Chapitre réécrit le 25/12/2020.

J'espère que vous aimerez ce chapitre et les modifications que j'y ai apporté. Merci beaucoup de lire cette fic, de la suivre, de la mettre en favori et surtout de la commenter. Bonne lecture.


QOP : Contente que l'idée te plaise alors :). Oui c'est à peu près l'idée, et Perseus va être un protecteur très assidu à son rôle, c'est certain. ;).

Pixiel : Merci beaucoup, je suis contente que mon idée plaise. Oui j'avais remarqué, on rajoute rarement de la famille à Mr Bennet, c'est un peu cette idée qui a crée ça en fait, plus le fait que j'aimais bien l'idée que les filles Bennet aient des liens dans la belle société anglaise, et ça ne venait pas du tout du côté de leur mère. Donc ...

Ensuite par rapport au registre, je vais essayer de le faire plus d'époque, j'ai essayé de le faire d'avantage d'ailleurs avec cette réécriture, quoique je ne suis pas certaine de mon succès. Si tu as des conseils n'hésite pas.

Je suis aussi touchée que même si je ne change pas mon registre tu désires continuer à me suivre, merci beaucoup.

J'ai retravaillé l'entrevue entre frères pour tempérer un peu cela, après c'est aussi le caractère de Patrick d'être brutalement honnête avec ses idées. J'explique aussi un peu ses raisons.

Concernant Darcy et Bingley, je crains que tu ne doives attendre un peu avant de voir l'arrivée du premier. Quand au second, et bien j'ai décidé que Bingley et Jane ne seraient pas ensemble dans cette fic, il réapparaîtra brièvement pour constater le bonheur de Jane et donc son erreur mais ça s'arrêtera là je pense.

Quand à Darcy, oui je compte faire le couple Elizabeth/Darcy, mais il va quand même galérer un peu. Même si elle ne croit plus aux mensonges de Wickham, Darcy à de multiples torts et il va devoir prouver qu'il est différent.

Bisous.

timinoouh : Coucou,

Je prévois de faire une autre fic Pride and Prejudice, où Bingley et Jane finissent ensemble, mais ce ne sera pas dans celle là. J'espère que tu aimeras quand même.


Des vacances.

Comment avait-elle pu penser une telle chose exactement ?

Enfin si elle savait très bien comment elle avait pu penser cela, elle avait oublié bien des choses durant leur absence. Se souvenant plus des bons moments, des bons côtés des membres de sa famille qu'elle aimait, plutôt que de se souvenir de leurs défauts. Et surtout à quel point sa tante pouvait être pénible.

Résistant à l'envie de se masser les tempes, ce serait très malpolie de sa part, Pénélope fit de son mieux pour conserver un air intéressé et curieux tandis qu'elle subissait, qu'elle écoutait le bavardage de Mme Phillips et de Tante Bennet. Les deux sœurs avaient beaucoup à dire, voulant inclure la jeune femme aux cheveux sombres dans leur discussion. C'était gentil de leur part, mais Pénélope ne trouvait guère d'intérêt aux commérages qui fascinaient tant les deux sœurs. Ce ne serait pas correct de le dire, elle était une invitée à Longbourn et elle devait donc se plier aux souhaits de sa tante, de son hôtesse, au moins un peu. La politesse et le respect l'exigeaient.

Particulièrement vu que son père et son frère aîné faisaient tout pour échapper à tante Bennet et à ses discussions. Elle n'était pas méchante ou volontairement cruelle, mais elle pouvait être pénible et elles ne partageaient pas du tout les mêmes centres d'intérêts. La même chose pouvait être dite de son père et de son frère, ils n'arrivaient tout simplement pas à comprendre les intérêts de Tante Bennet. Et ils ne faisaient guère d'effort pour l'inclure dans leurs discussions.

Certes Tante Bennet n'était pas particulièrement cultivée, mais cela ne voulait pas pour autant dire qu'il ne fallait pas faire un effort. En passant du temps avec elle, et Pénélope préférait vraiment le faire lorsqu'il n'y avait pas Mme Phillips, les deux ensemble... C'était difficile à supporter. Donc seule avec Tante Bennet, ou avec certaines de ses cousines lorsqu'elles venaient les rejoindre, c'était bien mieux, elle pouvait passer des bons moments. Néanmoins là, elle n'avait pas le choix, Mme Phillips était là et elle ne pouvait pas partir. Ce serait horriblement grossier.

Si ce n'était pour le fait que sa chère Jane avait le cœur brisé, ou en tout cas très touché, dû aux actions de ce Mr Bingley, Pénélope aurait été bien plus en colère envers les deux cousines dont elle avait été le plus proche. Lizzy, Jane et elle avaient formé un trio soudé au fil des ans. Elles avaient à peu près le même âge donc c'était plutôt logique, leurs intérêts avaient été plutôt similaire. Ils l'étaient encore, quoique pas sur tout, néanmoins là Jane avait mal, elle était blessée et elle avait besoin de tranquillité. Chose qui était très délicate d'avoir en présence de Tante Bennet, surtout vu qu'elle ne cessait parler de Mr Bingley, pour dire qu'il avait horriblement utilisé Jane, qu'ils allaient finir dans les champs...

