Chapitre 5 ! Plus court cette fois, désolée ;) merci pour vos coms qui me font toujours grandement plaisir et m'aide à continuer !
Je n'arrivais décidément pas à lire sur son visage. Elle me souriait encore et son regard me transperçait littéralement mais je n'arrivais pas à comprendre ce qui pouvait se passer dans cette jolie tête brune. Je lui rendis son sourire puis me dirigea vers mon propre bureau. Je m'asseyais à mon poste en me demandant ce que ce Will avait pu vouloir dire. Pourquoi n'avait-elle pas riposté ? Que voulait dire toute cette histoire ? Je savais que rien de tout ça ne me regardait mais c'était plus fort que moi. J'avais sincèrement envie d'aider cette femme… Je la regardais assise à son bureau, les yeux dans le vide… Elle avait l'air si triste. Je me levais à nouveau pour la rejoindre.
« Vous avez besoin de quelque chose Madame Mills ? »
De parler peut-être ? Pensais-je sans oser le prononcer. Elle mit un certain temps à sortir de sa rêverie mais quand elle le fit sa tête changea du tout au tout. Elle replaça son masque de patronne responsable et dure avant de se lever à son tour.
« Non merci Mademoiselle Swan. J'ai une audience dans trente minutes, je dois y aller.
- Bien… Répondis-je simplement en la regardant rassembler ses affaires.
- J'aimerais par contre que vous restiez un peu plus tard ce soir. Nous reprendrons le dossier Julio. Êtes-vous disponible ou avez-vous des projets pour la soirée ?
- Non, non je serais tout à v- enfin je serais disponible ce soir.. Madame… Mills »
Je fermais les yeux fermement en lui tournant le dos. Je ne comprenais pas mon manque d'assurance et mes bafouillages. J'avais toujours été sûre de moi et peu impressionnable, cette femme aurait ma perte. J'entendis la porte de son bureau se fermer et je soufflais enfin. Soudain, au milieu d'une nouvelle et profonde inspiration la jolie secrétaire, enfin Zelena maintenant que je le savais, passa la tête par l'entrebâillement de la mienne :
« Emma ?
- Hm ?
- Ça te dirait de manger avec moi ce midi ? »
Un peu perdue au début je sautais sur l'occasion pour apprendre à connaître un peu mieux celle que je croisais tous les jours dans le couloir sans jamais y prêter une réelle attention. Je souriais donc en acquiesçant.
« Super ! Je viendrais te sortir la tête de tes dossiers » Me répondit-elle avec un clin d'œil.
Une fois Zelena partie je me demandais quel genre de relation elle pouvait entretenir avec Madame Mills. La rousse était la seule employée qu'elle tutoyait, non par élitisme mais plutôt par amitié si je m'en fiais à mon instinct.
Je me plongeais toute la matinée dans les dossiers et fus parfois choquée des peines encourues en fonction des crimes. J'en trouvais d'ailleurs certains qui étaient condamnés à 5 ou 6 ans de prison pour homicide et d'autres à 10 ou 15 ans pour un simple vol à l'étalage, avec récidive certes, mais tout de même. J'étais d'ailleurs particulièrement concentrée sur une affaire datant de 10 ans quand on toqua à ma porte. Personne ne frappait à ma porte d'habitude, je ne savais pas si c'était le fait d'être une simple assistante mais en règle générale les autres avocats ne se donnaient pas la peine de m'avertir avant d'entrer. La porte s'ouvrit sur une Zelena tout sourire qui vint se planter devant mon bureau.
« On y va ? Je meurs de faim, blondie. »
Blondie ? … Dans la bouche de n'importe qui ce sobriquet aurait pu être déplacé mais je la soupçonnais d'être aussi cynique que sarcastique dans ses rapports à l'autre. Je me contentais donc de lui sourire en me levant.
Au 25ème étage de la tour, se trouvait la cafétéria et je me suis senti bien bête de ne pas m'être renseignée sur ce fait. Tous les midis, je sortais du cabinet pour manger dans le petit restaurant d'en face ou prenais un sandwich à la sauvette dans mes jours les plus chargés. Je suivais Zelena qui elle, connaissait le chemin par cœur. Nous prîmes place à une table l'une en face de l'autre après avoir choisi notre déjeuner. Au début, le silence devenait pesant et mon malaise flagrant. Elle souriait en me regardant chercher un thème à aborder.
