La Génération de la Seconde Phase.
Un secret jalousement gardé par le Cinquième Secteur, tout comme ses membres confinés en Z.E.R.O.. Lorsque l'un d'eux parvient à s'échapper, l'organisation à la tête du football junior au Japon met tout en œuvre pour le récupérer... avec le monopole complet sur le foot en prime.
"Dans ce cas... Il est temps pour le Vent de la Rébellion de se lever."
Il est temps pour Pégase de déployer ses ailes.
NdA : Oui, ça fait longtemps. Mais si j'ai pris autant de temps à mettre à jour (vous étiez prévenus que cela pourrait arriver), c'est parce que le chapitre suivant n'est certainement pas le plus passionnant et à été une douleur à faire sortir. J'ai également été très occupée entre un voyage et mon travail de bêta-lectrice - que je ne regrette pas le moins du monde - mais après un éclair d'inspiration il y a trois jours, j'ai réussi à trouver comment l'écrire, tout comme celui d'après. Bref, tout ça pour dire que j'ai édité le texte que vous aller lire, et que j'espère qu'il vous plaira !
Encore merci à vous tous, lecteurs et lectrices, et pour tous les commentaires ainsi que pour toutes les mises en favoris et suivis.
Si vous voulez mettre de la musique avec ce chapitre, je vous propose celle que vous pourrez retrouver sous le nom suivant : 神童の葛藤 神童のテーマ (si vous avez fini Ombre ou Lumière, il s'agit de la 3e musique de la catégorie Match dans la partie Musique des Bonus : "Les doutes de Riccardo"). Si vous voulez y accéder directement plutôt que de la chercher, sachez qu'elle est disponible directement avec le chapitre sur Wattpad, la fic y a le même nom (elle est aussi sur Archive of Your Own, fanfiction. fr et fanfics-fr. net, mais sans les espaces). Sans doute la reconnaitrez-vous, puisqu'il s'agit d'une OST.
! Il y a des Informations à la fin pour mieux comprendre le contenu du chapitre, lisez-les si vous voulez mieux comprendre ce que j'ai écrit. !
Les Enfants de la Seconde Phase
Arc Premier
Chapitre Troisième
Les joueurs de Raimon étaient pétrifiés.
« Ils n'ont fait que des passes aériennes…
– On les a à peine vu passer !
– C'est… C'est ahurissant. »
Gabi s'approcha de Samguk, qui avait récupéré la balle à ses pieds.
« Je n'ai pas été vigilant. Excuse-moi.
– Pfff. Tu l'entends celui-là ? Comme s'il pouvait l'arrêter. » L'attaquant roux qui avait marqué ricana en revenant sur la moitié de terrain de son équipe.
« Allez les gars, on se reprend ! On a toujours le temps de revenir au score ! »
Ce ne fut que quand le capitaine remua tout le monde qu'ils retournèrent à leur place, bien décidés à ne plus se laisser avoir. Lorsque l'arbitre siffla la reprise, Riccardo passa en arrière, à Adé, qui prit son temps au lieu de se précipiter vers le camp adverse. Les milieux avancèrent prudemment en faisait tourner la balle, prêts à sécuriser leur possession quand les Chevaliers Noirs viendraient la récupérer. Mais ce fut inutile : à peine l'autre partie du terrain parcourue à demi, Victor la subtilisa, plus vif que la foudre. Il esquiva avec brio chaque joueur de Raimon qui se mettait sur son chemin, presque sans une goutte de sueur. À peine deux minute après le premier but, le second était passé, se riant des tentatives d'arrêt de Samguk.
« Hah, cette école est loin d'être du niveau de sa réputation. Quel spectacle pathétique. »
Maussade et agacé par les remarques dénigrantes de ses adversaires, le Onze de Raimon se replaça à nouveau. Mr Vétéran souffla une nouvelle fois dans le sifflet, et le match reprit. Cette fois, Doug et Michael tentèrent de passer en force, le plus vite possible, derrière la défense adverse. Ce fut peine perdue : l'Impérial aux cheveux marine vola le ballon aussitôt qu'ils eurent fait trois pas en avant. Avec une force égale à celle qui avait détruit l'ancien local, Victor tira sur les deux attaquants, qui s'effondrèrent avec un cri de douleur. À partir de ce moment-là, les Chevaliers Noirs dominèrent réellement et complètement le match, devenu à sens unique. Bien vite, tout le Onze de Raimon fut couvert d'égratignures et de ce qui deviendrait des bleus dans les jours qui suivraient. Les passes n'avaient pour but que de frapper les joueurs, et les tirs étaient tout ce qu'il y avait de plus violent. Leurs adversaires jouaient clairement avec eux, donnant l'impression qu'ils marquaient uniquement quand ils s'ennuyaient ou voulaient s'en prendre à Samguk.
