Hello tout le monde !

Alors ce petit extrait partagé hier vous a plu ? Ça faisait longtemps que je n'avais rien sur cette fic, mais avec le NaNo, je n'avais pas le temps d'écrire et de relire. Et puis la merveilleuse Nalou (encore merci ma Nalou chérie) a accepté de s'occuper de la bêta et ces petites choses la prennent du temps.

Du côté des bonnes nouvelles, tout le texte est écrit, la relecture et la bêta ont bien avancé et je devrai garder le rythme d'un chapitre tous les quinze jours. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, une suite est déjà programmée.

Je tiens également à remercier Hell and Cie et Ariane pour leurs gentilles reviews, elles m'ont mis du baume au cœur.

Maintenant que vous savez tout, je vous laisse avec Roy et son équipe, peut-être allons nous finir par rencontrer Edward. On peut dire qu'il sait se faire désirer.


Ils n'eurent pas besoin de faire beaucoup de recherches pour trouver des informations sur Edward Elric. À peine Fuery avait-il rentré ce nom dans leur moteur de recherche que plusieurs centaines de liens étaient apparus.

À priori ce Monsieur Elric, 25 ans, était un brillant chercheur. Il avait abandonné sa dernière année de médecine juste après les examens finaux et n'était donc pas en droit d'exercer, mais il avait publié des dizaines d'articles scientifiques durant ses études et avait, si ce que Roy lisait était juste, amélioré les remèdes pour trois maladies.

Plus Mustang découvrait les exploits d'Elric et plus il était impressionné. À vingt-cinq ans, il était lui-même perdu dans les sables d'Ishval. À faire une guerre absurde pour des raisons absurdes. Alors que d'autres avaient rendus plus facile la vie de plusieurs milliers de personnes, peut-être d'avantage.

Qu'est ce qui avait bien pu se passer pour pousser un jeune homme plein d'avenir à disparaître totalement ? Mademoiselle Rockbell était une jolie femme et elle avait l'air de beaucoup tenir à son ami d'enfance. Et puis il y avait son frère, Alphonse Elric, atteint de fibrodysplasie ossifiante progressive, une maladie dégénérative dont personne n'avait encore trouvé le remède. Il était actuellement interné à l'hôpital principal de Central, sous étroite surveillance médicale.

Riza s'y était présentée la veille, avec l'espoir de parler au jeune homme mais son médecin l'en avait empêchée. L'état de son patient était instable et il était hors de question de le déranger et de le stresser sans une raison officielle, validée par un mandat en bonne et due forme. Havoc et Breda était actuellement au bureau du juge Trymer afin de l'obtenir et Roy avait décidé qu'il partirait accompagné de Riza pour l'hôpital dès qu'ils seraient de retour avec le précieux sésame.

Il devait absolument parler avec le cadet des frères Elric, il avait certainement des informations sur les agissements de son aîné. Et surtout, ils n'avaient pas d'autre pistes à suivre. Ils avaient eu l'autorisation de rester sur cette affaire pour quelques jours supplémentaires et ils devaient absolument avancer, trouver un indice, une piste, quoi que ce soit. Et pendant qu'ils attendaient leur mandat, le reste de son équipe s'occupait de la paperasse qui traînait ou apportait leur aide et leurs conseils sur d'autres enquêtes.

Roy lui-même en avait profité pour faire le tri dans les dossiers qui jonchaient son bureau et pour rendre son rapport préliminaire sur Kain Fuery. Il le regrettait très souvent, mais son boulot ne s'arrêtait pas à mener des enquêtes et à interpeller des criminels. En fait, ses tâches pourraient se limiter à signer des papiers toute la journée et il devrait encore en ramener chez lui.

Grumman lui avait proposé à de nombreuses reprises de le libérer de ses responsabilités sur le terrain, mais Roy avait refusé. Il ne voulait pas rester dans un bureau à envoyer ses subordonnés enquêter. Il voulait les accompagner, il voulait faire partie de l'équipe, réfléchir avec eux, connecter les indices. Même si la charge de travail était en train de le bouffer.

