Chapitre réécrit le 25/12/2020.

J'espère que vous aimerez ce chapitre et les modifications que j'y ai apporté. Merci beaucoup de lire cette fic, de la suivre, de la mettre en favori et surtout de la commenter. Bonne lecture.


Bonjour, cela fait un moment n'est ce pas, un très long moment même... Je suis désolée mais voici un nouveau chapitre, en espérant que ça aide à me faire pardonner, l'histoire n'est pas abandonnée, je le promets. Merci à ceux qui lisent encore, suivent toujours, mettent encore en favori et surtout merci à vous de commenter. Bonne lecture et encore désolée.

20 : Salut, merci beaucoup, je suis contente que tu aimes mon histoire :D. Je retiens ton vote, une petite vengeance de la part de Jane, pas mauvaise idée, je vais y penser. Je ne suis toujours pas décidée sur ce couple, je lis des fics où ils vont très bien ensemble et je me dis pourquoi pas et ensuite j'en lis où elle est heureuse avec quelqu'un d'autre... Non je ne sais pas, après ça voudrait dire qu'elle n'aurait pas à supporter les Hurts et surtout Caroline...En espérant que tu lises encore.

Pixiel : Hey, Pas de soucis, crois moi, j'adore avoir des commentaires, alors c'est normal que je fasse l'effort d'y répondre. Que penses tu du texte dans celui là ? J'ai fait quelques progrès non ? Loin du langage de l'époque, je m'en doute mais j'espère y arriver peu à peu. Pénélope n'est pas une surdouée, avec un super instinct, j'explique un peu pourquoi elle a pu se douter que Wickham n'était pas clair dans ce chapitre. Et puis son père lui as appris quelques trucs, donc ça joue, tout comme le fait qu'elle a vu le monde contrairement à sa cousine. Ainsi que le fait qu'elle arrive au milieu et donc a plus de possibilités pour analyser sans soucis les choses. Après ton opinion ne me dérange pas, ne t'en fais pas. Désolée pour l'attente en tout cas. Et je retiens pour Jane/Bingley ton opinion, merci beaucoup. Bises.

Cocochoco78 : Coucou, merci beaucoup je suis heureuse que tu aimes la fic et mon idée, ça me fait vraiment plaisir. Je te remercie dans ta défense mais ne t'en fais pas, je détaille un peu le pourquoi elle peut le faire. Jane Austen avait le point de vue de son époque et elle ne voulait pas choquer, pas trop en tout cas, donc son livre est écrit dans ce sens. Oui, c'est un peu pour ça que j'ai crée son personnage, je ne voulais pas faire une SI, mais un personnage féminin qui changeait les choses et poussaient les Bennet à réfléchir, je trouvais ça plutôt pas mal comme idée. Merci pour ton vote sur Jane/Bingley, et Darcy va devoir réfléchir à ses actes, le moment choc ne sera pas comme à Rosing, mais il va quand même y en avoir un. Même si il n'est pas jaloux de Perseus, peut être de quelqu'un d'autre en revanche... J'y pense encore :). Bises


Etant le deuxième fils d'un paysan ne gagnant pas beaucoup, Burton avait choisi de s'engager très jeune dans la Royal Navy, grand pour sa taille, il avait pu dire qu'il était un peu plus vieux. Il avait été déterminé à gagner sa vie honnêtement, hors de question de voler ou quoique ce soit du genre, non, il était quelqu'un de bien.

Burton s'était rapidement rendu compte qu'il adorait la vie en mer, et qu'il aimait énormément la Royal Navy. La vie de marin était difficile, mais c'était une qu'il appréciait, surtout vu qu'il avait l'impression de véritablement faire quelque chose pour son pays. Sans compter tout les lieux qu'il avait eu la chance de découvrir et visiter. Il avait eu la chance d'avoir un excellent officier supérieur en la personne de l'Amiral Bennet, quoiqu'il n'avait pas été un Amiral à l'époque.

