C'était sans doute la première fois qu'elle constatait ça depuis bien longtemps, mais Hermione avait dû se rendre à l'évidence : le plan d'Arlan n'avait pas fonctionné comme prévu. Rookwood n'avait pas été d'une grande utilité et le Poudlardien rencontrait des difficultés à mettre en place la Tisseuse, mais ramener Severus du bon côté semblait légèrement progresser, grâce au coup de pouce de Horace et de Dumbledore, le premier ayant « surpris » les filles de Serpentard à parler de Jedusor, et le second de leur avouer qu'un seul élève avait été renvoyé en 1943 mais conservé à Poudlard malgré les charges à son endroit. Il n'en avait guère fallu plus pour que les jeunes femmes tournent leur curiosité insatiable sur Hagrid, qui avait été bien évidemment prévenu qu'il finirait par les voir débouler à sa cabane pour le questionner. Même si le sujet le mettait toujours mal à l'aise, il avait tout de même joué le jeu. Et la prochaine étape restait à établir, le directeur estimant toutefois que c'était à Arlan de la définir : « Une ingérence tierce pourrait faire tout capoter. C'est son plan, donc c'est lui le patron. »
Hermione soupira et regarda la chaise sur laquelle Rookwood s'était tenu quelques jours plus tôt, les mains ligotées, avant que Dumbledore n'admette ne pas trouver de punition infligée par Voldemort, puis que Maugrey l'embarque pour l'incarcérer à Azkaban. Il aurait été facile d'interroger un mage noir qui aurait déjà été emprisonné, mais le directeur et Arlan réfutaient cette stratégie : certains Mangemorts y recevaient des visites et pourraient entendre le plan du Poudlardien, prévenir Narcissa, par exemple, et tout tomberait à l'eau. Même modifier la mémoire de l'interrogé pourrait n'être d'aucune utilité, selon Dumbledore, car Voldemort était assez talentueux pour briser un tel acte magique – et le risque d'une évasion n'était pas à prendre à la légère. Surtout que les Mangemorts étaient très discrets, ces derniers temps.
Elle fut tirée de ses songes quand Soska apparut devant elle, flottant dans les airs.
̶ Coucou ! dit la Faerys Suprema.
̶ Salut. Qu'est-ce qui t'amène, Sos' ?
̶ Arlan semble avoir trouvé la prochaine étape de son plan en attendant de finir la Tisseuse. Il songe à orienter les filles de Serpentard vers la piste de la Chambre des Secrets.
Hermione leva les yeux au plafond, exaspérée.
̶ J'en étais sûre… soupira-t-elle en se levant de son fauteuil. Que sais-tu de son plan ?
̶ Seulement qu'il compte sur les Piliers pour l'aider à le mettre en place, il a du mal à le faire par lui-même.
̶ Forcément, Uria, Isabella et Jahia n'ont pas manqué de parler de leurs découvertes à Salina, qui n'a pas manqué d'en parler aux autres Piliers et leurs amies de confiance… dit la sorcière pour elle-même. A quoi peut bien penser cet emmerdeur… ? Sos', préviens Albus qu'Arlan va encore faire des siennes.
̶ Mission reçue !
Et la Faerys Suprema se volatilisa dans l'habituel scintillement irisé typique de son peuple. Quittant son bureau en en verrouillant la porte d'un simple claquement de doigts, Hermione se dirigea aussitôt vers le Grand Escalier pour rejoindre la table du petit déjeuner, perdue dans ses pensées. Quelle idée à peine moins tordue que le kidnapping de Rookwood, Arlan avait-il en tête, cette fois ? Il était frustrant de constater qu'elle n'arrivait plus du tout à le suivre… Elle reconnaissait Harry dans l'intelligence des stratégies, mais Arlan était bien plus spontané, moins méticuleux, prudent – et pourtant, ça marchait de façon remarquable, malgré le chapitre Rookwood qui avait foiré.
Lorsqu'elle entra dans la Grande Salle par la porte réservée aux professeurs, elle comprit que le plan d'Arlan était déjà en marche : les Gryffondor, Lysandra et Anoya, Telma et Camelia, ainsi que Salina, manquaient à l'appel. Elle serra la mâchoire. Par Merlin qu'il l'énervait à faire ses coups en douce ! se répéta-t-elle pour la nième fois.
̶ Bonjour à toutes et à tous, dit-elle malgré tout d'un ton aussi aimable que possible.
̶ Bonjour, répondirent ses collègues.
̶ Vous m'avez l'air assez… contrariée, Hermione, remarqua Horace.
̶ J'ai une tête au front balafré qui démange mon envie de lui baffer les joues, reconnut la sorcière du futur. Quelqu'un a-t-il aperçu les Piliers ?
