Bonjour tout le monde! Woah, seulement un mois de délai entre les deux chapitres? Mais c'est incroyable! C'est Noël ou quoi? (bon ok je me tais)
Explication: Il s'avère que nos merveilleux modos du Forum Francophone de BNHA (VENEZ NOUS REJOINDRE C'EST TROBIEN) nous ont organisé un marathon de lecture ce week-end, et croyez-le ou non, ça m'a vraiment motivée! J'ai passé trois jours sur mon ordi à presque écrire non-stop. Du coup, le chapitre est fini! Yay! \0/
Avant de commencer, deux petites choses à dire:
1) UN ÉNORME MERCI A VOUS POUR VOS RETOURS SUR LE DERNIER CHAPITRE! TwT Je pensais pas que vous seriez si nombreux à être au rendez-vous après mon silence radio des derniers mois, et voir toutes vos reviews m'a fait beaucoup trop plaisir TwT Vous êtes géniaux! Et du coup, on a aussi dépassé les 3000 vues! Bravo à vous!
2) C'est l'avant dernier chapitre D: Plus qu'un et c'est finiiiiiiii TwT (pars pleurer dans son coin) Que vais-je faire de ma vie quand cette fanfiction sera terminée? Je ne sais pas, en commencer une nouvelle, probablement. /BAM
Bref, je vais pas non plus m'étaler cent mille ans (oui j'adore les notes à rallonges, qu'y puis-je), donc un grand merci à l'adorable Takkaori qui a eu la gentillesse de me bêta une fois de plus! Et armez-vous de vos lunettes, car ce chapitre est RATED M.
Allez, bonne lecture!
Chapitre XVI : Retour en terres d'Automne
Le soleil s'était levé sur la citadelle lorsque le dragon et le prince descendirent les escaliers qui menaient à l'accueil de l'auberge. Ils semblaient silencieux, comme si, maintenant que la menace qui planait au dessus d'eux n'était plus, l'aventure n'avait plus de raison de se poursuivre. Ils n'avaient pas échangé beaucoup de mots depuis qu'ils avaient quitté la chambre, et dans les escaliers, Eijiro était en tête. Il arrivait à peine dans la salle principale qu'il se stoppa sur les trois dernières marches. Dans la pièce se trouvaient les gardes du royaume d'Été, dont l'Adarkin qui les avait escorté hier, Miruko. Elle attendait, l'épaule appuyée contre un mur, son casque doré sous le bras. Lorsqu'elle entendit les deux hommes descendre, son oreille pivota dans leur direction avant qu'elle ne tourne la tête.
« Bonjour, vous deux, commença-t-elle en s'approchant, un sourire aux traits. J'espère que vous avez récupéré de votre bataille d'hier. »
Elle s'approcha dans leur direction, bien plus petite qu'eux avec le palier qui les séparait. Alors que Kirishima vint à sa hauteur, Bakugo resta en arrière, sa main blessée posée sur la rampe. Il écoutait, les sourcils froncés.
« Nous avons pris la liberté d'envoyer un coursier pour avertir les souverains de votre royaume que le prince est ici, en vie. Nous avons aussi ramené votre jument, elle est dehors. »
Le prince en question écarquilla soudainement les paupières, quittant son promontoire. Il s'insurgea :
« Attendez, vous avez fait quoi ?! »
Miruko leva un sourcil.
« Nous avons ramené votre jument.
-Mais non, enfin ! Pas ça ! Vous avez envoyé un coursier ? Mais pourquoi ne pas m'avoir consulté avant ! C'est de moi qu'il s'agit ! »
La voix rauque du jeune homme commençait à s'élever un peu trop, à tel point que les quelques civils qui se trouvaient là également commençaient à jeter des regards interloqués en direction du petit groupe. Miruko se racla la gorge, lui intimant d'un coup d'œil sévère de bien vouloir baisser d'un ton. Les dents serrées, Katsuki ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Ce fut le dragon qui s'interposa entre eux, tempérant comme il le put :
« Je vous remercie, fit-il à la lapine qui avait posé ses deux poings sur ses hanches. Puis, il se retourna vers le blond hostile : Katsuki, je pense qu'on doit parler, tous les deux. »
Le visage courroucé du jeune homme se mut en une expression mitigée. Le carmin fit un signe de tête aux gardes, qui finirent par quitter l'auberge, rendant à la salle sa quiétude. Doucement, Eijiro fit glisser ses doigts sur le poignet du prince.
« Suis-moi, fit-il. Trouvons-nous un coin tranquille. »
Le cendré posa les yeux sur les doigts d'Eijiro qui frôlaient sa peau. Il savait très bien ce qu'il avait à lui dire.
§§§
Il y avait une table, installée juste sous une fenêtre. Sur le bois se découpait un carré de lumière taillé par les carreaux, réchauffant un bout de la peau de Katsuki qui avait posé sa main sur la bure. Son visage était appuyé au creux de l'autre, et son regard se perdait sur l'extérieur verdoyant d'Aestas. Les sourcils légèrement froncés, les iris éclairés par la lumière du jour, le profil se détachant de l'ombre dans son dos, il restait immobile. En face de lui, les bras croisés sur la table, Eijiro l'observait en silence. Ils s'étaient éloignés, et, de là où ils se trouvaient, n'entendaient ni ne voyaient les autres âmes de l'auberge.