Il avait servi dans la Royal Navy pendant près de trente ans, lorsqu'il avait été gravement blessé lors d'un combat. Sa blessure au bras le rendait incapable de continuer la vie de marin, c'était beaucoup trop dangereux, sa carrière était donc finie. Il avait pensé que la même chose pouvait être dite de sa vie, après tout la Navy s'était toute sa vie. Il avait certes mis de l'argent de côté, mais ce n'était pas une fortune. Il n'était pas non plus particulièrement beau, les combats avaient laissé de lourds dégâts sur son corps et son visage n'était pas exception. Il n'avait jamais envisagé s'établir quelque part, ou avoir une femme et des enfants. Il avait pensé mourir en soldat, sur un navire ou un autre champs de bataille, il n'avait jamais imaginé un autre avenir, sa famille c'était la Navy.

Il était en train d'essayer en vain de planifier la suite dans son lit d'hôpital de fortune, lorsque l'Amiral était venu le voir. L'Amiral lui avait alors proposé une place dans sa maison pour assurer la sécurité de sa famille. La proposition avait énormément surpris Burton, il respectait grandement l'Amiral, c'était certain, et il avait travaillé pendant plusieurs années pour lui, ils s'étaient aussi mutuellement sauvé la vie à plusieurs reprises. Mais ils n'étaient pas non plus proches, il avait néanmoins accepté, c'était une excellente offre et ça lui offrait un but pour un temps.

La place avait été bien mieux que ce qu'il avait osé espérer. Lady Hélène l'avait accueilli à bras ouverts, le traitant comme un excellent ami, et après sa mort, Lady Pénélope l'avait traité comme s'il était de la famille. Elle n'avait jamais arrêté de le faire, et c'était ainsi qu'Ariane, Nestor et Ménélas le traitaient également. La famille de l'Amiral était la sienne à présent, il ferait n'importe quoi pour eux, de ça il était certain.

Il avait tendance à voir les enfants de l'Amiral comme les siens, surtout les trois plus jeunes. Lady Pénélope était autant une amie précieuse qu'une fille à ses yeux, tout comme Lord Perseus était un ami autant qu'un fils. Il était extrêmement protecteur de cette famille, et il faisait donc en sorte de se renseigner sur les gens qui étaient à proximité d'eux, surtout les inconnus.

Lorsque Lady Pénélope lui avait parlé de ses inquiétudes et suspicions concernant le Lieutenant Wickham, il avait simplement concentré ses recherches sur lui, se fiant aux instincts de Lady Pénélope et à ses propres tripes. Il n'avait pas aimé le Lieutenant Wickham non plus.

Les instincts de Lady Pénélope et les siens avaient clairement vu juste, étant donné ce qu'on lui avait rapporté. Wickham était clairement une pourriture de la pire espèce. Il regrettait vraiment qu'ils n'étaient pas tout les deux dans la Royal Navy, il lui aurait donné une bonne correction qui lui aurait fait passé toute envie de recommencer un coup pareil, ou incapable de le faire, à cause d'une défiguration ou un truc du genre. Voire même parce qu'il était mort. Burton avait tué des gens au cours de sa vie et il ne regretterait pas de tuer une ordure de ce genre. Surtout après l'avoir vu auprès de Lady Pénélope et de ses cousines.

Une exécution semblait néanmoins peu probable, mais leurs mains n'étaient pas non plus liées, il comptait bien agir afin que cet homme paie pour certaines de ses actions au moins. L'Amiral était de son avis, tout comme Lord Perseus, ainsi que le frère de l'Amiral, Mr Bennet, ou encore le Colonel Foster, le colonel en charge de la Milice. Ils étaient tous déterminés à arrêter et mettre hors d'état de nuire Wickham.


"Elizabeth, puis-je me joindre à toi ?" demanda Pénélope.

Elle s'était levée tôt, comme à son habitude, étant fille de marin, c'était presque obligatoire, néanmoins c'était surtout dû aux jumeaux et à Ariane qu'elle était habituée. Quoique cela faisait quelques années qu'ils dormaient un peu plus le matin. Néanmoins elle s'était ainsi habituée à être debout très tôt, profitant de ces quelques moments de tranquillité pour lire, ou écrire. Pas ce matin cependant, elle s'était préparée à sortir afin de parler à Elizabeth. Ou plutôt d'essayer vu que sa cousine l'évitait depuis deux jours, depuis la révélation du véritable caractère du Lieutenant Wickham.

