Hermione aurait souhaité ne jamais revenir dans ce grand hall composé de marbre noir, dont le mur circulaire se composait de portes lisses, sans serrure ni poignée, qui s'alignaient à intervalles réguliers, encadrées de torches aux flammes bleues et froides. Mais elle comprit rapidement où Arlan cherchait à en venir et tira sa baguette pour reproduire l'impressionnante Reconfiguration spatiale créée par Lily – et Dumbledore et elle avaient eu plaisir à apprendre dans la semaine auprès d'Elisa, seule autre Pilier à maîtriser cet étonnant sortilège. Mais en cet instant, elle fut surtout tentée de donner une baffe derrière la tête d'Arlan, mais elle se retint et préféra plutôt renvoyer Comprendre l'incompris dans l'art des potions qu'elle portait encore sous le bras – en espérant que Dumbledore repasse par son bureau.
̶ Tu penses à Rookwood…
̶ C'est son nom qui m'échappait quand j'ai proposé qu'on joue aux Mangemorts, mais il y a un autre truc… deux autres trucs qui m'intéressent, en fait, répondit Arlan en tirant un fin carnet de sa poche. Il faut vérifier si la prophétie existe ou non, mais j'en doute. Étant donné que Voldemort n'a pas créé son pire ennemi, je ne vois pas pour quel prétexte il y en aurait une. Par contre, la Tisseuse des Hantises…
Hermione sursauta.
̶ Ne me dis pas que tu veux… !
̶ L'utiliser sur Severus, si. Cette lueur d'espoir dont a parlé Salina, je crois que je l'ai mal interprétée : même si le parallèle avec Voldemort est bel et bien présent, je pense que Severus se dit juste qu'il est tout à fait possible d'être sang-mêlé et de devenir un sorcier historique. Tu sais à quel point il aime sa mère, non ? Il n'est pas inenvisageable qu'il veuille marquer son temps pour se targuer d'être le fiston d'une Prince. Ce n'est toutefois qu'une théorie. Dans tous les cas, quelle que soit la nature de sa lueur d'espoir, la Tisseuse va nous permettre de le chambouler un peu plus.
La sorcière soupira. Quand avait-il développé un tel sadisme ?
̶ La voilà, annonça-t-il en trouvant la page qu'il cherchait.
A gauche, le dessin d'une pelote de laine. A droite… Hermione, incrédule, lui arracha le carnet des mains en parcourant les lignes. Impensable ! Aberrant, même ! Où et quand diable Harry avait-il réussi à comprendre comment fonctionnait la Tisseuse ? Elle avait beau eu affirmer qu'il réservait sans cesse des surprises, celle-ci était sans conteste la plus grosse qu'elle-même n'aurait jamais imaginée ! Inutile de poser des questions à Arlan, cependant : des trois souvenirs qui lui restaient, elle devinait au moins son mariage avec Ginny – ou peut-être leur premier baiser – et peut-être son premier affrontement face à Babaï. Peu importait le troisième, il valait mieux ne pas l'encourager vers son amnésie totale.
̶ On s'occupe de Rookwood en dernier, décréta le Poudlardien. D'abord, la Salle des Prophéties !
Et une porte s'ouvrit aussitôt. Ils s'y dirigèrent, Hermione feuilletant le carnet. Il n'y avait rien sur la trentaine d'années passées dans la clandestinité, rien sur la vie de Harry, en fait. Tout n'était qu'un tas d'informations sur Voldemort, la Tisseuse et… l'Ankhou-eyin ?! Il n'y avait aucune traduction de tous les symboles qui figuraient sur l'orbe, mais des idées – parfois raturées – sur ses capacités, comme s'il avait établi une liste des pouvoirs du globe à mesure qu'il affrontait Babaï. Ou peut-être après qu'il eut disparu.
Elle referma le carnet : ce n'était ni le bon endroit, ni le bon moment pour se plonger dans la lecture. Tous deux entrèrent dans une salle de la taille d'une cathédrale, remplie d'innombrables étagères aussi longues que hautes, atteignant presque le plafond, et croulant sous le poids d'une multitude de sphères si poussiéreuses qu'on n'en distinguait même plus la lueur argentée qu'elles contenaient. Hermione se résolut à ne pas soupirer – il allait falloir faire un bout de chemin pour atteindre les allées susceptibles de comporter les prophéties les plus récentes.
̶ Es-tu au moins sûr que Rookwood est ici ? demanda-t-elle.
̶ Absolument pas, admit Arlan, mais lui est secondaire, pour le moment. Qu'on l'attrape ou non, ça ne changera rien. Si nous nous éparpillons dans les missions, on va finir par s'y perdre : la priorité demeure Severus et de le ramener dans le giron des amitiés de Lily. Voldemort est affaibli, il doit probablement se concentrer sur son enquête des imposteurs et rechercher de nouvelles recrues… Reste un gros souci, cependant : le médaillon de Serpentard.
