Bonjour tout le monde

Je passe en vitesse vous publier le second chapitre de cette histoire. Je pars au cinéma, voir Captain Marvel dans quelques minutes. Ça va être trop trop trop bien.

Un grand merci pour vos reviews sur le premier chapitre !

Bonne lecture.


Ils avaient passé la journée à recouper les informations, à regarder et re-regarder les vidéos à la recherche du plus petit détail, de la plus petite piste, mais ils n'avaient rien trouvé. Tout le monde était extrêmement frustré et Roy avait du mal à garder les réactions de ses troupes sous contrôle.

Lorsque Hughes était revenu de sa rencontre avec les parents de la victime, son visage était fermé et les seuls mots à avoir passé ses dents serrées avaient été :

« On doit le retrouver, Roy. Et le mettre en prison où il ne pourra plus faire de mal à personne. »

C'était Maes qui, habituellement, faisait redescendre la pression, qui trouvait toujours le moyen d'avoir un mot d'encouragement, un petit geste qui leur permettait à tous de tenir, de continuer. Mais il n'avait plus les ressources émotionnelle pour le faire et le découragement pesait lourdement sur l'équipe.

Ils n'avaient pas plus d'information maintenant que la veille et ce nouveau crime ne leur avait strictement rien apporté. Roy attendait avec impatience le rapport complet du légiste, peut-être avait-elle trouvé quelque chose dans les prélèvements qu'elle avait effectués.

Riza rentra dans la salle de réunion, un plateau recouvert de tasses de café pour tout le monde. Elle avait même été jusqu'au Starbuck du coin afin de leur ramener à chacun leur boisson préférée plutôt que boire le jus de chaussette proposé par la machine dans le hall du commissariat.

Elle servit tout le monde et termina par leur supérieur. Elle lui tendit un café allongé, noir puis sirota son propre thé.

« Toujours rien ? »

Roy secoua la tête.

« Non. Jean, Kain et Vato retravaillent le profil géographique. Hughes a besoin d'un peu de temps, l'annonce aux parents de la victime a été rude. Heymans regarde les vidéos fournies par le propriétaire du bar et les compare à celles des derniers crimes, au cas où nous y trouverions la même personne deux fois. »

« Il y a peu de chance que ça fonctionne. »

« Malheureusement, tu as raison. Mais pendant ce temps là, il a l'impression de faire quelque chose. Nous devenons dingue à tourner en rond ici. Kain a dit qu'il améliorerait le programme de reconnaissance faciale, mais vu le nombre de fêtards dans les bars ou boites de nuit dans lesquels le criminel évolue et la résolution des caméras, il y a peu de chance que ça apporte l'indice qu'il nous manque. »

« Et toi ? »

L'utilisation du tutoiement lui indiqua tout de suite que son amie posait la question à titre privé, pas en tant que sa collaboratrice. Les enquêtes sur ce criminel en particulier étaient toujours difficiles pour lui.

« Je garde la tête froide. Tu sais que je ne laisse jamais mes émotions prendre le dessus. »

« Tu ne les montres jamais, mais je te connais assez pour savoir qu'elles te guident plus souvent que tu ne le laisses paraître. »

Roy détourna le regard et fixa le reste de son équipe, en train de travailler. Il murmura :

« Je gère. Si jamais ça devait changer, je te préviendrai. »

Elle posa une main sur son épaule et s'éloigna en silence, satisfaite de sa promesse. Roy resta à siroter son café, observant toute son équipe.

Ils travaillent tous d'arrache-pied depuis le matin et ils allaient certainement continuer jusqu'à tard dans la nuit. L'adrénaline ne les laisserait de toute façon pas dormir. Ils avaient beau être tous des professionnels et savoir qu'ils devaient se reposer pour donner le meilleur d'eux-même au moment où ils en auraient besoin, cette affaire leur tenait bien tous à cœur pour les laisser fermer l'œil.

Mustang savait qu'ils allaient passer le reste de la nuit ici, à chercher, à fouiller, à réfléchir. Ils vérifieraient chaque piste, même les plus infimes et ne rentreraient chez eux que lorsqu'ils seraient certain qu'ils ne pouvaient rien faire de plus. Ou bien il recevrait un coup de téléphone et on les enverrait à l'autre bout du pays afin d'enquêter sur un nouveau crime. De toute façon, ils seraient rappelés pour celui-là dans une quinzaine de jours.

