La chaleur estivale eut ses conséquences, ce vendredi : de vilains nuages commençaient à approcher, décevant certains qui auraient voulu profiter du soleil ce week-end, réjouissant d'autres qui aimeraient bien un peu d'humidité. Or, La Gazette du sorcier était affirmative : un orage éclaterait dans la soirée, au plus tôt, ou dans la nuit, au plus tard. Une autre tempête avait failli se produire : les défections d'un trio d'invités de Horace en l'espace d'une soirée. Sorcier Soir, l'édition crépusculaire de La Gazette du sorcier, avait annoncé l'annulation des trois derniers concerts de Michelle Van Root, qui était rentrée aux Pays-Bas en urgence. (« Il fallait s'y attendre, avait dit Dumbledore à la table du dîner, l'air peiné. Sa mère, Magda, n'a plus siégé à la Confédération depuis plusieurs mois en raison de soucis de santé. ») Puis c'avait été Arletta Helms qui s'était excusée. (« Vous m'en direz tant ! avait lâcha Pompom. Le Tartare lui-même est un paradis à côté de l'enfer administratif de Ste Mangouste ! ») Était alors arrivé un courrier d'Elphias Doge, adressé à Dumbledore, qui annonçait la brusque décision du Magenmagot de repenser le cas Lucius Malefoy vendredi soir, à 19h précises. (« L'or et l'ancienneté d'une famille a toujours eu le don de faire « repenser » la « justice » ! avait craché Charity d'un ton méprisant.) Mais Horace avait plus d'un tour dans son sac : il avait constitué une liste alternative d'invités, mais il aurait été naïf de croire qu'il en donnerait le moindre nom. Seule chose certaine, c'était que Katie, Damoclès et Edgar Bones seraient de la partie. Petit imprévu : il y aurait une autre invitée, et elle avait une façon bien à elle de s'annoncer.
Hermione, comme chaque fois qu'elle était dans son bureau, observait l'Ankhou-eyin sans cesser de se poser toujours et encore les mêmes questions : comment Harry avait-il réussi à déchiffrer toutes ces inscriptions ? Pourquoi avait-il changé de personnalité le jour de la mort de Ginny ? Où était-il parti et qu'avait-il bien pu faire pendant trente-six ans ? S'il avait affronté Babaï, ça se serait su… Alors, quoi ? Avait-il passé toutes ces années à étudier ces symboles ? Et aussi, dormait-il dans l'esprit d'Arlan ou ne reverrait-elle jamais son meilleur ami – son frère d'âme ! – pour répondre à toutes ces questions. Ce n'était pas son genre… du moins, elle l'espérait. Harry ne l'aurait jamais envoyée dans le passé sans… sans… sans avoir établi un plan.
Elle cilla en regardant l'orbe s'illuminer brièvement, tel un flash d'appareil photo. Elle posa aussitôt le globe sur son bureau et bondit de sa chaise au moment où Arlan apparaissait sans un bruit, sans une flamme de l'autre côté du meuble… Hermione le dévisagea, interloquée : ce n'était pas Arlan ! Avisé, sage, vif, sévère, ce regard était celui qu'elle avait connu chez le directeur du Bureau des Aurors, et ce petit sourire en coin qui faisait tant craquer Ginny quand il avait quelque chose à se faire pardonner…
̶ Harry… souffla-t-elle, bouleversée, se laissant retomber sur sa chaise.
̶ Salut, 'Mione, dit le Survivant d'un air rieur en s'asseyant de l'autre côté du bureau après avoir pris l'Ankhou-eyin pour l'examiner.
̶ Qu'est-ce que tu… ? Comment tu… ? bredouilla-t-elle, peinant à reprendre contenance.
̶ Un petit imprévu. Les Maraudeurs et Arlan comparaient leurs devoirs sur la Sollicitation cérébrale tout en écoutant la radio, quand un chroniqueur a annoncé les prénoms les plus populaires de l'année dernière. Sirius a donc lancé « Si j'avais des enfants, je les appellerais… » La condition pour qu'Arlan perde un souvenir est qu'il réfléchisse à la totalité de l'information ou recréé un évènement bien précis : le jour de votre arrivée à cette époque, il a cité Albus Severus, mais aujourd'hui, il a dû penser à tous mes… nos enfants. Heureusement, il n'a pas cité de nom. Dès qu'il les a reliés, le souvenir a disparu et j'ai pris le contrôle pour venir ici.
Hermione hocha simplement la tête et regarda froidement son vieil ami.
̶ Tu sais que je devrais te défoncer pour avoir disparu pendant trente-six ans ?
Harry sourit, amusé.
̶ Je sais, mais ce serait une perte de temps pour toi comme pour moi. Je ne sais même pas combien il m'est permis de rester éveillé avant qu'Arlan reprenne le dessus. Cela étant, Firenze m'avait dit que je me réveillerai une première fois quand l'or lourd se noiera dans l'émeraude.
La sorcière fronça les sourcils, perplexe.