Le prince avait un air faussement pensif, tendu, comme s'il cherchait à ignorer la conversation. Le rouquin, lui, ne savait pas par où commencer. Depuis la veille, le cendré était silencieux et renfermé, lui qui était d'habitude si explosif. Eijiro ne savait plus comment le prendre. Le regard dans le vague, il fit glisser la pulpe de ses doigts sur les nœuds du bois avant de se lancer :
« Katsuki… »
Le blond cligna des paupières, sans se retourner vers lui, hermétique. Le carmin soupira, puis finit par se lancer :
« Écoute, je sais ce que tu ressens. Mais regarde les choses en face, on ne va pas passer notre vie à Aestas. Nous avons fait face au dernier obstacle qui nous empêchait de rentrer sereinement… Il faut que tu t'y fasses, le voyage touche à sa fin. »
Il y eut un court silence, avant que Katsuki ne baisse le regard. Il souffla, puis se retourna vers son compagnon.
« Tu te répètes, grogna-t-il. Il semblait contrarié, mais Eijiro n'était pas décidé à lâcher l'affaire. Ils devaient rentrer, il avait fait une promesse.
-Je suis désolé, je sais que je te prends la tête avec ça… Le blond roula des yeux. Mais n'oublie pas que tu es libre de décider de ce que tu feras après.
-Tu parles. » Grommela le cendré, mais la discussion fut coupée par l'arrivée de deux assiettes fumantes qui leur étaient destinées. Ils avaient commandé juste avant d'aller s'asseoir.
L'opportunité fut parfaite pour le prince qui se mit à royalement ignorer son vis à vis en se plongeant dans la découpe de son poulet rôti. Eijiro ne sut quoi ajouter de plus, et il décida de le laisser tranquille pour le moment, plongeant sa cuillère en bois dans le ragoût de bœuf qu'il avait devant lui.
Pour le moment, il pouvait au moins laisser au jeune roi le temps de déjeuner en paix, pensa-t-il.
§§§
La matinée touchait à sa fin lorsque les deux garçons quittèrent l'auberge. Quelques nuages de la veille persistaient au dessus du royaume, créant une ombre fraîche lorsqu'ils masquaient le soleil, poussés par le vent. L'air était plus humide, plus frais, et plus supportable après l'averse de la nuit dernière. Sur le sol pavé demeuraient quelques flaques qui séchaient à vue d'œil lorsque les rayons venaient lécher la surface de l'eau, lisse comme un miroir. Dans les rues étroites de la citadelle, résonnait le cri des martinets qui nichaient sous les toits, volant d'un bout à l'autre des hauts murs.
Eijiro leva le nez lorsqu'un oiseau passa au dessus de sa tête avant de disparaître dans la fente d'une paroi. Il était vrai qu'il faisait bon vivre à Aestas, mais il ne devait pas se laisser happer par l'oisiveté. Ils avaient déjà passé dix jours loin de Syrthio, et les parents du prince devaient se morfondre de ne pas les voir rentrer. Ils ne pouvaient pas les faire attendre plus.
Dehors, Blodyn était attachée devant l'auberge où ils avaient passé la nuit. Elle semblait en forme, et dressa les oreilles lorsque ses deux cavaliers s'approchèrent d'elle. Son poil était plus luisant que la dernière fois qu'ils l'avaient vue, les quelques jours de repos dont ils lui avaient fait grâce semblant lui avoir fait du bien. Elle fouetta ses flancs des longs crins noirs de sa queue lorsque le prince passa un pied dans l'étrier pour monter sur son dos. Eijiro la détacha puis fit de même, passant les rênes au dessus de sa tête avant de la talonner pour qu'elle fasse demi-tour.
Ils n'avaient pas d'affaires avec eux. L'incendie provoqué par Dabi avait également touché l'étage des chambres, et le maigre sac de vivre qu'Eijiro transportait avec lui avait disparu dans les flammes. Ce qu'ils possédaient tenait à présent dans la bourse du jeune homme, où subsistaient une poignée de pièces d'or et l'onguent que leur avait donné le guérisseur, à étaler sur la brûlure de Katsuki deux fois par jour.
Ils s'éloignèrent du centre ville, et bientôt apparut au dessus d'eux le portail de la cité. Le même qu'ils avaient traversé le jour de leur arrivée, un peu auparavant. En passant en dessous, le dragon ressentit un drôle de nœud se nouer dans sa gorge. Après tout, c'était ici qu'ils avaient vécu le plus de choses… Il frissonna en repensant à sa première nuit avec le prince, jetant un dernier regard à la ville. Il se sentait différent de celui qu'il était à son départ.
Devant lui, sa main valide agrippée au pommeau de la selle, Katsuki restait encore et toujours aussi muet qu'une tombe. Blodyn avançait au pas, faisant ondoyer les hanches de ses deux cavaliers au rythme de sa marche. Lentement, ils s'éloignaient de la cité du soleil, laissant derrière eux les remparts de pierre.
Le cendré ne bronchant pas, Eijiro ne savait pas s'il s'était finalement résigné ou s'il prenait leur départ pour une promenade. Après tout, libérés de leurs entraves matérielles, ils pouvaient bien aller et venir à leur guise.
