l'entrée de Longbourn, où leur père était en train de regarder avec un air très méprisant un homme qu'ils ne connaissaient pas. Probablement William Collins, le futur héritier de Longbourn si leur oncle et leur tante n'avaient pas un garçon d'ici la mort d'Oncle Bennet.
"Penny." cria tante Bennet, arrivant vers eux, prenant d'autorité Pénélope dans ses bras. Clairement plus intéressée par elle que par les plus jeunes. "Tu es devenue une vrai beauté, pas aussi belle que ma Jane ou ma Lydia, mais tu es très jolie. Je suis heureuse que tu fois là mon enfant. Tu as sans nul doute besoin d'une figure maternelle dans ta vie. Surtout après toutes ses années à l'étranger, qui sait ce qu'ils ont bien pu t'apprendre dans ces horribles endroits."
"Tante Bennet, je suis heure de vous voir également." répondit Pénélope, un sourire un peu figé sur le visage. Elle aimait bien ses cousines, son oncle avait un humour et un intellect intéressant, mais sa tante... C'était toujours délicat de discuter avec elle.
"Chère petite." dit Fanny Bennet en lui tapotant la joue. "Oh mais voici mon neveu, Vicomte je n'arrive pas à y croire. Es-tu marié ?"
Perseus, qui avait sourit en voyant l'interaction entre sa tante et sa sœur, eut soudain l'impression d'être dans une embuscade. Il était clair que sa tante éprouvait le désir qu'il épouse une de ses filles, une chose dont il n'avait vraiment pas envie. Il appréciait ses cousines, mais pas à ce point. Heureusement pour lui, même si sa sœur se moquait clairement de lui, elle choisit de l'aider. Nul doute qu'il allait en payer le prix plus tard, mais pour le moment il était simplement soulagé de ne plus être dans cette situation.
"Tante Bennet, se sont-ils présentés correctement ?" demanda donc Pénélope, avec un sourire, en observant les trois plus jeunes.
Les présentations reprirent donc, cela faisait très longtemps qu'ils ne s'étaient pas vu, ils n'avaient même jamais rencontré Collins, quoiqu'ils n'avaient aucun désir d'être présenter à ce dernier.
"Oh oui, ils sont très polis, quoique Ariane devrait être un peu plus souriante. Elle est jeune je le sais, mais il n'est jamais trop tôt pour apprendre à comment trouver un mari." s'exclama Mme Bennet.
Pénélope dut se mordre la joue pour ne pas commenter, elle pouvait voir le décolleté très marqué de Lydia, celui de Kitty n'était que légèrement plus décent. Elle n'avait aucun doute sur ce que voulait dire sa tante concernant les techniques pour attirer un mari. Et il était absolument hors de question qu'elle la laisse enseigner quoique ce soit à sa petite sœur. Ariane ne deviendrait pas une fille de peu de morale ou sans cervelle. Elle ne le tolérerait pas.
"Nous avons quelques années avant de nous en soucier." intervint Perseus, ayant senti la prise que sa sœur avait sur sa main se resserrer.
"C'est un véritable plaisir de tous vous revoir en tout cas." se reprit Pénélope, choisissant de changer de sujet et se tournant vers ses cousines. "Jane, tu es toujours aussi sublime. Tu es devenue une véritable beauté. Quand à toi Lizzie, tu restes très belle, j'espère que nous pourrons faire quelques unes des marches dont tu m'as tant parlé."
"Merci Pénélope, tu es très belle toi aussi." sourit Jane, son sourire éclairant son beau visage, d'une beauté classique.
Il n'y avait jamais eu le moindre doute sur la beauté de Jane, toute petite déjà elle était très jolie, ses cheveux blonds et ses yeux bleus séduisaient aisément les hommes qui la rencontrait. Particulièrement vu qu'elle avait une grâce naturelle, qu'elle était aussi de tempérament doux et gentil. Un des points négatifs aux yeux de Pénélope, c'était le fait que Jane refusait de voir la noirceur des gens. Elle était persuadée que nul ne pouvait avoir de mauvaises intentions. Heureusement qu'Elizabeth, ou Lizzie pour sa famille, était moins aveugle. Sinon les conversations entre cousines ne seraient vraiment pas évidentes pour Pénélope.