« Tu te demandes pourquoi je t'ai invité à déjeuner je parie… Finit-elle par me dire entre deux bouchées.
- J'avoue être intriguée, effectivement.
- Je voulais que l'on parle de ce matin.
- L'altercation ?
- Oui… J'aimerais que tu n'ébruites pas cette affaire.
- Évidemment. Rétorquais-je un peu vexée.
- Je n'insinue pas que tu pourrais en parler autour de toi, je préfère simplement te prévenir. C'est un sujet assez sensible ici et je sais que Regina ne le fera pas.
- Me prévenir de quoi ? » Lui demandais-je soudainement intriguée.
Elle me sourit en posant sa fourchette comme pour se concentrer sur son histoire.
« J'ai besoin de toi Emma… »
Décidément, c'était la saison…
« Je t'écoute, si je peux aider ce sera avec plaisir. »
Elle jaugea un moment mon regard, je supposais qu'elle avait besoin de temps pour décider si oui ou non elle me ferait confiance.
« Ce que je vais te dire doit rester entre nous, c'est important. Regina ne doit jamais savoir que je t'en ai parlé.
- Ok. Répondais-je simplement en posant moi aussi mes couverts.
- L'homme que tu as vu ce matin s'appelle Will Scarlet. C'était le meilleur ami de Robin. Elle t'a déjà parlé d'eux ?
- Non, elle ne se confie pas vraiment à moi, je ne suis que son assistante…
- Robin était le mari de Regina. Il est mort il y a quelques temps déjà. »
Je feignais alors la surprise me gardant bien de lui dire que je m'étais déjà renseignée. Elle continua alors :
« Il a succombé à un AVC après des semaines de souffrance, l'attaque n'a pas été fatale mais il demeurait à moitié paralysé.
- Si ce n'est pas l'AVC qui l'a tué pourquoi est-il mort ? Osais-je demander ravis d'en savoir plus sur cette affaire.
- Les médecins n'ont jamais su l'expliquer, il aurait dû survivre. Il aurait eu besoin d'assistance et d'un fauteuil roulant toute sa vie mais sa vie n'était plus en danger. »
Elle fit une pause dans son récit, prit une gorgée d'eau puis continua :
« Will ne s'en est jamais remis, il est persuadé que Regina a quelque chose à voir avec sa mort et ne cesse de la harceler depuis ce jour. Il s'est mis à boire et a perdu son travail, sa famille, sa santé mentale… Bref, ce n'est plus que l'ombre de lui-même et bien que ma sœur ait fais son deuil, cette histoire la hante. »
Sa sœur ? Je comprenais enfin la nature de la relation qui la liait à ma boss et me trouvais étonnamment soulagée.
« Et qu'attends-tu de moi ? Lui demandais-je en digérant ce que je venais d'entendre.
- J'aimerais simplement que tu gardes un œil sur elle. En tant qu'assistante tu seras amenée à passer beaucoup de temps avec elle et j'ai peur qu'il la suive, qu'il lui fasse du mal ou je ne sais quoi d'autre. »
Je comprenais ses inquiétudes mais j'avais aussi conscience de mes limites, je ne pourrais garder un œil sur elle qu'au boulot et ça laissait pas mal de temps de libre pour qu'un malheur arrive. Je lui fis part de mes doutes et elle finit par me supplier de faire mon possible. J'accédais alors à sa requête et nous retournâmes à nos postes respectifs.
À la fin de la journée je fus particulièrement contente de rentrer chez moi pour réfléchir à tout cela. Je commençais à sérieusement me demander si mes « hallucinations » n'étaient pas la clef. Elles ne pouvaient pas être de simple inventions de mon imagination et pour preuve tout ce que m'avait dit l'Ombre était vrai… J'avais encore du mal à réaliser. Je décidais alors sur un coup de tête de sauter la prise de mes médicaments du soir et de me confronter à Robin une nouvelle fois. Après tout j'avais mon samedi et dimanche de libre, j'aurais donc toute le week-end pour m'en remettre. Assise dans mon fauteuil, je fixais à présent la boite contenant les pilules en priant pour ne pas avoir pris la mauvaise décision.
