-Est-ce... Est-ce que c'est… balbutia Drago devant le trou noir ouvert dans le sol.

-Je ne sais pas, ça a l'air... petit, dit Blaise.

-Harry l'a ouverte, souffla Hermione, éberluée. Il a accepté son sort ! Il... a fait face à sa destinée...

Les regards se tournèrent vers lui, et pour la première depuis son arrivée, il sembla soulagé. Soulagé du poids du monde. Les trois voyageurs ne purent maintenir leur haine envers lui à cet instant. Il venait sans aucun doute de leur sauver la vie.

-Alors quoi ? On doit faire pareil ?

-Peut-être... Je ne sais pas... Mais en tout cas, on connaît la voie à suivre.

Devant l'opportunité qui se présenta à eux, Kai baissa sa baguette, le regard lourd. Une ultime torture s'imposait à lui. Alors que tous observaient l'étendue obscure avec curiosité, lui se détourna, la gorge serrée. Ce que venait de faire Harry aurait pu le tuer. Il aurait pu le tuer. Mais il n'avait pas hésité à se mettre en danger pour eux. Il n'avait pas hésité à accepter le pire de lui, et de ce qu'il pourrait être. Il avait cessé de lutter contre lui-même, contre eux... Mais si Kai se mettait à sa place un instant, il n'était pas sûr d'avoir le même cran. Ignorant le débat lancé derrière lui, il releva la tête et fit face à la Mangemort qui l'avait hanté toute sa vie. Leurs regards se croisèrent et il comprit qu'elle n'avait cessé de le fixer. A chaque fois, il la surprenait en train de le détailler, de l'épier. Tantôt avec tristesse, haine, ou indignation, mais jamais avec autre chose. Bien entendu, Bellatrix prenait tout personnellement, sans jamais penser véritablement à lui. Elle se limitait à ce qui l'affectait, elle. Son fils n'était que le support de sa colère, pas le fond. Et pourtant, elle n'avait pas la moindre idée à quel point leur simple lien de parenté avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui. A quel point elle l'avait influencé. A quel point ils étaient similaires. Sa respiration s'alourdit et son cœur ralentit. Il n'était pas sûr d'être prêt mais il doutait de l'être jamais un jour. Son regard revînt sur son cousin et Magnus. Ses frères depuis toujours, mais aussi ses complices, ses soutiens, et plus que tout, ses gardes fous.

-Kai ? appela Hermione, inquiète devant son silence.

Et elle. Sa mère. Sa vie. Elle l'avait tant soutenu, tant changé. Elle voulait faire de lui un homme bon, un homme qu'il n'était pas. Et par cette simple constatation, il savait qu'il ne ferait que la décevoir, même si elle l'acceptait tel qu'il était. Il ne pourrait jamais combler ses attentes et espérances. Et pour cause, il était condamné à rester cette âme mal aimée, torturée et dérangée. Comme Bellatrix.

-Je suis désolé, lui dit-il alors.

-Quoi ?

-Je suis désolé, Hermione... De ne pas être le fils que tu mérites.

Il parlait posément, et ce calme inhabituel de sa part semblait presque plus effrayant que tout le reste.

-Tu aurais dû les laisser faire. Les laisser m'extraire.

-Kaï ! intervint Magnus.

-Non Magnus ! C'est mon tour de faire amende honorable. Harry aurait dû m'extraire ! Il avait raison d'avoir peur de moi, de mon sang. Je suis le fils d'un monstre. Je... je ne suis pas né désiré et ma seule existence a réussi à diviser le trio d'or. Je t'ai forcé à tout quitter, Hermione, à laisser ta famille, tes amis, toute ta vie et à t'asservir au Seigneur des Ténèbres. Tu ne méritais pas ça. La Gazette a toujours dit vrai sur mon compte. Je suis une abomination. Comme ma mère. Si ce n'est pire.

-Kai, c'est faux !

