Bonjour tout le monde.
Avec une semaine de retard, je vous amène le chapitre suivant. J'essaie de tenir un planning de publication à peu près strict, mais j'ai parfois des ratés.
En tout cas, si vous voulez vous tenir au courant des dates de publications et avoir des extraits de chaque chapitre quelques jours avant la publication, je vous invite à aller faire un tour sur ma page Facebook : Lanae's world - Fanfiction. Je serais ravie de vous y voir et de papoter un peu.
Un grand merci à Nalou pour sa bêta et a mes adorables reviewers. Merci beaucoup Lalaiths et Kaelyan, tes reviews m'avaient trop manquée !
J'ai eu beaucoup de mal avec ce chapitre alors soyez indulgent avec moi. Et puis aussi, désolée pour la fin (enfin non je suis pas désolée en vrai !)
Bonne lecture !
Ses supérieurs n'avaient pas jugé la piste assez solide pour les dispenser d'autres enquêtes et Roy s'était décidé à mener ses recherches sur Père durant ses quelques heures de liberté.
Il savait que ce n'était qu'une question de jour avant qu'un nouveau crime ne soit annoncé et il espérait de tout cœur qu'il parviendrait à l'empêcher, même si les informations que lui avait données Alphonse étaient fragmentaires. Et que rien ne prouvait que cet homme était rattaché d'une façon quelconque aux crimes sur lesquels Roy enquêtait.
Mais Alphonse croyait en son frère et Edward avait eu l'air sûr de lui quand ils s'étaient rencontrés. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, Roy avait la fratrie en haute estime. Malgré le fait qu'il ne les avait vu que quelques minutes, et malgré le comportement absolument atroce de l'aîné et les dons de manipulation du cadet.
Il lui fallut quand même attendre plusieurs jours avant d'avoir assez de temps pour se lancer à la poursuite de Père. Ils venaient de boucler une enquête à East City et étaient rentrés dans l'après-midi. Toute son équipe avait décidé de sortir boire un verre, mais Roy avait refusé, prétextant d'autres engagements. Bien entendu, sa réputation lui avait servi et personne ne s'était posé de questions, même si la manière dont Riza l'avait observé ne laissait aucun doute sur le fait qu'elle savait qu'il avait menti.
Mais ce ne fut que lorsqu'il ferma à clé son appartement qu'il reçut un SMS :
Sois prudent. Et appelle-moi si besoin. Maes dit qu'il sera dispo lui aussi.
Il répondit un simple OK avant de se diriger vers sa voiture. Le jean noir qu'il avait passé en sortant de la douche avait gardé la rigidité du neuf et il dut se balancer plusieurs fois sur son siège avant de trouver une position confortable. Il partait en mission sous couverture et ni ses costumes habituels, ni les vêtements qu'il préférait porter lors de ses loisirs ne lui permettraient d'entrer dans les endroits qu'il comptait bien visiter cette nuit.
Après avoir dézippé la veste à col officier qu'il avait passé au dessus d'une chemise blanche, il démarra le moteur et se mit en route en direction de son premier arrêt.
C'était très certainement un coup dans l'eau - les informations que Fuery avait réussi à rassembler sur ce Père tenaient du folklore et des légendes urbaines - mais Roy devait essayer. Ils n'avaient rien, absolument rien sur ce criminel et il était peu probable qu'après deux ans d'activité, il fasse une erreur qui leur permette de le retrouver. Non, cette piste offerte par les frère Elric était la seule qu'ils avaient et Roy se devait de la suivre, quoi qu'en disent ses supérieurs. Même Riza et Maes n'avaient pas insisté lorsqu'ils en avaient parlé ensemble, sachant pertinemment que rien de ce qu'ils pourraient dire ferait changer sa décision.
Roy réprima un frisson en repensant au regard que lui avait lancé Hawkeye lorsque Hughes lui avait appris son petit secret. Il ne savait pas si c'était l'inquiétude qu'il avait vu dans ses yeux, ou la déception, ou même la promesse d'une rétribution divine qui l'avait le plus secoué, mais il s'était promis et leur avait promis de ne plus jamais cacher ce genre de choses.
Il enclencha le GPS de son téléphone et envoya sa position à ses deux amis lorsqu'il se gara non loin de la première adresse que Fuery lui avait fourni, après des heures à parcourir les bas fonds de l'internet. La mission que Roy menait n'était pas dangereuse et c'était une précaution probablement inutile mais ça les rassurerait et prouverait sa bonne foi.
