Voir ce souvenir bouleversa le cœur de Kai. Il n'était pas à l'aise avec l'idée de partager ses sentiments et malgré ses grands airs, Magnus et Scorpius savaient qu'il était très pudique concernant ce qu'il pouvait ressentir. Personne ne s'était attendu à voir une telle scène avec Hermione. Personne ne s'était attendu à voir cette partie de lui; celle qu'il cachait au fond de lui. Celle d'un petit garçon en pleure dans les bras de sa mère. Car c'était comme ça qu'il considérait Hermione. Elle avait été la première à ne pas le voir comme un monstre. La seule à prendre soin de lui et à risquer sa vie pour la sienne. Elle l'avait aimé, protégé et élevé. Face à ce flux d'émotion qu'il ne put contenir, une larme se mit à rouler sur sa joue. Il serra les poings, tenta vainement de lutter contre lui-même et se mordit la langue. Il pouvait voir les sorciers le regarder avec un mélange de pitié et de peine. Scorpius lui toucha l'épaule et le regarda, muet et tout aussi bouleversé que lui. A cet époque, Magnus avait un an et demi, et lui venait tout juste de naître. Le bon temps, se dit-il. Du moins ça l'était. Les bonnes choses avaient toujours une fin et dans leur cas, elles étaient bien souvent tragiques. Voir Kai aussi jeune, sensible et innocent remua quelque chose en lui. Le regard d'Hermione était tellement rempli d'amour pour lui... Elle aurait été prête à donner sa vie pour le protéger. Tous deux le savait pertinemment. Comme ils savait qu'elle avait tout fait pour empêcher la catastrophe de se produire. Inconsciemment, les pensées de Scorpius s'obscurcirent et le ramenèrent face à un épisode de sa vie qu'il aurait bien volontiers oublié. Alors que les silhouettes de l'enfant et de sa mère se floutaient au loin, le jardin disparut et à la place se dressa le hall de ce qui semblait être le manoir qu'ils avaient vu de l'extérieur. Surpris, les sorciers l'observèrent, inquiets et encore profondément choqués par les images qu'ils venaient de voir. Le salon était lumineux et plus vaste que celui dans lequel ils avaient vu Magnus et sa sœur. Des portraits de grands Sorciers aux cheveux blonds platines parcouraient les murs. Scorpius pâlit, tandis que Kai et Magnus se mirent à paniquer. Drago s'exclama.
- Ce sont les portraits de mes ancêtres !
- Intéressant. Dit Voldemort. Toute la dynastie Malfoy. J'imagine que vous viviez ici ?
- O...oui, mais...
- Et à quelle partie de vos vies sommes-nous cette fois ? Demanda Blaise.
Les sorciers se regardèrent, incertains, quand le bruit effroyable d'une explosion retentit au dehors du manoir. Les vitres vibrèrent au dessus de leur têtes, ne faisant que confirmer leurs soupçons. Kai faillit tourner de l'œil.
- La pire... souffla Magnus. Définitivement, la pire de toute...
- Comment ça ? Demanda Harry.
Personne ne puis lui répondre car ils entendirent un cri provenant de l'étage. Une autre explosion ébranla la Manoir et les cheveux flamboyant de Ginny apparurent à l'étage. Vêtue d'une longue robe noir, elle serrait contre elle une petite fille âgée peut-être de deux ans, qui pleurait à chaudes larmes. A côté d'elle, un petit garçon de cinq ans serrait sa main, profondément effrayé. Sur ses pas, deux autres enfants blond platines, une fille et un garçon de trois ans et demie, se tenaient la main et courraient derrière elle.
- Dépêchez-vous les enfants ! Il faut partir !
Ginny semblait horrifiée et descendit les escaliers à toute hâte. Quelques secondes plus tard, Hermione apparut à son tour. Armée de sa baguette elle passa les portes du Manoir en trombe. Ses vêtement étaient brûlés par endroit et son visage taché par le soufre de l'explosion. Ses cheveux ruisselaient d'eau de pluie. Luttant contre sa toux elle lança une infinité de sort sur la porte avant de se retourner vers son amie.