« Quelle correction ! Raimon enchaîne les buts à une cadence infernale ! »
Quand le score, complètement insensé, de 10 à 0 fut atteint, le coach Evans se décida enfin à faire des changements.
« On change ! J.-P., tu prends la place de Subaru ; Lucien, celle de Michael ; Shun, Hugues, vous rentrez à la place d'Adé et Eugène. »
Les coéquipiers qui ne sortaient pas, ainsi que les manageuses et Arion, aidèrent ceux qui l'étaient à se déplacer. Quand la majorité de l'équipe fut proche du banc, le nouveau du club chuchota, la voix tremblante mais basse pour que l'autre équipe ne l'entende pas :
« Je vous avais prévenus ! »
C'était vrai, Arion les avaient avertis de faire attention. Ils ne l'avaient pas écouté, pensant que leurs adversaires n'étaient rien de plus que des amateurs. Ils s'étaient lourdement trompés, et ils s'en mordaient les doigts désormais.
Malgré le remplacement, Raimon ne put redresser le match. Ce fut même le contraire. Jusqu'à la fin de la première moitié de temps, les Impériaux prirent un soin méticuleux à s'attaquer aux nouveaux joueurs sur le terrain, pour s'assurer que tout le monde "était traité de manière égale", comme c'était la devise du Cinquième Secteur. Heureusement – si l'on pouvait dire cela – ils se concentrèrent uniquement sur eux quatre, laissant de côté les cages et ceux déjà blessés, évitant ainsi l'augmentation de la différence de points entre les deux équipes. Au final, les remplaçants étaient aussi amochés que les titulaires, et quand l'arbitre siffla la mi-temps, tous les membres de Raimon sur le terrain durent se faire violence pour se traîner jusqu'au banc où les attendaient déjà les manageuses avec de quoi reprendre des forces.
« Et c'est la fin de la première mi-temps, qui s'achève sur un score à sens unique de 10 à 0 en faveur des Chevaliers Noirs. » commenta Charley Horse.
Les quinze minutes de pause passèrent en silence, seulement troublées par les respirations lourdes des joueurs épuisés. Arion regarda avec impuissance les personnes qui avaient été – et étaient toujours – ses idoles. La frustration de ne rien pouvoir faire était pire que tout.
À la fin de la mi-temps, arrivée trop vite, les titulaires reprirent leurs places, sans grande envie. Bien qu'il fasse l'engagement, le Onze de Raimon n'était pas avantagé. Ce fut démontré avec la fulgurante et immédiate contre-attaque des Chevaliers Noirs. À peine avancés dans l'autre moitié, les deux attaquants virent la balle être volée sous leur nez. Pire encore, l'un de leurs adversaires tacla Lucien, acte complètement inutile pour défendre et absolument dangereux, et le neveu de Ray Dark tomba avec un cri. Aussitôt, l'arbitre administra un carton jaune au responsable. Ce fut tout, car le première-année assura qu'il pouvait encore jouer.
L'hécatombe ne fit cependant que commencer. Enchaînant les fautes, les Chevaliers Noirs s'en prirent beaucoup plus gravement que précédemment à certains joueurs, notamment les premières-années : Lucien, Aitor et J.-P., ainsi que Ryoma, furent les plus blessés de tous. Au point que le coach dut de nouveau demander à changer, et remettre Adé, Subaru et Michael sur le terrain. J.-P. insista pour rester jusqu'à la fin, ce qui, bien que ce soit honorable de sa part, ne fit que le mettre plus dans le collimateur des Impériaux. Heureusement, du fait de sa petite taille, il avait pu jusque-là plus ou moins éviter les assauts répétés, mais rien ne garantissait que cela continuerait. Les trois autres furent évacués de la surface de jeu tant ils étaient mal en point, mais tinrent à rester sur le banc pour au moins assister à la fin du match.
