Bonjour tout le monde.
Comment allez vous depuis le temps ? J'ai été une très méchante auteure à ne rien publier ces dernières semaines et je n'ai même pas d'excuse. Désolée.
Mais c'est bientôt la rentrée et je vais reprendre un rythme de publication normal dès septembre.
J'espère que vous avez tout passé de super vacances et que vous êtes en forme pour la nouvelle année qui commence. Les miennes étaient géniales, j'ai pu profiter de mes deux petits démons et écrire un peu.
Bonne lecture à vous.
Edward refusa d'en dire plus et après une demie-heure d'un silence pesant, il annonça qu'il sortait chercher à manger. Il disparut ensuite par la porte rouillée, laissant Roy seul avec ses questions, ses pensées et la possibilité de partir. Après avoir regardé la sortie pendant quelques secondes, ce dernier décida de rester et il retourna s'installer sur le lit afin de réfléchir.
Une chose était claire : Ed ne lui ferait pas de mal et si Roy voulait démêler cette affaire, il allait devoir lui faire confiance.
La seconde chose importante était de donner des nouvelles à son équipe au plus vite. Il ne faudrait pas longtemps à ses coéquipiers pour faire le lien entre sa disparition et les boîtes de nuit qu'il avait visité avant l'attaque. Maes et Riza l'avaient certainement déjà fait et s'ils posaient les bonnes questions aux mauvaises personnes, ils seraient à leur tour en danger.
Et troisièmement, il devait tirer les vers du nez d'Edward Elric. Apprendre tout ce que le jeune homme savait des vampires était de la plus haute priorité. Il y avait forcément un moyen de les trouver et de les enfermer. Qu'ils soient des monstres ne changeait rien au fait qu'ils étaient des meurtriers et qu'ils devaient être arrêtés et jugés. Ce que la justice déciderait de faire d'eux n'était pas son problème. Son boulot était d'arrêter des criminels, pas de les juger.
Sa lutte contre la fatigue était une cause perdue d'avance et il somnola jusqu'à ce que Edward revienne, les bras chargés de deux sacs. Il semblait légèrement étonné que Roy soit encore présent et il déposa le premier sur le bureau et Roy reconnut l'odeur d'une spécialité de Central. Le second sac fut déposé sur le lit et il eut la surprise d'y trouver un de ses costumes et les affaires de toilette qu'il gardait dans sa valise sous son lit.
"Tu es entré chez moi ?"
Ed haussa des épaules. C'était sa réponse à beaucoup de choses quand il savait que son interlocuteur n'apprécierait pas d'entendre la vérité.
"Quelqu'un aurait pu te voir ! Je croyais que l'on devait faire profil bas."
Cette fois, Ed leva les yeux au ciel.
"Il n'y avait aucun risque, je ne suis pas un idiot. Mais tu pues et j'ai un odorat sur-développé."
Il montra le lavabo et le miroir dans le coin au pied du lit. Il était vrai que Roy se sentirait mieux après un brin de toilette. Il ne faisait pas spécialement chaud dans la planque où Edward les avait traînés et le pantalon et le T-shirt qu'il avait mis à la sortie de sa douche sentaient la sueur.
Roy se leva et s'avança vers le lavabo. Il fut agréablement surpris lorsque l'eau qui coula laissa échapper de la vapeur. Il enleva son T-shirt et vit son hôte se retourner vivement, les joues rouges, visiblement gêné. Sa réaction fit sourire Roy et ce dernier enleva ensuite son pantalon.
"Dépêche-toi, bâtard. Le repas va être froid."
Alors que Roy se servait de son T-shirt pour faire un brin de toilette, il demanda :
"Tu manges ?"
La réponse arriva, cinglante :
"Bien entendu que je mange."