̶ Comment a-t-il pu voir l'avenir dans le passé ? Ou le passé dans l'avenir ? Bref, comment a-t-il su ?
̶ Le clair de lune.
̶ Il a réussi ?!
La dernière fois qu'elle avait croisé Firenze, le centaure travaillait à améliorer son art divinatoire en profitant de l'éclat du satellite argenté pour tenter de lire l'avenir des personnes qui y étaient exposées. Mais c'était deux décennies auparavant : Firenze avait disparu du jour au lendemain, Hermione s'en était inquiété pendant plusieurs jours avant de se dire qu'il était peut-être mort, naturellement ou alors assassiné.
̶ Il faut croire, mais je t'expliquerai quand tout le monde sera là, dit Harry en jouant avec l'orbe.
Elle ne chercha pas à savoir qui était « tout le monde », elle le verrait tôt ou tard.
̶ Qu'y a-t-il d'inscrit sur le globe ? demanda-t-elle.
̶ Ce n'est pas un globe, un orbe, une sphère ou ce que tu veux : ce sont les larmes de Babaï.
̶ Pardon ?!
̶ La Porte que je t'ai envoyée raconte l'histoire de Babaï. Longtemps avant que la première dynastie des pharaons ne vienne à l'idée des égyptiens d'être créée, Babaï était la fille d'un chef de tribu, vierge et célibataire, refusant toutes les avances qui lui étaient faites – une femme indépendante qui ne laissait personne lui dicter comment elle devait se comporter. Déjà à l'époque, ça ne plaisait pas beaucoup aux hommes d'être gouvernés par une femme, sauf que son père mourut et elle décida de régner sur le clan – ce qu'elle fit très bien, au début. Malheureusement, les pénis n'aimèrent pas du tout que des vagins y prennent une franche importance dans la fonctionnement de la communauté. Et je ne plaisante pas : les piliers de la Porte parlent réellement de pénis et de vagins. Il y eut alors une révolte masculine. Babaï, après avoir fait prospérer son peuple en à peine deux années, tenta de calmer le jeu, de promettre ceci, cela et je ne sais quoi d'autre, jusqu'au jour où deux de ses meilleures amies furent assassinées pour la défendre publiquement. Babaï perdit la tête et massacra les responsables, déclenchant ainsi une guerre qui poussa les humains et les êtres magiques à s'unir contre la menace qu'elle représentait. Vaincue au bout de… trois ans, si je me souviens bien, elle fut emprisonnée. Pour chaque homme tué, on désignait un homme pour la torturer ou la violer – ce qui revient au même, au final. Lorsqu'il fut décidé qu'elle devrait être enterrée vivante pour « son arrogance », les larmes de Babaï versées pendant son calvaire auraient alors « ressuscité » et se seraient réunies pour former l'Ankhou-eyin.
̶ Tu m'étonnes qu'elle soit devenue une psychopathe… J'aurais presque de la compassion pour elle, en vérité… Enfin bon, tu ne m'as pas dit ce que les inscriptions signifient. Sur les larmes, je veux dire.
̶ C'est un paradoxe : il s'agit d'un syllabaire, sauf qu'il n'a pas de son. Il y a dix ans, j'ai rencontré à Copenhague la résistance euro-arabo-africaine où se trouvait un jeune couple égypto-tunisien. Fathi et Maja étaient en couple depuis leurs six ans, tu imagines ?! Ils en avaient une vingtaine lorsque j'ai fait leur connaissance. Ils avaient tous les deux assisté à la conférence de Turin sur les peintures figurant à l'intérieur du caveau de Babaï et s'étaient aussitôt emmouraché l'un de l'autre, même s'ils n'y étaient pas par pur plaisir mais parce que leurs parents les avait poussés à les accompagner. Quoiqu'il en soit, ces deux-là sont parvenus à décrypter la langue de la Grande Dévoreuse et de son peuple… Si on peut appeler ça un « peuple »… Sauf qu'il y a trois mois, quand j'ai réussi à arracher l'Ankhou-eyin à notre beauté fatale et sanguinaire, Maja et Fathi sont tombés sur une véritable énigme : ce n'était pas du tout la même langue.
Hermione fronça les sourcils, perplexe.
̶ Un code ?
̶ Non. Selon la légende, le père de Babaï aurait rencontré dans sa jeunesse une déesse – la plus belle de toutes – et l'aurait séduite en un jour, fertilisée en une semaine et aurait eu Babaï en une année.
La sorcière cilla.
̶ Une succube… !