Au fur et à mesure que la ville s'éloignait d'eux, rapetissant à l'horizon, la population d'arbre se faisait de plus en plus dense. Ayant perdu sa carte dans les flammes, le dragon avait décidé de se rendre en haut de la colline où ils avaient passé la fin de l'après-midi l'autre soir, d'où il pourrait avoir un panorama parfait de la région et de ses alentours. Syrthio n'était qu'à deux pas, ils n'auraient qu'à suivre la direction des arbres rougeoyants qui indiquerait la route à prendre.
Le chemin jusqu'en haut de la butte se fit au chant des merles qui nichaient à la cime des arbres, se chamaillant avant de prendre leur envol dans un bruissement de plumes. La jument, le poitrail penché en avant, souffla bruyamment lorsqu'elle arriva en haut du promontoire. Kirishima la fit avancer à quelques mètres du précipice qui mettait fin à l'avancée de terre et d'herbe, pour avoir la meilleure vue d'ensemble possible. Le vent dans leur dos les poussant vers le vide, les deux garçons balayèrent le paysage des yeux.
Devant eux s'étendait sous le soleil de l'été l'immense forêt qui liait les deux royaumes d'Aestas et de Syrthio. Le vert émeraude des arbres se muait au fil des mètres en un rouge flamboyant qui ondoyait jusqu'aux tours du château de l'automne, dont les toits dépassaient derrière les feuillages touffus. Et, plus loin encore, la mer orangée continuait à courir sur des kilomètres, se fondant avec l'horizon comme si elle était sans limites.
Katsuki déglutit. Le vent frais lui donnait la chair de poule. Face à l'immensité du paysage qui s'offrait à lui, il se sentait bizarre. Son cœur se serra lorsque ses pupilles rouges se posèrent sur le haut des tours qu'il n'avait cru ne plus jamais revoir. De là haut, le royaume de Syrthio lui semblait immense.
Il frémit lorsque la voix d'Eijiro souffla contre son oreille :
« C'est vaste, pas vrai ? »
Il se retourna de quelques centimètres pour jeter un coup d'œil à l'autre garçon, grognant un « hm » à peine boudeur, avant de reposer son regard sur la vallée en contrebas. Doucement, le carmin fit glisser ses lèvres contre sa nuque.
« Regarde, fit-il en faisant un geste de la main en direction de l'Est, tout ça, ça t'appartient. Ces terres qui s'étendent à n'en plus finir, elles sont à toi, Katsuki.
-Je sais, souffla le prince, le regard perdu dans l'immensité pourpre. Un nouveau coup de vent souffla contre eux, comme s'il les encourageait à rentrer à Syrthio.
-Tout ça… C'est ton héritage. Si les souverains ont choisi de te léguer leurs richesses, c'est qu'ils te jugent digne de les conserver et de les rendre encore plus prospères. Ce n'est pas à n'importe qui que l'on confierait une telle mission. »
Katsuki serra les dents, tiraillé par les émotions qui le submergeaient. Il savait très bien où Eijiro voulait en venir, et même s'il ne vouait pas se laisser bercer par ses paroles, il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une certaine fierté en voyant la beauté du pays qui s'étendait face à lui.
« Ces terres sont à toi. Tu es le fils d'un royaume. »
Les dernières paroles du dragon résonnèrent en lui d'une façon particulière. Le jeune homme baissa les yeux, troublé.
Peu à peu, il réalisait l'importance de son rôle et l'ampleur du moindre de ses choix. Rentrer ne ferait pas seulement plaisir à ses parents. Rentrer signifiait qu'il gouvernerait à son tour les terres qui s'entendaient sous ses yeux le jour venu. Rentrer signifiait qu'il mettrait à présent les deux pieds dans le monde des adultes. Rentrer signifiait qu'il deviendrait roi.
Une nouvelle bourrasque se leva sur la colline, agitant les feuilles d'un cerisier aux branches lourdes. Katsuki n'ajouta rien, et Eijiro n'insista pas. Ils laissèrent passer encore quelques secondes avant que le dragon n'ouvre légèrement la bride pour faire repartir sa jument. Maintenant, ils savaient quelle direction prendre quand le prince aurait donné son feu vert pour repartir.
Ils arrivaient bas de la colline, laissant derrière eux les hauteurs de la butte, lorsque le cendré fut soudainement projeté vers l'avant par un spasme, sifflant entre ses dents une injure à peine retenue. Eijiro leva un sourcil, avant qu'il ne remarque que le jeune homme serrait contre lui son bras brûlé. L'inquiétude le frappa comme un coup de tonnerre.
« Katsuki ! S'écria-t-il, qu'est ce qu'il t'arrive ? Ça va ?
-Gh… Ça va, c'est rien… » Murmura le jeune homme.
Le dragon fronça les sourcils, cette fois. Il posa une main sur son épaule pour le faire pivoter vers lui comme il le put.
« C'est ta brûlure ? Il faudrait peut-être qu'on remette du baume… »
Une goutte de sueur glissant sur sa tempe, le cendré acquiesça d'un léger signe de tête.
« Trouvons un endroit pour nous poser. Ça ira, tu peux tenir ?
