Hello tout le monde.

Comment allez vous ? Bien ? Pas trop froid avec l'automne qui semble s'être décidé à rappliquer ?

Je vous ai ramené de quoi vous occuper quand vous serez emmitouflés dans une couette avec un chocolat chaud. Parce que dès qu'il fait moins de 20 degrés, on est en hiver et on a le droit de paresser au chaud et de manger du fromage fondu.

Je suppose que vous êtes un peu inquiet pour Ed et Roy, alors je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps.

Bonne lecture !


En fin de compte, Edward était bien en vie et après cinq minutes passées à supporter ses hurlements et ses reproches, Roy se prit à rêver que ça ne soit pas le cas.

Le jeune homme – ou vampire, Roy devrait vraiment commencer à penser à lui en ces termes – avait trouvé les trois agents dans une voiture à quelques centaines de mètres de la Rivière Pourpre. Il était monté à l'arrière, avec Maes, comme si de rien n'était et avait croisé les bras sur sa poitrine, sommant presque – personne n'était assez fou pour ordonner à Hawkeye quoi que ce soit quand elle avait cette expression – de démarrer le moteur et de s'éloigner.

Le cœur de Roy avait raté un battement ou deux lorsqu'il avait vu qu'Edward était en vie et visiblement sans aucune blessure. Il avait juste l'air furieux et Roy s'attendait presque à voir de la fumée sortir de ses oreilles.

Ed n'ouvrit la bouche que pour donner des directions à Riza et après dix minutes d'un trajet qui sembla en durer trente tellement la tension était palpable dans l'habitacle, ils sortirent tous quatre du véhicule avant de pénétrer à l'intérieur d'une vieille maison en brique rouge, complètement délabrée.

La colère d'Edward avait éclaté à la seconde où la porte s'était refermée derrière eux, dix minutes auparavant. Est-ce que le volume sonore que sa voix pouvait atteindre était une capacité vampirique ? Parce que si c'était le cas, il n'avait besoin d'aucune des aptitudes au combat que Roy avait pu observer lors de sa bataille contre Lust et Envy, il possédait une arme de destruction massive.

"Tu m'écoutes au moins, espèce d'agent de mes deux ?"

Roy regarda Edward et il sentit son sourire apparaître sur ses lèvres contre sa propre volonté.

"Absolument pas. Et je dois bien avouer que c'est difficile vu le boucan que tu fais. Comment est-ce qu'un aussi petit corps peut produire un tel vacarme ?"

"Qui est si petit qu'il ne devrait pas faire plus de bruit qu'une minuscule souris ?"

Edward avait enfin arrêté de marcher de long en large et il regardait Roy, les yeux plissés par la colère. Mais une colère différente de celle qui avait habité leur véhicule pendant le trajet jusqu'ici. Non, cette colère là n'était pas glaciale, elle était incandescente et elle faisait ressortir l'or dans les yeux du jeune homme, les rendant plus hypnotiques que jamais.

Dieu, ce que Roy adorait quand il était comme ça et l'idée que c'était lui qui l'avait mis dans cet état là rendait la situation encore plus douce. Ed était caractériel et attiser les braises de son tempérament devenait rapidement une seconde nature chez lui.

"Absolument personne, mon cher Edward, je te l'assure. Ce n'est pas de ma faute si ta taille te complexe au point que tu prennes mal la moindre remarque."

"Ma taille ne me complexe absolument pas ! On verra ce que tu diras quand j'aurai eu mon pic de croissance."

Cette conversation était définitivement plus intéressante et amusante que les conneries qu'Ed sortait depuis tout à l'heure. Des trucs du genre : Tu t'en encore mis en danger ! Tu es complètement fou ! À quoi est-ce que tu pensais ? Tu n'as aucune chance, même avec des renforts. Je vais m'occuper de Père. La même litanie, encore et encore.

"Je pensais que tu étais un médecin, un scientifique. N'as-tu pas appris que le pic de croissance avait lieu à l'adolescence ? Je crains, mon cher ami, qu'il soit derrière toi depuis longtemps, s'il a jamais eu lieu."

Si ça avait été possible, Roy aurait juré que les yeux d'Edward devinrent encore plus brillants.

"Retire ça tout de suite ! Bâtard !"

Il était tellement agité que Roy vit apparaître un peu de rose sur ses joues. Les vampires pouvaient-ils rougir ? Est-ce que la zone serait chaude si Roy y posait ses lèvres ou bien elle garderait la même froideur caractéristique de son espèce ? L'idée, venue de nulle part, le prit par surprise et il secoua la tête légèrement, comme pour l'en déloger.

Ce ne fut qu'à ce moment qu'il remarqua la manière dont Maes et Riza les observaient. Ils s'étaient mis un peu à l'écart quand ils étaient entrés, s'adossant tous deux à une vieille table jonchée de papiers et de poussière. Ils étaient juste assez loin pour ne pas être dans le chemin d'Edward, mais suffisamment près afin d'intervenir s'il se décidait à attaquer Roy, chose qui n'était pas complètement dans le domaine de l'impossible tant il était en colère.

