BONJOUR! Vous avez vu? J'ai mis que deux semaines à l'écrire, celui-là! Il faut dire que j'ai été pas mal inspirée et que je me suis vraiment éclatée. Je crois que c'est le chapitre que je préfère, pour le moment.
En revanche, je me vois obligée d'ajouter un petit (gros) GORE WARNING: ce chapitre va faire passer la fic en rating M, non pas pour une scène de cul, mais plutôt à cause d'un passage assez violent et graphique. Euh... Voilà.
Petite séance de réponses aux reviews et je vous libère:
Em: Hey! Merci, c'est vraiment super gentil! nwn (et je les appelle "fics" ou "fanfics" haha!) YOUPI, une autre fan du KiriBaku! \0/ Ça me fait vraiment plaisir que tu trouves que je les gères bien, j'essaie toujours de faire de mon mieux pour que ça puisse coller au canon! Aaaah, et le fait que tu aies adoré Succes et Puceaux me comble de joie aussi, j'ai adoré les écrire TwT Merci pour tes compliments, j'espère que la suite de l'histoire te plaira tout autant! Et pas de problème, j'adore les longs commentaires! xD Merci encore et à très vite!
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve en bas!
Chapitre VI : Attaquer et fuir
Les claquements des sabots de la jument s'éloignèrent, se mêlant et se confondant avec le grondement de l'orage menaçant qui s'était levé sur l'ancien Royaume de Gwanwyn. Le crépitement des flammes bleues qui grossissaient autour de l'homme et les fines gouttelettes de pluie qui tombaient sur le sol, tous ces sons étaient comme un vacarme ahurissant à ses oreilles. Un bourdonnement insupportable, semblable au cri d'un millier d'insectes, un raffut d'agonie et de mort imminente qui l'entourait et lui faisait perdre ses forces.
Kirishima serra les poings, serra ses dents qui grincèrent entre elles, sentit son cœur s'emballer comme s'il allait exploser. Ses membres étaient parcourus de violents tremblements et son ventre se tordait à mesure que les deux bandits qui s'approchaient de lui avançaient à grandes enjambées.
Le brasier en face de lui grossissait, grossissait et gonflait comme s'il allait exploser d'une seconde à l'autre. Puis, la gerbe de flammes devint soudainement immense, si forte et destructrice que son souffle brûlant obligea le jeune Adarkin à se protéger de ses deux bras devant son visage pour contrer la chaleur. Lorsqu'il rouvrit les paupières, l'homme à la chair brûlée était juste en face de lui, ses pupilles rétractées en deux minuscules têtes d'aiguilles, prêt à le frapper d'un poing enflammé, brandit en l'air, menaçant de se fracasser d'une seconde à l'autre contre son visage.
Eijiro fit un bond en arrière, en un éclair, il tira une des deux dagues fixées dans son dos et fendit l'air pour tenir le bandit éloigné. Un nouveau coup, la lame sifflante ne rencontrant que le vide, et l'homme aux flammes recula. Seuls quelques pas les séparaient à présent, et la pluie qui était maintenant une averse se mêlait à la sueur dégoulinante qui glissait le long de leurs visages. Kirishima tremblait, la lame brandie devant lui, dissuadant le brun d'approcher. Ce dernier, courbé, se redressa alors qu'un rire sourd refluait depuis le fond de sa gorge. Eijiro se raidit.
« Laissez-nous partir.
-Tu perds ton temps, gamin. N'essaie pas de discuter. Vous allez mourir tous les deux.
-Il n'y aura pas de morts si vous nous laisser nous en aller ! Nous ne demandons rien d'autre ! »
Le dragon perdait ses moyens. Il avait peur. Sa voix se faisait plus sourde, se voulait plus menaçante, et sa queue s'agitait nerveusement. Les flammes de son adversaire, insensibles à la pluie, projetaient une lumière bleue sur son visage. Il n'osait pas bouger, faire le premier pas pour attaquer. Il espérait qu'en restant ainsi, à se faire face sans qu'aucun d'entre eux ne bouge, le prince puisse s'éloigner le plus possible. Mais il semblait oublier, focalisé sur l'homme en face de lui, que la jeune fille qui l'accompagnait avait disparu de son champ de vision.
Lorsqu'il le réalisa, ses paupières s'écarquillèrent, et il tourna brusquement la tête à la recherche de sa silhouette. Son cœur manqua un bond lorsque l'adolescente surgit derrière lui, sa lame en main, fondant à toute allure dans sa direction. Il n'eut pas le temps de l'éviter.
Un cri rauque retentit lorsque la longue lame s'enfonça dans son épaule pour en ressortir de l'autre côté, maculée d'un sang sombre qui ne mit pas longtemps avant de dégouliner abondamment de la plaie. Un sourire sadique étira les lèvres de la jeune blonde, découvrant une dentition acérée, et un rire presque hystérique se mit à retentir lorsqu'elle retira violemment sa lame de l'épaule d'Eijiro qui trébucha au sol, soulevant la poussière, l'éclaboussant de lourdes gerbes d'hémoglobine.