"De la vraie nourriture ou juste -"
Il ne termina pas sa phrase, ne sachant pas comment aborder le sujet. Il était évident qu'Edward n'avait pas envie d'en parler, que ce qu'il était devenu le dérangeait profondément, mais Roy était curieux. À la fois parce qu'il avait besoin de réponses s'il voulait avoir une chance d'arrêter Père et ses acolytes, mais également parce que tout ce qui avait trait à l'étrange créature en face de lui l'intriguait. Il avait toujours eu la mauvaise habitude de fourrer son nez partout, mais cette curiosité prenait des proportions inquiétantes quand il s'agissant d'Ed.
À travers le miroir, il vit le dos du jeune homme se figer. Sa manière de rester totalement immobile, plus que n'importe quel être vivant ne le pourrait jamais, semblait être sa réaction habituelle lorsqu'on lui rappelait ce qu'il était.
"Tu vas pas me lâcher tant que tu n'auras pas ce que tu veux, n'est-ce pas, agent de mes deux ?"
Le ton d'Edward se voulait agressif, sûr de lui, mais Roy entendit parfaitement la résignation qu'il tentait de cacher. Il avait déjà gagné. Alors qu'il sortait sa mousse à raser de sa pochette, il annonça :
"Exactement, je suis ravi de voir que tu es assez intelligent pour savoir quels combats mener. J'avoue en avoir douté. Maintenant que nous sommes d'accord sur ce point, tu ferais mieux de me répondre et nous laisserons cette conversation dernière nous une bonne fois pour toute."
La lueur de colère et de défi dans les yeux de son interlocuteur brilla un peu plus fort, mais il finit par répondre.
"Oui, je mange. Même si mes goûts ont changé et que je préfère les plats épicés maintenant. Encore que je déteste toujours autant le lait. Je suppose que certaines choses restent immuables."
Roy ne put s'empêcher de lancer une pique :
"Tu n'aimes pas le lait ? Ça pourrait expliquer ta taille. De toute façon, même si tu aimais ça désormais, ça ne changerait rien, j'imagine qu'à ton âge ta croissance est terminée."
"Hé qui est-ce qui est si petit qu'il n'arrive pas à attraper les assiettes dans le placard du haut ?"
Cette réaction, plus violente et infiniment plus drôle que Roy se l'était imaginé, le fit sursauter et il manqua de se couper avec son rasoir. Immédiatement, Ed était à ses côtés, sa main froide et ferme autour de celle qui tenait la lame. Les yeux d'Edward étaient plongés dans les siens quand il dit d'une voix plein de sérieux.
"Si tu n'es pas capable de te raser sans te couper, je te déconseille de le faire. Je -" il arrêta de parler et baissa les yeux, "Je ne suis pas certain de parvenir à me maîtriser si... Enfin tu vois ce que je veux dire."
"Oh. OoH. Oh." Pendant quelques instants, il avait oublié la véritable nature de la créature avec qui il plaisantait, "Okay. Je vais faire attention."
Edward le lâcha et retourna plus lentement à sa position près du bureau. Il commença à étaler le contenu du sac provenant du restaurant.
"Qu'on en finisse : pose tes questions."
Roy ne savait pas par où commencer. Il ignorait tout des vampires, leurs capacités, leurs habitudes, leurs limites. Mais il y avait un point, plus important que les autres, plus important que la manière d'arrêter Père, ou même le moyen de contacter ses collègues et leur demander de rester sans agir pour le moment.
"Comment est-ce arrivé ?"
Ils se tournaient le dos tous les deux et Roy avait murmuré sa question, mais il vit Ed se figer à nouveau dans le reflet de son miroir.
"C'était une connerie. Je n'ai pas réfléchi."
Roy pensa que ce serait l'unique réponse qu'il obtiendrait et le silence s'abattit à nouveau entre eux. Seul le son du rasoir contre sa peau, ses passages périodiques dans l'eau et celui des boîtes que Ed sortaient du sac remplissaient la pièce. Puis Edward se remit à parler vite, très vite, sa voix à peine audible tellement elle était basse.