-Non ! Non, c'est vrai. Harry a accepté qui il était, et bien moi aussi, il est temps que j'arrête de me voiler la face ! Je suis cassé. Depuis toujours, j'ai... j'ai ces voix dans ma tête qui me hurlent sans cesse des choses contradictoires. Je ne sais pas lesquelles écouter alors je fais comme si elles n'existaient pas mais elles sont là ! Elles sont toujours là ! Elles veulent que je me laisse allez, que j'arrête de me comporter comme si je n'étais pas complètement fou !

-Tu n'es...

-Je le suis ! Comme elle ! s'écria-t-il en pointant Bellatrix du doigt. Je l'ai toujours été. Sa folie coule dans mon sang comme un poison ! C'est incurable ! Ces voix me tiennent compagnie la nuit, elles me murmurent des plans, des tactiques, des sévices... Tout ce que je veux accomplir au fond de moi et pourtant, je continue de faire comme si de rien n'était. Je les contrôle, je... les tiens en cage. Mais quand je perds le contrôle, je n'entends plus qu'elles. Et je vois l'avenir que je pourrais avoir si j'arrêtais de les enfermer. C'est un futur sanglant, chaotique et cruel, et pourtant je n'arrive pas à ne pas le vouloir. Je n'arrive pas arrêter de penser que ce serait un monde où j'aurais ma place, où je ne serais pas déguisé en petit légionnaire effrayé par une bande de Moldus à fourches ! Je pourrais être moi-même ! Être ce monstre qui me brûle de l'intérieur ! Être... Être comme elle...

Cette dernière phrase sembla lui arracher le cœur au-delà du possible. Jamais il n'avait réussi à dire cette pensée à voix haute.

-J'ai toujours voulu être son opposé... Mais difficile d'être blanc comme neige, quand son propre sang est aussi noir que la mort. Elle me dégoutte. Je me dégoûte. Et je m'écœure de ressentir pour elle ce que je ressens pour moi.

-Kai... Tu n'es pas comme elle.

-Si... Je suis tout ce qu'elle était ! Je suis complètement malade, vicieux, cruel et sadique ! Je... Je suis son fils ! Et je le serais toujours malgré moi. Je... je suis le fils de Bellatrix Lestrange.

Un éclair jaillit si brusquement qu'on crût que les tours s'effondraient. Pourtant, alors qu'ils rouvraient les yeux, ils ne virent pas aucun gravas, mais ils sentirent du vent, une légère brise qui soufflait depuis le sol. Un sol où la faille était deux fois plus large. Hermione voulut se tourner vers Kai, lui faire comprendre que ce qu'il avait dû faire pour la faille ne représentait en rien la réalité, mais elle n'en eut pas le temps. Alors que le vent s'intensifiait, les portes de la Grandes Salle s'ouvrirent en fracas sur une ombre fantomatique immense et destructrice. On entendit les sorciers du passé hurler de surprise et s'armer, avant que Magnus et le futur Drago ne crient plus fort qu'eux. La bête n'était autre que le Basilic. Un énorme et monstrueux Basilique flottant dans les airs, un individu coincé entre ses crocs. Personne ne comprit pourquoi ils semblèrent familiers à cet animal, mais sa présence les laissa sans voix, tout comme le corps qu'il déposa délicatement sur le sol avant de repartir dans un sifflement effrayant.

-Bordel mais c'était quoi ça ?!, s'écria brusquement Blaise.

-Le Patronus de mon père.

-Quoi ?!

-Mais, Voldemort n'a pas de Patronus, si ?

Pourtant Magnus ne chercha pas à répondre. Le corps devant lui était trop petit pour être celui de Ginny ou de son père. Non. Ce n'était pas eux.

-Elias !


-Ginny ! Ginny ! Réveille-toi ! Je t'en prie, Ginny !