Il venait tout juste d'entrer dans la petite cuisine afin de se servir un café lorsque Havoc et Breda entrèrent dans le département. Il remplit sa tasse et fit demi-tour afin de les rejoindre.

Heymans lui tendit une liasse de papiers :

"J'ai votre mandat, chef."

Roy s'en saisit et l'étudia rapidement :

"Des problèmes ?"

"Aucun. On a passé plus de temps sur le trajet qu'autre chose. Elle avait déjà préparé le document et nous a reçus presque immédiatement."

"Parfait."

"Et elle a dit que vous lui deviez un dîner. En échange du service. Elle a dit que vous connaissiez le tarif d'un mandat en moins d'une heure."

Havoc et Breda le regardaient tous deux avec un sourire entendu. Non mérité cette fois. La juge Trymer était une femme qu'il respectait bien trop pour l'attirer dans son lit. Et elle était une alliée utile et fidèle. Il était hors de question de risquer leur relation professionnelle pour une nuit sans lendemain. Mais il avait une réputation à tenir et ses hommes n'avaient pas besoin de savoir que les trois-quart de ses conquêtes présumées se soldaient en fait pas un bon repas suivi d'une balade au clair de lune lorsque la météo le permettait.

"Merci tous les deux. Je l'appellerai ce soir."

Il retourna vers son bureau et fit signe à Riza de le rejoindre. Pendant qu'il finissait son café, il récupéra son arme et son insigne. Hawkeye l'attendait près de la porte, déjà habillée, le mandat dans une main et les clés d'une de leurs voitures dans l'autre.

Le trajet vers l'hôpital se déroula pratiquement en silence. Ce ne fut qu'au moment ou Riza gara la voiture qu'elle se tourna vers son supérieur.

"Maes m'a raconté comment s'est passé votre interrogatoire de la jeune Mlle Rockbell."

Roy détestait quand ses amis parlaient dans son dos. il savait que c'était par inquiétude et non par méchanceté, mais il ne l'appréciait pas pour autant.

"Hughes devrait apprendre à fermer sa bouche parfois."

"Il - Enfin nous sommes inquiets."

Il savait qu'il ne servirait à rien de nier, de dire que tout allait bien. Hugues le connaissait depuis le lycée et son amitié avec Riza datait de leur enfance. Ils s'étaient engagés ensemble, avaient combattu ensemble. Ils pouvaient lire l'un dans l'autre sans aucune difficulté.

"Ça ira mieux lorsque cette enquête sera terminée."

Ce qui était la vérité, même si ce n'était pas toute la vérité.

Riza l'observa pendant un long moment et Roy craignit qu'elle ne remarque les doutes qui l'assaillaient depuis quelques mois. Mais elle détourna le regard et détacha sa ceinture.

"Je pense que vous devriez me laisser mener cet interrogatoire."

Roy serra les dents.

"J'ai perdu mon sang-froid une fois. Ça ne se renouvellera plus. Je sais me contrôler."

Riza leva un sourcil et sa voix avait la fermeté de l'acier lorsqu'elle répondit :

"À la moindre incartade, je vous mets dehors. De ce que m'a dit son médecin, ce garçon n'a plus que quelques mois à vivre. Je sais qu'arrêter ce criminel est de la plus haute importance, mais n'oubliez pas que nous faisons ce métier afin de protéger des gens comme lui. C'est la raison pour laquelle nous sommes tous entrés au FBI."

Roy grimaça. Riza trouvait toujours la faille et ne se gênait pas pour appuyer dessus. Il savait qu'il oubliait ce point de plus en plus souvent, dans sa quête des coupables. Il avait un besoin pratiquement frénétique de finir chaque enquête, sachant pertinemment qu'une autre les attendait à leur retour, puis une autre et encore une autre. Chaque demie-journée comptait, parce que s'ils arrivaient à grappiller quelques heures sur chaque enquête, ils pourraient en boucler une paire de plus sur l'année. Et tant pis si les méthodes utilisées afin de gagner ces heures étaient un peu âpres et laissaient les témoins anxieux et tendus.