Mais leur posture indiquait maintenant leur amusement devant la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Et les petits sourires qu'ils affichaient tous les deux, ainsi que les yeux qui passaient rapidement d'Edward à Roy firent s'arrêter ce dernier.

Ed dut sentir le changement dans son état d'esprit parce qu'il se calma à son tour, avant de demander, avec sa délicatesse habituelle :

"Quoi ? Vous vous moquez de moi, vous aussi ?"

"Nous ? On n'oserait jamais."

L'expression totalement honnête de Maes aurait pu tromper n'importe qui, y compris un vampire. Malheureusement, Roy le connaissait trop bien pour se laisser avoir et il grimaça quand Hughes sourit de cette manière qui n'annonçait jamais rien de bon, avant d'ajouter :

"Mais je pense qu'on devrait te garder. Mustang a besoin de quelqu'un pour lui rabattre son caquet plus souvent."

Les bras d'Edward retournèrent devant sa poitrine. Il fit une moue qui n'avait absolument rien à faire sur le visage d'un adulte mais qui était tellement adorable que Roy fut pris d'une brusque envie de la chasser avec ses lèvres.

Et merde ! Roy passa très rapidement en revue toutes les raisons pour lesquelles c'était la pire des idées : vampire, danger, trop jeune, criminel, homme, pas le temps. Et il ajouta pour faire bonne mesure : bien trop de complications, même si elles étaient rassemblées dans une enveloppe magnifique, pratiquement irrésistible.

Surtout qu'il n'avait pas le temps de régler ce problème, il avait plus urgent à gérer. Comme reprendre la maîtrise de cette conversation, il était hors de question que Edward se ligue avec Maes, Roy n'avait aucune chance de s'en sortir si ça devenait le cas. Il choisit d'ignorer la remarque de son meilleur ami et s'adressa directement à Ed :

"Maintenant que tu as arrêté de piquer une crise comme un gosse mal élevé, on va peut-être pouvoir avancer et trouver un plan ?"

"J'ai un plan. Et j'étais en route pour le mettre en action quand je vous ai vu tous les trois, en train d'attendre sagement comme des animaux que l'on amène à l'abattoir. Qu'est-ce qui vous a fait croire que c'était une bonne idée ?" il fixa Roy avec des yeux pleins de reproches, "tu sais que tu n'as aucune chance et tu les as amenés quand même avec toi."

"Je n'aurai pas eu besoin d'agir ainsi si tu n'avais pas disparu sans laisser la moindre trace !"

Son propre ton était amer et Roy ne se rendit compte qu'à cet instant d'à quel point le comportement d'Edward l'avait blessé. Et pourtant, sa propre colère n'était rien à côté de celle qui habitait le jeune homme. Il était livide, ses poings serrés le long de son corps et il se tenait de cette manière qui gênait tellement Roy, qui lui rappelait qu'il n'était pas humain. Complètement immobile, froid, comme une statue incapable du moindre sentiment.

Quand il répondit, son ton était aussi glacial que sa posture :

"On se demande pourquoi je suis parti."

Roy grimaça. Il avait été spécialement cruel lors de cette conversation. Et il ne s'était pas encore excusé. Il poussa un soupir en glissant sa main sur son visage. Il devrait peut-être le faire, mais pas devant Maes et Riza, s'il devait avoir cette conversation ce serait en privé.

Il se tourna vers ses deux amis :

"Vous pouvez nous laisser seuls cinq minutes ?"

Riza fut la première à bouger et elle annonça quand elle quitta la pièce :

"Je vais nous chercher à manger. Et du café. Nous allons en avoir besoin. Vous avez une heure."

Hughes la suivit quelques secondes plus tard, après avoir posé une main sur l'épaule de Roy et lancé un regard qui signifiait clairement : quelque soit ton problème avec le gamin, tu le règles, et rapidement.

Une fois seul, Edward alla se dirigea vers la table qu'occupaient auparavant les deux agents. Il s'installa comme dans le bureau des écoulements fluviaux, un pied posé sur le plateau et les deux bras autour de son genoux relevé. Son regard était fixé au sol, à quelques mètres des pieds de Roy et ce dernier s'avança jusqu'à entrer dans le champs de vision du jeune homme.

"Ed. Ce que j'ai dit ce jour là -"

"Était la stricte vérité."

"Ce n'est pas ce que je voulais dire."

