Chapitre 14 ! Ça passe si vite... Merci de vos commentaires sur le précédent chapitre ! J'ai hâte de lire ceux que vous me laisserez sur celui-ci. Bonne lecture ;)
C'est à cet instant que mes yeux trouvèrent ceux de celui qui m'espionnait de loin. Je reconnue aussitôt l'homme que Regina avait affronté la veille, le 'tracassin' dont le nom m'échappait totalement à l'instant. Il me fixait en esquissant un sourire sournois et ma tête se mit subitement à tourner. Je glissais de ma chaise, totalement engourdit. Ma tête heurta le sol et mes yeux se fermèrent sous le poids de la fatigue. J'entendais Regina prononcer mon nom, sa voix sembla de plus en plus lointaine alors qu'un voile noir me coupait progressivement du monde extérieur.
Je me réveillais péniblement avec l'étrange impression d'avoir été écrasée par un bus. Tous mes muscles semblaient meurtris. J'ouvris les paupières, une ou deux fois sans succès puis au troisième essai, j'arrivais enfin à distinguer la pièce. À première vue, je me situais dans une chambre d'hôpital. Je grimaçais en me redressant puis me remémorais les événements : l'incendie, Milah, Regina... Je grimaçais de plus belle en m'asseyant le plus droit possible. Pourquoi avais-je tant mal ?
« Votre corps n'est pas fait pour supporter un tel pouvoir. »
Sorti de nul par, M. Gold se tenait en face de moi.
« Qu'est-ce que vous faites là ?
- Moi ? Je tenais à m'assurer de votre état Mademoiselle Swan.
- À d'autres... Lui répondis-je en penchant légèrement la tête.
- Sans moi vous seriez bien seule dans ce lit d'hôpital ma chère, à moins que Regina ne se cache quelque part ? » Me demandait-il en cherchant faussement l'intéressée derrière une porte de placard.
Je trouvais cet homme particulièrement antipathique et m'efforçais de quitter mon lit afin de retourner chez moi. Je prendrai le premier avion, loin de toutes ces histoires rocambolesques. À peine avais-je posé le pied par terre qu'il se déroba sous moi. L'homme d'affaires me retint fermement avant de me rallonger sur mon lit.
« Vous ne devriez pas vous lever dans votre condition...
- Ma condition ? Mais quelle condition ? Je ne sais même pas ce qu'il m'arrive ! M'énervais-je en reprenant mon souffle.
- Votre corps de mortel n'est pas fait pour user de tant de pouvoirs, surtout pour une première fois. Me répond-il sans sourciller.
- Quels pouvoirs ? »
Il me lança un petit regard en biais voulant dire 'ne jouez pas à l'ignorante avec moi Mademoiselle Swan'.
« Mais qui êtes-vous à la fin ?
- Un homme que vous n'aimeriez pas contrarier, croyez-moi. »
Il me fixa encore un moment avant de prendre la direction de la sortie. Il dégageait une telle force... Non physique puisque j'étais sûre d'être plus baraquée que lui mais psychique ou à je-ne-sais-quel- autre niveau. Comment pouvait-il être au courant pour mes pouvoirs ? Me revint alors en mémoire l'homme devant l'hôtel, je me souvenais à présent de Gold et de son regard s'accrochant au mien avant mon malaise.
« C'est vous. L'interpellais-je
- Pardon ?
- C'est vous qui avez mis le feu à cet hôtel ?
- Et dans quel but dites-moi ?
- Celui de me démasquer, vous aviez besoin de savoir de quoi j'étais capable. »
Il me souriait sournoisement, heureux de ma soudaine découverte. Il avait de la chance que je ne puisse pas sortir de ce lit.
« Mais qui êtes-vous ? Et comment saviez-vous que je n'allais pas mourir ? Pourquoi mettre autant de vies en danger ?
- Mademoiselle Swan, chaque chose en son temps. Vous aurez bientôt toutes les réponses à vos questions. » Finit-il en franchissant la porte de ma chambre.
Je laissais retomber lourdement ma tête sur l'oreiller. La frustration de ne rien comprendre et d'être dépassée voir même menée en bateau me rongeait. Une infirmière entra alors dans ma chambre avec un sourire sincère.
« Bonjour ! Alors, bien dormi ? Ironisait-elle en prenant mes constantes.
- Oui merci... Pourquoi je me suis retrouvée ici ?
- Vous ne vous souvenez pas ?
- Je crois... Je crois que j'ai fais un malaise...
- Vous êtes tombée d'épuisement, littéralement. Vous sortiez de l'hôtel en flamme juste en face non ?
- Oui...
- Vous auriez dû rester avec les secours, c'est un événement très traumatisant et vous auriez pu avoir de graves séquelles. »
J'avais sûrement surestimé mes forces, c'était indéniable. Cependant, je ne pouvais pas lui expliquer ce qui avait réellement vidé mon énergie. Après une nuit en observation, je me sentais déjà bien mieux. Je sortais le lendemain matin, prête à repartir de cette ville maudite, quitte à me trouver un nouveau travail en rentrant.
Alors que j'atteignais la dernière marche extérieure de l'hôpital, une Mercedes noire était la seule voiture stationnée devant l'entrée. Je la dépassais sans y prêter une réelle attention quand la porte du conducteur s'ouvrit.
« Mademoiselle Swan ? »
Perdue dans mes pensées, je continuais ma route.
« Emma ? »
Je me retournais rapidement et me retrouvais nez à nez avec Regina. Elle m'avait emboîté le pas et semblait particulièrement inquiète.
« Madame Mills ?
- J'ai eu si peur. Me dit-elle en me serrant dans les bras.
- Vous vous inquiétez trop pour moi boss. » Lui répondis-je en plaisantant.