̶ C'est sûr. Regulus ne doit mourir qu'en 1979. Si tu veux qu'on se débarrasse de Voldemort pour…
̶ Se débarrasser ? répéta Arlan d'un air presque surpris. Ce ne serait pas drôle : je veux qu'il sache à quoi ça ressemble, la vie d'un pantin. L'objectif de mon plan est juste de le faire redevenir mortel, puis on verra ce qu'il arrivera. Babaï le tuera peut-être ou l'asservira. Tuer Voldemort ne serait pas amusant – ni justice, d'ailleurs, car tuer un assassin n'est que lui rendre service. Si nous parvenons à l'arrêter et à l'incarcérer, la Tisseuse sera bien utile.
Hermione ne trouva rien à y redire, mais tout de même : depuis quand était-il aussi sadique ?
Arlan s'arrêta brusquement en tournant la tête vers l'allée 59.
̶ Tu entends ?
̶ Quoi ?
̶ La voix.
Hermione tendit l'oreille, mais elle n'entendit rien du… Si, elle l'entendait ! Inintelligible, féminine, mais audible. Ils se dirigèrent aussitôt vers elle, tandis que la sorcière réfléchissait à toute vitesse. Que se passait-il ? Il fallait normalement éclater la sphère pour entendre quelque chose. Était-elle devenue si puissante qu'elle pouvait passer à travers l'enchantement créant les globes contenant les prophéties ? Ou bien était-ce autre chose ? Peu importait, ils remontèrent l'allée en regardant des deux côtés, puis revinrent en arrière, peinant à localiser l'origine de la voix.
̶ Hermione.
L'intéressée tourna la tête vers un globe bien particulier. Avait-elle rêvé ou venait-il de lui parler ?
̶ Ha… Arlan, se rattrapa-t-elle, je crois qu'il m'a trouvée… Que je l'ai trouvé, je veux dire.
Il la rejoignit tandis qu'elle se penchait sur l'étiquette :
J. R. T. W
« Seigneur des Ténèbres et Babaï » ?
A l'évidence, Harry avait trouvé le moyen de déclencher la prophétisation des deux guerres avant – bien avant, même – l'avènement de Voldemort. A quel point son plan était-il méticuleux ? Et toujours la même question : quand et comment avait-il compris les pouvoirs de l'Ankhou-eyin ?
Une porte claqua, mais ils ne s'en inquiétèrent pas : du moment que la Langue-de-Plomb restait hors du champ de la Reconfiguration spatiale, elle ne pourrait ni les voir ni les entendre, mais ils restèrent à l'affût, juste au cas où le nouvel arrivant était Augustus Rookwood… Mauvaise pioche : le teint cireux et les yeux enchâssés de Funestar passèrent devant l'allée et disparurent. Hermione soupira une seconde fois : elle aimerait bien retourner à Poudlard le plus vite possible.
̶ Bien, dit Arlan qui avait retiré la prophétie. Je me suis planté : il y en avait une. Quand on sera à la maison, on demandera à Albus et Horace s'ils peuvent identifier les initiales. Occupons-nous à présent de la Tisseuse. Regarde dans le carnet où… où… comment s'appelait cette Langue-de-Plomb, déjà ?
̶ Nina, dit Hermione en feuilletant l'ouvrage tandis que l'adolescent glissait la prophétie dans l'une de ses poches et qu'ils remontaient l'allée.
Couple-surprise par excellence, Anthony Goldstein s'était marié à Cho Chang. Tous deux avaient eu Nina et Paul, mais c'était leur fille qui s'était illustrée au sein du ministère de la Magie. Son humour à la fois noir et caustique avait déclenché tant de fous rires et scandalisé tant de personnes qu'Hermione était bien incapable de les compter. Mais, à l'instar de Telma, Nina avait toujours été pleine de vie – et avait même brisé la réputation austère des Langue-de-Plomb.
Il faut vraiment que j'oublie tout ça, soupira intérieurement Hermione en tournant la page et tomber sur celle qui les intéressait.
̶ Salle de la Mort ! annonça-t-elle.
Une porte s'ouvrit et tous deux se hâtèrent de la franchir avant que Funestar ne fut tenté d'aller voir qui l'avait ouverte. Ils se retrouvèrent dans une salle assez vaste, rectangulaire, au sommet de gradins en pierre descendant jusqu'à une fosse qui les séparait d'un socle, lui aussi en pierre, où se dressait une antique arcade encadrant un rideau noir en lambeaux qui ondulait paresseusement. Hermione l'observa avec appréhension. Est-ce qu'un voyage dans le temps l'empêcherait d'entendre les murmures perçus par Harry lors de leur cinquième année ? Elle avait perdu tant de personnes dans son ancienne vie…
Elle secoua la tête pour se concentrer à nouveau sur la mission et vit Lastena apparaître dans un petit scintillement multicolore sur le carnet, dont le poids ne bougea pas d'un gramme.
̶ J'ai trouvé Augustus Rookwood, dit la Faerys Suprema. Il était occupé à transmettre son rapport au supérieur de son supérieur, mais il arrive. Il doit faire quelques recherches dans la Salle des Cerveaux.
