- Qu'est-il arrivé après ?
Drago se regarda, encore déstabilisé par les souvenirs ayant défilé devant lui, il y avait deçà à peine quelques instants. Personne n'avait encore osé ouvrir la bouche depuis pour s'adresser au principal concerné. Pourtant le jeune Drago malfoy ne pouvait plus supporter ce silence, ce suspens, cette épée de Damoclès qui pesait constamment au-dessus de sa tête depuis l'arrivée de son futur dans sa vie.
- J'ai besoin de savoir ! Qu'est-il arrivé ?! S'écria-t-il brusquement.
- De toute évidence, vous avez trouvé un remède. Dit Blaise. Vous seriez toujours aveugle dans le cas contraire. Dit Blaise.
- Oui, et... non. Dit-il la gorge serrée.
- Comment ça oui et non ?! Qu'est-ce que cela veut dire ? S'impatienta-t-il.
- Drago, calme-toi.
- Je ne me calmerait pas ! En deux jours j'apprends que je deviendrais aveugle et que mon seul espoir reposera sur cette sang de bourbe que j'ai haït toute ma vie et que surprise, j'épouserai ! Alors je crois que je mérite de connaître la vérité !
Rarement on avait vu Drago Malfoy dans un tel état. Les joues rouges, les yeux exorbités et les veines du cou saillantes, sa respiration sifflante résonnait dans le silence intimidé de la pièce. Même Voldemort préféra se taire, et observer sans rien dire. Les crises de nerfs devenaient de plus en plus quotidiennes. Personne n'allait le blâmer. Ginny le regarda, peinée tandis que sa version plus âgée déglutit. Il n'y avait plus rien à cacher, il le savait, mais ne trouva pas les mots. Scorpius, face au mutisme de son père, décida de parler à sa place.
- Ils ont trouvé un remède. Dit-il. Une plante légendaire et très rare, qui ne pousse et ne fleurie qu'une seule fois par an dans les prairies reculées d'Irlande. Très précieuse, et très fragile...elle est presque impossible à trouver. Certains disent qu'elles sont apparues sur ces plaines en des temps reculés, à une époque où les guerres entre sorciers faisaient rages dans les pays du nord.
- On raconte qu'une puissante magicienne, écœurée par le gâchis de toute la magie contenue dans le sang de ces milliers de sorciers morts au combat sur ces plaines, leur a jeter un sort, les plongeant dans un sommeil plus puissant que tous les autres. S'ils arrivaient à s'en réveiller, ils avaient le droit de vivre. Dans le cas contraire, ils devraient périr avec leurs ennemis sur ces plaines, indignes et porteur de honte. C'est justement cette magie qui garde l'herbe toujours verte, les terres toujours fertiles et ces fleures porteuses d'une magie presque inconnue. Même le ministère n'a jamais mis la main dessus. Poursuit Kai.
- Et c'est... c'est fleurs vont me guérir ? C'est ça ?
- On dit quand inspirant leur parfum, le soir même où elles poussent et éclosent, on entend encore les cris de tous ces soldats morts au combat. On dit qu'ils veillent sur ces terres et que leurs esprits nous envoûtent, pour nous plonger dans le même sommeil magique que celui de cette sorcière. Il dure un jour et une nuit. Nul ne sait ce qu'il se passe vraiment, mais la légende affirme que si l'on arrive à se réveiller avant le lever du soleil du deuxième matin, une Grâce nous ai offerte. Expliqua Drago de lui-même la voix brusquement grave en ne regardant personne.
- Une Grâce ?!
- Entre autres. Mais il faut pour cela arriver à se réveiller.
- Et alors ? C'est... c'est si dur que ça ? S'inquiéta Ginny.
- On dit qu'il n'y a rien de plus dur au monde. On est coincé dans son propre corps, conscient mais incapable d'agir, piégé entre rêve et réalité par cette sorcière.
- Pourquoi ça ?
- Elle voulait tourmenter ces soldats, imbécile ! S'exclama Kai à Ron. Pas leur offrir une sieste !
- Me voilà encore plus sot que je ne le pensais. Soupira Jedusor, dégoûté de lui-même. Vous envoyer tous les deux dans une plaine, en Irlande, en pleine guerre contre Potter, à la recherche de fleurs mystiques aux pouvoirs incontrôlables, au risque de vous y voir à jamais endormit... c'est ridicule...
- Mais ça a marché ! Dit le jeune Malfoy agité. Je retrouverai la vue ! Je trouverai un moyen de me réveiller de ce sommeil !
- Non.