Tante Bennet avait beau être agaçante avec ses hurlements, ses besoins de sels, et tout le reste, mais son inquiétude n'était pas idiote. Avec l'entail en place, et bien à la mort d'Oncle Bennet, elles n'auraient plus de toit. C'était une vérité. Certes il était hors de question de les laisser à la rue, et même si leur famille n'avait pas été présente, Pénélope savait que les Phillips et les Gardiner ne les auraient pas laissé tomber. Avec eux présent, leur situation était nettement plus sûre, et puis il ne fallait pas oublier qu'Oncle Bennet était en excellente santé.

Tante Bennet savait juste que les choses pouvaient changer rapidement et que le monde n'était pas tendre pour des femmes, encore moins des femmes avec peu de moyens. Elle voulait donc que ses filles se marient afin qu'elles soient protégées par la fortune ou en tout cas par une bonne situation. C'était compréhensible, même si l'idée de se marier, ou de voir une de ses cousines, se marier avec un homme dangereux était plus qu'un peu dérangeante. Tante Bennet avait-elle pensé à cette option ? Elle n'osait pas lui demander.

Il n'y avait qu'à espérer que leur retour, et l'annonce qu'elle voulait que ses cousines viennent avec elle à Londres, calmeraient les inquiétudes de sa tante. Surtout si oncle Bennet faisait l'effort de lui parler et de la rassurer. Pénélope adorait son oncle, bien plus que sa tante même, elle était plus proche de lui et appréciait sa bibliothèque et ses connaissances. Elle appréciait même son humour à l'occasion, mais à présent qu'elle était adulte... Elle ne trouvait plus d'amusement dans son attitude face au reste de sa famille. Il avait choisi son épouse, contre l'opinion de son propre père et de sa famille natale, alors à ses yeux, il devait vivre avec ce choix et faire du mieux qu'il pouvait pour gérer au mieux la situation.

Plutôt que de se moquer de son épouse et des idioties de ses cadettes. La manière dont se comportait Lydia et même Catherine était tout sauf une source d'amusement, Pénélope était inquiète pour elles, surtout pour la plus jeune Bennet. Catherine, elle semblait comprendre que ses actions étaient ... pas des plus correctes. Enfin c'était ce qu'elle avait compris des quelques questions de sa cousine.

Pénélope avait espéré que Longbourn allait être des vacances, qu'elle allait pouvoir souffler, respirer loin de Londres et de toutes les responsabilités qui l'y attendaient. Sans compter tout les gens que sa tante Leda comptait lui présenter, et tout ce qu'elle avait dit qu'il y avait à faire afin de se préparer à la Saison. Rien qu'à y penser, elle se sentait épuisée.

Néanmoins face à sa tante, inquiète, à Mme Phillips et ses cancans, à Lydia et ses cris et surtout à Collins... Elle avait un étrange désir de retourner à la capitale, à cette ville mal odorante et peuplée... Après des années où elle avait été sur un navire ou dans des villages, et quelques fois, des villes côtières, c'était très différent de ce dont elle avait l'habitude. Sans compter les gens, Pénélope avait grandi entouré par des soldats et des marins. Et oui, il fallait faire la distinction, ou sinon il y avait le risque de les offenser et de subir une longue discussion sur les différences.

S'il s'agissait d'un marine, alors il vantait les compétences de la Royal Navy et le fait qu'ils étaient les meilleurs. Tandis que s'il s'agissait d'un soldat, et bien il tiendrait le même genre de discours mais pour son propre camp. Quoique probablement moins grossier, elle avait appris un nombre très grand de jurons à proximité des hommes de son père, ainsi que ceux de son frère.

Non qu'elle allait l'admettre, cela ne se faisait pas, et son père ne réagirait pas bien. Même chose pour Perseus. Son frère pouvait être tout autant protecteur que son père, voire même plus par moment. Passer d'un milieu où les règles de la société étaient plutôt ... légères, à un milieu où tout était bien plus contrôlé... C'était surprenant, et plus qu'un peu dérangeant. Les choses étaient particulièrement plus strictes dans la haute société londonienne où sa tante Leda l'avait introduite. Où elle était supposée se mouvoir pour faire ses débuts dans la Société, et elle ne pouvait pas agir comme elle le voulait, ses actions allaient avoir des conséquences sur sa famille. Particulièrement sur sa petite sœur lorsqu'elle ferait ses propres débuts.

Il allait donc de son devoir de se comporter parfaitement et selon les demandes de la Bonne Société. Qu'importe son opinion sur toutes les règles, les différences... Tout ce qui était contraire à la manière dont elle avait été élevé. Certes ses parents appartenaient à la Bonne Société, même si son père avait été pendant longtemps un second fils, mais dans la Royal Navy, et bien c'était les actions des gens, leurs caractères plutôt que la naissance qui comptait.

Bien sûr, la naissance pouvait avoir une importance, elle n'était pas stupide, ça dépendait beaucoup des capitaines et des autres gens en charge au sein de la Royal Navy. Néanmoins elle avait vu beaucoup d'exemples d'hommes de basse naissance, voire même d'ancien criminels, qui réussissaient à gravir les rangs. Et qu'elle avait reçu chez eux, à la demande de son père.

Clairement ils allaient devoir s'adapter à de nouvelles règles pour ne pas se faire d'ennemi, ou ne pas mettre en danger les futurs des trois plus jeunes. Quoiqu'elle doutait beaucoup que son père n'allait pas continuer à recevoir des hommes qu'il respectait, même s'ils n'étaient pas du bon statut social, aux yeux de la Société Londonienne. Il allait simplement devoir être un peu plus discret.