Ce fut Shun et Hugues qui furent visés par la suite. Sans que leurs amis n'y puissent y faire quoi que ce soit, ils furent assaillis par nombre de tirs et de coups, toujours uniquement avec le ballon. Avant que la situation ne devienne incontrôlable, l'ancien de Raimon procéda à nouveau à un remplacement. À la surprise de tous, il fit rentrer non seulement Eugène, qui était le dernier joueur sur le banc en état, mais également Arion. Ce dernier fut étonné un moment par cette décision, tout comme beaucoup de joueurs et de spectateurs, avant de se promettre intérieurement de donner le meilleur de lui-même. Il alla se placer à la position auparavant occupée par Shun. Pour un premier match, on pouvait dire que le brun ne tombait par sur le meilleur.
Dès que la reprise fut sifflée, les Chevaliers Noirs reprirent leur agressive offensive. Comme leurs cibles favorites ne se trouvaient plus à leur portée, ils revinrent s'en prendre à l'ensemble de l'équipe, à l'exception d'Arion, qu'ils semblaient étrangement éviter, malgré ses essais répétés pour récupérer la balle.
Le coup de grâce vint – enfin, pourrait-on ajouter – à la moitié du temps écoulé, soit un quart d'heure avant la fin. Le capitaine des Impériaux reçut le ballon et, depuis l'autre moitié du terrain, tira directement. Tous les joueurs de Raimon qui le purent se mirent sur sa trajectoire et tentèrent d'empêcher le projectile d'atteindre les buts. Tentèrent, effectivement, car ils ne récoltèrent pour leurs efforts que des égratignures supplémentaires et une énième violente rencontre avec le gazon. Néanmoins, il vint percuter les barres plutôt que les filets, mais à voir le sourire sur le visage du tireur, c'était voulu.
Arion regarda avec horreur ses nouveaux coéquipiers se relever difficilement, alors que la balle revenait à l'attaquant qui en était responsable par le biais de quelques passes bien ajustées. Le nouveau du club ne s'était pas trouvé assez proche pour les aider, mais il n'hésita pas à se diriger vers Victor, avec l'intention évidente de lui dire ce qu'il en pensait. Cependant, quand il fut à ses côtés, son adversaire se retourna vers lui et ils se contentèrent de se regarder en chien de faïence pendant un long moment, dans un silence à peine perturbé par les murmures des élèves spectateurs.
L'Impérial fit alors une chose surprenante. Il envoya le ballon dans les pieds d'Arion.
« J'ai cru comprendre que tu tenais à ce club. Eh bien, qu'est-ce que tu attends ? Tu ne veux pas sauver Raimon ? Tu as le ballon. »
Son ton était absolument moqueur et tout à fait méprisant, et sous-entendait presque qu'il s'attendait à ce que la balle lui soit rendue au plus vite, sous peine de malheureuses… représailles. Mais au lieu de la lui redonner, le première-année, dont le visage se raffermit de détermination, se détourna de lui et commença à se diriger vers les cages en dribblant, passant avec aisance et légèreté tous les Chevaliers Noirs sur son chemin. Arrivé devant les buts, le première-année changea complètement de direction, surprenant tout le monde.
« C'était quoi, ce dribble ? » demanda Riccardo, qui observait avec un peu d'admiration dans les yeux le garçon nouvellement entré dans le club. Effectivement, sa position de milieu de terrain semblait toute désignée avec un tel talent.
« Il est doué. » admit Jade, tout aussi étonnée.
Le milieu passa à côté d'Adé, qui lui demanda de lui passer le ballon. Il l'ignora complètement.
« Mais qu'est-ce qu'il fabrique ?
– Arion, passe ! »
Un coup d'œil à Gabi lui permit de le voir être aussitôt marqué par-derrière par deux de leurs adversaires. Par conséquent, le brun changea encore une fois de direction sans hésiter.
« Pourquoi il ne passe pas la balle ?
– En tout cas, il est impressionnant, on peut le lui concéder.