"L'état d'Al a empiré. Et je savais que je ne trouverai pas de remède à temps. j'étais désespéré, alors j'ai commencé à chercher des guérisseurs et des gourous. Je suis même allé jusqu'à Xing pour rencontrer certains d'entre eux, mais ce n'était que des charlatans ou de simples rumeurs. Et puis, j'ai suivi la piste de Père. Ça ressemblait encore à un des ces légendes urbaines, un de ces groupes de fanatiques qui s'inventent un leader avec des pouvoirs surnaturels. Sauf que dans ce cas, c'était vrai. J'ai rencontré Père et il m'a parlé d'immortalité, de puissance, de vitesse, d'un corps qui guérissait de tout."
La voix d'Ed prit à nouveau ces accents amers que Roy commençait à détester.
"Il m'a dit qu'il pouvait m'offrir tout ça. Et comme un idiot, j'ai dit oui. J'aurais dû savoir qu'il y avait un truc, que l'on ne pouvait pas m'offrir à moi quelque chose d'aussi génial sans contrepartie, que jamais je ne mériterais un cadeau pareil. Mais j'étais aveuglé par mon envie, mon besoin de sauver Al. Si ce que ce type disait était vrai, je pourrais administrer son remède à mon petit frère. Même si je devais le tester sur moi avant. Alors j'ai dit oui et maintenant je ne suis plus humain, je n'ai aucun moyen de sauver Al et j'ai perdu un temps précieux ."
Roy avait arrêté de se raser pendant que le jeune homme racontait son histoire. Il termina sa tâche et se sécha le visage avant d'enfiler très rapidement un pantalon propre et une chemise. Il voulait faire face à son interlocuteur pour la suite de cette conversation.
Une fois prêt, il s'approcha de la table et s'assit en face d'Edward. Il prit une première bouchée du plat juste devant lui et commença à parler :
"Je trouve au contraire que tu es très humain. Plus que beaucoup d'entre nous. Tu as pris le temps et la peine de me prévenir de rester loin de Père alors que rien ne t'y obligeait. Tu m'a sauvé de cette attaque et tu as fait le nécessaire pour me protéger depuis. Tu m'as même fourni de quoi manger et me changer."
Ed avait l'air à la fois étonné et fâché.
"J'ai tué des gens."
"Moi aussi."
"Des gens innocents. Qui n'avaient jamais rien fait de mal. Pas ces criminels que tu arrêtes."
"Je n'ai pas toujours été le fringant agent du FBI que tu as devant toi, Ed."
Edward leva les yeux de son assiette pour la première fois depuis qu'ils s'étaient installés. Il y avait tellement de vulnérabilité dans l'or de ses yeux que Roy n'eut d'autre choix que de lui raconter ce qu'il mettait tant d'effort à cacher habituellement.
"J'ai fait la guerre d'Ishval. J'étais capitaine d'une unité. Nous avons reçu l'ordre de bombarder un petit village qui était censé abriter des rebelles. Nous avons obéi, en pleine nuit, sauf que lorsque le jour s'est levé, il n'y avait aucune trace de rebelles. C'était juste un village plein d'enfants, de femmes et de vieillards. Les hommes étaient tous partis dieu seul sait pour quelles raisons."
"C'était tes ordres."
"Ça ne change rien. C'est moi qui ai appuyé sur le bouton qui a lancé les roquettes."
"Et tu vis comment avec ça ?"
"Mal. Je me réveille encore certaines nuit à cause des cauchemars. Mais j'ai quitté l'armée peu de temps après et j'ai décidé de venir travailler pour le FBI, de faire un peu de bien autour de moi dans l'espoir de racheter un peu de mes fautes."
Edward se mordilla les lèvres avant d'avouer :
"J'entends encore leur pensées. Leur peur. Leur douleur. Alors que je ne me souviens de rien d'autre."
Puis il déglutit et continua à jouer avec le contenu de son assiette, sans en manger un seul morceau. Roy s'imagina que c'était certainement la première fois qu'Ed parlait de ça avec quelqu'un. Son frère n'était pas au courant de ce qu'il lui était arrivé, même s'il avait remarqué les changements qu'avait subi son aîné.