"Mais c'est pourtant vrai. Tous ces pauvres gens, leurs familles, leur proches. Si jamais Al disparaissait ainsi, je ne sais pas -"

Il se tut sans finir sa phrase. Roy connaissait parfaitement ce sentiment. Les souvenirs de ce qu'il avait fait à Ishval, les regrets, la culpabilité continuaient à le hanter presque toutes les nuits. Il savait que c'était des sentiments qui pouvaient vous grignoter de l'intérieur, petit à petit, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de vous qu'une coquille vide, une façade à présenter au monde alors que tout ce qui était derrière était mort, s'était désintégré jusqu'à totalement disparaître.

Mais il savait comment combattre ce processus. Il savait que chaque vie qu'il sauvait, chaque criminel qu'il mettait derrière des barreaux permettait de le ralentir, même s'il ne l'arrêterait jamais totalement. Mais peut-être que s'il travaillait dur, il gagnerait assez de temps et ne finirait pas avec une balle dans la tempe ou imbibé de whisky comme Riza l'avait mentionné plus tôt dans la journée.

Il pouvait aider Edward à combattre tout ça, même s'il était probable que ça soit la seule chose avec laquelle il puisse le faire.

"Ce que je vais te dire ne va pas te plaire. Je ne vais pas essayer de te convaincre que ce n'était pas toi, que ce n'était pas de ta faute. Nous savons tous les deux que tu es responsable de ces morts, en partie du moins, et je te respecte bien trop pour te mentir. D'autant plus que tu me le ferais probablement payer chèrement si j'essayais de te protéger de la vérité."

Pour la première fois depuis qu'ils étaient seuls, Edward leva les yeux vers lui, surpris, inquiet et avec une étincelle d'espoir. Roy s'approcha un peu et continua :

"Tu ne peux pas retourner dans le passé. Tu ne peux pas changer tes erreurs, ni totalement les réparer. Quand des vies ont été brisées, on ne peut jamais vraiment les remettre dans l'état où elles étaient avant. Il en manque toujours un bout, même si on ne voit plus les fêlures."

Ed resta silencieux, ce qui était assez rare pour que Roy décide de choisir ses mots suivants avec attention. Il était passé maître à ce petit jeu, à trouver précisément ce qu'il fallait dire, afin d'amener ses interlocuteur exactement où il le voulait. Et cette discussion là était de la plus haute importance. Déjà pour son enquête, pour que Maria puisse enfin reposer en paix, mais également pour Edward. Il devait lui donner quelque chose à laquelle s'accrocher, parce que Roy savait que sans ça la culpabilité le tuerait et il était hors de question de laisser quelqu'un d'aussi exceptionnel qu'Edward Elric disparaître.

Il se rapprocha encore un peu et se lança :

"Tu peux faire la différence sur d'autres choses. Tu peux te battre et sauver des vies. Ça n'effacera jamais les conséquences de tes erreurs, mais ça te donnera un but, un moyen de repayer ne serait-ce qu'un tout petit peu ta dette."

Ed sourit avec l'espoir de cacher la peine inscrite dans ses yeux.

"On dirait que c'est un discours que tu as répété."

Roy lui rendit son sourire, d'une manière toute aussi fausse.

"C'est parce que c'est le cas. Tous les matins devant la glace pendant que je me rase."

"C'est pour ça que tu ne laisses pas tomber cette affaire ?"

C'était une des raisons, même si ce n'était pas la seule, mais Edward n'avait pas besoin de savoir pour Maria, pas maintenant.

"Je dois les arrêter. Je pense que toi, plus que n'importe qui d'autre, peux comprendre pourquoi."

Tout le corps d'Edward se détendit, comme s'il avait laissé s'échapper un profond soupir. Il fixa Roy, l'air résigné et fatigué. Il passa une main sur son visage.

"Je te l'ai déjà dit et répété : tu n'as aucune chance, même avec l'ensemble de ton équipe. Ils sont trop forts, trop rapides, trop nombreux."

Roy avait été témoin de leurs capacités surnaturelles de ses propres yeux, mais il ignorait tout de leur nombre. S'il voulait une chance de les arrêter, il devait avoir cette information.

"Combien sont-ils exactement ?"

Edward hésita longuement. Ce n'était pas tant répondre à cette simple question qui le bloquait, mais plutôt accepter l'aide que Roy lui offrait. Ce dernier lui laisserait tout le temps qui lui serait nécessaire, mais il lui fallait ces réponses.

Quand Ed se remit à parler, il y avait une nouvelle assurance dans son regard, comme à chaque fois qu'on avait enfin pris une décision difficile.

"Il y a Père, mais il y a peu de chance qu'il se batte, Envy et Lust que tu as déjà rencontré. Gluttony est toujours gardé sous étroite surveillance donc il ne doit pas être loin non plus. Greed et Sloth sont rarement avec lui, ils vont et viennent, s'occupant d'affaire pour Père ou eux-même. Je n'ai jamais vu Wrath et personne n'en parle vraiment. Et puis il y a ce nouveau membre, celui qui a été créé il y a quelques semaines."

Roy ignorait tout de la manière dont les vampires étaient transformés, à part le fait que la soif était difficilement contrôlable durant les semaines qui suivaient.

