Bonjour à toutes et tous ! Me revoilà pour le chapitre 6, en espérant qu'il vous plaise. Merci encore à ma Beta Reader EvilChachouuu et à vous pour vos coms !


J'avais encore du mal à réaliser. Je décidais alors sur un coup de

tête de sauter la prise de mes médicaments du soir et de me confronter à Robin une nouvelle fois.

Après tout j'avais mon samedi et dimanche de libre, j'aurais donc toute le week-end pour m'en

remettre. Assise dans mon fauteuil, je fixais à présent la boite contenant les pilules en priant pour ne pas avoir pris la mauvaise décision.


Je me réveillais en pleine nuit toujours sur ce même canapé. Il faut croire que j'avais sous-estimé mon taux de fatigue. Je décidais de prendre une douche et de me coucher, il faudrait plus de temps pour que les médicaments cessent totalement leur effet.
Alors que je repensais à ma discussion avec Zelena, j'entendis chanter. Toujours cette même mélodie entêtante, je ne me souvenais plus d'où elle venait mais j'étais persuadée qu'elle provenait de mon enfance. J'ouvris le rideau de la douche avec prudence, à la manière des films d'horreur, quand je vis un homme se tenir juste derrière. Je fis un tel bond que je glissais en emportant le rideau avec moi. En comprenant que ce n'était que ce fameux Robin, je croisais les doigts pour que les voisins n'aient pas sauté sur le téléphone pour appeler la police en entendant le cri perçant sorti de mes tripes.

« Désolé, je ne voulais pas vous faire peur. Commença l'Ombre visiblement peinée de ma chute. Je me demandais quand vous finiriez par me voir.
- Parce que ça fait longtemps que vous m'espionnez quand je suis sous la douche ?
Demandais-je en me relevant péniblement.

- Non évidemment, je vous ai simplement vu hésiter devant votre boite de médicaments et je me suis dit que j'allais rester dans le coin...
- Eh ben vous avez bien fait... »
Répondis-je ironiquement.

Tout en gardant le rideau de douche contre moi je le priais de sortir de ma salle de bain. Il acquiesça et me laissa le temps de me préparer en se vautrant sur mon canapé. Je revenais avec une question que je m'étais toujours posée :

« Dites... Vous ne pouvez rien toucher mais vous pouvez quand même marcher sur le sol et vous asseoir sans tomber, vous expliquez ça comment ? »

Il me regardait alors en écarquillant les yeux, je pense qu'il trouva ma question aussi bête qu'inutile. Il se contenta de me sourire au bout d'un moment, je n'insistais pas.

« Alors, vous aviez quelque chose à me dire je crois. Maintenant je suis prête à l'entendre. »

Je m'installais de nouveau sur mon fauteuil après l'avoir placé en face de lui.

« Je suis content que vous ayez enfin pris conscience de votre don Emma...
- Oula ! Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas encore totalement sûre de ne pas être bonne pour l'hospice à nouveau mais disons que je vous laisse... Enfin, je me laisse le bénéfice du doute. »

Il sembla particulièrement heureux de cette réponse et se redressa en prenant un air sérieux.

« Je vais vous expliquer pourquoi je suis là et à quoi nous servons.
- Nous ?
- Oui, nous, les Ombres.

- Ah oui. Répondis-je, pas tout à fait remise de ma sieste. Je vous écoute.
- Pour devenir une Ombre, il faut impérativement que deux conditions soient réunies ...
- Mourir, pour commencer.
L'interrompais-je en ricanant.
- Ne plaisantez pas Emma, ce que je vais vous révéler est très important. »

J'ôtais ce sourire de mes lèvres et me concentrais de nouveau sur mon interlocuteur.

« Mourir n'est finalement pas la clef. Il faut qu'une personne vous accompagne au moment de votre mort, quelqu'un qui... »

Il hésita et je crus un moment qu'il se mettrait à pleurer. Je décidais de ne pas intervenir, je n'avais que le sarcasme pour me défendre et ce n'était clairement pas le moment.

« Quelqu'un qui vous tient la main alors que votre âme quitte votre corps. » finit-il avec peine.

J'en concluais que les émotions de sa propre mort et le souvenir de sa femme à ses côtés le submergeaient. Mal à l'aise, je fixais mes doigts tout en réfléchissant.

« Mais si l'on devient un fantôme de cette manière...
-... Une Ombre.
Reprit-il un peu agacé. Ce n'est pas tout, cette personne devient votre point d'ancrage. Elle peut vous retenir ici avec cette dernière condition »

Je le sentais de nouveau nerveux, il se leva pour parcourir la pièce.

« Elle doit être en danger.
- Comment ça en danger ?
- En danger de mort !
Me lâcha-t-il comme si la réponse avait été évidente.
- Attendez... Dis-je en me redressant. Je ne veux pas vous dévoiler l'un des merveilleux secrets de l'être humain mais... On meurt tous un jour. Chaque personne qui tient la main d'un mourant va lui-même mourir.

- Merci Emma... Me répondit-il avec ironie. Je vous parle d'un danger plus brutal, le risque d'une mort violente et douloureuse.
- Ok... Et au moment de votre décès votre « mission » est d'éviter à cette personne de mourir à son tour ?