Il sortit sa plaque et la rangea à l'intérieur de la boite à gant de sa voiture. Après quelques hésitations, son arme suivit le même chemin. Il sortit ensuite de l'habitacle et rangea son téléphone et son portefeuille dans la poche intérieure de sa veste. La nuit était chaude et humide et il sentait plus qu'il ne les entendait les basses qui sortaient de plusieurs établissements disséminés autour de lui.
Il se dirigea vers le White Knight, le premier arrêt au programme de sa soirée. Il entra sans trop de difficultés et grimaça dès que l'épaisse porte qui faisait tampon avec la musique à l'intérieur s'ouvrit. Ce n'était vraiment pas le genre d'endroit qu'il appréciait, le volume sonore empêchait toute conversation et le mélange d'odeurs, la sueur, l'alcool, la fumée du tabac vous collait très rapidement à la peau. Roy n'avait jamais compris pourquoi les gens venaient dans ce genre d'endroit pour trouver une conquête d'un soir. Des bars ou restaurants avaient toujours eu sa préférence. La soirée pouvait y commencer par une discussion agréable autour d'un bon repas ou d'un verre de vin. Il était même adepte des rencontres fortuites, comme une discussion en pleine nuit dans une voiture. Encore que cet exemple était donné sans aucune arrière pensée, jamais il n'aurait imaginé attirer Ed chez lui.
Décidé à quitter la boîte de nuit au plus tôt, il se dirigea immédiatement vers le bar où il commanda un martini qu'il ne boirait pas. Il avait plusieurs établissements semblables à visiter à la suite et il était hors de question de laisser l'alcool émousser ses capacités de réflexion.
Une fois servi, il observa son environnement, son verre à la main. La boîte de nuit était un des établissements les plus vieux de la Capitale, située dans une ancienne usine en briques plutôt que dans un de ces hangars ou entrepôts qui servaient habituellement à ce genre d'endroit.
Le plafond était très haut et, alors qu'il y avait largement assez de place pour créer une seconde zone en hauteur, la piste de danse, les alcôves et le coin VIP étaient tous situés sur le même étage, renforçant l'impression de foule.
Le fond de la salle n'était pas visible depuis sa position au bar et Roy décida de faire un tour. Il se glissa entre les danseurs et se dirigea vers le fond de l'établissement, où le carré VIP était délimité par des cordelettes bordeaux attachées à des poteaux dorés. Le tout se voulait classieux mais la peinture écaillée et le tissu usé donnait un côté très bas de gamme à l'ensemble. Un homme immense, en costume sombre coupé volontairement trop petit dans l'intérêt de faire ressortir sa taille et son imposante carrure, se tenait devant la pseudo entrée de la zone.
Roy observa rapidement les gens qui se trouvaient là, mais rien ne fit réagir son instinct. C'était la foule habituelle de ce genre d'endroit : des jeunes hommes oisifs bien trop riches, des jeunes femmes bien trop dévêtues et des bouteilles d'alcool bien trop hors de prix à toutes les tables. S'il devait faire une descente, il trouverait certainement plusieurs sachets de drogues.
Mais il n'était pas là pour ça et il s'éloigna. Il n'avait aucune chance de découvrir quoi que ce soit de lui-même ici. Il entra dans les toilettes pour homme, y vida son martini et retourna au bar. Il déposa son verre désormais vide sur le comptoir et fit signe au barman d'approcher.
"Je suis à la recherche d'un homme, on m'a dit qu'il fréquentait parfois cet endroit. Vous pouvez peut-être m'aider ?"
"Ça dépend de qui vous cherchez et de pourquoi vous le cherchez."
"On m'a dit qu'il se faisait appeler Père. J'ai ma femme qui est malade vous voyez ?"
Le barman haussa des épaules.
"Peut-être que je sais qui c'est. Ou peut-être pas. Vous savez c'est dur de se concentrer avec tout ce bruit, vous avez dit qu'il s'appelait Père ?"
Roy connaissait assez ce petit jeu pour savoir ce qui était attendu de lui. Il sortit 3000 Cenz de son portefeuille et les tendit au barman. C'était probablement un coup dans l'eau, mais il n'avait aucun moyen de le savoir sans tenter sa chance.
L'homme attrapa le billet qui disparut rapidement dans la poche de son jean. Il se pencha ensuite vers Roy et cria :
" Je vais voir ce que je peux faire. Revenez d'ici quelques jours, j'aurai peut-être une réponse pour vous."
Il n'y avait rien de plus à faire ici et Roy s'avança vers la sortie. Trois autres endroits de ce genre attendaient sa visite et il espérait pouvoir prendre quelques heures de sommeil avant de devoir retourner au bureau.