Outre s'assurer de son propre comportement, elle allait devoir veiller sur ses cousines. Certes, elle savait qu'elle pourrait compter sur Tante Leda, néanmoins le gros de la tâche incomberait sur ses épaules. Peut-être que Tante Gardiner, l'épouse du frère de Tante Bennet, pourrait l'aider aussi, elle connaissait beaucoup de monde, de même que son époux. Si Jane et Elizabeth étaient en âge d'être out, et que la même chose pouvait être dite pour Mary, Catherine était un peu jeune. De plus, elle ne pensait pas que Mary était assez à l'aise pour être out pour le moment.

Elle devrait prendre de l'assurance, apprendre à se mettre d'avantage en valeur et à échanger avec les gens, avant que Pénélope ne la risque dans la Société Londonienne. Sa mère l'avait décrit à l'occasion, comme un groupe de requin à l'affût de la moindre goutte de sang pour se jeter sur la personne vulnérable. Elle avait parlé de la comparaison à sa tante Léda une fois, et si sa tante avait été surprise et plus qu'un peu agacée, elle avait aussi été amusé et avait concédé que sa mère avait eu raison.

Honnêtement Pénélope n'était pas sûre que ses cousines étaient prêtes à affronter la Société, à part peut-être Elizabeth. Sa cousine avait la peau assez solide, elle avait du l'avoir en vivant dans la maison de Tante Bennet qui critiquait en permanence les actions d'Elizabeth. La dernière en date avait été de refuser William Collins. Ce que personnellement Pénélope comprenait et devait se retenir d'applaudir. L'homme était insupportable, il semblait croire qu'ils éprouvaient le désir de l'entendre louer toutes leurs actions, et gestes. Tout en les comparant à Lady Catherine de Bourg, une femme qu'il semblait considérer au même niveau que le Seigneur, voire plus haut encore. Ce qui était plus qu'un peu inquiétant vu qu'il était un homme du clergé...

Elle plaignait sa paroisse, et elle était très heureuse de savoir qu'une des cousines dont elle avait été le plus proche, avait écouté sa raison, en refusant un tel homme. Outre son caractère pénible et même insupportable, il y avait dans ses yeux quelque chose qui inquiétait Burton. Pénélope avait entièrement confiance en l'homme qui avait servi aux côtés de son père, et qui protégeait sa famille et elle depuis des années. Il connaissait bien plus la nature humaine et le caractère des hommes qu'elle. S'il lui disait que Collins avait un regard dérangeant, alors elle le croyait. Surtout vu qu'il la mettait mal à l'aise avec son regard, quoiqu'il avait cessé de l'observer en permanence après un entraînement entre Perseus et Burton.

Son frère était un homme particulièrement dangereux, même s'il n'avait pas tendance à le montrer souvent, n'en voyant pas l'intérêt. Clairement il avait choisi de faire une exception pour cette fois, si la situation avait été différente... Et bien elle l'aurait taquiné, c'était son rôle de sœur après tout, mais pour cette fois, elle était trop reconnaissante de ses actions pour le faire.

Elle était aussi plus qu'heureuse d'aider Elizabeth à fuir le révérend, vu qu'il semblait encore plus déterminé à obtenir Lizzie comme épouse, après avoir appris les liens qu'ils avaient avec elle. Pénélope redécouvrait donc les paysages autour de Longbourn, dans de longues marches avec Lizzie. Certes elle n'avait pas la passion pour la marche de sa cousine, elle aimait les balades mais elle les préférait courtes, néanmoins elle pouvait faire une exception pour cette fois. De plus elle profitait au maximum de l'air frais de la campagne avant d'être coincée en ville pour plusieurs mois.

Heureusement il y avait un parc non loin de leur maison londonienne, elle pouvait donc s'y balader avec ses petits frères et sa sœur, et probablement avec ses cousines lorsqu'ils retourneraient à la capitale. En attendant les marches étaient le parfait moyen d'éviter le révérend Collins, ce dernier semblait détester l'exercice, lui permettant de l'éviter à loisir. Et même d'éviter à l'occasion Tante Bennet et Lydia.

Ces deux dernières pouvaient être fatigantes, même si elle éprouvait plus de patience que par le passé vis à vis de Tante Bennet, mais au moins elle avait de l'affection pour elles. Elle n'en avait pas le moins du monde pour le révérend, ce qui le rendait d'autant plus insupportable.

Quoique si Tante Bennet ne cessait de lui offrir toutes sortes de conseil, elle craignait de perdre son calme, les restants de sa patience et surtout la compréhension et l'empathie qu'elle éprouvait vis à vis de sa tante. Elle avait un énorme respect pour les capacités d'hôtesse de sa Tante, qui était une excellente hôtesse, prenant compte de tout ce qu'il fallait pour établir une bonne table et une bonne ambiance pour les repas. C'était le genre de conseil qu'elle pouvait apprécier.

Néanmoins ses conseils concernant l'éducation d'Ariane, et bien c'était plus qu'un peu déplacé, particulièrement lorsque Lydia était dans la pièce. Sa cousine était un scandale en attente de devenir, elle en était certaine et cela l'effrayait. Les réputations pouvaient être extrêmement fragiles, particulièrement celles des femmes, de plus Lydia avait le profil idéal pour des hommes peu scrupuleux.