– Arion… pourquoi est-ce que tu fais ça ? » murmura la conseillère. Mark Evans, quant à lui, resta silencieux. Il avait déjà compris.
Sur le terrain, les coéquipiers du garçon continuèrent de lui faire signe et de lui demander de leur passer la balle, pour qu'il se détourne d'eux immédiatement.
« À quoi est-ce que tu joues ?! » gronda Michael, colère et incompréhension dans les yeux, après plusieurs minutes de ce curieux manège.
« Ils vous attaqueront encore si je vous la donne. » souffla le brun, sans perdre sa concentration sur son dribble et les autres joueurs, dont la plupart restèrent muets devant l'aveu. Cela voulait-il dire qu'il comptait garder le ballon jusqu'à la fin du match ? C'était de la folie !
« Hah. Comme si c'était aussi facile. »
Victor, après avoir dit cela, alla couper la trajectoire du première-année, qui s'arrêta là où il se trouvait, au centre du terrain. Ils s'affrontèrent à nouveau du regard pendant un moment, avant que l'attaquant ne vole le ballon en un éclair, sans que l'autre ne puisse l'en empêcher. Un claquement de doigt plus tard, et Arion était entouré de l'ensemble des Chevaliers Noirs, coupant ainsi efficacement toute retraite ou intervention extérieure.
« Ça va être dur d'esquiver maintenant, hein ? » ironisa l'attaquant qui avait marqué le premier but. Depuis le banc, Sabel donna sa consigne, qui, bien qu'elle n'ait été qu'uniquement pensée, fut également parfaitement comprise par son destinataire. Écrase-le, Victor.
« Ce sera avec plaisir. » L'Impérial reporta son regard d'ambre sombre vers le joueur au milieu du terrain. « Arion Sherwind… Quand je te regarde, j'ai envie de vomir. Tu n'es qu'un débutant et tu prétends pouvoir jouer dans la cour des grands… Tss. Les imbéciles comme toi ne méritent pas d'être sur un terrain. Et encore moins de jouer au vrai foot, celui le Cinquième Secteur !
– C'est faux ! » Le brun serra les poings, la colère fronçant ses sourcils. « Le football, ce n'est pas ça ! »
Il écarta les bras, montrant visiblement les joueurs épuisés et blessés, et le terrain dont la terre avait été retournée en de multiples endroits, trop nombreux pour être comptés.
« Je sais que tu aimes le foot, Victor. Tu ne jouerais pas comme ça, avec autant de passion, si ce n'était le cas. Alors pourquoi est-ce que tu travailles pour le Cinquième Secteur ? Ça fait pleurer le football ! » La réalisation éclaira un instant plus tard ses prunelles grises, et il baissa la voix, suffisamment pour n'être entendu que d'eux deux ; son ton devenant beaucoup plus doux, presque compréhensif. « Ils te font chanter, pas vrai ? »
À la stupéfaction horrifiée succéda la rancœur dans l'expression de son interlocuteur.
« Ne parle pas de ce que tu ne sais pas ! » siffla-t-il. « Essaye d'arrêter ça, pour voir ! »
Il frappa violemment dans le ballon, qui alla percuter Arion. Ce dernier vacilla sous la force du coup, mais resta debout. Le capitaine des Chevaliers Noirs récupéra néanmoins la balle, et tira à nouveau, encore et encore. Chaque fois, le brun tentait d'amortir le choc en se décalant, ce qui renvoyait généralement le tir d'où il venait. Cela fut remarqué par Shun et Hugues depuis le banc.
« Vous avez vu ? On dirait qu'il arrive à prédire à peu près où la balle le frappera. »
Une seconde plus tard, la sphère vint percuter le première-année au beau milieu du visage.
« Tu en es sûr ? » demanda avec beaucoup de doute et un regard sceptique l'un des joueurs de l'équipe seconde.
Finalement, le rythme des frappes ralentit, jusqu'à ce que l'Impérial, ayant repris son calme et son masque hautain, cesse complètement de tirer. Il observa le garçon devant lui, haletant et la peau désormais couverte de contusions.