Ce simple mot prononcé du bout des lèvres du futur Drago Malfoy provoqua un nouveau silence. Cette fois, plus personne n'arrivait à comprendre.
- N... non ? Bredouilla le blond.
- Non.
- Mais.. mais c'est impossible ! Tu vois aujourd'hui !
- Oui c'est vrai, mais pas parce que je me suis réveillé du sommeil magique de ces fleurs.
- Alors comment ?!
- Hermione l'a fait pour moi.
Si quelques regards furent jetés en coin à la Granger, celle-ci n'en remarqua rien, à la fois bouche-bée et inquiète de la suite des événements. Décidément, rien n'avait plus le moindre sens dans ce futur.
- Elle ?!
- Oui.
- Mais...
- Quand nous somme arrivées dans la plaine magique, cette nuit-là, nous avons monté un campement. Les fleurs devaient éclore à l'apogée de la Nouvelle Lune. J'étais incapable d'aligner trois pas sans me perdre. Alors c'est elle qui les a cherchées. Pendant plus d'une heure, dans le froid et le silence, nous étions là. Elle à la lumière de son lumos et moi dans le noir de ma cécité. Elle était persuadée dans trouver au moins une, mais plus les heures passaient, plus nos chances s'amenuisaient. Quand, par je ne sais quel miracle, elle en a trouvé une, le soleil allait presque se lever, et les fleurs n'allait pas tarder à se faner. J'étais... convaincu que rester était une perte de temps et pourtant elle a fini par réussir. Le seul problème qui est alors apparut, c'est qu'elle ne m'avait rien de toutes ces légendes. Ces histoires de soldats, de sommeil à vaincre... rien du tout. Narra Drago.
- Pourquoi aurai-je fait ça ?
- Parce que tu n'avais pas l'intention de me laisser utiliser cette fleure. Tu la voulais pour toi.
- Qu..
- Tu savais que le poison de Londubat était encore présent dans mon corps. Il m'affaiblissait, me rendait vulnérable. Je n'aurais pas eu la force de me réveiller. Alors tu as préféré te taire car tu savais que j'aurais tout fait pour te contredire. Tu n'as donc rien dit, et quand le moment est venu d'inspirer le parfum de cette fleur, tu m'as demandé de rester au campement et de ne surtout pas en bouger. Je n'ai pas compris, j'ai protesté et puis je t'ai entendu tomber. J'ai passé les heures qui ont suivi à te secouer, te hurler dessus, à t'insulter de tous les noms. Je ne comprenais pas, et j'étais en colère. Mais surtout, je me suis senti faible. Je ne pouvais rien voir, j'étais seul, perdu au beau milieu de nulle part, avec toi, complètement inconsciente et potentiellement morte. J'ai bien cru que c'était la fin pour moi... et puis, sans que je comprenne comment, ni pourquoi, je t'ai vu. Allongée par terre, dans l'herbe. Je t'ai vu, puis le ciel, l'horizon et le soleil, pour la première fois depuis des semaines. Je n'oublierais jamais cet instant.
- Alors, ça a marché ? Elle s'est réveillée ? Demanda Voldemort d'un ton irrité.
- Oui, ça a marché. Mais elle ne s'est pas réveillée.
- Comment ça ? Demanda la Granger.
- Tu as fait don de ta grâce pour moi, or c'est uniquement elle qui t'aurais permis de t'éveiller de ce sommeil magique.
- Par merlin, pourquoi faut-il que tout soit si compliqué ?! Soupira Ron fatigué de toutes ces tragédies.
- C'est comme ça. Bien entendu, une fois remis d'aplomb j'ai réussi à trouver un remède et à nous sortir de là, mais avec une semaine de retard. Le maître était dans un état de fureur méconnaissable mais nous étions revenus indemne, et voyant. C'est tout ce qui comptait au final. Sourit-il.
- Alors tout fini bien ?
- Si on veut. Je n'ai jamais eu autant de mission après ça, ce qui n'était pas une surprise vu mon temps d'absence sur le terrain.
- Après cet épisode, nous avons au point un antidote pour les mangemorts. Dit Ginerva d'une petite voix. Il était hors de question que d'autres soient touchés par ce poison.
- Qui aurait cru que Neville pouvait être aussi diabolique... Soupira Ginny effarée.
- On parle bien du pathétique petit gryffondor au chapeau magique, qui s'est permit de me tenir tête devant mes soldats et qui a écourté la vie de ma pauvre Nagini ? N'est-ce pas ? Demanda Voldemort pensif.
- Lui-même.
- Je savais que j'aurais dû le tuer.
- Là n'est pas la question. Neville est quelqu'un de bien. Défendit Ron.
