-Kai !
-Je ne veux même pas en parler, claqua-t-il tandis qu'Hermione se précipitait devant lui.
-Non, attends !
-Je sais déjà ce que tu risques de me dire ! s'énerva-t-il. Et je ne veux pas l'entendre... La vie de tout le monde est en jeu !
Hermione déglutit face au visage torturé de son fils. Baguette en main, il s'apprêtait à faire endurer le pire aux Mangemorts pour avoir plus d'informations sur la faille, peu importe les conséquences. Il s'était résigné à devenir le maître de leurs cauchemars, et elle ne pouvait pas le laisser faire. Aussi, il la fuyait pour ne pas l'entendre le lui dire, pour ne pas la décevoir, pour ne pas qu'elle assiste à ça, pour ne pas qu'elle le voit comme le monstre que tout le monde avait vu en lui, dès sa naissance.
-Laisse-moi passer ! dit-il.
-Hermione, on n'a pas le choix, renchérit Ron, lui aussi loin d'être favorable à cette idée malgré tout.
-Là n'est pas la question ! s'indigna-t-elle.
-Alors quoi ?!
-Je ne te laisserai pas le faire seul !
Ce fut bien la dernière chose que les sorciers s'attendirent à entendre. Voir Hermione Granger faire barrage pour avoir l'honneur de torturer quelqu'un ? Non, il y avait autre chose. Une chose que personne ne comprit à part Drago, dont les poings se serrèrent d'angoisse. Elle ne voulait pas le laisser affronter cette épreuve seule. Elle voulait lui montrer que malgré les erreurs, elle resterait à ses côtés ; que malgré les horreurs, elle le soutiendrait ; que même malgré lui, elle serait toujours là. Et c'est ce qui brillait dans son regard : de la peur, de l'angoisse, mais une forte volonté, du ravalement de fierté et du courage… beaucoup de courage ; et Merlin savait qu'elle en avait besoin pour affronter les pupilles ébènes de son fils. Elles la fixaient avec autant d'interrogation que de colère. Un regard qui, pourtant, ne la fit pas flancher.
-Je refuse que tu les torture seul, répéta-t-elle plus fort.
-Hermione, tu es sûre de…, intervient Harry.
-Tu es folle ! s'exclama Kai en coupant Harry dans son élan. C'est hors de question !
-Tu n'es pas en mesure de me donner des ordres Kai ! Ni dans ce monde, ni dans aucun autre !
-Tu ne crois pas que c'est suffisamment dur comme ça ?! Tu veux en rajouter ?
-Je veux t'aider !
-A quoi ?! A torturer ma mère ? A ne pas la tuer ? A ne pas devenir le monstre que tu as peur que je devienne ?! cria-t-il.
-Tu n'es pas un monstre !
-Tu n'en sais rien !
-Me crois-tu donc aveugle à ce point ?!, s'indigna-t-elle. Je sais que tu souffres de cette situation ! Je sais que si tu le pouvais, tu serais déjà en train de lui arracher la tête ! Je sais que c'est que tu as toujours voulu ! Je sais que cela fait partie de toi ! Et il est hors de question que je te laisse affronter ça tout seul, tu m'entends ?
Kai ne sut plus quoi dire et soupira, enragé. Cette conversation intervenait au pire moment, et tous les regardaient avec des yeux inquiets. Scorpius avait même déjà sorti sa baguette par mesure de sécurité.
-Bien que ce drama familial soit des plus divertissant, il serait judicieux que vous vous mettiez d'accord. Le temps presse, vos règlements de compte devront attendre, dit Voldemort, toujours penché sur sa pâte de rêve et totalement désintéressé par la situation.
-Pousse toi, gronda Kai en s'adressant à sa future mère. S'il te plaît.
-Non.
-Hermione, je pense qu'il serait plus sage de les laisser faire, continua le vieux Drago, de plus en plus lessivé par la tournure des événements.
Elle ne répondit pas mais ne bougea pas non plus, plus décidée que jamais à faire ce qui fallait pour une fois.
-Ne m'oblige pas...
-A quoi ?!
-Hermione !
-J'ai dit non.
-Je suis d'accord, intervînt brusquement le jeune Drago, les suspendant dans leurs cris.
-Quoi ? hallucina Blaise.
-Elle devrait rester. Et moi aussi, continua-t-il en s'avançant à son tour, tout en évitant le regard de son père.
-C'est une blague j'espère…, souffla son meilleur ami.
-Les projections sont plus fortes avec un rapport affectif. Hermione est la bête noire de Bellatrix et je suis récemment devenu celle de mon père, expliqua-t-il calmement. Quoi que tu fasses Kai, nous restons.
Hermione n'avait jamais été aussi soulagée de le voir rester auprès elle. Et pour cause : il la soutenait. Il allait l'aider. Pour leur fils.
-C'est hors de...
-Ça peut marcher, dit Jedusor. On doit faire vite, toute l'aide peut être utile.
-Pardon ? s'étouffa-t-il.
Mais le Maître ne lui répondit pas, agacé. A la place, il examina une dernière fois Ginevra, puis jeta un long regard à Ginny, qui ne suivait rien de la scène, de nouveau tordue de douleur, la tête enfouie dans un cousin pour retenir ses cris.