« Je commence à me lasser. Il est temps d'en finir. »
Un coup d'œil sur le banc lui donna la permission qu'il voulait avoir. D'une inclinaison de son couvre-chef, Sabel lui donna l'autorisation d'utiliser sa Super Technique. Un sourire malveillant apparu sur le visage fin de l'attaquant, et tous ses coéquipiers s'écartèrent, sachant déjà ce qui allait arriver.
« Je vais te montrer ce que c'est que le foot, minable !
– Arion, éloigne-toi ! » cria Riccardo.
En entendant ces mots, le rictus flottant toujours au creux des lèvres de Victor s'agrandit, une lueur prédatrice apparaissant au fond de ses yeux d'ambre. Il plaça la balle en équilibre dans le creux entre son pied et sa jambe droite.
Reconnaissant le mouvement, Friedrich Schiller, l'un des attaquants de l'équipe seconde, s'exclama :
« Il va le refaire ! » Le regard interrogateur du coach et de la conseillère le poussa à continuer. « Ce tir qui nous a tous mis par terre ! Il va le mettre KO ! »
Toutes les personnes du banc de Raimon retournèrent leur attention sur le garçon aux cheveux sombres. Celui-ci, les mains dans les poches, leva la jambe jusqu'à ce qu'elle soit à l'horizontale, la balle toujours dessus. Dans un mouvement d'une rapidité extrême, il la ramena à sa position originelle, et, sans lui laisser le temps de rejoindre à son tour le sol, donna un puissant coup de pied pénétrant dans la sphère de caoutchouc. Aussitôt, une aura ténébreuse entoura cette dernière, plongeant le terrain dans un abysse noir. Il y eut un instant de flottement pendant lequel la balle accumula plus encore d'énergie ténébreuse, alors que l'attaquant à l'origine de ce prodige se mettait dans une position prête à asséner le coup de grâce : d'un mouvement de sa main, le sombre projectile se transforma en un tir d'énergie obscur qui pourrait transpercer même la plus résistante des armures, et fila directement vers Arion.
{Lame des Ténèbres}
« Les Chevaliers Noirs nous montrent un véritable spectacle de puissance avec le tir de Blade ! Quelle Super Technique incroyable cher public, je ne peux pas en croire mes yeux ! Comment Sherwind pourra-t-il s'y prendre pour le stopper ?!»
Dos à ses coéquipiers, le garçon en question faisait face, sans ciller, au ballon qui n'en était plus vraiment un. De son cœur montait un foisonnement d'émotions : l'impuissance face aux blessures de ses camarades, la tristesse de voir un aussi bon joueur que Victor être obligé d'utiliser le sport qu'ils aimaient tous les deux pour blesser des gens, la colère contre le Cinquième Secteur qui était la cause de tout cela. Et, aussi, des souvenirs de ce jour-là.
Je l'arrêterai, quoi qu'il m'en coûte !
Avec un cri empli de sa rage de vaincre, le brun se redressa et fixa son regard d'orage d'une intensité à faire pâlir les pierres sur la sphère chargée de Ténèbres. Du plus profond de lui-même, quelque chose bougea en réponse à sa détermination froide et plus dure que le diamant de simplement arrêter la balle. Son attention fut à ce point absorbé par celle-ci que le garçon ne remarqua pas qu'il était lui-même entouré d'une sorte d'aura d'énergie indigo avant que cette dernière n'entre en collision avec celle dont Victor avait chargé le ballon.
« C'est-! » s'exclama, les yeux écarquillés, la conseillère de Raimon.
« Comment peut-il…? » demanda de son côté le coach des Chevaliers Noirs en fronçant les sourcils.
Les deux forces bataillèrent l'une contre l'autre, le combat caché aux regards par la Brume, pendant trois secondes paraissant éternelles, remplies de tension et de doute pour les deux camps. Puis, doucement, la balle tomba au sol et roula vers l'Impérial qui venait de l'envoyer. Arion cligna des yeux et contempla ses poings, entourés un instant plus tôt de l'étrange halo, puis le ballon, quelques mètres devant lui. Un petit sourire, qui grandit rapidement, illumina son visage.
« J'ai… réussi ? Génial ! »
Si J.-P. avait été en meilleur état, il aurait sauté sur son ami tant il était fier de lui, donc pour l'instant, il se contenta de hurler de joie.