- Elle compte si ça m'évite de devenir aveugle ! S'exclama Drago.
- Comme si tu ne l'avais pas un peu mérité !
Alors qu'un autre débat s'ouvrait entre le roux et le blond, Hermione se contenta de se taire. Elle avait besoin de calme, elle avait besoin de réfléchir. Réfléchir à toute cette histoire. Silencieusement, elle s'éclipsa de la Grande Salle. Elle ne pouvait pas rester là, à les regarder se chamailler comme les enfants qu'ils étaient. Elle aussi était à bout de nerf. Toute cette situation la rendait folle. A croire que plus rien n'avait de sens dans sa vie. Elle courut jusqu'à sa chambre et s'y enferma. Une fois seule, le fil du récit du Malfoy se rejoua dans sa tête. Une fois, puis deux, puis une quinzième... Elle ne compta plus quand sa montre lui indiqua qu'elle était enfermée depuis plus de trois heures, pourtant son esprit ne parvenait à se calmer. Quelque chose ne collait pas. Un détail, une étape, un regard... tout... ! Elle ignorait quoi, mais en était certaine. Drago Malfoy avait menti.
Harry et Blaise avait dû emmener Drago et Ron pour les calmer à part. Une nouvelle dispute entre eux deux, rien de bien nouveau au paradis si on y réfléchissait bien. Peu à peu, et après d'autres précisions et explications du futur Drago, la Grande Salle se vida. Hermione était déjà partie depuis longtemps, les voyageurs temporels n'avaient pas été long à suivre son exemple tandis que Voldemort lui, avait décidé de rester. Assis, seul le coin de bibliothèque encore intacte, il pensait silencieusement. L'histoire du Malfoy le laissait perplexe sur de nombreux points mais peu lui importait. De toute manière, toute vérité éclaterait au grand jour à un moment où à un autre. Dans le cas contraire, ils seraient encore tous coincés ici. Distrait, il regarda les étagères de livres avant de se rendre compte que la majorité était encore recouvertes de cendre. Un sourire en coin lui échappa. Il n'avait pas invoqué de Feudeymon depuis tellement longtemps, qu'il avait lui-même été surpris de sa puissance. Mais pas autant, qu'il l'avait été, de voir que la petite Weasley arrivait à pratiquer sans baguette. Une Chauvefurie particulièrement remarquable. Aussi il ne pouvait retenir une forme d'admiration mais aussi de fierté. Sa futur Dark Lady, à son âge, sans baguette et avec des barrières magiques, arrivait à être puissante. Il devait reconnaître son talent. Pourtant, en pensant à son sort et ses probables qualités magique, d'autres images peuplèrent son esprit, le faisant frissonner malgré lui. La Chambre des Secrets étaient témoins de leur péché. Mais plus que tout, ils allaient maintenant devoir vivre avec. Jamais il n'aurait cru être aussi faible pour une femme. Céder pour les plaisirs de la chaire... n'y avait-il pas plus désespérant et pitoyable comme attitude ?
Pourtant, ce qu'il avait ressenti... les sensations qu'il avait découvert... il n'aurait pu mettre de mot dessus. Jamais, au cours de sa longue et dangereuse vie, il n'avait ressenti de telles choses. Jamais. Il n'y avait aucune équivalence possible. Il le savait. Mais le pire à travers tous ces remords et son dégoût pour lui-même, c'est qu'il ne désirait qu'une seule et unique chose, la retrouver. La retrouver pour la faire sienne de nouveau. Il pouvait le sentir, leur lien, loin d'être apaisé, n'avait fait qu'empirer. C'est comme s'il pouvait encore sentir sa peau contre la sienne, et l'odeur de son enivrant parfum dans ses narines. Les souvenirs de leurs ébats l'envahissaient. Jamais il n'avait trouvé une femme aussi belle qu'elle. Il y avait une force, une flamme qui brûlait en elle sous ses joues roses de timidité. Quelque chose de sauvage, dissimulé et troublant qui l'avait fait tomber cette nuit-là. Leurs corps, leurs coups, leurs tentatives de résister à cet appel plus fort qu'eux... tout semblait avoir un sens qui pourtant lui échappait encore. Il n'aurait su dire quoi, comment et pourquoi, mais il savait qu'il était condamné. Coincé avec elle.
