L'image de Kai, agonisant au sol, et de Ginny, en larme, s'effaça. Les sorciers se sentirent expulser en arrière, et atterrirent douloureusement sur un carrelage froid. Celui du manoir de Voldemort. Étonnés, il le virent marcher de long en large, les mains derrière le dos, dans une vaste bibliothèque. Ses pas étaient rapides, et sa respiration saccadée. A le regarder de plus près, ils virent avec effroi que ses pupilles avaient viré au rouge sang. L'étincelle rougeoyante qui résidait habituellement au fond de ses iris avait prit le dessus sur lui, tout comme sa colère qui rongeait chacun des pores de sa peau. Elle le consumait lentement, tandis que sa haine se tordait au creux de ses entrailles tel un monstre affamé. Son aura magique vibrait tout autour de lui semblable une menace qui planait dans l'air. Les sorciers aperçurent Hermione à ses côtés. Assise à une table où s'empilait des colonnes entières de livres, elle était plus pâle que jamais. Ses yeux rougies indiquaient des pleures récentes. Elle ne semblait pas avoir dormi depuis des jours. Fulminant, il s'adressa à elle.

- C'est impossible... Les détraqueurs m'ont toujours été fidèle. Toujours !

- Maître...

- Rien ne devrait être capable de les retourner contre moi ! Potter ne peut pas les utiliser ! C'est... c'est...

Mais il ne put finir sa phrase ; la rage le faisait bafouiller. Hors de lui, il cogna dans une pile de livre qui s'écrasa avec fracas au sol. Hermione le regarda faire, impassible. Ce comportement ne la surprenait, ni ne l'effrayait plus désormais. Elle était habituée à ses humeurs.

- Comment ?! Hurla-t-il. Comment c'est possible ?!

- Je l'ignore Maître... Mais nous devons trouver une solution avant qu'ils ne changent de stratégie.

- Ils la détiennent depuis deux semaines... deux semaines ! S'écria-t-il en gesticulant.

- Je... je sais Maître.

- Il faut la faire sortir de là ! Potter se sert des Detraqueurs pour protéger ses cachots, nous devons reprendre leur contrôle.

- Maître, nous ignorons ce qui les a poussé à agir de la sorte mais nous devons envisager un autre plan !

- Nous n'avons pas d'autre plan Hermione ! Il la tueront ! Elle et Kai ! Ils les assassinerons tous les deux si nous lançons la moindre attaque ! Ils savent que nous sommes plus forts, plus nombreux, et bien mieux organisés mais ils se servent d'eux comme d'un moyen de pression... ils... Ils savent que nous voulons les récupérer vivant !

- Il y a forcément un autre moyen ! Quelque chose que nous n'avions pas vu avant !

- Oh je t'en pris, nous sommes les sorciers les plus intelligents du Monde Magique ! S'il y avait quelque chose à voir, nous l'aurions vu depuis longtemps ! La seule issue que nous avons est de reprendre le contrôle des Détraqueurs afin de désarmer leurs cachots et de leur permettre de fuir !

- Ils sont hors de portée ! Les détraqueurs sont les créatures les plus obscures et puissantes du Monde Magique ! On ne peut pas les soumettre à sa volonté, seulement les attirer vers soi et les convaincre ! Ils sont attirés par le désespoir, la peur, la haine et n'ont pas d'âme propre ce qui leur permet d'aspirer...

- Bon sang je connais les détraqueurs ! Je n'ai pas besoin d'un cours sur eux !

- Pourtant ils ne sont pas là ! Vous êtes Lord Voldemort, le plus grand Mage noir de tous les temps et malgré cela ils vous ont tourné le dos il y a des années de cela ! S'exclama-t-elle.

Jamais personne n'avait vu quelqu'un parler sur ce ton à Voldemort, pourtant cette attitude ne sembla pas lui être offensante et il la regarda en grimaçant.

- J'avais remarqué ! Mais j'ignore encore pourquoi !

- Nous devons le découvrir ! Quand... quand ont-ils commencé à vous défier ?

- Un an après la Bataille de Poudlard. Ils ne m'obéissaient plus déjà à l'époque...

- Il s'est forcément passé quelque chose !

- Nous avons déjà chercher Hermione ! Rien n'est arrivé ! J'étais au sommet de ma puissance ! Le Ministère était sous mon contrôle et l'Ordre n'était plus qu'un ramassis d'estropiés !