« Décidément, tu es plein de surprises, toi… » murmura Samguk en secouant la tête d'incrédulité bienveillante.
Face au première-année qui regardait toujours le gazon, apparemment émerveillé par sa démonstration surprise de force, l'expression de l'envoyé du Cinquième Secteur se décomposait à vue d'œil, tordue de rage et de ressentiment.
« Tss… Les idiots comme toi qui ne font qu'effleurer la vraie puissance et croient qu'ils sont forts, ça me met en rogne ! Laisse-moi te montrer à quel point tu as tort ! »
Sur ces paroles pleines de haine, l'Impérial invoqua à son tour la même Brume bleuâtre qu'Arion. Sauf qu'à l'inverse de celui-ci, l'énergie ne resta pas longtemps sous cette forme inconsistante : une menaçante lueur carmin perça la nuée, et les vagues de pourpre se matérialisèrent en un chevalier dont on ne pouvait distinguer que l'armure d'acier reluisante et l'écarlate cape flottant dans son dos. Dans ce qui lui faisait office de mains, recouvertes de gantelets épais, le paladin tenait fermement un bouclier aux armoiries imaginaires et une lame semblant plus affûtée qu'il ne l'était physiquement possible.
{Lancelot, le Spadassin Héroïque}
« Un Esprit Guerrier ?!
– Je croyais que ce n'était qu'une légende ! » balbutia le gardien de Raimon, les yeux larges.
« Est-ce que vous voyez ça ?! D'après quelques rumeurs colportées parmi les joueurs, ils apparaissent parfois brièvement pendant les matchs ! Les Esprits Guerriers ! »
« Mais c'est quoi ce délire ?!
– Maintenant, monsieur nous sort un Esprit Guerrier ?! C'est vraiment pas fair-play ! »
Tout le monde, que ce soit sur le terrain, le banc ou dans les gradins, regarda avec effarement l'être spirituel qui s'était manifesté dans le stade. Sabel, par contre, avait un grand sourire plein de joie, presque sadique, sur le visage. Le capitaine des Chevaliers Noirs n'eut pas besoin de le regarder pour savoir qu'il avait l'autorisation de détruire définitivement le gamin naïf devant lui, qui le fixait. Étrangement, il ne semblait pas avoir peur. Seuls un calme serein et une confiance surprenante se lisait dans son expression. Cela ne fit qu'énerver davantage l'Impérial, qui ne perdit pas plus de temps.
Soulevant la balle à ses pieds, l'attaquant frappa de toutes ses forces dans celle-ci. À l'image de son invocateur, {Lancelot} arma son épée. Puis, le coup partit, à la fois Ballon et Lame.
Arion fit face à ce tir de la même manière qu'au précédent. L'issue, en revanche, en fut l'opposé. Le première-année fut violemment repoussé, la puissance de l'attaque l'envoyant rouler sur le gazon sur plusieurs mètres. Il hurla de douleur. Son corps se couvrit dans le mouvement brutal de plus d'hématomes et d'égratignures que ceux de la grande majorité de ses coéquipiers. Victor ricana, récupérant sa prise sur le ballon. Pendant un long moment, le brun resta inerte, glaçant les membres de Raimon d'effroi, avant qu'ils ne voient ses doigts bouger et ses poings se serrer. La plupart des élèves poussèrent un soupir de soulagement, tandis que le capitaine relâchait un souffle qu'il ne réalisait pas tenir.
Envers et contre tout bon sens, qui aurait préconisé de rester sagement au sol, le garçon se mit sur ses genoux et s'appuya sur ses mains, l'effort le faisant trembler.
« Je ne peux pas… abandonner ! »
Il tendit les bras, toussant un peu, reprenant difficilement son souffle.
« Je dois… me battre jusqu'au bout ! »
D'une poussée sur ses jambes, il se releva, titubant.
« Je vais y arriver ! »
Ses yeux s'ouvrirent, luisants d'une volonté d'acier.
« Oui… Je sais que je peux te battre ! »
Pendant un instant, un vent surnaturel souffla dans le stade, venant agiter les cheveux des joueurs, annonciateur du Changement qui bientôt bouleverserait le monde.
Victor sembla surpris que le milieu se soit relevé. Puis, avec un autre ricanement, il se mit à sourire.