Kirishima se recroquevilla sur lui-même, portant une main à la plaie qui traversait son buste, le sang épais coulant à flots entre ses doigts crispés, maculant ses vêtements et pénétrant la fibre, dégoulinant sur son torse. Les rires de l'adolescente ne lui parvenaient même pas, trop assommé par la douleur brûlante de la lame qui venait de le transpercer. Il releva les yeux en hâte lorsqu'il sentit qu'une présence se rapprochait, tombant nez à nez avec l'homme en noir qui se pencha sur lui avant de le saisir par le foulard qu'il portait autour du cou pour le soulever comme s'il ne pesait rien. De nouveau, son poing se leva en l'air, et lorsqu'il s'abattit sur sa mâchoire, tout devint noir.
Non !
Un coup dans le diaphragme lui coupe la respiration. La lame transperce de nouveau sa chair, le bras, le flanc, la jambe, la joue. Une chaleur insupportable s'élève dans les airs. Le crépitement d'un brasier résonne et lui vrille les tympans.
S'il ne se transforme pas tout de suite, il va mourir. S'il ne réussit pas à tenir les deux bandits à distance, ils retrouverons le prince. Ils ne doivent pas le toucher, ils ne doivent pas…
Sa vision est floue. Sur sa peau, il sent le picotement caractéristique de ses écailles qui pointent à travers son épiderme. Il sent son corps se transformer, changer d'apparence, grandir, grossir, sa peau se déchire, il se sent partir. Il sent une force dont il n'a pas le contrôle couler dans ses veines et prendre possession de lui. Et quand, s'élève dans le ciel noir d'orage un rugissement animal, si fort qu'il fait trembler le sol et s'envoler les oiseaux de la cime des arbres, Eijiro l'entend de loin, comme si ce hurlement inhumain n'était pas le sien.
§§§
Lorsque Katsuki rouvrit les yeux, son corps était ballotté, secoué, encore sonné à cause de la quantité de sang qu'il manquait à son organisme, il ne réalisa pas immédiatement que ce qui le portait n'était autre qu'un cheval sans cavalier, avançant entre les troncs d'une forêt qu'il reconnut vaguement pour l'avoir traversée quelques jours plus tôt. Il peinait à se mouvoir, se redresser pour se saisir des rênes et faire s'arrêter la bête. Mais lorsqu'il commença à bouger, la jument s'immobilisa, souffla, et agita la tête.
Un grondement rauque s'échappa d'entre ses lèvres. Tout son corps le faisait souffrir, et le sang qu'il continuait à perdre avait tâché la selle et les poils de la bête. Lentement, il se laissa glisser de son dos, mais ne parvient pas à se rattraper et s'écroula sur le sol dans un nouveau grognement, les dents serrées.
« Putain… » Siffla-t-il, et lentement, il tenta de se tourner sur son flanc, mais l'effort était trop grand et il se sentait vidé de ses forces. Autour de lui, la forêt, plongée dans une pénombre précaire, tournait et lui donnait la nausée.
Alors que ses paupières se faisaient lourdes, se fermaient lentement, un rugissement s'éleva par dessus les arbres. Il était si puissant qu'il lui arracha un sursaut, et Katsuki redressa la tête, ignorant la douleur des muscles de son cou qui le tiraient horriblement. Il demeura un instant immobile, se questionnant sur l'origine de ce cri qui n'avait rien d'humain, ni d'animal. L'image du jeune homme à l'apparence étrange qui l'avait tiré de sa cage tout à l'heure n'était pas nette dans son esprit. Ses souvenirs se mélangeaient et il avait du mal à discerner le réel des chimères créées par son imagination. Il lui avait semblé voir deux cornes sur sa tête, et une large queue en bas de son dos. Ce garçon était sûrement un Adarkin, et il n'était pas à ses côtés. Alors que ses idées se mettaient lentement en place, et que petit à petit, il croyait comprendre, une appréhension désagréable le prenait aux tripes.
Le jeune roi déglutit. Dans sa gorge, le goût métallique du sang était mêlé à celui amer de la bile. Il rassembla toutes ses dernières forces, rampa jusqu'au près de l'arbre le plus proche, et s'appuya difficilement contre le tronc rugueux. Il haletait sous la douleur, et souleva sa cape avec appréhension, jetant un œil à son flanc, là où, en plein centre de son Infirma, inondée de son propre sang, dépassait à peine le bout de la large aiguille d'obsidienne que l'homme à la chair brûlée lui avait enfoncée dans le corps avant qu'il ne se fasse jeter aux cachots.
Ses autres blessures s'étaient en partie refermées. Elles le brûlaient un peu, mais comparé à la décharge électrique qui le traversait depuis son point faible, elles n'étaient rien. Attaché deux jours durant, il avait du endurer cette souffrance, mais maintenant que ses mains étaient libres, il ne rêvait que de pouvoir se débarrasser de cette abominable déchet étranger à son organisme et qui lui faisait si mal.
Les canines plantées dans sa lèvre inférieure, il approcha une main tremblante et vidée de forces vers la pointe noire qui dépassait de sa chair gonflée, rougie et infectée. À peine ses doigts effleurèrent la pierre qui composait l'aiguille qu'une nouvelle décharge l'électrisa, et il poussa un hurlement déchirant qu'il lui fut impossible de contenir. Sa fièvre montait, et il se sentait tourner de l'œil. La douleur était trop forte.