Une fois dehors, il inspira profondément à plusieurs reprises. L'air frais de la nuit dissipa le début de migraine qui avait élu domicile derrière ses yeux. Une de faite. À la suivante.
Le même manège se répéta dans le second établissement. Dans le troisième aussi, la seule différence fut qu'il dut lâcher 5000 cenz pour obtenir une vague promesse qu'il aurait des informations lors de sa prochaine visite.
Il était presque trois heures du matin lorsque Roy se présenta devant la Rivière Pourpre, dernier arrêt de son périple nocturne. Il était assez tard et les immenses queues qu'il avait dû subir lors de ses entrées précédentes se limitaient cette fois à quelques groupes de jeunes gens éméchés.
Là encore, il n'eut aucune difficulté à entrer à l'intérieur de l'établissement. Son apparence soignée lui servait, même s'il aurait toujours pu glisser quelques billets supplémentaires afin d'acheter son passage. Il était tout de même heureux de ne pas avoir eu besoin de le faire. Cette nuit était déjà assez onéreuse comme ça et il ne pourrait passer aucune de ses dépenses en note de frais.
Roy recommença son petit manège et se fit servir un whisky au bar. Il ignorait si la personne qui l'avait servi était un homme ou une femme, tant ses traits étaient androgynes. Et ses cheveux noir, très longs ajoutaient à la confusion. Sans s'appesantir plus longtemps sur la question, il se retourna à étudia les lieux.
Alors que les clients des boîtes précédentes formaient une foule hétéroclite, il y avait un certain type à la Rivière Pourpre. Le noir était de rigueur, autant sur les vêtements, que pour le maquillage. Bon nombre de clients avaient des piercings et des tatouages disséminés sur tout le corps. Roy n'avait jamais vu autant de nombrils ornés d'anneaux que lors de sa brève traversée de la piste de danse.
La musique était également différente, plus grave, au rythme plus lent, entêtant. Elle lui rappelait un peu ces chants tribaux ou primitifs. Les corps bougeaient autour de lui, plusieurs êtres reliés par le même esprit, et Roy se sentait comme un étranger observant une singulière communion. Il était assez mal à l'aise pour siroter une gorgée de son whisky. De toute façon, cet arrêt était le dernier, il rentrerait ensuite dormir une heure ou deux avant de repartir travailler.
Mal à l'aise et fatigué, il décida de terminer sa soirée et retourna au bar. Cette fois, il vida son verre dans son estomac et fit signe à la barmaid d'approcher. L'androgyne - et à cette distance, il paraissait même trop jeune pour travailler dans une boite de nuit - était à l'autre bout du bar et ce fut une plantureuse jeune femme qui l'approcha.
Elle avait des cheveux presque entièrement noir elle aussi. Ils descendaient en une longue cascade dans son dos et Roy eut une image très nette de lui-même en train de glisser ses doigts dans la masse satinée. Elle était belle et vu la manière dont elle l'approcha, balançant légèrement ses hanches, et la façon dont elle se pencha au dessus du bar, augmentant encore l'impact de son profond décolleté et du tatouage qui l'ornait, elle n'ignorait pas l'effet qu'elle avait sur les hommes. Et elle savait en jouer.
Sa voix était profonde, chaude lorsqu'elle lui demanda ce qu'elle pouvait lui servir. Malgré la fatigue, la première réaction de Roy fut de flirter.
"À mon grand regret, rien que vous puissiez m'offrir en public."
Son rire était grave et Roy s'en trouva pratiquement hypnotisé.
"Vous seriez étonné des possibilités qu'offrent cet endroit."
"J'en suis certain, mais ce serait faire offense à votre beauté que de vous permettre de me l'offrir ici. Et sans rien vous donner en contrepartie. Nous pourrions dîner un soir prochain peut-être ?"
La femme était toujours appuyée sur ses avant-bras et elle se pencha un peu plus en avant. Elle énonça, l'air ravie :
"Quelle merveilleuse idée. Un dîner avec un magnifique spécimen tel que vous, dans la fleur de l'âge."
Il y avait quelque chose dans son ton que Roy ne comprit pas. Elle était si proche qu'il pouvait presque sentir la chaleur de son souffle. Sauf qu'il n'était pas chaud. Ce n'était pas vraiment froid non plus, mais bien en dessous de la température habituelle. Maintenant qu'il y pensait, elle dégageait une sorte de dureté, à des lieux de son apparence ouverte et accueillante.
Mais malgré les signaux d'alarme que lui envoyait son cerveau, il se sentait irrémédiablement attiré par cette mystérieuse créature.
"Peut-être pourriez vous me laisser votre nom et votre numéro de téléphone et je vous appelle pour organiser ça lors de ma prochaine soirée de repos ?"