Elle espérait vraiment que son père allait aborder le sujet avec Oncle Bennet, parce que c'était nécessaire. Mieux valait d'ailleurs qu'Oncle Bennet commence à gérer la situation avant que Mme Carson, la gouvernante temporaire, ne perde sa patience et n'essaie de prendre Lydia en main. C'était nécessaire, plus que ça même, néanmoins le faire sans la permission des parents, pouvait être délicat.

Heureusement si Catherine suivait parfois sa jeune sœur dans ses bêtises, elle venait aussi régulièrement passer du temps avec elle, ou avec les enfants. Ce qui était vraiment une bonne chose aux yeux de Pénélope, si elle n'avait pas eu ses cousines, outre Lydia... Et bien elle était certaine qu'elle aurait déjà trouvé une excuse pour retourner à la capitale.

Ses cousines étaient toutes différentes des unes des autres, elles avaient quelques points en commun, mais cela s'arrêtait là. C'était intéressant de réapprendre à les connaître, elles étaient après tout différentes de la dernière fois qu'elles s'étaient vues, comme elle d'ailleurs. Et même si elles s'étaient beaucoup écrit, c'était différence lorsqu'on était face à face. Quoiqu'elle n'avait apparemment pas eu tort concernant leurs personnalités et leurs goûts.

Catherine avait un grand enthousiasme pour tout, et elle était clairement heureuse d'avoir de l'attention. Attention que Pénélope était heureuse de lui donner, tandis qu'Ariane était ravie d'avoir une cousine proche en âge. Certes Lydia était plus jeune que Kitty, mais il y avait deux choses qui empêchaient un rapprochement entre Ariane et Lydia.

La première c'était que Pénélope veillait au grain, elle voulait que sa cousine change d'attitude et qu'elle ait toutes ses chances. Néanmoins elle avait des limites, et elle refusait complètement qu'Ariane pense qu'agir de la sorte était acceptable. Elle était responsable de sa petite sœur, de son comportement ainsi que de son éducation. Lydia avait des lacunes, c'était clair, elle avait besoin d'aide. Mais pas à ce prix là.

La seconde raison était que Lydia n'avait guère d'intérêt pour une petite cousine. Elle voulait aller au village, passer du temps avec les soldats, certainement pas jouer avec Ariane. Une chose qui agaçait aussi beaucoup Pénélope. Certes elle n'avait aucun désir qu'Ariane se mette à copier le comportement de Lydia, mais que cette dernier ne fasse aucun effort pour ne pas blesser Ariane, ou les garçons... C'était difficile à tolérer.

Et cela n'allait certainement pas la faire changer d'avis concernant la Saison de sa cousine à Londres. Hors de question que ça arrive avec elle. En tout cas pas tant qu'elle se comportait de la sorte. Et puis elle était trop jeune, Pénélope ne comprenait déjà pas pourquoi son oncle et sa tante avaient jugé approprié de la faire sortir en Société. Même à Meryton il y avait des dangers pour les jeunes écervelées.

Les actions de Lydia pouvaient avoir de lourdes conséquences pour toute la famille Bennet, particulièrement avec tout le temps qu'elle passait avec les soldats de la milice. Pénélope avait un grand respect pour les hommes qui choisissaient de risquer leurs vies afin de protéger et défendre leur pays, néanmoins cela ne voulait pas dire qu'elle était naïve. Son père avait cherché à la protéger oui, mais en lui disant la vérité. En la prévenant du danger. Tous les hommes qui s'engageaient dans la Royale Navy n'étaient pas des anges, loin de là. Certains n'avaient pas eu le choix, il y avait aussi des violents, des gens qui profitaient des femmes...

La même chose pouvait être dite pour l'armée, mais ils risquaient leurs vies, ils se battaient. Certains étaient des hommes honorables. La milice en revanche... C'était une autre histoire. Certains voulaient s'engager dans l'armée mais ils n'avaient pas assez d'argent pour le faire, mais ils étaient rares. La plupart voulaient simplement s'amuser, obtenir des prêts et passer le temps sans trop se fatiguer, le plus souvent en participant aux activités des lieux où ils étaient reçus... Ils n'étaient pas mauvais, il y a toujours une possibilité d'avoir des mauvaises graines dans le lot, mais en général ça allait. Néanmoins ils profitaient des possibilités, y compris des charmes des écervelées qui étaient attirées par l'uniforme.

Des jeunes filles comme Lydia.

Sa cousine courrait un danger, et Pénélope n'était même pas sûre qu'elle s'en rendait compte. Elle avait beau ne pas apprécier Lydia et tout ce qu'elle faisait, elle restait sa cousine. Elle l'aimait quand même. Et puis ce n'était pas entièrement sa faute, elle devait simplement apprendre les conséquences de ses actes. Par une autre personne qu'elle en tout cas, Pénélope ne se portait pas volontaire.

Les seuls moments où Lydia passaient un minimum de temps avec Ariane, ou les garçons, c'était lorsque Tante Bennet insistait qu'elle le fasse. En général lorsque Perseus profitait d'un moment pour être avec ses frères et sa petite sœur. La tactique était vraiment évidente, et même si c'était agaçant, Pénélope ne pouvait pas s'empêcher d'être amusée par les réactions de son aîné. Perseus était clairement gêné par la situation, il était mal à l'aise dû aux attentions de Lydia et de leur tante. Si Pénélope faisait en sorte qu'il n'y ait pas de risque de scandale, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être amusée par tout cela.