̶ Bien, dit Arlan. Et pour le bon journal ?
̶ Soska s'en occu…
Il y eut un scintillement tout aussi irisé que celui de Lastena et une nouvelle fée apparut, les cheveux d'un bleu très pâle parfaitement assortis à ses yeux. Contrairement à la reine, elle se promenait seins nus, ne portant qu'une petite jupe semblant en cuir rouge. Elle aussi était armée d'une épée, plus fine que celle de Sa Majesté, mais tout aussi longue.
Hermione sourit en la voyant : si Harry avait été très ami avec Lastena, Soska et Priscilla, la fille cadette de Rose, avaient été inséparables dès qu'elles s'étaient rencontrées – d'autant qu'elles étaient nées le même jour, mais avec quelques deux cent neuf années de différence.
̶ Trouvé, annonça-t-elle avec sa bonne humeur infatigable. Édition du 1er janvier, sixième page, juste sous une publicité pour un balai.
̶ Alors, préviens Lily et Albus, dit Lastena. Lily est facilement reconnaissable : elle a la chevelure de Merydia et les yeux de Kaora.
Et Soska repartit aussitôt.
̶ On va faire d'une pierre deux coups, reprit Arlan en reprenant le carnet pour le feuilleter. Le socle de pierre sur lequel se dresse l'arcade va émettre un grondement sonore. Nina avait dit que ça avait été entendu dans tout le département. Prof' Epson, jusqu'où tu peux étendre la Reconfiguration spatiale ?
̶ Pour le moment, dans un périmètre de cinq mètres seulement.
Arlan resta silencieux pendant quelques secondes en se grattant le menton, puis un sourire mauvais, pas rassurant pour un Gallion, se dessina sur ses lèvres. Il se frappa le torse avec une main et fut revêtu de la panoplie du Mangemort.
̶ Tu ne vas pas faire ça… soupira Hermione, désabusée.
̶ Je vais me gêner. Lastena, tu neutralises les Langues-de-Plomb, sauf Rookwood. Prof' Epson, tu te charges de lui dès qu'il entre ici. Quand il va voir un Mangemort ici, il va hésiter, ce sera ton créneau, mais ne t'approche pas trop : quand bien même il ne saurait percevoir ton Incontenance, il travaille ici depuis assez longtemps pour être susceptible de détecter ta présence. Dès que tu l'as mis hors d'état, tu t'en empares pour le cacher dans la Reconfiguration. Tu as Uranus sur toi ?
̶ Toujours, dit-elle en levant sa main droite.
A l'annulaire de sa main droite étincelait la bague en argent massif, sertie d'un morceau d'ambre, que Ron lui avait offerte pour célébrer leur premier anniversaire en tant que couple. Elle revoyait l'air angoissé de ce grand dadais qui n'était pas sûr d'avoir trouvé le bon cadeau chaque fois qu'elle posait les yeux dessus.
̶ Parfait, tu attrapes Rookwood et tu files. Moi, je vais torturer un peu plus Voldemort et mettre tout un bordel dans le ministère.
̶ Hoirs de question ! Tu n'as plus du tout le même niveau de Harry, donc tu te contentes de lancer la Marque une fois que tu as récupéré la Tisseuse et tu rentres.
̶ Très bien, très bien. Si on ne peut même plus s'amuser… Lastena, dès que j'ai trouvé la cachette, je te donne le signal et tu te débarrasses des Langues-de-Plomb. Sans les blesser, bien sûr… La question est : par quelle porte Rookwood va sortir ?
̶ Celle-là, là-bas, indiqua la Faerys Suprema. J'ai eu le temps de faire du repérage.
̶ OK. Déclenchement de l'opération « Voldy' va criser et le ministère se chier dessus », dit Arlan, le ton toujours aussi neutre malgré un réel effort pour paraître enthousiaste.
Ils se séparèrent, Lastena se volatilisant, Hermione se dirigeant vers la porte indiquée et l'adolescent descendant les gradins en sortant de la Reconfiguration spatiale dans son déguisement. Franchement, à quel moment était-il devenu aussi sadique ? Harry avait toujours été taquin – surtout avec ses enfants –, mais elle ne lui avait jamais vu ce plaisir à « torturer » psychologiquement quelqu'un, même si, dans le contexte actuel et la cible visée, ça ne la dérangeait pas. Elle regrettait juste qu'il fasse paniquer tout le ministère de la Magie, qui aurait fort à faire pour effacer les mémoires des Moldus qui apercevront la Marque des Ténèbres… Et Londres était loin d'être une petite ville !
Elle regarda Arlan atteindre le socle de pierre et tourner tout autour en tirant sa baguette, qu'il passa au-dessus de son épaule, comme l'avait fait Mr Stadwick, pour décocher un éclair de lumière rouge au moment précis où la porte s'ouvrit sur une sorcière lugubre, blafarde, le visage émacié, qui n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Ca, c'était du Harry ! sourit Hermione, en regardant la femme s'effondrer mollement, comme si elle s'était évanouie.