"Qu'est-ce qui te fait croire qu'il y a un nouveau venu ? Père en a parlé avant que tu ne les quittes ?"

Ed grimaça.

"Je n'ai rien entendu à ce sujet. Mais la jeune fille dans la ruelle, celle avec les deux traces de morsures, ce n'est pas le travail de Père, ni d'aucun vampire adulte. Il a dû se passer quelque chose, les nouveaux nés ne sont jamais autorisé à sortir. Pas tant qu'ils ne se maîtrisent pas un minimum."

"Tu sais ce qu'il s'est passé ? A quoi il peut ressembler ?"

"Pas la moindre idée, j'étais déjà loin à ce moment là. Je suppose que Père l'a transformé pour prendre la place qui devait être la mienne à ses côtés."

Ces mots glacèrent le sang de Roy dans ses veines. Il n'avait pas vraiment réfléchi au fait que Père avait transformé Edward dans cette optique, avec l'objectif d'ajouter un membre à son cercle de machines à tuer. Brusquement, Roy fut extrêmement heureux qu'Ed soit la personne qu'il était. Un jeune homme passionné, colérique, irréfléchi, mais au sens moral infléchissable.

L'envie, qui entrait dangereusement dans le domaine du besoin, de le protéger de cette créature malfaisante solidifia sa volonté d'arrêter ces monstres une bonne fois pour toute.

"Comment on les stoppe ?"

"Tu ne peux pas."

"Tu as vraiment la fâcheuse habitude de ne pas répondre à mes questions."

"Et toi celle de toujours poser les mêmes."

En voyant la posture butée d'Ed, Roy fut partagé entre l'envie de le secouer afin de lui faire cracher le morceau et celle de le prendre dans ses bras. Ce jeune était insupportable, ingérable, malpoli et têtu. Il était aussi absolument irrésistible pour exactement les mêmes raisons et Roy se rendit compte à cet instant d'à quel point il était dans la mouise. Il ravala le rire sans humour, à la limite de l'hystérie, qui menaçait de quitter sa gorge. Il s'occuperait de son étrange attraction pour Edward plus tard, en l'éliminant au plus vite. Son timing était horrible, sa vie était actuellement assez compliquée sans en rajouter et puis, Riza et Maes n'allaient pas tarder à revenir. Il fallait qu'il ait ses réponses d'ici là.

"Ed, tu dois me dire pour que je puisse comprendre et arrêter ces monstres."

"Je suis un de ces monstres. Tu vas m'enfermer moi aussi ?"

Roy ignorait encore la réponse à cette question malgré le fait que son travail l'exigeait. Ce n'était pas à lui de juger si Edward avait le droit à des circonstances atténuantes, où même s'il était coupable aux yeux de la loi des hommes. Roy et son équipe arrêtaient des criminels et les remettaient entre les mains de la justice, la suite ne dépendait pas d'eux. Mais d'un autre côté, tout son être se rebellait à l'idée d'enfermer dans une cellule sombre une créature aussi lumineuse et brillante qu'Edward Elric.

"J'entends ton cœur battre."

Le changement de sujet lui fit perdre le fil de ses pensées.

"Quoi ?"

"J'entends ton cœur battre. Enfin pas que le tien, j'entends celui de tout le monde, il suffit qu'ils soient assez proche."

"Peux-tu me dire ce que cette information apporte à notre conversation actuelle ? Ou bien c'est une tentative de diversion maladroite ?"

Edward fronça des sourcils :

"Tu es un sale con, tu le sais ça ? Je te le dis parce que c'est une capacité très pratique pour savoir ce que pensent les gens que tu côtoies. Même le meilleur des menteurs et des manipulateurs ne peut pas totalement contrôler son rythme cardiaque. Ton cœur reste stable lorsque tu annonces vouloir arrêter Père et les autres, mais il bat plus vite et plus fort quand on parle de moi. La question est : pourquoi ?"

Ed pencha la tête sur le côté et ferma les yeux, comme pour mieux écouter. Dans le silence qui suivit, Roy entendit lui aussi son cœur battre la chamade contre sa poitrine.

Edward rouvrit les yeux lentement, l'air étonné et un peu admiratif.

"Tu hésites."

Il paraissait tellement surpris que Roy ne peut empêcher son exclamation d'outrage.

"Bien entendu que j'hésite ! Pour qui est-ce que tu me prends ?"

"Tu es un agent de FBI. Tu dois arrêter les criminels. Je suis un criminel. Donc tu dois m'arrêter. CQFD."

La manière dont Ed énonça ces faits, sans aucune émotion, finit d'éliminer les dernières hésitations de Roy.