Un bruit de verre cassé les interrompit tous deux et ils virent avec surprise la petite tête de Magnus dépasser d'une étagère. Une boule de cristal avait explosé à ses pieds. Prit sur le faîte, le petit garçon se ratatina sur lui-même et sortit de sa cachette, les joues rouges. En voyant son fils les cheveux ébouriffés, en pyjama, et pied nus, Voldemort lui lança un regard réprobateur.

- Magnus, que fais-tu debout à cette heure ? Tu devrais être au lit.

- J'ar... j'arrivais pas à dormir...

Hermione dû retenir une nouvelle vague de sanglot dans sa gorge et se détourna. Depuis qu'il avait assisté à la capture de sa mère, Magnus ne trouvait plus le sommeil. Il arrivait même qu'il se réveille en hurlant la nuit. Dans ces moment là, il implorait qu'on lui rende sa maman. Le Mage Noir soupira et lui fit signe de venir vers lui. Il courut à toute vitesse sur ses petites jambes et sauta dans les bras de son père.

- Tu as pris ta potion de sommeil sans rêve ? Lui demanda-t-il d'une voix étonnement douce.

- Je ne veux pas dormir...

- Tu es obligé de dormir.

L'enfant resserra sa prise sur son père, comme pour se protéger d'un danger.

- Ils sont toujours là quand je dors.

- Magnus, ce ne sont que des cauchemars. Ils ne sont pas réels. Tu ne dois pas les craindre.

- Mais ils font du mal à Maman.

Le Mage serra les dents ; faire semblant d'aller bien devant son fils était une épreuve qu'il n'aurait jamais cru si dure. Quand il le regardait, le visage de sa femme s'imposait en lui.

- Ta mère ira bien, Magnus. Ne t'en fais pas.

- Tu vas la ramener à la maison ?

- Oui, je te le promet. Mais nous devons nous concentrer pour y arriver alors s'il te plaît, sois sage et retourne dans ton lit. Il est tard.

Magnus hocha la tête sans grande conviction et embrassa la joue de son père avant de descendre de ses bras. Il fit un denier câlin à sa Tante et partit. Quand la porte se referma, Hermione se rassit à sa table, les joues ruisselant de larmes. Voldemort, lui, serrait les poings à s'en briser les phalanges.

- Dans quel état pensez-vous que nous allons les retrouver ? Demanda-t-elle faiblement.

- Il s'agit de Potter et Weasley. Nous ne pouvons être sûr de rien...

Hermione essuya rageusement son visage d'un revers de poignet. La tristesse l'avait quitté, remplacée par une haine si forte qu'elle en eut presque envie de vomir.

- Nous sommes ridicules !

- Excuse moi ?

- Votre armée est invincible ! Hurla-t-elle en se levant. Vous et Ginny êtes immortels ! Vos enfants sont les héritiers de Salazard Serpentard et sont protégés par une magie inviolable ! Le monde est presque à vous et pourtant... et pourtant ils nous tiennent comme des rats ! Des rats ! C'est ridicule !

- J'aimerai ramener Ginerva saine et sauve auprès de notre fils, et pas lui faire payer une erreur stratégique ! L'ordre n'attend que ça ! Ils la tortureront en place publique juste pour le plaisir de me voir la regarder ! Je ne le permettrait pas !

- Je n'en peux plus de rester sans rien faire ! Il faut agir ! Mon fils est là-bas !

Le mage ferma les yeux et se mordit l'intérieur des joues. Il savait à quel point la situation était dur à supporter pour elle. Pour eux. Et il se sentait impuissant. Il détestait ça.

- Nous devons rester concentrés Hermione ! Si nous trouvons un moyen de retourner les Détraqueurs contre Potter, nous serons en mesure de ramener Ginerva et Kai à la maison, mais...

- La maison... murmura-t-elle brusquement.

- Quoi ?!

- La maison ! Mais bien sûr ! La maison ! S'écria-t-elle.

Elle semblait réaliser quelque chose ; quelque chose qui échappait à Voldemort. Ses yeux écarquillés, devant l'énormité de ce qu'elle venait de découvrir, regardèrent partout autour d'elle. Elle semblait voir le monde comme pour la toute la première fois.

- Mais enfin de quoi tu parles ?

- Vous... vous avez promit à Magnus de ramener Ginny à la maison !

- Évidement, c'est un enfant !

- Maître, aimez-vous votre fils ?