-Magnus, Scorpius, emportez-les dans une chambre et veillez sur elles. Je ne veux personne d'autre ici. Les autres, continuez les recherches dans le château, nous devons trouver cette fichue faille.
Face à la figure choquée de Kai, tous s'activèrent, heureux de partir. Ron transporta sa sœur à la suite de Magnus, sous le regard soucieux et la mâchoire serrée du Seigneur des Ténèbres. Puis, d'autres équipes menées par Blaise et le futur Drago se formèrent très vite. Tous s'éclipsèrent rapidement de la Grande Salle, sans oublier de jeter un regard inquiet à Hermione. Elle n'avait pas bougé, Drago à ses côtés, et n'allait pas se défiler. Kai la fixait avec sévérité et tristesse. L'un de ses cauchemars se réalisait encore : qu'elle, sa mère de cœur, ne le voie sous le joug de la folie meurtrière de sa mère biologique, qu'elle ne voie les ressemblances, qu'il avait tant tenté de masquer entre eux.
-S'il te plaît Hermione... Ne fais pas ça, supplia-t-il, fou de colère et d'angoisse.
-Je te l'ai dit, tu ne le feras pas seul !
-Tu es folle ! s'emporta-t-il en donnant un coup de pied dans un table basse.
-Je suis ta mère ! tonna-t-elle alors plus fort que lui, ulcérée par son comportement. Rien ne pourra jamais le changer ! Que ce soit le sang, la magie, ton attitude, ou Bellatrix elle-même !
L'agressivité et la force de ces mots réussirent à le figer dans sa folie imaginaire. Il la regarda, fière et intransigeante, lui tenir tête, tandis que ces réflexes d'enfant le firent taire devant elle.
-Alors je te le redis ! Tu n'affronteras pas ça tout seul ! poursuit-elle, cette fois plus enragée que lui. Que tu le veuilles ou non, je serais là ! Toujours là ! Parce que c'est mon rôle d'être là ! Parce que tu es mon fils et que je m'inquiète pour toi ! Je me fiche de savoir de qui tu tiens, ce que tu as fais ou ce que tu feras ! Je serais toujours là, parce que c'est ça, aimer : c'est accepter l'autre pour qui il est !
Kai ne dit rien, pétrifié face à la figure rose de colère et essoufflée de sa mère. Pourtant, il senti son cœur s'alourdir et se retînt de tomber sous son poids. Le bois de sa baguette lui faisait mal à la main, tant il la serrait dans son poing.
-Oui, toi Malakaï Aleksander, tu es un Lestrange et un Black. Mais tu es aussi un Malfoy et un Granger ! Et je t'aime, peu importe le nombre de noms que tu as ! Peu importe de qui tu tiens ton nez, tes yeux, ou ton sale caractère ! Alors s'il te plaît pour l'amour du ciel... Laisse moi t'aider.
Elle était désespérée et lui aussi. Peut-être était-ce là d'où tout venait ? Un enfant accident, non voulu et haï de tous depuis son premier souffle, trouvé par une femme détruite par la vie et n'ayant plus foi en ce que lui avait fait tout perdre. Là était le commencement de leur histoire. Et tout recommençait encore. Alors qu'il lui faisait face, Kai ne put empêcher la chaleur de son amour pour sa mère de réchauffer son cœur meurtri. Il avait besoin d'elle. Il le savait. Car au fond, il avait toujours le sentiment d'être cet enfant qu'on allait jeter à la mort. Et comme toujours, elle était la seule à le rattraper. Mais ce qu'il ignorait était à quel point elle, avait besoin de lui. Il l'empêchait de perdre foi en la vie. Il était sa lumière et l'avoir trouvé avait ouvert les yeux à Hermione. On ne se rend compte qu'on vit dans le noir que quand l'on voit une étincelle pour la première fois. Kai en était une pour elle. Et elle ne le laisserait pas s'éteindre.
Alors que le silence retombait, le jeune homme capitula sans répondre.
Drago, face à cette scène, comprit qu'il avait bien fait de renier son père. Il n'aurait, pour rien au monde, voulu perdre l'amour qui s'était dégagé de leurs cris.
