Voici le chapitre 3 ! Merci pour vos commentaires et votre temps de lecture ;)
Je le trouvais soudainement bien silencieux. Nous
marchâmes plusieurs minutes sans discuter, je décidais alors de ranger mon téléphone.
« Je vous laisse vérifier tout ça et j'espère que vous me laisserais une chance de vous expliquer
pourquoi j'ai tant besoin de vous. » Soupira-t-il simplement.
Je le vis lentement se dissoudre dans l'air et eut bien du mal à continuer ma route sans rester
contempler cet étrange phénomène.
Chapitre 3
Je me réveillais après une bonne nuit de sommeil. J'étais heureuse d'avoir retrouvé mon traitement et surtout, depuis une semaine, de ne pas avoir été dérangée par ces apparitions.
C'était le grand jour, je commençais mon nouveau poste chez Mills&Preston et c'est avec une bonne tasse de café que je prenais place derrière mon propre bureau dans une pièce mitoyenne à celle de ma boss. D'ici je pouvais la voir s'affairer sur son ordinateur et j'allumais le mien en souriant, je me sentais enfin adulte et responsable.
Cette première journée fila aussi rapidement que la semaine qui suivit, il m'avait fallu un certain temps pour m'acclimater et prendre un rythme de travail satisfaisant. Regina Mills était une sacrée avocate, j'avais pu assister à une audience et son talent était indéniable. Elle défendait ses clients avec force et conviction, la passion dans son travail était inspirante pour moi. Je n'étais surtout pas insensible à son charme et plus les jours passaient plus elle hantait mes nuits, j'en venais même à rougir bêtement quand elle s'adressait à moi. Un soir que l'on veillait tard au bureau, elle m'appela via l'intercom :
« Mademoiselle Swan ? M'interpella-t-elle de sa voix grave et sensuelle… Je pourrais l'écouter toute la journée. Souhaitez-vous manger un morceau en ma compagnie pendant que l'on boucle le dossier Julio ?
- Bien sûr. Répondis-je en pressant le bouton de retour. Je vais chercher quelque chose à nous mettre sous la dent. »
Avec un sourire béat, je posais un plateau-repas devant elle quelques minutes après. Elle me fit signe de m'asseoir en face d'elle et déballa son dîner.
« Merci de m'assister si tard Emma, je ne sais pas ce que je ferai sans vous. »
Elle m'observa rougir à son compliment puis se concentra sur sa nourriture. Chaque fois qu'elle prononçait mon prénom une chaleur m'envahissait.
« Je vous mets mal à l'aise ? Demanda-t-elle d'un ton presque professionnel.
- N-non, pas du tout. Balbutiais-je en baissant moi aussi la tête dans mon plat.
- J'ai l'impression que quand je prononce votre prénom vous rougissez instantanément, Em-ma. » Me répondit-elle en accentuant le « m » au milieu de celui-ci.
La réaction ne se fit pas attendre, mes joues étaient en feu et mon cerveau se mit en grève. Je levais le regard sur elle et fus frappée par la profondeur du sien. Est-ce qu'elle me draguait ? Ou était-elle simplement en train de se jouer de moi ? Confuse, j'esquissais un faible sourire.
« J'avoue être un peu troublée… Continuais-je dans ma confidence.
- Par moi ?
- Oui… » Dis-je sans réfléchir aux conséquences.
Elle me fixa d'une manière si intense, j'eus l'impression de flamber. Elle allait me répondre mais étais-je prête à l'entendre ? La sonnerie de son téléphone coupa court à mon casse-tête. J'étais soulagée et déçue à la fois. Elle décrochait nonchalamment le combiné et si j'avais été paranoïaque j'aurais juré avoir détecté un sourire sur ces appétissantes lèvres.
Des fourmis dans les jambes, je me levais alors pour jeter le reste de mon dîner et m'immobilisais pour contempler le trafic de nuit par l'immense baie vitrée. Son attention n'étant plus sur moi, je me détendais un peu.