Elle posa sa main sur son avant bras et le froid qui s'en dégageait le fit presque sursauter. Il y avait quelque chose d'anormal avec cette femme, mais il ne semblait pas pouvoir détacher son regard du sien. Il allait obtempérer lorsqu'une voix brisa le charme :
"Hey Lust ! Tu connais les règles. Pas ici. Dépêche-toi de le servir et remet toi au boulot."
La femme se redressa, visiblement ennuyée :
"Je n'ai pas besoin que tu me fasses la morale, Envy. Tu es juste jaloux."
Roy tenta d'éclaircir ses pensées en secouant la tête. Lust. Envy. Ces noms étaient étranges. Et l'un d'entre eux avaient dû mettre quelque chose dans son verre car il se sentait bizarrement apathique, comme détaché de son propre corps. Il devait quitter cet endroit avant que les effets de ce qu'ils lui avaient donné empirent. Mais avant ça, il devait leur balancer son histoire.
Lorsque l'attention de la jeune femme revint sur lui, Roy s'était un peu éloigné du bar et il prit garde à ne pas plonger son regard dans le sien. Il avait quelque chose d'hypnotique et Roy n'avait aucune intention de se retrouver dans une ruelle, détroussé de toutes ses affaires et ne se souvenant plus de rien.
Mais étrangement, il ne ressentit pas l'attirance qui avait été la sienne lorsque Lust lui demanda ce qu'il voulait. Il lui sortit la même fable que dans les 4 boîtes précédentes – sa femme mourante, les rumeurs qu'il avait entendu, sa recherche de Père - et se retrouva, sans surprise, avec la même réponse.
Il ne resta pas plus longtemps et sortit de l'établissement, épuisé et sale. Cette fois, même l'air frais de la nuit n'arrivait pas à masquer l'odeur de tabac, de sueur et d'alcool qui collait à sa peau et à ses habits. S'il n'aimait pas autant cette veste et cette chemise, il serait tenté de les brûler en rentrant chez lui.
Ses clés en main, il se mit en route vers sa voiture. Il devrait être chez lui dans moins de vingt minutes. Il était épuisé et ne souhaitait qu'une chose : retrouver son lit. Après une bonne douche bien entendu, il était hors de question de se coucher comme ça.
ooOoo
Il pensa durant tout le trajet que l'ensemble de cette expédition avait été une perte de temps et d'argent. Il avait laissé ses sentiments pour les frères Elric obscurcir son jugement. Ce qu'ils lui avaient donné n'était pas une piste, juste quelques faits non vérifiés, collés les uns aux autres et présentés d'une manière experte par un jeune homme suspecté de meurtre et son frère, adepte des mensonges et de la manipulation.
Que Roy se soit laissé berner était vraiment signe que cette enquête jouait sur ses nerfs.
Au moment où il entra sous le jet d'eau brûlante de sa douche, il se promit de retourner rendre une petite visite à Alphonse et de lui faire avouer tout ce qu'il savait, par n'importe quel moyen. Il ne permettrait pas qu'un gamin d'à peine vingt ans, alité dans un hôpital, puisse le manipuler.
Sauf qu'une fois propre et détendu, toutes ses idées noires avaient disparu. Son instinct lui avait dit de faire confiance aux deux frères et il le trompait rarement. Il était fatigué et abattu. Il n'en fallait certainement pas plus pour oublier tout ce qui l'avait amené à croire en ce que disait la fratrie Elric. Il s'était douté, avant même de partir, que la piste qu'ils lui avaient fournie ne serait pas simple à suivre. Il devait attendre, laisser passer quelques jours et donner le temps à Père d'apprendre qu'il le cherchait. Il espérait de tout cœur que son histoire - un homme aisé avec l'amour de sa vie en train de mourir – l'attirerait dans ses filets.
Il se dirigeait vers sa chambre lorsqu'il sentit un courant d'air caresser sa nuque encore humide. Il ne se rappelait pas avoir laissé une fenêtre ouverte. Tout de suite en alerte, il accéléra le pas. Il gardait un revolver dans sa table de chevet et il pourrait l'atteindre plus facilement que son arme de service rangée à l'intérieur du coffre près de l'entrée de son appartement.
Seule la lumière du couloir était allumée et il appuya sur l'interrupteur quand il ressortit de sa chambre, son arme à la main. Il connaissait assez l'agencement des lieux pour n'avoir besoin que de la lumière des réverbères à l'extérieur afin de se diriger.