̶ Babaï est une métisse, mi-humaine, mi-succube, d'où sa beauté et son charme ravageurs et presque impossibles à repousser. Tiens, puisque j'en parle, j'ai rencontré un sorcier portugais – Gustavo – dont tu étais l'idole pour tout ce que tu as fait afin d'améliorer la condition des elfes de maison. Bref, il était historien de la flore et de la faune magiques. Selon lui, les succubes ne parlaient pas, communiquant à travers leurs yeux, leurs sourires ou leur langage corporel. A l'en croire, il suffit simplement de penser à un symbole puis de l'associer à un ou plusieurs autre et il se passera quelque chose. Un maléfice, un sortilège ou un enchantement – mais nous n'avions jamais essayé avant que Babaï et son armée fassent irruption dans notre cachette. Maja a tenu l'Ankhou-eyin avec moi et a activé le voyage temporel… En toute honnêteté, je pensais qu'elle viendrait avec nous, mais j'ai dû un peu trop la bassiner à ton sujet, alors elle t'a choisie pour m'accompagner.
Hermione bondit pour se pencher au-dessus du bureau et asséner une claque sur la tête du Survivant.
̶ Je ne suis pas « bassi… » !
La porte s'ouvrit à la volée sur… Severus et Regulus ?!
̶ On a un très gros pro… problème… ! haleta le sixième année, le front luisant. Nous avons croisé le professeur Slughorn : l'un de ses amis l'a prévenu que Ca… Callum avait exigé que Meadowes aide à transférer Lucius Malefoy et… et que Carolane Sommons soit la greffière de l'audience. Dumbledore est parti pour le ministère avec Macdonald pour contenir la colère de Meadowes, car on est vendredi…
Hermione plissa le front, proprement intriguée, tandis que Harry restait parfaitement stoïque, comme s'il était redevenu Arlan, même si son regard trahissait toujours le retour du Survivant et ne manqua de perturber Severus, déconcerté autant par la lueur qui y habitait que par l'aura qui émanait du nouveau Poudlardien.
Des pas précipités retentirent comme un galop de cheval et les Maraudeurs firent irruption, ratant de peu de se heurter aux deux Serpentard, dont la présence ne manqua pas de les surprendre. Se remettant de sa stupeur, James, reprenant son souffle, se tourna vers Hermione :
̶ On a un énorme problème ! annonça-t-il.
̶ Severus et Regulus viennent de me le di…
Elle fut interrompue par un phénomène des plus déconcertants : l'air s'alourdit violemment, comme si la gravité s'était intensifiée, et s'écrasa sur toute l'école dans un grondement fou furieux, projetant à terre les quatre Gryffondor et les deux Serpentard. Les pieds du bureau d'Hermione grincèrent, comme sa chaise et celle de Harry, tandis que la plume se brisait nette et que la bouteille d'encre se fissurait – heureusement sans laisser échapper le liquide noir. Des cris affolés retentirent au loin. Ce fut très bref, à peine quatre ou cinq secondes, mais douloureusement et franchement ressenti. Même Hermione dut rouler des épaules, la pression les lui ayant raidi, mais Harry sembla quant à lui n'avoir guère souffert.
̶ Olalalalala ! s'alarma Peter en se relevant fébrilement. Elle est folle de rage…
̶ Normal, dit Sirius. Cet abruti de Callum a « blasphémé ».
̶ Je suis un peu larguée, là, dit Hermione.
̶ « L'Exotisme bourré au quizz », expliqua James, est un rituel que Marlene, Carolane, Ivy, Bonnie et Dorcas respectent tous les vendredis soirs en hommage à Leandra, qui a été assassinée avec toute sa famille au tout début de la guerre. Autant dire que le rituel est sacré. A 19 heures, elles mangent toutes sortes de plats exotiques – asiatique, mexicain, argentin, africain, etc. – tout en se bourrant la gueule à divers alcools avant… pendant qu'elles se défient à Quizz du Bi-Monde, qui porte sur les actualités à la fois sorcière et moldue et que la RITM diffuse à partir de 21 heures. En général, elles se réveillent le lendemain nues avec la gueule de bois puis s'amusent à deviner ce qu'elles ont… se sont fait dans leur ivresse. Elles ne s'en souviennent jamais.
̶ Elles ne doivent pas y aller mollo sur la picole… dit Harry, amusé.
̶ C'est un doux euphémisme, affirma Horace en apparaissant derrière les garçons. Les Piliers sont en mouvement pour intercepter Marlene. Hermione, est-ce que Soska est là ou elle est rentrée chez… ?
La fée aux yeux aussi bleus que ses cheveux apparut sur le bureau dans l'habituel scintillement irisé.
̶ Présente ! indiqua-t-elle inutilement mais chaleureusement.
̶ Parfait ! se réjouit le maître des potions. Sillonnez tout le château et repérez une jeune femme plus âgée que les élèves, cheveu noir aussi noir que ses yeux et sans doute vêtue d'une robe d'été blanche à motifs de coquelicots, si j'en crois Miss Macdonald. Guidez les Piliers jusqu'à elle avant qu'elle fasse un carnage sur tous les étudiants qui pourraient avoir le malheur de croiser sa route, je vous prie.
̶ Mission acceptée ! annonça Soska en disparaissant comme elle était venue.
