C'est parti pour un 4ème chapitre, un peu plus long que le précédent ! Laissez des coms, c'est aussi ce qui aide à avancer ;)
Bizarrement je ne trouvais pas grand-chose à part quelques spéculations qui me laissaient pantoises. Notamment un lien s'intitulant « La vérité sur la mort du journaliste du TruthTime ! ». Mais en cliquant dessus je fus redirigée par cette fameuse et agaçante erreur 404. Je tapais alors des mots clefs en espérant en apprendre plus mais rien n'y fit. Je décidais alors d'aller me coucher afin de retrouver des forces pour affronter la journée du lendemain.
Je me retrouvais encore dans cette situation. Elle me barre le passage et se presse contre moi. Elle dégage une chaleur si enveloppante, je n'ose plus bouger. Une de ses mains se pose alors sur mon visage pour amener mes lèvres aux siennes et là… Je ne pourrais pas décrire l'émotion qui m'envahit, j'ai l'impression d'imploser, la sensation que le désir que je ressens pour elle me consume et qu'elle s'en nourrit. Elle m'embrasse comme je n'ai jamais été embrassée avant et me piège entre son corps et la porte de son bureau. Alors que je commence à laisser balader mes mains elle m'en empêche. Je suis totalement à sa merci et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'adore ça. À chaque fois, et je ne comprends pas comment, je me retrouve quasiment nue en une seconde, ses doigts laissent enfin mes mains libres pour se poser de chaque côté de ma taille et ramener mon bassin vers le sien. Ce geste est tellement autoritaire et sauvage que je finis par gémir et ne plus me défendre. Je suis à elle et elle le sait, elle s'écarte un peu de ma bouche et me sourit. Elle prend ensuite la direction de mon oreille et me murmure des mots que je ne comprends pas, je crois que c'est de l'espagnol mais peu importe. Elle dépose ensuite des baisers fiévreux dans mon cou et mes gémissements reprennent de plus belle, je n'entends plus que ça…
« Swan ? »
Ma tête se met à tourner, la scène se transforme en fumée et se dissipe devant moi. J'essaie de la retenir mais rien à faire, elle s'éloigne, rit puis disparaît…
« Swan ! » crie une voix qui m'est familière.
Je me réveillais en grognant. Qui avait osé me réveiller au milieu de mon fantasme ? J'ouvris les yeux et découvris un visage agacé juste au-dessus du mien. Alors que je sursautais, ma meilleure amie se mit à rire.
« Tu as vraiment une tête à faire peur Emma. Me dit-elle en se calmant. Tu t'es couchée tard ? Tu as rencontré quelqu'un ? En même temps vu les bruits que tu faisais dans ton sommeil je ne sais pas si tu en as besoin. »
Ruby avait la manie de débiter toutes ses pensées et réfléchir après. Elle continua un moment avant que je ne puisse en placer une.
« Ruby, stop s'il te plaît ! L'interrompais-je en levant une main vers elle. Je ne suis même pas encore totalement réveillée que tu me harcèles déjà.
- Eh ! C'est toi qui m'as donné les clefs de ton nouvel appart, tu savais à quoi t'attendre. » Répondit-elle en m'adressant un clin d'œil.
Visiblement non… Je me levais avec peine et remarquais qu'il ne me restait pas beaucoup de temps avant d'aller travailler.
« Je peux savoir ce que tu fais ici d'ailleurs ? Tu ne travaillais pas hier soir ? » lui demandais-je en baillant.
Ruby était l'une des barmaids les plus convoitées d'un bar de nuit du centre. Elle plaisait autant aux hommes qu'aux femmes et elle se laissait souvent tenter par des nuits sans lendemain. Elle était aussi et surtout la seule parmi mes ami(e)s à être au courant de mon passé psychiatrique.
« Je suis venue t'annoncer une grande nouvelle ! Me répondit-elle en sautillant comme un jeune chien fou. Devine, devine ! »
Dans un flou artistique, je la sondais patiemment mais n'étant pas capable de réfléchir je ne fis que semblant.
« Je ne sais pas… Je suppose que…
« Eddy vient vivre chez moi ! » Me coupa-t-elle avant même que l'idée ne me traverse l'esprit.
Elle souriait à s'en décrocher la mâchoire et à vrai dire, je n'osais pas lui livrer le fond de ma pensée.
« Tu sais que tu es censée attendre que je te soumette une proposition avant de me donner la bonne réponse ? »
Je préférais ironiser en préparant mon café plutôt que d'argumenter de si bon matin.
« Tu as l'air contrariée Emma, jalouse ?