Devant le château de l'ancien Royaume de Gwanwyn, une silhouette immense, de plusieurs dizaines de mètres de haut, s'agitait en tous sens. Un nouveau cri déchira les airs : c'était un dragon gigantesque aux écailles rouges comme un coucher de soleil et aux yeux couleur or, des épines acérés comme des lames qui couraient tout le long de son cou et de son dos jusqu'à sa queue, terminée d'une pointe tranchante qui fendait les airs. Sa tête massive était elle aussi recouverte d'écailles pointues et coupantes depuis le bout de son museau jusqu'à sa mâchoire, où prenaient naissance d'épaisses cornes de toutes les tailles. Lorsque la bête rugissait, des crocs longs et aiguisés comme la pointe d'une centaine d'épées jaillissaient de sa gueule, et sur son dos, deux immenses ailes battaient l'air et firent voler tout ce qui se trouvait aux alentours. Restés à terre, sidérés par la colossale légende qui venait de surgir en face d'eux, les deux membres de l'Alliance étaient courbés, ployant devant le souffle généré par le reptile.
L'adolescente, emportée par la force de la bourrasque, tomba en arrière dans un cri aigu. L'homme aux flammes, lui, se protégeait de ses deux bras devant son visage, le regard rivé vers le dragon qui s'agitait à quelques mètres d'eux. Quelques secondes plus tôt, il n'était qu'un gamin apeuré, tremblant et blessé, et à présent, c'était un monstre titanesque qui pouvait les écraser d'un seul coup de patte. Mais sur le visage de l'homme, un sourire mauvais se dessina et prit possession de ses lèvres.
« Je vais te massacrer, espèce de gros lézard. »
Et autour de lui, les gerbes bleues soufflées par le vent reprirent vie et explosèrent, se projetant en une boule de feu prodigieuse qui illumina la scène d'un éclat azuré. D'un geste de bras, il les dirigea vers l'énorme reptile et l'éclat bleu et brûlant fondit sur la bête à la manière de la foudre dirigée par la main d'un dieu. Mais le dragon gonfla son goître qui rougit, incandescent, et lorsqu'il rouvrit sa gueule béante, cracha à son tour un geyser de flammes et les deux brasiers s'entremêlèrent, une explosion de rouge et de bleu qui illumina les alentours comme une étoile qui meurt et qui explose, rasant tout à des kilomètres.
Restée à terre, la blonde à la robe asiatique se redressa dans un hoquet de surprise. Elle plissa les yeux, éblouie, et lorsque la luminosité née des deux foyers se tarit peu à peu, aperçut son camarade, une partie de ses habits en lambeaux, calcinés par la chaleur. Pour la première fois, Dabi était impuissant, et ses flammes n'avaient pas eu raison de son ennemi. Elle se redressa, bondit sur ses pieds, saisissant au vol sa lame tombée à terre gisant à quelques pas d'elle. Puis, sans peur, elle s'élança, levant son épée en l'air, fonçant droit vers la bête.
« Himiko ! La voix rauque de celui à la chair brûlée résonna en même temps que l'orage retentissait au loin.
-Avec ma lame, je pourrai au moins lui crever les yeux ! » Fit-elle en se précipitant vers le dragon qui s'emportait de nouveau, un énième hurlement refoulant depuis le fin fond de sa gueule hérissée de crocs.
Mais, alors que l'adolescente bondissait dans les airs, prête à escalader l'animal pour monter jusque sur sa tête et atteindre la seule partie de son anatomie qu'elle pourrait transpercer de sa lame, celui-ci donna un coup de sa large queue épineuse, et la pointe qui la terminait fendit l'air, avant de rencontrer la chair tendre du ventre offert de la jeune fille.
La pique acérée trancha d'un coup net son abdomen. Sa peau s'ouvrit, et découvrit d'abord une viande blanche, avant qu'une gerbe de sang rouge sombre n'en jaillisse et que ses intestins, bleuâtres, s'échappent de son corps qui retomba, coupé dans son élan, dans un bruit mat sur le sol maintenant boueux, trempé de pluie.
Son visage se fracassa contre le sol, et ses bras retombèrent mollement à côté d'elle. Dans un cri guttural, rauque, elle cracha un flot de sang mêlé à ce qui semblait être le contenu de son estomac, qu'elle vomit dans un spasme. Pendant que ses organes se répandaient mollement sur le sol, son corps était secoué de soubresauts incontrôlés qui se calmèrent peu à peu, jusqu'à ce que l'adolescente finisse par s'immobiliser dans la flaque rouge qui l'entourait.
Resté quelques mètres plus loin, les paupières écarquillées, la bouche entrouverte, l'homme aux flammes fit un pas en arrière.
En face du corps inerte, l'immense dragon se figea à son tour et se ratatina sur lui-même, rapetissant jusqu'à retrouver sa taille humaine. Il était redevenu le jeune garçon effrayé, le visage blême et les yeux grands ouverts, fixant le cadavre encore chaud auquel il venait d'ôter la vie.
Il venait d'ôter la vie.