Il ne pouvait nier les faits et il n'esseya même pas. il se contenta d'hocher la tête, le signe qu'il avait entendu et compris, et sortit de la voiture.

Riza les guida jusqu'au troisième étage de l'aile ouest et le léger brouhaha qui caractérisait habituellement les couloirs d'hôpital disparut à la seconde où ils passèrent les portes du service des maladies rares. Ils furent accueilli par un infirmier qui les emmena directement au bureau du docteur en charge du département, le docteur Lamard.

Le médecin plissa les lèvres de dégoût lorsqu'ils lui présentèrent le mandat.

"Vous ne pouvez pas le laisser tranquille ?"

Avant que Riza ne puisse ouvrir la bouche, Roy répondit, le ton sec :

"Nous enquêtons sur un tueur en série. Le frère de votre patient est la seule piste que nous ayons. Je vous promets que nous ne le stresserons pas plus que nécessaire."

"C'est votre notion de nécessaire qui m'inquiète," il se passa une main sur le visage avant de reprendre, "écoutez, je sais que vous recherchez le frère d'Alphonse, mais je ne l'ai jamais vu ici. Les seules visites que reçoit mon patient sont celles de Mlle Rockbell, de sa grand-mère et de quelques amis de la faculté. Il ne pourra pas vous aider et sa santé est fragile. Vous savez ce que fait la maladie de Münchmeyer ? Elle remplace les tissus mous endommagés par des os, ce qui limite peu à peu les mouvements possibles pour le patient. Il devient prisonnier de son propre corps, comme dans une armure qu'il est incapable d'ôter. À un moment, la maladie est tellement étendue qu'elle commence à gêner le fonctionnement des organes, tels que les poumons ou le cœur. Nous n'avons trouvé aucun traitement et, comme c'est souvent le cas dans ce service, nous ne pouvons qu'alléger les souffrances de nos résidents jusqu'à ce que l'inévitable se produise."

Le médecin se leva et fit le tour de son bureau, regardant Roy droit dans les yeux :

"Il a déjà des difficultés à respirer et son cœur montre les premiers signes de fatigue. Le moindre stress peut le faire entrer dans une crise. Je ne peux pas vous empêcher de le voir, étant donné que vous avez un mandat. Mais si votre conversation empire sa situation, je vous mettrai dehors moi-même, manu militari. Je me fiche que vous soyez armé ou probablement beaucoup mieux entraîné que moi."

Riza se plaça entre les deux hommes et fixa le médecin de son regard le plus sérieux :

"Je vous promets que s'il dépasse les bornes, je le mettrais moi-même dehors. Et à la différence de vous, je suis armée et mieux entraînée que lui. "

Le médecin sembla se calmer après cette affirmation et ce fut la seule raison pour laquelle Roy ne réagit pas aux accusations de Lamard. Malgré ce que tout le monde semblait penser autour de lui en ce moment, il n'était pas un de ces agents qui poussaient les témoins quelques soient leur situation. Il lui restait assez d'empathie et de gentillesse pour ne pas enfoncer un peu plus un jeune homme sur son lit d'hôpital.

Le médecin les guida à travers un dédale de couloirs avant d'arriver devant un porte parfaitement identiques à toutes les autres. Il toqua, un simple coup sur le bois peint en bleu ciel et entra dans la chambre.

La pièce était spacieuse mais chaque centimètre carré semblait occupé par des machines ou des livres. Il y avait bien quelques fleurs posés sur le cadre de la fenêtre ainsi que trois ballons accrochés à un pied de chaise, mais toutes les autres surfaces planes étaient envahies de bouquins, de dossiers, de feuilles volantes recouvertes de schémas et de formules chimiques.

Un jeune homme était installé sur le lit dont la tête était redressée. Plusieurs oreillers étaient dans son dos, le soutenant dans une position presque assise. Il avait un tuyau dans les narines et une perfusion dans le bras. Une multitude des feuilles griffonnées trônait sur les draps blancs de l'hôpital. Il tenait à la main un stylo et écrivait quelque chose sur un papier retenu par une tablette. Il ne leva pas les yeux lorsque les trois visiteurs entrèrent, se contentant de terminer ce qu'il était en train de faire.