- D'un homme qui préfère passer ses journées à la salle d'arcade ou à fumer des joints sur le parking de son boulot plutôt que prendre sa vie en main ? Non pas spécialement.
- Du fait que je ne serais plus disponible… »
Il était vrai qu'à une époque, Ruby et moi avions… Comment appeler ça… un arrangement quant à nos besoins sexuels. Mais cette époque me semblait déjà loin.
« Non. soupirais-je en évitant son regard.
- Oh toi… Tu ne me dis pas tout. Tu as l'attitude d'une personne qui est fatiguée de penser à une autre… Ça expliquerait aussi tes gémissements incessants pendant ton sommeil…
- Juste trop de boulot.
- C'est ça oui… À d'autres ! Allez racontes. Je suis sûre que tu as des nouvelles croustillantes.»
Je savais que je ne passerais pas au travers, je savais qu'elle voudrait savoir et ne me lâcherait pas le temps que je ne lui aurais pas craché le morceau. Une fois autour de la table et devant une tasse de café, je cédais et lui racontais tout ce qui m'était arrivé depuis mon emménagement et mon nouvel emploi à Mills&Preston. Plus mon histoire touchait à sa fin et plus son sourire était grand et je ne comprenais pas pourquoi. Quand j'eus fini, elle ponctua :
« Tu es amoureuse.
- Quoi ? Non, j'ai juste un coup de cœur pour ma patronne ça arrive à des tas d'autres gens.
- Tu es amoureuse.
- Tu l'as déjà dit ça.
- Tu en es raide dingue ! continua-t-elle avec un air plus que ravi.
- Et ça ce n'est qu'un synonyme…
- Enfin ! Emma Swan amoureuse d'un autre être humain. »
Je fronçais les sourcils en la toisant.
« Tu me prenais pour un robot ?
- Mais non, ne sois pas bête. Mais je veux la rencontrer, il faut vraiment que tu me la présentes !
- Et je dis quoi ? « Bonjour Madame Mills, je vous présente ma meilleure amie qui agit comme un chiot excité par un nonos depuis que je lui ai parlé de vous. »
- Hmmm… tu l'appelles Madame Mills…
- C'est tout ce que tu as retenu ? rétorquais-je déjà épuisée de ma journée à peine commencée.
Et oui je l'appelle par son nom de famille, comment veux-tu que je l'appelle ?
- Je ne sais pas. Répondait-elle en se levant de sa chaise. Ma beauté, mon amour, mon chaton… Maîtresse ? » Finit-elle en riant.
C'en était trop, je me levais pour donner une leçon à cette insolente. Je l'empoignais soudainement pour la jeter sur le canapé et la maintenir sur le dos. Elle riait encore et malgré les meilleures tortures que l'on apprend qu'en maternelle, elle ne semblait pas pouvoir s'arrêter. Je me retenais moi-même de partager son fou rire.
« Je ne suis pas amoureuse, c'est une veuve, hétéro, indépendante et forte. Elle ne me regarde pas du tout de cette façon.
- Mouais, fais-toi autant d'illusion que tu veux Swan. Arrivait-elle enfin à articuler. Moi je suis sûre que cette histoire promet de belles péripéties et je ne veux pas en manquer une miette !
- Pour ta peine je ne te dirais rien du tout.
- Donc il y aura bien quelque chose à en dire, tu l'avoues.
- Oui, enfin non… Raaaa, tu m'embrouilles. » Clamais-je en resserrant mes mains autour de ses poignets.
C'est alors que son regard devint charmeur et son sourire carnassier.
« On se fait une tournée d'adieux ? Me demanda-t-elle l'œil lubrique.
- Et ton Eddy ?
- Il faut toujours terminer ce que l'on a commencé.
- Et bien justement, je t'annonce que cette discussion est terminée. Concluais-je en me dégageant d'elle pour descendre du canapé.
- Tu vois, à une époque tu ne te serais jamais refusée à moi… »
Je fis semblant de ne rien entendre en m'enfermant dans la salle de bain. Je m'appuyais quelques instants contre la porte…
« Tu es amoureuse Swan ! » Lança-t-elle à l'autre bout de l'appartement avant d'en sortir.
Je ricanais de sa nouvelle lubie en m'avançant vers la douche. Au moins j'étais bel et bien réveillée.