Ginny regarda son lit, nauséeuse et plus pâle qu'elle ne l'avait jamais été. Déjà une heure qu'elle était allongée, à se retourner dans ses draps, retenant ses cris pour n'alerter personne ; déjà une heure qu'on n'avait pas de nouvelle sur ce qu'il se passait dans la Grande Salle ; déjà une heure qu'elle se demandait quand elle allait mourir. Elle savait que la mort de Ginevra ne la tuerait pas vraiment, mais elle sentirai sa mort comme si elle était la sienne. Et cette sensation la pétrifiait d'horreur. Se sentir mourir alors qu'on est en vie... un paradoxe qui ne devrait même pas exister. Aussi, c'est sur ses jambes tremblantes qu'elle s'était levée, tout en ravalant la bile qui lui brûlait la gorge. Marcher lui semblait relever du miracle. Elle avait l'impression de nager dans une eau sans fond et la fièvre n'arrangeait rien à son état. Son délire l'avait poussée à confondre Ron avec leur père ! Une situation gênante qui l'avait à la fois fait rire et inquiété. Aussi, la jeune femme savait qu'il attendait devant sa porte et que Magnus surveillait sa mère, lui aussi. Elle n'oublierait jamais son regard dans la Grande Salle quand elle était inconsciente sur ses genoux. Il semblait désemparé, perdu, comme s'il ne croyait pas ce qui était sur le point de se produire. Et cela lui avait brisé le cœur. Voir son fils dans cet état... cela ne devrait pas exister non plus. Et pourtant, elle avait le sentiment que plus le temps passait en ces lieux maudits, plus le sort s'abattait. Le repos ne semblait pas leurs être accordés. Peut-être à juste titre ? Elle l'ignorait mais elle n'avait pas la force d'y réfléchir, comme elle ne supportait plus de rester dans sa chambre, pas quand elle savait que son Maître mourrait dans une autre dimension temporelle. Elle avait besoin de le voir, de le sentir vivant près d'elle ! Mais elle ne pouvait pas. Pas encore. Aussi, elle devait se contenter des relents d'émotions qu'elle arrivait encore à percevoir de sa part depuis l'autre bout du château... de la colère principalement, et au fond, de la peur. Elle ne le savait pas capable d'en ressentir, et ne sut pas quoi en penser. Voldemort avait toujours eu peur de la mort, se dit-elle. Se sentir aussi proche de cette dernière devait attiser ses craintes, surtout sachant que ses Horcruxes ne le sauverait pas cette fois. Pas s'il devait errer dans une faille temporelle. Toutes ces réflexions lui donnèrent mal à la tête, mais elle n'avait que ça à faire. Attendre. De vivre ? De mourir ? Qu'elle bonne blague lui faisait le destin.
Non, elle ne voulait pas attendre. Plus maintenant. Toujours accoudée à sa commode, elle faillit rire de son ridicule. A la place, elle ouvrit sa porte à laquelle elle s'accrocha pour ne pas tomber. Comme elle s'y attendait, Ron, assis en face de sa chambre, se leva d'un bond à sa vue.
-Ginny ! Tu... tu vas bien ? Pourquoi tu es...
-Je... je vais bien Ron. J'ai juste besoin de... de prendre un peu l'air.
-Tu es sûre ?
Il était franchement inquiet pour elle, et le voir ainsi, les cheveux ébouriffés et le regard mal assuré, lui rappela tous ces beaux moments qu'ils avaient eu. Quand il lui apportait un bol de soupe maison alors qu'elle était malade. Quand il la faisait monter sur le balai de Percy quand il n'était pas là. Quand elle le faisait tourner en bourrique en cachant ses affaires et en accusant leurs frères. Quand tout allait bien dans leur vie... En le regardant, elle retrouva un peu de ce frère tant aimant et protecteur qu'elle avait connu. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point il lui avait manqué.
-Merci Ron, souffla-t-elle, un petit sourire sur le visage.
-Oh, tu sais, je monte juste la garde. Je les vois tous défiler dans les couloirs à la recherche de cette faille !, dit-il en riant. Ils s'amusent moins que moi vu leurs têtes ! Surtout le vieux Malfoy est avec Harry ! Je ne sais même pas comment c'est possible mais Blaise à l'air de bien se marrer avec eux.
Il plaisantait comme il l'avait toujours fait et cela lui insuffla plus de force. Alors qu'il se moquaient encore d'eux, elle l'enlaça spontanément, le coupant dans ses tirades. Il ne dit rien mais lui rendit son étreinte avec force. Ils s'étaient manqués tous deux.
-Merci, répéta-t-elle.
-Je t'en prie, sœurette.
Un sanglot lui monta dans la gorge mais elle ne sut s'il s'agissait d'émotion ou de douleur. Quand ils se détachèrent, il lui souriait, soulagé et heureux malgré tout. Voir un vrai sourire lui avait manqué aussi.
-Je pense que je vais marcher un peu.
-Attends, je viens avec toi !
-Non... Ron, je t'assure...
-Te laisser seule ? Alors que tu tiens à peine debout ? Que ton double est entrain de mourir ? Et que je sais que ton futur "époux" est le seigneur des Ténèbres, et que lui et ton futur fils me tueraient si je ne le faisais pas ?
-Ne dramatise pas ! plaisanta-t-elle.
-Évitons de mourir aujourd'hui, ce serait bien ! Et puis, j'ai une petite idée de où tu veux aller...
-Qu... quoi ? bafouilla-t-elle surprise.
- Oh je t'en prie Ginny, je suis ton grand frère. Tout ce que tu penses faire, je l'ai déjà fait. Et puis, je suis peut-être long à la détente, mais pas idiot non plus. Pour info, tu n'es pas très douée pour te faufiler en douce.
-Ron !
-Ça va, ne t'en fais pas ! dit-il en riant aux éclats devant ses joues devenues écarlates de fièvre et de honte.
-Mais...
-Je me suis fait à l'idée que tout ce qu'on vivait n'avait plus le moindre sens. Tu seras la Dark Lady d'après ce que j'ai compris et ça, malheureusement, il n'y a rien que je puisse y faire, soupira-t-il. Je t'aime avant tout et je veux ton bonheur.
Ces mots la laissèrent sans voix, aussi Ginny pensa un instant qu'il s'agissait encore d'un délire de la fièvre. Son frère, Ron Weasley, le plus têtu, fier et borné des Gryffondors, faisait des compromis. Par amour pour elle. Que Merlin l'entende !
-C'est... c'est vrai ?