"La soif. Elle est irrésistible, surtout au début. Quand j'ai eu assez de maîtrise de moi-même, j'avais déjà fait plusieurs victimes. Ils te les amènent, tu sais. Ils les enferment avec toi dans une pièce sombre et froide et comme ça tu n'as qu'à te jeter sur eux quand tu émerges. Puis tu retournes dormir. Jusqu'au prochain."
"Combien de fois est-ce arrivé ?"
"Je ne sais pas trop. J'ai fait un calcul grossier, j'ai un trou de 17 jours, mais j'ignore combien de fois exactement je me suis réveillé durant ce laps de temps."
Roy ne laissa pas Ed s'enfoncer dans les remords, il lui posa immédiatement une autre question :
"Et maintenant ?"
"Quoi maintenant ?"
"Tu arrives à gérer la soif ?"
Edward croisa les bras sur sa poitrine.
"Tu cherches à savoir quoi exactement là ? Tu me demandes si c'est moi qui ait laissé ces cadavres dans les rues ces derniers mois ?"
"Entre autre. Je me demande aussi si je suis en danger. Si ton frère est en danger."
La visage de son hôte se remplit de colère et d'horreur.
"Comme si je pouvais faire du mal à Alphonse ! Il est tout ce que j'ai, tout ce qui me reste. Jamais je ne lui ferai le moindre mal. Et je crois t'avoir prouvé que le fait de te maintenir en vie était important, même si tu es un connard."
"Et pourtant tu m'as déconseillé de me couper tout à l'heure. Alors je répète ma question : à quel point est-ce que tu maîtrises ta soif ?"
"Tant que ton sang reste où il est censé être, c'est-à-dire dans tes veines, plutôt bien. Mais c'est plus difficile lorsque l'odeur du sang est dans l'air. Je ne la laisse pas prendre des proportions trop importantes, je me nourris à intervalles réguliers. C'est plus facile de résister et de m'éloigner si j'ai l'estomac plein."
La question suivante franchit ses lèvres sans que Roy n'y réfléchisse vraiment.
"Où est-ce que tu trouves tes victimes ?"
La fourchette d'Edward s'enfonça vicieusement dans un morceau de poulet et Roy grimaça à son propre manque de tact.
"Je ne me nourris pas directement. Je me sers de poches de transfusion."
Roy ne comprenait pas pourquoi cette idée le décevait un peu. De sa propre expérience, ce n'était pas un événement agréable et pourtant l'idée de nourrir Ed l'attirait étrangement.
"Pourquoi ?"
"Pourquoi quoi ?"
"Pourquoi des poches ?"
"Parce que la soif est difficile à maîtriser. Je ne veux plus tuer personne et je ne suis pas certain de pouvoir m'arrêter à temps. Et puis -"
Encore une fois Ed se tut sans terminer sa phrase. Malgré le fait que leur relation soit toute récente, Roy en savait assez sur le jeune Elric pour savoir que ce n'était pas quelque chose qui lui était habituel. Le sujet devait vraiment le mettre mal à l'aise. Il le poussa à continuer d'un simple mot :
" Et puis ?"
"Et puis, je n'arrive pas à bloquer les pensées des gens encore. Père m'a dit que ça viendrait avec le temps, mais je ne veux pas de toutes ces personnes dans ma tête. Elles y restent et j'ai des souvenirs, des idées qui ne sont pas à moi au milieu des miennes pendant des jours. J'ai gardé l'image du petit garçon d'une de mes victimes durant trois semaines. Elle l'aimait tellement et ses dernières pensées ont été pour lui et c'est resté. Tu sais à quel point c'est perturbant de ressentir les sentiments d'un autre ? Sans que rien ne vienne soutenir cette sensation, c'est juste là, attaché à rien du tout. Et tu sais que ce n'est pas à toi, que ce n'est pas quelque chose qui t'appartient et pourtant tu le ressens aussi fort que si c'était le tien."
Cette nouvelle information fit naître une pensée perturbante dans l'esprit de Roy :
"Tu veux dire que Envy se balade maintenant avec des souvenirs de moi ?"