Son frère pouvait être si sérieux, si calme... Bien que légèrement scandaleux et très déplacé, le comportement de Lydia pouvait être amusant dans cette situation. Lizzie et elle avaient quelques points communs, comme le fait qu'elles aimaient rire et les taquineries. Donc oui, Pénélope était très amusée par la situation, bien sûr elle protégeait les arrières de son frère, il était hors de question qu'il se trouve dans une situation compromettante si ce n'était pas son désir, et celui de la jeune fille en question. Cela ne l'empêchait pas de se moquer de lui.

Heureusement qu'Ariane n'avait pas de raison de s'ennuyer, ou de vraiment porter attention au fait que Lydia était distante. Après tout elle continuait à passer du temps avec les jumeaux, ou dans ses leçons, et même avec ses aînés, voire son père. Et à présent, elle avait aussi Jane, Lizzie, ainsi que Mary et Catherine. Autant dire qu'elle était aux anges. Nestor et Ménélas étaient aussi très content, ils avaient nettement plus de place pour leurs jeux, et d'avantage de partenaire de jeux. Particulièrement Elizabeth, qui aimait toujours autant passer du temps en extérieur, surtout vu qu'elle pouvait ainsi éviter sa mère et Mr Collins.

Pénélope passait beaucoup de temps avec Tante Bennet, heureusement Mary préférait l'intérieur et donc offrait de parfaites distractions à la fille aînée de l'Amiral. Le plus souvent concernant la musique, Mary avait de grandes connaissances musicales, elle pouvait jouer des pièces très difficiles. Le problème c'était qu'elle ne comprenait pas réellement la musique qu'elle jouait. Elle jouait sans la moindre émotion et ça s'entendait, malheureusement. Elle avait besoin de travailler un peu plus son doigté et son oreille. Des choses sur lesquelles Pénélope pouvait aider un peu, au moins en lui montrant les différences.

Pénélope préférait réellement la musique de Mary aux discussions de Tante Bennet, particulièrement lorsque cette dernière parlait de ce Mr Bingley qui avait été très attentionné envers Jane avant de partir du jour au lendemain et surtout sans revenir depuis. Un fait qui touchait clairement beaucoup Jane, sa peine était visible pour ceux qui la connaissaient bien. Autant dire que Pénélope n'avait pas de bons sentiments envers ce Mr Bingley. Elle était très protectrice de sa famille, et Jane en particulier, sa cousine était certes l'aînée des Bennet, néanmoins elle était aussi très fragile et sensible.

Si Mr Bingley revenait, elle comptait bien le tester pour s'assurer qu'il soit un bon mari et qu'il aime réellement Jane. Sa cousine était précieuse, une véritable perle, et elle méritait bien mieux qu'un homme inconstant ou volage.

Observant son frère qui était dehors avec sa cousine Kitty, ou plutôt Catherine, comme Perseus avait commencé à l'appeler. Pointant qu'elle n'était plus une enfant, mais qu'elle commençait à être une dame. Son prénom devait donc correspondre. La majorité de la famille appelait donc Kitty par son véritable prénom, à l'exception de Collins, de Lydia et de Tante Bennet. Le premier ne comptait donc pas, quand aux deux autres, et bien elles avaient simplement besoin d'un peu de temps pour s'en apercevoir.

Mary était certainement heureuse de voir une différence chez sa petite sœur, Catherine et elle étaient proches en âge, mais ne l'avaient jamais été trop, c'était une occasion de se rapprocher. Catherine qui grandissait un peu tandis que Mary travaillait sur ses manières, sa musique et les normes sociales et comment s'y conformer. D'une nature timide, Mary avait un peu trop écouté certains sermons, et lu certains livres, détaillant le comportement des femmes dans la Société. La rendant austère et mal à l'aise en société.

Pénélope travaillait avec elle pour l'aider à se sentir plus à l'aise, bien qu'elle pensait que ce serait plus efficace loin des remarques insultantes de Lydia et de Tante Bennet, lorsque Mary pourrait devenir elle même réellement. Elle estimait aussi que Catherine et Mary avaient beaucoup à apporter, ce qui renforçait son idée de prendre ses quatre cousines avec elle.

Ce serait beaucoup de travail, même avec le soutien de Tante Léda et des domestiques, mais entre Jane et Lizzie qui pourraient l'aider, et le fait qu'elles pourraient toutes s'entraider... La brune estimait que c'était faisable. Catherine avait besoin de stabilité et d'attention, ainsi qu'une plus grande compréhension des règles de la Bonne Société, des choses que Mary pouvait apporter, ou en tout cas aider. Tandis que Catherine pourrait aider Mary à mieux se mettre en valeur et à être plus ouverte vis à vis du reste du monde.

Le passage du surnom au prénom était donc un signe de maturité. Chose que le reste de la maisonnée comprenait parfaitement.

Voyant que Tante Bennet et sa sœur étaient en grande discussion, elle présenta ses excuses et s'esquiva sans attendre, afin de rejoindre les autres dehors, profiter au maximum de ces vacances et de ce moment de liberté.


De la fenêtre de son bureau Mr Bennet observait les plus jeunes courir dehors, sa jeune Kitty marchant avec Pénélope tranquillement mais ce dont elles discutaient était visiblement un sujet important pour sa fille vu les mouvements animés de ses bras. Elle avait souvent agi ainsi quand elle était enfant, mais cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu faire, ou plutôt cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu aussi heureuse et passionnée.