- Ils arrivent !
De toute évidence elle parlait de la Résistance. Le petit garçon blond s'écria en la voyant.
- Maman !
Hermione se précipita vers eux et les prit dans ses bras. La peur et l'incertitude l'habitait.
- Scorpius ! Rose ! Tout va bien se passer, ne vous inquiétez pas.
- Où est Papa ?! Demanda sa fille.
- Il... il va venir, ne vous en faîtes pas il est avec oncle Blaise.
- Quoi ?! s'exclama Ginny.
- Drago défend nos positions ! Tu dois partir tout de suite ! Prends le Portoloin de Tiki et emmène les enfants, il te mènera directement chez vous !
- Et Kai ?
- Il y est déjà, mais tu dois partir ! Maintenant !
Les yeux de la rousse s'agrandirent d'horreur.
- Tu... tu ne viens pas !
- Maman non !
Hermione semblait déchirée et ne put trouver la force de regarder son fils. Alors qu'elle s'apprêtait à parler, un coup fut brusquement porté à la porte, accentuant les pleures de Katherine.
- Emmène les. Dit-elle pressée. Je protègerai vos arrières !
- Non !
- Je transplanerai avant qu'ils ne m'attrapent !
- Ne me mens pas il est impossible de transplaner ici !
- Je m'en sortirai !
- Tu as perdu la tête !
- Ginny je dois te protéger avant tout !
- C'est la Maître qui t'a dit ça ? Demanda-t-elle.
Un autre coup retentit, cette fois plus fort, et Hermione se retourna pour jeter trois autres sorts de protections autour d'eux.
- Ginny va t-en !
Mais la rousse ne l'écouta pas. Elle déposa Katherine dans les bras de Magnus, plaça les quatre enfants derrière elle et sortit de sa poche un flacon et sa baguette. D'un sortilège informulé des lianes jaillirent du sol, saisirent Hermione par la taille et la jetèrent contre le mur derrière elle. Elle s'écrasa au sol avec fracas et ne put se relever assez vite pour empêcher Ginny de déverser magiquement le sable contenu dans le flacon, de part en part du salon.
- Non ! S'écria-t-elle.
Mais il était trop tard. Un bouclier magique séparait la salle en deux, avec d'un côté Ginny et de l'autre Hermione, leurs enfants et le Portoloin de Tiki. La jeune femme s'acharna à coup de sortilège pour briser la barrière mais rien ne marcha.
- Mais qu'est-ce que tu as fais ?!
- Je te sauve la vie !
- En sacrifiant la tienne !
- Tu m'a assez sauvé Hermione ! C'est mon tour !
- Non ! Non Ginny ! Le Maître ne me le pardonnera jamais !
- Il te pardonnera si tu sauves nos enfants !
Une autre explosion retentit violemment. Cette fois-ci, les vitres explosèrent au dessus d'eux et les enfants se mirent à hurler.
- Ginny, je t'en pris ! Implora Hermione.
- Je suis désolé...
- Maman ! Non ! Ne pars pas !
Magnus tapait le bouclier de ses petits poings, sa sœur hurlant de pleure à ses pieds. Ginny s'accroupit face à lui et se retînt de fondre en larme.
- Ça va aller mon cœur. Je te le promet.
- Non ! Viens avec nous !
- Je suis désolé mon chéri mais... mais tu dois être fort. Écoutes bien tout ce que dit Tante Hermione, soit sage et veille toujours sur ta petite sœur.
- Maman, je t'en pris, ne nous laisse pas !
- Je ne le veux pas non plus mais je dois le faire.
- Maman...
- Je t'aime mon chérie, je vous aime tous les deux.
- Il y a forcément un autre moyen. Dit Hermione les larmes aux yeux.