J'arrivais au bureau le café de Mme Mills dans la main tout en tapotant sur mon téléphone quand je fus percuté par un collègue. Il s'excusa rapidement et alors que je levais enfin les yeux vers mon environnement, je constatais la nervosité de chacun. Le cabinet dégageait une ambiance sereine et professionnelle d'habitude, là on aurait pu croire qu'un loup avait été lâché dans la bergerie. Je m'avançais vers la source du problème et trouvais la porte du bureau de Madame Mills ouverte. Un homme tentait de se rapprocher d'elle avec un regard menaçant alors que la jolie rousse du couloir le retenait. L'homme semblait alcoolisé et incohérent :
« C'est toi qui l'as tué ! C'est de ta faute ! Tu as profité qu'il soit sur un lit d'hôpital. Il t'arrivera la même chose Regina, j'arriverai à te faire payer.
- Calme toi Will ! Rentre chez toi ou j'appelle la police. Lui lança la secrétaire qui jouait les gardes du corps tout en collant le combiné du téléphone à son oreille.
- Ne me dite pas ce que je dois faire ! Je le sais déjà et toi… Dit-il en pointant son doigt vers l'avocate. … Toi tu vas le regretter. »
Je restais interloquée par la fureur du bougre. Finalement c'était une chance qu'il soit imbibé à ce point à 9h du matin, je n'aurais pas donné cher de ma patronne ni de la secrétaire… Ce qui me frappa le plus c'est le visage de Madame Mills. Elle ne se défendait pas, n'appelait pas à l'aide non plus, elle semblait simplement terrifiée. Ce n'est pas tant le risque d'être brutalisée que d'entendre ce qu'il avait à dire, il l'a mettait à terre par les mots. J'écoutais attentivement les propos de l'ivrogne puis décidait d'intervenir. Après tout je n'avais pas fait 6 ans de self-défense pour rien… Je posais mon café et mon téléphone sur une table dans le couloir puis empoigna fermement le bras droit du dénommé Will pour le lui replier un peu violemment dans le dos. Je l'emmenais ensuite vers l'arrière jusque dans le couloir pour le plaquer au mur.
« Allez-vous-en, ne soyez pas stupide… Vous agressez une avocate dans ses propres bureaux devant témoins…
- J'agresse un monstre, elle a tué mon meilleur ami. Me répondait-il la joue écrasée contre le mur.
- Ce sont de graves accusations.
- Je sais ce que je dis… Robin aurait pu s'en sortir mais elle l'a achevé. » Finit-il en sanglotant.
La secrétaire arrivait enfin à joindre les urgences mais Madame Mills lui prit le téléphone des mains pour raccrocher. La rousse, surprise, lui adressa un regard interrogateur. Alors que l'homme se calmait, je le relâchais petit à petit. Il se redressa lentement et en se retournant ses yeux se fixèrent sur son ennemie.
« J'arriverai à le prouver Regina, quitte à ce que je tombe avec toi. »
Elle ne lui répondait toujours pas, il tourna les talons et s'enfuit.
« Tu veux que je reste avec toi ? Lui demanda la rousse visiblement plus proche d'elle que je ne le pensais.
- Non Zelena, retourne à ton poste, merci de ton aide. »
Elle me fit signe de la suivre dans son bureau et je m'exécutais en récupérant mes affaires. Elle se cala sur sa chaise en soupirant et alors que je posais son café devant elle, elle me dévisagea en souriant légèrement. Je ne savais plus où me mettre, il fallait que je dise quelque chose…
« Votre café… Commençais-je timidement
- Merci Emma…
- J-je pense qu'il est froid maintenant… Je suis désolée.
- Je ne parle pas du café. Merci de votre intervention avec Will.
- Oh, ça ? C'était superflu, je pense que… Hésitais-je soudainement, faisant l'effort de me rappeler du prénom de la secrétaire entendu pour la première fois il y a quelques minutes devant ce bureau.
- Zelena ?
- Oui, pardon je n'ai pas la mémoire des noms… Je pense qu'elle avait les choses en main.
- Et modeste avec ça… »
Je n'arrivais décidément pas à lire sur son visage. Elle me souriait encore et son regard me transperçait littéralement mais je n'arrivais pas à comprendre ce qui pouvait se passer dans cette jolie tête brune. Je lui rendis son sourire puis me dirigea vers mon propre bureau. Je m'asseyais à mon poste en me demandant ce que ce Will avait pu vouloir dire. Pourquoi n'avait-elle pas riposté ? Que voulait dire toute cette histoire ? Je savais que rien de tout ça ne me regardait mais c'était plus fort que moi. J'avais sincèrement envie d'aider cette femme… Je la regardais assise à son bureau, les yeux dans le vide…
Elle avait l'air si triste. Je me levais à nouveau pour la rejoindre...