Roy serra les poings jusqu'à sentir ses ongles entrer dans ses paumes. Ils devaient le trouver. Ils ne pouvaient pas rester à attendre une nouvelle victime, de nouveaux indices. Il ne voulait pas avoir à annoncer à des parents en larmes qu'un malade avait vidé leur fille de son sang et que son équipe et lui le traquaient depuis deux ans et n'avaient toujours pas la moindre idée de qui ils cherchaient. Il tenta de se calmer en inspirant profondément. Sa colère le brûlait et il craignait parfois qu'elle ne sorte de son corps et incendie tout sur son passage.

Son téléphone sonna, le numéro était de Central. Il décrocha rapidement :

« Mustang. »

« Agent Mustang. Docteur Mistrelle. J'ai fini l'autopsie de Mlle Caldwell. Je viens de vous envoyer le rapport complet et il y a deux points dont je voulais parler avec vous. »

« Vous avez découvert un indice ? »

« Je ne sais pas si ça peut vous aider, mais j'ai trouvé quelque chose de bizarre avec la salive et le cheveu. »

« Bizarre comment ? »

« Il n'y a aucune trace de vie, ni dans l'un ni dans l'autre. »

« Que voulez vous dire ? »

« Je veux dire qu'il y a toujours des marqueurs de la vie dans la salive et la racine du cheveu, c'est là où on trouve l'ADN. Dans notre cas, il n'y a strictement rien. La salive est normalement toujours pleine de bactéries, de cellules, de protéines et d'enzymes, mais là, il n'y a rien de tout ça. Juste de l'eau et quelques minéraux. »

« Vous savez ce qui a pu provoquer ça ? »

« Je l'ignore. Un puissant désinfectant est capable de faire ça, mais il décaperait complètement la bouche de celui qu'il s'en servirait. Je ne vois pas comment il a pu survivre. Et il aurait dû l'utiliser juste avant le crime. Et pourtant, je n'ai pas trouvé la moindre trace de produit chimique dans la salive, ni sur la peau de la victime. »

« Une maladie peut-être ? »

« Aucune que je connaisse. Pas au point de tout faire disparaître ainsi. Je vais lancer quelques recherches supplémentaires. »

« Je veux bien, merci. Et le cheveu ? »

« Il présente le même problème sous une forme un peu différente. Il n'y a ni ADN, ni protéine, ni acide gras dans la racine. Il semble mort, mais je ne vois aucun signe de décomposition. C'est comme s'il était, » elle fit une courte pause, « je sais pas, je dirai pétrifié. »

« Pétrifié ? »

« Oui, je suis désolée de ne pas avoir de meilleur terme. Mais c'est vraiment l'impression que ça me donne, c'est comme si quelqu'un avait placé le cheveux en stase juste après qu'il se soit détaché. Toute dégénération a été empêchée. »

« Sa chute est peut-être récente.»

« Ça reste une possibilité. Pourtant ça n'explique pas l'absence d'ADN. »

« Vous n'avez aucun moyen de savoir si le cheveu appartient à la même personne que la salive ? »

« Sans marqueur génétique, aucun. Mais s'il s'agit d'une maladie ou un problème environnemental, la probabilité qu'elle concerne deux personnes différentes est très faible, même si elle n'est pas complètement impossible. »

« Merci d'avoir pris le temps de m'appeler. »

« J'ai envoyé le dossier complet à l'adresse de l'inspecteur en charge de l'affaire. Je vous recontacterai si j'ai du nouveau, je vais continuer mes analyses. Et j'ai envoyé des échantillons à un ami qui pourrait m'aider à découvrir ce qu'il s'est passé. »

« Surtout n'hésitez pas. Quelque soit l'heure du jour ou de la nuit. »

« Je le ferai. Bonne fin de journée, Agent Mustang. »

« Bonne fin de journée, Mlle Mistrelle. »

Il raccrocha avant la jeune légiste, des questions plein la tête. Il n'avait même pas pris le temps de flirter avec elle. Ça démontrait à quel point cette enquête le perturbait. Riza avait peut-être raison. Il soupira. Il essayait de convaincre qui ? Bien entendu que RIza avait raison, elle avait toujours raison, surtout à son sujet.