Ginny regarda une dernière fois ses enfants et se tourna vers son amie.
- Protège les.
- Ginny...
- Le portoloin est programmé pour dans trois minutes. Ne le rate pas !
La gorge serrée de sanglots, Hermione ne put que hocher vivement la tête. Ses enfants pleuraient contre ses jambes. Un bruit assourdissant fit voler les pans de la porte en éclat et des cris de victoire retentirent de dehors. D'un coup de baguette, la rousse lança un sortilège d'illusion et d'insonorisation et Hermione et ses enfants devinrent indétectables. Seuls les sorciers qui assistaient à la scène purent voir Hermione éclater en sanglots et entendre Magnus hurler après sa mère. Ginny, elle, murmura ses ultimes paroles du bout des lèvres.
- S'il te plaît, ne les laissent pas regarder.
Un rire triomphant retentit alors derrière elle. Elle essuya ses larmes d'un revers de poignet et releva le menton. Sous les yeux ébahit des sorciers, elle fit face à son propre frère. Vêtue de noir, un sourire mauvais courrait sur ses lèvres. Ses cheveux, plus longs et humides, encadraient son visage où une barbe commençait à pousser. Une large cicatrice barrait sa figure de sa joue gauche à son front, ne le rendant qu'encore plus effrayant. Ron afficha un air ravit tandis que sa sœur serrait avec force sa baguette au creux de son poing.
- Tient tient tient ! Mais qui voila ? Ne serait-ce pas ma chère et tendre petite de sœur ?
- Bonjour Ronald. Lui dit-elle froidement. Ça faisait longtemps.
- Longtemps en effet ! Sept longues années ! Tu as bonne mine dis donc, la traîtrise te vas bien au teint on dirait.
- Je ne pas dire la même chose de toi. Tu es affreux.
Il rit à gorge d'éployée.
- J'imagine que je devrais remercier mon Beau-frère pour ce petit souvenir. Dit-il en pointant sa balafre du doigt. D'ailleurs où est-il ? J'aurais cru que le Seigneur des Ténèbres protègerai sa... sa quoi déjà ? Ah oui ! Sa Dark Lady !
- Pourquoi ? Tu veux implorer sa clémence ?
- Oh Ginny, ne joue pas avec moi. Dit-il en s'approchant d'un pas léger.
Une lueur de folie parcourait son regard et son sourire s'agrandit en la voyant lever sa baguette.
- Tu oserai faire du mal à ton grand frère ?
- Et bien plus encore.
- Oh, Papa et Maman seraient effondrés s'ils voyaient ça. Dit-il en faignant d'être triste.
- C'est vrai, ils auraient honte de voir leur fils se faire battre par une fille.
- Est-ce une menace ?
- Je ne sais pas. Tu tentes de me tuer moi et mes enfants depuis des années, tu débarques ici en faisant exploser la porte d'entrée, alors à ton avis ?
- A vrai dire, je ne te cherchais particulièrement aujourd'hui, non non non, je voulais revoir notre chère amie Hermione.
- Tien donc ? J'ai toujours su que tu étais long à la détente et relativement lourd avec l'agence féminine mais j'aurai pourtant cru que, quand Hermione a épousé Drago, tu aurais compris que tu n'avais plus aucune chance avec elle.
Le sort fusa aussitôt et rebondit sur un bouclier informulé de Ginny. S'en suivit un combat de plusieurs secondes pendant lesquelles Ron s'acharna de toutes ses forces. Ginny répondit avec autant de férocité et réussit même à l'envoyer au sol. Alors qu'il se relevait en riant, il dit.
- Mariée à Voldemort et tu n'arrives toujours pas à lancer un Avada sur ton frère ? J'aurais honte à sa place.
- Tu sais bien que je te détestes trop pour te faire ce cadeau. La mort est trop douce pour toi ! Tu n'est qu'un monstre !