Oncle Bennet avait déclaré que les officiers n'étaient plus les bienvenus sous son toit et qu'il refusait que ses filles soient en leur compagnie également. Bien sûr Tante Bennet avait protesté, tout comme Lydia, mais Oncle Bennet avait été ferme et il avait expliqué un peu les raisons de sa décisions. Surtout les dettes que certains avaient déjà accumulé, ainsi que les comportements déplacés de certains. Il n'avait pas donné de détail bien sûr, cela serait très incorrect, surtout au vu de l'âge de Lydia, Catherine et même Mary. Mais il en avait dit assez, suffisamment pour que des rumeurs commencent à courir sur le compte de Wickham, le temps qu'ils aient assez de preuve pour l'arrêter. Néanmoins Elizabeth avait été déterminé à en apprendre d'avantage, allant se renseigner auprès de son père.

Pénélope ne savait pas ce que son oncle avait choisi de dire à Lizzie au final, néanmoins dès le lendemain elle était devenue plus songeuse et distante, particulièrement vis à vis de Pénélope. Elle l'avait laissé faire, comprenant un peu ses réactions, en tout cas elle le pensait. Alors elle lui avait laissé de la distance, acceptant sans protester son attitude froide.

Néanmoins elle n'avait aucun désir que ça continue, bien au contraire, elle espérait lui avoir laissé assez de temps pour réfléchir et accepter une discussion. Pénélope avait horreur d'être en conflit avec ses proches.

"Bien sûr Penny." accepta Elizabeth avec un sourire un peu gêné et sans la regarder dans les yeux. "On y va maintenant ?"

"Si vous voulez, je suis prêt." intervint Burton.

Pénélope se tourna vers son protecteur, surprise. Elle ne lui avait pas parlé de ses projets et avait pensé qu'il avait autre chose à faire ce matin. Elle avait décidé de demander à un autre serviteur de les accompagner, clairement ce ne serait pas nécessaire.

Connaissant bien Lady Pénélope, Burton avait en effet deviné ses projets. Ce n'était pas trop compliqué lorsqu'il prenait en compte le fait qu'elle tenait de son père, son caractère déterminé. Elle était de bien des manières plus diplomate et douce que son père, mais son côté franc et déterminé, elle le tenait de l'Amiral. Tout comme son désir de régler les problèmes de front autant que possible.

Il respectait cela, préférant ce genre d'attitude aux sous-entendus en tout genre fait par la majorité des anglais bien-nés, y compris Lady Léda. S'il comprenait le désir de sa Lady, et son besoin de parler à sa cousine, il était aussi hors de question de la laisser partir comme ça. Il avait bien sûr confiance dans les hommes qu'il avait recruté et qu'il formait pour s'assurer de la sécurité de la famille. Néanmoins le Lieutenant Wickham n'était pas encore arrêté et il n'était pas encore certain qu'il n'ait pas de bons amis dans le camp de la milice, et tant qu'il n'était pas sûr, il allait redoubler de vigilance.

Il l'observa calmement, la défiant presque de protester sa présence, mais elle ne fit rien de la sorte. Il n'en était pas question de toute façon, elle savait choisir ses batailles, et là c'était un combat perdu d'avance, elle en était certaine.

"Alors allons y." elle céda sans discuter, elle connaissait les règles et même ici, dans la campagne, un endroit tranquille, elle devait les respecter pour sa propre sécurité et la tranquillité d'esprit de son père. Surtout après les derniers événements.


"Il est obligé de nous suivre ?" demanda Elizabeth, un peu agacée.

D'un caractère plutôt aventureux, son père l'avait laissé faire à sa guise quand à ses sorties dans les environs, ses longues marches et elle n'avait pas eu d'escorte très souvent, uniquement lorsqu'un bandit de grand chemin était dans le coin. Pas alors que tout était tranquille, les propos de son cousin ne l'avait pas vraiment inquiété, quoiqu'elle avait du faire avec ses nouvelles restrictions. Sa mère avait insisté et son père avait cédé, ce qui n'avait rien arrangé. En plus, elle était certaine que le Lieutenant Wickham n'était pas dangereux, pas de cette manière en tout cas.

"Je ne peux pas sortir sans un valet de pied ou sans Burton." expliqua Pénélope.