̶ Lastena, je l'ai trouvé ! lança-t-il à la cantonade.
Il exécuta une série de gestes compliqués et très précis, puis il y eut un grondement assourdissant qui fit trembler toute la pièce, manquant presque de faire son équilibre à Hermione, qui vit une espèce de « tiroir géant » émerger de la base du socle. Arlan manqua d'être fauché, mais bondit juste à temps sur le côté. A l'intérieur, une pelote qui n'était guère en laine, mais dans un matériau totalement différent, et que personne n'avait jamais pu identifier. Luisant faiblement d'un jaune sombre, elle s'éleva dans les airs d'elle-même, mais Arlan décrivit un grand arc-de-cercle pour l'enfermer dans une bulle écarlate.
Hermione se concentra aussitôt sur la porte par laquelle Rookwood, le teint grêlé, les traits fins et le menton pointu. La vue du « Mangemort » eut à peine le temps de le déconcerter qu'il s'écroulait dans un bruit sourd, stupéfixé. La professeure l'attrapa par le col de sa robe de sorcier en annulant aussitôt sa Reconfiguration spatiale.
̶ Ron ! récita-t-elle.
Elle s'éleva avec Rookwood et se retrouva l'instant d'après dans son bureau où attendaient Horace et Dumbledore, tous deux haussant les sourcils à la vue du Mangemort insoupçonné.
̶ Rookwood ?! Un Mangemort ?! s'exclama le maître des potions, stupéfait.
̶ En effet. Spécialisé dans l'espionnage, qui plus est. Le père de Ludovic Verpey est lui aussi tombé dans le panneau. Je ne sais pas à quel point cet homme sait s'attacher la sympathie et la confiance des gens, mais il récolte des informations de toutes les personnes qui l'ont à la bonne. Reste à savoir quelle idée tordue a imaginé Arlan – ou Harry. J'ai eu la preuve qu'il était encore présent dans la personnalité d'Arlan, mais il faudrait organiser un test plus poussé pour en être sûr.
̶ Où est-il, d'ailleurs ?
L'intéressé apparut la seconde d'après dans un craquement sonore, Lastena sur l'épaule et retira son capuchon comme sa cagoule avant de faire disparaître son costume de mage noir. La sphère magique contenant la Tisseuse qu'il tenait attira l'attention des deux sorciers.
̶ AHA ! s'exclama Horace d'un ton triomphant, se tournant vers Dumbledore qui sourit. Ne t'avais-je pas dit qu'elle existait ?! Nous avions convenu d'offrir au gagnant un whisky correspondant aux années passées depuis le début du pari, non ? Ce qui fait…
̶ Trente-deux ans. Tu auras ta bouteille, Horace. Quelle est la suite de ton plan, Arlan ?
̶ Il est possible de « programmer » la Tisseuse comme bon nous semble, mais aussi d'en renforcer la fidélité des hantises à partir d'un authentique souvenir, répondit le jeune homme en posant la Tisseuse et son « cocon » sur le bureau.
Il plongea la main dans une poche pour en sortir un petit flacon contenant des filaments argentés qui tournoyaient lentement.
̶ De quel souvenir s'agit-il ? demanda Hermione.
̶ Du meurtre de Lily et James par Voldemort. Nous allons fouiller dans la mémoire de Rookwood ce à quoi ressemble une punition de Tom en cas d'échec – en espérant qu'il ait déjà échoué à une mission –, puis je vais programmer une scène où Severus demanderait à ce que Lily soit épargnée et j'ajouterai ce souvenir-là. Après, il me suffira de tisser les hantises dans le dortoir des Serpentard.
̶ Est-ce que Mulciber et les autres ne vont pas voir la même chose que Severus ? demanda Horace.
̶ Non, il est possible de limiter le champ d'action de la Tisseuse. Du moment que je sais où est le lit de Severus, je n'aurai qu'à établir le périmètre et quand il dormira, les hantises viendront troubler son sommeil. Ca va me prendre quelques heures, par contre, il va donc falloir occuper les Serpentard.
̶ Le club de duel dure tout l'après-midi, mais nous n'avons aucune garantie que les garçons resteront jusqu'à la fin, admit Dumbledore. Sans compter qu'Alexander passera d'abord à l'atelier de Minerva – donc, il y a un risque qu'il fasse un détour par le dortoir pour déposer ses affaires. Combien d'heures il te faudrait ?
Arlan réfléchit.
̶ Étant donné la complexité de l'opération, je dirais… trois ou quatre, au moins.
̶ Dans ce cas, j'ai peut-être une idée. Caradoc Dearborn travaille au département de la coopération et est un membre de l'Ordre du Phénix, il pourrait donc venir à Poudlard en prétextant qu'il y a quelques soucis avec ton dossier pendant que les élèves seront en cours. Les garçons de Serpentard passent leurs récréations dans la cour de métamorphose, en général, et Horace a deux raisons de les retenir : Adam a des difficultés en potions et Severus est impliqué dans les recherches de Damoclès.