-Je ne suis pas d'accord avec ça. Je ne vais pas te le cacher. Genre... vraiment pas d'accord… Mais je ne veux pas te perdre. Ces derniers mois m'ont fait réaliser que mon orgueil allait me faire tout perdre. Toi, Hermione, ma vie, ma famille, mes amis... Je ne veux pas de cette vie, alors je fais des efforts, dit-il, plus sérieux. Et ça commence par accepter le fait que sa petite sœur soit... amoureuse de... de Voldemort.
-Quoi ?! Euh... non... je... je ne suis pas amoureuse, Ron ! C'est ridicule ! On n'est plus des enfants !
-Alors quoi ? Tu préfères entendre que "tu sors avec Voldemort" ?!
Cette phrase sonnait cent fois pire que tout le reste à ses oreilles. Sa grimace fit éclater son frère de rire, qui saignait des tympans lui aussi.
-Peut-on changer de sujet, s'il-te-plait ? demanda Ginny, gênée.
-Tiens donc ? Moi qui pensait que tu serais heureuse d'avoir ma bénédiction.
-Ma vie sentimentale est juste compliquée, ces derniers temps... Je ne sais pas trop où j'en suis, soupira-t-elle. Apprendre que l'on va épouser le Seigneur des Ténèbres est un peu gros à avaler. Comme le fait d'avoir un fils. Et une fille...
-Tu oublies un second fils dans le lot.
-Seigneur... Parfois, j'ai du mal à me dire que cela va vraiment arriver.
-On aborde le sujet du Serpent vivant tatoué sur ta peau ou pas ?
-Ron !
-Je demandais juste. Maman va adorer !
Son air idiot réussit à la faire rire à son tour. Cela faisait du bien de sourire un peu, malgré la douleur. Alors qu'elle arrivait presque à oublier son état, ils virent "l'équipe de recherche" arriver depuis le bout du couloir. Comme son frère le lui avait dit, leurs mines reflétaient leur agacement et leur extrême mauvaise humeur.
-On a déjà fait l'aile droite ! s'exclama le vieux Drago.
-Pas toute l'aile ! soupira Harry, excédé. Par Merlin, les murs changent !
-On a déjà eu ce débat ! On refait le tour de chaque aile, toutes les demie-heures ! intervint Scorpius.
-Et perdre du temps ?!
-On n'a rien d'autre à faire de notre temps ! hurla Blaise.
-Je maintiens qu'on devrait se séparer si tu ne veux pas refaire le détour, fit Harry.
-Hors de question, Potter ! Personne ne doit mourir, et on ignore si la faille a ramené d'autres inconnus dans le château !
-Papa, on a nos baguettes ! soupira le blond, fatigué de ces disputes.
-J'ai dit non !
-Ginny ?
C'est encore Blaise qui l'avait repéré le premier, et son simple nom suffit à faire taire l'échange houleux. La voir debout sembla leur insuffler à tous une lueur d'espoir mais ils ignoraient à quel point la réalité de la situation était tout sauf rassurante. Aussi, elle ne préféra pas leur dire ce qu'elle arrivait à sentir venant de Ginevra, et alla même jusqu'à cacher ses mains tremblantes dans son dos. Drago alla vers elle à grandes enjambées, inquiet et surpris.
-Tu... tu vas bien ? demanda-t-il.
-J'ai connu mieux mais ça va aller.
-Qu'est-ce que tu fais debout ?!, s'exclama Blaise.
-J'avais besoin de prendre l'air, répondit-elle. Et... Je voulais aussi savoir comment les choses avançaient.
-Mal, dit sombrement Harry. La faille est introuvable et les murs changent constamment. Kai, Drago et Hermione n'arrivent à rien non plus. Les projections sont inutiles. Ils ont même dû réanimer les Mangemorts, tout à l'heure.
-Vraiment ? demanda Ron, surpris.
-Ouais... Ils ne pouvaient plus supporter la torture. Le Maître cherche un autre moyen d'avoir accès à la faille mais il n'est sûr de rien.
-Et l'Esprit ? proposa Ginny.
-Elle ne répond à personne... On est tous seuls, cette fois, et le temps est contre nous. Des nouvelles de Gin ? demanda Drago.
-Magnus est avec elle, mais elle ne s'est toujours pas réveillée, répondit Weasley. Son état est stable, si l'on peut dire.
-Je vois... Bon, il faut qu'on y retourne ! dit Drago plus fort.
Les figures épuisées en face de lui ne dirent rien et finirent par le suivre une fois de plus, cette fois-ci en direction de l'aile gauche. Les conflits étaient loin d'être finis... Pourtant, alors que Ron faisait déjà un commentaire sur le fait que Drago soit le chef d'équipe, sa sœur ne l'écoutait plus. A la place, elle cherchait, réfléchissait, essayait de trouver une solution. Les projections ne marchaient pas. Les souvenirs ne marchaient pas. La convocation de l'Esprit ne marchait pas... Rien ne marchait. Et elle sentait son double mourir un peu plus à chaque minute. Ils n'avaient plus le temps d'essayer, il fallait réussir. Mais comment ? Cette question la hanta et tournoya dans sa tête jusqu'à lui en donner la migraine. Elle se rendit compte qu'elle commençait à perdre l'équilibre quand Ron la rattrapa de justesse avant qu'elle ne tombe.
