Le chapitre 7 est là cher lectreurs(trices) ! Merci de votre lectures et de vos commentaires !


Je n'arrivais pas à en détacher les yeux, c'était une lumière chaude hypnotisante. Etant donné son emplacement près du poignet, il n'eut aucun mal à la cacher sous sa manche. Je clignais des yeux en le fixant à nouveau.

« Une Ombre qui fait de la lumière, on aura tout vu. » Plaisantais-je en me levant.

Il se mit alors à rire et c'était bien la première fois que je l'entendais se lâcher à ce point. C'est à ce moment précis où je décidais d'aider cet homme.


Le reste de mon week-end se passa sans encombre, malgré ma décision de stopper mon traitement. Je ne sortis pas de chez moi, préférant prendre le temps de réfléchir à la situation et à son hypothétique solution. Je fis quelques recherches sur Will Scarlett et je fus tentée de me rendre directement à son domicile pour discuter. Seulement, je n'avais pas la moindre idée de comment engager une conversation si épineuse.

Le lundi suivant, je me retrouvais donc à mon bureau, étonnée d'être la première arrivée. Regina n'avait pas encore passé la porte et ce n'était pas son habitude. Au bout d'une heure, je me tournais vers la seule personne qui la côtoyait en dehors.

« Zelena ?

- Hm ? Me répondit-elle visiblement perdue dans ses papiers.

- Madame Mills n'est toujours pas dans son bureau, tu as des nouvelles ?
- Elle avait une audience tôt ce matin, elle sera là dans peu de temps je pense. »
Sa propre sœur n'étant nullement inquiète je retournais à mes dossiers. Quand l'heure du midi arriva, son absence me préoccupa de nouveau. Je prenais place à coté de la rousse après avoir chargé mon plateau-repas de nourriture que je ne mangerais sûrement pas et je remarquai qu'elle aussi semblait nerveuse.

« Je n'ai pas de nouvelle. Me confia-t-elle aussitôt.
- De Regina ?
- Oui...
- Elle avait peut-être un déjeuner d'affaires... » tentais-je sans grande conviction.

Elle sauta sur cette excuse pour souffler un peu et finir son repas. Contrairement à elle, une boule avait élu domicile dans mon estomac et ne cessait de grossir de minute en minute. J'avais pris le risque de ne pas prendre mes cachets encore ce matin et cherchais donc Robin du regard. Peut-être viendrait-il me chercher si un malheur était sur le point d'arriver, après tout il pouvait la suivre où qu'elle soit.

Cette idée me rassurait un peu mais je décidais tout de même de partir à la recherche de ma patronne. Je me rendais rapidement au tribunal où son audience avait eu lieu le matin même et je me renseignais auprès de tous ceux qui auraient pu la croiser mais sans succès. Personne ne l'avait vu ce matin-là et je commençais à me demander si elle y avait réellement mis les pieds. Je remontais dans ma voiture plus démoralisée encore qu'avant. Je sortais mon portable de ma poche et sans réponse à mon quatrième appel de la journée, ma dernière option était de me rendre directement à son domicile, j'aviserai sur le moment.

Je connaissais l'adresse de ma patronne mais ne m'étais jamais aventurée jusque-là. Elle vivait dans une maison d'apparence luxueuse avec une belle palissade, un beau jardin, une belle façade avec de grandes fenêtres ; en bref la maison de mes rêves. J'hésitais un moment avant de sortir de ma petite voiture et de me diriger vers le portail. Le terrain autour de la maison était bien plus grand qu'au premier abord et j'étais de plus en plus impressionnée par cette maison aux allures de manoir une fois plantée devant la grande porte.

« Elle l'a acheté juste après ma mort. » Me dit l'Ombre alors que je frôlais la crise cardiaque.

Je me retournais d'un bond en tenant une main sur ma poitrine.