- Oui, enfin lui éviter de mourir dans d'affreuses souffrances alors que son heure n'est pas venue, si vous préférez.
- Vous devenez un ange gardien en somme...
- C'est un peu ça. »
Me répondit-il en levant un sourcil, n'ayant pas pensé à cette représentation avant.

Un silence confortable s'installa dans la pièce. Il se rassit devant moi en attendant que le flot d'informations qu'il venait de me lancer à la figure fassent son chemin.

« Donc, récapitulons. Repris-je plus sérieusement. Pour devenir l'être que vous êtes, il faut mourir en ayant quelqu'un à notre chevet dont les jours sont eux-mêmes comptés ?
- C'est cela, à court ou moyen terme en tout cas.
- Mais... Vous êtes mort depuis trois ans... »

Il se contenta de hocher la tête en me regardant tristement.

« Cela fait trois ans que vous vous battez pour qu'il n'arrive rien à Madame Mills ?
- Appelez-la Regina avec moi s'il vous plaît... Le fait qu'elle n'ait jamais voulu porter mon nom me tue. »

Je riais à sa blague mais en voyant son visage interrogateur je compris que ce n'en était pas une. Il n'avait simplement pas fait attention à sa formulation. Je me raclais la gorge en baissant les yeux puis tenta de passer à autre chose :

« Trois ans, cela semble être du long terme pour moi...
- Je ne sais pas vraiment, disons que je connais les règles générales mais pas les détails.
- Vous n'avez pas de « manuel de la parfaite petite Ombre » ?
Ironisais-je en supprimant rapidement mon sourire devant son implacable sérieux.
- Désolé de vous décevoir mais non.
- Vous savez d'où provient le danger ? Au moins un indice ?
- Je soupçonne Will...
- Will Scarlett ? L'homme qui l'a agressé ?
- Oui, d'ailleurs j'ai vu votre manière de la défendre et j'ai adoré !
Me confit-il, fier de moi.
- Merci... Je crois... Répondis-je simplement.
- Will s'est mis en tête qu'elle m'a froidement assassiné.
- J'ai entendu dire... Mais pourquoi le pense-t-il ?
- Ça c'est une autre histoire Emma, mais ce n'est pas l'important... Il faut que vous arriviez à le calmer, à lui faire abandonner sa vengeance. Regina est quelqu'un de bien, elle ne mérite pas de finir sous ses coups. »

Que j'arrive à le calmer ? Je me sentais soudainement piégée. Je n'avais aucune envie de m'embarquer dans une telle histoire, aussi réelle soit-elle.

« Pourquoi moi ? Demandais-je comme une enfant que l'on oblige à faire ses corvées. Je connais à peine Madame M... Enfin Regina ! Je ne vois pas comment je pourrais m'immiscer dans sa vie que ce soit pour la sauver ou pour...
- La courtiser ?
Finit-il ma phrase alors même que l'idée ne m'avait pas traversé l'esprit, enfin presque pas...
- Quoi ?
- Je vous ai vu la regarder... Vous êtes littéralement sous son charme.
- J-je... Non je ne suis pas du tout... sous son charme. »

Il pencha la tête légèrement sur le côté et alors qu'il me transperçait du regard, je compris que je ne pouvais pas lui mentir. Il savait.

« Je suis désolée. Dis-je tristement.
- Pourquoi ?
- C'est tout de même votre femme, ça ne doit pas être facile de voir d'autres personnes baver devant. »
Répondis-je en réalisant ensuite mon erreur.

Ma formulation n'était clairement pas la bonne, avouer à l'ex-mari que l'on « bave » carrément devant son ex-femme était peut-être mal calculé. Il me sourit alors en reprenant place devant moi.

« Vous êtes quelqu'un de spécial Emma. »

Il fit le geste de poser les mains sur les miennes et même si je ne pouvais pas le sentir, l'acte était lourd de sens.

« Vous avez été choisie parce que vous vivez dans le monde des vivants mais vous voyez aussi celui des morts. Vous êtes ce que l'on appelle une « Sauveuse » et vous avez la dure mission d'aider les Ombres dans leur tâche. Vous avez remarqué que je ne pouvais rien influencer dans votre réalité, j'ai besoin de vous. »

Je restais quelques minutes interloquée. Il avait été si prudent pour me dévoiler une partie de la vérité et là j'avais l'impression qu'il précipitait les choses. Il fallait le comprendre, sa femme risquait sa vie à tout moment et personne d'autre ne pouvait entendre son SOS.

Je restais silencieuse en regardant nos mains presque jointes. Je remarquais alors une petite source lumineuse sur le dos de sa main gauche. Un point, non, un losange semblait-il. Quand il comprit ce qui m'intriguait autant, il pointa cette marque étincelante :

Un cadeau quand on devient une Ombre, à en juger par son éclat de plus en plus intense, je suppose qu'il me reste peu de temps... »
Je n'arrivais pas à en détacher les yeux, c'était une lumière chaude hypnotisante. Étant donné son emplacement près du poignet, il n'eut aucun mal à la cacher sous sa manche. Je clignais des yeux en le fixant à nouveau.

« Une Ombre qui fait de la lumière, on aura tout vu. » Plaisantais-je en me levant.

Il se mit alors à rire et c'était bien la première fois que je l'entendais se laisser aller à ce point. C'est à ce moment précis que je décidais d'aider cet homme.