La jeune femme ne sut pas comment elle réussit à ouvrir les yeux. Un simple battement de cil lui donnait l'impression de mourir d'un éventrement au couteau. Pourtant, alors qu'elle s'étouffait dans son propre souffle, la lueur qu'elle avait entraperçue s'intensifia jusqu'à presque l'éblouir. Et c'était lui. Tom était là. Son Maître. Penché au-dessus d'elle, le regard dément devant son inconscience, elle réalisa que la vive chaleur qu'elle avait perçue ne venait pas de la lumière retrouvée dans le couloir, mais de lui. Il la serrait dans ses bras, aussi fort qu'il le pouvait, un sort de chaleur jeté sur eux. A la vue de son éveil, un soupir de soulagement franchit ses lèvres. Pendant un instant, il avait véritablement craint le pire. Elle voulut lui parler mais sa gorge desséchée ne lui offrit que des raclements douloureux. Des raclements qui étonnement le firent éclater de rire. Un rire profondément nerveux. Sans la lâcher, il l'aida à se rasseoir, essayant par la magie de leur lien de lui donner assez de force pour qu'elle tienne jusqu'à leur retour dans la Grande Salle.

-Je jure sur Merlin que je ne te laisserai plus jamais me faire une telle frayeur ! jura-t-il dans sa barbe.

Elle sourit face à son commentaire mais se pétrifia quand elle réalisa que ses bras étaient vides. Son fils n'était plus là. Comme s'il n'avait jamais été là. Devant son regard paniqué, le Mage dit brusquement :

-Elias est en sûreté. Ne t'en fais pas.

-Mais...

-Il est avec Magnus. Mais le temps presse, on doit partir au plus vite.

Déboussolée et encore engourdie, elle ne comprit pas immédiatement ce qu'elle venait d'entendre. Pourtant, son Maître ne lui laissa pas le temps de récupérer et alors qu'il se hissait sur ses deux jambes, il la saisit par la taille, la soulevant avec lui. Devant son exclamation de surprise, il ricana.

-Avec ta fuite, tu pensais vraiment que j'aillais te laisser marcher de nouveau ? Estime toi heureuse si je ne t'enferme pas pour le restant de tes jours après ça !

-Il... Il faut...

-Ne parle pas. Tu es trop faible et j'ai besoin de toi en vie, dit-il en avançant à grandes enjambées sans se soucier du poids de la rousse.

-La... La faille...

-C'est en cours. Le Basilique m'a dit qu'elle s'était ouverte dans la Grande Salle. Je savais que Granger serait douée pour les énigmes.

-Qu...quoi ? demanda-t-elle, ahurie par ce qu'elle parvenait à comprendre malgré sa migraine.

-C'est une longue histoire, tu comprendras.

-Tu... tu es venu, dit-elle alors, plus lucide. Tu nous as trouvé.

-Heureusement pour toi, oui. Et je préfère te dire que cette histoire est loin d'être finie, dit-il d'un ton glacial.

-Tu m'en veux ? souffla-t-elle.

-A ton avis ! Tu es mourante et tu me désobéis pour t'enfuir à la pourchasse de notre fils dans un château plongé dans le noir ! Bien sûr que je t'en veux ! C'était ridicule ! Stupide et complètement immature ! Tu aurais pu y laisser ta peau, et celle d'Elias par la même occasion !

-Mais, je... je l'ai trouvé ! J'ai trouvé Elias ! protesta-t-elle.

-Ginny, pour ton propre bien, tais-toi s'il te plaît, gronda-t-il. Mieux vaut ne pas aggraver ton cas.

Elle aurait pu être en colère par la teneur de son discours. Se sentir rabaissée, dévalorisée ou froissée. Pourtant, elle ne pouvait ôter de son esprit qu'il avait fouillé le château pour la retrouver et qu'il s'était inquiété. Il avait eu peur. Avait toujours peur d'ailleurs. Elle pouvait le sentir en lui. La crainte de la perdre courrait encore dans ses veines et battait à mesure avec son cœur. Il ne voulait pas la lâcher. Il ne voulait plus prendre de risque et cela suffisait à la jeune femme pour ne pas être accommodée par le ton de ses mots. Ils lui prouvaient juste à quel point, à cet instant, il tenait à elle.