̶ Heu… Maintenant que vous le dites, non, reconnut Filius en portant son attention sur la table de sa maison. Misses M'Bami, Stockwell et Marlow ne sont pas encore là, j'imagine qu'elles peinent à tirer la Cauchemarde du lit, encore une fois. Quoiqu'il est assez surprenant que Miss Cooper ne soit pas là : dès qu'il est question de nourriture, son appétit devient aussi vaste que la Grande Sa… Ah ! Parlez du puits sans fond et il se manifeste.
Telma entra effectivement avec les Gryffondor et les Piliers, ainsi que Lysandra et le Poudlardien… ainsi que les filles de Serpentard. Hermione fronça les sourcils. Pourquoi ce tableau la dérangeait-elle autant ? Depuis quand Arlan s'était-il acoquiné avec Uria, Isabella et Jahia ? Non, plus étrange encore, il y avait l'air fatigué de Peter, Mary, Camelia et Clémence, comme si… comme si…
̶ Les petits cons… murmura-t-elle si bas que seuls Hagrid, à sa droite, et Horace, à sa gauche, purent l'entendre.
̶ Que se passe-t-il ? chuchota le garde-chasse.
̶ Je ne sais pas, mais ils ont fait quelque chose. Ils ont presque tous l'air de ne pas avoir assez dormi, et ça m'étonnerait que ça soit pour une fête d'anniversaire… Je vais finir par le baffer pour de bon…
̶ Vous connaissez Arlan mieux que nous, relativisa Horace à voix basse, vous savez donc très bien à quel point ses idées peuvent être brillantes. Même si vous aimeriez qu'il vous prévienne, lui veut peut-être ne pas trop vous impliquer dans ses plans. Pensez-y. Il est à vous ce que vous êtes à lui, après tout.
̶ Certes, mais ça m'énerve qu'il fasse ses coups en douce. Sos' ?
La fée apparut aussitôt devant elle dans une pluie d'étincelles multicolores, grignotant une miette de toast couverte de confiture à la framboise.
̶ Horace, vous avez des potions de Réveil ? demanda Hermione.
̶ Toujours. Filius tient à ce que j'en ai une sous la main quand les demoiselles de Serdaigle ne savent pas comment tirer Anoya hors de son lit. Soska, regardez dans le troisième placard à droite de la porte quand vous lui tournez le dos. Dans ma réserve personnelle, je veux dire. La potion est à peu près d'un bleu presque aussi clair que les yeux et la chevelure de Lastena.
̶ Et arrange-toi pour que Peter, Mary, Camelia et Clémence en boivent sans le savoir, dit Hermione.
̶ Mission acceptée ! dit Soska avant de se volatiliser, sa miette à la confiture engloutie.
̶ Que se passe-t-il ? demanda Pomona, curieuse.
̶ Il semblerait que les devoirs aient demandé un peu trop d'attention nocturne à certaines et certains élèves, dit Dumbledore. Je n'ai plus vu Camelia aussi exténuée depuis… la veille des BUSE. Mary et Clémence n'ont guère l'air en meilleure forme. C'est à croire qu'elles ont avancé le Jour de la Bataille, cette année.
̶ Le Jour de la Bataille ? s'étonna Hermione.
̶ De coussins, précisa Minerva. Tous les mois, Miss Orson organise une bataille de coussins avec les autres Piliers et Misses Sow, Porter et Marlow – et parfois avec les jeunes femmes de Serpentard, mais seulement à Halloween. Je ne compte plus le nombre de fois où Ticky est venue me dire avec un grand sourire qu'il faudrait de nouveaux oreillers…
Hermione pouffa. Si son Poudlard avait été fascinant, celui-ci détonnait en tous points. Ce n'était ni avec Parvati ni Lavande qu'elle aurait pu participer à un jeu aussi enfantin, et pourtant amusant. Ron n'était jamais avare de bataille de coussins – c'était sa façon à lui de punir Hugo et Rose quand ils « osaient » le « décevoir » pour n'importe quelle raison : une chambre mal rangée, une assiette pas finie, une note en-dessous de ce qu'il espérait, etc. Sans parler du champ de bataille que devenait la maison quand les jumeaux et Harry s'invitaient dans le « terrible combat ».
Un bruissement d'ailes sonore s'éleva et toutes les têtes se tournèrent ou se levèrent vers les fenêtres de la Grande Salle, appréhendant, comme d'habitude, les nouvelles apportées par La Gazette. Hiboux et chouettes s'engouffrèrent dans la pièce, transportant journaux et colis, avant de s'éparpiller dans une formidable cacophonie de battements et d'ululements. Hermione repéra assez vite Hedwige, si blanche que les autres paraissaient bien gris, et qui fondit vers Arlan, même si elle n'eut rien à lui livrer. Même si ce n'était pas la même chouette, elle ressemblait étonnamment à Hedwige de par son comportement et son affinité avec le Poudlardien.