-Mais oui, grogna le blond, je ne suis pas en sucre... »
Malgré tout, la douleur semblait assez vivace, à en juger par les cernes qui avaient soudainement ternies son teint. Eijiro ne préféra pas perdre plus de temps, et fit avancer son cheval jusque sous un arbre dont les feuilles commençaient à se teindre de touches jaunes. Ils n'étaient plus très loin de la frontière. Il fit ralentir sa monture avant de mettre un pied à terre, tendant les bras vers le prince pour l'inviter à descendre à son tour.
« Viens là, fit-il en le réceptionnant lorsqu'il quitta le dos de la jument, assied-toi. Tu peux enlever le bandage ?
-Arrête, c'est bon, j'ai dit… »
Le cendré lança au dragon un regard courroucé lorsque celui-ci l'aida à s'appuyer contre le tronc de l'érable aux couleurs changeantes, que le carmin ignora royalement. Il réprima un tic douloureux en sentant un nouveau pic de douleur transpercer sa chair, les doigts agrippés aux bandes de tissus enroulées autour de son avant-bras. Même s'il était mort, l'autre salopard aux flammes n'avait pas fini de lui en faire voir de belles. Doucement, il passa un doigt entre sa peau et la bandelette pour défaire le pansement. Bientôt, le tissu écru découvrit une peau brunâtre et boursouflée. Le cendré grimaça devant l'état de la plaie qui n'était pas belle à voir. En le voyant faire la tête, le dragon le rassura :
« Avec ça, fit-il en déballant l'onguent, tu n'auras plus aucune trace. Sois patient, tu cicatriseras vite. »
La gaze tomba dans l'herbe dans un froissement imperceptible. Malgré la torture qui faisait trembler son membre, le jeune roi tint quand même à se débrouiller seul. De sa main valide, il trempa deux doigts dans la mixture visqueuse et froide avant de la passer avec précaution sur sa peau brûlée. La pâte rendue grise par les cendres qui la composait recouvrit bientôt la totalité de ses rougeurs, apaisant instantanément la douleur.
Eijiro, agenouillé en face de lui, le laissait faire en le surveillant d'un œil. Il lui tendit un rouleau de bandage vierge pour refaire le pansement, que le blond attrapa avant de tenter de se l'accrocher lui-même, sans succès. Le reptile ne put s'empêcher de sourire en voyant le jeune homme peiner, tentant de nouer le tissu avec une seule main de libre. Il finit par intervenir :
« Laisse-moi faire, d'accord ?
-J'allais y arriver. » Ne put s'empêcher de maugréer le cendré en finissant par obtempérer.
Avec douceur, le carmin se saisit de la bandelette et fit un nœud léger à la limite du pansement, lui permettant de tenir sans pour autant compresser la plaie. Katsuki le regardait faire en silence, et lorsqu'il eut terminé, le dragon s'installa à sa droite, jambes repliées.
« Faisons une pause, d'accord ? On repartira plus tard.
-Je n'ai plus mal. » Se défendit le blond. Puis, un silence s'installa entre les deux garçons, à peine troublé par le souffle du vent.
Eijiro avait les yeux dans le vague, les coudes posés sur les genoux, le bout des doigts croisés entre eux. Katsuki, lui, avait une jambe étendue, tout comme son bras blessé, qu'il fixait sans vraiment faire attention. Il était plutôt perdu dans un combat interne et silencieux. Une bonne poignée de minutes était passée dans un calme olympien avant que la voix rauque du prince ne s'élève de nouveau, après un soupir :
« On rentre. »
Le dragon se retourna vers lui d'un bond, les yeux écarquillés.
« Quoi ?
-J'ai dit, on rentre. J'ai réfléchi et… Il tourna la tête, sourcils froncés, comme si ça lui faisait mal de l'admettre, et c'était le cas : tu as raison.
-Alors, tu es d'accord pour retourner à Syrthio ? Fit Kirishima, plein d'espoir.
-Puisque je te le dis, imbécile. Arrête ou je vais finir par changer d'avis.
-C'est… Une très bonne nouvelle, Katsuki. »
Le jeune homme le regardait les yeux brillants. Le prince détourna la tête.
« Tch. C'est pas la peine de me regarder comme ça.
-Je suis juste soulagé ! Tu as pris la bonne décision.
-Ça, on ne le saura qu'une fois qu'on sera là bas. Je te rappelle que si tu ne restes pas avec moi, je repars. »
Kirishima afficha un air surpris. C'était vrai. Le prince le lui avait bien dit : il ne voulait plus le quitter. Un sourire prit possession de ses lèvres, et le dragon s'appuya sur sa main pour se pencher vers le blond.
« Ne t'en fais pas. Je serai toujours à tes côtés.
-T'as intérêt. »
Doucement, il déposa ses lèvres au coin des siennes, et la main du prince vint s'agripper à son gilet pour le faire se pencher vers lui. Attiré dans le mouvement, Eijiro perdit l'équilibre et tomba vers l'avant, emportant Katsuki dans sa chute. Ils s'écroulèrent tous les deux dans les herbes folles, le dragon se rattrapant de justesse pour ne pas écraser le cendré.
« Fais attention ! Ça va, ton bras ? »
Le regard plongé dans le sien, Bakugo, qui n'en avait rien à faire, le fit taire en l'embrassant de nouveau, sans retenue cette fois-ci. Il plaqua ses lèvres contre les siennes, passant ses mains autour de son cou pour le bloquer contre lui. Il ne le laisserait pas partir. Il lui appartenait.