-Merci, murmura-t-elle malgré tout.

Il ne dit rien mais elle vit sa mâchoire se contracter. Il n'avait pas besoin de parler.


-Attendez, je ne comprends pas là... Le Patronus du futur de Voldemort a ramené Elias ? résuma Hermione.

-Je croyais qu'il ne pouvait pas en avoir, dit Harry, bouche bée.

-Il en a un. Il est apparu le jour de la naissance de Magnus, dit Scorpius.

-Et comme par hasard, c'est un Basilique...

-Mais si Elias est là, où sont-ils ?

-Ils ne devraient plus tarder, dit Magnus, le petit toujours endormi dans ses bras. Je connais mon père, il a ramené Elias pour être sûr qu'il soit en sécurité.

-C'est... paternel, commenta le jeune Drago, un peu mal à l'aise avec cette image de son Maître.

-Élias a toujours été très différent de moi, ou de ma sœur, dit-il, le regard toujours fixé sur son petit frère. Il est bien plus puissant et... et innocent que nous ne l'avions jamais été, même à son âge.

-« Innocent » n'est pas exactement le terme que j'emploierais, grimaça Blaise en voyant les mains ensanglantées du garçon. Il a... Il a tranché la gorge de Ron. Cette fois, y a plus de doute.

-Elias pensait bien agir. Ron est l'ennemi numéro 1 de notre famille. Il a toujours cherché à faire ses preuves.

-Et bien on peut dire que c'est réussi.

-Un peu que c'est réussi ! s'exclama Kai, outré. C'est nous qui l'avons formé !

-Quand il est né, la guerre avait atteint son paroxysme, déclara Magnus. Il était... Il était devenu l'espoir que nous avions perdu. On se battait pour lui, pour... son futur. J'espère juste que ce n'est pas encore trop tard.

-Ce n'est pas trop tard ! dit Hermione. On a... On a ouvert la faille ! On va s'en sortir !

-Vous pensez que ce sera comment ? demanda le jeune Drago. Je veux dire, si on passe cette faille. On rentrera tous dans nos époques respectives ?

-Avec un peu de chance, oui. Si on n'erre pas dans l'espace...

-Et nos souvenirs ? dit Harry. On les gardera ?

-Aucune idée. Ce serait contraire à toutes les lois temporelles, mais vu la tournure des choses, on ne peut être sûr de rien, répondit Hermione en examinant la faille. Ce n'est pas comme si ce que nous vivions avait le moindre sens ces derniers temps.

-Par contre on va faire comment pour Ron ? demanda Scorpius. Il est à moitié mourant, je doute qu'il puisse nous faire un discours de rédemption.

-Il n'en pas besoin, dit Harry.

-Comment ça ?

Le survivant se revit dans sa chambre, amorphe face à son ami, décidé de ne pas se laisser abattre par le sort. Il voulait changer. Et au fond, Harry senti qu'il avait réussi. De tous, et malgré la haine, il avait réussi. Précisément là où lui-même avait échoué durant tout ce temps. Où ils avaient tous échoué. Ron s'était montré plus malin qu'eux, et meilleur aussi. Chose que beaucoup aurait eu du mal à croire, et pourtant...

-Il a beaucoup réfléchi à... à son futur. Il ne voulait pas devenir ce monstre qu'il avait vu dans les projections, lui non plus. Il a changé. De ce que je sais, il a... Il a réussi à trouver la paix. Il a accepté son sort, mais a juré de ne pas le réaliser. De nous tous, c'est lui qui avait résolu l'énigme le premier. Il ne le savait juste pas.

Le vent s'intensifia dans la Grande Salle, et des grondements résonnèrent en échos dans le ciel. De toute évidence, il disait vrai. Et cette vérité avait été entendue.

-Poétique, commenta Kai.

-J'aurais... J'aurais voulu m'excuser auprès de lui, dit brusquement Magnus.

-Quoi ?