̶ « Difficultés » ? Tu parles d'un euphémisme ! Je n'ai toujours pas compris comment il a réussi à se retrouver en Aspic dans ma matière ! Même Pettigrow passe pour talentueux à côté de Mulciber ! Mais il est vrai que ton idée est excellente, comme d'habitude. Avec un officiel venant à Poudlard, personne n'ira imaginer à un piège.
̶ C'est acté, donc, reprit Arlan. On va d'abord attendre la réaction des Serpentard face à la vérité sur qui est Voldemort. Lastena, qui les espionne ?
̶ Merydia.
̶ Bien, répéta l'adolescent en sortant le globe de verre de sa poche. Passons donc à la seconde phase.
̶ Une prophétie ?! s'étonna Horace.
̶ Qui concerne apparemment Arlan… et Hermione, je me trompe ? renchérit Dumbledore. Je peux y jeter un œil ?
Arlan lui tendit la sphère qui luisait faiblement comme le flacon qu'il avait posé à côté de l'artefact.
̶ « J. R. T. W. », lut-il. Jane Wooker ?
̶ Non, son deuxième prénom est Doris, dit Horace. J. R. T… Ah ! Jean Rebecca Theodora Watford ! Tu sais, le petit bout de femme que Galatea avait enguirlandée pour avoir délibérément raté toutes ses BUSE, sauf celle en divination. Tu m'étonnes ! Elle faisait jeu égal avec Jedusor en duel ! J'avoue que j'étais moi-même un peu déçu…
̶ Sauf qu'elle est morte, c'est ça ? dit Arlan.
̶ Assassinée, confirma le directeur. Et pas facilement : sa maison a été presque entièrement détruite, mais Horace et moi avons toujours soupçonné Tom d'être son meurtrier. Alastor, qui menait l'enquête, m'a dit que les Aurors avaient trouvé son cadavre affichant un sourire en coin – et cette prophétie me laisse à penser qu'elle n'a pas été tuée, mais qu'elle s'est laissée tuer. Jean n'a jamais su se lier avec le reste de ses camarades, elle préférait les livres, les marcs de café et les boules de cristal.
̶ Et le tarot, ajouta Horace. J'ai été bluffé la fois où j'ai découvert qu'elle avait eu raison en assurant que Jedusor m'offrirait des confits d'ananas… Si j'avais su…
̶ Le passé est le passé, dit Arlan. Albus, éclatez cette sphère qu'on sache ce que Jean dit.
Dumbledore leva la main aussi haut que possible et lâcha le globe, qui se brisa en heurtant le sol. La silhouette argentée d'une toute petite femme, la vingtaine bien entamée, coiffée de quatre couettes, se dressa aussitôt dans les airs et… parcourut chaque visage, son attitude prenant tout le monde de court :
̶ Vous ne vous y attendiez pas, à celle-là ! ricana-t-elle.
̶ Vous avez réinventé le concept de l'Incarnation Mémorielle ?! s'étonna Horace, incrédule.
̶ Pas tout à fait. Luna Lovegood-Scamander, si tout se passe bien, découvrira en 2051 comment les prophéties peuvent avoir une conscience. Je me suis appuyée sur ses travaux pour créer ma prophétie « interactive » afin de pouvoir converser avec vous. Et vous reprocher, professeur Slughorn, de ne pas m'avoir donnée un E à mon devoir sur la solution de Force.
Le maître des potions pouffa.
̶ Une terrible erreur de jugement de ma part, prétendit-il.
Jean sourit, pas dupe, ravie néanmoins de l'entendre jouer le jeu, mais elle s'assombrit rapidement.
̶ Vous allez connaître une guerre terrible, dit-elle. Je ne pouvais pas en déduire les conséquences, sans doute parce que je ne voulais pas les connaître, mais cette femme est... Il m'était impossible de la cerner. Son pouvoir est bien trop grand – immense ! – pour que je perçoive l'avenir nettement. C'est... c'était très compliqué. Il y avait tant d'avenirs différents que je ne savais plus où donner de la tête. Il y avait juste une chose de certaine : il y aura des morts, beaucoup de morts. Harry Potter a envoyé Arlan et Hermione à cette époque pour en minimiser le nombre, mais… je ne sais pas.
̶ Harry m'a… ?! répéta Hermione, déconcertée.
̶ Merydia gardait un œil sur vous, révéla Jean. Elle était chargée de prévenir Harry Potter si jamais vous étiez en danger. Qui vous a envoyé la Porte du Temps, d'après vous ? Qui a attendu d'être sûr de votre présence face à elle pour en déclencher le portail temporel ? C'était Harry. Il savait, devinait ou soupçonnait qu'Arlan aurait besoin d'une personne proche, un point de repère. Je dois avouer que cet homme était surprenant.
̶ Je ne vous le fais pas dire… Que pouvez-vous nous dire sur le plan de Harry ?