« Tu en redemandes ? Très bien, je vais exaucer ton souhait. »
{Lancelot} déploya sa cape. Chargeant encore une fois le ballon d'énergie sombre, presque ambrée, son Invocateur tira. L'épée de l'Esprit Guerrier se transforma en une volée d'estocs renforcés de flammes d'ambre et d'ombre, qui trouvèrent en Arion leur cible malheureuse.
{Botte de Lancelot}
Seconde repoussée brutale.
Second hurlement.
Second silence d'horreur.
Riccardo, qui se trouvait être le plus proche, se précipita vers le garçon plus jeune que lui et s'empressa de l'aider à se retourner sur le dos une fois à ses côtés.
« Quelle tête de mule ! »
Ses paroles étaient dures, mais son ton montrait qu'il était plus paniqué qu'en colère. Les yeux fermés, son nouveau camarade inspira et expira lourdement, semblant dans l'incapacité de faire autre chose.
« Capitaine… »
Ce dernier tendit l'oreille, attentif à toutes les paroles difficilement prononcées par le première-année, qui se redressa légèrement et fixa son regard brumeux de douleur et de fatigue sur l'autre.
« S'il te plaît… N'abandonne pas… » Il empoigna avec une force surprenante le maillot de son aîné, à l'emplacement du cœur, sur l'emblème de la Foudre. « …le football. »
Ces mots débloquèrent quelque chose en Riccardo. Il baissa la tête, sa frange dissimulant le haut de son visage, et Arion relâcha sa prise, vide de ses forces.
« Pourquoi… »
Quelque chose de mouillé tomba sur le plus jeune, qui reconcentra son regard sur son capitaine. Il écarquilla les yeux devant la scène qui l'attendait.
Riccardo pleurait.
Laissant son ami reposer sur le gazon, celui-ci se releva.
« Pourquoi je ne peux rien faire ? Je ne peux même pas protéger mes coéquipiers. Je ne suis même pas un vrai capitaine. Ce n'est qu'un bout de… »
Le deuxième-année vint serrer le brassard rouge enfilé à son bras droit. Un vent chargé de puissance, provoqué par l'énergie invisible qui surchargeait l'atmosphère, vint agiter les cheveux ondulés du brun. Il reporta son regard, désormais chargé de colère et de rancune, sur l'Impérial qui observait froidement la scène.
« Assez ! »
Un hurlement de rage, contre lui-même autant que contre Victor et le Cinquième Secteur, sortit brusquement des lèvres du pianiste. La Brume Spirituelle si caractéristique à l'Invocation l'entoura, sous les yeux exorbités du reste des joueurs et des personnes sur le banc.
« Quoi ?
– Et voilà. »
L'aura se matérialisa. Un bras habillé de vert, à la main gantée de noir tenant une baguette de chef d'orchestre. Un autre, dont la main, nue, tenait une autre baguette de même nature, entourée d'une auréole lumineuse. Un être vêtu d'un épais manteau pourpre et d'un jabot immaculé, au visage en partie dissimulé par sa chevelure bleue azur clair, dont les mèches formait au-devant les maillons d'une chaîne, un sourire confiant courbant le coin de ses lèvres. L'énergie spirituelle du capitaine de Raimon se révéla sous la forme d'un Maestro à quatre bras.
Les deux Esprits Guerriers se firent face, s'affrontant de leur présence, et Arion, pris entre les deux Invocateurs, se recula.
« Le capitaine possède un Esprit Guerrier ?!
– Riccardo ! » Gabi était sans aucun doute le plus surpris de tous. Jamais il n'aurait imaginé que son ami – qu'il connaissait pourtant depuis plusieurs années ! – puisse avoir le potentiel et la capacité d'appeler à lui ce qui était considéré comme un mythe parmi tous les joueurs de foot du pays.
« Mais que se passe-t-il ? Même Riccardo en possède un ?!
– C'est la première fois que ça arrive… » fit remarquer d'une voix fragile le grand frère de l'équipe.
« Incroyable. Riccardo Di Rigo, le capitaine de l'équipe de Raimon, a lui aussi libéré son Esprit Guerrier ! »
Sabel, qui s'était levé, haussa les bras devant lui, un sourire dérangé sur le visage, visiblement extatique.