Roy profita de ces quelques instants pour l'observer. Il devait avoir à peine plus de vingt ans. Ses cheveux blonds étaient plus foncés que ceux de son frère, indéniablement plus court aussi. Et il était également beaucoup plus frêle. Roy arrivait presque à voir les os de sa clavicule à travers le tissu fin de son pyjama.

Ses joues étaient également émaciées et les cernes sous ses yeux renforçaient l'impression d'épuisement. Mais ce n'était pas dû à une trop grosse charge de travail ou à un manque de sommeil. Non, c'était l'affaiblissement chronique d'un corps qui était en train de lâcher.

Le médecin resta silencieux quelques secondes avant d'annoncer :

"Alphonse, ces deux personnes sont venues te voir. Ils ont des questions pour toi. Au sujet de ton frère."

Le regard du malade passa brièvement sur Riza avant de se poser sur Roy. Malgré son état de fatigue générale, il restait de l'intelligence dans ces yeux, de la vivacité.

"Merci docteur."

Le praticien sortit de la pièce sans rien ajouter.

Riza fut la première à prendre la parole et fit les présentations. Quand elle annonça la raison de leur visite, Alphonse ne parut pas étonné. Il se contenta de hocher la tête et de leur promettre qu'il répondrait à toutes leurs questions.

Bien entendu, il ignorait où était son frère et ne l'avait pas vu depuis plusieurs mois. Il était lui aussi inquiet mais recevait régulièrement des enveloppes pleines de documents. Edward cherchait toujours un remède et il lui envoyait chaque idée, chaque piste aussi petite et tirée par les cheveux soit-elle. Ils apprirent que Ed, comme semblaient l'appeler tous ses proches, n'était pas le seul génie de la famille. Son cadet lisait avec attention tout ce qu'il lui envoyait dans l'espoir de trouver une piste ou un lien que le jeune chercheur aurait raté.

Rien de ce que leur annonça Alphonse n'était vraiment utile, mais les cachets sur les enveloppes les aideraient à retracer les déplacements d'Edward durant les derniers mois. Ils n'eurent aucun problème à convaincre le patient de les leur remettre.

Quand Roy et Riza quittèrent le jeune homme, ce dernier paraissait plus pâle que lorsqu'ils étaient entrés, mais il était souriant. Une seconde visite serait certainement nécessaire une fois que les enveloppes auraient révélés tous leurs secrets, mais d'ici là, ils le laisseraient tranquille. L'idée qu'une vie aussi jeune et promise à un si bel avenir allait bientôt se terminer laissait un arrière goût amer dans la bouche de Roy. Même si son métier et celui des soignants étaient différents, leur but était identique : sauver des gens. Que ce soit contre la maladie ou des criminels. Voir Alphonse Elric sur ce lit lui rappela pourquoi ce qu'il faisait, et comment il le faisait, était important. Et pourquoi il devait garder son humanité malgré les horreurs qu'il côtoyait : arrêter des meurtriers était essentiel, mais pas à n'importe quel prix.

Ils restèrent silencieux durant leur traversée de l'hôpital et ce ne fut qu'une fois dans la voiture que Riza se tourna vers Roy :

"Il nous a menti."

"Et sans sourciller en plus. N'importe qui lui donnerait le bon dieu sans confession avec un regard pareil."

"Je vais préparer la surveillance de sa chambre dès que nous serons de retour au bureau."

"Parfait. Mets moi sur les rotations de nuit. Je pense que c'est à ce moment là qu'on a le plus de chance de trouver son frère. Et puis je n'ai personne qui m'attend à la maison."

Il préférait encore rester éveillé dans une voiture à faire quelque chose d'utile qu'entre ses draps froid à fixer son plafond.

ooOoo

Comme prévu, ils se partagèrent les longues heures de guet près de l'hôpital mais rien ne bougea durant les quatre jours suivants. Roy craignait de plus en plus qu'on ne les envoie vers une autre affaire d'ici peu. Pour ses supérieurs, n'importe qui pouvait s'occuper de cette surveillance. La laisser à la charge d'agents expérimentés tels que ceux qui composaient son équipe était une perte de temps et de compétences.