La jeune femme ne comptait plus le nombre de fois où elle avait du défendre les actions de son père et de son frère vis à vis de la guerre. Jane étant persuadée que tout pouvait se résoudre grâce à la diplomatie, alors que les choses étaient nettement plus compliquées que cela. Malheureusement.
Néanmoins elle adorait Jane, quoique sa relation était très différente de celle qu'elle avait avec Elizabeth. Les deux cousines étaient nettement plus proches, elles adoraient toutes deux la littérature, quoique Pénélope avait moins de temps à consacrer à ce passe temps depuis la mort de sa mère. Elles avaient aussi toutes deux une passion pour la nature et adoraient passer du temps en extérieur. Et c'était sans compter toutes les fois où elles s'étaient alliées pour faire des blagues de toute sorte à Perseus.
"Bien sûr, j'espère juste que tu pourras tenir le rythme, parce que je ne compte pas ralentir pour toi." rétorqua Elizabeth en plaisantant, un grand sourire aux lèvres. Sa cousine lui avait vraiment manqué, tout comme son cousin d'ailleurs.
"Mary, j'ai quelques pièces de musique du Continent qui je pense te plairont, on pourrait peut être jouer ensemble quelques duos si tu veux." continua Pénélope en saluant sa troisième cousine, la plus sérieuse des cinq d'ailleurs. "J'ai aussi déniché des livres de philosophie, je pense qu'ils devraient te plaire."
La jeune fille brune avait un tempérament plutôt effacé, néanmoins elle appréciait vraiment la musique, tout comme la religion. Pénélope fronça légèrement les sourcils en observant les vêtements et la coiffure stricte de Mary. Certes elle n'était pas aussi belle que Jane, néanmoins elle ne manquait pas de charme, elle ne semblait juste pas savoir se mettre en valeur. Pourquoi Tante Bennet ne lui avait-elle pas appris ? C'était incompréhensible pour Pénélope. Enfin, la seconde enfant de Patrick Bennet ne comprenait pas sa tante sur un grand nombre de sujet.
Cependant Pénélope savait que sa troisième cousine était très intelligente, ses lettres étaient remplis de phrases intéressantes, d'observations pertinentes également. Mary notait énormément de choses, et elle lui en parlait ensuite, cela avait permis à Pénélope de ne pas trop se sentir en mal de l'Angleterre. La jeune femme brune avait donc pu remarquer la solitude qui imprégnait sa cousine.
Mary était l'enfant du milieu, guère proche de Jane et Lizzy, qui avaient un lien à part, même chose pour Catherine et Lydia, quoique d'une manière très différente. Alors bien qu'adorant ses cousines les plus âgées, elle faisait de son mieux pour être aussi proche que possible de Mary, et même de Catherine. Elles avaient été assez jeunes lors de sa dernière visite, mais au fil de la correspondance qu'elle avait eu avec chacune de ses cousines, et elle y accordait énormément d'intérêt vu le peu d'amie qu'elle avait pu se faire au fil des ans. Donc au fil des lettres, il avait été clair qu'elles avaient véritablement besoin d'une confidente.
Mary à cause de son extrême solitude, même auprès de ses quatre sœurs, et Kitty, un peu pour la même raison. Pénélope avait été heureuse de jouer ce rôle par correspondance et elle était assez curieuse de savoir ce qui allait se passer à présent qu'elle était de retour dans le pays. Qu'elle allait vraiment pouvoir jouer son rôle de cousine.
Histoire d'aider Mary à devenir la belle femme qu'elle était réellement, et d'oublier un peu les serments de Fordyce, peut-être pour l'intéresser à de la philosophie. Tandis que Catherine, et bien c'était un autre genre de problème. Elle allait devoir lui faire comprendre ce qui était ou non acceptable concernant le maintien, l'attitude. D'après ce qu'elle avait appris, ces deux cousines là étaient les plus timides, le montrant de deux manières très différente cependant.