Hermione sourit : Soska ne perdrait jamais sa bonne humeur, décidément. C'était un peu masochiste, en réalité : cette humeur joyeuse infatigable de la Faery ne cessait de lui rappeler son amitié avec Rose et, de fait, de lui rappeler sa fille. Qu'une autre Hermione mettrait un jour au monde, si tout se passait bien. Elle n'avait plus vraiment l'âge de faire un enfant, et encore moins de se laisser séduire… même si elle savait mieux que personne que le Temps réservait bien des surprises.
Soska réapparut.
̶ Telma l'a trouvée, déclara-t-elle. Elles se font de gros bisous et de grands câlins.
̶ Bien, dit Harry en se levant, on sera bientôt au complet. Préviens Lastena que l'unité de Sorya peut rentrer pour préparer Rimmendel, mais qu'Aelia reste en poste, s'il te plaît.
̶ Mission acceptée !
Et Soska disparut dans une pluie d'étincelles multicolores.
̶ Tu as retrouvé ta vraie personnalité, dit Severus.
̶ Non, sourit Harry en tirant sa baguette. Je ne la retrouverai jamais, je pense. Mon actuel moi – celui que vous connaissez – devrait fusionner avec mon ancien moi – celui que je suis en ce moment – pour devenir un troisième moi quand il perdra son… notre dernier souvenir. Je me réveillerai à nouveau dès qu'il le perdra, mais ce sera une autre facette de ma personnalité qui interviendra… en théorie. Ce qui est chiant avec les plans, c'est qu'ils ne se déroulent rarement comme on le voudrait. La seule présence de Marlene le prouve : je n'avais pas prévu qu'elle se pointe le jour même où nous partons à l'aventure tous ensemble.
̶ L'aventure ? répéta Regulus, dubitatif.
Harry répondit par un geste vif de sa baguette et une illusion se matérialisa, représentant une espèce de pupitre au sommet duquel trônait une bassine remplie d'une potion vert émeraude et brillante tel un phare côtier. Hermione bondit à nouveau de sa chaise, incrédule. Harry n'allait quand même pas… ! Et pourtant, il en avait bien l'intention.
̶ Qu'est-ce que c'est ? demanda Peter.
̶ Je n'en ai pas la moindre idée, raison pour laquelle vous participerez à l'aventure, dit le Survivant, mais on va attendre les Piliers pour entrer dans les détails. Sauf votre respect, Horace, je crois qu'il n'y a qu'Anoya pour identifier cette saloperie.
̶ Ca ne m'étonnerait pas, admit le maître des potions en observant le liquide phosphorescent. Je n'ai jamais vu une potion parei…
Un grand concert de rires détourna son attention de l'illusion et Horace se précipita à la porte pour y passer la tête dans le couloir.
̶ Jolie grenouillère, MarMar' ! lança-t-il.
̶ Merci, prof' HoHo' ! dit une voix féminine agréablement grave. Vous êtes de plus en plus beau !
̶ Je me bonifie avec le temps, s'amusa Horace.
Il recula pour laisser les Piliers entrer. Hermione reconnut sans peine la chevelure noire et brillante qui dépassait du sac de couchage installé dans un coin de l'atrium du ministère, quand Dumbledore et elle avaient été à la rencontre du ministre de la Magie. Marlene, vêtue d'une grenouillère noire à pois blanc, était méconnaissable – du moins, comparée à celle figurant sur la photo que Maugrey leur avait montrée du Premier Ordre à l'aube de leur cinquième année. Les traits moins tirés et le teint plus frais, elle était bien plus agréable à regarder. Elle n'était pas aussi belle que Clémence ou Camelia, mais elle ne manquait pas de charme – ni de charmes, et l'on comprenait que les jeunes hommes de son époque aient apprécié de la voir descendre de son dortoir en petite tenue pour s'habiller sur le chemin du petit déjeuner.
Tout compte fait, songea Hermione, la Fantasque était magnifique. Plus perturbant, par contre, on ne se douterait pas qu'elle eut été furieuse cinq minutes auparavant, car elle resplendissait de joie de vivre et arborait un grand sourire, son regard aussi noir que ses cheveux pétillant d'une lueur malicieuse un peu fofolle. A quel point les Piliers étaient-elles liées ?
̶ Cool, la déco', prof' HerHer' ! dit Marlene en remarquant le piédestal.
̶ C'est une illusion, andouille, dit Salina, dont les pupilles changèrent de forme brièvement.
̶ C'est surtout une sacrée saloperie, renchérit Anoya en s'approchant de l'apparition. Ca ressemble à l'Appel des Vices, mais le vert de cette merde est beaucoup trop clair.
̶ On pourrait commencer par le commencement ? demanda Regulus.