"Je ne comprends pas pourquoi." dit Elizabeth en regardant derrière elles.

"Une habitude qu'on a gagné lorsque mon père était Amiral, il a des ennemis et ma famille était une cible facile, et puis même en Angleterre la situation n'est pas évidente ou sûre. Burton est là pour assurer notre sécurité mais il est discret ne t'en fais pas, il n'empiétera pas sur notre discussion et à part si nous sommes attaquées, ce que je ne souhaite pas, il ne dira rien. Mon père est protecteur, tout simplement." expliqua Pénélope.

"Peut être trop." pointa Elizabeth, sûre d'elle, sa cousine ne dit rien, mais elle avait déjà fait l'expérience et savait que ce n'était pas le cas, il n'agissait pas comme ça sans raison.

"Je suis désolée pour le Lieutenant Wickham, je sais que tu l'appréciais." commenta Pénélope, changeant le sujet quand à la présence de Burton, qui était de toute façon non-négociable.

"J'ai été sotte, j'aurais du savoir." dit Elizabeth en soupirant.

"Pourquoi aurais-tu du le savoir ?" demanda Pénélope, un sourire compréhensif sur le visage. "Il était charmant, gentil et attentif. J'imagine qu'il était extrêmement flatteur, son histoire était triste, il savait bien la présenter. Particulièrement vu que tu avais déjà une opinion négative concernant ce Mr Darcy. Il s'est servi de cela, ainsi que de ton bon cœur."

"Dis plutôt ma stupidité." contra Elizabeth.

"Tu n'as pas été stupide, un peu naïve peut-être mais tu n'avais aucune raison de te méfier. Tu n'as pas à te blâmer de cela, tu as un bon cœur et il s'est servi de ça. C'est de sa faute, non la tienne. Le fait que tu ais décidé de défendre Lieutenant Wickham parle de ton honneur, très peu de personne aurait choisi le parti d'un simple Lieutenant plutôt que celui d'un homme aussi riche que Mr Darcy." répondit patiemment Pénélope.

"J'avais tort." pointa Elizabeth.

"Oui, mais ce n'est pas moins noble pour autant." dit avec un sourire Pénélope.

"Tu as douté de lui dès le début." dit Elizabeth, avec un peu de rancœur dans son ton. "Alors que je me suis fait avoir comme une idiote."

"J'ai simplement d'avantage d'expérience que toi." dit Pénélope. "Il y a plusieurs années de cela, peu de temps après la mort de ma mère, j'ai vécu une expérience similaire à la tienne. Et contrairement à toi, je n'avais pas l'excuse d'être charmé par un homme séduisant."

"De quoi parles-tu ?" demanda curieuse Elizabeth.

"D'une histoire qui s'est produite quelques mois après la mort de ma mère, j'avais beaucoup de mal à gérer la situation. Il y avait trop à faire, entre mes nouvelles responsabilités de Dame de la maison, mes leçons habituelles, mes responsabilités vis à vis d'Ariane et les garçons... Ils pleuraient en permanence, il y avait la nourrice bien sûr, mais je les entendais quand même et je devais m'occuper d'eux.

J'avais deux bébés à charge, plus une fillette de quatre ans qui ne comprenait pas où était sa maman. Ariane pleurait presque en permanence et ne cessait de poser des questions, ça a été encore pire après le départ de Père et de Perseus. Je devais m'assurer que la maison soit bien tenue et surtout qu'on soit prêt à n'importe quel moment pour le retour de mon père, qui ne prévient que rarement à l'avance. Et avec son retour, le plus souvent il avait des invités, et il n'y avait aucun moyen de prévoir combien exactement ils seraient au souper. Même chose concernant mon frère évidemment. Et bien sûr, mon père s'attendait à ce que tout soit parfait, comme au temps de ma mère.