Elle l'était depuis l'arrivée de ses cousins et cousines et plus particulièrement depuis que Pénélope avait fait attention à elle, la même chose pouvait d'ailleurs être dite au sujet de Mary d'ailleurs, que Pénélope avait réussi à convaincre de poser les Sermonts de Fordyce pour les pièces de Shakespeare. Il avait d'ailleurs été surpris lorsqu'il avait abordé le sujet de Hamlet d'entendre Mary faire un commentaire à propos et pas un sermon. Certes le ton avait été plutôt strict de même que l'opinion mais elle avait fait un commentaire intéressant sur la pièce. Ça avait définitivement été une surprise, normalement seule Elizabeth commentait sur une telle discussion, parfois Jane mais rarement. Avait il tellement échoué envers ses filles et sa femme ?

Paul avait été surpris par son aîné, pas tellement par son attitude franche, c'était son caractère, Patrick n'avait jamais aimé attendre avant de donner son opinion quand il l'estimai,t justifier, Hélène sa défunte épouse avait réussi à calmer un peu le caractère de son mari, à l'adoucir, mais Patrick restait néanmoins fidèle à lui même. Paul esquissa un sourire en pensant à son frère aîné, le seul qui lui restait même si il n'avait pas eu beaucoup de contacts avec Perceval après son mariage avec Fanny la mort de ce dernier avait quand même été dure. Son mariage...

Il s'écarta de la fenêtre et se servit un verre de bourbon. Il avait été amoureux fou de Fanny et n'avait écouté personne, il avait été sûr qu'elle serait celle qui le rendrait heureux, et elle l'avait fait, mais avec le temps le manque d'héritier mâle l'avait changé. Ça et le fait que son épouse n'avait jamais éprouvé un grand intérêt pour la littérature qui le fascinait, si au début l'amour avait été suffisant, peu à peu, les choses avaient changé...

Fanny n'avait plus été la femme qu'il avait épousé et il n'avait pas su comment réagir. Alors il avait choisi de s'enfermer dans son bureau avec ses précieux livres, il s'occupait du domaine mais pas avec autant d'attention qu'il le devrait, surtout étant donné la situation de ses filles.

Il avait vraiment échoué, il souffla en se rasseyant dans son fauteuil, il espérait que ça n'était pas encore trop tard pour ses enfants, particulièrement pour Lydia, elle ressemblait tellement à Fanny, c'était difficile de la punir ou de la gronder, sans compter qu'elle était exécrable dans ce genre de cas. Il ne pouvait honnêtement pas en vouloir à Pénélope de ne pas vouloir garder Lydia en plus des autres filles, même chose pour Fanny. Il avait observé sa nièce et il avait parfois pu voir une pointe d'agacement envers Lydia, elle s'était reprise et contrôlée bien sûr, mais il pouvait comprendre son point de vue. Elle avait le droit d'être en paix chez elle. N'était ce pas après tout pour cette raison qu'il allait s'enfermer dans son bureau ?

Comment agir pour réparer ses erreurs ?


Etant donné le désir commun d'échapper à Longbourn ainsi que celui de faire quelques achats, il était plutôt logique pour que le gros de la famille se rende à Meryton. Où bien sûr les soldats de la milice passaient beaucoup de temps, y compris Lieutenant Wickham.

Depuis son arrivée chez son oncle et sa tante, Pénélope avait beaucoup entendu parler des soldats, provoquant un certain agacement d'ailleurs. Elle ne les considérait pas comme des soldats et voir ses cousines en parler de la sorte était un peu pénible pour la jeune femme. Elle avait vu les marins et soldats blessés, ou morts, elle avait vu les ombres dans les regards de ces hommes, ou même de son père et de son frère. Elle avait été témoin du prix de la guerre, alors savoir que des imbéciles qui n'avaient jamais vu l'ombre d'un combat, faisaient la fête, étaient bien reçus, parfois même comme des héros... C'était difficile à accepter.

Les propos que Lydia, particulièrement, et même Elizabeth avaient eu au sujet de ce Lieutenant Wickham, si chaleureux, avaient inquiété Pénélope. La rencontre avec ledit homme, n'avait fait que l'inquiéter d'avantage. Il avait un beau visage et un beau corps, c'était certain, ses manières étaient presque excellentes, mais ses yeux étaient dangereux, de plus sa triste histoire ne faisait que la mettre d'avantage sur ses gardes. Particulièrement après qu'il eut été informé du lien de parenté entre elle et Elizabeth, il avait été charmant envers elle, mais elle avait été plutôt glaciale. Il ne lui avait pas fallu longtemps, même dans la brièveté de leur rencontre, pour se concentrer uniquement sur sa cousine.

Il avait aussi une très étrange manière de respecter la mémoire de son défunt parrain, feu Mr Darcy. Il disait qu'il ne voulait rien faire qui puisse nuire au nom des Darcy et qui aurait pu faire de la peine à son parrain, tout en salissant copieusement le nom de Mr Darcy. Certes l'homme avait clairement fait mauvaise impression dans le voisinage, particulièrement auprès d'Elizabeth. Mais qu'est-ce qui lui avait pris d'insulter ainsi sa cousine, dans un lieu public en plus. Il avait eu beaucoup de chance que Perseus ne soit pas à proximité à ce moment là c'était certain, son frère pouvait être plus qu'un peu impétueux lorsque la famille était concernée.