̶ Certes, dit Harry. Je vais faire aussi court que possible : premièrement, je ne suis pas le moi d'avant mais seulement une partie de lui, raison pour laquelle je suis plus expressif et énergique, mais ce n'est que temporaire. Quand le moi que vous connaissez le mieux perdra son dernier souvenir, je reviendrai, brièvement, avec un autre aspect de mon ancienne personnalité, puis – je l'espère, en tout cas – le moi d'avant et le moi actuel fusionneront pour créer un troisième moi. Deuxièmement, pour en revenir à la petite aventure que je vous propose et à cette potion, il y a chez les Faerys Suprema une fée du nom de Saga, qui est particulièrement à la magie sous toutes ses formes. Quand les fées se sont installées dans la région, elles sont parties à la découverte de l'archipel et Saga a détecté de puissants enchantements qu'on ne voudrait pas avoir chez soi – et encore moins ce qu'ils protègent, car c'est une caverne pleine d'Inferi dormant dans un lac au centre duquel il y a une petite île sur laquelle trône ce piédestal et cette potion.
̶ On se demande bien qui utilise des Inferi, en ce moment, ironisa Sirius.
̶ Sûrement Anoya, plaisanta James.
̶ Si c'était le cas, tu serais déjà dans ce lac, répliqua la Cauchemarde avec un sourire mauvais. Arlan, qu'est-ce que tu sais de la potion ?
̶ Elle n'a pas d'effet sur le moi que vous connaissez, sans doute parce qu'il est amnésique, mais j'ai quand même ressenti une petite faiblesse après l'avoir bue. Saga, elle, a revécu – émotionnellement et psychologiquement – le pire souvenir de sa vie. A moindre mesure : on n'a pas poussé l'expérience à plus d'un verre, car ce serait con que Voldemort se rende compte que le niveau de la potion ait un peu trop baissé. Outre la potion, cependant, il y a un sortilège qui la protège : on ne peut ni la transférer, ni la transformer : la seule règle est de la boire.
Lily tiqua aussitôt.
̶ C'est un enchantement de Convention ! dit-elle.
̶ A tes souhaits, dit Camelia.
̶ C'est un enchantement aussi appelé « Loi Absolue ». Pendant notre quatrième année, Flitwick m'a fait une démonstration à la fin d'un cours : je ne pouvais pas sortir de la classe si je ne changeais pas la couleur de mon uniforme pour me faire passer pour une Serdaigle. Concrètement, il est impossible de violer la loi établie par le législateur. C'est du très haut niveau, en somme. Reste à savoir dans quel but Vous-Savez-Qui a mis en place cette caverne…Protéger un truc ?
̶ En effet, dit Harry, sauf qu'il n'était pas encore en place quand Saga et moi avons joué à « Devine ce que tu bois ». A mon retour à Poudlard, j'ai demandé à Lastena de confier la surveille de plusieurs elfes de maison de Mangemorts avérés ou aspirant à le devenir, d'où la présence de Regulus.
Le sixième année pâlit légèrement.
̶ Tu fais surveiller Kreattur ?!
̶ Réfléchis, abruti, cingla Elisa. Qui est la plus fanatique des Mangemorts ? Qui obéit au doigt et à l'œil à Voldy' ? Qui a tout fait pour s'échapper du cimetière de Tinworth pour retrouver son maître ? Ta cousine, crétin, n'a même pas besoin de savoir pour quoi ni pourquoi Voldy' a besoin d'un elfe de maison : il veut et elle obtient.
La Déesse n'était décidément pas la fille du directeur du Service des tireurs d'élite de baguette pour rien, d'autant que Mr Stadwick avait été Auror pendant une bonne vingtaine d'années avant d'accepter son poste actuel.
̶ Exact, reprit Harry. Lastena m'a prévenu que Bellatrix avait récupéré Kreattur il y a une heure. Pas de souci, cependant : Aelia et son unité surveillent la caverne. Dès que Voldemort aura abandonné ton ami, nous serons prévenus, tu n'auras qu'à l'appeler, puis tu l'emmèneras à l'infirmerie pendant qu'on se chargera de récupérer ce que Voldemort cherche tant à cacher. Il ne reste qu'une inconnue : j'ignore si Kreattur pourra transplaner avant d'avoir bu l'eau du lac et je pense qu'une fois qu'il le fera, tous les Inferi se réveilleront. La grande question est donc : combien de temps mettent-ils à retourner dans l'eau ?
̶ Sans doute au moment précis où leur proie leur échappe, dit Anoya sans quitter l'illusion des yeux. Ca m'énerve ! Je l'ai sur le bout de la langue !
̶ Tu veux la mienne pour délier la tienne ? suggéra Elisa d'un ton avide.
̶ La ferme ! On t'a déjà promis de prendre un bain toutes ensemble à Noël !
̶ Je peux venir vous frotter le dos ? s'enquit Sirius, taquin.
̶ Même pas en rêve ! protestèrent les jeunes femmes.
̶ Quoiqu'il en soit, dit Remus en réprimant un sourire, n'est-il pas dangereux qu'Anoya vienne ? Les enchantements risquent de lui casser les oreilles et Salina devrait pouvoir lire la potion, non ?
̶ Tu cherches à m'écarter ? interrogea la Cauchemarde d'un ton menaçant.