"Ne te mets pas dans le même panier qu'eux, Ed. Tu n'as rien à voir avec ces monstres. Tu es -"

Il se coupa net dans son élan. Il avait plus de maîtrise de ses paroles que ça et dire à Edward ce qu'il pensait de lui serait dévoiler trop de choses. Roy refusait d'avoir cette discussion maintenant et s'il avait le choix, il ne l'aurait probablement jamais. Il se tairait, il garderait tout en lui, l'étoufferait jusqu'à ce qu'il disparaisse ou soit si profondément enfoui que seul Riza et Maes seraient capables de le trouver.

La réponse d'Edward fut perdue dans le fracas d'une fenêtre qui se brisait. Alors même que le cerveau de Roy venait tout juste d'enregistrer le son et ce que cela pouvait signifier, Ed l'avait déjà saisi par le bras et tiré derrière lui.

Par dessus l'épaule drapée d'une tresse d'or, Roy eut la mauvaise surprise de voir Lust accompagnée d'une énorme masse qui avait vaguement la forme d'un homme. Ils avaient tous les deux les yeux rouges et l'inconnu avait un filet de bave à la commissure de ses lèvres.

Sa voix était grave, profonde, mais elle avait des accents enfantins et le mélange fit frissonner Roy.

"Lust, je peux le manger ? J'ai faim."

"Bientôt, Gluttony. Mais avant il faut s'occuper de notre traître."

Ed était déjà en position de bataille, les jambes légèrement écartées. La masse se mit à geindre.

"Mais j'ai trop faim. Tu m'as dit que je pourrai manger."

"Je t'ai dit que tu pourras te nourrir quand nous aurons fini notre mission. Tu ne veux pas mettre Père en colère comme Envy n'est-ce pas ?"

La peur transforma le visage du vampire.

"Non, je serai sage. Je veux pas être puni."

Roy se demanda quel genre de sanction pouvaient craindre des monstres tels que les deux créatures qui leur faisaient face. Il ne s'arrêta pas longtemps sur la question, mais il savait pertinemment que la réponse ne lui plairait pas.

La posture d'Edward était toujours tendue, prêt à agir et Roy quitta des yeux les deux monstres à la recherche d'une arme, de quoi que ce soit qu'il pourrait utiliser lorsque le combat commencerait.

Il avait son arme de service à l'intérieur de sa veste, ainsi qu'une seconde, plus petite à un holster accroché à sa cheville. Il avait également un couteau dans le bas de son dos, mais il savait qu'aucun des ces trois objets ne suffirait. Ce qui ne voulait pas dire qu'il était totalement inutile, il ferait tout son possible pour ralentir leurs ennemis et apporter à Edward les ouvertures dont il aurait besoin.

Ou alors il pourrait, comme lorsqu'ils l'avaient attaqué chez lui, faire assez de bruit et espérer que d'éventuels passants ou travailleurs les entendent et appellent la police. Ils avaient fui la première fois plutôt que de se faire découvrir, rien n'indiquait que ce stratagème ne fonctionnerait pas une seconde fois.

"Tirez-vous ! À moins que vous ne vouliez que je vous botte le cul à nouveau."

Le fait qu'Edward ait le don de mettre ses interlocuteurs en colère semblait être une vérité universelle, que l'on soit un humain ou un vampire. Les yeux de Lust brillèrent de plus belle et elle gronda :

"Tu t'es mêlé une fois de trop de nos affaires, Edward Elric. La patience de Père est arrivée à sa limite, nous devons t'éliminer puisque tu refuses de vivre selon nos règles ancestrales."

"Des conneries. Père s'en fout des règles ancestrales. Tout ce qu'il veut, c'est le pouvoir et vous êtes trop idiots pour vous rendre compte qu'il se sert de vous."

Cette fois, Lust ne chercha pas à répondre et elle se jeta sur Ed. Ce dernier para chacun des coups avant qu'ils ne l'atteignent, refusant de reculer ou de dégager un chemin vers Roy.

À la différence de la première fois qu'il avait été le témoin d'un combat entre des vampires, les sens de ce dernier n'étaient pas émoussés par la perte de sang. Et pourtant, il ne réussit pas plus à suivre les mouvements des deux opposants. Ils bougeaient vite, bien trop vite et la seule chose que Roy arrivait à percevoir avec certitude était le bruit de leurs coups, les grognements et sifflements qui fusaient quand l'un d'entre eux arrivaient à passer la garde de l'autre.

Parfois, il apercevait un éclair rouge et or, entouré de noir, presque submergé mais jamais totalement enfermé. Et toujours, toujours il ne voyait que le dos d'Edward, planté entre les deux vampires et leur proie.

Roy n'avait pas bougé d'un centimètre, complètement hypnotisé par le combat qui se déroulait devant lui, lorsque les deux adversaires s'écartèrent. Il ne voyait pas le visage d'Ed et il ignorait s'il était blessé, mais Lust avait une profonde coupure à la lisière de ses cheveux et quelques gouttes de sang s'étaient amoncelées au coin de ses lèvres. Les yeux encore plus rouge que d'habitude, elle lécha la plaie, observant Ed et Roy à tour de rôle.