« Il va vraiment falloir arrêter d'apparaître sans prévenir comme ça. Chuchotais-je en me rappelant que je parlais à une Ombre.
- Je n'aurai jamais acheté une maison comme celle-ci. Continuait-il imperturbable. Vous savez, avant d'être journaliste je vivais la plupart du temps en forêt. Je préférais rester seul que dans ce monde de consommation et de confort.
- Vous avez changé de mode de vie pour elle ? Comme c'est romantique... »

Je haussais les sourcils en m'essayant sur les marches du perron pour me remettre de ma frayeur.

« Pas du tout. Je suis sortie de ma forêt pour dénoncer un magna de l'immobilier qui voulait tout raser pour construire un immense centre commercial. Continua-t-il en me rejoignant. Finalement j'ai réussi à prouver qu'il détournait des fonds de ses sociétés et qu'il engageait des étrangers en les payant une misère.
- Et la forêt fut sauvée... Finis-je en m'appuyant contre la porte.
- Oui, et ce fut grâce à Regina en grosse partie. Un petit emmerdeur comme moi n'aurait jamais pu faire condamner un grand patron comme lui. Il avait une armée d'avocats reconnus et plus que bien payés... Mais elle les a taillé en pièces. Je me souviens avoir assisté à l'audience et m'être dit « j'épouserai cette femme ».
- Et c'est ce que vous avez fait.
- Oui, quelques mois après nous étions fiancés, tout est allé si vite. Concluait-il en regardant l'horizon. »

Nous restâmes un moment silencieux quand soudainement la porte supportant mon dos se déroba. Je tombais de tout mon poids sur le sol dur, à moitié dehors à moitié dedans. Je fermais les yeux sous la douleur et en les rouvrant je fus confrontée à une Regina particulièrement remontée.

« Mademoiselle Swan... Pouvez-vous m'expliquer votre présence sur le pas de ma porte à parler au vent ? Me demandait-elle en croisant fermement les bras devant elle.

«Je... À vrai dire non... Répondais-je en me relevant.
- Non ?
- Enfin si, je m'inquiétais... Vous ne répondiez pas au téléphone, vous n'êtes pas allée à votre audience ce matin...
- Et donc vous vous êtes transformée en garante de caution pour me traquer et m'amener en prison ?

-...
- Parce que je suppose que prendre une journée de repos est interdit par la loi ?
- Non... bien sûr... j'ai juste pensé qu'étant votre assistante je serais la première au courant si vous aviez pris votre journée. »

Elle resta muette à me fusiller du regard et je la trouvais aussi impressionnante qu'attirante. Devant un tel silence, je me retournais pour partir quand elle m'interpella :

« Mademoiselle Swan. Maintenant que vous êtes là... » Me dit-elle en m'invitant d'un geste à entrer.

Je m'exécutais alors et pénétrais dans l'immense demeure de l'avocate. Visiblement elle avait un goût prononcé pour l'art et la décoration, bien que l'ensemble manquait un peu de couleurs. Elle me mena jusqu'au salon puis dans ce qui me paraissait être un bureau, avec de grandes bibliothèques pleines de livres.

« Vous souhaitez quelque chose à boire ?
- Un café je veux bien, merci. »

Je n'avais pas eu ma dose ce matin et la fatigue se faisait peu à peu ressentir. Elle esquissa un sourire avant de tourner les talons... Des talons de dix centimètres au moins, remarquais-je en laissant mes yeux se balader sur sa silhouette avant qu'elle ne disparaisse dans une autre pièce. En attendant son retour, je détaillais un peu plus mon environnement rempli de bouquins. Des romans pour la plupart, mais aussi des encyclopédies, des manuels, des livres de codes et articles de lois. Ce qui me frappait le plus était la diversité des langues de sa collection. Du Français, de l'Anglais, du Russe, du... Chinois sûrement... au vu des étranges petits bâtons collés les uns aux autres en guise de lettre. Je me demandais si elle était réellement capable de lire toutes ces langues... J'étais particulièrement impressionnée. Je n'eus pas plus de temps pour continuer mon investigation, Regina revint avec deux tasses et les posa sur une petite table basse.