̶ Rien que vous ne sachiez déjà, je pense. Il a sacrifié sa mémoire pour remonter le temps, ainsi que les deux tiers de ses pouvoirs pour créer les Piliers. Quand Arlan aura perdu tous ses souvenirs, alors Babaï se réveillera, mais… c'était trop difficile à prédire. Il y avait tant d'éventualités que j'étais tout bonnement incapable de déterminer laquelle se réaliserait.
Sa silhouette argentée faiblit brusquement.
̶ On dirait que j'en ai assez dit, remarqua-t-elle. Professeur Slughorn, professeur Dumbledore, j'ai été ravie de vous revoir. Arlan, Hermione, heureuse de vous avoir rencontrés en… chair et en os, si je puis dire. Il est temps pour moi de partir. Adieu !
Et elle disparut complètement, laissant planer un long silence. Ému, pour Dumbledore et Horace, qui venait de voir une ancienne élève « mourir » une seconde fois. Mais aussi pour Hermione qui réalisait que Harry avait toujours veillé sur elle. Comment n'avait-elle pas pu remarquer Merydia durant toutes ces années ?! Elle avait pourtant très vite compris que les Faerys Suprema étaient détectables au léger – très léger – sifflement qu'elles provoquaient en se déplaçant… Mais c'était Merydia, l'as des as pour l'espionnage…
̶ Elle n'a… n'avait pas changé, dit Horace.
̶ En effet, approuva le directeur. Tout ce que nous pouvons faire, c'est nous souvenir d'elle. Et nous concentrer sur les vivants pour qu'ils le restent. Et il se trouve que les vivants ont besoin de manger, ce qui tombe assez bien puisque nous sommes déjà en retard pour le déjeuner. Augustus ne risque pas de nous fausser compagnie, alors laissons-le ici. J'appellerai Alastor après le repas. Arlan, peux-tu ?
Le Poudlardien tapa du pied sur le sol et les flammes multicolores les engloutirent tous pour amener le quatuor dans la salle annexe où Minerva accueillait les nouveaux élèves à chaque rentrée de chaque nouvelle année scolaire. Ils en sortirent et se séparèrent, Arlan passant par les portes de la Grande Salle et les trois adultes empruntant le couloir qui la longeait.
Horace créa aussitôt une Bulle d'Insonomobilité, même s'il n'y avait personne dans le corridor, pas même un portrait.
̶ Les deux tiers… répéta-t-il. Harry devait être un véritable monstre de puissance, mais pourquoi que des jeunes femmes ?
̶ Sa mère, je pense, dit précautionneusement Hermione. Quand il est entré au ministère, il a posé des questions à toutes les personnes qui avaient connu ses parents – ou bien, c'étaient elles qui venaient lui en parler. Et, il faut bien l'avouer, Lily était bien plus appréciée que James. Harry a dû établir un profil susceptible d'avoir des affinités avec celui de Lily. Ce que je ne m'explique pas, en revanche, est qu'il a aussi affecté d'anciennes élèves. Alastor nous avait dit que Dorcas avait été une très grande sorcière, mais Marlene et Agatha McKinnon… Et comme je l'ai dit, Telma reste toujours une énigme.
Dumbledore ralentit, l'air songeur, et s'arrêta finalement, poussant les deux autres à l'imiter.
̶ J'ai ma petite hypothèse, à ce sujet, dit-il. Je ne crois pas que Harry ait remonté le temps, je suis un peu plus tenté de dire qu'il l'a réécrit. Si les Stadwyck auraient dû mourir il y a trois ans dans le temps de Harry, ils n'ont jamais été attaqués dans le nôtre. Puisqu'Hermione Weasley n'a jamais dire qu'une élève de sept ans a été scolarisée dans sa trame temporelle, peut-être est-ce parce que Telma n'est tout simplement jamais née – ou alors qu'il s'agissait d'une jeune fille tout à fait ordinaire. Je ne serais pas surpris qu'on découvre qu'en activant l'orbe de l'époque de Harry, il a activé la Porte de la nôtre. J'en ai discuté avec Filius, qui m'a confirmé qu'il n'était pas impossible de connecter deux objets dans des époques différentes, même s'il ne s'agit-là que de rumeurs.
̶ On serait quoi ? Dans un univers parallèle au sien ? demanda Horace.
̶ Pas forcément, mais ce n'est pas inenvisageable. Mais si j'ai raison, je m'étonne que Harry n'ait eu besoin « que » de trente-six ans pour imaginer un tel plan et le mettre en œuvre. Nous serons fixés dès que la femme d'Akmar aura traduit les inscriptions de l'Ankhou-eyin… si elle y parvient. Ou alors, on va devoir attendre le réveil de Babaï. D'ailleurs, Hermione, qu'en pensez-vous ? Maintenant qu'Arlan sait qu'il réveillera Babaï dès que son amnésie sera effective, va-t-il la précipiter ?
̶ Ce n'est pas impossible, reconnut-elle, mais nous avons toujours deux problèmes : il nous manque et le journal intime de Jedusor, et le médaillon de Serpentard. Voire Nagini, nous n'avons jamais su – nous ne nous sommes jamais posés la question, en fait – quand Voldemort et elle s'étaient… se sont rencon...