Comme si le destin les tourmentait, il l'a vit arriver dans le grincement de la grande Porte. Surpris, et brusquement brûlant, il la regarda entrer sans le voir mais dès que ses yeux se posèrent sur elle, un pincement au fond de son ventre le fit grimacer. Rester aussi près d'elle sans pouvoir la toucher lui donnait l'impression de sortir de son propre corps. Il n'avait plus qu'un mince contrôle sur lui-même. Un contrôle qui semblait lui échapper un peu plus à chaque instant. Bien entendu, cette sensation, il ne la vivait pas seul. Ginny le senti elle aussi et la surprise lui fit lâcher sa tasse pleine de thé, qui s'écrasa au sol. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il soit encore là.
- Oh, heu... désolé... je croyais être seule.
Se parler leurs semblaient surréaliste compte tenu qu'ils ne souhaitaient que s'arracher leurs vêtements sur le champ. Aussi, elle déglutit, et alors que ses joues viraient à l'écarlate, elle se précipita au sol pour ramasser les dégâts de son étourderie. Elle se sentait plus ridicule que jamais en sa présence, mais ne dit rien et s'efforça de respirer normalement. Elle ne put prendre en main que quelques morceaux de porcelaine avant de le sentir. Au fond d'elle, son pincement se resserra d'avantage, la faisant grimacer. Elle relava brusquement la tête et le vit devant elle. Il ne bougeait pas mais la fixait avec une intensité qui la fit défaillir. Ses pupilles noirs brillaient, pas uniquement de leurs lueurs sanglantes ; elles brillaient aussi pour elle. Depuis le sol, sa carrure et son allure ne lui avait jamais paru aussi intimidante. Se souvenir de sa présence, nue dans ses bras, accentua la couleur de ses joues qu'elle n'osa même pas cacher. Seul le son de leurs respirations troublait l'étrange silence dans lequel ils étaient plongés. La tension entre leurs corps, la connexion de leurs regards, tout semblait être réunis pour les faire céder. Et Merlin, qu'ils en avaient envie. Ils pouvaient le sentir mutuellement. Aussi aucun d'eux n'osa esquiver le moindre geste. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs secondes avant que Voldemort ne détourne tête le premier, la respiration soudainement lourde. Il paraissait en proie à une agonie intérieur.
Ginny papillonna, comme sorti d'une hypnose et se racla la gorge. Elle ne pouvait pas rester là. Il fallait qu'elle parte, maintenant. Sans lâcher les bouts de porcelaine de sa tasse à thé, elle se releva doucement. Ses jambes engourdies fourmillaient sous elle, autant d'excitation que de fatigue. Voldemort lui, n'osa pas la regarder de nouveau. Alors qu'elle s'apprêtait à partir le plus loin possible, un vent étrange se leva depuis le ciel magique. Une brise forte et impétueuse qui les fit tous deux relever la tête. Avant même qu'ils n'aient le temps de réagir, la porte laissée à demi ouverte se referma dans un claquement bruyant, au moment même où le vent se tarit.
Face à la porte désormais close, la Weasley devînt livide. Sans un souffle et de plus en plus effrayée par la situation, elle tenta de l'ouvrir sans succès. Derrière elle, Voldemort ne prit même pas la peine d'essayer, déjà certain du résultat. L'esprit avait décidément plus d'un tour dans son sac pour les torturer.
- Je te l'ai déjà dit, je n'ai pas besoin que tu me surveil...
Drago Malfoy ne finit pas sa phrase, à la fois surpris et désemparé par la présence d'Hermione devant sa porte. Les joues roses et le regard inquiet, elle se tenait là, face à lui, et fière malgré son malaise palpable. Muet pendant plusieurs secondes, il réussit à articuler.
- Je croyais que c'était...
- Ginerva. Oui, je m'en doute. Dit-elle.
- Que me vaut l'honneur ? Si c'est pour me frapper de nouveau je tiens à préciser que...
- Non, je veux... je veux juste vous parler. Puis-je entrer ?
Drago hésita. Non pas qu'il avait la moindre raison de ne pas laisser entrer sa futur dans sa chambre, mais sa démarche le prenait de court. Décontenancé, mais trop fière pour le montrer, il s'écarta, un vague sourire sur les lèvres.
- Tu as loupé le spectacle entre Ron et mon... autre moi.
- Un de plus. Dit-elle en entrant dans sa chambre.
- Et toujours aussi pitoyable. Je suis impressionné par ma capacité à me faire honte tout seul.
Elle sourit à sa remarque, mais le perdit bien vite. Dès que le loquet de la porte retomba, les mots franchir ses lèvres d'eux même.
- Je sais que vous mentez.
- Pardon ?
- Je sais que vous mentez !