Un haut le cœur incontrôlable le prit, et, projeté en avant, il régurgita à son tour, écœuré par l'odeur nauséabonde qui s'élevait dans l'air et la scène morbide qui se jouait devant ses yeux, et dont il était la cause. Souillé de ses propres restes, il recula, terrorisé, avant de trébucher en arrière. Il recula encore, se traîna dans la boue, ne pouvant pas détacher son regard de l'adolescente sans vie qui gisait sur le sol, face contre terre.
Il venait de la tuer. Lui qui ne voulait blesser personne venait de tuer cette jeune fille de la façon la plus horrible qui soit. Une nouvelle vague de nausée le prit, mais en relevant les yeux de quelques centimètres, son regard tomba dans celui bleu azur d'en face. Les deux perles couleur ciel le fixaient avec une horreur mêlée de fascination. Eijiro sentit son cœur rater un bond. L'espace d'un instant, il avait oublié l'autre homme. Mais maintenant qu'il avait tué sa partenaire, même s'il ne l'avait pas fait volontairement, que sa mort était un accident, il en était certain : l'homme allait se venger. Il allait le tuer à son tour ! Il tenta de se lever, prenant appui sur son bras, mais la plaie infligée par la lame de l'adolescente quelques minutes plus tôt le fit soudainement intensément souffrir et il s'écroula de nouveau en arrière dans un geignement endolori.
Dans sa tête, tout se mélangeait. Le paysage tournait, les grondements du tonnerre au dessus de lui se mêlaient aux battements de son cœur, il avait l'impression d'entendre un bourdonnement, à moins qu'il ne s'agisse d'une hallucination. Il devait fuir. Il devait s'en aller d'ici sur le champ. L'homme aux flammes fit un pas vers lui, et cette fois, il réussit à se relever. Il tituba, manquant de trébucher, fit un pas en arrière, ses yeux redevenus vermeils encore plongés dans les siens, avant de faire demi-tour, et de se mettre à courir. Il courait droit vers la forêt, une main cramponnée à son épaule qui saignait toujours, laissant de larges gouttes sombres derrière lui. Il courait à en perdre haleine car sa vie en dépendait. Et alors qu'il se sauvait, il n'entendait plus rien d'autre que son sang battre à ses oreilles.
Mais la peur lui fit perdre ses moyens, et ses jambes s'emmêlèrent. Il trébucha en avant, tomba la tête la première dans la terre boueuse, comme la jeune fille quelques instants plus tôt à peine. Il se redressa sur ses coudes, ignorant la douleur piquante dans son épaule, se retourna, le cœur au bord des lèvres.
Mais Dabi ne le suivait pas.
Il s'était rapproché du cadavre de sa partenaire, et l'avait soulevée. Il la tenait serrée contre lui, une main retenant sa nuque, et l'autre glissée sous ses genoux, les boyaux de l'adolescente fuyant de son abdomen, maculant le corps de l'homme de tâches brunes, mais il semblait l'ignorer. Il se tenait droit, le regard fixe dirigé vers Eijiro. Et ils se croisèrent de nouveau, leurs deux yeux plongés dans leurs vis à vis d'en face, alors qu'aucun d'entre eux n'osait faire le moindre mouvement.
Puis, Eijiro se releva, et se remit à courir.
§§§
Lorsqu'il atteignit la forêt, le ciel était encore plus sombre qu'au début de l'orage. La nuit commençait à tomber sur les anciennes terres du printemps, et, obstrué par les lourds nuages noirs, le soleil ne passait plus. Une fois sous les arbres, il faisait si sombre que ses yeux eurent du mal à s'adapter à l'obscurité. Essoufflé, il s'appuya contre le tronc rugueux d'un arbre mort, n'arrivant pas à reprendre son souffle, l'impression qu'il allait vomir une fois de plus lui enserrant la gorge, l'étouffant, lui faisant tourner la tête. Il revoyait en boucle l'image de sa chair, s'ouvrant, du contenu de son ventre qui se répandait sur le sol, et peu à peu il réalisait ce qu'il avait fait. Il se recroquevilla sur lui même, ses doigts se crispèrent sur le bois mort, un grognement refoulant depuis le fond de sa gorge avant de se transformer en un hurlement de rage, assourdissant, empli de souffrance et de haine.
Il se hait. Il se déteste. Il se dégoûte lui-même.
Les larmes avaient creusé des sillons sur ses joues salies. Il se mordit violemment la lèvre, essayant de se calmer, son buste secoué de sanglots. Il se frappa le front contre le tronc, s'écorchant la peau. Il devait se ressaisir. Le prince était quelque part dans la forêt, il avait réussi à s'enfuir. Il devait le retrouver et lui venir en aide. Il devait prendre soin de lui. Il devait…
Un autre haut le cœur, et il fut incapable de se retenir. Il plaqua sa main contre sa bouche mais une bile amère reflua contre son palais, et la substance visqueuse s'échappa d'entre ses doigts, tombant à grosses gouttes sur le sol. Il serra ses paupières aussi fort qu'il le put, laissant s'échapper ses dernières larmes, puis s'essuya le visage d'un revers de manche.
Lorsqu'Eijiro rejoignit enfin l'autre jeune homme, la nuit était totalement tombée sur la forêt. Il y faisait si sombre que les arbres et les bosquets n'étaient que des silhouettes qui s'agglutinaient, et il arriva à retrouver la trace du prince grâce à l'odeur du sang frais qui s'élevait dans l'air froid de la nuit.