-Hé ?! Ginny, ça va ?
-Je vais bien... C'est juste que j'ai l'impression qu'on tourne en rond ! C'est... c'est insupportable.
-Ne t'en fais pas, on va trouver une solution. Mais retourne t'allonger, tu tiens à peine debout, dit-il en la tirant vers sa chambre.
-Non, je... Je dois aller le voir. Je dois essayer de comprendre où est-ce qu'on a échoué.
-Gin...
-S'il te plaît, Ron. Je dois y aller.
Son frère la regarda en soupirant, incertain. Il ne voulait pas qu'elle s'épuise ou face quoi ce soit d'irréfléchi, mais savait aussi qu'elle ne le laisserait pas lui dire quoi faire. Elle était trop têtue pour ça. Résigné, il lui prit la main et la guida vers la Grande Salle. Le chemin parut immensément long au rythme de la rousse, et quand ils y arrivèrent, c'est soulagée et essoufflée qu'elle s'appuya contre la porte. Ses jambes arrivaient à peine à la soutenir.
-Tu devrais...
-Je vais bien Ron. Ce n'est pas moi qui meurt, de toute façon. Je le ressens... c'est tout. Mais merci.
Il ne répondit pas et baissa la tête, la mâchoire serrée. Il n'aimait pas sa relation avec le Seigneur des Ténèbres. Mais, malgré lui, il se tu. C'était le prix à payer pour garder sa sœur auprès de lui. Et c'était tout ce qui comptait pour lui.
Kai lavait minutieusement ses mains. Du moins, il essayait de s'en convaincre, pour rester un peu plus sous l'eau du robinet. Car il savait que, quand il relèverait la tête, il la trouverait derrière lui, à le fixer et attendre de pouvoir, elle aussi, nettoyer le sang de ses mains. Ils n'avaient pas parlé depuis qu'ils avaient quitté la Grande Salle. A vrai dire, il était difficile de dire quoi que ce soit. Hermione l'avait aidé à torturer sa mère, chose qui s'était montrée parfaitement inutile selon le Seigneur Ténèbres, et maintenant, elle attendait de pouvoir se laver de ses pêchés grâce au liquide tiède d'un robinet... Une journée normale en enfer. Dans un soupir, le jeune Lestrange coupa finalement l'eau. Il ne savait plus ce qui s'afficherait sur son visage quand il finirait par la regarder en face. De la honte ? De la tristesse ? De la peur ? Tout à la fois, sans doute.
-Est-ce que... Est-ce que tu m'en veux ? demanda-t-elle alors brusquement dans le silence de la salle de bain.
Il n'aurait jamais cru l'entendre prononcer de tels mots dans un pareil moment. A croire que les rôles étaient inversés. Il fit volteface, choqué, et la vit les yeux baissés. Elle aussi avait peur de le regarder et préférait fixer ses mains poisseuses de rouge.
-Comment tu peux dire ça ? souffla-t-il, stupéfait d'une telle question.
-J'essaie... J'essaie vraiment de faire de mon mieux avec toi, d'être... d'être la mère que tu as connu dans le futur et d'être à la hauteur des sacrifices qu'elle a déjà fait. D'être une sorte de version améliorée de moi-même. Et... Je ne sais pas. J'ai l'impression de ne te faire voir en toi que ce que tu n'es pas au lieu de valoriser ce que tu es.
-Herm...
-Tu es quelqu'un de bien Kai. Tu es intelligent, brillant même. Tu es courageux, brave et sans peur. Un peu Gryffondor sur les bords aussi, sourit-elle.
-Mais ?
-Mais tu es aussi malin, ingénieux, vicieux et prêt à tout pour ceux que tu aimes. Un Serpentard qui se respecte.
-Est-ce que ce mélange te dérange ?
Elle le regarda avec la tendresse et l'amour d'une mère, offrant à son fils une image contrastée avec ses mains recouvertes d'un sang frais. Pourtant, malgré ses cheveux en bataille et les éclaboussures écarlates qui barraient son visage, il ne l'avait jamais trouvé aussi belle. A cet instant, il trouva la ressemblance qu'il avait cherché toute sa vie entre eux.
-Je ne pourrais pas en être plus fière, dit-elle alors.
Il aurait voulu hurler de soulagement en sentant le poids de sa poitrine disparaître. Mais il ne dit rien et lui sourit. Un sourire qui donna à Hermione des ailes. Elle ne regrettait pas son choix, peut importe la couleur de ses mains. Un élan d'amour la fit l'enlacer sans qu'il s'y attende. Une étreinte, aimante et tendre qui lui coupa le souffle mais qui lui donna l'impression de renaître. Elle était là, il en était convaincu. Elle serait toujours là. Enivrée par son odeur qui l'avait bercé toute sa vie, il enfouit son visage dans ses cheveux. Le monde pouvait s'écrouler autour d'eux, rien n'aurait pu stopper cet instant si précieux.
-Tu ne devrais pas être là... gronda le Seigneur des Ténèbres, contrarié, en posant son livre sur la pile qui s'élevait depuis l'angle de la table.
-Je sais mais... mais il fallait que je te voie.