Mais l'instinct de Roy insistait sur le fait que c'était à lui d'être présent, qu'il y avait quelque chose de bizarre et qu'appréhender cet Edward Elric ne serait pas aussi simple que prévu. Ils ne pouvaient pas le rater. S'ils ne l'arrêtaient pas lors de sa prochaine visite à son frère, il disparaîtrait à nouveau, emmenant avec eux la seule piste qu'ils avaient.

Même Fuery et ses nombreuses compétences informatiques avaient été incapable de trouver la moindre trace du jeune homme depuis qu'il avait quitté les écrans radars de ses proches. Pas un seul mouvement d'argent sur ses comptes, pas une seule trace qu'il ait loué un logement, acheté une voiture ou un billet de train. Ils ignoraient comment il se déplaçait et pourtant les lettres qu'il envoyait à son frère étaient postées depuis tout le pays, certaines arrivaient même de l'étranger.

C'était comme s'il apparaissait quelques instants pour ensuite totalement disparaître de la surface de la terre. Le peu de gens qui l'avaient rencontré étaient étrangement peu enclin à leur donner des informations, préférant leur annoncer encore et encore que Edward Elric était un jeune homme bon et serviable, qu'il les avait aidé et sorti de situations difficiles, même s'il avait un caractère plutôt explosif.

Toute cette histoire avait fini d'embrouiller Roy qui ne savait plus s'il cherchait leur suspect parce qu'il était justement un suspect ou afin de le rencontrer à son tour. Edward Elric avait piqué sa curiosité et les longues heures assis dans leur voiture banalisée lui avaient laissé amplement assez de temps pour forger tout un tas d'hypothèses plus farfelues les unes que les autres.

Falman se déplaça légèrement sur le siège passager, empêchant Roy d'échafauder une nouvelle théorie.

"Hey, chef ! Je peux aller me dégourdir les jambes ? Je reviens avec deux cafés. J'en peux plus de rester assis."

Il était une heures du matin et ça faisait déjà six heures qu'ils avaient remplacé Riza et Breda à leur poste. Son hochement de tête envoya Vato à l'extérieur de la voiture et Roy entendit un soupir de soulagement lorsqu'il put enfin détendre ses muscles endormis.

Roy observa les alentours pendant que son subalterne se dirigeait à pas mesurés vers le coin de la rue où ils étaient stationnés. De là, ils avaient une vue imprenable sur la fenêtre du jeune Alphonse Elric, trois étages plus haut. Un écran branché sur le système de surveillance de l'hôpital leur permettait d'observer le couloir devant sa porte tout en restant hors de vue à l'extérieur. Ils avaient vérifié les bandes de la vidéosurveillance et quel que soit le chemin emprunté par Edward, il ne semblait pas passer par la porte. Leur hypothèse principale était qu'il utilisait les gaines d'aération. Ou la fenêtre comme l'avait proposé Maes, même si une telle montée demandait un peu d'entraînement et présentait quelques risques.

L'idée était de rester hors de vue et de surveiller la chambre. Au moindre mouvement suspect, ils cerneraient la pièce.

Pour le moment, ils avaient fait chou blanc, mais Roy ne voulait pas s'avouer vaincu. C'était trop important, même s'il suspectait de plus en plus qu'Edward ne soit pas leur criminel. Les cachets de la poste avaient prouvé sa présence à plusieurs milliers de kilomètres de deux meurtres dans les trois derniers mois et, s'ils devaient en croire leur enquête, il était en poste à East City lorsque les crimes avaient commencé, deux ans auparavant. Mais les tripes de Roy lui disaient que le jeune scientifique savait quelque chose, qu'il était la clé pour faire avancer leur enquête.

Les yeux rivés sur la fenêtre de la chambre, Roy vit un mouvement à la périphérie de sa vision. Lorsque la porte s'ouvrit, il s'attendait à voir s'installer Falman et deux tasses de café. Mais à la place de son imposant coéquipier, ce fut l'homme qu'il cherchait depuis des jours qui s'installa avec grâce.