Après tout j'étais jeune… Majeure certes, mais jeune et puis cette femme avait été mariée plusieurs années avec un homme, je devais calmer mes ardeurs et mon délire. J'avais eu mon lot de déceptions à cause de femmes hétéros qui ne mesuraient pas la portée de leur charme. Je l'écoutais répondre à son interlocuteur avec véhémence, cette fougue mêlée de contrôle et de charisme me faisait tourner la tête, il fallait que je rentre chez moi dormir, me morfondre, rêver d'elle… Allez ! Je prenais mon courage à deux mains mais au moment où je me retournais pour m'enfuir, je heurtais un corps. Je n'avais pas entendu qu'elle avait mis fin à sa discussion et qu'elle se tenait derrière moi.
« Est-ce que tout va bien ? » s'enquit-elle visiblement inquiète.
Tout en cherchant ma langue, je haussais les épaules et balbutiais quelques syllabes. Je devais être au top de ma performance quand je décidais de laisser tomber mon visage dans mes mains.
« Je suis simplement fatiguée. » Répondis-je en soupirant.
Elle posa une main sur mon épaule, sa proximité me dérangeait. Je la vis sourire à mon drôle de comportement puis s'éloigner de quelques pas.
« Rentrez chez vous Mademoiselle Swan. Vous ne pourrez pas m'aider si vous ne tenez pas
debout. »
J'étais estomaquée par son brusque changement de ton. Je voulais m'excuser et lui parler de ce qui me rongeait mais je décidais plutôt de partir en la remerciant.
Après m'être insultée tout le long de la route du retour. J'arrivais enfin chez moi, exaspérée et épuisée. Je me suis mise en tête d'en apprendre plus sur ma patronne, autant par curiosité que par nécessité. Il me fallait comprendre qui elle était pour savoir comment me placer en face d'elle. Je tapais donc son nom et prénom sur ce célèbre moteur de recherche, fouillais les liens qui retraçaient son parcours d'avocate et consultais la page qui expliquait la création de son cabinet. Même sur les photos elle semblait irrésistible… Bref, je me concentrais rapidement sur un article ventant les mérites de Mills&Preston ainsi que les qualités indiscutables de la co-associée Regina Mills. Le journaliste devait être un sacré fan ou être tombé autant sous son charme que moi car il ne tarissait pas d'éloges. Je me demandais même s'il n'en était pas tombé amoureux. Par curiosité, encore une fois, je fis défiler la page pour découvrir le nom de l'auteur et resta plantée sur ma chaise un moment : Robin de Locksley. Je l'avais presque oublié celui-là… Je me penchais donc sur lui cette fois-ci et sur son histoire avec Madame Mills. Il avait été un journaliste réputé alors sa vie était bien plus détaillée sur le net que celle de son ex-femme. Ils s'étaient rencontrés lors d'un gala de charité à Paris et ne s'étaient plus quittés. Je fis une rapide recherche pour trouver la date de leur engagement et découvris que leur mariage avait tout de même duré dix ans. En revanche, je n'avais trouvé nulle part l'âge exacte de ma patronne… Je l'imaginais plus jeune que lui, peut-être 34 ou 35 ans.
Au fil de ma recherche, j'en venais aux articles des confrères de M. Locksley. Tous peinés d'avoir perdu un collègue et ami (et je les cite) « si bienveillant ». Je cherchais ensuite les raisons de sa mort, histoire de recouper avec ce que l'Ombre m'avait confié.
Bizarrement je ne trouvais pas grand-chose à part quelques spéculations qui me laissaient pantoises. Notamment un lien s'intitulant « La vérité sur la mort du journaliste du TruthTime ! ». Mais en cliquant dessus je fus redirigée par cette fameuse et agaçante erreur 404. Je tapais alors des mots clefs en espérant en apprendre plus mais rien n'y fit. Je décidais alors d'aller me coucher afin de retrouver des forces pour affronter la journée du lendemain.