Elle avait parlé plus fort, comme pour se donner du courage face à la carrure imposante du Malfoy. Les sourcils froncés, il la regarda avec stupéfaction avant d'étrangement se mettre à sourire. Un sourire caractéristique, qu'elle avait vu toute sa vie sur le visage des Malfoys.
- Je sais.
- Qu...quoi ?
- Je sais. Qui d'autre à part toi aurait pu comprendre ?
Cette fois, c'est Hermione qui afficha une mine désabusée. Drago savait, tout comme elle, qu'il avait délibérément menti à tout le monde, y compris le Seigneur des Ténèbres. Pire que tout, ils l'avaient tous cru.
- Pourquoi ?!
- Parce que ce qui est arrivé est, là-bas, en Irlande, n'étais pas... prévu.
- Dîtes moi ! Je veux savoir !
- Comme tout le monde ici, j'en ai peur. Mais ne t'en fais pas. Je n'ai pas l'intention de te mentir, pas à toi.
- Et Scorpius ? Kai ?
- Ce sont nos enfants. C'est toi qui a insisté pour qu'on leur cache la vérité. Tu voulais les protéger.
Cette autre révélation lui serra la gorge. Elle ? Mentir à ses propres enfants ?! Elle ne voulait pas y croire. Pourtant, le regard que Drago lui lançait, ne lui laissait que peu de doute face à ce qui allait suivre.
- Et Voldemort ?
- Lui dire la vérité n'aurait sûrement pas été un problème tout à l'heure, mais je voulais éviter d'autres crises. Ginerva est, bien entendu, dans la confidence depuis toujours, comme le Voldemort de mon époque.
- Dîtes moi. Insista-t-elle.
- Nous n'avons trouvé aucune fleur.
- Quoi ?
- Tu m'as bien entendu. Rien. Nada. Pas même un pissenlit. Juste une plaine verte, vide et sans le moindre intérêt. Déclara-t-il en s'affalant sur son fauteuil.
- Mais... mais la légende ?
- Un conte de bonne femme, que tu as espéré vrai pendant quelques jours. Mais quand la réalité nous a rattrapé et que l'ultimatum de ma cécité t'a frappé en plein visage, tu as...
- Quoi ?!
- Perdu le contrôle.
- Le contrôle ?
- Cette fleur de Grâce était ton dernier espoir. Moi, je n'espérais plus rien depuis longtemps. Je t'avais entendu parler des dégâts causés par le poison. De mon incapacité à revoir un jour. J'avais abandonné. Je ne faisais que te suivre. Mais toi, tu t'accrochais, portée par le poids de ta culpabilité. Tu n'arrivais à rien depuis des semaines, et cette dernière chance aboutissait elle aussi à un échec. Alors, tu es entrée dans une sorte d'état second. Avant même que je ne comprenne ce qui arrivait, nous avions transplané derrière la forteresse de Potter. Tu y avais vécu des années, alors il ne t'a pas fallu plus de quelques heures pour t'y introduire sans te faire voir, et entrer dans leurs laboratoires.
- Leurs laboratoires ? Je... je croyais qu'il n'y avait pas d'antidote pour le poison.
- Il n'y en avait pas. Jusqu'à ce que tu ressortes de la forteresse avec Neville Londubat et que tu le torture pour le forcer à en créer un.
Cette phrase, outre sa brutalité, eut l'effet d'une douche froide à la jeune femme qui dû s'asseoir pour ne pas tomber à la renverse.
- Et oui... même moi je n'y croyais pas. Dit-il en souriant, amusé.
- Non... pas... pas Neville...
- Et si. Tu l'as enlevé, et tu t'es enfermée dans une vieille cabane abandonnée avec lui pendant trois jours. Trois jours entiers de hurlements comme je n'en avais jamais entendu de ma vie. Le quatrième jour, tu avais en mains la formule de l'antidote avec la liste des ingrédients. Et je reprends tes mots : "il le méritait".
- Non ! Non ! S'écria-t-elle au bord des larmes. Neville est quelqu'un de bien ! Il ne méritait pas...
-... de souffrir ? Hermione, j'ai eu de la chance de finir aveugle. J'aurai pu mourir. Des dizaines de mangemorts sont morts à cause de lui, et pas qu'eux. Ses plantes étaient incontrôlables, certaines étendaient leurs racines jusque dans les villes moldus !
- Non ! Je... je n'ai pas... pas pu faire une telle chose ! Je t'en supplie... je n'ai pas...
Sa voix était coupée de sanglots et l'air lui manquait. Jamais, elle n'aurait cru entendre cela de sa vie. L'image du petit garçon benêt, maladroit, au crapaud toujours perdu et aux grandes oreilles s'imposa en elle. Comment avait-elle pu lui faire ça ? A lui ! Son ami de toujours, le fier résistant aux ressources improbables... C'était impossible... elle ne voulait pas y croire.