La surprise était telle que Roy resta quelques secondes complètement immobile, la bouche entrouverte en une expression qui devait faire penser à un poisson hors de l'eau. Puis son cerveau se mit en branle. Le culot de ce type était incroyable.

Sa main se dirigea vers son arme, accrochée à son holster dans sa veste. À peine l'avait-il saisie et sortie qu'il la retrouva dans les mains de son suspect. Ce dernier semblait presque ennuyé et il balança le pistolet sur tableau de bord, hors de portée de Roy.

"Vous accueillez toujours vos témoins de cette manière ?"

"Avec ceux qui me surprennent en pleine nuit dans ma voiture, la réponse est oui."

"C'est vous qui voulez me voir, je n'ai rien demandé. La moindre des choses serait de vous montrer courtois."

"Comme vous vous êtes montré courtois avec cette jeune fille il y a quelques jours ?"

Malgré la pénombre qui baignait dans l'habitacle, Roy vit le flash de colère dans les yeux clairs de son interlocuteur.

"Ce n'est pas moi qui l'ai tuée."

"Pourquoi vous enfuir alors ?"

"Vous avez vu mon frère. Je ne peux pas me permettre de rester incarcéré durant votre enquête. Je n'ai même pas vraiment le temps de discuter avec vous. Mais je vous ai vu et je me suis dit qu'une petite discussion s'imposait."

"Je suis au regret de vous apprendre que vos problèmes d'emploi du temps ne sont absolument primordial dans ce cas. Vous allez me suivre au poste le plus proche afin d'être interrogé et, peut-être qu'une fois que votre déposition sera enregistrée et que vos dires auront été vérifiés, nous vous libérerons sous contrôle judiciaire."

Les yeux d'Edward papillonnèrent pendant quelques secondes avant qu'une moue de dégoût apparaisse sur ses lèvres :

"Vous parlez toujours comme un bâtard qui a un balai dans le cul ? Ou c'est juste avec moi ?"

Roy serra les dents afin d'empêcher la remarque cinglante qu'il avait sur le bout de la langue de sortir. Le culot et la grossièreté de ce personnage ne semblaient pas avoir de limite. À la place des remontrances qui se bousculaient dans sa bouche, il dit de son ton le plus autoritaire :

"Je crains que vous n'ayez pas le choix. Nous pouvons faire ça de deux façons : soit vous me suivez sans histoire, soit j'emploie la manière forte et je vous passe les menottes."

Edward avait presque l'air amusé. Il se tenait assis à côté de lui, avachi sur le siège passager, les deux pieds sur le tableau de bord. Il n'avait pas l'air le moins du monde inquiet.

"Seul, vous n'avez aucune chance de m'arrêter."

Roy observa le jeune homme de plus près. Son pantalon en cuir noir ne laissait que peu de place à l'imagination et il était évident que, malgré sa petite taille, il était musclé. Son manteau rouge en revanche masquait admirablement bien le haut de son corps et il était incapable de voir ce qui se cachait en dessous.

S'ils en venaient à se battre, Roy avait l'entraînement. Et l'avantage du poids. Ce qui jouait en sa faveur dans un endroit restreint comme l'habitacle dans lequel ils se trouvaient. Et puis Falman n'allait plus tarder à revenir.

"Vous êtes bien sûr de vous. La naïveté de la jeunesse, je suppose."

Le regard de son interlocuteur se fit plus dur :

"Je suis un scientifique. Toutes mes affirmations sont basées sur une série d'expériences. Alors ne me balancez pas ma jeunesse en plein visage comme tous ces trous du culs que j'ai côtoyé depuis que j'ai quinze ans."

Bizarrement, Roy le croyait. Edward dégageait quelque chose d'ancien. Quelque chose qui était bien plus âgé que ce que son apparence extérieure et son curriculum vitae laissaient croire. Sur ce point, il ressemblait à son frère, probablement endormi dans son lit à plusieurs dizaines de mètre de là. Mais quoi qu'il en soit, quelques soient les réserves de Roy, il devait l'arrêter. Edward était leur seule piste, leur seul témoin.