Ginny n'avait toujours pas retrouvé son souffle et c'est avec des joues roses qu'elle le regarda s'avancer vers elle. Ses traits tirés et sa mâchoire serrée ne laissaient que peu de doute sur l'avancement de ses travaux, tout comme sur la réussite de la séance de torture. Lui aussi semblait désabusé par leurs échecs à répétition. D'une poigne qui se voulait ferme, il la fit asseoir, le regard lourd de reproches. Elle savait qu'il n'aimait pas la voir ici, dans cet état. Mais elle ne pouvait pas se laisser mourir seule dans un coin de sa chambre. La mort n'avait pas encore gagné. Il fallait qu'elle en profite. Au fond de la Salle, elle entendit les respirations plus profondes des deux Mangemorts et fut surprise de leur bonne santé. Bellatrix et Lucius n'avaient jamais paru aussi en forme depuis leurs arrivées ; plus aucun sang n'était étalé sur leurs visages, plus de plaies ouvertes et purulentes, plus de crasse, de boue... tout avait disparu. Il ne restait que deux visages propres et des regards vides.
-Je n'aurais pas cru qu'ils survivraient après Hermione et Kai ! dit-elle.
-Drago n'y est pas allé de mains mortes non plus. Et non, ils ont bien failli ne pas y survivre. Ce que tu vois n'est que le résultat d'une dizaine de sortilèges de guérison, dit-il en fouillant distraitement dans ses affaires de potions.
-Pourquoi ?
-Personne ne doit mourir. Et puis, j'en ai fini avec eux. Ils me sont aussi utile que des rats ! Rien ne fonctionne. La faille est toujours impossible à localiser !
-Harry et Drago la cherchent avec Blaise et Scorpius, mais...
-Je sais.
Son ton laissa transparaître sa rage grandissante. Il détestait se sentir impuissant, inutile, et coincé. Pourtant c'était bien le cas. Et malgré tous ses efforts, aucun progrès n'était fait. Et elle souffrait toujours. Du coin de l'œil, il détailla ses joues livides, ses yeux cernés et ses cheveux en bataille. Elle n'avait pas l'air bien, pour la simple et bonne raison qu'elle ne l'était pas. Et il ne pouvait rien y faire. Sans parler de sa version future agonisante dans une chambre à l'heure actuelle... La situation était à perdre la tête. Alors qu'il serrait les dents et se détournait, il l'entendit se lever près de lui. Sa respiration s'était calmée, mais il pouvait toujours sentir son mal. Cette gangrène la rongeait devant lui.
-Je suis désolée...
Il crut avoir mal entendu, et dû lui faire face pour réaliser qu'elle avait vraiment parlé.
-Quoi ?!
-Je... Je suis désolée, répéta-t-elle, les yeux baissés.
-Tu n'es responsable de rien, dit-il froidement sans comprendre.
-Je... Je ne sais pas. J'ai l'impression que je suis l'épicentre de ce tremblement de terre. C'est ma faute si tu meurs ! lâcha-t-elle finalement, désespérée. C'est ma faute ! Et pourtant vous êtes tous condamnés ! Tu es condamné !
-Arrête. La fièvre te fait délirer, s'énerva-t-il.
-Je suis très lucide, au contraire ! Tu meurs à cause de moi ! Mais l'ironie est que je meurs aussi... Le résultat final est que nous allons tous mourir ! déclara-t-elle, la gorge serrée.
-Pour l'amour de Merlin, tais-toi...
-Magnus…, continua-t-elle. Magnus risque de me voir mourir, moi, sa mère, et je ne peux rien y faire ! Il sera orphelin ! Katherine, Elias...
-Stop ! Arrête, Ginevra ! hurla-t-il en reversant furieusement une table, les poing serrés de colère. Je sais tout ça, moi aussi... Ne crois-tu pas que je n'y ai pas déjà pensé ?!
-J'aimerai juste savoir comment arranger tout ça...
-Moi aussi. Mais se plaindre ne résoudras rien. On trouvera un moyen.
-Comment ?!
De loin, cette scène semblait sortir tout droit d'un roman. C'est ce à quoi Bellatrix pensa, en la regardant depuis sa chaise. Rien n'avait de sens dans cette réalité, mais ces rebondissements, ces crises, ces pertes, ces pleurs... Cela lui rappelait les romances qu'elle avait pris l'habitude de lire, adolescente, entre deux grimoires de magie noire. Elle n'avait jamais vraiment aimé les histoires d'amour, ou les ouvrages romanesques. Elle adorait juste les voir douter, se rejeter... se chercher, puis se perdre... encore et toujours avant de comprendre que tout était déjà trop tard. Aussi, elle finissait rarement l'un de ces livres. Elle avait toujours trouvé leurs fins ennuyeuses, décevantes et profondément insupportables. Qui aimait lire la fin ? Elle ne savait pas. Kai, peut-être ?