̶ Il s'inquiète pour ta santé, idiote, dit Lily, mais je pense que c'est inutile. Vous-Savez-Qui connaît, je pense, une partie des capacités des Piliers. Étant donné que les Mangemorts nous présentent comme des menaces futures, il ne peut pas avoir ignoré les facultés de chacune d'entre nous… mais peut-être pas pour Cam'...
̶ J'ai bien peur que si, intervint Severus. A chaque fois que des aspirants-Mangemorts entendaient le moindre professeur appeler une fille par un surnom, il fallait le signaler. Le Seigneur des Ténèbres est très attentif aux décisions de Dumbledore : il ne sous-estime pas la menace que pourraient représenter les Piliers – surtout que Meadowes n'est pas passée inaperçue lors de la bataille à Leeds, il y a quatre ans. Éclater quinze Mangemorts à elle seule et obliger Bellatrix à prendre la fuite, ce n'est pas ri…
Aelia apparut subitement dans les airs, ses cheveux d'un roux très clair, presque scintillant, tombant jusqu'à ses chevilles que surplombait de quelques millimètres sa robe blanche ceinte de fleurs diverses – des tulipes, des églantines, des mimosas, des lilas, des roses. Elle avait un visage aussi froid que son regard d'un bleu si clair qu'il en paraissait gris. Contrairement à ses semblables, cependant, elle n'était pas armée, mais cela s'expliquait parce qu'elle n'en avait guère besoin : son savoir magique suffisait à la rendre extrêmement dangereuse et efficace.
̶ Appelle-le ! ordonna-t-elle d'un ton ne souffrant d'aucune réplique, tout en se posant sur l'épaule de Harry.
̶ Kreattur ! implora presque Regulus.
Il y eut un Crac! Sonore et l'elfe de maison au nez en forme de groin apparut, vautré au sol, faible, la respiration saccadée, aux pieds du sixième année qui se laissa littéralement tomber à genoux pour le caresser… avant d'être repoussé sèchement par Salina, qui força l'ouverture des yeux crispés de l'elfe, ses pupilles changeant de formes à toute vitesse.
̶ Un médaillon en or avec un S ouvragé représentant un serpent, dit-elle. WOW ! Cette femme a des seins énormes !
Horace s'éclaircit bruyamment la gorge.
̶ Bah quoi ? dit la Lectrice. Ah, oui, la potion… Lily avait raison, je ne peux pas la lire.
Hermione cilla.
̶ Vous pouvez lire jusqu'à ce que les autres voient ?! s'étonna-t-elle.
Son collègue gloussa.
̶ Je vous avais prévenue, très chère : vous ne savez pas encore tout sur les Piliers ! dit-il. Salina peut lire toutes les informations enregistrées par la mémoire d'une personne, sauf si celle-ci possède, bien entendu, un pouvoir ou un esprit supérieur au sien. Kreattur étant un être magique, il est naturellement plus sensible à la magie que nous autres – il comprend, ressent des choses qui nous échappent. Salina a juste à lire les données récoltées.
̶ A un détail près, dit Harry avec un sourire espiègle, les Piliers elles-mêmes ne savent pas tout de ce dont elles sont capables, mais c'est mon autre ancien moi qui vous l'expliquera quand mon moi actuel aura perdu son dernier souvenir. Pour l'heure, il faut nous occuper de Kreattur et du médaillon. Aelia, jette un œil à la caverne pour qu'on n'ait pas à affronter inutilement les Inferi.
La fée repartit aussitôt sans un mot.
̶ Regulus, tu emmènes Kreattur à l'infirmerie, Pompom est la mieux placée pour déterminer son état et prendre les précautions nécessaires, si besoin est, poursuivit le Survivant en faisant disparaître son illusion tandis que le sixième année emportait précautionneusement l'elfe hors de la salle d'un pas vif. Severus, avez-vous parlé de l'Uranus à un Mangemort ? Ou un Aspirant l'a-t-il fait ?
̶ Je n'en ai pas la moindre idée, reconnut le Serpentard. Il est possible qu'Evan ou Adam l'ait fait ou un élève plus jeune, mais Alexander n'en a pas fait mention dans ses messages à son père.
̶ On dirait que je n'ai pas le choix… On ne peut pas négliger la possibilité que Voldemort ait trouvé le moyen de protéger sa cachette contre l'Uranus, donc…
Une gerbe d'étincelles multicolores apparut en annonçant : « C'est bon ! » avec la voix cassante d'Aelia.
̶ Bien, c'est parti !
Et Harry tapa du pied sur le sol, faisant aussitôt jaillir les flammes irisées du transplanage-phénix et d'engloutir tout le monde dans le brasier qui les fit aussitôt apparaître sur l'île où la véritable potion et l'authentique piédestal se dressaient. Hermione et les autres regardèrent le « paysage », sinistre, obscur et franchement inquiétant. Même la surface lisse de l'eau avait quelque chose de peu rassurant, tandis que le plafond était si haut qu'on devinait à peine les stalactites. Pilier, expérimenté ou non, ne pas se douter de la puissance des enchantements était quasi-impossible – et tous les regards se tournèrent vers Anoya, mais celle-ci ne paraissait guère souffrir ou entendre la magie noire présente dans la caverne.