Mary se plongeant dans la musique, tandis que Catherine suivait Lydia en tout. Lydia qui... qu'il allait falloir rééduquer, enfin si ce que disait Elizabeth était juste. Elle allait quand même donner une chance à sa plus jeune cousine, même si ce qu'elle pouvait voir n'était guère encourageant.
"Merci beaucoup." sourit Mary, clairement touchée que sa cousine ait pensé à elle.
Même si elle ne savait visiblement pas comment réagir au fait qu'on lui offre des livres de philosophie, elle appréciait l'idée d'avoir des nouvelles pièces de musique. Son sourire disparut néanmoins lorsque Lydia eut un ricanement moqueur.
Pénélope dut se retenir afin de ne pas commenter, elle savait bien que sa tante adorait sa petite dernière et elle n'avait aucune envie d'entamer les disputes ou les tensions aussi rapidement. Ils n'étaient même pas entrés dans la maison. On respire, on reste souriante et on continue.
"Catherine, tu es très jolie." elle sourit donc en se tournant vers sa quatrième cousine, la timide et hésitante Kitty. "J'espère que tu me montreras tes dessins, les quelques croquis que tu m'as envoyé sont sublimes. Je n'ai certainement pas ton talent en dessin, peut-être pourras-tu donner quelques leçons à Ariane. Elle en prend avec sa gouvernante, mais il faut souvent varier les professeurs pour développer tout son talent."
Pénélope savait de quoi elle parlait, elle avait eu des professeurs très différents selon les pays où ils résidaient, mais le dessin n'avait pas été une matière où elle avait montré un quelconque talent. Grâce à toutes les leçons qu'elle avait prises, souvent poussée par sa mère, ce qu'elle dessinait ou peignait ressemblait à quelque chose. Elle ne se ridiculisait pas, mais cela n'allait pas plus loin.
Elle avait d'avantage de talent concernant la musique, la broderie ou même le tricot. Surtout ces deux derniers points, le genre de chose qu'elle pouvait faire lorsqu'elle veillait sur ses frères et sa sœur, ou encore lorsqu'elle avait un moment pour s'asseoir. Elle avait après tout appris de sa mère, et Hélène Bennet n'avait pas été du genre à se tourner les pouces. Au contraire, elle avait plutôt eu tendance à être active en permanence. Pénélope avait donc appris à faire de même, une chose particulièrement nécessaire après la mort de sa mère. S'occuper lui avait permis d'éviter de penser à sa douleur et à son chagrin.
Ariane avait été très surprise, lorsqu'elle avait demandé des leçons et de l'aide à sa grande sœur, que Pénélope ne sache pas le faire. Aux yeux d'Ariane, Pénélope était supposée savoir tout faire. Elle avait certainement déçu sa petite sœur.
"Lydia, tu es certainement très jolie." dit Pénélope, ayant cherché un compliment à faire à sa cousine.
Elle n'avait échangé pour ainsi dire, aucune correspondance avec Lydia, donc ce qu'elle savait à son sujet, elle le savait des lettres de ses cousines, et de son oncle. Rien de vraiment positif en réalité. C'était plutôt inquiétant, mais pas la peine de commencer ce genre de discussion immédiatement. Et puis elle voulait jauger la personnalité et l'attitude de ses cousines, elle même. D'une manière neutre, enfin autant que possible.
La distance et le temps avaient apparemment fait oublier à Pénélope bien des choses. Comme les excès de sa tante, ou la moquerie de son oncle. Une moquerie plutôt cynique d'ailleurs. Avaient-ils étaient dérangeant à ce point ? Ou bien les choses s'étaient-elles aggravées au fil des ans ? Vu l'attitude de son père, elle penchait plutôt vers la seconde option.