"Gluttony."

La monstruosité n'avait pas bronché durant tout le combat, se limitant à regarder dans le vague.

"Lust ?"

"Attrape l'humain. Mange-le."

Un sourire enfantin apparut sur le visage du vampire. On aurait dit un gosse que l'on aurait autorisé à ouvrir la boîte à bonbons.

"D'accord, Lust. Tout de suite. J'ai faim."

Roy fut surpris de la vitesse à laquelle le monstre s'élança vers lui. Il avait cru qu'avec une masse pareille, il serait assez lent pour que Roy puisse réagir, mais il dut se rendre à l'évidence : même contre lui, il devait compter sur Edward pour le protéger. Et bien entendu, ce dernier s'était immédiatement placé entre Roy et la nouvelle menace, bloquant le passage de son corps.

Mais Glutony était bien plus fort que Lust ou Envy et Edward poussa un grognement de douleur lorsqu'un coups passa sa garde et alla frapper son sternum. Le combat, qui jusqu'à maintenant avait eu lieu à quelques mètres de Roy, commençait à se rapprocher et il recula d'une dizaine de pas, à la recherche de quelque chose, n'importe quoi, qui pourrait lui servir. Lust remarqua son mouvement et découvrit ses dents dans un rictus inquiétant. Ses canines étaient pleinement visible et une peur primale, celle que ressentaient toute créature traquée par un puissant prédateur, fit glisser un frisson le long de la colonne de Roy.

Il sortit son arme, il n'était pas une proie, ne l'avait jamais été, et il était hors de question de mourir sans combattre. Sa première balle partit alors que la vampire se jetait sur lui. Elle alla se ficher dans son épaule et pourtant elle ne la ralentit pas une seule seconde. Au moment où Roy allait tirer à nouveau, Edward apparut dans son champs de vision et bloqua le chemin de Lust.

Gluttony se servit de ces quelques secondes d'inattention. Il attrapa Ed et l'envoya voler vers le mur juste à la gauche de Roy. L'impact de son corps contre la surface dure lui arracha un grognement de douleur. Il s'écroula ensuite sur le bureau qui se situait en dessous. Le meuble vola en éclat lorsque les deux vampires se jetèrent sur lui.

La suite du combat se déroula comme si la pièce était éclairée par des stroboscopes. Roy ne voyait que des flash, des ombres qui se déplaçaient dans tout l'espace, détruisant les quelques meubles et caisses qui jonchaient le sol. Le plâtre des murs et les plaques de polystyrène du plafond tombaient au sol à chaque fois qu'un corps entrait en collision avec les murs. L'atmosphère devenait de plus en chargée en poussière et en débris.

Edward arrivait à tenir en échec ses deux adversaires, mais même avec ses faibles sens d'humain, Roy se rendait compte qu'il était moins rapide, moins précis. À chaque fois qu'il parvenait à apercevoir le visage du jeune homme, il y avait une nouvelle coupure, un nouvelle blessure.

Et malgré toute la détermination de Roy, ils bougeaient encore trop vite pour qu'il puisse utiliser son arme, ou même l'aider d'une quelconque manière. Il était totalement impotent et il repensa à ce que Ed lui avait dit plusieurs fois, qu'il ne pouvait rien faire, que leurs ennemis étaient trop puissants. Cette idée éveilla en lui une sourde colère, il ne s'était pas senti aussi impuissant depuis le jour où il avait découvert les corps sans vie de femmes et d'enfants dans ce village à Ishval. Il ne pouvait que rester complètement inutile, à observer ce qui se déroulait devant lui en simple spectateur, sachant pertinemment que la fin était proche.

Lorsque Ed fut projeté contre une caisse en bois, envoyant voler les bombes d'insecticide qu'elle contenait dans la pièce, il mit une nanoseconde de trop à se relever. Ses deux opposants en profitèrent pour l'encercler, prêts à l'attaquer. C'était fini. Edward ne pourrait pas se libérer de leur piège et ils auraient tôt fait de saper le reste de son énergie s'il tentait de se protéger de coups provenant de plusieurs directions. Mais Edward n'était pas du genre à laisser tomber, même lorsque ses chances étaient nulles et il continuait à se battre.

Roy poussa un cri d'alarme lorsqu'il vit quelque chose briller dans la main de Lust, juste avant qu'elle ne se jette sur Ed. Ce dernier était occupé à repousser Gluttony et il ne put se dégager à temps. La lame pénétra son flanc gauche et avant que Lust ne puisse le frapper à nouveau, il la fit reculer de plusieurs pas d'un coup de pied dans les côtes. Avec une grimace, il pressa une main sur sa blessure qui saignait abondamment et l'odeur de sang, qui flottait déjà dans l'air, s'épaissit.