En entendant un frémissement de feuilles derrière lui, le jeune roi se retourna, les lèvres retroussées, grondant, prêt à dissuader un éventuel adversaire, mais se relâcha rapidement en reconnaissant le profil de l'adolescent qui l'avait libéré des cachots. Cependant, il restait quand même sur ses gardes, tendu, et se replia sur lui-même sans le quitter des yeux. Eijiro contourna l'arbre contre lequel il s'était adossé, et vint s'agenouiller en face de lui, gardant ses distances en voyant le regard épuisé mais peu amène dont le foudroyait l'autre garçon.
Il avait encore le goût infâme de la bile contre la langue, et il se sentait épuisé, vidé de toute force. Pourtant, d'une voix d'une douceur extrême, il s'enquit en se penchant vers lui :
« N'aie pas peur, je ne te ferai aucun mal… Est ce que… »
Il leva doucement sa main vers le prince, mais ce dernier se recroquevilla encore plus sur lui-même, sifflant entre ses dents :
« Ne me touche pas ! »
Eijiro ramena rapidement sa main contre lui, bredouillant une excuse. Son regard se perdit sur le sol, et le silence s'installa dans l'air froid de la pénombre qui les enveloppait. Puis, il finit par se relever, et s'éloigna du prince.
Non loin de là, Blodyn mâchonnait des feuilles fraîches qu'elle tirait d'une branche basse. Eijiro s'approcha d'elle, et lui flatta doucement l'encolure. Il la débarrassa de son harnais et de sa selle pour la nuit, qu'il déposa doucement au pied d'un arbre.
Toujours prostré contre le sien, le prince l'observait en silence, ne perdant pas une miette de ses mouvements qu'il scrutait avec méfiance. Puis, il perdit le dragon de vue, qui disparut entre les troncs dans un bruissement, et le son de ses pas s'éloigna peu à peu.
§§§
Lorsque le jeune roi rouvrit les yeux, la pénombre n'était plus. Autour de lui, une lumière orangée, dansante, rassurante, réchauffait son corps meurtri. Il n'avait même pas réalisé qu'il s'était endormi, épuisé par la quantité de sang qu'il avait perdu et la douleur qui le tenaillait sans cesse. Le dragon avait allumé un feu, qui se trouvait entre eux. Il se tenait de l'autre côté, assis en tailleur, sa silhouette en partie cachée par les flammes qui découpaient des ombres et des lumières nettes, oranges et noires, sur son visage. Il semblait occupé à faire quelque chose, s'affairant, mais le brasier dansant empêchait le prince de voir de quoi il s'agissait. Dans un geignement, il se redressa, et l'autre garçon releva la tête.
« Tu es réveillé, dit-il doucement, plus sur le ton d'une affirmation que d'un questionnement. Ils se fixèrent une seconde, le prince toujours silencieux, puis Eijiro retourna à sa tâche. Il poursuivit : Je suis désolé de t'avoir laissé seul. Je suis allé chercher du bois pour le feu. »
Il se tut, et le silence retomba, seulement brouillé par le crépitement du foyer. Puis, ses mouvements se firent un peu plus amples, il attrapa quelque chose laissé à ses côtés, au sol. C'était un piquet, dans lequel il enfonça le lapin qu'il venait de dépecer. En voyant la viande rose du gibier, les yeux du jeune homme blond s'illuminèrent. Kirishima esquissa un sourire.
« J'imagine que tu dois avoir faim. Ils n'ont pas du te nourrir… »
Puis, comme s'il semblait se rappeler de quelque chose, le jeune Adarkin se releva brusquement et se dirigea vers le sac de jute posé aux côtés de la selle de sa jument broutant aux alentours. Il en tira une gourde en peau, et revint vers le jeune homme.
« Tu dois mourir de soif ! Tiens, prends ça… »
Il lui tendit la gourde, et fit un pas de plus vers lui, surveillant sa réaction. D'abord, le jeune roi se replia sur lui-même. Il retroussa les babines et fronça le nez, ses billes rouges sang fichées dans celles d'en face. Puis, son regard se posa sur la gourde. De nouveau, ses yeux revinrent se planter dans ceux d'Eijiro avant de glisser quelques centimètres plus bas, sur la panse gonflée qu'il tenait entre ses doigts. Il semblait hésiter, mais leva enfin la main, d'une lenteur exaspérante, ses prunelles grenat faisant des aller-retours incessants entre le visage de l'autre garçon et la gourde. Il finit par s'en saisir, et, lorsque ses doigts effleurèrent la main du carmin, il s'empara brutalement de la panse pour la porter goulûment à ses lèvres, la vidant de son contenu en une poignée de secondes.