- Je sais que c'est dur à avaler... Dit doucement le blond, face à son regard brisé.
- Je... je suis un monstre...
- Non Hermione. Dit-il en se levant pour la prendre par les épaules. Tu m'as sauvé la vie ! Tu m'as rendu la vue ! Et tu as évité que d'autre plantes ne soient créées, et ne tuent !
- En torturant un homme bon !
- Lui non plus n'avait plus toute sa tête... Bellatrixe s'était amusée avec, un jour où il s'était fait capturer. Cela ne lui avait pas réussi.
- Et j'ai fait comme elle... Je l'ai torturé comme elle a torturé ses parents ! Je suis immonde ! Je suis comme elle !
C'en était trop pour elle. Elle ne pouvait le croire, le supporter, et regretta de ne pas s'être contentée de cette histoire de fleure magique. A la place, elle apprenait qu'elle torturerait son ami, avec autant de cruauté que le monstre qui l'avait elle-même torturé. Elle deviendrait un monstre. Une véritable mangemort. Les larmes noyaient ses joues et Drago, face à elle, savait que rien de ce qu'il pourrait dire ne saurait la calmer. Faire face au pire de soi-même, et se savoir capable d'horreurs, n'était jamais un poids facile à porter. Sans rien dire, il la prit dans ses bras, où il la sentie trembler de sanglots et d'effroi pendant plusieurs minutes. Son parfum le rendit nostalgique.
- Comment j'ai pu faire une chose pareille ? Murmura-t-elle quand il se détacha d'elle.
- Hermione...
- Est-ce que je l'ai laissé vivre ?! Demanda-t-elle brusquement.
- Je...
- Dis-moi !
- Oui...
Un sentiment de délivrance apparut sur son visage, mais celui du Malfoy se referma davantage. Là encore, la vérité cachait un mensonge.
- Dis-moi la vérité !
- Tu l'a laissé vivre.
- Mais ?
- Mais... pas par pitié ou bon sentiment.
- Je ne comprends pas.
- Il était devenu fou, autant que ses parents. Et tu ne voulais pas qu'il meurt. Tu voulais qu'il porte le poids de ses actes, tout le reste de sa vie. Tu voulais qu'il soit conscient de sa souffrance, comme de celle qu'il avait infligé aux autres. C'était à tes yeux, ton ultime torture à son égard. Et ton ultime vengeance.
- Ven... vengeance ?!
- Pour moi.
- Mais...
- Dès le premier jour, il t'avait donné assez d'éléments pour réussir à faire le contre poison, mais tu étais tellement indignée, en colère et malheureuse que tu as continué de le torturer les deux autres jours. Tu voulais me venger. Tu voulais le faire payer. Mais tu n'arrivais pas à t'en contenter malgré tout. Tu étais devenue complètement obsédée, je ne comprenais pas pourquoi, ou comment te raisonner. Tu es retournée à la forteresse, tu as commencé à lancer une attaque à toi toute seule. Personne n'arrivait à t'arrêter, tu avais presque autant de connaissance de sorts que Seigneur des Ténèbres ! J'ai recouvert la vue juste à temps pour t'empêcher de commettre un véritable massacre et de te faire tuer par la même occasion. Quand nous sommes rentrés au Château, tu étais méconnaissable. Je ne t'avais jamais vu dans un tel état. Il a fallu pas moins de cinq mangemorts pour te maîtriser, et plus d'une semaine pour te calmer. Déclara-t-il la voix sombre.
- Mais... mais pourquoi ? Qu'est-ce... qu'est-ce qui m'est arrivé pour faire de telles choses ?!
- Tu m'aimais Hermione.
- Qu...
- Tu refusais de l'admettre mais me voir dans cet état de faiblesse et désespoir te touchais, te rendais folle de rage et d'injustice. Tu voulais me venger pour sauver mon honneur, pour ces mois de misères, de peine et de pleures ... tu ne sembles pas réalisé ton impacte dans ma vie durant cette période. Oui, j'étais odieux, et parfaitement infecte mais tu étais devenue mon roc, mon pilier. La nuit, tu dormais dans une chambre à côté de la mienne, tu veillais à ce que je ne me lève pas, que je ne tombe pas. Tu m'apportais mes repas, me soignait, me réconfortait quand je n'avais plus d'espoir. Tu étais devenue la seule et unique lumière de ma permanente obscurité.