« La naissance d'un Esprit Guerrier ! Le {Lancelot} de Victor a dû réveiller la vraie nature de ce garçon qui sommeillait au fond de son cœur !
– Intéressant. » fit Victor avec un sourire carnassier.
« Celui qui doit protéger Raimon, c'est moi ! » Riccardo gronda, semblant prêt à se jeter sur l'attaquant. Arion se releva difficilement et se plaça entre les deux, bras écartés. « Pousse-toi !
– Mais- » Le première-année se tut en voyant la détermination dans les yeux de l'autre, qui, d'un geste colérique, le repoussa sur le côté.
Échange de regard entre le coach et le capitaine des Chevaliers Noirs.
« C'est moi le capitaine de cette équipe. C'est à moi de défendre le football !
– Capitaine…
– Tu crois pouvoir y arriver ? Moi je ne crois pas. Je vais te mettre à terre. »
Avec ces paroles bien peu avenantes, l'Impérial frappa à nouveau le ballon, et {Lancelot} se précipita à sa suite. Riccardo se prépara à encaisser la force du tir, et son Esprit Guerrier se mit lui aussi en garde. La balle entra en collision avec la jambe armée du milieu, et les deux êtres immatériels s'affrontèrent avec violence, lame contre baguette et auréole, sous les regards fixes et ébahis de tout Raimon.
« Quel arrêt ! C'est l'affrontement de deux Esprits Guerriers ! »
Le ballon finit par s'élever loin au-dessus du sol, et les deux Invocateurs bondirent pour l'atteindre le premier. À nouveau, ils s'apprêtèrent à lutter l'un contre l'autre.
« Ça suffit, arrêtez. »
La jambe de Victor passa au-dessus de la balle au lieu de la frapper. Il atterrit et {Lancelot} revint sous sa forme nébuleuse, puis disparut.
« Pourquoi ?
– Le match est terminé.
– Qu'est-ce que vous dites ? » questionna Samguk, pendant que Riccardo, à bout de souffle, retournait sur le sol à son tour et laissait se dissiper son Esprit Guerrier.
« Nous nous retirons du match.
– Vous fuyez c'est ça ? » demanda avec hargne le capitaine de Raimon.
« Si on fuit ? » Sabel rejoignit ses joueurs au centre du terrain. « Non, disons plutôt qu'on vous laisse partir. » Le deuxième-année se rembrunit, et le coach fixa ses yeux ternes dans les siens. « Mais d'une certaine manière… on peut dire que ta présence aura servi à protéger l'existence du club de Raimon, Riccardo. »
Victor envoya alors la balle haut dans les airs.
Quand elle toucha terre, les Chevaliers Noirs étaient partis.
Informations :
1) Le temps des matchs a été diminué par rapports à ceux des adultes : les joueurs jouent pendant une demi-heure au lieu de 45 minutes (ce qui correspond avec ce qui est donné comme ratio dans les jeux) et la mi-temps dure un quart d'heure. Il ne faut pas oublier que les enfants sont moins endurants que les adultes.
2) La notation se fera dorénavant comme suit :
{Super Techniques}
{Esprits Guerriers}
{Super Techniques d'Esprits Guerriers}
{Armures d'Esprits Guerriers}
{Super Tactiques}
{Mixi Max/Mixi Max Trans}
Le texte pur fait 4 634 mots selon le conteur du site. C'est le chapitre le plus long que j'ai écrit jusqu'à présent. Pas mal, je trouve.
En tout cas, je vous jure que, dans la cinématique du jeu où Riccardo éveille son Esprit Guerrier, on a vraiment l'impression que Arion est presque au bord de la mort et lui dit ses dernières volontés ! C'est assez amusant. J'ai donc préféré réutiliser celle de l'anime, que je trouve plutôt mieux faite et légèrement plus adaptée au contexte.
J'en profite pour poser une petite question aux personnes ayant la gentillesse de laisser un commentaire et possédant un compte sur le site : Préférez-vous que je réponde via la voie normale (les PMs) ou dans le chapitre qui suit ? Si je n'ai pas de réponse, je répondrais de la première manière si vous avez un compte.