Sa question si subite le laissa bouche bée pendant plusieurs secondes. Il ne comprenait pas où elle voulait en venir.

- Je ne vois pas en quoi...

- Répondez ! Insista-t-elle impatiente.

- Bien sûr que j'aime mon fils ! S'énerva-t-il.

- Et votre fille ?

- Hermione je ne comprend rien à...

- Faîte moi confiance !

Voldemort soupira, fatigué de lutter contre son élève bornée et s'exclama, sans plus batailler.

- Oui ! Oui, j'aime ma fille !

- Et Ginny ?

- Ginerva est ma femme ! Comment oses-tu te poser la question ? Elle est un Horcruxs ! Une partie de moi-même ! La mère de mes enfants ! Je rependrait l'enfer sur terre si elle me le demandait ! Elle est tout pour moi !

- Donc vous l'aimez ?

- Hermione !

- Répondez !

- Oui ! Oui ! Bien sûr que j'aime Ginerva !

- De l'amour... vous aimez. Vous, Voldemort vous aimez ! S'écria-t-elle en sautillant brusquement sur place. C'est... c'est pour cette raison que les Détraqueurs vont ont tourné le dos ! Le désespoir, la peur, la haine... il n'y a plus rien de tout cela ici ! Ou chez vous !

- Prends garde à tes mots...

- Non, vous ne comprenez pas ! Ginny a changé votre vie et... et même au delà ça, elle a changé votre nature ! Les détraqueurs vous suivaient car vous incarniez les ténèbres! Vous étiez ténèbres ! Mais ce n'est plus le cas ! Vous... vous êtes un homme marié, un père ! Vous avez une maison ! Vous aimez votre femme et vos enfants ! Vous éprouvez de l'amour pour eux ! Les Détraqueurs ne supporte pas l'amour, la joie ou le bonheur ! Ils vous ont vu changer avant même que vous ne vous en aperceviez et sont partis ! Ils sont partis là où le désespoir et la haine régnait !

- Mais...

- C'est l'ordre... dit-elle ahurie. L'Ordre ! Ils n'avaient plus rien après la bataille ! Juste des morts ! La peur et la haine les dévoraient ! Je.. je les ai vu changer ! Ron, Harry et tous les autres... ils sont devenus malveillants, rancuniers et cruels !

- Cela n'a pas l'air d'avoir le moindre sens. Dit-il les sourcils froncés. Je suis Voldemort ! Le plus grand meurtrier de ce siècle ! Je suis le Seigneur des Ténèbres et de la Magie Noir, l'héritier de Serpentard ! Harry Potter est l'incarnation même de Gryffondor ! Il a survécu grâce à l'amour de sa mère et se bat pour ce qui est juste ! Pour l'égalité et le respect ! Comment peut-il attirer les Détraqueur plus que moi ?

- Parce que vous avez découvert l'amour ! Harry, lui, a tout perdu et s'est enfermé dans la haine ! C'est pour cette raison que les Détraqueurs sont allés vers lui ! Il incarne plus de malheur et cruauté que vous aujourd'hui. Il croit combattre le mal mais le mal se sert de lui. C'est un jouet ! Une marionnette de sa propre haine ! Peut-importe les raisons de son combat, son comportement avec Ron est... est innommable. Vous... vous aussi avez changé. Pas vos idées ou votre détermination à asservir le monde, mais votre comportement.

- C'est... c'est... invraisemblable !

- Mais c'est la seule explication logique à tout ce qui arrive !

Voldemort voulut parler mais se ravisa. Le discours d'Hermione lui semblait à peine crédible pourtant, quelque chose de vrai résonnait à l'intérieur. Il ragea dans ses dents. Il détestait admettre qu'il avait des sentiments ! Il n'avait d'ailleurs jamais dit "Je t'aime" à sa femme ! Lui dire "Je t'aime" ?! Il était Voldemort ! Dire que Potter était plus maléfique que lui, juste parce qu'il "aimait'" sa famille, n'avait aucun sens.

- Et que proposes-tu ?! S'agaça-t-il.

- Harry ne sait pas ce qu'il est entrain de devenir... dit-elle. Il se transforme en monstre. Il sert le bien en étant l'instrument du mal et de la magie Noir ! Maître, nous avons peut-être une chance de le battre.

- Je t'écoute.

- Vous êtes le Seigneur des Ténèbres ! Vous connaissez la magie qui prend possession de lui ! Vous avez été à sa place.