Quoique ce n'était pas tellement l'attitude de son oncle, ou même de sa tante, qui était les plus dérangeantes. Tante Bennet avait toujours été un peu excessive
Outre l'attitude de Tante Bennet concernant ses filles et bien sûr Perseus, particulièrement le fait qu'il était célibataire. Elle ne pourrait pas être plus évidente dans son désir que Perseus épouse Lydia. Pénélope n'avait pas pensé à ce cas de figure lorsqu'ils avaient prévu de venir voir leur oncle et sa famille. Heureusement qu'elle pouvait compter sur Burton pour éviter une situation... désagréable.
Donc outre l'attitude de Tante Bennet, ainsi que les proclamations de Lydia, concernant les soldats de la milice qui étaient pour le moment installés à Meryton. Elle souhaitait clairement épouser un de ces soldats, une chose qui avait clairement été approuvé par Tante Bennet, enfin jusqu'à présent... Maintenant elle avait d'autres plans, des plans concernant Perseus, ou certains de ses amis, c'était difficile à déterminer, elle parlait beaucoup et semblait changer d'avis également. Le plus pénible honnêtement pour Pénélope, et vu sa mine, l'opinion était partagée par Perseus, c'était l'attitude du révérend Collins. Un lointain cousin.
Ce dernier parlait sans cesse de sa patronnesse, Lady Catherine de Bourg, la flattant comme si elle était une sainte... Il était assez similaire avec eux d'ailleurs, c'était absolument insupportable. La jeune femme craignait d'ailleurs que d'autres gens réagissent de cette manière en apprenant que son père était un Comte et son frère un Vicomte. Certes en tant qu'Amiral, son père avait eu des hommes qui essayaient de gagner sa faveur, mais ce n'était pas ainsi...
Était-ce une spécialité propre à Collins, ou au contraire, était-ce plus une chose du monde ? L'idée était assez repoussante. Déjà que Pénélope appréhendait ses débuts en Société, à présent c'était encore pire. Autant dire que lorsque sa tante lui proposa de se retirer, pour se reposer après le trajet, Pénélope s'en saisit volontiers. Montant dans la chambre où ses bagages avaient été installé un peu plus tôt, elle vit qu'Ariane l'avait quand même précédé. Longbourn était une jolie propriété, néanmoins elle n'était pas immense. Et avec cinq filles en résidence, plus un cousin, il y avait nettement moins de chambres d'amis disponibles.
Pénélope partageait donc sa chambre avec Ariane, il y aurait eu assez de place dans la nursery pour elle, ainsi que les deux garçons. Néanmoins ils voulaient que les trois enfants dorment, et ensemble dans une même pièce et sans surveillance, cela n'arriverait pas. Pénélope avait déjà fait cette erreur, et elle n'avait aucune intention de la refaire, surtout pas vu que sa chambre était proche de la nursery. Elle voulait dormir.
Elle avait donc choisi de garder Ariane avec elle, elle n'avait plus qu'à espérer que sa proximité forcerait les jumeaux à rester calme. Et à dormir. Sinon Mme Carson n'était pas loin, elle était certes la gouvernante temporaire, mais elle restait très efficace.
Se changeant Pénélope arrangea ses affaires avant d'aller dans le lit, bien confortable et très chaud. C'était agréable, et même si elle s'était servie de la première occasion pour monter se coucher, elle ne pouvait nier qu'elle était fatiguée. Il y avait bien sûr une gouvernante pour veiller sur les enfants, et elle était bien entourée, ainsi que soutenue, mais elle avait beaucoup de tâches à faire. Et rarement l'occasion de se reposer vraiment, là elle était invitée, elle avait donc bien moins de responsabilité. Certes elle allait avoir des obligations, mais bien moins que normalement, ça allait donc être des vacances. Et elle comptait bien en profiter le plus possible.
L'ancien Amiral suivit son frère dans son bureau, plus qu'heureux de laisser sa belle-sœur derrière, et surtout cet horrible cousin. Collins fils n'était pas au niveau du père, qui avait été un homme étroit d'esprit et même cruel, mais il restait stupide, et agaçant. S'il devait supporter un compliment de plus, il ne répondait plus de rien.