Ils avaient tous besoin d'une pause, ainsi qu'un nouveau tour de table des informations qu'ils avaient pu récolter jusque là. Autant faire les deux en même temps et devant un petit en-cas. Il ressortit le téléphone de sa poche et appela un restaurant qu'il connaissait bien à quelques pâtés de maisons du commissariat. Ils ne livraient habituellement pas, mais le patron lui devait un petit service. Une dizaine des meilleures pizzas de Central devrait solder leur compte.

Trente minutes plus tard, un jeune homme - le petit-fils du propriétaire - leur déposa plusieurs cartons remplis de délices aux fromages. Toute son équipe s'arrêta de travailler comme un seul homme. Aucun d'entre eux n'avait pris le temps de manger à midi et ils étaient affamés.

Ils discutèrent des dernières avancées, si on pouvait les appeler ainsi, de l'enquête, échangèrent leurs théories, leurs idées pendant qu'ils se partageaient le contenu des boites. Ils furent étonnés des informations que Roy leur révéla, mais aucun d'entre eux n'avait la moindre idée de ce que ça pouvait signifier.

L'heure avançait et ils n'avaient pas plus de piste sérieuse que lorsqu'ils avaient commencé. Roy allait renvoyer tout le monde chez eux quand l'inspecteur Collard entra dans la salle de réunion en courant.

« Il a recommencé. Il y a moins d'un quart d'heure. À même pas cinq cent mètres d'ici. »

Deux minutes plus tard, ils étaient tous sortis du bâtiment et en route vers la nouvelle scène de crime. Pendant que Riza conduisait à tombeaux ouverts, Hughes, assis à l'arrière du véhicule, s'adressa à Roy :

« Il n'a jamais tué deux soirs de suite. »

« Je sais. »

« Qu'est-ce qui a pu le pousser à agir ainsi ? »

« Je ne sais pas. »

« Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est ce qui ne s'est pas déroulé comme d'habitude hier ? »

« Je ne sais pas. »

À chacune des questions de son ami, Roy sentait un peu plus son impuissance peser sur ses épaules. Il ne savait vraiment rien de ce monstre, lui qui arrivait si souvent à cerner les motivations, les mécanismes qui poussaient ces déséquilibrés à agir, n'avait pas la moindre idée de comment fonctionnait l'esprit de ce criminel.

« Qu'est-ce qui c'est passé dans sa vie pour le pousser à recommencer si rapidement. »

« Je ne sais pas. »

Son ton devenait de plus en plus sec, cachant ses doutes sous de l'agressivité. Mais Maes continua à la bombarder de questions :

« Roy, réfléchis. Tu es celui qui connaît le plus ce dossier. Si ce type commence à tuer toutes les nuits, ça va être un véritable massacre. Sans compter la panique qui va suivre. »

Comme s'il ignorait tout ça. Il se tourna dans son siège et cria :

« Je n'en sais rien, putain Hughes ! Tu crois que je ne sais pas tout ça ?! Que je ne voudrais pas, plus que tout, le retrouver ? L'arrêter ? J'y ai passé des nuits et des week-end entiers, à me demander ce qu'on avait mal fait, quel indice pourrait nous aider, quel lien il y avait. Mais il n'y a rien. Rien du tout. Ce type est un mystère et un fantôme et je me sens complètement inutile. À chaque fois que je retourne au foyer, je revois Maria partout et l'espoir dans tous les yeux de ceux qui l'ont connu. Mais je n'ai jamais aucune nouvelle à leur annoncer et l'espoir laisse place immuablement à la déception. »

Le regard de Hughes dans le rétroviseur était surpris et un peu blessé, Roy perdait rarement son sang-froid, même devant son meilleur ami.

Maes récupéra rapidement et son visage s'adoucit. Dans un sens, c'était pire.

« Je suis désolé, Roy. Je n'aurai pas dû te presser ainsi. Je sais à quel point cette enquête te tient à cœur. »

Roy passa une main sur son visage avec l'espoir de se calmer.