- C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Dois-je te rappeler qui t'a engrossé et ce que tu as mis au monde ?!
- Endoloris !
Il tomba au sol en hurlant, son corps tordu de douleur et de spasmes. Hermione boucha les oreilles de leurs enfants et leur fit baisser la tête. Tous étaient recroquevillés contre elle, le Portoloin en forme de petite bougie serré dans sa main. Il ne restait plus qu'une minute. Katherine, bercée par son frère, avait cessé de pleurer mais Magnus bouillonnait de colère. Sa tante le retenait par le bras pour qu'il ne se jette par sur le bouclier.
- Comment oses-tu ?! Ce ne sont que des enfants ! S'écria-t-elle en levant le sort.
- Des... des monstres! Comme leur... père ! Grogna-t-il les dents serrés.
- Tu as tenté de tuer mon fils alors qu'il n'était même pas né !
- Et je recommencerai ! Encore et toujours ! Je ne m'arrêterai pas jusqu'à ce que je puisse te voir, toi et lui, l'âme lentement dévorée par des détraqueurs...
- Tu es immonde...
- Non, juste loyale à mon combat. Et je ne suis pas le seul.
Un sort frappa Ginny en plein dos et l'expédia contre un mur avec violence. Magnus hurla mais c'était inutile. Personne ne l'entendait.
Il ne restait plus que trente secondes.
Harry Potter apparut dans l'encadrement de l'entrée, un rictus haineux collé sur le visage. Il n'avait pas beaucoup changé en vieillissant, néanmoins, une cruauté habitait ses yeux quand il regardait la jeune femme. Sans laisser le temps à la sorcière de se relever, il la désarma et la foudroya d'un Doloris. Ginny se mordit la langue jusqu'au sang mais ne hurla pas . Elle n'avait jamais hurlé auparavant et ne commencerai pas aujourd'hui. Sa respiration devînt difficile et Harry lui laça un SectumSempra cinglant. Sa robe se déchira dans de profondes entrailles sanguinolentes et son sang se répandit au sol.
Quinze secondes.
- Tu m'a manqué Ginny. Dit Harry.
Elle ne lui répondit pas et se mit à tousser du sang. Les deux hommes la regardèrent en riant.
Dix secondes.
- Ne t'en fais pas. La famille sera heureuse de te revoir. Dit Ron.
Cinq secondes.
- Va te faire foutre Ron. Dit-elle en se redressant.
Le portoloin vibra doucement dans la main d'Hermione et le monde s'évanouit. La dernière chose que réussit à voir Magnus, fut sa mère renvoyée au sol par un coup de pied en pleine mâchoire de son frère.
Le souvenir se brouilla mais la Grande Salle ne réapparut pas au grand damne des trois sorciers. A la place, ils furent projetés dans une cellule crasseuse. Une odeur infecte prit d'assaut leurs narines. Les murs en pierre étaient humides et recouverts de moisissure. Seule une petite lucarne parcourue de barreau laissait entrevoir un rayon de soleil. Il illuminait faiblement la pièce, mais juste assez pour qu'ils puissent tous voir un corps allongé dans un coin. C'était Ginny. Kai haleta en la voyant. Il savait où ils étaient et frémit d'horreur. C'était son souvenir.
Vêtue de sa robe désormais en lambeaux, elle fixait le vide. Sa peau affreusement pâle était parsemée d'ecchymoses et d'entailles. Des cernes violacés se mêlaient à un coquard qui s'étalait sur son œil gauche fermé, tandis que ses lèvres craquelées étaient fendues. Elle semblait être enfermée depuis un certain temps. Ses joues s'étaient creusées et son corps très amaigrit. Des bruits de pas, des tintements de clés et des hurlements lointains parvenaient à la cellule. Cet endroit était tout bonnement effrayant, si bien qu'ils se seraient presque cru à Azkaban.
- Où sommes-nous ? Souffla Hermione.
- Les cachots de L'ordre.