Il s'avança vers la cuisine le plus silencieusement possible. La fenêtre au dessus de son évier donnait sur l'escalier d'évacuation et était celle la plus facile d'accès depuis l'extérieur. Comme il l'avait craint, elle était grande ouverte. Il ignorait si la personne qui était entrée était toujours là ou était déjà ressortie. Il la referma et remarqua que le système de fermeture était brisé. Son téléphone l'avait suivi pendant sa douche, comme toujours et il le sortit de la poche dans lequel il l'avait mis lorsqu'il s'était habillé pour la nuit. Il continua à avancer vers son salon, avec l'intention de contacter Riza alors qu'il faisait le tour de son appartement.
Au moment où il allait lancer l'appel, il reçut un violent coup à l'arrière du crâne. Son entraînement et ses réflexes lui permirent de ne pas lâcher son pistolet, mais son téléphone glissa sur le parquet clair jusqu'à s'arrêter contre la table.
Roy se retourna immédiatement, le dos et les pieds plaqués au sol et le canon de son revolver pointé droit devant lui. Ce qu'il vit le surprit tellement qu'il ne parvint qu'à cligner des yeux plusieurs fois, dans l'espoir de convaincre son cerveau qu'il hallucinait. Mais quand les deux personnes en face de lui refusèrent de disparaître, il dut se rendre à l'évidence que ses visiteurs étaient les deux barmans de la Rivière Pourpre.
Comment ils l'avaient trouvé ou suivi et la manière dont ils étaient entrés chez lui étaient un mystère mais s'ils pensaient pouvoir le voler tranquillement, ils étaient bons pour une sacré surprise.
Toujours au sol et son arme pointée droit sur les criminels, il annonça :
"Je suis l'agent Mustang, je travaille pour le FBI. Mettez les mains en l'air et ne bougez plus."
L'androgyne, Envy si la mémoire de Roy ne lui faisait pas défaut, sourit avant de s'accroupir.
"Écoute le, Lust. Il pense qu'il peut nous donner des ordres. C'est adorable."
"Arrête de jouer. Tu sais ce que nous a dit Père."
"Mais Père est ennuyeux. Il ne veut jamais que je m'amuse."
"Tes jeux laissent bien trop de traces. Finis en rapidement où c'est moi qui m'en charge."
Les deux intrus discutaient comme si Roy n'était pas là. Comme s'ils n'avaient pas une arme chargée pointée sur eux. La situation lui rappela étrangement celle qu'il avait vécu avec Ed. Encore que son instinct lui disait que les projets de ces criminels étaient autrement plus néfastes que ceux d'Edward.
Il devait se préparer à se défendre et la première étape était de se relever, mais à l'instant où ses épaules quittèrent le parquet, Envy était assis sur son ventre, sa main serrée autour de sa gorge.
"Non non, agent Mustang. Vous avez entendu Lust. Je ne peux pas jouer avec vous. Alors il va falloir rester bien sagement au sol. Je vous promets que ça ne sera pas long."
Roy tenta de se débattre mais le poids sur son ventre le clouait au sol. Envy devait faire dans les quarante kilos au grand maximum et Roy ne comprenait pas pourquoi il n'arrivait pas à se dégager. Il redoubla d'efforts mais rien ne semblait fonctionner.
"C'est inutile. Vous n'avez aucune chance de me déloger, vous pouvez toujours essayer. La peur et l'exercice physique vont faire circuler votre sang plus vite, votre mort n'en sera que plus rapide. Et l'adrénaline donne toujours un peu de piquant à mes repas."
Envy passa sa langue sur ses lèvres, découvrant par la même occasion deux canines acérées. Roy resta quelques secondes à les observer, comme hypnotisé puis il comprit qu'il avait à faire aux criminels qu'il recherchait depuis des mois.
Il se débattit de plus belle, cherchant à se libérer d'Envy. Il tenta même de le frapper, mais son poing fut arrêté avec une facilité déconcertante. La prise sur sa trachée se raffermit et l'androgyne se pencha en avant de murmurer tout contre son oreille.
"Ce n'est pas gentil, agent Mustang. Moi qui voulait faire ça vite et sans douleur. Je crois que j'ai changé d'avis."
Roy frissonna lorsqu'une langue humide et glaciale suivit le trajet de sa jugulaire. La partie de son cerveau qui était encore capable de réfléchir cherchait une explication logique à ce qui était en train de lui arriver, alors qu'une autre part, de plus en plus grande, ne faisait que hurler : VAMPIRE ! VAMPIRE ! VAMPIRE ! VAMPIRE !
Mais c'était impossible.
Pourtant lorsque les dents pénétrèrent dans la peau de son cou, il dut se rendre à l'évidence. Ce qu'il cherchait depuis tout ce temps était, littéralement, un monstre.