« C'est moi qui devrait m'excuser. Je n'aurai pas du m'emporter. Tu n'y es pour rien. »

La voiture pilla et Riza leur annonça, comme si la conversation n'avait jamais eu lieu :

« Nous sommes arrivés. Quels sont les ordres ? »

Elle savait que forcer Mustang a rentrer dans son rôle de chef d'unité l'aiderait à maîtriser ses émotions. Après une dernière inspiration, il ouvrit la portière de la voiture et sortit, réfléchissant déjà à comment utiliser au mieux les compétences de son équipe.

ooOoo

La victime était une des serveuses d'un des nombreux bars du quartier. Roy envoya Maes et Breda interroger son patron. Riza resta afin d'observer les alentours, à la recherche de quiconque avait un comportement suspect, ou qui était déjà présent sur d'autres scènes de crime. La police s'était déployée en un temps record, dans l'espoir d'arrêter le criminel. Le meurtre venait juste d'avoir lieu et, avec un peu de chance, ce monstre était toujours dans le coin.

Kain était resté au poste, prêt à coordonner tout le monde. Falman et Havoc s'occupaient de l'enquête de voisinage. Ça laissait à Roy la tâche d'interroger la pauvre âme qui avait trouvé la victime. Un des premiers policiers sur les lieux lui indiqua deux personnes, assises sur une caisse, à quelques mètres de la porte arrière de l'établissement. Roy prit une profonde inspiration et les approcha lentement. Il passait beaucoup trop de temps dans des ruelles sombres ces derniers jours.

« Bonsoir. Je suis l'agent Mustang. Je sais que le moment est difficile, mais j'aurai quelques questions à vous poser. »

Ce fut le jeune homme d'une vingtaine d'année qui lui répondit :

« Ça ne peut pas attendre ? »

Il serra un peu plus fort la femme brune qui tremblait contre lui. Roy l'entendait renifler et sangloter de sa cachette dans les bras protecteur qui l'entouraient.

« Je crains que ça ne soit pas possible. Les informations en votre possession pourraient nous aider à appréhender ce criminel. »

« Pourquoi n'avez vous rien fait depuis hier ? C'est ce que vous avez dit aux autres proches de la pauvre fille que ce malade a tué ? »

Le reproche était mérité et Roy grimaça.

« Nous faisons de notre mieux, je vous l'assure. Mais nous n'avons pas assez d'indice, aucune piste. Ce que vous savez peut faire la différence. »

La jeune femme cachée jusque là releva la tête. Elle avait le visage recouvert de larmes et Roy sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Il avait beau y mettre toutes ses forces, toutes ses compétences et celles de son équipe, ce n'était pas assez. Il ne pouvait pas empêcher d'autres personnes de vivre ce que lui-même avait traversé.

Mustang se mit à genou devant elle et parla d'un voix douce qu'il espérait apaisante.

« Vous connaissiez la victime ? »

« Oui. C'était ma meilleure amie. On allait - »

Elle se remit à sangloter et son compagnon lui chuchota :

« Jemma. Tu n'es pas obligée. »

Après plusieurs secondes passées à respirer profondément, elle reprit le contrôle de sa voix :

« Ça va aller. Je dois les aider, Arthur. J'ai une vidéo sur mon téléphone. Je. » Elle se coupa pour renifler. « J'ai. Enfin, on s'était promis de garder un œil l'une sur l'autre vous voyez ? Avec tout ce qu'il se passe en ce moment. »

La jeune femme était en train de se dégager des bras de son ami. Elle fouilla dans ses poches et lui tendit un téléphone tout en continuant à parler :

« Il y avait ce jeune homme, il est parti en courant deux secondes après qu'Isabelle soit sortie par la porte de derrière. Elle devait juste jeter des bouteilles dans ces conteneurs. C'était à moi de le faire mais j'avais un rendez-vous après notre journée au boulot et je voulais pas abîmer ma manucure. »

Roy attrapa l'appareil et posa une main sur l'épaule de la jeune femme. Il attendit qu'elle le regarde dans les yeux avant de parler :

« Ce n'est pas de votre faute. Ce qui s'est passé. Il n'y a rien que vous auriez pu faire. Mais ça, » il leva le téléphone vers elle, « quoi que vous ayez réussi à capturer, ça va nous aider. Je vous promets que nous allons l'arrêter. »

« C'était ma meilleure amie. On travaillait ici pour mettre de l'argent de côté. On voulait ouvrir une pâtisserie toutes les deux. Et maintenant, maintenant … »

Elle éclata encore en sanglot et s'enfouit à nouveau dans les bras de son ami.