Si je lui avais dit que j'avais besoin d'aide, il se serait arrangé pour que je l'ai, de cela je suis certaine, mais j'étais fière. Ma mère réussissait à faire tout cela, alors cela voulait dire que j'en étais également capable. Mais en réalité j'étais dépassée par les événements, c'est alors que je peinais à garder la tête hors de l'eau, aidé énormément par Burton et Mme Nicchols, cette chère Mme Nicchols. C'est donc à ce moment que j'ai rencontré une femme un peu plus âgée que moi, charmante, douce et un air parfaitement innocent et vulnérable. Elle m'a raconté son histoire, m'expliquant qu'elle était venue dans cet endroit reculé parce que son mari était un homme violent et qu'il avait failli la tuer et cela à plusieurs reprises. Désespérée, elle avait demandé de l'aide à son frère qui l'avait aidé à quitter Londres pour une des colonies. Loin, donc de son mari, qui ne la retrouverait jamais dans un tel endroit.

Elle n'avait cependant aucun ami dans cet endroit et très peu d'argent, elle avait besoin d'aide et j'ai tout avalé. J'ai cru à son histoire sans poser la moindre question, et je l'ai accueilli dans ma maison, dans ma famille. J'ai décidé de l'aider, mais c'était aussi égoïste de ma part, parce qu'elle m'a beaucoup aidé en retour. Enfin c'est ce que je croyais, elle savait exactement quoi dire pour me rassurer ou me convaincre. Comme le fait qu'elle était douée avec les enfants, et qu'elle pourrait beaucoup m'aider avec la maison et toutes mes responsabilités.

Elle paraissait être un cadeau tombé du ciel, mais tout n'était que mensonge. Et pis encore, c'était un piège, elle avait été engagé pour obtenir des informations sur mon père, ses plans, et ses faiblesses surtout. Afin de trouver un moyen de pression sur lui, et je lui ai offert cela sur un plateau en or. Sans Burton... Sans Burton, son plan aurait parfaitement réussi, elle a failli réussir à prendre les jumeaux avec elle, heureusement il a pu intervenir à temps. Il les a récupéré, il se doutait de quelque chose depuis quelques temps déjà mais il n'avait pas de preuves et je ne l'ai pas cru lorsqu'il m'a dit qu'elle était indigne de confiance." expliqua Pénélope tout en regardant droit devant elle, sa voix tendue, elle ne cessait de se blâmer pour ce désastre.

"Penny..." dit Elizabeth, totalement choquée.

"Tu n'as aucune raison de te blâmer concernant le lieutenant Wickham, tu n'as rien fait de mal. Moi en revanche, j'ai mis en danger ma famille. Trois enfants dont j'avais la garde ont failli être enlever parce que je n'ai pas été à la hauteur, c'est ce que j'ai pensé à l'époque en tout cas. Et pendant longtemps après, aujourd'hui j'ai assez de recul pour comprendre que je ne suis pas entièrement responsable, mais j'ai mes torts.

Mon père a admis qu'il aurait du penser à me trouver de l'aide, j'étais la nouvelle capitaine du navire après tout, je devais donc avoir de bons seconds. Il n'avait pas pensé à le faire vu que j'avais beaucoup aidé ma mère, il pensait que je savais donc quoi faire. Il n'avait pas pris en compte à quel point je me reposais sur elle, et à l'inverse, j'aidais beaucoup ma mère. Nous nous soutenions mutuellement donc. Il a fallu du temps pour que j'apprenne à me refaire confiance, je me suis beaucoup appuyé sur Burton et Mme Nicchols pendant longtemps, ça a aussi été la dernière fois que j'ai fait confiance aussi aisément à un étranger. Je suis bien plus méfiante à présent. Tout comme Burton qui est encore plus protecteur à présent."

"Tu... Je ne savais pas.." souffla Elizabeth, extrêmement choquée.

Elle avait échangé de nombreuses lettres avec sa cousine, tout comme Jane d'ailleurs, néanmoins il n'y avait eu aucune mention de cet événement. Pourtant elles s'étaient beaucoup écrits après la mort de Tante Hélène, voulant être là pour Pénélope même à distance.

Savoir que Pénélope avait vécu une telle chose, c'était une nette surprise, sa cousine paraissait tellement en contrôle et sure d'elle. Comme si elle savait toujours quoi faire en toute circonstance, un fait qui l'avait rendu un peu jalouse à l'occasion. Elle lui avait envié son assurance bien des fois, ça ainsi que sa liberté de mouvement et la confiance que son père lui témoignait. Sa cousine se chargeait de tout dans sa maison depuis qu'elle avait quatorze ans, la mort de Tante Hélène.