- Montez, nous rentrons. »
Son regard était si doux et compatissant, je la suivais sans broncher. Avec tous ces événements nous n'avions même pas eu le temps de parler de notre petite incartade. L'avantage de ces dits événements, c'est que la situation ne me mettait plus mal à l'aise. Je pouvais de nouveau la regarder sans rougir. Il y avait beaucoup de choses à éclaircir et je décidais de prendre mon mal en patience. Pour le moment, j'étais saine et sauve et ma charmante patronne ne cessait de jeter des coups d'œil dans ma direction histoire de s'assurer de mon état.
Nous prîmes un avion quelques heures plus tard. Nous avions trois heures devant nous pour parler. Au début, nous étions comme deux adolescentes timides, nous n'osions pas nous regarder et je pense que son interprétation de l'adulte était plus élaborée que la mienne.
« Emma...
- Madame Mills... Prononçait-on alors au même moment.
- S'il vous plaît, appelez-moi Regina. Gardez les formules de politesse pour le bureau. »
Je vécu cela comme une vraie avancée dans notre relation. Touchée par sa demande, je la regardais me sourire et fus une nouvelle fois paralysée par son charme. Je remarquais alors une cicatrice au niveau de sa lèvre, si minuscule que je ne la découvrais que maintenant. Je ne pu m'empêcher de tendre une main pour la toucher du bout du doigt. Au moment où je me rendis compte de mon geste, je levais de nouveau les yeux mais son regard n'était pas noir, elle me laissait même découvrir ses petites imperfections sans se détourner. J'approchais mes lèvres des siennes et fis une halte à quelques millimètres. Je pouvais ainsi sentir son souffle et il était pour le moins irrégulier. À ma grande surprise, c'est elle qui fit le reste du chemin pour m'embrasser. C'était un baiser généreux, tendre et fougueux à la fois, dans lequel je me laissais aller alors que ses soupirs témoignaient de son soulagement. Je sentis l'inquiétude qui l'avait rongé ces dernières vingt quatre heures se dissoudre d'elle-même au rythme de nos langues qui se caressaient.
Notre moment fut interrompu par une hôtesse de l'air venue nous proposer des boissons. Si je n'avais pas été aussi civilisée, je pense que je lui aurais gentiment demandé de se les garder, mais là... Il fallait faire bonne figure, surtout qu'elle venait de nous surprendre en plein bécotage et malgré son air un peu gêné, elle nous souriait chaleureusement.
Au moins maintenant que la glace était brisée, le voyage serait propice à la communication. Je lui posais alors toutes les questions qui me passaient par la tête ; son rejet brutal suite à nos ébats, sa disparition de la chambre d'hôtel, son absence à mon chevet à l'hôpital. Elle s'enquit de répondre à mon second questionnement.
« J'avais simplement besoin de marcher, de prendre l'air. Je n'aime pas vraiment les hôtels, ils sont si impersonnels et froids.
- Pas tant que ça, j'ai même failli y brûler. Répondais-je avec une ironie qu'elle n'apprécia que moyennement.
- Et quant à l'hôpital, depuis la mort de Robin je ne peux plus y entrer. Je n'ai même pas la force de me rendre à l'infirmerie du dixième étage de notre building... L'odeur, les blouses blanches... »
Elle se perdit un moment dans ses pensées tout en fixant les nuages au travers du hublot. Je ne pouvais pas lui en vouloir de ne pas avoir été là à mon réveil et les médecins n'avaient pas voulu lui expliquer mon état alors elle s'était contentée d'attendre ma sortie.
« Je comprends. » Lui dis-je simplement en posant une main sur la sienne.
Elle se tourna de nouveau vers moi en souriant tristement. Il n'était pas questions pour moi d'entamer la discussion une nouvelle fois sur la disparition de Robin, je verrais les détails avec lui. Pour le moment, je décidais de faire confiance à la femme pour qui mes sentiments se développaient progressivement.
« Et pour l'autre soir... Reprit-elle enfin. J'ai paniqué. M'avoua-t-elle en baissant les yeux.
- Pourquoi ? J'ai fait quelque chose qui ne fallait pas ?
- Non pas du tout, au contraire. Mais j'ai toujours eu une certaine... réserve concernant mes envies, mon corps... » Je constatais son malaise, visiblement ce n'était pas le genre de thème qu'elle avait l'habitude d'aborder.
« J'aime les hommes au grand jour et les femmes en secret. Me confia-t-elle de plus en plus gênée.
- Pourquoi en secret ? À notre époque il est tout de même plus facile de vivre ses envies quelle qu'elles soient, non ?
- Pas avec une mère comme la mienne.
- Oh mon Dieu, vous n'êtes pas majeure je le savais ! »
Elle rit de bon cœur et le mien s'arrêta de battre quand je vis pour la première fois cette expression sur son visage, finalement elle pouvait être encore plus belle qu'à son habitude.
« Non, ne soyez pas stupide. Riait-elle encore. Elle est simplement très directive en ce qui concerne ma vie et cela même si je suis indépendante depuis plusieurs années.
- Et elle ne supporterait pas de vous savoir avec une femme ?
- Elle ne supporte personne autour de moi. Elle détestait Robin ! Mais effectivement l'homosexualité ou la bisexualité ne sont pas des options pour elle, au contraire. Tout ce qui compte, c'est la bienséance et l'image que l'on peut renvoyer aux yeux de son entourage. »
Dans mon malheur, j'avais eu la chance d'avoir une mère adoptive particulièrement compréhensive et aimante. Jamais elle n'aurait jugé mes opinions ou mes décisions. Nous avons passé le reste du voyage à parler de tout et de rien, à échanger sur des sujets légers qui, je l'espérais, nous aideraient à mieux nous comprendre et mieux nous connaître.