Roy décida de lui laisser un peu de temps. Elle ne venait pas seulement de vivre une expérience traumatisante, elle avait perdu un proche et une partie de son avenir. Il se releva et déverrouilla l'écran. Il lança l'application dédiée et appuya pour démarrer la dernière entrée.

La vidéo commençait à l'intérieur d'un bar, probablement l'établissement juste à côté d'eux, puis la porte, la ruelle. L'image était floue à cause des mouvements du téléphone et du manque de luminosité, mais lorsque la lentille se tourna vers l'emplacement actuel du corps, Roy serra l'appareil dans ses mains. La victime apparut à l'écran, allongée au sol et une silhouette était à genou à ses côtés, penchée sur elle, une main contre son cou. Une personne aux cheveux longs et clairs, tressés dans son dos. Un cri retentit dans la vidéo et l'individu se retourna, surpris. Le jeune homme, parce qu'il s'agissait bien d'un homme malgré la natte qui courrait le long de son manteau, regarda dans la direction de la caméra, juste avant de se retourner et de s'enfuir.

Roy envoya immédiatement le fichier sur son adresse mail ainsi qu'à Kain. Enfin, il avaient quelque chose. La qualité de la vidéo n'était pas très bonne, mais Fuery était un véritable petit génie, il pourrait certainement l'améliorer et tirer une photo de ce jeune homme.

Avec un peu de chance, il serait dans leur base de données. Et si ce n'était pas le cas, ils lanceraient un avis de recherche. Cette série de crimes avait mis tout le pays en émois, ils trouveraient forcement quelqu'un qui connaissait cette personne.

Il retourna auprès de la jeune femme et lui rendit son téléphone. Il s'agenouilla à nouveau devant elle et lui dit :

« Je vais demander à mon meilleur agent de vous raccompagner chez vous. Elle pourra prendre votre déposition là-bas. Pas la peine de rester ici. »

« Ça va vous aider ? »

« Énormément. Merci beaucoup. Votre sang-froid va nous permettre d'arrêter ce monstre. »

« Mais ça ne changera rien pour Annabelle. »

Roy se releva et ajusta son pantalon.

« Non, ça ne la ramènera pas à la vie. Mais je vous promets que nous lui rendrons justice. »

Il fit ensuite signe à Riza, stationnée à quelques dizaines de mètres, et lui ordonna de ramener la jeune femme chez elle. Une fois qu'elle fut partie, il appela Fuery.

« Fuery, je viens de t'envoyer une vidéo sur ton adresse mail. Tu t'en occupes en priorité. Je veux tout savoir sur le jeune homme que l'on voit sur la vidéo. Compare le aux films d'hier soir, il est peut-être présent dessus. »

« Une piste ? »

Je l'espère. Et même si ce n'est pas notre meurtrier, il doit forcément savoir quelque chose. Il faut le retrouver à tout prix. »

« Je m'y mets tout de suite, monsieur. »

Roy raccrocha et s'approcha du corps. Il allait devoir attendre la légiste et ses techniciens avant de toucher quoi que ce soit, mais il n'avait rien d'autre à faire que patienter. Heureusement, moins de cinq minutes plus tard, la jeune femme fit son entrée, une lourde valise à sa suite.

« Bonsoir, Mlle Mistrelle. »

« Agent Mustang, je ne pensais pas vous revoir de si tôt. »

« Les circonstances sont loin d'être idéales, mais vous avez vraiment l'air déçue. Je ne sais pas si ma fierté va survivre à votre froideur. »

Il prit son expression la plus meurtrie possible, ce qui déclencha un rire franc chez la jeune femme.

« Votre fierté est assez solide pour prendre quelques coups. Et puis je suis certaine que dans une conquête ou deux, elle sera complètement guérie. »

Sa réputation commençait vraiment à poser problème si elle l'empêchait de flirter. Mais ce n'était ni l'endroit, ni le moment de penser à quelque chose d'aussi trivial. Le ton léger s'effaça totalement lorsque la légiste s'approcha du corps, toute trace d'humour ayant complètement disparue de son visage.