̶ Lily avait raison, visiblement, dit Clémence. Trou de Balle des Ténèbres a vraiment pris en compte les capacités des Piliers pour protéger cet endroit.
̶ Et apparemment, je suis le seul qui soit étonné du transplanage utilisé par Potter, dit Severus.
̶ Je t'expliquerai, dit Salina. Occupons-nous de la potion.
̶ C'est moi la première à boire ! annonça Marlene d'un ton joyeux.
̶ Moi en deuxième ! renchérit Telma.
̶ Je ne crois pas, non.
Toutes les têtes convergèrent vers... Arlan. Harry était reparti piquer un somme sans même dire « Au revoir », et Hermione se promit de lui en coller une ou deux supplémentaires à celles qu'elle prévoyait déjà de lui administrer : elle était sûre qu'il savait que le Poudlardien reprendrait le dessus dès qu'ils se trouveraient devant la potion !
̶ Arlan n°2 est de retour, visiblement, dit Sirius.
̶ Ca m'a pris un peu plus de temps que je ne le pensais pour renvoyer Arlan n°1 dans son sommeil, prétendit-il avec son indifférence habituelle.
̶ Tu sais que tu parles comme un schizophrène ? dit Marlene en l'observant avec grand intérêt.
Arlan eut l'ombre d'un sourire, alors qu'il faisait apparaître deux gobelets d'or de Poudlard.
̶ Peut-être que je le suis. Quoiqu'il en soit, si la potion ne peut pas atteindre ma mémoire, elle pourra m'affaiblir, comme je le disais. Sirius, tu es le plus rapide d'entre nous : tu iras chercher l'eau du lac et sans t'attarder. Tu plonges le gobelet et tu reviens ici. Prof' Epson, il nous faudra la Tour du Dragon le temps que je boive et récupère un peu pour nous ramener à Poudlard. Horace, si des Inferi réussissent à passer avant que la Tour ne soit en place, je vous laisse protéger tout le monde.
̶ J'en profiterai pour libérer ces pauvres gens, dans ce cas, dit le maître des potions.
̶ C'est possible, ça ?! s'étonna Peter.
̶ Évidemment, dit Anoya d'un ton cinglant. Si on peut les ensorceler pour en faire des Inferi, on peut aussi les désensorceler pour les ramener à l'état de simples cadavres.
Queudver eut l'air embarrassé, comprenant que sa question avait été naïve, alors qu'Arlan plongeait son gobelet dans la potion.
̶ Santé ! dit-il d'un ton presque festif.
̶ Attends ! s'exclama Salina, réjouie. Je peux la lire, maintenant qu'elle est sortie de la Convention ! Oh putain… Elle a l'air sacrément chiante à préparer, ses ingrédients sont longs comme un bras… Du chrysanthème, de la poudre de corne de bicorne, du venin de Doxy… Ah, ça, je ne connais pas… Il y a aussi du sang d'hydre…
̶ Laisse tomber, j'ai trouvé, dit Anoya. C'est le Rappel de la Culpabilité. Comme l'a dit Arlan n°1, il s'agit d'une potion qui te fait revivre émotionnellement et psychologiquement un drame pour lequel tu te sens coupable – ou dont tu es coupable. L'idée est de briser l'esprit de la personne qui la boit. Arlan n°2 étant amnésique, il est vrai qu'il est le mieux placé pour l'ingérer.
La « dégustation » commença, Remus et Sirius – qui étaient les plus costauds – se plaçant de chaque côté d'Arlan pour le rattraper si jamais celui-ci faiblissait un peu trop et manquait de s'effondrer, mais Hermione soupçonna quelque chose quand, la bassine à moitié vide et laissant deviner la silhouette du médaillon de Serpentard, le Poudlardien n'avait toujours pas chancelé. L'enfoiré ! s'exclama-t-elle : il connaissait un antidote ! Toutes ces précautions annoncées n'étaient au final qu'une autre de ses petits pièges pour… quoi ? se demanda-t-elle. Que cherchait-il à faire, à démontrer ? Qu'aurait bien pu avoir Harry en tête en organisant une telle manipulation ?
Arlan ne vacilla qu'après le dernier gobelet et retint Sirius en l'attrapant par le bras, le Maraudeur se retournant pour filer jusqu'au lac.
̶ Ce ne sera pas nécessaire, finalement, dit le Poudlardien, l'air un peu pâle et la voix plus grave, un peu rocailleuse même, qu'à l'ordinaire. Salina, approche.
Il ramassa le lourd médaillon et le brandit vers la Lectrice.
̶ Horcruxe, annonça-t-elle.
̶ « Horcruxe » ? répéta Severus, perplexe.
̶ Tu n'as pas besoin de sa… commença Telma.