Tout compte fait, Kirishima décida de se laisser faire. Il glissa une main dans les épis blonds, découvrant le front du prince tout en faisant durer le baiser. Au-dessus, d'eux, le temps semblait s'être arrêté. Le vent ne soufflait plus et le chant des oiseaux était lointain, comme dans un rêve. Katsuki avait l'impression que des heures s'étaient écoulées lorsqu'il rouvrit les yeux. Il avait chaud, et le corps d'Eijiro contre lui lui donnait des frissons. Il se redressa sur ses coudes, ses iris grenats plantés avec conviction dans ceux du reptile. Son regard ne trompait pas et envoyait un message clair. Le carmin déglutit. Il en avait envie aussi. Katsuki l'embrassa de nouveau en faisant disparaître ses mains sous sa veste. Tout contre ses lèvres, le dragon chuchota :
« Katsuki, attends, on est dehors…
-Tais-toi, tu vois bien qu'on est seuls. »
Il prit sa lèvre inférieure entre ses dents, lui lança un regard de défi, un sourcil levé. Complètement sous le charme, Eijiro ne fut pas en mesure de résister. Lentement, les mains du jeune homme remontèrent le long de son dos pour faire glisser son gilet sur ses épaules. Le veston tomba dans l'herbe, rapidement suivit du foulard que le dragon portait toujours. Les deux garçons se retrouvaient tous les deux torse nu, en plein milieu de la forêt.
Katsuki se rallongea dans l'herbe, attirant Eijiro vers lui avant de faire descendre ses mains jusque sur ses fesses. Il embrassa la mâchoire du roux avant de faire glisser ses lèvres jusqu'à son lobe :
« Enlève ton pantalon. » Souffla-t-il, provoquant un long frémissement de désir chez le reptile qui s'exécuta sans attendre. Il n'y avait rien à faire, quand Katsuki entrait dans l'équation, sa raison se faisait la malle.
Le rouquin recula de quelques centimètres, une main affairée à déboucler sa ceinture alors que l'autre était plaquée au sol. Sous lui, le prince profitait de la vue, laissant son regard courir sur son cou, ses clavicules, ses pectoraux et ses abdominaux qui tremblaient au rythme de sa respiration. Il posa ses doigts sur la cape écarlate qui enserrerait sa taille et la fit glisser sur ses hanches, libérant le dragon de ses entraves de tissu. Moulé à travers son sous-vêtement, son sexe en érection commençait à se dresser. Il lança un regard un peu gêné au jeune homme qui lui, affichait un rictus satisfait.
Katsuki baissa les mains vers sa propre ceinture qu'il ouvrit habilement, avant de se défaire à son tour de ses vêtements. Lui aussi commençait à sentir l'excitation monter, et il n'avait aucune envie de faire machine arrière alors qu'ils étaient si bien partis. Son pantalon retiré, il ne lui restait plus que ses bottes et ses colliers. D'un coup, il fit glisser ses jambes autour du bassin d'Eijiro et resserra son étreinte autour de sa prise. Ses lèvres à peine posées sur celles de son amant, il susurra :
« Dépêche-toi, je ne veux pas attendre.
-Ce que tu peux être capricieux… » Grogna le reptile, la voix nouée par la vague de chaleur qui l'envahissait.
Le regard brillant, toujours plongé dans le sien, Katsuki prit son majeur et son index entre ses lèvres, qu'il humidifia d'un épais filet de salive avant de faire glisser ses doigts contre son entré n'avait pas oublié la douloureuse sensation qui l'avait déchiré la première fois, et s'était dit, avec le recul, que se préparer ici aussi rendrait peut-être la chose moins pénible. Il sentait l'érection du dragon grossir contre sa cuisse au fur et à mesure, et bientôt, leurs lèvres se lièrent de nouveaux pour un énième baiser intense et passionné, laissant place à un ballet de caresses rugueuses et brûlantes entre leurs deux langues. Lorsque ses chairs furent plus tendres et dilatées,il fit glisser un doigt en lui, étouffant un grognement rauque. Le carmin délaissa ses lèvres pour s'attaquer à son cou, laissant des traînées luisantes lorsqu'il passait sa langue sur sa peau claire, et le prince sentait son cœur faire des bonds à chaque fois que les frissons des caresses qu'il s'infligeait sonnaient de pair avec les baisers que le dragon déposait eu creux de sa nuque.
Après quelques minutes, le cendré finit par faire ressortir ses doigts, le souffle court. Il était prê passa sa main sur l'érection d'Eijiro qu'il massa à travers le tissu, lui lançant un regard lubrique. Le carmin gémit :
« Arrête de me torturer comme ça, je croyais que tu ne voulais pas attendre…
-Sors-la et mets-la moi, alors. »
Le dragon faillit s'étouffer en entendant le prince parler de la sorte. Le cendré ricana puis l'embrassa de nouveau, frottant son bassin contre lui. C'en fut trop pour Eijiro qui finit par obéir, se débarrassant du dernier vêtement qui masquait à peine son intimité pour finir totalement déshabillé à son tour. Il se saisit de sa base, la queue rougie et gonflée, une perle de liquide pré-éjaculatoire dégoulinant le long de son membre. Le blond se mordit la lèvre lorsqu'il sentit le gland de l'autre garçon se poser contre son anneau de chair. D'un regard, il lui fit comprendre qu'il pouvait y aller. Eijiro poussa pour entrer en lui et ne put retenir un geignement de plaisir en sentant l'écrin brûlant se resserrer progressivement autour de son sexe.