Il n'avait pas le choix, il allait devoir employer la force. Il se prépara à intervenir, bandant tous ses muscles. Puis il se mit en mouvement et se jeta sur son passager.

Un clignement d'œil plus tard, ses mains se refermèrent sur le vide. Edward était en dehors de la voiture, la portière grande ouverte. Il se pencha en avant, observant Roy alors que ce dernier cherchait encore comment il avait pu bouger aussi vite et lui échapper.

La lumière d'un réverbère illuminait les cheveux d'Edward, leur donnant l'aspect de l'or et Roy mit cette brusque poussée poétique sur le compte de sa désorientation passagère. Qu'est-ce qui s'était passé ?

Son jeune interlocuteur poussa un soupir avant de lâcher :

"Écoutez, je suis juste venu vous prévenir de laisser tomber cette affaire. Al m'a dit que vous étiez un homme bien et je ne voudrais pas qu'il vous arrive quelque chose. Je m'occupe de ce monstre. Il ne tuera plus pour très longtemps, je vous en fais la promesse. "

Roy se pencha en avant, prêt à récupérer son arme et à arrêter cet insupportable vaurien.

« Ne vous mêlez pas de mon enquête. Si vous avez des informations, vous allez me les donner. C'est à la police de gérer ce genre d'affaire. »

« Vous ne pouvez rien faire contre lui. Laisse moi m'en charger. »

Roy attrapa son pistolet, l'arma, sortit de la voiture et pointa son canon dans la direction d'Elric. Ce dernier l'observa par-dessus le toit de la voiture, une moue dépitée sur les lèvres.

« Vraiment ? Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans Vous n'avez aucune chance de m'arrêter ? »

« Mettez vos mains derrière votre tête et ne bougez plus. »

Edward resta totalement immobiles. Roy aboya :

« Maintenant ! »

Le seul mouvement de l'aîné des Elric fut de pencher la tête sur le côté.

« Je vais devoir vous laisser. Votre coéquipier a enfin terminé de commander vos cafés. Il ne va pas tarder à vous rejoindre. »

Roy jeta un coup d'œil rapide dans la direction vers laquelle Vato était parti, mais la rue était encore déserte. Quand son attention se reporta sur son suspect, il n'était plus en face de lui. Roy se retourna vivement - le cherchant du regard - et sursauta en le trouvant juste derrière lui. Son arme fut à nouveau arrachée de ses mains et jetée sans plus de cérémonie sur le siège conducteur.

« Écoutez agent Mustang, à votre place je tairais que nous avons discuté. C'est pour ça que je ne vous ai pas approché pendant que votre collègue était présent. Je suis certain que vous avez des tonnes d'autres affaires qui attendent votre expertise, laissez moi celle-là. De toute façon, même si vous retrouviez sa trace, il n'y a rien que vous puissiez faire. Et laissez Alphonse tranquille, sa santé est fragile. »

Il pencha à nouveau la tête sur le côté, comme pour écouter au loin. Roy tendit lui aussi l'oreille, mais il n'entendit rien de spécial. Puis quelques secondes plus tard, des bruits de pas se mirent à résonner dans le silence de la nuit. Falman.

Mais avant que Roy n'ait l'occasion d'ouvrir la bouche et de crier à son subalterne de venir l'aider, Ed claqua de la langue et s'éloigna à reculons. Le temps de récupérer son arme et de se lancer à la poursuite du jeune homme, ce dernier avait totalement disparu.

Roy resta planté au milieu de la rue à observer à droite et à gauche pendant que Falman l'approchait. Il lui tendit une tasse en carton, l'air surpris :

« Il y a un problème chef ? »

Et bizarrement Roy s'entendit lui répondre :

« Non. Rien, j'ai cru voir quelque chose. Retournons dans la voiture. »

Il passa le reste de leur planque à monter de nouvelles théories sur Edward Elric et fit tout son possible pour ne pas trop penser au fait qu'il l'avait laissé partir et avait menti à Vato. Ni au fait qu'il s'était fait désarmer avec une facilité déconcertante.