Un hibou petit-duc se posa devant la sorcière venue du futur, apportant l'édition du jour. Hermione, fouillant ses poches, sortit les cinq Noises pour les glisses dans la bourse en cuir attachée à la patte du rapace, qui repartit aussitôt, tandis que des exclamations atterrées, horrifiées, incrédules, s'élevaient le long des tables des élèves. Mais qu'est-ce qu'il a fait ?! soupira intérieurement Hermione, craignant presque de déplier le quotidien.
Elle le fit quand même :
VOUS-SAVEZ-QUI EN PERSONNE
ATTAQUE LE MINISTÈRE DE LA MAGIE !
Hermione relut la manchette, dubitative.
̶ L'enfoiré… souffla-t-elle, consternée.
̶ Le vrai ou le faux Vous-Savez-Qui ? murmura malicieusement Horace.
̶ Les deux…
Elle se concentra sur l'article, fulminant silencieusement :
C'était prévisible, c'était redouté, mais c'est fait : Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, à la tête d'une poignée de Mangemorts, s'est attaqué directement au ministère de la Magie, tard dans la nuit, avant d'être repoussé par les Aurors de garde. Miraculeusement, et aussi triste que cela soit à dire, la terrible bataille qui s'est livrée dans l'atrium n'a fait qu'une seule victime, Jordan Kils, loup-garou reconnu et employé au département de la maintenance magique depuis douze ans. Vous pouvez retrouver l'interview qu'il nous avait accordée en mars 1969 en page 3.
Le vigile de nuit, qui a souhaité garder l'anonymat, nous raconte, encore sous le choc :
« Je n'ai pas tout de suite réalisé, avoue-t-il. Je les voyais très bien, mais… mais je n'ai pas réalisé ! J'ai cru à un mauvais rêve ou une hallucination due à la fatigue, je ne sais pas. Je n'ai repris tous mes esprits que lorsque le Lord noir a lancé un Avada Kedavra vers moi, mais même à ce moment-là, je ne parvenais pas à enregistrer l'information. J'ai eu la chance de voir un jeune Auror en formation sortir du hall des ascenseurs au même moment et dévier le maléfice. Ce n'est qu'à ce moment que j'ai repris tous mes esprits et que j'ai donné l'alerte. »
Mr Vigile, remis de ses émotions, se lancera aussitôt dans la bataille, lui aussi, pour épauler l'Auror en devenir, avant que des employés et les chasseurs de mages noirs professionnels ne les rejoignent. A notre arrivée, les dégâts sont considérables, témoignant de la violence inouïe de la bataille. N'en reste pas moins que le pire, selon Mr Vigile, était Vous-Savez-Qui :
« On sait qu'il est redoutable, nous rappelle-t-il, mais je ne le pensais pas à ce point. A chaque fois, il alternait attaque et défense avec une aisance surnaturelle. Il a quand même commencé à avoir assez de mal à tout gérer quand Alastor Maugrey s'est ramené avec d'autres employés, mais quand même… On devait déjà être une trentaine contre une dizaine, et on ne parvenait pas à prendre le dessus ! On reculait tour à tour, puis l'une des Mangemortes – je suis presque sûr qu'il s'agissait de [Bellatrix] Lestrange – a lancé un sort qui a ébloui tout le monde. Quand on a recouvré la vue, il n'y avait plus personne. »
N'en demeure que si la sécurité du ministère semble un peu fragile, mais aussi que l'objectif visé de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est assez mystérieux : comme annoncé dans l'édition de mardi, le ministre de la Magie, Hector Callum, est en déplacement en Asie jusqu'à dimanche, il ne devait donc pas être la cible. C'est cependant la seconde fois en moins de deux semaines que Londres voit la Marque des Ténèbres flotter au-dessus du ministère – et c'est assez inquiétant.
Elsa Deadheart, la porte-parole du ministère, se veut néanmoins rassurante :
« Nous cherchons encore comment ils ont pu s'introduire au sein du ministère, déclare-t-elle, mais il a déjà été prévue d'organiser une réunion d'urgence pour déterminer les renforcements nécessaires à la protection déjà en place du ministère de la Magie. Pour ce faire, nous ne négligeons aucune de nos possibilités connues et soupçonnables. »
Sous-entendu : Albus Dumbledore et, sans doute, Hermione Epson, le professeur de défense contre les fores du Mal, qui s'est illustrée cet été dans sa collaboration avec les Aurors pour le formidable coup de filet du ministère aux funérailles de Dorea Potter.
Hermione soupira, sa jambe droite tressautant sous la colère. S'ils n'avaient pas été dans la Grande Salle, elle aurait foncé sur Arlan pour lui administrer quelques baffes bien senties, sauf qu'ils y étaient. Elle en avait suffisamment bavé comme ça avec les prises d'initiative inattendues de Harry, il était… il était…
Elle écarquilla légèrement les yeux, mais Minerva exprima sa pensée la première :
̶ Eh bien, voilà qui devrait redonner un peu de confiance et d'espoir à l'endroit du ministère, dit-elle.