"Je ne suis pas fière de ce moment tu sais. Je n'aime pas en parler et à l'époque j'avais très honte, cela aurait pu aussi nuire à mon père ou à mon frère si ça s'était su. Ils sont aimés par leurs hommes, mais il y a aussi de la jalousie auprès d'autres capitaines ou même amiraux. Il fallait donc rester discret, et puis je n'avais guère envie de recevoir encore plus de conseils de la part de Tante Bennet." répondit Pénélope, un léger sourire taquin aux lèvres.

"Compréhensible." acquiesça Elizabeth avec un léger rire.

Elle comprenait très bien la technique de sa cousine, elle agissait de manière similaire lorsqu'un sujet la touchait un peu trop ou qu'elle voulait détendre l'atmosphère.

"Après Tante Bennet est une excellent hôtesse et elle m'a donné de bons conseils, et je lui en suis reconnaissante." dit Pénélope sincère.

Si elle avait beaucoup appris auprès de sa mère, sa tante Bennet avait néanmoins été un soutien très apprécié et important pour elle. Quoique ses conseils sur comment plaire à un homme avaient été bien moins appréciés. Elle était même en total désaccord concernant la majorité de ces conseils là. Elle avait donc choisi de les ignorer et de dissimuler ce genre de lettre, certaines l'ayant fait rougir d'embarras et de honte.

Ces lettres étaient une des raisons qui l'inciter à conduire ses cousines à Londres, il était évident que sa Tante souhaitait que ses filles se marient, qu'importe s'ils n'étaient pas de véritables gentlemen.

"Comme je te l'ai dit, je n'avais pas l'excuse d'un joli visage et des flatteries, et tu as probablement été plus prudente que moi, tu ne te serais pas laissé piéger dans ses filets, en tout cas je ne le pense pas. Le piège a été ma fierté, je voulais prouver que je pouvais le faire seule, que je n'avais pas besoin d'aide, et à cause de ça ma famille a été mise en danger. J'ai agi depuis afin que cela ne se reproduise jamais plus." poursuivit Pénélope. "Lorsque tu m'as parlé du Lieutenant Wickham, quelque chose me dérangeait à son sujet mais je ne savais pas quoi exactement. Il y avait des incohérences dans ce que tu me disais, mais il n'était pas vraiment ma priorité, j'avais bien d'autre choses à penser c'était certain. Et puis je l'ai rencontré, je l'ai observé et j'ai su que quelque chose clochait. Qu'il était probablement une menace, j'ai donc demandé à Burton de se renseigner, et lorsqu'il a eu les informations, il fallait agir assez vite. Je n'ai pas eu le temps de te prévenir avant que Burton, mon père, mon frère et Oncle Bennet n'agissent. Je connais Burton depuis des années, mais il arrive toujours à me surprendre concernant son efficacité.

"Quand j'y repense maintenant, je me sens idiote, son comportement poussait à la question, mais j'étais tellement sûre de mon jugement, de lui, que je n'ai pas réfléchi." soupira Elizabeth.

Pénélope observa sa cousine avec une certaine inquiétude, elle avait craint, au vu de son attitude, que son cœur avait été touché par Wickham, mais elle avait le sentiment que ce n'était pas le cas. Elle avait paru blessé, mais elle commençait à être rassurée, sa cousine ne se comporterait pas de la sorte si elle souffrait d'un cœur blessé ou encore brisé.

"Père me dit souvent que c'est difficile de voir les choses clairement lorsqu'elles sont juste devant nos yeux, nous avons besoin de prendre un peu de recul pour réussir à tout voir." proposa Pénélope.

"Mais toi tu l'as vu alors que je ne voulais rien voir." protesta Elizabeth.

"Lizzie, je suis naturellement plus méfiante depuis cette histoire, j'ai mis des mois à faire confiance à mon jugement, des mois à avoir confiance aux gens en dehors de ma famille proche et des employés que je connaissais depuis des années. Lorsque tu m'as parlé du lieutenant Wickham j'ai été alerté, ça me faisait un peu trop penser à elle pour être vraiment à l'aise, mais je n'étais pas sûre, c'est lorsque je l'ai rencontré, la manière dont il m'a regardé, tout cela m'a mise mal à l'aise et j'ai demandé à Burton de se renseigner. Je ne le connaissais pas, il n'avait rien fait pour m'impressionner ou quoique ce soit du genre. Je ne connais pas non plus Mr Darcy et je n'étais pas incliné d'un côté ou de l'autre entre les deux hommes.