Eijiro recula de quelques pas avant de se rasseoir sur le sol, en face du prince. Celui-ci prit une inspiration rauque une fois la gourde vide, l'eau semblant l'avoir un peu rasséréné. Un nouveau silence s'installa entre les deux adolescents, qu'Eijiro finit par briser :
« Katsuki, c'est ça ? »
Kirishima se souvenait de son prénom, même s'il ne l'avait entendu qu'une seule fois. Le prince frémit légèrement, et replongea son regard dans le sien. Ses iris étaient illuminés des flammes qui s'y reflétaient, lui donnant un incroyable éclat de vie malgré son teint blême. Toujours méfiant, il sembla hésiter avant de répondre :
« Oui. »
Un des morceaux de bois qui alimentait le feu explosa, avant que le foyer ne se remette à crépiter doucement. De nouveau, la voix rauque du jeune roi s'éleva :
« Et toi ? Qui… Qui es-tu ?
-Je m'appelle Eijiro Kirishima. Je vis à Syrthio. Ce sont tes parents qui m'ont envoyé, pour te sauver.
-Je sais, tu me l'as déjà dit, souffla le prince. Pendant quelques secondes, aucun d'entre eux ne reprit la parole, avant qu'il ne poursuive : Tu es… Un Adarkin, pas vrai ? »
Kirishima ne répondit pas, et se contenta de hocher la tête. Il avait replié ses genoux contre son buste, ses bras les retenant, et sa queue était enroulée autour de lui. Il sentit le regard du prince sur son appendice reptilien qu'il ne put s'empêcher d'agiter malgré lui, et ses propres yeux se perdirent sur le sol. Sondé de la sorte, il se sentait comme gêné. De près, le prince était encore plus beau que dans ses souvenirs, et il l'impressionnait sérieusement. Il avait du mal à le regarder en face.
Soudain, son regard se posa sur la cape du jeune homme, maculée d'hémoglobine, et il se redressa précipitamment, faisant sursauter le prince :
« Ah ! Tes blessures ! Laisse-moi les voir ! Il faut que je te soigne ! Fit-il en se rapprochant de lui, mais un grondement reflua dans la gorge du cendré qui s'écria :
-Dégage ! Recule ! T'approche pas de moi ! »
Le jeune dragon fut coupé dans son élan, et s'immobilisa. Cependant, il s'était tout de même un peu rapproché du garçon. Mais au vu du regard meurtrier que lui lançait celui-ci, il n'allait pas pouvoir rester ainsi très longtemps. Il soupira doucement, peinant à trouver ses mots :
« Excuse-moi… Je, euh… Je comprends que tu sois effrayé mais…
-Je ne suis pas effrayé ! Rugit l'autre adolescent, survolté.
-Alors laisse-moi m'approcher ! Je te promets que je ne vais pas…
-Pas question ! Tu reste où t'es, ou j'te tue ! »
À bout de souffle, le prince le fixait, hors de lui, une veine pulsant sur son front. Avec une moue ennuyée, Eijiro se décida finalement à reculer un peu. Une part de lui aurait aimé ne pas insister plus, mais d'un autre côté l'image de la plaie béante dans le flanc de l'autre garçon ne le quittait pas, et il s'inquiétait réellement des conséquences que pourrait avoir cette blessure si elle n'était pas soignée rapidement. Il décida finalement de prendre sur lui et d'insister, même si pour ça, il devait endurer les cris du prince.
« Écoute… J'ai vu ton flanc, tu saignes, et… Il mesurait ses mots, hésitant, il faut vraiment que tu sois soigné. On ne va pas pouvoir rentrer au royaume si tu continues à perdre ton sang. Tu vas mourir.
-N'importe quoi, gronda l'adolescent avec dédain en se tassant sur lui-même.
-S'il te plaît… Est ce que tu veux bien me laisser regarder, au moins ? »
Le prince fronça les sourcils. Il ne répondit pas immédiatement, semblant réfléchir. La douleur devenait insupportable, mais il refusait qu'un étranger pose ses mains sur lui une fois de plus. Et il savait que retirer cette aiguille serait extrêmement douloureux. Une barrière invisible l'empêchait d'accepter. Il était encore trop secoué. Il finit par détourner le regard, en crachant agressivement :
« Ne me touche pas. Je te laisse seulement regarder, si tu lèves la main, je te jure que je te tranche la gorge.
-… Bien. »
Lentement, Eijiro se releva. Il s'approcha de lui avec précaution, comme on s'approcherait d'un animal craintif, puis s'agenouilla à un pas à peine de l'autre garçon qui, avec une grimace, souleva la cape dans laquelle il s'était emmitouflé. Il se tourna de biais, de manière à découvrir la partie gauche de son buste. Lorsque les flammes l'éclairèrent, les yeux d'Eijiro s'écarquillèrent.
Une large tâche brune recouvrait la totalité de ses côtes. Elle était maculée de sang coagulé, noir, mêlé de fluide frais, et plusieurs coupures la traversaient, qui elles, suintaient d'une façon inquiétante. Parmi les coups de lames dont semblait avoir été victime le jeune homme, une pointe noire, luisante, dépassait de sa chair gonflée et rougie. Kirishima se pencha en avant pour voir de plus près, sous le regard farouche du prince qui surveillait le moindre de ses mouvements, prêt à lui envoyer son pied en plein dans la figure s'il osait tenter quoi que ce soit.