Sous lui, le cendré haletait. Le torse soulevé par une respiration erratique et décousue, son ventre se tordait de plaisir à chaque centimètre que le dragon faisaient entrer en lui. Il le sentait l'écarter et se glisser au plus profond de lui, une sensation à la fois étrange et terriblement excitante. Il aimait Eijiro, et ne faire qu'un avec lui le faisait se sentir vivant. Pour la première fois de sa vie, depuis qu'ils avaient passé la nuit ensemble l'autre soir, il découvrait un sentiment qui lui donnait des ailes. Dans un gémissement qu'il retint tant bien que mal, il passa ses deux bras autour de son cou pour happer ses lèvres, et une larme de plaisir perla au coin de sa paupière lorsque le dragon tapa dans ses entrailles.
Le prince sentit un long frisson de plaisir l'envahir entièrement quand son amant recula pour mieux revenir. Une main tremblante quitta le cou du carmin pour venir se plaquer contre sa bouche, tentant d'étouffer ses cris, mais les gémissements et les grognements de plaisir qui retentissaient à présent entre les arbres étaient loin d'être discrets. Il jeta la tête en arrière dans un râle lorsque Kirishima cogna de nouveau au fond de son ventre, lui envoyant une véritable décharge électrique dans tous les membres.
Au-dessus de lui, les ongles plantés dans la terre et les herbes, Eijiro, tous les muscles bandés, se sentait déjà à l'étroit à l'intérieur de son prince qui gémissait contre son oreille. Il essayait d'être doux pour ne pas le brusquer, mais la chaleur qui l'entourait était si agréable que l'appétit vorace qui le consumait un peu plus à chaque seconde lui faisait faire des mouvement brusques et désordonnés. Autour de sa taille, les jambes tremblantes du cendré s'accrochaient avec peine, secouées par les coups de reins, et une odeur d'herbe remontait depuis le sol, leurs corps remuants contre l'humus exaltant les effluves de la terre.
Leurs lèvres se retrouvaient et se séparaient, reliées l'une à l'autre par un filet de salive. Leurs souffles se mêlaient pour ne faire plus qu'un. Plus Eijiro accélérait, plus Katsuki se tordait de plaisir contre lui, son torse et son ventre se plaquant aux siens. Puis, l'une des mains du dragon glissa sur la cuisse du blond, faisant passer son mollet au dessus de son épaule. Le prince se cambra en sentant le carmin s'introduire encore plus loin en lui pour venir toucher son point sensible. Les yeux se perdant dans les tâches lumineuses du feuillage traversé par les rayons du jour au-dessus de lui, il ne pouvait penser à rien d'autre qu'au plaisir qui gonflait en lui et qui paraissait prêt à éclater d'une seconde à l'autre.
Un nouveau coup de hanche, et Eijiro passa une main sous sa tête, le serrant contre lui. Katsuki avait planté ses ongles dans son dos, s'accrochant désespérément à son amant, écartant les cuisses autant qu'il le pouvait comme pour recevoir le plus de sensations possibles, si bien que le dragon avait l'impression de se faire aspirer. Il laissa échapper un grognement bestial lorsque le cendré griffa son dos, marquant sa peau halée de zébrures rouges. Ses doigts se baladaient sur sa chair, s'enfonçant dans les muscles de ses fesses, de ses cuisses, avant de remonter jusqu'à la racine de ses cheveux, où ils se perdaient dans les mèches rouges.
La bouche du dragon maculait le cou du blond de dizaines de baisers qui s'échouaient sous sa mâchoire, entrecoupés de coups de dents et de suçons légers déposés avec avidité sur toute parcelle de peau à portée. À chaque contact, le prince gémissait de plus belle, se contractant malgré lui, assommé par le plaisir. Il sentait son propre sexe coincé entre son bas-ventre et celui du dragon, malmené à chaque va et vient, dégoulinant d'un filet translucide qui s'étalait sur sa peau. Plus son excitation montait, plus il ressentait le besoin de bouger à son tour.
Entre deux inspirations et deux baisers maladroits, le jeune homme agrippa les bras du dragon, et d'un coup d'épaule agile, les fit rouler dans l'herbe pour inverser leurs positions. Décoiffé, à bout de souffle, il se retrouva assis sur les cuisses du carmin. Les mains posées sur son torse, il se pencha sur lui pour l'embrasser à nouveau. Lorsqu'il rouvrir les paupières, leurs regards se croisèrent, et le prince lança à l'Adarkin un rictus charmeur avant de se redresser pour se mettre à bouger à son tour.
Sous lui, une mèche en travers du front, Eijiro se trouvait soudainement prit au dépourvu. Le jeune roi se déhanchait au dessus de lui, les joues rouges, soupirant de plaisir à chaque fois qu'il le faisait entrer encore plus loin en lui. Le dragon serra les dents, presque à bout, la sensation d'une jouissance imminente grandissant en lui au fur et à mesure. Les yeux mi-clos, il aperçut le cendré se saisir de ses poignets pour porter ses mains à ses pectoraux. Les doigts du rouquin s'enfoncèrent dans les muscles fermes, glissant sur ses tétons, s'agrippant à la peau en y laissant des marques.