C'est plus facile lorsque l'on est dans ma situation que dans la tienne, de ça j'en suis sûre. Outre une légère antipathie vis à vis de Mr Darcy pour l'insulte qu'il t'avait faite, et le comportement hautain que tu me décrivais, je n'avais aucune raison de ne pas être impartiale. Voire même distante concernant la situation.

Tu es maligne Lizzie, de ça je ne doute pas, tu as de grandes connaissances et tu réfléchis vite, mais tu ne peux pas tout savoir et les gens sont différents à Londres ou ailleurs comparé à ce que tu sais ici. La situation sera réglée rapidement maintenant, j'ai entièrement confiance à l'alliance mon père, Perseus et Burton, soutenu par ton père. Rien ne peux leur résister, jamais longtemps en tout cas." dit calmement Pénélope, prenant la main de sa cousine en signe de soutien.

"Je me sens quand même idiote, ainsi que responsable. J'aimerai aider aussi." dit Elizabeth.

"Il faudrait en parler avec nos pères, je suppose, mais je ne sais pas ce qu'ils diront. Pour le moment le plan est de faire courir des rumeurs sur son compte, afin de prévenir les gens du village du danger. Particulièrement les commerçants et les jeunes filles. Je sais que Burton a des hommes qui enquêtent plus en approfondi afin d'obtenir des preuves non discutables pour l'arrêter sans qu'il puisse s'en sortir." répondit Pénélope en réfléchissant.

Elle comprenait le besoin d'agir, l'avait ressenti aussi très souvent au fil des ans, surtout parce que son père et son frère s'étaient mis en danger chaque fois qu'ils avaient pris la mer. Et elle ne pouvait rien faire d'autre que prier, s'occuper et dissimuler son inquiétude à chaque fois. A présent les choses pouvaient changer, enfin elle l'espérait, elle allait y réfléchir et discuter d'avantage avec Lizzie. Il y avait un côté poétique à l'idée qu'après tout ce qu'il avait fait à des femmes, il tombe à cause d'une alliance de femme.


Sellant son cheval, Patrick Bennet, dit l'Amiral et le nouveau Comte de Hampshire, souffla, il aimait monter à cheval, encore plus le faire avec son fils et son petit frère, mais là le cousin Collins se joignait à eux et il n'appréciait vraiment pas l'homme.

Il n'avait pas aimé le père qui n'était qu'un idiot certain qu'il méritait mieux, mais le fils était peut être pire encore. Et si il regardait encore une fois sa fille comme ça, l'Amiral ne répondait plus de rien. Il avait pensé que l'homme avait compris la menace et retenu la leçon après avoir vu un entraînement à l'épée de Perseus, visiblement cela n'avait pas été suffisant.

Ce qui le rendait fou de rage, et il savait que son fils pensait la même chose. Oui il allait sans aucun doute devoir se résigner dans un futur proche à l'idée que sa fille aînée, et chérie, trouve un mari. Mais ce ne serait certainement pas cet individu, il le tuerait avant, de ça il en était sûr et si ce n'était pas lui, et bien ce serait Burton, l'homme attendait juste une excuse ou un ordre, ça Patrick Bennet le savait. Et il était aussi certain que Perseus était à bout de patience, ou en tout cas pas loin.

"Où va-t'on mon oncle, un endroit particulier ou non ?" demanda Perseus à Paul Bennet, son oncle et le propriétaire de Longbourn.

"Juste faire un tour autour de la propriété." nia Mr Bennet.

Il était heureux de passer du temps avec sa famille, il adorait son frère aîné, Patrick avait toujours gardé le contact avec lui, même après la dispute avec leur père, et même lorsqu'il était à l'étranger, bien que c'était plus difficile dans ce genre de cas. Il avait aussi maintenu un contact régulier avec son neveu Perseus, ainsi que Ménélas et Nestor. Quoiqu'il savait bien que pour les jumeaux, c'était nul doute leur gouvernante ou Pénélope qui rédigeaient les lettres, en tout cas jusqu'à récemment. Il était néanmoins plus proche de Perseus que des jumeaux, son neveu était plus réfléchi, aimait la littérature.