Confiance et espoir, se répéta Hermione. Du Harry tout craché ! Cohabitait-il avec Arlan ou s'était-il mêlé dans sa personnalité ? Les deux n'étant pas tout à fait pareils, se pourrait-il qu'ils aient fusionné ? Elle ne saurait le dire : c'était la première fois qu'un cas comme le sien se manifestait, pour ce qu'elle en savait.
̶ Il semblerait que Jordan ait eu ce qu'il voulait, dit Dumbledore.
̶ Que voulez-vous dire ? s'étonnèrent plusieurs.
̶ Il voulait mourir, mais il n'avait ni le courage ni la lâcheté nécessaires pour se suicider. Bien avant d'être mordu par ce loup-garou, Jordan était comme ça. Armando a longuement envisagé de l'envoyer à Ste Mangouste, ce que les Kils ont fini par faire, mais rien n'y a changé : leur fils haïssait le fait qu'il était en vie. Et ça ne s'est pas amélioré quand il est devenu un loup-garou. Il était asocial, c'est un fait, mais Dorcas m'a un jour dit qu'il se montrait très civilisé et sage quand Anoya venait lui rendre visite. Je crois que leurs douleurs respectives leur permettaient de se comprendre et de s'apaiser l'une l'autre, mais je ne suis pas sûr qu'ils se soient revus après la fugue d'Anoya de chez ses parents biologiques. Il me semble que Barnabas Cuffe, le rédacteur-en-chef de La Gazette, a mis presque huit ans avant d'être enfin en mesure d'interviewer Jordan.
Hermione tourna les yeux vers la Cauchemarde, qui se chamaillait gentiment avec Lysandra pour les trois dernières saucisses du plateau posé entre leurs assiettes. C'était donc elle qui avait tué – « libéré » serait plus correct – Jordan Kils. L'espace d'un instant, elle avait craint que ce fut Arlan.
̶ Je trouve toutefois surprenant que vous n'ayez pas encore été appelé, dit Septima.
̶ Je l'ai été, indiqua le directeur. A 2h14 très précisément. Hector était dans tous ses états.
̶ Quand est-ce qu'il ne l'est pas quand une situation lui échappe, dit Minerva d'un ton dédaigneux. Il y a-t-il une seule situation qui ne lui échappe pas, d'ailleurs ?!
̶ Vous êtes un peu dure, tempéra Dumbledore en souriant. Tout le monde paniquerait en apprenant à une heure du matin que le pire Mage noir depuis Grindelwald, s'est introduit dans le ministère pour en saccager tout l'atrium dans une lutte contre des employés. Ca me rappelle qu'Hermione et moi devons lui rendre visite à midi pour réfléchir à une solution concernant les protections du ministère.
̶ Pourquoi ne demande-t-il pas à Dorcas ? demanda Horace.
̶ Elle boude.
̶ Elle… ?! s'étonna Hermione, déconcertée.
̶ Dorcas a une personnalité ressemblant à un mélange de celles d'Anoya et d'Elisa… et parfois celle de Telma. Quand elle a appris qu'elle était arrivée trop tard pour se bagarrer avec les Mangemorts, elle a décidé de prendre une journée de repos pour se morfondre dans son lit en mangeant de la pizza.
La Fondatrice, cette sorcière si redoutable que Voldemort avait tuée de sa main – enfin, pourrait tuer de sa main –, était tout aussi étrange que certaines des Piliers actuelles, mais un doute s'immisça dans l'esprit de la sorcière venue du futur, qui l'avait toujours imaginée austère, peut-être glaciale.
̶ Elle a quel âge ?
̶ 29 ans depuis le 4 mars, répondit Hagrid.
̶ Ca fait une jolie différence d'avec Katie.
̶ Dorcas est née sur le tard, expliqua Horace. En surprenant tout le monde à sa naissance, d'ailleurs : Hera a fait un déni de grossesse, donc personne ne s'attendait à une troisième Meadowes. Nyra était toujours aux petits soins avec elle, mais le talent phénoménal de Dorcas et cette crapule de Selwyn ont grandement refroidi leur relation. Elles ne se sont plus parler depuis… le mariage de Nyra, justement – et encore, elles n'ont pas échangé un mot lors de la cérémonie.
̶ Et comment en êtes-vous venus à la surnommer « la Fondatrice » ?