Son fils aîné semblait penser la même chose, ou à peu près, vu qu'il ne perdit pas une seconde à monter pour fuir Collins, et ses cousines, et sa tante... Il comprenait Perseus, il le lui dirait plus tard. Et son fils pourrait aussi se réfugier dans le bureau de Paul, néanmoins pour l'instant il avait à parler à son frère, et en privé.
Et puis ainsi il épargnait Collins, il avait remarqué les regards que cet imbécile lançait à Pénélope, et il n'avait pas été le seul. Il allait devoir veiller au grain, Collins ne pouvait pas être tué, cela serait de mauvais genre, même si l'idée était extrêmement tentante. Particulièrement s'il continuait à regarder sa fille ainsi, et il était presque sûr qu'il ne serait pas l'assassin. Burton était extrêmement protecteur d'eux tous, et il avait vu l'homme rapprocher sa main d'un poignard qu'il avait toujours sur lui.
Patrick observa son frère tandis que ce dernier leur servait un verre de brandy, le temps avait eu un impact sur eux deux, c'était évident. Mais il y avait toujours ce petit pétillement dans les yeux de son cadet, quoique son attitude ne s'était pas amélioré, ses commentaires sur son épouse avaient été plus que limite. Il était très différent du frère qu'il avait laissé derrière lui, après la mort de son Hélène.
"Tu es bien songeur." commenta Paul, l'intelligence dans son regard était aussi très acérée.
Il n'avait jamais été un imbécile, bien au contraire, un véritable érudit, mais il avait toujours eu du mal se concentrer sur les détails de la vie quotidienne, encore plus concernant la vie en société. L'épouse de son frère l'avait bien complété à ce niveau, et il en avait été reconnaissant à l'époque...
"Je le suis plus depuis ma blessure." finit par répondre Patrick.
"Tu vas t'en remettre ?" demanda Paul, il n'avait pas su que son frère était blessé, il avait donc été choqué en le voyant descendre de la voiture.
Connaissant assez Patrick, il n'avait pas abordé le sujet devant les autres, mais il s'était inquiété. Après les attitudes de Burton, ainsi que de Perseus et Pénélope, l'avaient rassuré. Ils étaient attentifs, mais pas inquiet, en tout cas pas visiblement. S'il ne connaissait pas très bien son neveu et sa nièce, il connaissait Burton depuis des années, et il l'avait déjà vu inquiet, et là, ce n'était pas le cas.
"Oui, j'ai juste besoin d'un peu de temps et tout sera normal." assura Patrick. "Mais passons, tu te doutes sûrement que je ne suis pas venu simplement pour qu'on se retrouve. Quoique c'était un de mes objectifs."
"Je m'en doutais oui, mais tu n'as rien dit de précis. De quoi s'agit-il ? Tu as des ennuis ? Ou besoin d'aide ?" questionna Paul.
"Non, je n'ai pas d'ennuis, à part cette saleté de jambe. J'ai pas mal d'obligations en tant que Comte, et il faut que j'apprenne des choses à Perseus pour qu'il soit prêt quand ce sera nécessaire. Et je n'ai pas non plus besoin d'aide, toi en revanche..." dit Patrick.
"J'ai besoin d'aide, de quoi s'agit-il ?" s'intéressa Paul, se redressant sur son fauteuil.
"Tes filles." répondit franchement Patrick. "J'avais prévu qu'on ait cette conversation dans un an, ou autour de ça. Afin que Penny puisse faire sa première saison sans distraction et seule, mais Perseus m'a pointé qu'il y avait le risque qu'elle rencontre quelqu'un. Je n'aime guère l'idée, mais il n'a pas tort. Et puis je connais pas fille, elle n'aime guère être le sens de l'attention, et quand je lui ai demandé, elle a reconnu qu'elle préférerait être entourée."
"Être entourée quand au juste ? De quoi tu parles ?" demanda Paul qui ne comprenait pas vraiment où voulait en venir son frère.