La pensée qu'elle eut envers son fils lui troua la poitrine. Maintenant que les sorts de guérison lui ôtait toute douleur, elle pouvait penser clairement, réaliser ce qu'elle vivait et ne pas rester dans un flou de peines, tortures et souvenirs incessants. Elle avait un fils. Cette réalité pourtant, lui semblait plus irréelle que toutes les autres. Elle ne voulait pas d'enfant. Elle n'en avait jamais voulu. Pourtant, elle l'avait regardé. Regardé longtemps. Et il n'y avait pas de doute possible. Il était bien d'elle. Ils étaient pareils. Et maintenant qu'elle prenait le temps d'y réfléchir, cela la frappa davantage. Même yeux, nez, bouche, traits... mais surtout, même étincelle de folie dans les pupilles. Au début, cela l'avait troublé. Et puis, elle avait compris, et senti sa puissance et sa volonté dans chacun de ses sortilèges. Il était doué. Même Azkaban ne lui avait pas infligé un tel traitement. Comme quoi, les talents se transmettaient par le sang. Et le sien était pur. Du moins, il l'aurait été davantage si cette sale Sang de Bourbe ne l'avait pas couvé. Alors qu'elle s'éveillait de sa torpeur, l'image de la Granger s'imposa en elle. Les discours, disputes, mots et bouts de phrases qu'elle avait perçu sans comprendre s'assemblaient peu à peu. Cette sale Moldue lui avait volé son fils. Elle l'avait vu dans la façon qu'il avait de la regarder avec amour. Elle l'avait attendri et elle avait gâché son potentiel de soldat sans foi ni loi. Il aurait été un merveilleux élément pour le Seigneur des Ténèbres. Un Mangemort parfait. Mais non. Le sort avait fallu qu'elle le ruine et qu'il l'aime en retour. L'amour maternel était bien une notion dont elle n'arrivait pas à saisir la complexité. C'était... illogique, à ses yeux. Elle ne pouvait pas aimer quelqu'un d'autre que son Maître. Mais dans sa tourmente et l'éveil progressif de sa réflexion, elle ne senti que la haine qui la dévorait. Une haine profonde et vicieuse qui lui fit regretter de ne pas avoir éventré cette Sang de Bourbe quand elle en avait eu l'occasion. La tuer aurait tout arrangé. Et elle aurait pu récupérer son fils, le façonner pour le guider, lui faire oublier sa fausse mère pour se concentrer sur un avenir commun, un avenir avec le Maître.
Alors que son esprit torturé divaguait autour de ce fantasme, elle vit le Mage Noir saisir doucement les bras de Ginny, un air sérieux sur le visage. Elle n'entendit pas ce qu'il dit, mais vit dans ses yeux un tel dilemme qu'un autre feu se ralluma dans sa poitrine. Par les Dieux, qu'elle pouvait haïr cette rousse pleurnicharde. Elle captivait toute l'attention de son Maître, l'envoûtait presque. Fut un temps, il n'aurait pas supporté qu'elle soit dans la même pièce que lui. Et là, il lui parlait, la regardait avec intérêt. Pire que tout : il la ferait sienne. Cette réalisation lui donna envie de vomir, pleurer et hurler tout à la fois. Son double du futur était sa femme. Magnus... son fils... était donc aussi celui de Ginny. Le sang de son Maître était souillé dans cet être qui n'aurait pas dû voir le jour. Une erreur que le maître gardait auprès de lui malgré tout ! Il semblait même s'en soucier tout comme il se souciait d'elle. Cette traître à son sang lui avait volé son maître. Cette sale Weasley, dont le nom était aussi insupportable que son sang, réussirait là où elle à toujours échoué : se faire aimer de Voldemort. Elle le regarda, le cœur brisé. Il en oublia qu'elle était là. Il ne voyait que Ginny, la rassurait, s'énervait, se détournait, mais jamais ne partait loin d'elle. Il restait, et semblait détester la voir se rasseoir de fatigue. Ses poings se fermaient machinalement comme pour se calmer et ses yeux rouge vifs brillaient ardemment. Il cherchait un moyen de l'aider, de la sauver. Elle. Et leur fils. La Mangemort, en revanche, n'apparaissait dans aucun de ses tableaux.
Le goût de la rage dans sa bouche lui rappela sa position d'infériorité. Elle était attachée et soumise. Son fils l'avait torturé, son Maître la délaissait. Même Drago avait changé de côté et s'était rangé avec la Granger. Prendre son fils ne lui avait de toute évidence pas suffit. Il avait fallu qu'elle prenne son neveu... Bellatrix jeta un regard à son beau-frère mais il fixait la moquette avec une telle intensité qu'elle préféra ne pas le réveiller de son anesthésie mentale. Elle n'avait plus rien à quoi se rattacher à part cette haine bouillonnante dans son cœur, ce désir de vengeance, cette montée de fièvre enragée et cette réalité évidente : elle était seule. Elle n'avait plus rien à perdre. Et de toute évidence, elle n'avait que beaucoup à faire perdre.
-Pourquoi faut-il que tu sois aussi insupportable ? soupira Voldemort face à l'air obstiné de la rousse. Je te l'ai dit : je m'occupe de la faille. Va dormir.
-Mais...
-C'est un ordre Ginevra, claqua-t-il finalement. Ne discute pas.
La jeune femme se mordit la langue, frustrée. Par Merlin, qu'elle détestait lui obéir, mais son regard la privait d'autre alternative. Vaincue et profondément inquiète, elle baissa la tête. Il lui tenait toujours le bras. Alors qu'elle s'apprêtait à parler, il lui coupa la parole d'un baiser sur le front. Ses mots s'évanouirent dans sa surprise et il la lâcha malgré elle. La douleur de le quitter une nouvelle fois vînt s'ajouter à sa fatigue pour l'achever d'un coup de grâce. Du mieux qu'elle put, elle s'engouffra dans le couloir désert, des crampes torturant ses muscles. Alors qu'elle s'efforçait de marcher d'un pas régulier malgré sa douleur, sa vue se troubla. Elle se sentait si faible qu'elle dût s'appuyer une nouvelle fois sur le mur. Bon dieu, qu'elle haïssait cette sensation. Et bien sûr, Ron n'était plus là pour l'aider à rejoindre sa chambre. Alors qu'elle reprenait son souffle, elle eut une pensée pour le groupe de recherche puis se dit qu'ils finiraient bien par passer dans le couloir eux-aussi, toujours entrain de se disputer sur où aller, avant de l'aider à rentrer à sa chambre.