Le cendré le regardait faire avec un rictus qui dévoilait ses canines, lui donnant un air à la fois carnassier et fatal. Soudainement, Eijiro lui envoya un coup de hanche un peu plus puissant que les autres, et le jeune homme projeta la tête en arrière dans un cri sensuel qu'il ne tenta même pas de retenir. Les mains du dragon quittèrent sa poitrine pour se perdre sur ses hanches, ses fesses, ses cuisses, griffant et caressant sa peau avec passion, le marquant comme pour prouver son appartenance. Tu es à moi, soufflait chacune des caresses et chacun des baisers qui laissaient des traces sur sa peau claire. Puis, de ses jambes musclées, ses doigts remontèrent sur son érection rougie, secouée par les coups et les pulsions qui la traversaient. Ses doigts s'accrochèrent à la base, avant de remonter avec lenteur jusqu'à la délimitation entre son gland et le corps de son pénis. Le prince réprima un hoquet surpris, mais se laissa faire, rendu docile par le plaisir. Au rythme de ses va et vient, il entama un léger mouvement de pompe tout le long de la queue du cendré, se délectant de ses soupirs lascifs. Katsuki se laissait à présent totalement faire, si bien qu'il avait rapidement stoppé son initiative de bouger à son tour. La position n'étant pas la plus simple pour Eijiro, celui-ci finit pas lâcher -à la grande déception du principal intéressé- le membre du cendré pour le faire basculer en dessous de lui.
À nouveau, les deux amants roulèrent entre les herbes hautes, Eijiro repassant au-dessus du blond pour reprendre les rênes. Ses hanches de nouveau libres, il put se remettre à bouger avec plus d'aisance, et plus de rapidité. Les deux adolescents étaient au bord de l'orgasme, et, encouragé par la fougue de son amant, Katsuki bougeait lui aussi, aidant le dragon à taper aussi loin que possible au fond de son ventre. Il sentait le gland du carmin aller et venir contre sa prostate, la compresser, la cogner sans aucune douceur. C'était bon, beaucoup trop bon, et il ne pouvait plus tenir. Dans un gémissement aigu et érotique, il se contracta tout entier, le corps secoué des spasmes du puissant orgasme qui le frappa de plein fouet. Eijiro, lui, fut soudainement saisit par l'anneau qui se resserra d'un seul coup autour de son membre. Il grogna comme une bête, un geignement mêlé de surprise et de plaisir intense, et se vida à son tour à l'intérieur du prince qui s'accrochait à lui en hoquetant, les larmes aux yeux.
Le silence retomba enfin sur la forêt lorsque les cris cessèrent, laissant les deux garçons bercés seulement du son de leurs respirations rauques et du chant des oiseaux qui revenaient timidement. Blodyn, qui était partie paître à quelques pas de là, leva la tête pour jeter un œil à ses deux cavaliers qui avaient passé les quinze dernières minutes à se rouler dans l'herbe en gémissant. Voyant qu'ils semblaient toujours collés l'un à l'autre, elle retourna vaquer à ses activités, arrachant une touffe d'herbe au pied d'un arbre couvert de mousse.
Les bras tremblants, écrasant à moitié le prince, Eijiro reprenait difficilement son souffle, inspirant à grandes bouffées l'odeur de l'autre garçon, le nez niché au creux de sa nuque. Les battements rapides de son cœur bourdonnaient à ses oreilles et il avait la gorge sèche. De temps à autre, il sentait son sexe battre, expulsant une dernière salve de sperme, le faisant frémir du bas du dos jusqu'à la racine des cheveux. Coincé entre le sol et le buste puissant du dragon, le prince, lui, était avachi dans l'herbe, les yeux mis-clos, les cheveux retombant vers l'arrière et le visage rouge et encore transpirant de leurs ébats, ses cuisses tremblantes faiblement entourées autour de la taille de son compagnon. Il leur fallut quelques minutes avant qu'ils ne retrouvent totalement leurs esprits, et le reptile finit par se redresser sur ses coudes, gratifiant la mâchoire de son amant d'un doux baiser au passage. Il fit glisser ses doigts sur sa joue, puis derrière sa tête, l'aidant à se relever à son tour. Les mèches cendres retombèrent devant les deux pupilles grenat qui se plongèrent dans celles d'en face, et le jeune roi se pencha pour embrasser l'Adarkin.
« On devrait se rhabiller, souffla Eijiro contre les lèvres du blond qui, comme pour le provoquer, passa ses bras autour de son cou pour le coller à lui.
-Ça va, on a deux minutes, ricana le prince en déposant une multitude de petits baisers au coin des lèvres du roux.
-Katsuki, si tu continues, je vais finir par te sauter dessus encore une fois.
-Et alors ? Ça me pose pas de problème.
-Arrête, rit Eijiro en le faisant gentiment reculer. On doit rentrer.
-Ta raison m'exaspère. » Soupira le prince qui finit par se lever pour aller chercher ses vêtements.