- Alors quoi ?!

- Alors vous, vous avez appris à la contrôler. A l'utiliser à votre avantage. Harry est comme un chient enragé lâché dans une foule ! Il ne s'arrêtera jamais et ne contrôle rien ! Il joue avec des forces que vous maîtrisez ! Il pense qu'en utilisant vos anciennes méthodes, il arrivera a vous vaincre mais c'est tout le contraire !

- Et que suis-je censé faire ?!

- Ce que vous avez toujours fait de mieux Maître. Battez le à son propre jeu. Vous maîtriser les ténèbres depuis longtemps, lui n'est qu'un jouet pour eux. Servez-vous en.

Voldemort réfléchit un instant, mesurant chacun des mots d'Hermione avant de brusquement sourire. Il avait une idée. Un plan.

- Je sens que je vais adorer ça... Dit-il, les yeux brillant de cruauté. Potter veut jouer au plus méchant ? Bien ! Il va amèrement regretter cette erreur.

- Maître ?

- Tu as raison. Il pense que c'est un gentil mais la vérité est qu'il n'y a plus de gentils. Juste les ténèbres et je peux t'assurer Hermione, qu'il n'y a rien que je ne maîtrise le mieux. Il est temps que je lui montre de quoi la véritable Magie Noir est capable. Il est temps que Voldemort lui donne une leçon ; car il n'a pas la moindre idée de ce que je m'apprête à déverser sur lui. Trouve moi le Guide des Hurlements et les sangs de Démons dans mon bureau !

- Qu.. quoi, Maître ?! Balbutia Hermione. Non ! Mais... mais vous n'y pensez pas ?!

- C'est le prix de ma vengeance ! Nous verrons bien si les Détraqueurs resteront près de lui après cela.

- Mais c'est de la folie ! S'écria-t-elle horrifiée.

- Non, c'est parfait ! Potter regrettera alors de ne pas être mort à Poudlard ! Il va apprendre à voir ce que sont les véritables Ténèbres... Il va payer !

- Mais... mais c'est...

- Monstrueux ?

- Inhumain... souffla-t-elle.

- Tant mieux ! Dit-il ravie. Ça m'avait manqué.

- Vous ne comptez pas sérieusement invoquer un Hurleur ?! Cette créature n'est apparu sur Terre depuis des millénaires ! Elle est... elle sort tout droit des Enfers !

- Exactement !

- Non ! Vous ne...

- A quel point veux-tu récupérer Kai ? Lui demanda-t-il.

Hermione se tut brusquement. Il jouait sur la corde sensible et le savait pertinemment. La jeune femme déglutit, incertaine et torturée par la peur et l'inquiétude, avant de dire d'une petite voix.

- Un Hurleur à une espérance de vie très limitée. Vous... vous allez devoir l'invoquer sur place.

- Je m'en doutais. Prépare mes affaires et met les enfants à l'abri. Je pars dans une heure avec trois légions de mangemorts. Drago et Blaise en feront partis.

- Maître !

- J'essayerai de te rendre ton mari sain et sauf. Grimaça-t-il. Mais je ne te promet rien. Les Hurleurs sont plus incontrôlables que les Détraqueurs. Une fois qu'il sera libéré, il détruira tout ce qui vit sur son passage. Il n'y aura aucun survivant. Ginerva et Kai seront protégés mais ils devront faire vite et transplaner avant qu'il ne les trouvent. Ce sera un vrai massacre...

- Par pitié, Maître, réfléchissez y...

- C'est tout réfléchit ! Va !

- Mais...

- C'est un ordre !

Hermione ne répliqua pas et baissa la tête, vaincue. Elle le regarda commencer à fouiller dans sa bibliothèque, bien décidé à réaliser ses plus noirs desseins, sans se rendre compte que derrière une étagère, dépassait la manche d'un pyjama d'enfant. Celui de son fils.

Le souvenir s'effaça. Mais le rouge des yeux de Voldemort poursuivit les sorciers jusque dans la Grande Salle.


Voila un chapitre un peu plus court que d'habitude, j'espère néanmoins qu'il vous aura plu ! Vous en apprenez un peu plus sur ce que devient Harry et sur ce qu'est Voldemort dans ce nouveau futur !

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Merci à tout ceux qui me suivent et me soutiennent ! Je vous adore ! Bizzzzzzeeee et à très vite!