Elle empira encore lorsque Lust revint à la charge, atteignant Ed à la cuisse cette fois. Ce dernier tomba à genoux et Gluttony se servit de ce moment de faiblesse pour l'immobiliser en le saisissant par la taille. Il souleva Edward, incapable de se dégager avec ses bras coincés le long de son corps, jusqu'à ce que ses pieds ne touchent plus le sol.

Maintenant qu'il était à leur merci, Lust prit le temps de lécher le sang de sa lame avant de s'approcher doucement de sa proie.

"C'est terminé, traître. Je vais te vider de ton sang et te laisser pourrir ici. Et ensuite nous ferons de même avec ton humain."

Edward était en train de se débattre, de tenter de briser la prise qu'avait Gluttony sur lui, mais il était visiblement à bout de force, la perte de sang terminant de saper son énergie.

"Je vous interdis de le toucher, bande de dégénérés."

Il semblait presque à bout de souffle, ce qui était inquiétant pour une créature qui n'avait pas besoin de respirer. Lust leva son couteau, prête à le planter dans la gorge d'Edward afin de le faire taire.

Incapable de l'arrêter, Roy tira. Le coup de feu retentit dans la pièce et sembla surprendre les trois vampires. Ils avaient oublié sa présence, le jugeant assez insignifiant pour ne plus surveiller ses agissements. Cette idée enflamma sa colère et il vida son chargeur sur Gluttony dans l'espoir de lui faire lâcher sa victime. Comme il s'y était attendu, c'était totalement inutile et le vampire se contenta de secouer la tête, comme un animal importuné par un insecte.

Roy allait recharger son arme lorsqu'il se retrouva pressé contre un mur, une main serrée autour de sa gorge, et le visage de Lust à quelques centimètres du sien. Ses pieds ne touchaient pas le sol non plus et il se retrouva incapable de se dégager. Ce qui ne l'empêcha pas d'essayer de toutes ses forces. Lust sourit devant la futilité de sa tentative, puis elle gronda :

"Vous allez rester bien sagement ici, agent Mustang. Le temps que l'on termine de punir ce sale gamin. Dommage qu'il n'ait jamais appris à rester à sa place. On revient s'occuper de vous dès que nous en avons fini avec lui."

Le manque d'oxygène provoqué par la main autour de sa gorge lui fit tourner la tête et quand elle le lâcha, il s'écroula au sol, ses jambes incapables de le soutenir. Il se mit à quatre pattes, au milieu des bombes insecticide et tenta de retrouver son souffle à travers sa trachée douloureuse.

Le cri de douleur qui retentit lui parut encore plus bruyant que ses coups de feu l'avaient été et il tourna la tête juste à temps pour voir Lust lâcher le couteau qu'elle avait planté dans le cœur d'Ed. Elle se penchait déjà, les lèvres relevées sur d'impressionnants crocs, du cou du jeune homme. La colère qui ne l'avait pas quitté s'embrasa au point de devenir de la rage.

Edward ne finirait pas comme Maria. Il en était hors de question. Roy ne reperdrait pas une personne à qui il tenait à cause de ces monstres.

Sans vraiment réfléchir, sa main se referma sur une des bombes qui jonchaient le sol. Il sortit le briquet qu'il gardait toujours dans sa poche – un accessoire utile lorsque l'on voulait aborder une fumeuse - et se releva.

Il produisit une étincelle au moment même où il appuyait sur l'aérosol. La flamme qui jaillit immédiatement était assez chaude pour qu'il la sente sur son visage, malgré ses deux bras tendus. Il dirigea son arme de fortune vers le dos de Gluttony et le cri de douleur et de rage que ce dernier poussa amena un sourire presque animal sur les lèvres de Roy.

Le monstre lâcha Ed qui tomba lourdement au sol. Roy lança une seconde salve de la bombe juste devant lui au moment où Lust se jetait sur lui. Elle recula, elle aussi en hurlant, et Roy vit avec plaisir que ses longs cheveux bruns avaient pris feu.

Lorsque le contenu de la première bombe fut vidé, il avait devant lui deux visions d'horreurs. Lust et Gluttony avaient de nombreuses brûlures sur tout le corps, leurs vêtements avaient fondus, laissant déjà apparaître des cloques pleines de pus sur leur peau. Le crâne de Lust était une bouillie rouge vif et pourtant elle continuait à avancer vers lui, les yeux incandescents autour d'un visage presque calciné.

Roy vit, complètement horrifié, certaines blessures commencer à se refermer. Peut-être qu'Ed avait raison, peut-être qu'ils étaient invincibles et que tout ce qu'il pouvait faire était de gagner du temps et leur permettre de fuir. Alors qu'il reculait, il rattrapa deux nouvelles bombes au sol et les vida l'une après l'autre. Lorsque ses ennemis tombèrent enfin au sol, il attrapa un quatrième aérosol et finit de les griller avant de se précipiter vers le corps inerte d'Edward.