Ces mots et l'intensité avec laquelle il les dit, toucha Hermione d'une façon à laquelle elle ne s'était pas attendue. Muette pendant quelques instants, elle soupira, toujours affligée par cette nouvelle, avant de sécher ses joues d'un retour de poignet. Un sourire triste naquît sur ses lèvres mouillées de larmes.
- Je comprends pourquoi je vous ai épousé maintenant. Vous n'avez rien à voir avec la fouine !
Sa remarque les fit tous deux exploser de rire.
- Mais merci Drago... de m'avoir dit la vérité.
- Je t'en prie, Hermione.
- Et pardon pour... le coup de la dernière fois... Dit-elle gênée, en regardant son nez encore légèrement rouge.
- Tu es ma femme. Crois-moi, j'y suis habitué.
Elle lui sourit, et respira un grand coup. Savoir que l'on allait devenir une folle qui torturerait son ami d'enfance n'étais pas un bon présage mais d'une certaine façon et fond d'elle-même, elle savait que le moment venu, elle aurait ses raisons. Dont, la première, celle de venger l'homme qu'elle aimerait.
- C'est une blague ?! S'énerva Ginny complètement affolée. On... on est enfermé !
- Comme si cela avait quelque chose de surprenant... soupira Tom.
- Mais... je... Non ! Non, c'est hors de question ! Dit-elle sans souffle. Il faut absolument sortir ! Maintenant !
- On a des tendances claustrophobes Weasley ?
- Non mais... c'est...
- Alors tais-toi veux-tu ? Cet esprit ne cherche qu'à nous tourmenter ! Ne lui donne pas ce qu'elle veut. Dit-il agacé.
- Mais pourquoi ?
Le regard qu'il lui lança ne laissa aucune équivoque sur les intentions de l'esprit du temps, faisant rougir la jeune femme encore plus. Mais au-delà de ça, une vague de colère et d'indignation la gagna brusquement. Sa vie était déjà suffisamment compliquée pour qu'elle soit en plus poussée dans les bras du Seigneur des Ténèbres ! Agacée et révoltée, elle vit Jedusor se détourner en levant les yeux au ciel. Il n'allait rien faire pour essayer de les faire sortir d'ici. Il ne pouvait rien faire. Elle non plus d'ailleurs. Cette impuissance lui parut encore plus insupportable que le reste, aussi, sans réfléchir elle frappa la porte de son poing, lui arrachant un cri de douleur auquel ni Voldemort, ni elle, ne s'était attendu. Bien sûr, il s'agissait de sa main pleine de bout de porcelaine. Rageant contre elle-même dans un florilège d'insulte, elle s'enveloppa rapidement la main dans un serviette posée sur la table, mais déjà, des gouttes écarlates coulaient le long de son avant-bras depuis sa paume meurtrie.
- Par Merlin... Soupira-t-il dépité. Petite idiote.
- Moi au moins j'essaie de sortir d'ici ! S'énerva-t-elle.
- En frappant dans une porte fermée par la magie ! Oui, c'est une brillante idée ! Railla-t-il.
La jeune femme préféra ne pas répondre. Cela n'aurait fait que l'énerver davantage. Comme un homme qu'elle pouvait désirer plus que tout au monde, pouvait parvenir à l'insupporter quelques instants plus tard ? Elle l'ignorait, mais n'était pas sûr de vouloir savoir. Surtout, quant au plus profond d'elle, elle savait qu'elle le désirait davantage en le détestant. Cette prise de conscience la fit déglutir, aussi elle tenta de se concentrer sur sa plaie. Il avait décidément raison. Elle était idiote. Elle chercha du regard une serviette plus grande, la première étant déjà entièrement imbibée, mais se figea en voyant Jedusor aller vers elle, un air dur sur le visage. Sans lui adresser le moindre mot, il saisit sa main d'un geste fort, ce qui lui arracha une grimace. Sans jamais la regarder, il ôta son garrot de fortune, et en prit un autre qu'il serra si fort qu'elle eut du mal à ne rien dire. Son comportement ne partait en rien d'une bonne intention. Elle le savait. Il voulait juste qu'elle se taise et ne se plaigne pas pendant les heures de leurs séquestrations communes. Cependant, là été le piège. Dans sa démarche, sa main reposait dans la sienne. Un contact électrifiant pour les deux individus dont le souffle se coupa. Ils ne dirent pas le moindre mot, mais ils purent le sentir. Ils savaient.