̶ Si, trancha Lily. Sev' est venu avec nous en sachant qu'on allait nuire à Vous-Savez-Qui – et ce, en sachant que l'aventure d'Arlan était dangereuse –, alors la moindre des choses serait de lui accorder, à moindre mesure, une certaine confiance. Il n'y a pas que lui qui est un danger si l'information filtre, sa mère aussi le sera si jamais Voldemort découvre qu'Eileen et Sev' savent pour les noirs petits secrets de Vous-Savez-Qui… Et je pense qu'il y a eu assez de parents tués comme ça, cette année…
Hermione regarda la préfète-en-chef, impressionnée par son jeu d'actrice. Non, en réalité, toutes les Piliers étaient impressionnantes dans leur comédie, même Telma. Arlan avait clairement scénarisé leur aventure pour mettre Severus dans une situation difficile à surmonter : allégeance à Voldemort ou bien protéger sa mère et lui-même ? A en croire Horace et Dumbledore, le second choix était prioritaire aux yeux du Serpentard, sans parler de la subtilité de la belle rousse à désigner très naturellement son ami d'enfance par son surnom d'autrefois. Et ce n'était pas « Sev' » qui s'en plaindrait, à la fois surpris et réjoui de s'entendre à nouveau appeler comme ça par la jeune femme qu'il aimait tant.
̶ Dans ce cas, dit Horace, je me chargerai d'expliquer à Severus ce que sont les Horcruxes. Il reste à peu près deux heures avant la soirée, on a donc le temps. Arlan, pourriez-vous nous ramener à l'école, je vous prie ?
Et le Poudlardien écrasa sa semelle sur le sol pour les renvoyer dans le bureau d'Hermione dans une formidable explosion de flammes.
̶ J'adore ce transplanage ! déclara Marlene. Il faut que j'en parle à Dorcas. Si j'en crois Mary, on va avoir besoin d'être deux pour t'obliger à nous l'apprendre.
̶ Pas besoin : je vous l'apprendrai de bon gré.
̶ A moi aussi ! exigèrent les autres, même si Severus se montra plus réservé.
Hermione le regarda. Il semblait qu'Arlan n'aurait pas besoin d'user de la Tisseuse des Hantises, en fin de compte. Le Serpentard paraissait avoir revu ses objectifs futurs, sans doute parce qu'un probable rapprochement avec Lily se dessinait. Peut-être aussi parce qu'il comprenait enfin toute la perversité et la cruauté de Voldemort. Peut-être aussi parce qu'il réalisait qu'il n'était pas aussi raciste qu'il voulait le prétendre.
Dumbledore entra quelques secondes plus tard, accompagné de Regulus, posa un bref regard sur le médaillon que tenait Arlan et sourit en remarquant la Fantasque.
̶ Bonjour, MarMar', dit-il.
̶ Salut, prof' AlAl' ! Le ministère est toujours debout ?
̶ Nous sommes arrivés presque à temps : Dorcas a juste « réprimandé », dirons-nous, la Sécurité afin d'« accéder » au bureau d'Hector, qui s'avère être parti pour l'Australie avec deux jours d'avance. On pourrait presque croire qu'il s'est enfui. J'ai bien peur qu'il ne lui faille une nouvelle porte, d'ailleurs. Quant à Mary, Dorcas, Bonnie et elle sont parties pour le Chemin de Traverse pour manger une glace et trouver les cadeaux de Noël qui leur manquent. Mais elle sera à l'heure pour la soirée de Horace. Et Kreattur est hors de danger.
Hermione eut la drôle d'impression qu'il s'adressait davantage à Sirius qu'à tout le monde.
̶ Il reste néanmoins un problème, dit Arlan.
̶ Kreattur connaît le secret de Voldy', approuva Telma, ses yeux s'illuminant brièvement. Si jamais les parents de Regy' appellent Kreattur et lui demandent ce qu'il a dû faire pour Poil de Cul du Mal, il sera obligé de répondre et ils seront en danger. C'est la même situation de Roguy', au final.
̶ Il y a un moyen qui peut éviter que les parents de Regulus réussissent à atteindre Kreattur par leurs ordres, dit Hermione, mais il va me falloir l'aide de Filius et de vous, Albus. Peut-être même celles de Lily et Elisa, en fait. En nous inspirant de la mère d'Arlan et des travaux de celle de Luna, elle et moi sommes parvenues à créer un enchantement qui « contient » la servitude d'un elfe de maison autour de son maître le plus proche. Regulus, écrivez à vos parents : dites-leur que vous aurez besoin de Kreattur pendant quelques jours, le temps que j'apprenne l'enchantement aux personnes que j'ai citées. Dites… que c'est pour espionner, mais qu'ils n'en parlent surtout pas à Bellatrix ou Narcissa ou qui que ce soit approuvant les idées de Voldemort. Comme l'a souligné Telma, vos parents pourraient être en danger si jamais Voldemort apprend que Kreattur est encore en vie.