« Asseyez-vous Mademoiselle Swan. »

J'obéissais volontiers en me laissant glisser sur le canapé pour lui laisser une place.

« Bien, maintenant que vous êtes là, expliquez-moi ce qui ne va pas. Me dit-elle en prenant une légère gorgée de son café.
- Ce qui ne va pas ? Demandais-je perdue.
- Vous me cherchiez partout, il y avait sûrement une raison non ?
- En fait, j'étais simplement inquiète de ne pas avoir de vos nouvelles.
- Vous savez... Commença-t-elle en posant sa tasse délicatement. J'ai une mère pour ça, je n'ai pas besoin d'un autre chaperon.

- Pardonnez-moi, je ne voulais pas dépasser mes attributions.
- Vos attributions n'étant pas réellement définies, je ne vous en tiendrais pas rigueur mais sachez que je suis une grande personne qui sait prendre soin d'elle et qui parfois, dans de rares cas, décide de prendre une journée ou deux de repos. Surtout avec le voyage qui nous attend dans deux jours. »

Je terminais mon café en lui adressant un regard étonné.

« Le voyage ?
- Vous ne lisez pas vos notes de service Emma ? »

Je suppose que ses lèvres en mouvement me sermonnaient encore alors que mon esprit restait malgré lui bloqué sur sa prononciation de mon prénom.

« Nous devrons voyager trois heures en avions puis nous devrons assister à une réunion à peine le pied posé à terre. Finit-elle en soupirant, visiblement fatiguée d'avance.
- Une réunion à trois heures d'ici ? »

Je connaissais ce regard, et je n'appréciais pas vraiment de le recevoir de tant de personnes différentes en si peu de temps. Le regard : « mais elle est si blonde que ça ? » me collait aux talons ces jours-ci et je devais vite me reprendre en mains si je ne voulais pas pointer au chômage. Je m'excusais donc et elle entreprit de m'expliquer de nouveau. J'avais effectivement loupé l'information primordiale du mois, à savoir une convention des avocats sur le thème de l'environnement et les nouvelles législations qui en découlent.

« Nous partons mercredi matin et restons sur place huit jours dans l'hôtel le plus proche de la salle des congrès. »

J'avais toujours eu peur de l'avions, alors je la trouvais encore plus belle et courageuse d'entreprendre un tel voyage sans angoisser. Je lui posais quelques questions sur cette convention et son utilité et en contrepartie elle me faisait la morale sur mon manque d'intérêt pour les notes de service. Nous discutâmes une bonne heure encore et je fus surprise par la facilité avec laquelle nous trouvions des sujets de discussions et des points communs. Après une argumentation plus que passionnée sur le droit des femmes dans le monde du travail et notamment dans les postes à responsabilités, nous restâmes à nous regarder sans un mot. Simplement étonnées d'avoir trouvé en l'autre, une interlocutrice si captivante. C'est alors que je ressentis l'irrésistible envie de me rapprocher. Je ne pouvais cependant pas prendre un tel risque sans détecter un signe de son côté et n'étant pas sûre d'avoir totalement compris le fonctionnement de Regina, je renonçais à ma folie. Je me levais donc en la remerciant et elle me raccompagna à la porte. Je m'arrêtais pour lui souhaiter bon voyage si elle ne repassait pas par le bureau avant deux jours et elle se mit à me sourire.

Évidemment, mon cœur manqua deux ou trois battements à ce simple fait, puis cessa totalement de battre à sa réponse :

« Mais vous venez avec moi belle assistante. Emmenez un maillot, il y a une belle piscine chauffée dans l'hôtel. »

Sur cette déclaration retentissante, elle me lança un clin d'œil et referma la porte quasiment sur mon nez.