Ils se détachèrent lentement, difficilement, avec une boule au creux de leurs ventres. L'esprit était malin. Et eux, étaient faibles. Dans l'autre main de Voldemort, reposait le tissu gorgé de sang de la rousse. Un sang aussi flamboyant que ses cheveux, et que ses joues. Un sang qui le rendait fou, qu'il haïssait même ! Et sa propre main en était couverte. Cette vision le troubla, si bien que pendant plusieurs secondes, il ne put s'en détacher. Il semblait comme envoûté, avant de dire d'une voix grave.
- Ginerva.
Son prénom dans sa bouche lui semblait toujours étrange. Mais le plus déconcertant, était que la dernière fois qu'elle l'avait entendu depuis ses lèvres, elle se trouvait allongée sous lui, entièrement nue, sur le sol humide et détrempé de la chambre des Secrets. L'entendre une nouvelle fois lui provoqua un frisson qui remonta le long de son dos. Elle ne dit rien, mais sentie sa gorge s'assécher brusquement.
- Pourquoi faut-il que le sort m'afflige à ce point ?! Dit-il plus pour lui-même que pour elle.
- Tu n'es pas le seul, à subir cette situation... murmura-t-elle.
Il voulut parler mais n'eut plus de mot. Ses pupilles s'étaient ancrées sur ses avants bras. Le long de sa peau de nacre, coulait des perles de sang que le chiffon ne savait contenir. Le contraste du rouge sur sa peau lui sembla surréaliste, comme un effet d'optique. Quand elle le remarqua, son premier geste fut de baisser la tête et de le cacher, un peu honteuse de sa blessure. Pourtant, il l'en empêcha. D'un geste étonnamment lent mais franc, il lui prit son poignet. Le saignement semblait se calmer, mais ce n'est pas ça qu'il contempla. Non, à la place il suivit des yeux les sillons rouges qui séchaient le long de son avant-bras. Ils lui rappelaient les griffures flamboyantes qu'il avait trouvé dans son dos et sur ses bras, juste après leur entrevue passionnée dans la Chambre des Secrets. Des traits irréguliers et pourtant empreint de tellement de chose à la fois. La jeune femme le regarda faire, à la fois incertaine et inquiète mais totalement submergée par les sensations que provoquait sa main sur sa peau. Elle put sentir son buste se lever frénétiquement au rythme de sa respiration effrénée ; tandis que lui, toujours focalisé sur le parcourt de son sang, se rapprochait dangereusement d'elle. Elle voulut parler mais resta sans voix quand elle vit Voldemort porter son bras à ses lèvres. Dans un mouvement d'une lenteur troublante, il l'embrassa, avant de lécher la traînée sanguine tout le long de son avant-bras. L'air devînt irrespirable pour Ginny, qui ne pas trouva la force de bouger. Tout ce qu'elle réussissait à voir, était le petit bout de chaire rose teinté de son sang entre les lèvres du Maître. De son Maître. Quand la goutte s'épuisa dans la commissure de sa bouche, il la regarda, transit.
C'est elle qui succomba la première.
- Maître...
Ce simple mot suffit à ruiner tous leurs espoirs de lutte. Avant même qu'ils ne s'en rendent compte, Voldemort l'avait déjà saisi par les fesses et la soulevait de terre, l'embrassant sauvagement et à pleine bouche. Elle, s'accrochait à lui désespérément, de peur que cet instant ne prenne fin. Une main plantée dans ses cheveux d'ébène, elle ne parvenait plus à réfléchir. Elle ne voulait pas réfléchir. Enivré, il la posa sur la table à manger sans jamais se détacher d'elle, tandis que l'excitation grandissait avec la chaleur de leurs corps pressés l'un contre l'autre. La chemise de Jedusor tomba au sol en premier. Dans l'instant même, il senti la main valide de la jeune femme parcourir son torse avec avidité. Tout en l'embrassant, il sourit. Demain, il verrait les mêmes traces que celles qu'elle avait précédemment laissé. Et il savait, au plus profond de son être, qu'il allait adorer ça.
Bonjour à tous et Bonne Année ! (en retard mais bon, on dit tous ça en retard de toute façon) XD. Voilà un nouveau chapitre, qui j'espère, vous plaira ! De nombreux rebondissements sont à prévoir dont l'apparition de ce fameux nouveau personnage. Je suis désolé de vous l'apprendre mais non, il ne s'agit pas de la Hermione du futur ! ;-) Ce serait bien trop simple ! Alors je vous donne un autre indice, elle ne fait pas parti du futur mais du passé ! A vous de jouer :-)
Je tiens à remercier tous ceux qui continuent de me suivre, vos messages sont encourageant et m'inspirent ! Laissez moi encore vos commentaires pour la suite !
A très vite ! Bisous à tous !
