Chapitre 11 et 12 déjà là pour me faire pardonner de la coupure sèche et frustrante du dernier chapitre (même si c'était fait pour :p). Malgré ça je ne suis pas sûre de ne pas me faire jeter la pierre quand vous lirez ceux-ci ! Je prends le risque ! Merci de votre lecture et de vos commentaires que j'aime toujours autant découvrir.


Je remplaçais rapidement la couverture qui lui collait à la peau par mon corps alors que notre baisé s'enflammait. Je l'entendis gémir à plusieurs reprise, ou bien c'était moi… Impossible de mobiliser assez de sang au cerveau pour l'irriguer et faire fonctionner mes neurones. Je me tenais donc au dessus d'elle, une jambe entre les siennes et je n'avais jamais connu de situation plus sensuelle. Consciente que ma cuisse passait régulièrement contre son entre-jambe, je l'embrassais de plus bel en la maintenant contre le lit. J'avais peur qu'elle m'échappe soudainement ou que tout ceci ne soit qu'un rêve. Elle posa alors une main sur mon visage pour stopper mes assauts et me regarda fixement. Ses yeux étaient si noirs, je ressentais son envie et chaque seconde d'attente était une torture.

« Emma… » Susurra-t-elle.


Avant que je ne m'en rende compte, j'étais plaquée sur le dos les mains au-dessus de la tête. Regina avait pris le dessus et son agressivité féline m'excita d'autant plus. Je la pensais timide et fragile dans l'intimité et voilà que je me retrouvais totalement à sa merci. Je retrouvais la femme fatale de mon quotidien et c'est de cette femme dont j'avais le plus envie. Elle m'embrassa de nouveau de manière si fougueuse que je ne cherchais pas à me défendre. Elle caressait mon corps avec le sien puis entreprit de m'enflammer un peu plus en caressant mes seins de sa main droite, l'autre retenant son poids. Elle m'obligea (enfin si je puis dire) à écarter les jambes au maximum pour venir s'appuyer contre moi, exécutant une pression stimulante pile au bon endroit.

Je refermais mes jambes sur elle alors que notre baiser n'en finissait pas. Elle descendit alors sa main le long de mon ventre puis se fraya un chemin entre nos deux corps, arrivée à son but, elle sépara nos lèvres pour me regarder me mordre la langue afin d'étouffer tout bruit. Victorieuse, elle joua de ses doigts et je sentais déjà une chaleur suffocante s'emparer de tout mon organisme. Mais je n'étais pas au bout de mes 'tortures', à peine avais-je réussi à stabiliser mon souffle qu'elle bloqua sa main à l'aide de son bassin et me pénétra sauvagement de deux doigts qu'elle entreprit tout de suite de ressortir puis d'entrer à nouveau avec d'habiles coups de reins. Je crus atteindre l'orgasme en deux ou trois allers-retours mais elle me taquinait en s'arrêtant à chaque fois qu'elle ressentait mon point de non-retour. Je la suppliais presque d'abréger mes souffrances alors qu'elle se faisait de plus en plus bestiale. Elle m'embrassa de nouveau puis descendit dans mon cou, me mordit le lobe de l'oreille et y chuchota quelques mots ; de l'espagnol comme dans mon rêve...

Je me laissais alors aller et profitais du plus violent orgasme de ma vie. Elle tenta d'étouffer mes cris en m'embrassant puis s'immobilisa doucement une fois la tempête calmée. J'eus du mal à reprendre mes esprits. Regina roula sur le dos pour me laisser un peu d'air alors que je m'efforçais de faire disparaître ce sourire idiot de mon visage. Nous restions ainsi un moment, enveloppées dans le silence et la pénombre mais plus le temps passait et plus je m'inquiétais de connaître ses pensées. Je levais les yeux vers elle et me retournais pour la rejoindre. Arrivée à sa hauteur, je décidais qu'il était temps de lui rendre la pareille mais elle me repoussa assez vigoureusement.

« S'il vous plaît mademoiselle Swan...

- Mm ?

- ...»

Je pouvais presque sentir son combat intérieur et ses démons semblaient féroces. Elle n'osait plus me regarder, je ne comprenais pas ce soudain revirement.

« Ai-je fait quelque chose de mal ?

- Non, c'est moi. Je n'aurais pas dû. Maintenant veuillez regagner votre canapé.

- Quoi ? »

Quand elle me fusilla du regard, je descendis du lit sans broncher. Je décidais de me rhabiller et de sortir de cette chambre avant d'exploser. C'était une véritable douche froide. Une fois dans le couloir, je m'appuyais un moment contre la porte que je venais de refermer : « Pourquoi réagissait- elle comme ça ? Je ne l'avais pas forcé, elle avait même pris rapidement le dessus... Avais-je profité d'un moment de faiblesse pour la séduire ? C'était peut-être sa première fois avec une femme et elle... » Je souriais à cette pensée, non ce n'était définitivement pas sa première fois...

Alors que mon cerveau fumait sous le poids des questions qui m'assaillaient, j'entendis cette chanson. Quelqu'un fredonnait cet air qui annonçait toujours l'apparition d'une Ombre. Je regardais autour de moi et me sentais particulièrement nerveuse à l'idée d'une confrontation avec Robin après ce qu'il venait de se passer. Le couloir était pourtant vide, j'avançais vers la sortie en jetant régulièrement des coups d'œil derrière moi.

Dehors, le vent soufflait doucement et la fraîcheur me fit vite regretter de ne pas avoir attrapé un pull au passage. Ma veste en cuir rouge était bien trop fine pour la saison... Je m'asseyais sur la première marche en fouillant dans mes poches et trouvais l'un des rares vices de mon existence : un paquet de cigarettes un peu froissé. Je m'en allumais une et remerciais ma bonne étoile de les avoir gardées dans ma veste. J'inspirais la fumée apaisante et toxique en fermant les yeux.

« C'est étrange... »

Surgit une voix non loin de moi. Je rouvris les yeux et m'aperçus qu'une jeune femme, à peine plus habillée que moi, se tenait à mes côtés, elle aussi assise sur la première marche.

« Je vois qu'il y a du vent, je sais qu'il fait froid mais je ne ressens rien. » Continua-t-elle en pressant ses genoux contre son torse.

Le regard perdu au loin elle tourna soudainement les yeux sur moi. Un regard vide et traumatisé, je me retins de sursauter à son brusque changement de posture.

« Quelque chose ne va pas ? Demandais-je mal à l'aise d'être toisée ainsi.

- Vous me regardez ?

- Oui... C'est bien à moi que vous vous adressiez, non ?

- Vous me voyez ! » S'exclama-t-elle en se rapprochant.

Elle tenta de me saisir par le bras et avant que j'eus un mouvement de recul, elle me passa au travers. C'était donc elle qui chantonnait tout à l'heure, j'aurais dû faire la différence entre sa voix et celle de Robin. Elle sembla triste de ne pas avoir réussit à me toucher, elle reposa sa main sur sa cuisse et je fus éblouie par un faisceau de lumière. Le point lumineux à son poignet était bien plus aveuglant que celui de Robin, je peinais à le fixer.

« Je ne suis plus de ce monde...

- Non... Et si j'en crois ce que l'on m'a dit, je suis l'une des rares seules à avoir la faculté de vous voir.

- Je me sens déjà moins seule. » Me répondit-elle en baissant la tête.

Je la sentais désespérée, déprimée, si elle n'était pas déjà morte je dirais même suicidaire.

Je m'appelle Emma. » Lançais-je avec un sourire.