« Bien. Voyons ce que nous avons là. »

Elle sortit un thermomètre de sa valise et le déposa sur la peau de la victime. Pendant que l'appareil mesurait la température, elle observa les traces de morsures dans son cou, deux points parfaitement ronds et ourlés d'un peu de sang. Les mèches de la victime lui tombaient sur le visage et après avoir pris plusieurs photos de sa position, la légiste repoussa les cheveux bruns. Il y avait une trace de coup sur la pommette droite, si violent que la peau s'était fendue. D'une main gantée, elle attrapa le menton de la jeune femme et redressa sa tête.

Le regard de Roy fut immédiatement attiré sur le carnage qui se trouvait de l'autre côté, juste au dessus de la jugulaire de la victime. Les traces de morsures étaient pleinement visibles et une partie de la chair manquait. Jamais ce criminel n'avait été aussi violent et ils s'interrogeaient encore sur les moyens que le meurtrier utilisait pour maîtriser ses victimes. Sans compter que les blessures avaient à chaque fois quelque chose de pratiquement chirurgical. Les paies étaient nettes, sans bavure, preuve d'un grand contrôle sur soi et sur ses outils, quel qu'ils soient. Cette fois, ils étaient plus en face d'une boucherie qu'autre chose et Roy ne savait pas quoi en penser.

Pourquoi deux morsures ? Pourquoi si différentes ? Le criminel avait-il perdu son sang froid ? Son arme avait-elle connu une panne, une casse ?

C'était peut-être tout simplement un autre meurtrier. À part pour l'arme du crime et le type de la victime, ils n'avaient presque aucun point commun. La jeune barmaid avait été frappée et le timing ne correspondait pas non plus. Il pouvait s'agir d'un copieur. Ou alors Maes avait raison, le criminel était en pleine escalade et il allait devenir de plus en plus violent.

Pendant que Roy réfléchissait, la légiste avait terminé ses premières constatations. Elle se releva et demanda au reste de son équipe d'emmener le corps. Elle s'approcha de lui en enlevant ses gants, le visage fermé.

« Je ne pourrai pas vous l'assurer tant que je n'aurai pas rejoins mon laboratoire, mais je pense que les causes de la mort sont identiques à celles de la victime de la nuit dernière. Il y a un peu plus de sang sur la scène de crime cette fois, dû à la seconde morsure. J'en ferai un moulage, mais j'ai vu des traces très nettes de dents, pas seulement les deux crocs. Elle a probablement été mordue. Je ne pouvais pas vous l'assurer précédemment, étant donné que nous n'avions que ces deux crocs pour travailler, mais ça me parait assez clair cette fois. À moins que cet homme se soit construit une mâchoire entière. »

L'idée le fit frissonner. Comment pouvait-on en arriver à fabriquer une telle chose et à attaquer de jeunes gens dans des ruelles sombres ? Il suivit les techniciens de la morgue jusqu'à leur véhicule. Il posa une dernière question avant qu'ils ne partent.

« Merci de votre aide. Quand pourrons-nous avoir votre rapport complet ? »

« Je vous enverrai un pré-rapport dans quatre ou cinq heures, je pense que vous aurez le reste en fin de matinée demain. Certains tests nécessitent un peu de temps. »

Elle n'était pas obligé de faire aussi rapidement. Comme tout le reste de son équipe, elle était debout depuis l'aube et elle allait travailler une bonne partie de la nuit afin de lui fournir au plus vite quelques réponses.

Roy aimait particulièrement les gens avec ce genre de professionnalisme.

« Quand je m'imaginais vous faire perdre quelques heures de sommeil, je ne pensais pas que ce serait dans cette situation. »

La jeune femme avait démarré le moteur et elle cria par la fenêtre ouverte.

« Je vous l'ai déjà dit, agent Mustang. Les morts auront toujours ma préférence. »

Roy lui sourit :

« Ça ne m'empêchera pas d'attendre votre appel avec impatience."

Il regarda le véhicule s'éloigner puis attrapa son téléphone. Il devait réunir son équipe, ils avaient du boulot.