Il s'agenouilla à ses côtés et le mit sur le dos. Le couteau avait disparu mais la plaie saignait toujours. Il ne respirait plus, mais ce n'était pas quelque chose à laquelle Roy pouvait se fier. Il secoua légèrement l'épaule du jeune homme dans l'espoir de lui faire reprendre connaissance et son effort fut récompensé lorsque Ed bougea légèrement.

Avec un gémissement, il se tourna sur le dos et grogna :

" Pars d'ici. Vite."

" Pas sans toi. Tu peux te lever ?"

"Tire toi Mustang !"

Edward tenta de le repousser, mais il n'y avait aucune force derrière son geste et Roy s'inquiéta à l'idée de la facilité avec laquelle il résistait. Pour une fois, Ed n'avait aucune possibilité de l'obliger à faire quoi que ce soit et Roy tira un plaisir, malgré la situation et l'inquiétude, à désobéir. Il passa un bras sous les épaules du jeune homme, un autre sous ses genoux et le souleva.

Leurs grognements se mélangèrent quand il se redressa totalement. Roy ne s'était pas sorti de leur combat sans se prendre quelques coups et il savait qu'il découvrirait de nombreux bleus lorsqu'il aurait enfin le loisir de prendre une douche.

Ed tenta de se dégager et son souffle fit frissonner Roy lorsqu'il atteignit son cou.

" Pose moi, bâtard. "

Le rire de Roy lui fit mal aux côtes et il arrêta vite, une grimace aux lèvres.

" Tu peux marcher seul ?"

Le silence qui suivit lui apprit tout ce qu'il devait savoir et il se mit en route. Il dut passer à côté des deux corps calcinés pour sortir de la pièce et il vit avec horreur que l'un d'entre eux bougeait encore. Il ignorait s'ils pouvaient se remettre de telles blessures et du temps qu'il avait devant lui si c'était le cas et il n'allait pas rester ici pour l'apprendre. Riza et Maes ne devraient plus tarder à revenir et il devait les appeler afin de les prévenir du changement de plan.

Il emmena son précieux chargement jusque devant la porte d'entrée. Ed n'avait rien dit depuis sa dernière série d'insultes et Roy ne sentait plus son souffle dans son cou. Encore une fois, il ne pouvait pas se servir de cette indication pour connaître l'état du vampire. Il bougea l'épaule sur laquelle la tête du jeune homme était posée, dans l'espoir d'attirer son attention.

" Tu as un endroit où nous cacher ? "

Le visage d'Ed était si proche de la peau fine au dessus de sa jugulaire que Roy sentit sa langue quand elle sortit pour humidifier ses lèvres. Il aurait dû s'alarmer de la proximité de ses crocs avec une de ses veines, mais c'était Edward qui était dans ses bras et l'esprit de Roy refusait d'avoir peur.

"L'ancienne conserverie au sud de la ville. Au sous-sol, la chaufferie. "

Sa voix était rauque et tous ses muscles étaient tendus.

" Ça va aller jusque là ? "

Ed ne répondit pas. Il ne paraissait pas s'être évanoui, la tension dans son corps n'avait pas disparue, mais Roy ignorait tout de la biologie des vampires. Il n'avait aucun moyen de savoir ce qui était normal ou pas. Heureusement pour lui, Maes et Riza n'étaient pas loin et lorsqu'il les appela d'une ruelle à quelques centaines de mètres de la vieille habitation, ils mirent moins de cinq minutes à le rejoindre avec une voiture.

Ed ne bougea pas lorsqu'il fut déposé sur le siège à l'arrière. Il n'émit pas un son non plus quand Roy se glissa à ses côtés et posa sa tête sur ses genoux, indiquant à Riza leur nouvelle destination. Maes était sur le siège passager, tourné vers l'arrière du véhicule, l'air inquiet:

" Il va bien ?"

" Je n'en sais rien."

" Qu'est-ce qui s'est passé ?"

" Une attaque. Lust et un autre vampire. Il m'a protégé et s'est pris plusieurs coups de couteau. J'ai fini par réussir à les arrêter en les brûlant avec le contenu d'un aérosol. Au moins, nous savons qu'ils sont vulnérables au feu. Ça pourrait nous aider dans le futur. Vous nous déposez et après vous revenez ici, vous occuper de ces deux monstres s'ils sont toujours là. "

" Tu veux dire qu'ils sont peut-être encore en vie ? "

" Encore une fois, je ne sais pas. J'ignore tout de leurs capacités et cette tête de mule n'a rien voulu me dire à ce sujet. "

Les regards des deux hommes se posèrent sur Edward, totalement immobile. Il était extrêmement pâle et le froid qu'il émettait commençait à pénétrer l'épais tissu du pantalon de Roy. Ce dernier ne savait pas quoi faire, Ed présentait tous les signes d'un corps et Roy ignorait s'ils étaient normaux ou s'il devait s'inquiéter.