N'ayant pas eu de fils, sa relation avec Perseus était très importante à ses yeux. Et à présent qu'il était de retour en Angleterre, il espérait passer plus de temps avec lui, ou en tout cas avoir une correspondance plus assidue.

"Sommes-nous vraiment obligé de faire cela sur ces animaux ? Ne pourrions-nous pas prendre à la place un carrosse ? Lady Catherine de Bourg dans sa grande sagesse, utilise toujours un carrosse pour faire le tour du parc de Rosing, c'est bien plus digne." protesta Collins.

"Pour véritablement voir la terre, à cheval est le meilleur moyen. Tous les vrais propriétaires terriens vous le diront, et puis l'équitation est une activité de gentilhomme." répondit l'Amiral, d'un ton énervé.

Il était plus qu'un peu agacé par ce cousin, particulièrement vis à vis de ses réflexions constantes concernant Lady Catherine de Bourg. Le nom ne lui était pas étranger, mais cela ne lui revenait pas pour le moment, quoiqu'il n'avait pas le moins du monde envie de la rencontrer à présent. Elle avait véritablement l'air d'une mégère, qui semblait incapable de ne pas mettre son nez dans les affaires des gens. Elle semblait avoir l'air d'une femme insupportable qui avait un avis sur tout.

"Pour prendre les bonnes décisions sur les propriétés il faut les connaître." continua Perseus, une phrase qu'il avait entendu souvent dans sa vie.

Son père lui avait expliqué que la même chose pouvait être appliquée concernant les navires, il avait transmis un grand nombre de leçons de ce genre. Des leçons qui pouvaient être appliquées dans la Navy, autant que dans la gestion des propriétés. Son père avait certes été un Amiral, mais il n'avait pas oublié d'où il venait et il avait aussi toujours prévu de prendre sa retraite en achetant une propriété. Enfin jusqu'à ce que Perceval ne meure, faisant de l'Amiral un Comte et de Perseus un Vicomte.

Son père avait fait en sorte de transmettre un grand nombre de leçon et cela à tout ces enfants. Perseus avait reçu un grand nombre de leçon en compagnie de sa sœur Pénélope, afin qu'elle soit capable de tenir une propriété. Comme si elle choisissait de ne pas se marier et d'avoir sa propre propriété. Ou si jamais elle se mariait mais devenait veuve, ou si son mari était incapable de faire le nécessaire pour la propriété où ils vivaient. Ce n'était pas souhaitable, aucune de ses possibilités, enfin en dehors de celle où sa sœur ne se mariait pas. Il désirait vraiment que cela se réalise.

"Et puis l'équitation est une qualité nécessaire pour être un gentilhomme." poursuivit Perseus.

"Après si vous ne vous sentez pas capable, nous pouvons très bien comprendre. Un homme aussi pris que vous par le Seigneur et les dires de Lady Catherine, n'a clairement guère de temps pour s'entraîner à l'équitation." suggéra Mr Bennet.

Il n'avait pas particulièrement envie que leur cousin se joigne à eux, mais il n'avait pas pu ne pas l'inviter, cela aurait été bien trop grossier et il aurait été encore plus impossible après. Il espérait un peu réussir à trouver une solution pour régler la situation à l'amiable, il ne voulait pas que ses filles soient forcées de quitter leur maison. Même chose pour son épouse d'ailleurs, il en avait parlé avec son frère Phillips, et c'était faisable. Il savait que son frère aiderait, mais cela risquait d'être compliqué et long, il espérait donc pouvoir régler cela à l'amiable. Entre eux donc. Peut-être qu'en lui prouvant qu'il n'avait rien à faire comme un homme de la gentry...

"Non, mon cousin est trop gentil mais cela n'est point nécessaire, je suis un bon cavalier." dit Mr Collins, talonnant son cheval qui réagit de suite et fonça, droit sur Nestor et Ménélas qui étaient sur le chemin du cheval.