"S'il n'a pas bloqué la transmission, oui."
Roy se leva brusquement et son manque de réflexion le renvoya directement sur sa chaise, la tête entre ses deux mains et tentant de calmer une nouvelle vague de vertiges. Ed était à côté de lui en un éclair, une main posée sur son épaule pour l'empêcher de tomber de son siège.
"Ed ! Il faut absolument contacter mon équipe. Ils sont en danger."
"Ils sont prévenus. Je m'en suis occupé en même temps que d'aller te chercher tes habits."
"Quoi ? Qui ? Comment ?"
Le sourire d'Edward était ouvertement moqueur :
"Il te manque où et quand. Tu es sûr que tu es un bon enquêteur ?"
Roy repoussa la main qui le soutenait encore d'un geste vif.
"Retourne t'asseoir et mange un peu. Je n'ai pas envie de te servir de quatre heures."
Le regard outré d'Ed le fit sourire. Il était tellement facile à énerver que ça en était amusant. Mais Roy reprit vite un ton sérieux, il devait être certain que ses coéquipiers et amis étaient en sécurité. S'il leur arrivait quelque chose, ou pire si il arrivait quelque chose à Elicia ou Gracia, il ne se le pardonnerait jamais.
"Qu'est-ce que tu as fait, Ed ?"
"Il y avait cette femme chez toi. La seule de ton équipe."
"C'est l'agent Hawkeye."
"Bien, alors l'agent Hawkeye était chez toi quand je suis passé prendre tes affaires. Avec d'autres officiers et agents de police, mais aucun d'entre eux n'avait assez d'instinct pour sentir ma présence. Mais elle, elle l'a remarquée, elle s'est retournée et s'est dirigée vers la chambre."
"Tu veux dire que tu t'es immiscé chez moi alors que la maison était pleine de gens ?"
"Yep ! Parce que je suis doué à ce point."
Le penchant de Ed pour la vantardise les empêchait de faire de véritables progrès.
"J'apprécierai vraiment si tu te concentrais un peu au lieu de fanfaronner et que tu me racontais en détail ce qui s'est passé."
"C'est toi qui n'arrête pas de m'interrompre avec tes questions ! Je suis bien content de ne pas avoir à te faire de rapport régulièrement. Je plains vraiment ton équipe à devoir te supporter toute l'année !"
"Edward !"
Le jeune homme avait le don d'épuiser très rapidement la patience de Roy.
"Il ne s'est rien passé de spécial. Elle m'a rejoint dans la chambre, m'a menacé de son arme. Pendant quelques secondes j'ai oublié qu'elle n'avait aucune chance de m'atteindre. Elle est vraiment terrifiante. Elle m'a demandé si j'étais responsable de l'état de ton salon et j'ai bien été obligé de lui dire que je l'étais, en partie du moins. Mais j'ai aussi dit que tu étais en sécurité et que je m'occupais de toi. Et qu'ils ne se mettent pas à ta recherche tant que tu ne les aurais pas contacté."
"Et elle a accepté, juste comme ça ?"
Roy était sceptique. Riza n'était pas du genre à abandonner si facilement. Surtout lorsque c'était sa vie à lui qui était en jeu.
"Bien sur que non ! Mais je lui ai expliqué dans les grandes lignes ce qu'il s'était passé, en cachant quelques détails. Je lui ai dis que tu voulais qu'ils attendent tes ordres et promis que tu leur donnerais des nouvelles avant la fin de la journée. Ce qui nous laisse 5 heures."
"Tu es certain qu'ils ne tenteront rien d'ici là ?"
"Je n'en ai pas la moindre idée. Mais elle m'a laissé repartir sans chercher à me retenir. Ça doit vouloir dire quelque chose non ?"
Ces derniers mots finirent de rassurer Roy. Si Riza n'avait pas cru Edward, elle aurait fait tout son possible afin de l'arrêter. Et il pouvait lui faire confiance pour tenir le reste de son équipe, et Maes, et les empêcher de se lancer à sa recherche.