Une porte fut déverrouillée à quelques mètres de la cellule. Des échos de voix retentirent et le visage de Ron apparut entre les barreaux de la porte de la cellule de sa sœur. Il la regarda pendant plusieurs secondes, silencieux, avant d'insérer une énorme clé rouillée dans la serrure et d'entrer. Ginny ne releva pas la tête face à lui et au contraire, se détourna ; il soupira. Entonnement, il n 'y avait plus de cruauté dans son regard, mais seulement une grande tristesse.
- Ginny...
Il n'y eut aucune réaction de sa part.
- S'il te plaît... arrête ce petit jeu.
Un fin sourire traversa son visage meurtri mais il ne dura que quelques secondes. D'une voix éraillée, elle dit.
- De nous deux... c'est toi qui joue le plus.
- Tu sais bien que je n'y prend aucun plaisir ! S'exclama-t-il. Tu... tu es ma sœur.
- Ah oui ? Je croyais que j'étais une traître.
- Tu l'es devenue. Mais je garde espoir que tu retrouves tes esprits.
- Tu... es pathétique Ronald. Je ne te dirai jamais...rien.
- Je sais. Mais... mais j'espérais pouvoir te faire changer d'avis...
- Pourquoi ? Toi et Harry en avait assez de me torturer ?
- Arrête un peu !
- Ou quoi ? Tu vas me tuer ?
- Je... je ne veux pas en arriver là ! Mais pourquoi faut-il que tu sois si bornée ?! Dis nous où se cache Voldemort et tu es libre !
- Libre de mourir comme la traître que je suis, hein ?
- Je te jure que ça n'arrivera pas. Dit-il s'accroupissant devant elle. Ginny, tu es ma petite sœur et... et je t'aime! Mais... ce que tu as fait est impardonnable. Alors fais toi pardonner ! Ne m'oblige pas à les laisser te donner aux détraqueurs ! Dis moi où il est ! Il ne te retrouvera pas si tu en as peur ! Nous te protègerons !
La rousse le regarda droit dans les yeux, une expression indéchiffrable sur le visage.
- Et mes enfants ?
- Ginny...
- Tu as dit que tu me protégerai, qu'en est-il de mes enfants ?
Ron ne dit rien mais soupira de nouveau et se releva.
- C'est ta dernière chance.
- Pour quoi ? Pour te laisser tuer l'homme que j'aime ? Pour te voir assassiner ton propre neveu et ta nièce ? Ne compte pas là-dessus.
- Mais... mais enfin qu'est-ce qu'il te prends ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? Tu préfères Voldemort à te propre famille.
- Il es ma famille ! S'écria-t-elle hargneusement.
- C'est un meurtrier !
- Et toi ? Qu'es-tu ?
- Je suis ce que la guerre à fait de moi. Je suis comme ça à cause de lui ! A cause de toi.
- Alors tue moi tout de suite. Je préféré mourir que de te dire où il est.
Il la regarda, à la fois blessé et horrifié par la détermination qu'il voyait en elle. Elle ne changerai pas d'avis malgré ses minces espoirs de la voir se rallier à sa cause. Leur cause.
- Qu'est-ce qu'il a de plus que nous tous ? Demanda-t-il gravement. C'est vrai... qu'est-ce qu'il... qu'est-ce qu'il t'a fait ?! Tu es si... différente.
Son regard s'accrocha à un énorme serpent incrusté dans sa peau et enroulé autour de son bras. Le reptile bougeait constamment sur elle, écœurant Ron à chaque mouvement. Le Maître avait apposé sur elle ce charme de protection, censé l'avertir du moindre danger et rappeler au monde entier son identité. Depuis qu'elle était enfermée, il n'arrêtait pas de siffler et de sortir les crocs. Au début la jeune femme avait eu du mal à s'y faire mais au bout d'un moment, elle avait fini par accepter la compagnie du serpent. C'était un bout de son Maître, son époux, l'homme qu'elle aimait plus que tout au monde, à jamais gravé sur elle. La nuit, elle caressait sa tête posé dans le creux de son cou. Elle savait que Voldemort pouvait sentir chacun de ses gestes à travers lui. C'était comme si elle était prêt de lui.