Donc non, Pénélope n'appréciait guère un homme qui avait insulté sa cousine, néanmoins il n'était pas là pour se défendre contre les propos de ce Lieutenant. Un lieutenant qui ne faisait que se contredire d'après ce qu'elle savait de lui. Comme par exemple le fait qu'il ne s'était pas rendu au bal de Mr Bingley alors qu'il avait dit qu'il ne fuirait pas la confrontation. Ou le fait qu'il parlait à tout ceux qui voulaient bien l'écouter de son passé malheureux avec Mr Darcy.

Qui sonnait plus qu'un peu faux aux oreilles de Pénélope. Elle avait une certaine expérience concernant les testaments et autres papiers notariaux, bien plus que la majorité des femmes non mariées de la Société Anglaise. Néanmoins son père avait estimé que c'était des leçons importantes, surtout vu qu'elle devait parfois gérer certains papiers importants lors des départs en mer de l'Amiral. Les testaments étaient des choses très normales dans le monde des membres de la Royal Navy ou même ceux de l'armée, ces hommes risquaient leurs vies après tout.

Elle avait donc parfaitement conscience que ce genre de document étaient très précis, les notaires avaient tendance à être pointilleux et c'était bien compréhensible. L'histoire du Lieutenant Wickham était donc étrange et peu probable, surtout si on prenait en compte la fortune de feu Mr Darcy. Ils étaient après tout une ancienne famille du Derbyshire, et une famille ayant une certaine richesse. Un propriétaire terrien et un gentleman se devait d'être précis dans ce genre de document.

Elle était donc très heureuse d'avoir des petits frères gourmands, vu qu'ils voulaient bien sûr aller acheter des sucreries. Et pour cette fois, elle était volontaire pour leur en acheter quelques unes. Surtout vu que ça lui permettait de prendre ses distances avec le Lieutenant, quoiqu'elle fit signe à Burton de rester dehors pour veiller sur Elizabeth. Elle n'allait certainement pas laisser sa cousine sans protection avec un homme en qui elle n'avait pas le moins du monde confiance. Elle vit son excellent protecteur acquiescer et fut nettement plus rassurée.

L'homme avait servi sous les ordres de son père, il lui avait même sauvé la vie à plusieurs reprises, et depuis une méchante blessure, Burton assurait la protection de la famille de l'Amiral. Il la suivait presque partout ou s'assurait que quelqu'un le fasse, un homme qu'il avait formé et en qui il avait une entière confiance. Il l'accompagnait même lors de ses marches avec Elizabeth, pour le plus grand agacement de cette dernière.

Lizzie avait l'habitude de marcher seule, sans homme avec elle, elle l'avait toujours fait, le coin était sûr. Malheureusement pour elle, Burton et l'Amiral refusaient catégoriquement de les laisser se balader sans protection, de même que Perseus d'ailleurs. Lizzie avait continué à protester, jusqu'à ce que Perseus ne décide d'expliquer en détail tout ce qui pouvait arriver à une femme seule qui se baladait. Tante Bennet avait aussitôt eu une crise de nerf, et avait ordonné à Elizabeth de ne plus sortir seule. Même chose pour les autres filles d'ailleurs.

Elizabeth avait bien sûr était vexé par son cousin et les conséquences de ses actions, cependant Pénélope qui était plutôt informé des dangers du monde était plus soulagée, le risque était minime c'était vrai, mais il était là néanmoins et parfois un risque minime était suffisant. Elle avait en revanche essayé de convaincre Burton de ne pas venir avec elles, elles pouvaient prendre quelqu'un d'autre que l'homme qui avait déjà tant à faire au cours de la journée, mais il n'avait rien voulu entendre. "La protection de Madame est ma responsabilité et je compte bien m'en assurer." avait répondu l'ancien marine et elle avait fini par se résigner. L'homme pouvait être plus têtu qu'une douzaine de mule.

Sa présence était néanmoins comme toujours extrêmement réconfortante pour elle. Le Lieutenant Wickham l'inquiétait vraiment, surtout parce qu'il ne paraissait pas menaçant ou dangereux, c'était les pires, elle le savait. Le Lieutenant Dennis qui était avec lui semblait différent, quoiqu'elle ne pouvait être sûre, mais il l'inquiétait moins en tout cas.

Pénélope était aussi heureuse d'avoir la présence de Catherine avec elle, sa cousine essayait clairement de changer, d'être plus mature, copiant moins Lydia aussi, ce qui ne lui faisait pas de mal. Catherine faisait bien de copier ses sœurs plus âgées, particulièrement Jane et Elizabeth, ou même elle-même, c'était sans aucun doute pour le mieux. Il allait vraiment falloir faire quelque chose pour Lydia, le problème c'était qu'elle ne pensait pas que Tante Bennet choisirait d'agir, et Oncle Bennet... Elle n'était pas certaine qu'il ait envie d'agir sur l'attitude de Lydia sur la durée. Hors c'était nécessaire, de préférence avant un scandale, peut-être que Tante Léda aurait une idée.

Elle avait toute confiance en son père, mais s'il était très doué pour gérer des hommes au combat ou pour établir des stratégies pour des batailles navales, néanmoins gérer des jeunes filles difficiles, ce n'était pas vraiment son fort. Son père s'était laissé guider par sa mère Hélène pour savoir comment agir envers elle, et il était très hésitant envers Ariane à présent. Il l'aimait, c'était certain, mais il était plus maladroit, surtout vu qu'Ariane était très ... petite lady. Heureusement que les jumeaux étaient là pour faire enrager Ariane et lui faire perdre ses airs, non que Pénélope ait l'intention de leur dire une telle chose. Il ne fallait pas les encourager après tout, ils étaient déjà bien trop farceurs. Quoiqu'ils la faisaient toujours sourire, c'était d'ailleurs toujours le cas tandis qu'ils rentraient tous ensemble à Longbourn. Malgré les inquiétudes qui la hantaient, elle était toujours heureuse avec eux.