"Tu penses vraiment qu'ils ne risquent rien ?"
"Pour le moment oui. Tant qu'ils ne s'approchent pas de Père, les homonculus de son cercle - c'est ainsi qu'il nomme ses plus proches enfants - n'ont aucune raison de s'attaquer à eux. Cacher les disparitions de plusieurs agents du FBI serait trop difficile."
"C'est-ce que vous faites habituellement ? Faire disparaître les témoins ? C'est ce que s'est passé avec les jeunes femmes ? Elles ont vu quelque chose qu'elles n'auraient pas dû voir ?"
Ed grimaça.
"Non pas vraiment. C'est pour une autre raison."
"Une autre raison ? Envy n'est pas venu me faire taire hier ?"
"Si, et voir ce que tu avais déjà recueilli comme informations. Et ce que tu avais dit à tes collègues ou tes proches. Mais ils auraient fait disparaître ton corps ensuite. Ils ne t'auraient pas laissé à la vue de tous."
Ed avait recommencé à rester totalement immobile sur sa chaise, le regard baissé. Roy avait encore touché à un sujet qui le gênait.
"C'est pour ça que l'on ne retrouve pas plus de cadavre ? De ce que je sais, vous êtes au moins quatre. Vous vous nourrissez à quelle fréquence ?"
Edward répondit, l'ai gêné:
"Je suis jeune, donc deux fois par semaine. Je peux m'en passer un peu plus longtemps, mais ce serait dangereux pour les gens autour de moi."
"Et les autres ?"
"Moins souvent. Père peut tenir des mois sans boire et les homonculus plusieurs semaines."
"Ce n'est donc pas eux qui sont responsable des cadavres que j'ai trouvé un peu partout dans le pays ?"
"Il n'y a pas que le besoin de se nourrir à prendre en compte. La société vampire est complexe et elle doit rester secrète."
Quelque chose ne collait pas et Roy s'empressa de pointer le problème du doigt :
"Ce qui est en complète contradiction avec le fait d'abandonner des corps en pleine rue tous les quinze jours."
"Elles ne sont pas laissées là pour les humains."
Le cerveau de Roy assimila cette information et déboucha sur une horrible théorie.
"Père marque son territoire ?"
Edward hocha la tête, complètement prostré.
"C'est pour ça que vous trouvez ses victimes. Il les laisse afin que les autres seigneurs des vampires sachent qu'il a revendiqué ce pays comme le sien. Toutes les autres victimes sont cachées, elles ne font que grandir le nombre de gens qui ont disparus."
Roy posa sa fourchette. Il n'avait définitivement plus faim.
"Combien ?"
Edward ne répondit pas. Il ne respirait même plus.
Roy tapa du poing sur le bureau. Il était furieux. Maria avait servi de marque, comme un animal sauvage pisserait sur un tronc d'arbre. D'un seul coup, la nature complètement monstrueuse de la créature en face de lui apparut de manière aiguisée. Edward dégageait tellement de lumière, tellement d'énergie et de volonté que Roy avait oublié qu'il faisait partie d'une espèce qui se nourrissait d'humain. Qu'il avait tué des personnes innocentes.
"Combien Ed ?! Combien de pauvres parents vivent dans l'attente, dans l'espoir de revoir leur enfant alors qu'il a juste servi de nourriture ?! Combien de maris, de femmes, de filles ou de fils qui rêvent du retour de leur conjoint, de leur père ou de leur mère ? Combien de proches pleurent tes propres victimes ?"
La tête d'Ed se releva brusquement et leurs regards se trouvèrent. La colère de Roy disparut totalement lorsqu'il vit toute la peine, la douleur et les remords dans les yeux dorés de son interlocuteur.
Il allait s'excuser pour son emportement lorsque la chaise racla sur le sol de béton. Puis la porte claqua violemment. La seule chose qui restait d'Edward était un léger mouvement dans l'air et il disparut aussi rapidement que lui.
"Merde !"