- Ron...
- Réponds ! Il a retourné ma sœur contre moi ! Je veux savoir comment !
Ginny releva le menton, fière et digne face à la rage de son aîné. Elle s'accrocha au mur et grimaça. Ses jambes voulurent se dérober sous elle mais elle luta et se releva du mieux qu'elle put. Elle ne voulait pas se montrer faible, pour la simple et bonne raison qu'elle ne l'était pas !
- Tu te pose encore cette question. Dit-elle.
- Toujours.
- Et accepter l'idée que je puisse l'aimer est trop dur pour toi !
- Ginny ! Cet homme est incapable d'éprouver le moindre sentiment !
- Tu ne sais rien de lui ! Tu ne sais pas qui il est !
- Tu n'es qu'un jouet pour lui ! Un trophée !
- Je suis sa femme !
- Ginny...
- Je m'appelle Ginerva ! S'exclama-t-elle froidement. Ginerva Jedusor, la femme et la Dark Lady de Lord Voldemort, le plus grand Mage Noir de tous les temps ! Personne au monde n'est en mesure de le vaincre ! Et je peux te jurer Ronald Weasley, que Toi et Harry payeraient pour ce que vous avez osé me faire subir ! Vous supplierez à genoux pour implorer sa clémence et regretterez jusqu'au jour de votre naissance !
Sa déclaration fit frissonner les sorciers. Jamais Ginny Weasley n'avait semblait aussi menaçante qu'à cet instant. Elle pensait chacun de ses mots et fixait son frère avec une froideur et une rancœur presque palpable. Ron ne dit rien, mais serra la dents. Il n'avait plus le choix.
- Très bien. Tu as pris ta décision.
Il se détourna de sa sœur et sortit de la cellule. Ginny respira un grand coup et ferma les yeux, espérant qu'il soit parti pour de bon mais déchanta très vite en voyant sa porte se rouvrir. Mais ce ne fut pas Ron qui entra. A la place, elle vit un petit garçon de huit ans se faire projeter contre le sol crasseux de sa cellule. L'enfant la regarda, surpris. Son visage sale et égratigné indiquait qu'il avait lutté. Elle s'horrifia quand elle le reconnut.
- Kai !
- Tante Ginny !
Il se précipita dans ses bras grands ouverts, à la fois soulagé et heureux de la trouver près de lui. La jeune femme, elle, était désespérée. Elle prit son visage en coupe et l'examina sous tous les angles, profondément inquiète qu'il puisse être blessé. Ses cheveux plus long tombaient en boucles sur son visage.
- Merlin, Kai ! Qu'est-ce... qu'est-ce que tu fais ici ? Tu.. tu devrais être avec Hermione ! Qu'est-t-il arrivé ?!
- On s'est fait... attaqué mais Scorpius a été blessé alors...
-... alors ce petit s'est montré brave à et à protégé son cousin au péril de sa vie. Affligeant, non ? Finit Ron en entrant.
Par réflexe, Ginny plaça Kai derrière elle, le protégeant de son corps. Une pure haine l'habitait.
- Comment oses-tu t'en prendre à un enfant ?
- C'est un Lestrange. Le ministère le recherche depuis qu'Hermione nous l'a arraché. Ils nous revient de droit.
- Vous alliez l'Extraire !
- C'est vrai, mais aujourd'hui, maintenant qu'il est plus grand, il peut avoir une toute autre utilité.
- Tu devras me passer sur le corps !
- Oh... tout de suite les grands mots. Je ne vais pas le tuer, rassure toi.
- Je ne dirais rien ! S'écria l'enfant.