C'est là que Ginny reçut une gifle. La plus belle gifle de sa vie. Elle était si bête. Si idiote. La réponse était là. Pas ailleurs. Et la gifle n'était autre que l'évidence qui la frappait en pleine face. Elle eut presque honte de ne la voir que maintenant mais fut si paniquée et excitée à la fois qu'elle n'y pensa pas. Elle n'en eut même pas le temps de rougir. Un regain d'énergie la fit tenir sur les derniers mètres dans ses enjambées jusqu'à la grande Salle, et tandis qu'elle ouvrait les portes à la volée, sa voix s'exclama :
-Maître !
-Je t'ai dit de...
-Je sais comment trouver la faille !, le coupa-t-elle haletante. Je sais comment trouver la faille !
Ses cris de joies se confondirent dans un rire nerveux, tandis que Voldemort ne savait pas si elle délirait ou disait vrai.
-Quoi ? Mais...
-La faille est introuvable dans le château ! Depuis le début ! Mais on n'a pas besoin à la chercher !
-Quoi ?!
-Il faut en créer une !
-Bon sang mais vous allez vous taire ?
-Ce n'est pas moi qui me suit auto-proclamé chef de cette épique en n'ayant pas le moindre sans de l'orientation ! répliqua Harry, furieux.
-Je te l'ai déjà dit Potter, nous sommes déjà passé par là !
-Et je te dis que non !
-Pour l'amour de Merlin, fermez là ! s'exclama Blaise. On dirait deux gamins !
-C'est un gamin ! s'étouffa Drago. Au cas où vous l'auriez tous oubliés, je suis votre aîné dans cette histoire !
-Oh je t'en prie papa, t'es aussi insupportable que lui, fit Scorpius en levant les yeux au ciel.
-Toujours est-il que nous ne sommes jamais passé par ici ! insista Harry.
-Tu es peut-être amnésique mais je ne suis plus aveugle. Nous avons déjà patrouillé ici tout à l'heure.
-Tu es sûr ? demanda brusquement Blaise en regardant l'une des gargouilles d'un drôle d'air.
-Quoi ?! Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi ?
Blaise ne répondit pas mais déglutit : ce couloir n'avait ni lumière, ni troche, juste des hauts murs sombres, des gargouilles effrayantes dans le noir et des températures étrangement basses. Le décor parfait d'un mauvais film d'horreur Moldu, avait dit Harry.
-Nous devrions rentrer, soupira Scorpius en agitant son Lumos dans les airs. Nous n'avons pas de nouvelles de la part de Magnus et Ron.
-Je suis d'accord !, acquiesça Blaise, mal à l'aise. Cet endroit ne me dit rien qui vaille.
-C'est le but Zabini !, rétorqua Potter. Chercher là où nous ne sommes pas allés.
-Pour l'amour de Merlin, nous sommes déjà venus ici ! s'énerva Drago, les joues rouges.
-Attendez, intima brusquement Scorpius. Il se passe quelque chose...
-Quoi ?
-Chut !
Le blond leur fit signe de se taire et l'inquiétude sur son visage suffit à les faire obéir. Il ignorait s'ils étaient déjà venus ici ou pas mais il était certain d'une chose : ils n'étaient pas seuls. Alors qu'ils se collaient tous au mur adjacent un embranchement entre deux couloirs, le silence retomba, plus pesant et insupportable que jamais. L'obscurité les entourait, la poussière aussi, et dans le bruissement de leurs respirations inquiètes parût ce que Scorpius redoutait : un bruit de halètement. Ce n'était pas un mirage. Quelqu'un était là. Un autre voyageur apporté par la faille ? Ils ne savaient pas mais s'armèrent dans l'instant, Drago en tête. La peur et l'inquiétude leur retourna le ventre quand les halètement s'accentuèrent. On aurait dit les bruits d'un animal agonisant : des jappement plaintifs, apeurés... Tous se jetèrent un regard entendu. Alors qu'Harry lançait un puissant Lumos Maxima dans le couloir, Drago sorti le premier, baguette en avant. Il ne s'était certainement pas attendu au spectacle qui se déroulait sous ses yeux.
Voilà tous le monde ! La suite t'en attendue, avec un peu de suspens à la fin ! ;) j'espère que ça vous plaira ! Alors selon vous, que se passe-t-il dans ce couloir ? Est-ce une bête ? Quelqu'un? Soumettez moi vos théories dans les commentaires et dîtes moi vos avis sur la tournure des choses !
Merci encore à tous ceux qui me soutiennent, habitués ou nouveaux ! Vos messages me font énormément plaisir !
Et merci à ma chère Beta qui a la lourde tâche de corriger toutes mes fautes d'orthographes !
A très vite ! Bizzzzeee