"Je parle de tes filles et de leurs chances de trouver des maris ici. Il y a peu de possibilité dans les environs, elles ont besoin de faire au moins une Saison à Londres, peut-être même plus. Je sais que tu as horreur de la ville, que tu préfères ta tranquillité, et je le comprends. Je n'aime guère l'idée d'amener ma fille dans divers événements pour qu'un imbécile prétentieux puisse la séduire, mais c'est nécessaire. Si Léda n'insistait pas, je retarderais probablement ça le plus possible." reconnut Patrick. "Je n'ai aucune envie de la voir partir, mais elle a le droit à une famille, au bonheur. Et je ne peux pas l'empêcher de vivre ça. Je n'en ai pas le droit. Tes filles ont le droit à ça aussi. C'est encore plus nécessaire pour elles, vu qu'il y a l'entail et qu'elles auront moins d'argent à ta mort que Pénélope à la mienne. Pénélope n'a aucun besoin de se marier, ou de travailler, pour vivre, tes filles si. Et elles sont cinq. Tu dois penser à ça Paul."
"Il y a le temps." dit Paul, balayant les phrases de son frère d'un geste de la main.
"Foutaises. Paul, la mort peut arriver n'importe quand, je ne le sais que trop. Et toi aussi. Si j'étais mort, et bien on aurait pu dire que c'était prévisible vu que j'étais un Marine. Mais Perceval, sa femme, la mienne... La mort fauche n'importe qui, n'importe quand, n'importe comment." dit Patrick, s'emportant un peu devant le ton léger de son frère. "Les choses sont sérieuses Paul, elles n'ont pas de grosses dots, et d'après ce que j'ai compris, elles ont surtout la beauté pour les différencier des autres. Ce n'est pas toujours assez.
Pénélope a proposé de les accompagner lors d'une Saison, grâce à Leda, elle seront introduits dans divers cercles, et dans des bons cercles. Elles seront aussi bien conseillées au sujet de leurs tenues, de leurs accessoires et tout ça. On sait très bien que c'est important partout, mais particulièrement dans la Société.
Je ne m'inquiètes pas trop pour Jane, ou même pour Lizzie. Ta Jane à apparemment ce Bingley, donc un prétendant, et pour Lizzie, heureusement qu'elle a eu l'intelligence de refuser Collins. Mais je ne pense pas qu'elle aura trop de mal à trouver quelqu'un de bien. Elle est intelligente ainsi qu'amusante et elle ne manque pas de charme. Néanmoins les choses seront plus compliquées pour Mary et Catherine. Sans compter que même avec leurs qualités, la plupart des hommes chercheront plus. Comme une dot. Ou des connexions. Pour la seconde partie, c'est plutôt facile vu qu'on est là. Et je pense pouvoir t'aider pour la première."
"Attends, Patrick, tu vas trop vite. Tu veux prendre mes cinq filles avec toi à Londres ?" s'exclama Paul.
"Je ne sais pas si elle souhaitera prendre les cinq. Et que les choses soient claires, Pénélope aura le dernier mot sur le sujet. Je me fierai totalement à son opinion. Après tout c'est elle qui devra s'occuper de tes filles et des diverses activités. Enfin elle et ma sœur.
Leda insiste aussi pour que des professeurs viennent pour enseigner plus de chose à Pénélope. On en engagera aussi pour les filles selon leurs intérêts et aussi selon ce qu'elles sont déjà capable de faire. Ainsi elles pourront soit se perfectionner, soit apprendre de nouveaux accomplishment.
La Saison commence juste après Noël, mais on ne commencera pas de suite à participer à des événements. Il y a beaucoup à faire auparavant, Perceval avait laissé ses affaires en ordre, mais il y a quand même du travail. Et je ne sais pas si les gens en qui il avait confiance, le méritaient. Perseus et moi allons devoir visiter les diverses propriétés qui nous appartiennent, pour voir dans quels états elles se trouvent et ce qu'il faut faire pour améliorer nos revenus. Je dois aussi parler avec Gardiner pour des investissements.