- Je sais, je sais... Il est impossible de te prendre la moindre information. Hermione s'est chargée de protéger ton esprit avec plus de sorts que je ne saurai en compter. En revanche, ta seule présence ici petit, va nous être d'une grande aide.
Avant que Ginny ne puisse réagir, Ron l'expédia contre le mur de sa cellule et saisit Kai par le col. Des chaînes magiques la retinrent malgré elle au mur.
- Non ! Non Ron ! Lâche le !
Il ne l'écouta pas et plaqua l'enfant au sol d'un sortilège. Il eut beau se débattre, il lui était impossible de bouger. Lentement, le Weasley sortit de sa poche une dague en fer blanc et au pommeau gravé. Les sorciers haletèrent d'effroi. Tous reconnaissaient cette arme. Il regarda Kai et lui demanda.
- Dis moi petit. Sais-tu à qui appartenait cet objet ?
- N... non.
Son souffle était haché et court.
- Et bien, vois-tu, il appartenait à ta chère mère. La célèbre Bellatrixe Lestrange. Ses initiales y sont gravées. Elle l'a faite faire il y a des années de ça. Cette dague est enchantée. Elle cause une effroyable douleur à quiconque se coupe avec et empêche la bonne cicatrisation des plaies. Les cicatrices qui en découlent sont indélébiles. Bellatrixe s'en ai servit sur Hermione. Qu'elle soit devenue ta mère adoptive est assez ironique tu ne trouves pas ?
- Ron ! Arrête ! C'est un enfant ! Il ne sait rien ! S'écriait Ginny.
- Oh je sais ! Mais je n'attend pas de lui des informations. J'en attend de toi.
- Qu... Quoi?
- Non ! Hurla Kai. Ne dis rien !
Une gifle de Ron le fit taire.
- Tu as le choix, soit tu parles, soit il souffre.
- Non ! Non, je t'en pris, ne fais pas ça !
- Des réponses Ginny. Je veux des réponses !
- Je supporterai ! Hurla Kai, la lèvre en sang et en implorant sa tante du regard. Ne t'en fais pas pour moi ! Ne dis rien !
- La ferme !
- Kai... Pleurait Ginny. Non...
- Tu sais. Continua Ron au petit garçon. Je t'ai toujours considéré comme une horrible erreur. Bébé, nous aurions dû t'abandonner quelque part où personne ne t'aurai jamais retrouvé. Tu aurais peut-être été heureux, allez savoir mais aujourd'hui, quand je te regarde, je me dis que tu es juste aussi immonde et infâme que l'était ta mère. Tu es un monstre. Un futur meurtrier. Je ne comprendrais jamais Hermione. Mais aujourd'hui, même si je la déteste pour sa trahison, je venge l'amie qu'elle a été pour moi et pour ce que Bellatrixe lui a fait.
- Non ! Ron !
Mais il était trop tard. Il se jeta sur le bras immobile de Kai et entailla sa peau. L'enfant ne put contenir ses cris de douleur qui se mêlèrent aux hurlement de pleures de Ginny. Cette horreur dura plusieurs minutes. Ron restait insensible aux supplications de sa cadette. Quand il eut fini, Kai pleurait silencieusement, à peine conscient tant la douleur lui semblait insupportable. Sur son bras en sang, écrit de façon inégale, resterait à jamais gravé Mudblood. Sang de Bourbe.
Ron se releva, et parti. Il n'accorda pas le moindre regard à sa sœur ou à l'enfant. Dans sa main, la dague de Bellatrixe Lestrange gouttait encore du sang de son héritier.
Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Maintenant vous savez qui est la mère de Scorpius et Rose et pourquoi Kai déteste Ron !
N'hésitez pas me laisser vos commentaires ! Merci beaucoup à tous ceux qui me suivent et me soutiennent ! Vos critiques sont très constructives et m'aident à m'améliorer ! A très vite pour la suite ! Bizzzzeeeee