Leurs habits se retrouvaient éparpillés ça et là, sur le sol. Le prince récupéra son pantalon, faisant teinter la boucle de la ceinture lorsqu'il passa son pied dans la première jambe. En le remontant sur ses hanches, il remarqua un détail et fronça les sourcils avant de se mettre à gronder en direction du carmin :
« C'est quoi, toutes ces marques ? Je suis recouvert de griffures !
-Tu peux parler, répondit Eijiro qui sentait son dos le lancer après que les ongles du cendré soient passés par là.
-De quoi je vais avoir l'air, en rentrant au royaume dans cet état ? Tu m'as fait des suçons partout ! »
Kirishima, qui venait lui aussi de finir d'enfiler ses habits, revient vers le prince et passa un bras autour sa taille, déposant un dernier baiser au creux de son cou. Sou souffle sur sa peau fit frissonner le prince, qui gardait toujours son air contrarié.
« Ne t'en fais pas, elles auront disparu avant qu'on revienne. Personne ne verra rien.
-Je te préviens, je ne rentre pas à Syrthio comme ça.
-D'accord, d'accord. » Rit doucement le dragon, mais il savait bien que le jeune roi n'était pas vraiment en colère.
Une fois rhabillés, les deux adolescents profitèrent encore un peu du calme de la forêt, se laissant le temps de se remettre de leurs émotions. Eijiro s'était rallongé sous l'arbre, et Katsuki s'était installé sur lui, la joue collée à son buste, confortablement serré entre les bras puissants de son amant. De là où il se trouvait, il entendait les battements de son cœur et sa respiration qui le berçaient paisiblement. Les rayons du soleil qui se frayaient un chemin entre les feuillages venaient s'échouer sur eux, créant de petites tâches de lumières qui réchauffaient leurs peaux par endroits.
Le prince finit par fermer les yeux, se collant encore un peu plus contre le torse du roux. Il n'avait plus envie de partir de cet endroit, mais il avait prit sa décision, et il devait assumer.
Seulement, avant de rentrer pour de bon, il ressentait l'envie de s'octroyer encore quelques heures de liberté en compagnie de celui qui comptait à présent le plus pour lui.
§§§
Katsuki s'était endormi contre Eijiro. Lorsqu'il rouvrit les yeux, toujours entouré des bras du dragon, il mit quelques instants à comprendre où et comment il se trouvait. Il se redressa sur ses coudes, un peu hagard, avant de tomber nez à nez avec le carmin.
« Je me suis endormi ? Grogna-t-il, encore mal réveillé.
-Oui, rit Kirishima, tu as fait une petite sieste. Je pense que l'après midi est bien entamé, maintenant. »
Le jeune homme se passa une main sur le visage avant de se redresser totalement, puis regarda autour de lui. Le soleil était haut dans le ciel, et la chaleur du royaume d'été était encore bien présente et pesait même dans la fraîcheur des sous-bois. Leur jument vaquait toujours à ses activités, broutant sans se lasser depuis plusieurs heures maintenant. Un merle chantait au dessus de leurs têtes, sautillant d'une branche à l'autre, disparaissant derrière les feuilles. Katsuki regarda à sa droite, là où les arbres commençaient doucement à prendre une jolie teinte orangée.
C'est vrai. Maintenant, ils devaient rentrer.
Le cendré se leva, puis s'étira en faisant craquer son dos. Puis, Eijiro se redressa à son tour, et siffla sa jument qui dressa les oreilles avant de revenir dans leur direction. Les doigts accrochés à ses rênes, il lança un sourire à l'autre garçon :
« Tu es prêt ? »
Le jeune roi répondit silencieusement d'un hochement de tête, avant de monter sur le dos de la bête. Le reptile fit de même, et les deux garçons finirent par laisser derrière eux l'orée de la forêt, limite entre les deux royaumes.
Il avançaient en direction de l'Est, attentifs aux changements du paysage autour d'eux. Les feuillages verdoyants n'étaient déjà qu'un souvenir, remplacés par des centaines de branches aux feuilles orangées, rouges ou dorées, qui créaient sur le sol un tapis aux couleurs de flammes. La température se faisait aussi moins brûlante, laissant place à une brise plus fraîche qui venait des terres d'Automne.
Plus ils progressaient, plus le soleil déclinait, également. Katsuki restait silencieux, aux aguets. Il commençait à reconnaître son territoire. Ils pénétrèrent sous un vitrail rouge, créée par les rayons de l'astre du jour qui filtraient à travers les feuilles des érables flamboyants.
À cet instant précis, le prince eut un pincement au cœur. Il arrivait chez lui. De là, il pouvait déjà reconnaître le haut des tours du château qui se dressaient derrière les arbres.
À suivre…
Et voilà, le voyage touche à sa fin... Mes bébés on tellement grandiiii TwT (pleure comme une maman qui amène ses fils à l'école le premier jour de la maternelle)
Hum, pardon, je m'égare. Bref, j'espère que ce petit interlude baisedanslaforêtavantderentrerchezpapamaman vous aura plu xD N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé! nwn On se revoit... Un jour? Pour le DERNIER CHAPITRE D: En attendant, faites bien attention à vous, lavez vous bien les mains, restez chez vous si vous le pouvez et comme d'hab', shippez un max!
Bye bye!