̶ Albus ! s'écria Minerva en s'avançant à grandes enjambées, un parchemin à la main.
Discrètement, Horace désactiva la Bulle.
̶ Que se passe-t-il ? demanda le directeur.
̶ Un message urgent d'Hector Callum : le ministère a été la cible de Mangemorts, mais il n'entre pas dans les détails.
Dumbledore prit le papier et le parcourut rapidement.
̶ On dirait que je vais déjeuner dans mon bureau, Hector veut que je le rappelle au plus vite, dit-il. Je vous confie l'organisation du club de duel. Bon appétit.
̶ Bonne chance, dit Horace tandis que le vieux sage s'éloignait. Il va en avoir besoin.
̶ Callum est si médiocre que ça ? demanda Hermione alors qu'ils reprenaient leur progression vers la salle menant à la Grande Salle.
̶ On ne peut pas vraiment dire qu'il soit d'une grande efficacité. Ce qui explique en partie que toutes les attentions se tournent sur Bartemius Croupton : lui, il a du caractère et des idées.
̶ Bonjour les idées, rétorqua Minerva d'un ton cinglant. Permettre aux Aurors de se conduire comme les Mangemorts, j'appelle ça une aberration, pas une idée. Il est néanmoins vrai qu'il serait bien plus à sa place en tant que ministre que Callum. Sans doute le pire préfet-en-chef du siècle… Si, à l'époque, on m'avait dit qu'il deviendrait ministre de la Magie, j'aurais éclaté de rire…
̶ Je serais curieux de voir ça, dit Horace en entrant dans la Grande Salle. Hermione, une suggestion ?
̶ Cornelius Fudge ministre ?
Minerva eut une exclamation dédaigneuse.
̶ Il ne manquerait plus que ça !
̶ Raté, dit le maître des potions.
Ils se séparèrent, Minerva allant rejoindre sa chaise à côté du trône vide de Dumbledore, Horace et Hermione s'asseyant côté à côté, Hagrid à leur droite.
̶ Prête pour le massacre, Hermione ? s'enquit le garde-chasse.
Petit caprice de la professeure de défense contre les forces du Mal, elle avait absolument tenu que le demi-géant l'appelle et par son prénom, et la tutoie. Il ne s'était pas fait prié, buvant tout son saoul les anecdotes qu'elle lui avait racontées sur la relation qu'il y avait eu entre lui et Harry, Ron et elle.
̶ Prête, mais je crois qu'il va être un peu différent, cette fois-ci. Il faut que je vérifie quelque chose à propos d'Arlan.
̶ Quoi donc ? demanda Aurora.
̶ La Danse du Diable Divin, répondit Hermione avec un sourire mystérieux. En espérant qu'il ne l'a pas oubliée, mais je vous laisse la découvrir par vous-mêmes. Je vais juste devoir exiger de me laisser prendre les commandes pendant quelques minutes.
Son regard fut attiré par l'entrée d'une chevelure auburn : Arlan ne mentait pas, Lily attirait de façon surprenante l'attention par sa chevelure. Accompagnée de Mary et Anoya, elle adressa un petit sourire à Hermione pour lui faire savoir que la mission était accomplie. Les trois jeunes femmes rejoignirent – cette fois-ci – la table de Poufsouffle, où étaient assises les autres filles de Gryffondor, Lysandra, ainsi que Salina et, bien évidemment, Telma et Camelia. C'était un étrange spectacle, songea Hermione, qui n'avait pas souvenir d'en avoir déjà vu un de la sorte à son époque… ancienne époque, sauf lorsque Luna s'y invitait.
Les Serpentard finirent par arriver, les garçons paraissant plongés dans de profondes réflexions mais silencieuses, tandis que les filles jubilaient. Hermione observa Severus : elle ne lui avait jamais vu des sourcils aussi froncés et le regard aussi mobile. Puis elle tourna le regard vers Arlan, assis avec James, Sirius, Remus et Peter, qui ne prêta guère attention aux Serpents, trop occupé à écouter son désormais cousin lui parler – sans doute – des sélections de Quidditch. Même s'il était évident qu'il serait le futur attrapeur. Elle avait hâte de le revoir sur un balai, d'ailleurs.
Le déjeuner prit bientôt fin, les élèves sortant de la Grande Salle, dont les portes se refermèrent.
̶ Que devons-nous faire, Hermione ? demanda Filius.
̶ Nous transférons les tables ailleurs et nous alignons les estrades le long des murs, pour le moment. Nous nous occuperons de leur disposition et des enchantements quand ce sera fini… Ah, un sablier de trois minutes, aussi.
Les professeurs s'activèrent, Hermione traversant la Grande Salle pour en rejoindre les portes. Jetant un œil par-dessus son épaule, elle vit que les tables avaient disparu et que les estrades étaient alignées contre les murs, ses collègues attendant d'assister au spectacle qu'elle réservait. Elle tira sa baguette et rouvrit les panneaux, surprenant les élèves par la rapidité de l'organisation des enseignants – et par sa présence, peut-être, dans l'encadrement.