̶ Marlene est arrivée six ans après avec un talent moindre, certes, mais tout aussi époustouflant pour une première année que celui que Dorcas avait démontré quand elle avait onze ans. Elles connaissaient leurs noms respectifs, mais elles ne s'étaient jamais rencontrées, et pourtant : dès le lendemain, elles se promenaient partout ensemble. Je ne compte plus le nombre de fois où Dorcas emmenait Marlene avec elle pendant ses rondes nocturnes de préfète. Mais, pour répondre à votre question, Hermione, Albus a eu l'idée d'imaginer les Piliers quand nous avons constaté que toutes les deux imposaient une certaine méfiance chez les élèves les plus turbulents. Dès qu'elles entraient quelque part, ici, un couloir ou une salle de classe, par exemple, les racistes se taisaient, les trouble-paix se calmaient. On y a vu une sorte de « nouvelle génération », et comme Dorcas était l'aînée, « la Fondatrice » était le surnom parfait aux yeux des professeurs de l'époque. Nous ne nous attendions toutefois pas à ce qu'il y en ait d'autres, on en a donc attribué aux amies les plus prometteuses de Dorcas – et c'est devenu une sorte de tradition à chaque rentrée où une élève se démarquait particulièrement des autres. Je dois néanmoins avouer qu'il n'y en a jamais eu avec des capacités comme les Cinq que nous avons aujourd'hui.
̶ Je n'en suis pas tout à fait certain, dit Dumbledore d'un ton léger. La forme est différente, mais il y a une espèce de « concentré » de ces cinq jeunes femmes chez Dorcas. Elle a le talent et l'imagination de Lily pour les sortilèges, la puissance d'Elisa, le caractère bien trempé et le sadisme d'Anoya, ainsi que cette formidable et impressionnante capacité à cerner les gens qui me rappelle sans cesse la lecture de Salina. Pour Telma, je dirais… le côté capricieux et spontané. Sans parler qu'elle a toujours suivi la Fantasque dans ses fantaisies sans rechigner ou la raisonner.
Ils terminèrent leur petit déjeuner puis, comme tous les matins, ils passèrent par la porte derrière leur table tandis que les élèves prenaient par vagues irrégulières la direction des classes, ceux n'ayant pas cours restant pour profiter encore un peu du repas. Tandis qu'ils parcouraient le couloir longeant toute la Grande Salle, Dumbledore s'arrêta subitement.
̶ J'y pense, vous n'avez pas cours, ce matin, Hermione ? dit-il.
̶ Une heure avec les deuxième année de Serdaigle et Serpentard à partir de onze heures.
̶ Parfait, nous allons aller au ministère dès maintenant, histoire de faire comprendre à Hector à quel point il est désagréable de recevoir une visite ou un appel inopiné.
̶ Ce que tu peux être puéril, parfois, soupira Horace.
Les autres professeurs s'éloignèrent, mais Hermione attendit qu'ils eurent tous disparu pour tourner son regard sur le directeur, fronçant les sourcils, en créant un Dôme d'Insonorisation.
̶ Vous étiez au courant de ce qu'Arlan et les autres préparaient ? interrogea-t-elle.
̶ Absolument pas, assura-t-il. J'ai eu un soupçon quand Hector m'a dit que « Voldemort » était entré dans le ministère avec des « Mangemorts », ce qui me paraissait assez inconcevable : bien qu'il puisse y avoir une faille dans la sécurité du ministère, les enchantements le protégeant n'ont épargné aucune éventualité. Il est quasiment impossible que Tom puisse y entrer sans passer par les cheminées, ce qui n'aurait pas manqué d'alerter le vigile. Alors, je me suis demandé s'il n'avait pas utilisé une technique ou une technologique que le ministère ne connaissait pas.
̶ Sans doute l'Uranus d'Arlan, ses flammes sont trop voyantes et le transplanage elfe est bruyant.
̶ Tout à fait. Une fois ma conversation terminée avec Hector, j'ai appelé Alastor. Soska est venue le prévenir qu'Arlan avait encore imaginé un plan « arlanesque » et que ça allait barder dans l'atrium aux alentours de minuit cinquante, mais qu'il était impératif que Jordan soit « tué » par Anoya et que Moss Diakité, le vigile de nuit, donne l'alerte avant qu'Alastor ne mobilise son équipe aussi lentement qu'il le pourrait. « Il faut absolument que les enfants s'amusent pendant un certain temps ! », lui a-t-elle dit. Lastena était de son côté chargée de garantir la sécurité des élèves les plus vulnérables face à autant de sorcières et de sorciers expérimentés. Reste à savoir ce qui m'épate le plus : le bronzage d'Hector, que James et Elisa soient parvenus à « déguiser » Arlan en Voldemort ou bien qu'Andromeda ait décidé de participer à cette supercherie ?
̶ « Bellatrix », c'est ça ?