« C'est quoi… Qu'est ce que c'est, ça ? Murmura Kirishima, les yeux rivés sur la pointe d'obsidienne qui dépassait de ses côtes. Le prince demeura muet, les lèvres serrées. Il finit par répondre dans un souffle :
-… C'est une aiguille. Ils me l'ont enfoncée. »
Lentement, Eijiro recula, les dents serrées. Le prince ré-enroula sa cape tachée de sang et déchirée autour de lui, les yeux baissés. Il limitait ses mouvements, chacun de ses gestes le brûlant de l'intérieur à cause de cette pierre qui lui aspirait ses forces.
« Katsuki. »
Il releva les yeux à la mention de son prénom, le regard un peu mauvais, contrarié de l'entendre de la bouche d'un étranger.
« Je sais que tu ne veux pas, et ça me fait vraiment mal de te forcer mais tu… Tu ne peux pas garder ça en toi. Il faut qu'on te l'enlève.
-Je sais. Sa voix était sourde, menaçante.
-Est ce que… Tu as déjà essayé toi-même ?
-Oui. J'y arrive pas. Ses phrases étaient hachées, froides, distantes.
-D'accord… Tu accepterais de… Me laisser essayer ? Je sais que tu as mal, mais tu ne peux pas… »
La voix du jeune dragon mourut dans sa gorge avant qu'il ne puisse terminer sa phrase. Les incisives plantées dans sa lèvre inférieure, le prince avait le regard rivé sur le feu, humide, à la fois furieux et apeuré. Kirishima avala sa salive. Doucement, il leva sa main en l'air, et, aussi lentement qu'il le put, la posa délicatement sur le bras de l'adolescent, qui cette fois-ci, ne le repoussa pas.
« Ça va aller… Laisse-moi m'en occuper, d'accord ? »
Pour seule réponse, le jeune homme retira sa cape qu'il laissa retomber à côté de lui dans un bruissement, et leva légèrement son bras, offrant son flanc à l'autre garçon. Ses dents étaient toujours fermement enfoncées dans la chair rose de sa lèvre, et son regard offensif était maintenant fuyant. Kirishima pouvait presque entendre les battements de son cœur, et vint se placer près de lui, faisant de son mieux pour ne pas faire de mouvements brusques.
« Peut-être que tu devrais t'allonger, ça serait plus facile pour…
-C'est bon, j'ai compris. » Grogna le cendré, frémissant en sentant le souffle du carmin sur sa peau.
Lentement, il décolla son dos du tronc auquel il s'était appuyé puis s'allongea sur le sol, les dents serrées. Eijiro se pencha au dessus de lui.
Ça n'allait pas être facile. L'aiguille était profondément enfoncée, ne dépassant que d'un ou deux centimètres, et la chair autour semblait horriblement sensible. Il savait qu'il allait lui faire mal, mais il pouvait au moins essayer de faire vite.
Il appuya légèrement sa main sur la hanche du prince qui se retourna pour le fusiller du regard, avant de grogner de douleur après s'être mut trop brusquement. « Reste calme », souffla seulement Kirishima, et il prit doucement la pointe de l'aiguille entre ses doigts.
Le jeune roi eut un sursaut qu'il contrôla tant bien que mal, mais lorsque que le dragon commença à tirer, il poussa un cri rauque, lui hurlant d'arrêter sur le champ. Eijiro lâcha brusquement le morceau d'aiguille qu'il avait à peine réussit à sortir, se mordant la lèvre, le ventre tordu par les cris du jeune homme qui souffrait le martyre.
Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles seuls les crépitements du petit foyer se faisaient entendre, accompagnés de la respiration erratique du prince, en nage. Au bout d'un instant, le visage caché par son bras qu'il avait replié devant ses yeux, il finit par souffler :
« Ça va… Enlève-là. Dépêche-toi. »
Kirishima acquiesça silencieusement, et reprit la pointe noire entre ses doigts. Du coin de l'œil, il surveillait les réactions du prince qui, en dessous de lui, se retenait tant bien que mal de laisser la douleur l'emporter. Ses canines étaient à nouveau plantées dans sa lèvre et une larme qu'il n'avait su contenir avait roulé sur sa joue. Eijiro déglutit, et il se remit à tirer sur l'aiguille. Elle ne voulait pas venir, profondément enfoncée entre les muscles et les tendons, lui glissant des doigts, faisant gicler des éclats rouges sombre à chaque minuscule centimètre que le dragon arrivait à sortir de sa chair infectée. Et alors qu'il s'appliquait à la retenir fermement pour ne pas la lâcher, tout en continuant de tirer, elle sembla se débloquer soudainement, et vint d'un coup sec dans un bruit de succion humide et écœurant. Cela arracha au prince un hurlement de douleur, et il écorcha la terre de ses ongles, y laissant de larges traces de griffures avant que sa tête ne retombe lourdement sur le sol, à demi-conscient, assommé par la souffrance.
L'aiguille tomba à terre dans un tintement à peine perceptible, recouverte des fluides du garçon, brillant à la lumière des flammes. Kirishima était secoué par ce qu'il venait de se passer et s'empressa de se pencher par dessus le jeune roi, inquiet de ne plus le voir bouger, et de ne plus l'entendre crier. Il posa ses mains de chaque côté de sa tête, l'appelant par son prénom, avant de poser doucement sa main sur sa joue pour lui faire tourner le visage dans sa direction.