Nous ne commencerons à participer à des bals et à d'autres événements qu'après que Penny ait été présenté à la Reine. Ce qui n'arrivera que lors de la première semaine de Février. La Saison se termine mi juin, mais je ne pense pas qu'on restera à Londres jusque là. Ma patience n'est pas sans limite, loin de là. Et tu me connais, ce genre de chose a tendance à m'ennuyer rapidement. En plus je n'ai jamais apprécié Londres." pointa Patrick, et Paul ne pouvait qu'acquiescer.
Oui il le savait très bien, et il partageait un point de vue assez similaire sur leur capitale d'ailleurs. Enfin cela, il y pensait distraitement, bien plus qu'un peu choqué par les paroles de son frère. Il n'était pas surpris que son aîné ait fait des plans concernant ses filles, Patrick avait toujours voulu aider le plus de gens possible, et il était prêt à faire n'importe quoi pour protéger sa famille. Cela, il en avait toujours eu l'absolue certitude. Et il l'avait aussi vu à l'oeuvre bien des fois.
Néanmoins jamais Paul n'avait imaginé que son frère proposerait une telle chose, et c'était aussi parce qu'il savait à quel point Patrick n'était pas quelqu'un de sociable. Il comprenait, il était d'un tempérament similaire. Tout comme leur autre frère, Perceval, ou encore leur père. C'était un trait de famille.
"Perceval n'a pas touché l'argent que père avait mis de côté pour toi. Il n'était pas prêt à tourner la page et à oublier sa colère, ainsi que sa fierté, mais il savait que si quoique ce soit lui arrivait, je le ferai. Et j'ai l'intention de placer l'argent dans les dots de mes nièces. Cela leur ferait des dots de 9000 livres." continua Patrick. "Cela les rendra encore plus attirantes, il faudra faire attention à ce que des coureurs de dots ne les approche pas. Surtout vu qu'elles ne sont pas préparées à faire face à de tels dangers. En tout cas je ne le pense pas."
"9000 livres..." répéta interdit Paul.
Il avait su bien sûr que son père s'était arrangé pour mettre de l'argent de côté pour ses deux plus jeunes fils, mais il n'avait jamais su la somme exacte. Uniquement que ça serait assez pour qu'il vive confortablement. Enfin ça avait été le cas, jusqu'à son mariage, ou s'il n'avait pas été renié, ça avait été de justesse. Et il n'avait plus été question qu'il obtienne l'argent, sans sa mère, il n'aurait probablement même pas eu Longbourn.
"Oui. Père avait mis cinquante milles livres de côté pour toi, cinquante autre pour moi. Tu peux faire ce que tu voudras des cinq milles restant." acquiesça Patrick.
"Elles n'auront pas neuf milles livres de dot." finit par dire Paul.
"Pardon ?" demanda Patrick, haussant un sourcil.
"Je ne suis pas l'homme le plus responsable ou attentif, mais entre tes lettres et les remarques de Gardiner, j'ai fini par agir pour mes filles. J'ai mis un peu de côté et je l'ai investis, me basant sur les conseils de Gardiner, tu as raison de te fier à lui. J'ai récupérer ainsi dix milles livres, elles ont donc onze milles livres chacune." expliqua Paul en se levant pour se placer à la fenêtre.
"J'en suis heureux." dit Patrick, réellement soulagé d'apprendre que son frère avait agi pour assurer la sécurité de sa famille. Au moins financière.
"Mme Bennet voudra accompagner les filles à Londres, afin de s'assurer qu'elles attirent correctement un mari." pointa Paul.
"Elle peut insister, mais je ne la recevrais pas." dit immédiatement Patrick. "Je connais assez les techniques qu'elle souhaiterait que les filles emploient. Et c'est non. En plus ses commentaires blessent Mary et Catherine, c'est visible, je n'avais pas besoin d'entendre les inquiétudes de ma fille pour m'en rendre compte. Je ne la veux pas chez moi pendant autant de temps, et je sais que Pénélope partage mon point de vue. Voire même encore plus. Et après le comportement de ton épouse ce soir, c'est encore plus hors de question. Et puis je ne pense pas que Penny voudra prendre toutes les filles, Lydia particulièrement est trop jeune. Son comportement est aussi scandaleux. J'espère qu'elle était simplement ... enthousiaste vu qu'on était là, et qu'elle se comporte bien mieux hors de Longbourn."