̶ Elles se ressemblent beaucoup, mais vous le savez sans doute déjà. Même taille, même corpulence, certains de leurs gestes sont très similaires et leurs voix sont presque identiques. Moss n'est sans doute pas le plus grand Auror du ministère, mais il est indéniablement un physionomiste remarquable. Ayant déjà affronté Bellatrix au début de la guerre, il l'a confondue avec Andromeda, qu'il ne connaît pas, je pense – et même s'il la connaissait, les deux sœurs ont un style de duel très semblable, même si l'aînée est sans conteste moins brutale que sa cadette. Sirius a sûrement joué les intermédiaires en utilisant un Uranus pour la convaincre. Andromeda a beau être du genre sévère et raisonnable, nuire à l'une de ses sœurs est quelque chose qui la rend drôlement enthousiaste. Surtout si c'est Bellatrix. Cela étant, il y a un truc qui m'inquiè…
Arlan apparut subitement dans un craquement sonore, directement sous le Dôme d'Insonorisation. Il fallut toute la force de sa volonté à Hermione pour ne pas exploser, la professeure ravalant la nouvelle montée de colère qui menaçait de s'abattre de ses mains sur les joues et de ses cris sur les oreilles du jeune homme.
̶ Toi, il va falloir que je te parle ! se contenta-t-elle d'un ton froid.
̶ Plus tard, rétorqua Arlan d'un ton désintéressé qui ne souffrit pourtant d'aucune réplique. On a fait une erreur : étant donné que nous ne savons pas quand – et si – le journal de Jedusor a été acquis, il y a un risque pour que la réouverture de la Chambre se produise plus tôt ou plus tard que la fois où Ginny l'a rouver…
Il contempla un point invisible d'un air absent puis secoua la tête, mais Hermione eut une mauvaise impression, rapidement confirmée :
̶ Qu'es-ce que je disais, déjà ? demanda le Poudlardien.
Elle échangea un regard avec Dumbledore, mais tous deux n'eurent guère à communiquer oralement pour être d'accord : Arlan avait perdu l'un des trois souvenirs qu'il lui restait.
̶ Tu nous parlais de l'écart temporel entre le moment où le journal de Jedusor a peut-être atterri entre les mains d'un élève, cet été, et celui de la fois où Ginny l'a reçu puis rouvert la Chambre des Secrets, répondit le directeur.
̶ Ah ? Elle a fait ça ? Pourquoi elle ne m'en a jamais parlé ?! dit Arlan qui tenta d'adopter un certain ton indigné sans y parvenir. Ah non, c'est con ce que je viens de dire puisque c'est moi qui en ai parlé. Bon ben, plus que deux souvenirs. Il va falloir se magner, en somme. Bref, Anoya m'a lancé un défi et j'ai bien l'intention de gagner pour avoir « la tarte à la mélasse, façon Mrs Orson ».
̶ Pourquoi j'ai un mauvais pressentiment… soupira Hermione.
̶ Parce que les idées de la Cauchemarde sont cauchemardesques, sans doute, répondit Dumbledore, l'air rieur. Quelle est l'idée, Arlan ?
̶ Orienter Uria, Isabella et Jahia vers la Chambre des Secrets. Son emplacement, en tout cas. Rubeus n'a rien dit sur l'endroit où avait été découvert le corps de Mimi Geignarde, et il serait assez… étrange qu'il se lance à la rencontre des filles de Serpentard pour aborder un sujet qui ne cesse de le mettre mal à l'aise. Tout comme si Albus se mettait à leur donner trop d'indices. D'après Merydia, les garçons ne savent pas si elles ont simplement de la chance ou s'ils ont sous-estimé leurs talents d'enquêtrices… Il va falloir la jouer très finement, sur ce coup-là. Au début, j'ai pensé à un « accident » : on me pose pas mal de questions sur l'Épouvantard, que tout le monde s'attend à affronter lundi, mais je prétends être dans l'ignorance. Étant donné la curiosité des filles, je me suis dit qu'on pourrait utiliser un stratagème tel un courant d'air qui révélerait le plan du deuxième étage avec un grand cercle comportant les toilettes de Mimi, mais ça ferait un peu trop gros, non ?
̶ Hermione ayant un grand sens de l'organisation, ça paraîtrait assez louche, en effet.
̶ Pourquoi pas la soirée de Horace ? suggéra la sorcière venue du futur.
̶ Faire en sorte que l'information vienne de l'extérieur, dit Arlan pour lui-même. Albus, quand a été scolarisé Edgar Bones ?
̶ De 1936 à…
̶ 1943, acheva Hermione. Il a donc quitté Poudlard l'année de l'ouverture de la Chambre. Il y a juste un problème : aucune des filles de Serpentard, à part Salina et Tiffany, ne sont invitées.
Dumbledore sourit.
̶ Tout comme les Piliers ne se cachent rien, Salina et ses amies de Serpentard en font de même, sauf si le sujet est vraiment sensible. Je ne serais même pas surpris qu'Uria, Jahia et Isabelle aient demandé à la Lectrice de surveiller que les garçons ne les devançaient pas dans leur enquête commune. Il faudra juste prendre soin que Severus ne les entende pas en discuter avec Edgar, mais Horace saura trouver le bon moyen pour ça. Arlan, tu préviens Salina du rôle qu'elle aura à jouer : dès que nous rentrons, j'irai à la bibliothèque pour demander à Irma de lui confier La Gazette évoquant la tragique mort de Mimi le temps de la soirée.