̶ Je vais le dire une dernière fois pour que tout le monde le sache et l'imprime, Arlan devient petit à petit amnésique, lança-t-elle, sa voix résonnant sans peine dans tout le hall. Il est toutefois des choses, j'espère, qui ne s'oublient pas. Avant que le club de duel ne commence vraiment, nous allons vérifier que mon espoir se concrétise. Arlan, approche.
L'intéressé s'exécuta. Elle lui tendit sa baguette, qu'il prit très naturellement.
̶ On dirait que je vais m'amuser, finalement, dit-il.
̶ Doucement, par contre, insista Hermione. Bien, que tout le monde entre, je vais vous expliquer.
Perplexes, les élèves s'engouffrèrent dans la Grande Salle, un peu déconcertés par l'emplacement de chaque estrade. Hermione, une main dans le dos d'Arlan, les guida jusqu'au centre de la pièce puis se tourna vers les étudiants.
̶ Bien, reprit-elle. Vous allez former un cercle tout autour d'Arlan et l'attaquer.
̶ On va le défoncer, dit Alyphar Robins, un sixième année de Serdaigle, déconcerté.
̶ N'en soyez pas si sûr. Arlan et plusieurs de ses amis ont développé une technique de duel qui a fait maintes fois ses preuves. Ils étaient redoutables dès qu'ils l'employaient. Je veux m'assurer qu'il s'en souvient encore. Vous aurez trois minutes pour le vaincre : toutes celles et tous ceux qui seront encore debout à la fin de cette expérience recevront dix points.
̶ Et je présume que cette technique oblige à ce qu'il ait deux baguettes ? dit Severus.
̶ En effet. Positionnez-vous. Filius, pourriez-vous dresser un écran pour protéger nos collègues – on ne sait jamais à quoi s'attendre avec cet idiot. Lastena, tu viens avec moi.
Le minuscule sorcier obtempéra tandis que la Faerys Suprema rejoignait l'épaule d'Hermione, qui se recula jusqu'à traverser l'écran formé par l'expert en sortilèges et enchantements. Elle prit le sablier de Minerva en regardant les élèves se mettre en place.
̶ Ca fait quand même beaucoup pour une seule personne, commenta Aurora. Ils sont… au moins une soixantaine, non ?
̶ C'est précisément ce que je veux voir. Arlan est un cachottier : il prépare presque toujours tous ses coups en douce, mais avec son amnésie progressive… Il me faut avoir une idée de son niveau. Tout le monde est prêt ? demanda-t-elle quand le cercle fut formé tout autour du nouveau Potter. C'est parti !
Les sortilèges fusèrent comme des feux d'artifices et Arlan fit un mouvement brusque de ses mains armées, déclenchant une espèce de tornade silencieuse qui fit tournoyer les attaques tout autour de lui. Puis il abattit sèchement les bras et les sorts fusèrent dans toutes les directions, désarmant, stupéfixant, immobilisant une bonne vingtaine d'élèves plus jeunes, moins expérimentés. Redressant à peine l'une de ses baguettes, il dévia un éclair bleu lancé par Elisa et qui prit pour cible Mulciber, qui s'effondra – pareil pour une tentative de Lily, qu'il dérouta en direction de Remus, qui s'écroula. Puis la Danse du Diable Divin commença réellement : esquivant, tournoyant, sautant, se cambrant, se cabrant, C'était comme si ses mouvements n'avaient rien d'humain, ni en souplesse, ni en rapidité, ni en réflexe… Il se débarrassa néanmoins tour à tour des élèves, sauf les Piliers, notamment parce que Lily veillait au grain. Il fallait avouer que ses protections, la rapidité de ses analyses et la puissance de ses défenses étaient vraiment étonnantes, même pour Hermione, qui en aurait presque oublié le sablier qu'elle tenait.
̶ Fini ! annonça-t-elle au moment où Arlan déviait un dernier sortilège… d'un revers de main ?!
Hermione envoya sa stupeur dans un coin de son esprit et regarda le carnage. Les Piliers étaient sur pieds, Severus et Rosier aussi, tout comme James et Sirius, Lysandra, Clémence, Camelia et Uria – et tous les autres étaient étendus au sol, bien évidemment. Les deux tiers… Même à la fin de sa carrière, Harry n'aurait sans doute pas pu provoquer un tel « massacre » – même face à des adolescents. A quel point était-il devenu puissant depuis qu'il avait disparu ?!
̶ Mais d'où sort ce garçon… murmura Caius, abasourdi, dont le bras gauche était une prothèse faite de métal, l'œil gauche de verre, et le visage couturé, brûlé même – sans parler d'un pied en bois.
Enseigner les soins aux créatures magiques n'était pas un métier des plus sécurisés, visiblement.
̶ Vous l'auriez vu quand il était à la tête de son « équipe », sourit Hermione. Au moins, il se rappelle de la Danse du Diable Divin, c'est l'essentiel.
Et vital pour affronter Babaï.