-J'ai été injuste, dit-il, la gorge serrée. J'aurais dû me montrer plus objectif. Il ne nous a rien fait. Ce n'est pas lui le monstre qui nous a hanté. Et je regrette.

-Magnus... Ce n'est pas que de ta faute, dit Hermione. Lui aussi, il... Il avait du mal avec tout ça. Ron a fait beaucoup d'amalgames.

-Que je n'aurais pas dû faire, répondit-il durement. Je suis l'héritier d'une grande armée, comment puis-je être un bon leader si je n'arrive même pas à faire la part des choses ? J'aurais dû me montrer plus sage. Peut-être... Peut-être qu'il ne serait pas dans cette situation aujourd'hui.

-Tu rigoles ou quoi ? dit Kai. C'est moi qui voulait sa peau plus que quiconque ! Tu n'as pas à t'excuser Mag' !

-Mais j'aurais dû te calmer, ou du moins essayer, mais je n'en avais pas envie. Je suis ton leader Kai, pas un gosse immature qui veut sa vengeance sur le premier bouquet émissaire ! riposta-t-il. J'ai mal agi et je regrette de ne pas m'en être rendu compte plus tôt.

Scorpius s'avança à côté de son ami, les poings serrés et le regard bas.

-Tu n'es pas le seul à regretter, Magnus. Nous avons tous mal agis.

Ces mots déclenchèrent de nouveaux orages et un plus grand vent. La faille s'agrandit jusqu'à avaler l'une des tables dans un éclair retentissant. Ils se rapprochaient du but.

-Et bien, on ne peut pas dire que ça manque d'effets lumière !

-Et eux ? demanda le vieux Drago en pointant les Mangemorts du doigt. On en fait quoi ?

-Je vote pour les laissez moisir ici, mais mon avis n'est pas objectif, dit le Lestrange.

-Ils sont le cadet de nos soucis ! tonna brusquement Voldemort en entrant en trombe dans la Grande Salle, une Ginny à moitié inconsciente dans les bras.

-Ginny ! s'écria Hermione.

-Elle va bien. Mais nous devons partir, dit-il en l'allongeant dans un canapé.

-On travaille dessus ! s'indigna Kai.

-Trop lentement ! L'esprit m'est apparu et les choses s'aggravent.

-L'esprit ? C'est elle qui vous a envoyé le Basilique ?!

-Toujours aussi perspicace Malfoy. Comment va Elias ?

-Il dort, dit Magnus. Je ne sais même pas comment il fait.

Voldemort regarda son fils, endormit dans les bras de son aîné. Quand il l'avait trouvé avec Ginny, il n'avait pas pu prendre le temps de le détailler. Pourtant, le voir à cet instant, combla son cœur d'un sentiment de soulagement et de repos. Il était sain et sauf, lui aussi. Ses boucles sombres couvraient un visage, portrait du sien quand il était enfant. Cependant, ses tâches de rousseurs étaient celles de sa mère. Un parfait mélange. Des tâches de bonté pour un enfant aux mains rouges. Un contraste élégant, s'il y réfléchissait.

-Ta mère l'a endormi avec une comptine. Et mieux vaut qu'il le reste jusqu'à ce que tout soit fini. Ginevra ?

-A peine vivante. Ton futur ne doit pas être en meilleur état qu'elle, dit Scorpius.

-Alors dépêchons-nous.

-Ce... Ce n'est pas aussi simple, dit Drago.

-Vous y arrivez très bien pour le moment, non ? La faille est là ! s'énerva-t-il.

-Mais pas complète, dit Hermione. Harry, Ron, Magnus, Kai et Scorpius ont réussi à passer l'épreuve mais...

-Ron ?! s'exclama le Maître, incrédule.

-C'est compliqué mais en gros, oui. Le but de cette énigme consiste à embraser notre futur, ne pas lutter, et s'accepter entièrement tout en reconnaissant nos torts.

-Un examen de conscience si tu préfères, ajouta son fils.

-Et... Et ça marche ?! demanda-t-il, de moins en moins emballé par cette perspective.

-Pour le moment, oui.