Arlan hocha simplement la tête et transplana dans un nouveau craquement sonore.
̶ Il a beau dire ce qu'il veut, je n'ai pas l'impression qu'il perde vraiment son intelligence tactique et stratégique, commenta le directeur. Son idée du courant d'air aurait tout à fait pu être réalisable, mais à la première étape de son plan seulement. Ou s'il avait impliqué davantage de personnes, mais puisqu'il tient à ce que seules les demoiselles de Serpentard mènent le rythme… Passons, le temps passe.
Hermione saisit l'épaule du vieux sage.
̶ Ron !
Soulevés un bref instant, il se retrouvèrent immédiatement… La sorcière resta bouche bée, et même Dumbledore ne put s'empêcher de hausser ses sourcils broussailleux et argentés devant le spectacle se présentant à eux. Le parquet de bois sombre, habituellement ciré à la perfection, était fendu de fissures s'étirant comme des toiles d'araignées à divers endroits, et les lambris de bois qui recouvraient chacun des murs, où s'alignaient des cheminées aux manteaux de marbre – dont certains avaient été brisés –, avaient également souffert de la bataille. Même le plafond d'un bleu brillant, où se mouvaient de petits symboles dorés, était lézardé, mais le pire était sans conteste la Fontaine de la Fraternité. Ou plutôt, ce qui avait été la Fontaine de la Fraternité. Les statues d'or étaient brisées, fondues, décapitées, rendant à peine reconnaissables certaines d'entre elles, tandis que le bassin circulaire au centre duquel elles se dressaient généralement avaient vu son enceinte exploser à de multiples endroits, répandant l'eau qu'il contenait sur le sol. Même le guichet de Sécurité n'avait pas été épargné, partiellement détruit, tandis que, tout au fond, l'une des immenses portes menant au hall des ascenseurs affichait un trou de la taille d'une voiture.
Des sorciers et des sorcières s'affairaient en tous sens, réparant ce qu'ils pouvaient, mais la magie de « Voldemort & co. » semblait parfois si puissante dans les dégâts causés que leurs sortilèges n'avaient guère d'efficacité. Hermione, se ressaisissant, regarda un homme râblé, le cheveu d'un beau blond qui rappelait le blé, qui s'avançait à leur rencontre en lançant ses ordres. Il devait avoir une quarantaine d'années, peut-être moins, car il ressemblait encore à un jeune homme d'une trentaine avec son visage peu marqué par le temps.
̶ Bonjour, Brighton, dit Dumbledore.
̶ Albus, professeure Epson, salua le sorcier. Vous êtes venu vous venger d'avoir été réveillé à 2h14 ?
̶ Coupable, plaida le directeur en souriant. Hermione, je vous présente Brighton Carwell, le directeur du service des réparations magiques. Le troisième homme du département de Cornelius, en somme. Et Brighton, voici la professeure Hermione Epson, dont vous avez déjà entendu parler, j'imagine.
̶ Et pas qu'une fois. Enchanté, professeure.
̶ De même, Mr Carwell. Votre fille n'est-elle pas à Serpentard ?
̶ En deuxième année, si. J'étais à Poufsouffle, ma femme à Gryffondor, Estelle est à Serpentard et je sens que mon fils Casper va finir à Serdaigle – on aura fait tout le tour de Poudlard en seulement deux générations. Mais passons, je vais vous conduire à Callum, puisqu'il a retrouvé sa verve de ministre, à présent que toute menace est écartée et qu'il s'est calmé.
Hermione se demanda s'il existait quelqu'un qui appréciait le ministre de la Magie, car Carwell était visiblement aussi tranchant, cinglant, méprisant à son sujet que Minerva.
̶ Il a donc choisi d'écourter son marathon asiatique, dit-elle.
̶ Il est arrivé par Portoloin vers 2h, a écouté les témoignages des Aurors et a foncé pour implorer une aide d'Albus. Comme d'hab', quoi. Il donne les ordres, mais n'en fiche pas une. Si je ne connaissais pas l'humour tordu de Marlene, je jurerais qu'elle dit vrai quand elle le soupçonne d'être Cracmol.
̶ Elle est ici ? s'étonna à peine Dumbledore.
̶ De ce côté.
Ils tournèrent la tête au moment où ils dépassèrent les dernières cheminées et aperçurent un… sac de couchage bleu orné d'un grand aigle au fil bronze, et duquel ne dépassait qu'une épaisse tignasse noire et brillante qui s'étalait sur un énorme oreiller, dont les couleurs visibles rappelaient inévitablement le blason de Poudlard.
Dumbledore partit à rire en silence.
̶ Elle est arrivée quand ? demanda-t-il.