Sous ses doigts, sa peau était soyeuse, brûlante. Sans qu'il ne comprenne pourquoi, Eijiro sentit son cœur rater un battement et recula, raccompagnant doucement la tête du prince au sol. Il se redressa, et son regard se posa sur l'aiguille d'obsidienne qui avait roulé contre une butte de mousse. Méfiant, il l'attrapa entre ses doigts et la porta devant ses yeux pour l'examiner. Elle était longue, à tel point qu'il s'inquiétait qu'elle ne lui ait perforé un poumon tant elle semblait enfoncée loin dans le corps du prince. Sa pointe était affûtée, pointue et tranchante, et la pierre noire qui la composait dégageait une aura puissante, une force inquiétante, si bien que le jeune Adarkin s'empressa de la reposer par terre, ne sachant trop quoi en faire.
Il se retourna lorsqu'il entendit les geignements de l'autre garçon derrière lui. Il s'empressa de revenir à ses côtés :
« Katsuki ! Est ce que… Est ce que ça va ? Comment tu te sens ? »
Un long silence s'installa, pendant lequel le prince semblait totalement incapable de prendre la moindre bouffée d'air. Puis, il finit par articuler avec difficulté :
« Je… Meurs de faim. »
§§§
Les dents percent la peau, déchirent la chair, laissant s'échapper de la viande un nectar doré, faisant apparaître de petits os fins sous les tissus épais et blancs. Les canines séparent les fibres, les molaires les écrasent, et tout y passe. La peau, dorée par les flammes d'abord, puis les muscles, la graisse, et même les organes. Le cœur, le foie, les poumons et les rognons disparaissent dans une déglutition lourde, et bientôt, il ne reste du lapin qu'un squelette qui finit jeté au feu, et ne sera plus que cendres au matin.
Katsuki s'essuie les lèvres du dos de la main, le souffle court maintenant qu'il a terminé d'engloutir le lapin, entier, après deux jours de jeune. Eijiro lui, s'est contenté d'une des pommes qu'il restait dans son sac de jute et d'un morceau de pain qu'il a grignotés du bout des dents. Ce soir, il a le ventre noué et peu d'appétit, les images sanglantes de l'après-midi tournant en boucle dans sa tête, lui donnant une nausée qui ne le quitte plus.
Cependant, il est soulagé d'avoir réussi à récupérer le prince en un seul morceau. Maintenant que l'aiguille qui lui meurtrissait les chairs ne le fait plus souffrir, il semble un peu moins à l'article de la mort, mais a besoin de reprendre des forces avant qu'il ne puissent continuer leur route pour renter au royaume. Ils n'ont qu'une seule nuit pour se permettre de se reposer, mais Eijiro sait qu'ils devront partir avant l'aube s'ils ne veulent pas prendre le risque de retomber sur l'Alliance.
Le jeune roi commençait à piquer du nez à peine son dîner avalé. En le voyant faire, le dragon esquissa un sourire ; et lorsque que le cendré finit par s'endormir au pied de l'arbre contre lequel il était appuyé, en chien de fusil, recroquevillé sur lui-même, Kirishima se leva sans bruit pour venir le recouvrir de sa propre cape, la déposant précautionneusement sur ses épaules, légèrement soulevées par sa respiration lente.
Ils n'étaient pas encore sortis d'affaire, mais pour le moment, voir que Katsuki s'en sortait suffisait largement à Eijiro pour avoir l'espoir de rentrer à Syrthio sain et sauf, sans que plus de sang ne soit versé.
Il passa la nuit à veiller sur le jeune homme, somnolant de temps à autres, mais le visage détendu du prince endormi illuminé par les dernières braises du foyer était plus délicieux que n'importe lequel de ses rêves.
À suivre…
Ça va? Je vous ai pas perdus? Vous êtes toujours en vie et si oui, vous n'êtes pas trop choqués?
Alors, que je m'explique: le roman que je lis en ce moment, "American Psycho", m'a beaucoup inspirée pour l'écriture de ce chapitre. Si vous l'avez lu, ou que vous le lisez un jour, vous comprendrez pourquoi.
Autre petite précision: Le forme Dragon d'Eijiro, dans cette fic, est un peu différente de celle que l'on peut voir dans l'ED Fantasy. Ici, je l'imagine de façon plus réaliste, et j'ai repris quelques éléments du canon (les couleurs notamment), mais pour ce qui est de la forme, je me suis plus inspirée de celle des Dragons de GOT parce qu'ils sont TROP BEAUX. Voilà, info inutile mais j'avais envie de vous la faire passer.
Une bonne nouvelle: JE SUIS EN VACANCES! YOUPI! Du coup bah, je peux écrire autant que je le veux, sans me dire "ah mais merde mes dossiers", et croyez-moi, ça fait drôle. Du coup, les chapitres viendront un peu plus rapidement!
Une dernière chose: J'ai aussi un autre projet en cours, bientôt terminé, donc il se peut que ma prochaine publication ne soit pas le tant attendu (non) chapitre VII mais bien celle-ci. Donc je vous dit à... Dans deux semaines? Trois? Un mois? Dix ans? En tous cas d'ici là, portez vous bien, et n'oubliez pas vos lunettes de soleil!
Salut! *fuit*