"Elle est un peu vive, c'est tout." protesta Paul. "Sa mère était pareille à son âge, mais elle apprendra."
"Paul, ... elle peut apprendre, mais uniquement si elle le désire, et si on l'encourage à le faire. Et je n'ai pas l'impression que ce soit le cas. Elle peut provoquer un scandale, vous ruiner socialement. Tu en as conscience ?" insista Patrick.
Voyant la mine de son frère, il choisit de battre en retraite pour le moment en tout cas. Cela ne servirait à rien de braquer Paul, son frère pouvait être tout aussi têtu que lui lorsque l'envie lui prenait. Et puis il y avait un autre sujet qu'il comptait aborder avant de se retirer pour la nuit.
"Je ne sais pas ce qui c'est passé entre toi et ton épouse, mais Paul, tu l'as choisi contre l'avis de la famille et parfaitement conscient des conséquences de ton choix. Tu t'es battu pour elle à l'époque, je ne sais pas ce qui s'est passé au fil des ans. Je ne te le demande pas non plus." dit Patrick, plus qu'un peu gêné par le sujet de la conversation.
Oui il avait décidé d'en parler avec son frère de vive voix, mais cela ne voulait pas dire qu'il avait voulu le faire. Il avait vraiment espéré qu'il se faisait des idées dans les lettres de son frère. Que c'était simplement un malentendu. Malheureusement l'après-midi et le souper prouvaient bien que ce n'était pas que son imagination. Il y avait un problème entre eux. Paul blessait son épouse avec ses paroles. Il ne connaissait pas aussi bien sa belle-sœur Fanny qu'il le devrait mais il avait vu bien des choses au fil des ans, et il avait rencontré beaucoup de monde. Il savait donc très bien voir la souffrance dans les yeux des gens et c'était ce qu'il avait vu dans les yeux bleus de sa sœur.
"Après le départ de tes filles, même si nous ne les prenons pas toutes avec nous, il y aura plus de calme dans la maison. Et vous aurez plus de temps pour vous deux, afin que vous puissiez vous retrouver. Ne laisse pas passer cette chance, parce qu'un jour elle pourrait bien ne plus être là et ce sera trop tard." continua Patrick.
"Tu parles par rapport à ta femme ?" demanda Paul, souhaitant changer le sujet.
"Non. Mon mariage n'était pas un voyage sur une mer calme et tranquille, et je ne vais pas prétendre le contraire, mais si je regrette qu'elle m'ait été enlevé aussi tôt. La douleur reste vive, même aujourd'hui, je ne peux pas l'oublier. Mais notre relation était bonne, Hélène m'aurait vertement disputé si je m'étais comporté avec elle, comme tu l'as fais aujourd'hui envers ton épouse.
Mon Hélène n'a jamais accepté que je sois un Amiral à la maison, ce n'était pas forcément facile quand je rentrais, mais je l'aimais profondément. Et je la respectais. Le vide que sa mort à crée, reste présent. Mais c'est vis à vis de Perceval que j'ai des regrets. Je me suis éloigné de lui et nous n'étions plus proche depuis des années. Je me disais toujours que les choses s'arrangeraient quand je quitterais la Navy. Et maintenant je ne pourrais jamais arranger les choses." soupira Patrick. "Tu as aimé ta Fanny, alors bats toi pour ton mariage."
Ayant dit ce qu'il avait à dire, le Comte se leva et s'appuyant sur sa cane il quitta la pièce. Laissant son frère songeur derrière lui, Patrick espérait vraiment ne plus jamais avoir ce genre de conversation.
Regardant ses terres de la fenêtre Paul resta longtemps silencieux, repensant à tout ce que son frère avait dit, et à ses pensées ces derniers temps.
Pouvait il vraiment retrouver la Fanny qu'il avait tant aimé ?