̶ Une heure, je crois, mais comme Dorcas boude, elle a décidé d'aller se recoucher par « solidarité », dit Carwell d'un air rieur. On aurait bien besoin qu'elle daigne se réveiller, par contre. On rencontre de sérieux problèmes pour réparer certains dégâts. Certains sorts sont à un tel niveau de puissance qu'on n'arrive même pas à remettre la plupart des choses en place. Même à dix, on n'a pas réussi à réparer le parquet… Tiens, ça me fait penser : Albus, vous connaissez un enchantement qui éclate en quatre pour dessiner une espèce de… « Rose des Vents » destructrice ?
̶ Je dois vous avouer que non, mais je me renseignerai auprès de Filius.
Il jeta une brève œillade à Hermione, qui comprit aussitôt : Lily avait encore quelques cartes dans sa manche, de toute évidence. Ils contournèrent ce qui restait de la Fontaine de la Fraternité et avancèrent en direction d'un homme grisonnant, avec un certain embonpoint, le sommet du crâne dégarni et dont les yeux globuleux parcouraient attentivement un long parchemin. Même s'il était plus grand et moins replet que Cornelius Fudge, Hermione fut incapable de ne pas le comparer à lui.
̶ Monsieur le ministre, s'annonça Carwell.
̶ Hein ? Quoi ? Je suis occupé, dit Callum sans quitter son parchemin des yeux.
̶ Peut-être devrions-nous repasser, dans ce cas, déclara Dumbledore.
La voix fit sursauter Callum, qui daigna enfin leur accorder son attention.
̶ Ah ?! Dumbledore ! Vous… Que faites-vous ici ? Notre rendez-vous n'est qu'à midi…
̶ Le professeur Epson a quelques choses urgentes à faire, finalement, mentit le directeur, et comme il lui faut attendre onze heures avant de donner son premier cours, j'ai pensé qu'il serait préférable de se présenter à vous avec un peu d'avance.
̶ Heu… Oui, oui, bien sûr, dit Callum en roulant son parchemin. Veuillez me suivre, on va se mettre dans un coin tranquille pour discuter. Carwell, je vous confie le reste des opérations.
̶ Bien sûr, monsieur.
Malgré son ton empli de mauvaise grâce, Callum ne parut rien remarquer de l'exaspération de son employé, qui échangea un sourire désabusé à celui, amusé, de Dumbledore. Ils s'éloignèrent – il aurait été plus simple d'aller dans le hall des ascenseurs, où il n'y avait personne, mais non, le ministre de la Magie les entraîna dans un petit coin de l'atrium… et Hermione se dit que Minerva n'avait décidément pas exagéré à propos de cet homme et de son incompétence…
Callum se retourna sur eux dès qu'il eut trouvé leur « cachette à messes-basses » :
̶ Avez-vous eu le temps de trouver une idée, Dumbledore ?
̶ Aucune qui ne soit pas déjà active, je ne comprends même pas comment Voldemort a pu entrer. Le ministère dispose des meilleures protections modernes. Hermione, pensez-vous pouvoir apporter l'une de vos contributions « exotiques » ?
L'intéressée sourit et fouilla dans sa mémoire. Luna et elle avaient travaillé sur tant de projets que la confusion régnait quelque peu dans ses souvenirs. Il aurait été facile de réutiliser les Portes du Foyer – à condition que les employés eussent considérer le ministère de la Magie comme un Foyer –, mais il y avait un trop grand risque que le véritable Voldemort s'y intéresse en en apprenant l'existence par l'un de ses espions et comprenne que quelque chose clochait du côté du quartier des Evans. Lazidarius, non plus. Fidelitas, encore moins.
Il fallait bien l'admettre, elle se sentait totalement inutile pour l'occa…
̶ Lily, dit-elle, frappée d'un soudain éclair de lucidité.
̶ Qui ? demanda Callum, circonspect.
̶ Il s'agit de l'une des Piliers actuelles, indiqua Dumbledore.
̶ Une élève ? Vous voulez faire appel à une élè…
Le regard du vieux sage étouffa la critique sceptique du ministre dans sa gorge.
̶ Heu… Bi-bien, oui, vous… vous avez sans doute raison, bredouilla-t-il. Heu… Que proposez-vous, exactement ?
̶ Lily a une imagination débordante en ce qui concerne les sortilèges. Elle rivalise sans doute même avec Dorcas et Filius au niveau du talent et de la puissance de ses enchantements. Si tous les trois sont de mèche pour trouver un moyen de renforcer les protections du ministère, je ne pense pas que ça leur prendra longtemps pour obtenir un résultat.
̶ Je vois… Peu importent les moyens, du moment que je peux rassurer la communauté sorcière qu'il ne se reproduira plus de tel incident… Heu… Comment fait-on pour réveiller McKinnon ? J'ai essayé pendant une demi-heure et elle n'a pas réagi… et Carwell m'a affirmé qu'on a besoin d'elle.
̶ J'ai bien peur qu'il faille attendre que Dorcas arrête de bouder, Hector.