Elle ne pouvait rien faire pour le moment afin de gérer Lydia et pour la pousser à se porter correctement, mais elle pouvait faire quelque chose concernant la menace imminente. La menace que présentait le Lieutenant Wickham, soit elle se trompait, alors il n'y aurait pas la moindre information à découvrir. Soit elle avait raison, et dans ce cas ils étaient informés de la menace et pouvaient agir en conséquence. Décidée, elle ralentit le pas pour s'écarter du reste du groupe, et fit signe à Burton qui comprenant le message implicite, vint se poster à ses côtés.

"Madame ?" demanda Burton.

Il avait insisté à l'appeler ainsi depuis la mort de sa mère, depuis qu'elle était devenue la Lady de la maison, qu'importe ses protestations. Ça avait été douloureux au début, elle ne s'en était pas senti digne, étant très loin de la Lady qu'était sa mère. Néanmoins elle avait fini par accepter et apprécier la marque de respect, même si elle préférerait qu'il l'appelle par son prénom plus souvent. Il était de la famille à ses yeux, ils le traitaient tous comme tel, mais il refusait de laisser tomber les titres et autres marques de respect.

"Je souhaiterais que vous vous renseigniez au sujet du Lieutenant Wickham, savoir quel genre d'homme il est véritablement." elle demanda.

"Il vous a importuné Madame ?" demanda de suite Burton avec une colère distincte dans la voix et dans son attitude.

"Non, je ne lui en ai pas laissé l'occasion, et il a eu assez d'intelligence pour comprendre que je n'étais pas intéressé." répondit Pénélope, voulant le calmer. "C'est pour Elizabeth que je suis inquiète, elle le trouve clairement charmant. Je crains qu'il ne tente quelque chose, je ne suis pas convaincu par ses airs et ses propos. Son histoire est étrange, en plus s'il a suivi une éducation à celle de Mr Darcy, à celle d'un gentleman, alors pourquoi à son âge n'a t'il pas cherché à s'établir quelque part ? A avoir un bon métier, il en a apparemment l'éducation et avec ses manières, ainsi que son physique, je doute qu'il aurait eu du mal à trouver une place. Alors pourquoi rejoindre la milice uniquement maintenant ?"

"Je vais me renseigner, vous aurez les informations aussi vite que possible Madame." dit Burton en s'inclinant légèrement.

"Je n'en doute pas une seule seconde, vous avez toujours été extrêmement prompt pour nous donner les informations demandées, apparemment il viendrait du Derbyshire, je suppose que ça vous aidera." ajouta Pénélope.

"Bien sûr, rapidement nous saurons exactement quel genre d'homme est ce Wickham, vous pouvez vous en assurez Madame." confirma Burton, qui réfléchissait déjà à qui contacter pour l'aider dans ses recherches, outre les serviteurs locaux bien évidemment.

Les serviteurs et commerçants locaux étaient toujours une mine d'information, de plus il était resté en contact avec un certain nombre d'ancien marins, ayant quitté la Royal Navy pour une raison ou une autre. Soit parce qu'ils avaient réussi à économiser assez, soit parce qu'ils étaient trop blessés pour continuer, soit parce que leurs familles avaient besoin d'eux, soit parce qu'ils en avaient trop vu ...

L'Amiral et son fils Perseus, étaient extrêmement respectés par leurs hommes, bien sûr il y avait toujours un idiot ou deux, mais la majorité les respectaient. Tout comme ils respectaient Lady Pénélope. L'Amiral et Perseus étaient de bons commandants. L'Amiral s'était souvent battu au milieu de ses hommes et il n'était pas du genre à prendre des airs. Il agissait aussi pour le bien de ses hommes en établissant ses stratégies militaires. Perseus avait gagné le respect des hommes en gravissant les échelons sans demander ou attendre le moindre favoritisme parce que son père était haut gradé. Ainsi qu'en se battant avec ses hommes et en les traitant avec respect, comme son père le faisait.

Quand à Lady Pénélope, elle avait accueilli et nourri à plusieurs reprises des marins, quelque soit leur rang social ou au sein de la Royal Navy, et cela même sans être averti au préalable. Elle prenait aussi soin des marins blessés, s'arrangeant pour qu'ils aient de bons soins et qu'ils soient traités le mieux possible par les médecins locaux, aidant même à l'occasion. Les trois avaient également pris des mesures pour aider les hommes une fois de retour au pays, les guidant vers des gens qui pourraient les aider, comme Mr Gardiner.

Les trois avaient donc le respect et l'admiration d'un grand nombre de personne. Burton avait de nombreux contacts, et lorsqu'ils sauraient que c'était pour rendre service à la famille de l'Amiral, il était certain qu'ils seraient encore plus prompt à le renseigner. Et il s'agissait bel et bien de la famille de l'Amiral, après tout les filles Bennet étaient les nièces de l'Amiral. Elles étaient donc sous sa protection, surtout vu que Lady Pénélope comptait les prendre sous son aile dans la maison de Londres.

Il allait donc se renseigner au plus vite concernant ce Lieutenant Wickham.