Voldemort grimaça. Il ne s'était pas attendu à devoir faire preuve d'introspection et de psychologie... Encore un tour de ce maudit esprit, qui de toute évidence, n'avait pas fini de les torturer.

-C'est ridicule… soupira-t-il.

-Mais nécessaire.

-La faille est assez grande pour que l'on saute dedans, pourtant !

-Et prendre le risque de ruiner tous nos efforts ? C'est hors de question ! déclara Hermione.

Voldemort incendia la Granger du regard mais il n'eut pas le temps de faire la moindre remarque. D'autres éclairs apparurent depuis le ciel magique, frappant avec brutalité le sol de la Grande Salle. Personne ne comprit les raisons de ce déchaînement, qui n'avait cette fois rien à voir avec leur énigme ou la faille.

-A terre ! A terre ! cria Kai en se jetant sur Hermione.

Une odeur de brûlé se répandit depuis les points d'impact du tapis cramé par les éclairs et on vit des flammes se répandre sur les murs encore intacts de la bibliothèque. Le vent s'intensifia une nouvelle fois au moment où la fréquence de la foudre devînt de plus en plus dangereuse. Tous se protégèrent du mieux qu'ils purent, mais au beau milieu des cris de surprises et des évitements de justesse, on entendit cependant un hurlement plus fort que les autres. Alors que les éclairs continuèrent à s'acharner dans un vacarme assourdissant, Hermione et Kai se virent brusquement projetés sur le côté. Avant même qu'ils ne puissent comprendre, ils virent Harry, à leur place, se faire frapper par un éclair dans un hurlement effroyable. A cet instant même, tout s'arrêta. Dans le silence à peine retrouvé, le Survivant tituba d'inconscience et avant que quiconque ne puisse réagir, il tomba à la renverse. Il tomba dans le néant grand ouvert de la faille.

-Harry !

Mais c'était trop tard. Dans un élan de protection, le jeune Potter s'était sacrifié pour son amie et le Lestrange, tombant, la peau calcinée, dans le trou temporel.

-Non ! Non ! C'est... Ce n'est pas possible… paniqua Hermione.

-Il... Il est passé ?

-Il va mourir ! hurla-t-elle. Il faut... Il faut le récupérer !

-Impossible ! tonna Jedusor. Où qu'il soit parti, on ne peut plus rien pour lui.

-Mais...

-Il n'y a plus qu'à espérer que notre théorie soit juste et qu'il... qu'il survive au voyage.

-Il vient d'être frappé par la foudre !

-Il a fait son choix, dit finalement Kai, choqué par le geste du survivant. Il... Il nous a sauvé.

D'autres grondements retentirent dans le ciel, moins forts mais tous aussi inquiétants. Tous les yeux se mirent à scruter les nuages, apeurés et inquiets. Ils ne s'en rendirent pas compte, mais cela offrit une possibilité. Une possibilité d'action. Avant même qu'ils ne la voient courir vers eux, Bellatrix, détachée de ses cordes par la force de ses ongles arriva derrière eux dans un cri d'effroi et projeta Scorpius dans la faille. Avalé à son tour, des éclairs retentirent de nouveau. Aucun sorcier ne put jeter de sort à la Mangemort, elle-même expulsée en arrière par la force magique de la faille. A cet instant, tout devînt hors de contrôle. La force d'attraction du trou temporel prit une ampleur inattendue. Comme un véritable trou noir dévorant tout sur son passage, elle se mit à attirer le mobilier et les sorciers à elle. Agrippés au sol, ils entendirent les cris effrayés de Kaï se faire aspirer, suivit de Magnus et d'Elias qui ne purent résister, et Ginevra et Ron, totalement impuissants.


Ok tout le monde ! Ceci est l'avant dernier chapitre ! J'espère qu'il vous aura plus ! N'hésitez pas à me laisser vos avis dans les commentaires !

Merci à vous tous qui me suivez, j'espère que la fin vous fera frissonner !

A très vite ! Bisous !